Jaken

Notes de l’auteur : Chapitre 3, première partie.

Comme pour le premier chapitre, celui-ci a été découpé en deux parties pour faciliter la lecture sur un écran. Passez un bon moment !
Ori'

« Et voilà que la grosse Rina retrousse le bas de ses jupes et se jette sur les draps pour nous rejoindre ! On a passé une de ces nuits, oh là là ! Sérieusement, vous devriez essayer les catins de la maison d’Ancelle, c’est là qu’on trouve les meilleures de la ville !

- Ferme-la, abruti. »

Décidément, les deux soldats qui m’encadrent ne sont pas très causants. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer de leur décoincer les rognons : j’ai testé les anecdotes de comptoir, quelques mauvaises blagues sur la famille du commandant Ravinel et même le récit de mes péripéties dans un bordel. Mais rien à faire : l’humeur de mes chaperons d’un jour reste aussi sombre que celle d’un condamné à mort avant son exécution. Réjouissez-vous un peu, les gars ! J’ai même allumé un feu de joie pour griller des côtelettes !

Bon, c’est vrai que je fanfaronne mais en vérité je n’en mène pas large. Pendant votre absence, je n’ai toujours pas trouvé de solution pour échapper à la vigilance des gardes. Outre Gros-balourd et Porte-de-prison qui me tiennent chacun fermement par un bras, il y a Pleurnicheuse qui sanglote à l’arrière en me menaçant de son arbalète. Il faut dire que la pauvre a vu sa copine de dortoir se faire pulvériser contre un mur par une Anormale. C’était un spectacle splendide et effrayant à la fois : une seconde avant, la milicienne faisait la morale à des gosses venus jouer trop près de l’incendie ; la seconde d’après, elle disparaissait dans une gerbe d’éclaboussures écarlates. Même le capitaine du Guet en a oublié son sermon : il s’est lancé à la poursuite des Fangeux comme une bête enragée, me laissant entre les mains de ses charmants subalternes. Charge à eux de m’accompagner jusqu’à la caravane qui me conduira ensuite en enfer.

« Au fait, je vous ai raconté la fois où j’étais tellement ivre que je me suis endormi au bord de la Fangeuse ? Pendant la nuit, j’ai roulé sur le quai et je suis tombé dans la rivière. Je me suis réveillé avec de la merde jusqu’aux épaules ! »

- Ta gueule, j’ai dit. »

Nous contournons à présent les halles des tanneurs que l’incendie dévore avec appétit. À ma droite, un énorme crache-sable essaye de lutter contre les flammes. Au cas où vous n’en auriez jamais vu, je vous rassure, vous ne ratez pas grand-chose : ce sont de gros animaux qui vivent dans la Dévoreuse, protégés de la chaleur par une épaisse carapace chitineuse. La nature leur a offert une mâchoire puissante pour broyer la pierre, ce qui leur permet de se nourrir des colonies de perce-roche qui abondent dans la région. Une fois les insectes malaxés et digérés, l’animal expulse les débris avec une force prodigieuse par ses narines, créant d’impressionnants geysers de sable dans le désert. Depuis quelques années, le Guet élève précieusement des individus en captivité et les utilise pour étouffer les départs de feu sans gaspiller d’eau. Une idée géniale me direz-vous, mais qui a toutefois des inconvénients. Primo, un crache-sable adulte mesure environ huit pieds de haut et pèse quatre ou cinq tonnes, ce qui empêche leur utilisation dans des ruelles étroites. Secundo, ces animaux sont affreusement lents. Sérieusement, placez une de ces bestioles à vingt mètres d’une forêt et allumez le feuillage bien sec avec une torche : vous aurez le temps de cramer une douzaine d’hectares avant qu’elle n’arrive à hauteur des premiers arbres. La lenteur de ces énormes mollusques oblige le Guet à les déplacer sur des chariots tirés par des centaures. Enfin – et c’est le comble du ridicule –, leur efficacité repose entièrement sur la bonne volonté desdits animaux à éteindre l’incendie. Combien de fois ai-je vu l’un de ces mastodontes gavé de roche et d’insectes  faire la sieste devant les flammes !

Celui-ci toutefois semble décidé à apporter sa contribution. Dans un boucan d’enfer évoquant le cri d’agonie d’un cor de chasse fendu dans sa longueur, il propulse des tonnes de sable et de poussière sur la halle des tanneurs. Victoire tonitruante, le brasier recule ! Le valeureux Guet d’Ambreciel a repoussé le feu d’un ou deux mètres, ce qui ne l’empêche pas de se propager aux bâtiments voisins. Comptez cinq ou six heures pour remplir à nouveau la panse de l’animal et lui laisser le temps de digérer : quelle efficacité redoutable ! Je ne peux m’empêcher de ricaner face à une prestation aussi lamentable.

