Jour 1 : COVID-19

Lundi 16 mars 2020, 19h30 / COVID-19. Ce nom vient de bouleverser nos vies ; ce nom avec ses allures de mot de passe : des lettres capitales, un caractère spécial, des chiffres, est un virus. Un virus biologique - à distinguer des virus informatiques - mortel pour environ 2% des personnes qui le contractent ; à vue de nez ce n'est pas beaucoup, sauf que... 

Ce virus est extrêmement contagieux. Voyez plutôt : une personne infectée contamine en moyenne trois personnes de son entourage. Autre aspect vicieux de cette maladie, beaucoup de personnes contaminées ne développent pas de symptômes ou si peu. Alors, elles ne s'alarment pas et vaquent à leurs occupations. Imaginez un peu : elles vont conduire leurs enfants à l'école, participer à diverses réunions au travail, faire du sport ; elles se rendent au théâtre, au cinéma, à l'opéra. COVID-19 circule avec elles. Et le dimanche, toute cette société se retrouve innocemment en famille où toutes les générations sont mélangées sans prendre conscience, au départ, que les malades succombant à la maladie sont, en grande majorité, des personnes fragiles ou âgées ; en l'espace de quelques semaines nos traditionnelles réunions de famille sont devenues un danger. J'ai peine à imaginer plus cruel. Alors, les autorités sanitaires ont alerté le président de la République ; et le président de la République a parlé, jeudi dernier, à tous les Français. Il n'a jamais autant parlé : il a remercié les infirmiers et les infirmières, les médecins, les aide-soignants et les aide-soignantes, tous les personnels hospitaliers et les a mobilisés comme on lève une armée. Il a fermé les crèches, les écoles, les collèges, les lycées, les universités pour aujourd'hui. Il a rassuré les chefs d'entreprises, les salariés, les indépendants ; l'état leur viendrait en aide, il le leur promettait. Bref, il a mis le pays au ralenti et, je dois l'avouer, cela m'a inquiété. Quand un président, quel qu'il soit, parle aussi longtemps pour rassurer autant de gens, c'est que le pays se prépare à quelque chose de grave. Malgré ce discours, hier à Paris, le monde. Du monde sur les marchés, du monde dans les parcs, du monde car c'était une belle journée. Du monde dehors avant d'être confiné... Aujourd'hui, c'est le premier jour du confinement et ce soir, le président de la République nous parlera à nouveau, sur un ton grave, sur la menace : COVID-19, un virus aux allures de mot de passe.  

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_Lovebook_
Posté le 15/08/2021
Ah, le (la) covid ; cette maladie qui nous pourrit la vie...
Belle idée de tenir un journal durant le confinement, j'en ai moi même fait un.
Comme ça, on peut se rendre compte de ce qui s'est passé du point de vues d'une autre personne.
Je continuerais a te lire,
Lovebook
Eloïse Shin
Posté le 21/07/2021
Comme MayaAubray dit juste en dessous, tu nous offres un énorme retour en arrière. On a l'impression que c'était il y a plusieurs années déjà. Ca fait bizarre de s'imaginer ce qu'on a découvert au tout début 2020. Bravo à toi pour ce chapitre :)
MayaAubray
Posté le 13/05/2021
Oh un énorme retour en arrière et que de souvenirs ^^ c'est marrant ta phrase avec le covid qui ressemble à un mot de passe. C'est tellement vrai mais j'avais jamais remarqué x)
J'ai hâte de voir la petite introspection de l'heros ou l'héroïne en ces temps
Petite remarque cependant :
- ou si peu. Alors, elles ne s'alarment pas, mieux vaut dire "si peu qu'elle ne s'alarme pas"
Bonne continuation :)
Imre Décéka
Posté le 09/07/2021
Merci pour ton commentaire. Il n'y a rien de fictionnel dans ce carnet, tout ce que j'y raconte, est vécu. J'espère que tu y trouveras ce que tu cherches.
Juliekiwii
Posté le 12/05/2021
Ton titre m'a intrigué et fait rire, je me suis dit, tiens qu'est-ce que l'on peut bien raconter lors d'un confinement ^^ Je t'avoue que je suis agréablement surprise, j'ai beaucoup aimé ton chapitre et j'ai hâte de continuer la suite. Merci :)
Imre Décéka
Posté le 09/07/2021
Merci pour ton commentaire :)
Debout la Nuit
Posté le 01/05/2021
Bonjour ImreDeceka. Je m'etais juré de ne plus rien lire à propos de Covid. Mais la tentation est trop forte pour tes écrits. Je continue les autres chapitres et commenterai au fur et à mesure. Au passage, je te remercie pour le commentaire au sujet de mes haïkus. Je suis tjrs étonnée de constater qu'ils plaisent, car moi, j'ai des difficultés à bien m'exprimer. J'ecris comme je ressens les choses.
Imre Décéka
Posté le 05/05/2021
Merci pour ton commentaire. J'espère que la lecture de ce journal te divertira d'une façon ou d'une autre.
Ervine Eilof
Posté le 13/04/2021
Très belle entrée en la matière ! J'avoue que j'étais curieuse de commencer à te lire et je ne suis pas déçue. :) La narration des événements n'est pas du tout pesante, ni "sensationnelle" comme on peut le voir dans certains styles journalistiques. Le texte tient bien du récit. Et pourtant ce n'est pas évident avec un sujet pareil. On sent une certaine distance, neutralité globale dans l'énonciation des faits mais qui est agréablement ponctuée de petites analyses/avis subtiles. Le virus est presque personnifié aussi et je trouve que c'est une façon intéressante de lui donner sa place. J'ai beaucoup aimé la fin et ce passage "COVID-19, un virus aux allures de mot de passe." car en effet, c'est presque un "laisser-passer" pour débloquer de plus amples mesures, des fonds, etc. Criant de vérité.

Seule remarque : j'aurais peut-être scindé le texte en plusieurs paragraphes : un retour à la ligne après "plus cruel." et après "quelque chose de grave."
Sinon, c'est très fluide et ça se lit d'une traite. Merci pour ce partage. :) Je continue ma lecture !
Imre Décéka
Posté le 13/04/2021
Merci pour ton commentaire. La neutralité et la distance avec les médias est clairement recherchée dans ce journal ; même si je ne remplis pas ce contrat à chaque fois. J'espère que la suite ne te décevra pas. :)
Aspen_Virgo
Posté le 27/03/2021
En cliquant sur ton livre, je ne m'attendais absolument pas à ça, et je suis agréablement surpris ! C'est un chapitre court mais efficace. Ton style donne un côté romancé à la situation (le parallèle avec un mot de passe est très intéressant). On se croirait au début d'une dystopie.
Morale de mon commentaire : hâte de lire la suite !
Imre Décéka
Posté le 28/03/2021
Merci pour ton commentaire. Heureux d'avoir provoqué la surprise. J'espère que la suite ne te décevra pas.
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