La fragilité des pierres

Par Olek
Notes de l’auteur : Bonjour !
Parfois j'écris comme ça, d'autres fois je fais avec des amis des "défis d'écriture" sous contrainte.  Cette micr-nouvelle en est un. La phrase en italique devait être la première phrase dudit texte.
Bonne lecture,
Olek

De ce point de vue surélevé, on pouvait voir les alentours comme nulle part ailleurs. Au pied de la falaise, s'étendait la ville, étrange mélange de pierre et de verdure entrelacées. Sur les tours courait le lierre, et les lianes pénétraient de leurs vrilles le mortier des arches effondrées.

Là-bas, la vieille place de la fontaine, les pavés soulevés par les épaisses racines des grands aulnes aux quatre coins. La tour des érudits, plus à l'est, était courbée par les vents. Si branlante qu'au moindre frémissement de l'air, on s'attendait à la voir s'écrouler, répandant sur le sol briques et épais volumes reliés de cuir fané. Ailleurs, des murets éventrés délimitaient ce qui avait dû être le jardin d'ornement du manoir à côté. Les arbres autrefois bien taillés étendaient leurs ramures vers le ciel et des buissons de ronce avaient remplacé les massifs de fleurs parfumées. Des ardoises brisées jonchaient le sol, arrachées à leur toiture par le vent. Les chants des oiseux avaient remplacé le bruit de la foule et les cris des marchands, et l'odeur des épices avait cédé sa place à celle, plus profonde, de l'humus. L'Homme avait rendu sa place à la Nature, tout était calme et serein.

Plus loin, les remparts avaient, eux, étrangement tenu bon sous les assauts de l'armée végétale. Les tempêtes n'avaient, elles non plus, su les faire plier, pas plus que toutes les troupes humaines qui s'y étaient employées par le passé. On aurait dit que le temps lui-même n'avait aucune emprise sur les hauts murs de pierre sombre.

Et après les murs, la mer. Bleue, calme, se confondant avec l'horizon d'azur, l'espoir. Dans ses vagues chantait l'appel du large, ce besoin d'espace qui avait emporté un à un tous les habitants de la cité. La cité, elle, était restée là, intemporelle, inébranlable. Solitaire.

 

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Fannie
Posté le 10/05/2018
Voilà une belle description de cette ville fantôme où la nature a progressivement repris ses droits.
Coquilles et remarques :
Depuis ce point de vue surélevé [Je ne sais pas d’où sort cette phrase, mais je vais faire comme si elle était de toi. ;-) « De » plutôt que « Depuis » (voir ici : http://www.academie-francaise.fr/depuis ]
étaient courbée par les vents [était]
Branlante, au moindre frémissement de l'air, on s'attendait à la voir s'écrouler [Il y a une rupture de syntaxe ; je propose : « Si branlante qu’au moindre frémissement de l'air, on s'attendait à la voir s'écrouler ».]
Les chants des oiseux avaient remplacés le bruit de la foule et les cris des marchands [remplacé]
Les tempêtes n'avaient, elles n'ont plus, su les faire plier [elles non plus]
Olek
Posté le 10/05/2018
Merci encore pour toutes tes corrections et tous tes conseils !
Je laisse trainer de ses fautes quand même... Il faudrait que j'apprenne à mieux me relire.
Vous lisez