« Ça te fait rire, connard ? »

Décidément, Gros-balourd n’a aucun humour. Pour bien me faire comprendre que je dois me taire et avancer, il m’expédie dans les parties un mauvais coup avec la hampe de sa hallebarde. Je serre les dents et me plie en deux pour encaisser la douleur, ma tête se met subitement à tourner. Il s’esclaffe et décide de doubler la mise, ce petit jeu semble beaucoup l’amuser. Inutile de vous dire que je suis clairement moins enthousiaste.

« Outch !

- Alors l’ivrogne, tu fais moins le mariole maintenant ? Tu vas la fermer sagement, ou je t’en remets un pour la route ? »

Je lève une main tremblante pour signifier ma reddition. Gros-Balourd m’adresse un sourire cruel et met quand même sa menace à exécution. Il attend que je baisse ma garde pour m’expédier dans les joyaux un coup de genou dont je me souviendrai toute ma vie. Je hurle et je m’écroule par terre, la douleur est insupportable. Mesdames et messieurs, bienvenue dans les aventures palpitantes du prodigieux Jaken Reid ! Après avoir raté mon cambriolage et incendié un quart de la Cité-Monde, me voilà privé de descendance et incapable de m’asseoir pendant plusieurs jours. Si jamais je retrouve le génie qui m’a conseillé d’écrire ce livre, je lui fait avaler ma plume, mon encrier et la reliure pour qu’il s’étouffe avec !

Mon champ de vision commence à s’obscurcir et je ne demande qu’à m’évanouir en paix, mais Gros-balourd ne semble pas disposé à me laisser ce plaisir. Sa main m’attrape par le col de ma cape et il me remet debout sans effort. D’un nouveau coup dans le postérieur, mon tortionnaire m’oblige à me remettre en marche. Il ne faudrait surtout pas rater le départ de la caravane, ce serait tellement dommage que j’échappe à ma corvée ! Une virée de trois jours en plein désert au milieu des pillards et des tempêtes de roche, qui pourrait refuser ? Je déglutis courageusement pour éviter de vomir mon dernier repas et m’appuie lourdement sur mes bourreaux pour avancer vaille-que-vaille, un pas après l’autre.

De toutes parts, les gens qui sentent l’odeur de la fumée commencent à affluer dans les rues pour voir ce qu’il se passe. Des bambins pleurent, des mères inquiètes serrent leurs progénitures contre elles, des hommes naïfs ou désespérés attrapent des seaux et ramassent de la terre pour essayer d’éteindre l’incendie. Ambiance sonore de cette toile de maître intitulée « désolation par le feu », Grand-Gaillard et ses jumelles continuent de tinter dans le lointain pour appeler au-secours. Mes deux chaperons m’entraînent en claudiquant à travers ce désordre où s’entrecroisent des soldats du Guet qui courent dans tous les sens, sans doute à la recherche de l’apprentie de la Main-Noire qui a trucidé l’une des leurs. S’ils savaient à quel point ils sont à côté de la plaque ! Qu’importe, je me gausse de leur sottise et les regarde se fourvoyer avec plaisir. J’ignore qui est l’Anormale qui a pulvérisé cette femme devant le Renard boiteux, mais je remercie le destin de m’avoir servi cette diversion sur un plateau. Sans cette agitation, Gros-balourd et Porte-de-prison auraient fini par comprendre que le camarade aviné qu’ils promènent ne fait pas partie du Guet et n’a jamais été soldat. Il faut dire que malgré ma trentaine bien sonnée, avec mes cheveux longs, ma peau lisse comme celle d’une jouvencelle et mon physique de gringalet, j’aurais été plus crédible si je m’étais déguisé en fille de joie. C’est sans doute mon côté salaud gentilhomme ou malfrat séducteur qui s’exprime : quelle que soit la mission dans laquelle je m’embarque, je prends toujours soin de mon apparence. Si jamais les choses tournent mal ou si je veux disparaître dans la foule, il est plus facile de se rouler dans la boue pour ressembler à un Fangeux que de se mêler à des Vertueux en étant vêtu de hardes. Hélas, quand il s’agit de ressembler à un milicien du Guet, mon allure de jeune aristocrate sans le sou que j’entretiens avec soin ne m’est plus d’aucun secours.

