La fête aux toilettes

Par Neila

Jamais deux sans trois. C’est bien ce qu’on dit ? Après une attaque de squelettes à casquette et un mort crucifié sur une cathédrale, il ne manquait plus que le fantôme d’une camarade de classe pour couronner le tout.

Elle s’appelait Giulia Fabrizzi et… c’est à peu près tout ce que je savais sur elle.

La veille encore, elle était là en chair et en os, assise à sa place à côté d’Annalisa, derrière Sophia et Doris. Ce matin, rien n’avait changé, si ce n’est que tout chez elle était d’une pâleur inhabituelle, de ses cheveux ébouriffés à ses vêtements, et qu’en y regardant bien j’arrivais à discerner le dossier de sa chaise à travers son corps. Les fantômes avaient une apparence plutôt variable. Parfois, on ne les voyait presque pas, voire pas du tout – mais je sentais quand même leur présence – et parfois ils avaient l’air si tangibles qu’on aurait pu s’y tromper. Ça dépendait des esprits. Et de l’heure qu’il était, je crois. On les repérait aussi à l’attitude. Ils étaient… comment dire ? un peu à côté de leurs pompes. Il arrivait que certains n’aient même pas conscience d’être morts.

En découvrant Giulia qui fixait madame Pina d’un œil rêveur, sagement assise à sa place pendant que les autres élèves s’installaient bruyamment autour d’elle, je suis resté planté sur le pas de la porte. Croiser les fantômes d’inconnus dans la rue, c’était une chose, mais constater un beau matin que quelqu’un que je connaissais était mort, ça faisait drôle. On m’a très vite bousculé pour que j’avance et j’ai entendu Angelo ricaner en passant près de moi :

— Eh ben Zozo, tu dors déjà ?

Je suis allé m’asseoir à ma place.

Madame Pina, notre prof d’Histoire, m’avait fait mettre tout devant pour me garder à l’œil. Je n’étais pas un chahuteur, encore moins un bavard, mais j’avais la fâcheuse tendance à piquer du nez. C’était plus fort que moi, j’étais constamment épuisé. Passé cinq minutes de cours, mes paupières devenaient si lourdes que j’arrivais plus à les garder ouvertes. Ce n’était pas faute de dormir, parfois même toute la nuit et tout l’après-midi. Je dormais et je rêvais : la journée, que je réparais des voitures, la nuit, que je sautais sur les toits pour échapper aux mauvais esprits. Si je me couchais très tôt et que je ne faisais pas de rêves trop agités, le lendemain, je pouvais tenir jusqu’au repas de midi. Mais tôt ou tard, je finissais toujours par sombrer. Les cachets que les docteurs m’avaient prescrits n’y avaient rien fait, pas plus que tous les conseils et les astuces du monde.

Quand je ne dormais pas, je ne restais pas concentré bien longtemps sur ce qui se passait autour de moi. Ç’avait beau parler, gesticuler, chuchoter et pouffer de rire, tout me paraissait lointain. Comme si un voile me séparait du reste du monde. Mais aujourd’hui, le petit brouillard confortable qui m’enveloppait habituellement n’était pas là pour couvrir les conversations survoltées de mes camarades. Ils commentaient le meurtre de ce matin comme des enfants savent le faire : en répétant les propos de leurs parents, en plaisantant sans complexes ou en s’imaginant des scénarios dignes de films de mafieux. Moi qui essayais d’oublier cette histoire de crucifiement, c’était raté.

Une fois tout le monde assis, madame Pina a tapé dans ses mains pour ramener le silence et a commencé l’appel. Giulia a répondu présente à son nom, mais, évidemment, la prof ne l’a pas entendue. Elle a relevé le nez de sa liste, l’a appelée une seconde fois en balayant la classe du regard puis a noté son absence. La pauvre Giulia n’a pas eu l’air de comprendre à quoi elle jouait. Est-ce que quelqu’un savait qu’elle était morte… ? Ses parents auraient prévenu l’école si c’était le cas, non ? Ou peut-être que ça ne faisait pas encore partie de leurs préoccupations. J’avais un peu de peine pour eux et pour Giulia. C’était triste de se dire qu’ils ne pourraient plus se voir, alors qu’elle était juste là.

J’ai essayé d’arrêter de penser à tout ça pour suivre le cours. Parfois, je me retournais quand même et jetais un œil vers Giulia. Elle dodelinait de la tête, les yeux grands ouverts. Elle n’avait rien pour prendre des notes, mais ça ne semblait pas la gêner. Quand la prof posait une question, elle levait la main, fidèle à ses habitudes, puis la rabaissait, un peu plus dépitée à chaque fois de ne pas avoir été interrogée. Visiblement, elle n’avait pas compris qu’elle était morte. Je me demandais comment ça avait pu lui arriver, en une nuit… un accident de voiture ?

Près d’elle, les copines de Giulia se comportaient bizarrement. En général, on entendait qu’elles. Elles passaient le cours à bavarder, s’échanger des mots ou se vernir les ongles sous la table – des filles puissance dix. Mais ce matin, Sophia et Doris restaient cachées derrière leurs cheveux brushingués sans échanger un mot, le dos voûté, et Annalisa glissait régulièrement un regard anxieux à la chaise de Giulia. On les aurait crus en deuil. J’ai aussitôt pensé qu’elles devaient savoir, pour Giulia, avant de me dire que la prof aurait également dû être au courant si c’était le cas. Peut-être qu’elles étaient simplement perturbées par la proximité du fantôme de Giulia ? Même si les gens ne les voyaient pas comme moi, la présence d’un esprit ne les laissait pas toujours indifférents. J’entendais Giulia leur demander ce qui n’allait pas sans obtenir de réponse.

