LA COMPLAINTE DU FRERE

Je suis le gouffre de l’hiver.

Dans mon gosier de porcelaine, tout est glace et dureté. 
Mon haleine est polaire et mon souffle impitoyable
Est un ruban de neige claire.

Tantôt épais comme le Spleen,
Tantôt léger comme la bruine.

La pointe de mes griffes balafre le jour.
La chaleur s’évanouit comme mon corps quand le Roi d’Or
Ce frère tyrannique,
Reconquiert depuis char tous les recoins de la Terre
Et réchauffe le grand ciel d’une onde solaire...

Mais je la mords, votre précieuse lumière
La tourmente rageusement de mes poèmes austères
Et vous la rends, puissante et froide
Je la vomis, triste et malade. 

Implacable, son rayonnement est lapidaire ! 
Et vos cœurs déçus se serrent.
Ce n’est pas juste.
Pourquoi vos cœurs meurtris n’aiment-ils que mon frère ? 

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Ewen
Posté le 22/10/2020
On sent que tu veux le placer, ce "Spleen" 😂 Ça fait deux fois que je le lis dans tes poèmes 😝
En tout cas y'en avait pas besoin pour sentir une inspiration Beaudelairienne ! Et si c'est pas le cas, alors chapeau, je sais décidément pas d'où tu tires ton style .-.
Flozouphe
Posté le 14/12/2020
Merci :)
Sæhrímnir
Posté le 19/10/2020
Quel joli texte suranné (dans le sens positif du terme - si, si, il y en a un) !
Quand la Vie flambe arrogante dans les ténèbres infinies du vrai monde sans chaleur et immobile.
Ou est-ce un hymne vampirique à Artémis ?
Flozouphe
Posté le 20/10/2020
Merci de votre retour !
Si c'était un hymne, j'imagine qu'il serait chanté aux déités du froid mordant et de la neige. J'ai surtout remarqué que dans mes textes, et contrairement aux autres couleurs saisonnales, l'hiver n'avait que peu de lignes. J'ai donc tenté de réparer mon affront en le faisant parler un peu, en lui donnant un semblant individualité... Merci encore de m'avoir lue !
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