Madame Pina a consacré les dernières minutes du cours à la correction du devoir qui nous était tombé dessus la semaine précédente. J’ai été un peu dépité – mais pas tellement surpris – de constater que j’avais encore décroché un 5/10. Je n’ai pas pu m’empêcher de regarder une nouvelle fois par-dessus mon épaule, quand la prof est allée rendre son devoir à Annalisa. Elle est passée devant Guilia en remettant sa copie à la fin du paquet. Cette dernière l’a suivi des yeux, l’air hypnotisé, a cligné une fois des paupières, puis son attention s’est braqué sur moi comme un projecteur. La sonnerie a retenti au même moment et j’ai sursauté.

Un brin crispé, j’ai fourré pêle-mêle mes affaires dans mon sac et me suis levé, pressé de fuir la présence oppressante de Guilia. Manque de chance, madame Pina en avait décidé autrement :

— Enzo ? Je peux te parler un instant ?

Super. Je savais ce qui m’attendait. Je suis revenu vers le bureau de la prof tandis que mes camarades quittaient la salle de classe dans un joyeux brouhaha. Guilia était restée assise à sa place, insensible – ou peut-être sourde et aveugle ? – à l’agitation autour d’elle. Elle me fixait.

— C’est au sujet de ton devoir, a commencé madame Pina.

J’ai fait de mon mieux pour me concentrer sur elle et oublier Guilia et ses émanations fantomatiques.

— C’était pas bon, ai-je machinalement lâché.

— Si, au contraire. Ce que tu as écrit était même très intéressant, très juste, seulement… ça ne répondait pas vraiment aux questions posées. J’aurais aimé te mettre la moyenne, mais tu étais trop hors sujet.

Elle avait l’air sincèrement chagrinée. C’était une chic prof, madame Pina. La plupart des élèves l’appréciaient, en particulier les garçons. Fallait admettre qu’elle n’était pas vilaine. Surtout, elle se souciait des élèves. J’ai failli lui dire qu’il n’y avait pas de quoi se biler, que c’était qu’une note, puis j’ai réalisé que ce n’était sûrement pas le genre de chose qu’un professeur aimait entendre.

— Tu as de bonnes connaissances en Histoire, a-t-elle poursuivi. On sent que tu aimes ça et…

Je n’ai pas pu m’empêcher de glisser un œil en direction des tables pendant que la prof poursuivait son laïus. Guilia avait disparu. Ouf. Pourvu qu’elle soit partie hanter un autre lieu.

— Enzo ! a appelé madame Pina en claquant des doigts devant mon visage.

J’ai ramené illico mon attention sur elle. Elle a soupiré et ôté ses lunettes ovales dans une attitude contrariée :

— Tu vois, c’est ça le problème. Tu n’écoutes jamais, tu n’es jamais concentré plus de cinq minutes.

— Pardon.

— Il va falloir faire un peu plus d’efforts si tu ne veux pas redoubler, a-t-elle asséné, lèvres pincées.

J’ai fait « oui » de la tête en m’efforçant de paraître concerné. J’aurais voulu l’être, vraiment. Seulement, il n’y avait rien à faire : que ce soit les mauvaises notes à répétition ou la perspective de rater ma scolarité, ça ne me faisait rien de plus qu’un petit pincement par moment. Je n’arrivais pas à trouver tout ça important.

— Où est-ce que tu as appris tous ces détails que tu m’as donnés sur la vie des ouvriers pendant l’Industrialisation d’ailleurs ? Ça n’était pas dans le cours…

— Je l’ai lu à la télé. Euh, entendu. À la télé. Je crois.

Pour être honnête, je n’en avais pas souvenir. Madame Pina me prenait pour un p’tit passionné d’Histoire, mais… la vérité, c’était que je n’avais jamais ouvert un seul livre de mon plein gré de toute ma scolarité. Je me contentais d’écrire ce qui me passait par la tête, sans savoir d’où je tenais la plupart de mes anecdotes.

La prof a froncé les sourcils, visiblement perplexe. Ou peut-être inquiète. Heureusement pour moi, sa prochaine classe a commencé à se ranger devant la porte et elle a dû renoncer à me cuisiner. Elle m’a libéré et j’ai filé après un dernier regard à la chaise vide de Guilia.

Je remontais le couloir, soulagé de ne plus être le centre de l’attention, des profs comme des fantômes, quand elle a surgi devant moi.

— Pourquoi tout le monde m’ignore ?

Je me suis arrêté net. Giulia me dévisageait de ses grands yeux pâles, toute chamboulée. Elle ne semblait pas se rendre compte qu’elle venait de sortir du mur, ce qui aurait pu lui mettre la puce à l’oreille.

— Euh…

Le couloir grouillait d’élèves surexcités qui criaient, riaient, se bousculaient et passaient tout près de nous.

— J’ai fait quelque chose de mal ? a insisté Giulia. Annalisa m’adresse plus la parole depuis ce matin. Sophia et Doris non plus, elles font comme si j’existais pas ! Mais j’ai rien fait…

— Ben, je sais pas, moi…

Interpeller le premier venu pour lui raconter ses problèmes faisait partie de ces choses décomplexées que faisaient les morts. De son vivant, jamais Giulia ne m’aurait adressé la parole. Parce que c’était une fille timide, et parce que sur l’échelle de la cool-attitude, je me situais à peu près au fond de la poubelle. Si vous êtes passé par la case « école », alors vous savez très bien de quoi je parle.

Il y a toujours une espèce de hiérarchie qui s’installe dans une classe, avec le mec et la fille ultra cool que tout le monde adule et jalouse, entourés de leurs potes plutôt cool : eux sont habillés à la mode, écoutent la musique super tendance du moment et personne ne les ignore quand ils parlent. Après, on croise toutes sortes de rangs intermédiaires : les petits caïds qui collectionnent les heures de retenue, fument à la sortie de l’école et font peur à tout le monde, les premiers de la classe – version pas trop ringarde ou ringarde –, les geeks fanas de jeux vidéo et de manga, le petit rigolo un peu nœud nœud, la timide maladive – ça, c’était Giulia – ceux qui ne font pas trop de vagues et rentrent à peu près dans la norme et puis, tout au bout, il y a le canard boiteux du groupe. Le type à qui personne ne parle parce qu’il mange ses crottes de nez et a l’air de débarquer d’une autre planète ; dont tout le monde se moque ouvertement et qu’on soupçonne d’être atteint d’une maladie mentale quelconque.

Bon. Ben ce type, c’était moi – euh, sauf que je ne mangeais pas mes crottes de nez, entendons-nous bien. Autant vous dire que je n’étais pas très doué pour communiquer avec les gens de mon âge.

— On va être en retard en maths, ai-je tenté.

Giulia a paru à deux doigts de fondre en larmes.

— Toi aussi, tu veux pas me parler, c’est ça ?

— Non, c’est pas ça, me suis-je empressé de démentir. Je veux bien te parler, et je crois qu’elles veulent bien te parler aussi, mais… euh…

Je ne pouvais pas lui annoncer de but en blanc qu’elle était morte. Ça risquait de lui faire un choc.

La sonnerie annonçant le début du prochain cours n’allait pas tarder à retentir. Les élèves étaient déjà tous alignés devant leur salle de classe respective. Et moi je restais là, campé au milieu du couloir comme une andouille. Si j’arrivais encore en retard, j’étais bon pour un nouvel avertissement. Mais je ne pouvais pas me résoudre à tourner le dos à Giulia dans cet état.

— T’as rien fait de mal, lui ai-je assuré, et elle s’est un peu apaisée. Simplement, euh… tu… tu te sens comment ?

Elle a battu des cils, perplexe :

— Ben… bien.

— T’as mangé quelque chose ce matin ?

— Non, a-t-elle dit comme si elle le réalisait tout juste.

J’allais continuer sur ma lancée quand je me suis aperçu que Théo Riddle, de la cinquième quatre, me regardait de travers de l’autre côté du couloir. Ma réputation pouvait difficilement tomber plus bas, mais je n’avais pas pour autant envie d’entendre dire qu’on avait encore surpris Enzo Leone à parler tout seul. C’était ça avant tout, je crois, qui me valait l’hostilité de mes camarades.

Quand j’étais plus jeune, à l’école primaire, je ne cherchais pas particulièrement à cacher ce que je voyais. J’en parlais autour de moi, ça me paraissait naturel. Jusqu’au jour où j’ai compris que personne ne me croyait et, qu’en plus de passer pour un cinglé, je faisais peur aux autres. J’ai fait éclater une fille en sanglots dans la cour de récréation en lui rapportant que sa mère, qui venait de mourir dans un accident de la route, était juste à côté d’elle. La pauvre femme m’avait simplement demandé de lui transmettre un message. Résultat des courses : tous les instituteurs m’étaient tombés dessus et m’avaient accusé de harcèlement moral. Depuis, j’ai arrêté de partager ce que je vois. Mais les choses étant ce qu’elles sont, la majorité des enfants que j’ai pu côtoyer à l’école primaire ont migré dans le même collège que moi et, bien sûr, aucun d’eux n’a oublié ce que j’ai pu dire ou faire. De quoi raconter aux autres des anecdotes croustillantes sur Zozo, l’endormi de service à la tête de zombie.

Globalement, je ne le vivais pas trop mal. Mais j’aimais moyennement me retrouver dans la benne à ordure de l’école. Et pour ne pas en arriver là, la meilleure stratégie consistait à ne pas me faire remarquer.

— Et si on allait parler ailleurs ? ai-je proposé en me grattant la tête avec embarras. Dans un endroit plus tranquille ?

J’ai avancé dans les couloirs sans trop savoir où aller pendant que les profs faisaient entrer leurs élèves en classe, jusqu’à ce que je tombe sur les toilettes. Ça ferait l’affaire. Je me suis faufilé à l’intérieur, ai vérifié qu’il n’y avait personne dans les cabines, et j’ai fait signe à Giulia d’entrer. Elle est restée vissée sur le seuil, hésitante. C’était peut-être l’odeur d’urine qui la rebutait – est-ce que les fantômes avaient encore un odorat ?

— J’ai pas le droit d’entrer dans les toilettes des garçons, a-t-elle dit.

— Ah. Oh… tu préfères qu’on aille dans ceux des filles ?

J’ai compris ma bêtise une seconde trop tard. Il ne manquerait plus que je me fasse surprendre dans les toilettes des filles.

— Personne te verra, lui ai-je promis, en priant pour qu’elle oublie ma première suggestion. Tout le monde est en cours.

Elle a regardé autour d’elle, puis elle a consenti à flotter à l’intérieur. Elle n’avait pas non plus remarqué que le bout de ses pieds, quasi invisibles, traînait sur le sol, et qu’elle n’avait pas besoin d’utiliser ses jambes pour avancer.

— Euh… Giulia ?

Elle a arrêté de détailler les murs tagués et les portes des cabines à la peinture écaillée pour se tourner lentement vers moi. Niveau difficulté à se focaliser sur l’instant présent, les fantômes me battaient haut la main.

Je n’avais aucune envie de lui dire qu’elle était morte. Vraiment. Mais il fallait bien que quelqu’un s’y colle, ou elle continuerait à croire que plus personne ne voulait lui parler.

— C’est quoi la dernière chose dont tu te souviens, de ta journée d’hier… ?

Giulia a entrouvert la bouche :

— Je… je…

Je lui ai laissé le temps de rassembler ses souvenirs. Quitte à arriver en retard en cours, autant faire les choses bien.

— Sophia m’a invitée à venir chez elle, à la sortie des cours, a-t-elle finalement lâché, et un sourire béat a fleuri sur ses lèvres. Avec Doris et Annalisa. C’était la première fois qu’elles me proposaient de passer l’après-midi avec elles, j’étais contente.

J’ai fait la moue. Avec Sophia à leur tête, ces trois-là étaient de vraies pimbêches. Elles se moquaient constamment de tout et de tout le monde. Comment une fille aussi gentille que Giulia avait pu se mettre à traîner avec elles ? ça m’échappait. Mais ce n’était pas en ronflant dans mon coin toute l’année que j’allais percer les mystères des relations qu’entretenaient mes camarades.

— On a regardé des films et puis on est sorties et… et…

— Où est-ce que vous êtes allées ? lui ai-je demandé pour l’encourager.

Fixant la rangée d’éviers sans la voir, elle n’a pas tout de suite répondu. Puis elle a planté ses yeux écarquillés dans les miens et soufflé :

— Au President.

Un frisson m’est remonté le long de la colonne vertébrale. Cette histoire commençait à sentir mauvais, et pas à cause des effluves d’urine.

Le President était un vieil hôtel qui tombait en ruine, tout au bout de la via della Piazzuola, à seulement trois pâtés de maisons de notre école. L’endroit avait pour réputation d’être hanté. Il était interdit d’accès, mais les ados tentaient parfois d’y pénétrer pour se faire peur ou pour boire de la bière en cachette. Je commençais à deviner ce qui avait pu arriver à Giulia.

— Pourquoi vous êtes allées là ?

— C’est… c’est Sophia. J’avais pas très envie, mais elle a dit que si je voulais faire partie de leur groupe, il fallait que je monte jusqu’au dernier étage. Elle a dit que si j’y arrivais, ça m’aiderait à être plus courageuse, à prendre plus confiance en moi…

Je voyais le genre. Sophia avait surtout profité de la naïveté de Giulia et de son envie d’être leur amie pour lui faire faire la première ânerie qui lui était passée par la tête. Je les imaginais d’ici, elle, Doris et Annalisa, riants au bas de l’hôtel pendant que Giulia bravait ses peurs pour une récompense qu’elles n’avaient pas la moindre intention de lui donner.

— Je suis montée dans l’immeuble et…

Sa voix tremblait. Son image aussi : elle fluctuait, s’estompait avant de redevenir plus nette. Je crois qu’elle commençait à paniquer. Je sentais sa peur me traverser, imprégner l’atmosphère comme de l’électricité.

Soudain, Giulia a poussé un gémissement et s’est enfoui le visage dans les mains. Le fond de l’air est devenu glacé. Les portes des cabines se sont mises à claquer violemment et les robinets se sont tous ouverts les uns après les autres dans un vacarme du tonnerre.

— Je l’ai vue je l’ai vue je l’ai vue… ! a répété Giulia à toute allure.

— Euh… calme-toi. Je comprends pas, ai-je bredouillé.

Elle sanglotait entre ses doigts. J’étais totalement dépassé par la situation.

— Elle était là… ! a-t-elle hoqueté. Au troisième étage… j’ai eu peur… si peur… !

— Ça… ça va aller.

— J’ai voulu courir, mais… je suis tombée. J’ai mal. Enzo, j’ai mal…

Du sang s’est mis à couler entre ses mains, d’une de ses oreilles aussi. Sa peau est devenue blanche comme de la porcelaine et ses vêtements et ses cheveux se sont couverts de poussière. Tout ça ressemblait de plus en plus à un film d’horreur.

— Elle était là, dans le noir.

— Qui ça ? Sophia ?

Elle s’est tue. Sa tête a oscillé de gauche à droite sous ses cheveux crépus. Puis elle a murmuré, si bas que j’ai eu du mal à l’entendre :

— Non. Pas Sophia… le fantôme.

Alors, sa main a jailli et s’est refermée sur mon avant-bras avec une force terrible.

Aide-moi, Enzo.

Sa voix avait changé. Elle était devenue plus oppressante, comme si elle résonnait sous mon crâne. Son visage blême était à cinq centimètres du mien. Le sang coulait de son nez et de son œil aux veines éclatées. Je me suis raidi, mais je n’ai pas bougé. Les fantômes étaient de vraies éponges à émotions, ils s’imprégnaient des sentiments de ceux qui les entouraient aussi facilement qu’ils les contaminaient. Paniquer n’aurait fait qu’aggraver la situation.

Elle va revenir me chercher ce soir, je le sais. Elle me l’a dit, elle va revenir pour moi.

Elle était à deux doigts de me broyer les os.

Me laisse pas là-bas, Enzo, je t’en supplie, me laisse pas.

— Je…

Viens me chercher, je t’en prie.

Aussi vite que Giulia m’avait sauté dessus, la pression sur mon bras s’est relâchée et elle s’est volatilisée.

J’étais tout seul au milieu des toilettes des garçons. Les portes avaient cessé de claquer, mais les robinets étaient toujours ouverts. Je ne percevais plus du tout la présence de Giulia. Elle était bel et bien partie.

Je me suis remis à respirer sans me souvenir d’avoir retenu mon souffle. Sur mon avant-bras, les doigts de Giulia avaient laissé une empreinte violette que j’ai examinée avec étonnement. J’avais déjà vu des fantômes faire tomber des objets en voulant les saisir, mais empoigner des gens ? ça, jamais. Les frères Gepetto m’avaient bien fait le coup, sauf que dans leur cas je n’étais pas sûr de ne pas avoir déliré, et est-ce qu’on pouvait classer les squelettes ambulants dans la catégorie « fantôme » ? Décidément, les morts s’étaient passé le mot pour me mener la vie dure.

J’avais beau avoir gardé mon sang-froid, maintenant la tempête passée, je m’apercevais que mes jambes flageolaient. J’ai rajusté mon sac à dos qui avait glissé le long de mon bras et j’ai fermé les robinets. Alors que je me retournais pour quitter la pièce, je me suis rendu compte que la porte d’entrée était entrouverte et j’ai cru voir quelque chose bouger par l’entrebâillement. Mince alors. Est-ce que quelqu’un m’avait vu ? Pourvu que non…

Les surveillants ont eu l’air de penser que je me moquais d’eux quand je leur ai expliqué que j’avais dû faire un tour aux toilettes de toute urgence après le cours d’Histoire-Géo et que ça s’était un peu éternisé. Finalement, j’ai pu rejoindre mes camarades en cours de maths.

La réserve de Sophia et ses copines m’apparaissait sous un nouveau jour. Est-ce que je pouvais vraiment me fier à tout ce que Giulia venait de me raconter ? C’était plutôt grave comme histoire. Avant de tirer la sonnette d’alarme sur les dires d’une morte en état de choc, j’avais peut-être intérêt à vérifier que tout ça était bien arrivé. J’ai décidé d’aller poser la question aux principales concernées pendant la pause.

Sophia, Doris et Annalisa s’étaient réfugiées dans un coin de la cour, à l’écart des autres élèves. On aurait dit qu’elles se disputaient en sourdine, ou plus précisément que Sophia s’énervait sur Annalisa. Elles ne m’ont pas vu approcher et j’ai pu capter des morceaux de leur conversation.

— … alors arrête un peu, puisque j’te dis que c’est rien… !

J’ai préféré ne pas les interrompre, ç’aurait été un peu grossier.

— Mais on devrait peut-être…

Doris m’a finalement remarqué et elle a fait les gros yeux, ce qui a alerté ses copines. Sophia a fait volte-face dans un jeté de cheveux digne d’une pub L’Oréal.

Sophia était une grande fille assez moche. Elle faisait tout son possible pour correspondre aux standards de beauté sans comprendre que ça ne lui allait pas. Les petits hauts moulants qu’elle s’obstinait à porter remontaient sur son ventre rebondi et les slims dans lesquels elle saucissonnait ses cuisses avaient tendance à descendre un peu trop bas. Elle avait aussi pris l’habitude de brûler ses cheveux au troisième degré avec son fer à lisser et de les tartiner de gel. Au fond, son vrai problème, c’était qu’elle était mal dans sa peau. Alors elle se vengeait sur les autres en se montrant mesquine. Quand elle m’adressait ses railleries dans les couloirs en me demandant si j’avais vu mon psy ce mois-ci ou parlé à Casper, j’éprouvais plus de peine pour elle que pour moi. Pas que je me pense plus beau ou plus intelligent, loin de là. Je savais à quoi m’en tenir me concernant. La différence c’était que moi, j’avais accepté l’idée d’être un garçon impopulaire et mal fringué. J’en souffrais pas. Elle, si.

Sophia m’a toisé d’un air constipé, puis elle a regardé autour d’elle, comme si elle cherchait la raison de ma présence.

— T’as un problème ?

— Non, moi ça va. Et toi ?

Ma question l’a tellement prise de court qu’elle en a oublié sa méchanceté et balbutié :

— Ça… ça va.

— Et Giulia ?

D’un coup, son visage a perdu ses couleurs et viré au blanc. J’ai cru qu’elle allait s’évanouir et j’ai hésité à lui conseiller de s’asseoir, inquiet. Derrière elle, Doris respirait bruyamment et se dandinait comme un coureur de sprint qui guettait le signal de départ et Annalisa semblait prête à pleurer. Ça m’a un peu fait peur. Je n’avais aucune envie qu’une deuxième fille me pleure dessus aujourd’hui.

— Qu’est-ce que j’en sais, moi ? a éclaté Sophia, le timbre mal assuré. Pourquoi tu me demandes ça ?

— Ben je sais pas, je croyais que vous étiez amies ? J’ai cru vous voir ensemble, hier après-midi. Et comme Giulia est pas là ce matin, je me demandais simplement si vous saviez pourquoi.

Doris frisait la crise d’asthme à présent. Les yeux remplis de larmes, Annalisa s’est avancée, décidée à parler :

— On voulait juste…

— La ferme ! l’a coupée Sophia en la bousculant.

Elle l’a fusillée d’un regard féroce et Annalisa s’est ratatinée. Sophia s’est tournée vers moi et m’a craché à la figure :

— Mêle-toi de ce qui te regarde ! J’sais pas ce que t’imagines, mais c’est n’importe quoi ! Elle est rentrée chez elle en fin d’après-midi, Giulia, c’est pas not' faute si elle s’est perdue en route cette conne !

Elle s’est arrêtée de crier pour reprendre son souffle. On aurait dit un taureau en pleine corrida. J’ai continué à l’observer sans ciller, sans rien dire, ce qui a eu le don de l’agacer et de l’effrayer encore plus.

— J’sais pas ce que t’as en tête, mais… ça servirait à rien d’aller le raconter ! T’es complètement taré, t’entends ? Jamais personne te croira ! T’es qu’un cinglé !

— Merci.

Elle a ouvert la bouche, aussi stupéfaite que si je l’avais giflée. Je leur ai aimablement souri puis je suis reparti.

Je ne m’étais pas attendu une seconde à ce qu’elles me déroulent le tapis rouge et me fassent des confidences, mais leur réaction avait suffi. Elles puaient la culpabilité à des kilomètres, c’était clair. Giulia m’avait dit la vérité. Elle était morte dans cet hôtel, terrorisée par un fantôme qui avait promis de revenir finir ce qu’il avait commencé.

Et j’étais peut-être le seul à pouvoir agir.

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Myrtille
Posté le 12/06/2021
Salut Neila !
La suite est toujours aussi cool et captivante ^^ j'allais te dire que j'étais surprise du terme "crucifiement" mais j'ai vu dans tes réponses aux commentaires que tu l'as découvert en écrivant cette histoire, comme quoi on en apprend tous les jours XD (même remarque pour la notation, le 5/10 qui est la moyenne pour nous mais pas pour les italiens ^^)
J'aime beaucoup le personnage d'Enzo et la manière dont tu décris le système scolaire avec les clans et la hiérarchie entre ados, ça me ramène des années en arrière (je dis des années comme si ça faisait des siècles ^^' en vrai c'est pas si vieux que ça XD) et j'aime beaucoup la manière dont tu intègres les fantômes. Je ne sais pas du tout si c'est une de tes sources d'inspiration mais ça me fait penser un peu au film "sixième sens", des fantômes qui sont là, autour de nous, et Enzo peut les voir et parfois les aider, des fantômes qui font peur-mais-pas-trop et pour qui on peut avoir de la compassion (pauvre Guillia). J'ai hâte de savoir ce qui s'est vraiment passé dans cet immeuble !!
À bientôt pour la suite !!
Myrtille
Posté le 12/06/2021
J'ai oublié d'ajouter que j'aime beaucoup la relation d'Enzo et son père, c'est tout mignon et très touchant !!
Neila
Posté le 14/06/2021
Coucou Myrtille !
Décidément, ce terme de crucifiement fait sourciller tout le monde. xD (moi la première) Je remercie pas non plus les Italien pour leur notation chelou !
Merci merci pour Enzo et son papa. <3 Aah, l'école... moi ça fait longtemps que j'y suis plus ! Mais j'en garde pas mal de souvenirs, j'ai l'impression que c'était hier. J'avais peur de tomber un peu dans la caricature avec ma description hiérarchique, mais... les ado sont assez des caricatures, quand on y réfléchit. O.O
Sixième sens, j'ai vu quand j'étais plus jeune, ça m'a un peu traumatisée. x'D Je pense pas que ça m'ait particulièrement inspirée, mais comme je reprends un peu toutes les croyances de bases associées aux fantômes, ça fait échos à beaucoup d'histoires. è.é Sixième sens, j'y aurais pas pensé. Sûrement parce que ça fait peur alors que le ton des Faucheurs est plus à l'aventure et à la rigolade. Mais, oui, y a des parallèles à faire !

Quoi qu'il en soit, merci beaucoup !! ^w^
A bientôt !
MarineD
Posté le 17/04/2021
"Un peu à côté de leurs pompes" XD Cette phrase m'a tuée, +100
D'une manière générale, j'aime bien les allusions d'Enzo à tout ce que les fantômes ne remarquent pas, comme s'ils ne pouvaient pas voir une réalité qui leur semble impossible. Ça me fait un peu penser aux Annales du Disque Monde, avec les gens qui refusent de voir le personnage de la Mort tel qui l'est et l'oublient, sans qu'aucune magie ne soit vraiment nécessaire :)

J'ai appris grâce à ce chapitre l'existence du mot "crucifiement", je ne connaissais que l'alternative "crucifixion". J'avoue que ce terme me fait un drôle d'effet, comme si c'était l'étape ordinaire d'un processus ou d'un cérémonial (comme embaumement, adoubement, déménagement), assez loin de l'action de clouer quelqu'un à une croix.

Madame Pina dit qu'elle aurait aimé mettre la moyenne à Enzo, mais il a eu 5/10, pour moi c'est bien pile la moyenne ?

C'est un chapitre très prenant. Plus qu'à aller rendre visite à ce dangereux fantôme de l'hôtel.
Neila
Posté le 17/04/2021
Coucou Marine. ^w^

Un jour il faudrait que je lise les Annales du Disque Monde, ça a l'air très cool ! Mais oui, c'est un peu ça. Certains fantômes évoluent dans leur propre réalité, ils voient ce qu'ils veulent voir ou peuvent appréhender. Après, il y en aussi qui ont conscience d'être mort. Je me suis pas privée, y en a pour tous les goûts ! :p

Ben moi aussi, j'ai appris ce mot en écrivant le chapitre ! Je pensais qu'on disait crucifixion dans tous les cas, mais non. J'avoue que je trouve ça un peu moche, crucifiement...

Pour le 5/10, je me suis renseignée sur le système de notation en Italie et... pour une raison que je ne m'explique pas, la moyenne est considérée à 6/10 et pas 5. x'D Après, peut-être qu'ils appellent pas ça "la moyenne", mais ça constitut la note minimale qu'il faut obtenir pour réussir un examen, si j'ai bien compris.

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire. ^v^
J'espère que la visite te plaira !
Taranee
Posté le 16/01/2021
Ton histoire prend les couleurs d'un livre d'Horreur ! Le suspense est intense, je me demande s'il va aller à l'Hôtel (en même temps, en tant que fan de mystères, j'aimerais bien...)...
J’échafaude tout un tas de théories farfelues. Et parmi elles : Est-ce que Sophia n'aurait pas un rôle plus important dans le meurtre de Giulia ?

Je m'en vais de ce pas lire le prochain chapitre !
Neila
Posté le 17/01/2021
Ah ben, c'est une histoire de fantôme quand même ! Mais l'horreur est pas mon fort, je pense. ^^'
Tu penses que Sophia l'a... trucidée ?? :O Seule la suite nous le dira (comment je tease).

J'espère que ça te plaira !
Merci beaucoup pour ta lecture et pour ton com'. ^w^
Taranee
Posté le 17/01/2021
Oui,
Honnêtement, je pense bel et bien que Sophia l'a assassinée. ^^'
Gabhany
Posté le 24/11/2020
Ok bon j'adore en fait ^^ Le "don" ou la malédiction, comme on veut, d'Enzo est intégré avec tellement de naturel, j'aime la façon dont Enzo vit avec ça, ce qu'il en fait et qu'il veuille quand mêle aider ces morts qui lui mènent la vie dure. Bref, je reviendrai très certainement après les HO !
Neila
Posté le 04/12/2020
Merciii. ♥
J'espère que la suite te plaira. Je vais pas tarder à publier de nouveaux chapitres en plus !
Encore merci pour ta lecture. ^^
MariKy
Posté le 23/11/2020
Salut Neila ! Je découvre ton histoire avec les HO et quelle belle découverte ! J'adore le ton du récit raconté par cet antihéros adorable au possible, et tout ce côté fantastique sur les fantômes... Tu mélanges habilement réalisme et mystère, et les relations sont très bien dépeintes : j'ai un coup de coeur pour ce papa poule hyper gentil... Bref, je t'ajoute avec joie à ma PAL et je reviendrai vite faire un tour ici pour suivre les aventures d'Enzo !
Neila
Posté le 04/12/2020
Coucou MariKy !
Merci beaucoup !! ça me fait très plaisir que ce début t'ait plu. ^^ Et le papa poule aussi. C'est probablement le personnage le plus gentil de mes histoires, et ça fait du bien un peu de gentillesse. Enfin bon. Si tu reviens par ici, j'espère sincèrement que la suite te plaira encore plus !

Merci beaucoup pour ta lecture et ton retour. ^^
Isapass
Posté le 08/09/2018
Bon, décidément, j'adore. Ca m'évoque des choses assez disparates que je connais, qui font partie intégrante de ma culture. Ca va de Harry potter (j'ai un peu collé l'image de Mimi geignarde, en moi geignarde, sur Guilia) à Buffy contre les vampires, en passant décidément par Les Autodafeurs... Ce n'est pas du tout négatif, hein, au contraire, parce que tout ça s'assemble dans un récit et une ambiance très cohérente... et passionnante !
Je t'avoue que je suis très très tentée de continuer mais comme j'essaie de lire un maximum d'histoires soumises aux HO, je vais me faire une raison et je reviendrai après les votes ;) 
Merci pour ces trois premiers chapitres, j'ai passé un très bon moment ! 
Détail : 
"mais j’avais la fâcheuse tendance à piquer du nez." : comme ça instinctivement, je dirais plutôt : " la fâcheuse tendance DE piquer du nez" ou " UNE fâcheuse tendance à piquer du nez". 
A très vite ! 
Neila
Posté le 08/09/2018
Un mix entre Harry Potter et Buffy contre les vampires... ça me va ! Ça fait partie des histoires qui ont bercées mon enfance et mon adolescence, je veux bien croire que ça se sente. ^^' Tant que c'est pas au point de sonner comme un remake pourri.
Moh, mais si ces premiers chapitres t'ont donné envie d'en lire plus, c'est une grande victoire pour moi. TwT Ça me fera très plaisir d'avoir ton avis sur la suite de l'histoire ! (je prends bonne note du détail que tu soulèves)
Mais merci beaucoup à toi pour ta lecture et pour tes retours. ♥
Rimeko
Posté le 06/06/2017
Coucou Neila !
Bon, j’avais eu envie d’aller faire un tour du côté des Faucheurs depuis que tu en as parlé sur ton JdB, mais il a fallu les HO pour me motiver… je suis une procrastineuse incorrigible :P
<br />Suggestions :
Chapitre 1 :
« Voir les esprits, c'était rien en fait. Rien du tout.<br />Tant qu'eux ne me voyaient pas. » Euh… pourtant, les fantômes ont l’air de voir les vivants (comme Giulia dans le chapitre 3), alors pourquoi ?
« Ce que je lui aurais pas forcément recommandé, au vu de la cinquantaine d'années bien tassées qu'il avait l'air de se traîner. » Euh, y’a des marathoniens qui ont la cinquantaine il me semble, c’est pas si vieux que ça :P
« Merlin m'a fait un signe de tête encourageant » Ça m’a fait bizarre de voir un nom apparaître comme ça…
« Plus la lumière se rapprochait de moi, et plus elle tendait (?) à m'atteindre. » Hein ?
« J'étais à deux doigt(s) de vomir sur ses bottes bardées d'acier. Il fallait absolument que je me ressaisisse, que je fasse quelque chose où (ou) j'allais y passer, c'était sûr. »
Chapitre  2 :
« Après tout il avait l'habitude que je lui en fasse vivre (voir ?) de toutes les couleurs. »
« – Je vais allé (aller) me laver. Il est quelle heure ? »
«  elle court le monde au bras de son petit-ami du moment, un type accroc (accro) au gel et à l'auto-bronzant »
« Elle a bien essayé d'obtenir ma garde quand j'ai eu neuf ans pour pouvoir toucher plus d'aide(s) de l’État. »
« mon père tenait à ce qu'on prenne le petit-déjeuné (petit-déjeuner) ensemble. »
« je faisais comme si c'était délicieux et lui faisait comme si il (s’il) me croyait. »
Chapitre 3 :
«  On les repéraient (repérait) aussi à l'attitude. »
« Si je me couchais très tôt et que je ne faisait (faisais) pas de rêves trop agités »
« Les cachets que les docteurs m'avaient prescrit(s) y avaient rien fait »
« On les aurait cru(es) en deuil. »
« C’était une chique (chic) prof, Madame Pina. »
« – Où est-ce que tu as appris tous ces détails que tu m’as donné(s) sur la vie des ouvriers pendant l’Industrialisation d’ailleurs ? »
« sa prochaine classe a commencé à se ranger devant la porte et elle a dut (dû) renoncer à me cuisiner d’avantage. »
« le petit rigolo un peu nœud-nœud (neuneu), la timide maladive »
« Avec Sophia à leur tête, ces trois la (trois-là) étaient de vraies pimbêches. »
<br />Oh, hé bien je regrette de ne pas être venue par ici avant ! (Et c’est dommage aussi qu’il n’y ait pas plus de chapitres en ligne, j’aurais bien continué sur ma lancée :P)
Déjà, j’adore le style de l’histoire ! Avec cette première personne, on est au plus près des pensées de ton personnage… Au départ l’absence de « ne » m’avait un peu perturbée mais en fait ça le fait vraiment ^^ (Ah et d’ailleurs j’ai relevé des trucs comme « chique » au lieu de « chic » mais je sais pas vraiment si c’est des fautes ou si c’est fait exprès…) Ça donne un caractère très expressif au récit !
Et en plus, ça nous fait d’autant plus apprécier Enzo et ses bizarreries. C’est drôle comment il a l’air de trouver ça très normal et pas si flippant que ça… (J’aime bien aussi le recul qu’il a sur les événements, ça donne des choses amusantes comme l’armure du « seigneur du mal », jolie auto-dérision :P) Je le trouve très attachant en tous cas ! Et j’aime bien sa lucidité sur les autres, que ce soit sur ses parents ou même sur Sonia, là, dans le troisième chapitre… Contrairement à ce qu’il dit, on dirait bien qu’il prête attention aux autres (ou alors il a un sixième sens, ce qui ne serait pas si improbable que ça XD)
Hé bien, un meurtre, un mort maléfique et ses squelettes, une adolescente fraîchement décédée, une sorte de passation de pouvoir de la part du vieux chelou… ça promet pour la suite tout ça ! (Elle arrive quand cette suite d’ailleurs ? *sifflote innocemment*)
Neila
Posté le 06/06/2017
Coucou Rimeko !
Ben je remercie les HO pour t'avoir donné la motivation de te lancer ! =D
Déjà, merci pour le relevé de fautes, je vais aller mettre tout ça a jour. Ensuite, merci pour l'histoire. <3 Ah, les « ne »... elles m'ont donné envie de m'arracher les cheveux ces négations... Comme tu l'as bien remarqué je voulais que le ton de l'histoire reste assez « parlé », même dans la narration. Et avec les « ne », souvent ça le fait moyen, ça fait trop soutenu. Du coup voila, j'ai décidé de pas les mettre quand je pouvais l'éviter, mais j'ai pas réussi a trouver de règle fixe. >.<' Y a quand même des endroits ou je les mets sinon je trouve que ça fait trop bizarre.
Tout ça pour dire que j'ai du mal avec la narration en « je » et j'ai parfois du mal a trouver le juste équilibre dans le ton familier de l'histoire, mais j'ai l'impression que ça commence a venir.
Ah ah, oui, Enzo est bizarre. x'D Ses réactions, ses sentiments et ses pensées ne seront pas toujours comme elle devrait l'être dans les situations ou il se trouvera, mais c'est voulu. Y a une raison a ça, qui est amenée bientôt dans l'histoire. Le challenge pour moi c'est de réussir a faire sentir au lecteur que les réactions bizarres d'Enzo ne sont pas une maladresse de ma part mais que c'est le personnage qui est comme ça. C'est pas facile, mine de rien.
Si tu le trouves attachant, c'est déjà un bon point ! (mais t'es pas dans le faux en parlant de sixième sens :p)
La suite... peut-être la semaine prochaine, avec de la chance, ou la semaine d'après... Pour tout avouer j'ai encore des choses a reprendre dans le prochain chapitre, et je sais pas encore bien comment. x'D Mais je vais faire de mon mieux pour pas trop tarder !
Un gros merci pour ta lecture et ton commentaire Rim, ça me fait très plaisir. <3
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