Quinze minutes de marche plus tard, nous arrivons enfin aux abords de la porte nord où se réunit la caravane. Ici, l’ambiance est incontestablement différente : sur une immense place recouverte de grès sont attroupés des centaines de travailleurs, répartis par petits groupes en fonction de leur quartier d’origine comme du bétail. Les habitants des Fosses sont évidemment les plus nombreux, mais je repère également des Charognards qui ont élu domicile dans le vieux cimetière et même une bande de Souterreux qui passent leurs journées enfermés dans les catacombes. Tout le gratin des rives de la Fangeuse est là, prêt à suer sang et larmes dans un enfer caniculaire pour trouver des gemmes d’éclat et rentrer chez eux le soir plus riches de quelques gorgées d’eau potable. Il y a du vieillard, de l’enfant maladif et du trentenaire souffreteux par dizaines, qu’importe leur état tant qu’ils peuvent manier une pioche ! C’est un portrait vivant et saisissant de ceux que la belle Ambreciel a rejeté sans pitié dans ses cloaques et ses caniveaux, au milieu desquels des sentinelles en uniforme passent distribuer des restes de pain rassis et des morceaux de fruit qui sentent bon la moisissure.

Dans un coin se dresse un enclos gigantesque où une trentaine de bêtes de somme sont attelées à des chariots servant à transporter le matériel et la future récolte. De solides palefrois patientent également sous le soleil naissant, ils sont destinés au capitaine et à son escorte de Sorcelames dont la présence est indispensable pour effectuer la traversée du désert. Nul ne saurait s’aventurer sans protection dans la Grande Dévoreuse, à moins d’abandonner tout espoir de refranchir en vie les portes de la cité. Tandis que nous passons à côté d’eux, un cavalin redresse la tête de son auge et me fixe intensément de ses grands yeux bleus. C’est un bel animal à la silhouette fine et à la musculature puissante, dont les écailles s’égayent de reflets d’azur et de safre sous la faible lumière matinale. Il gratte la poussière de son sabot à deux doigts et incline docilement la tête, comme s’il me reconnaissait. Flatté, je lui retourne discrètement son salut et lui adresse un sourire en coin. L’animal se tourne alors vers Gros-balourd et hérisse sa crête sur son échine en position défensive. Il émet un long sifflement rauque entre ses dents et fait vibrer les écailles de son dos comme s’il allait charger.

« Oh là, du calme Vipérine ! Tiens-toi tranquille ! »

Un palefrenier accourt pour tenter de maîtriser la bête mais elle s’enhardit davantage à la vue de son fouet à lanières. Elle replie ses pattes avant et détend ses muscles, adoptant la position des félidés en chasse qui s’apprêtent à bondir sur une proie. Le palefrenier hésite, recule. Grossière erreur de sa part : ce jeune homme n’aura plus jamais la moindre autorité sur Vipérine. S’il y a bien une chose à savoir des cavalins, c’est qu’ils ont une mémoire prodigieuse lorsqu’ils établissent un rapport de domination.

« Bon alors, crache Gros-balourd avec impatience, c’est pour aujourd’hui ou pour demain mon garçon ? »

Le Fangeux regarde Vipérine d’un air effrayé et s’avance prudemment de quelques pas. La cavaline siffle de plus belle et fait claquer ses mâchoires dans le vide pour l’impressionner. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi j’ai un mauvais pressentiment. Le gamin ne sait pas y faire, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. S’il essaye de se servir de son fouet, cette histoire risque de très mal finir.

« Recule, Salim ! Tu vas te faire piétiner ! »

Arrive de l’autre bout de l’enclos une jeune fille que je connais bien. Cheveux roux bouclés en désordre, longue robe élimée couverte de crasse et de poussière, Syndra n’a pas beaucoup changé depuis la dernière fois que je l’ai vue. Des sillons humides parcourent ses joues et elle a les yeux rouges comme si elle avait pleuré. Pourtant elle ne tremble pas lorsqu’elle s’approche de Vipérine et tend une main pleine d’assurance en direction de l’animal.

« Là, tout doux ma belle ! Du calme ! C’est Syndra, je ne vais pas te faire de mal, d’accord ? »

La cavaline se tourne vers elle et fait vibrer ses écailles d’un air menaçant. Sa longue queue fouette l’air et elle retrousse ses lèvres, découvrant une rangée de crocs. Syndra continue de s’avancer et fixe ses yeux dans ceux de l’animal qui gratte le sol avec anxiété. Puis soudain, comme si elle reconnaissait la fille de Ballard, Vipérine émet un gloussement et replie sa crête dorsale pour la rejoindre au petit trot. Syndra l’accueille avec les bras grand ouverts, lui flatte l’encolure et dépose un baiser furtif entre ses naseaux. La cavaline s’ébroue et lui donne de petits coups de tête affectueux, elle mordille les pans de sa robe et tourne autour d’elle pour s’amuser. Je souris intérieurement en assistant à la scène, qui me rappelle le jour où j’ai connu Syndra des années plus tôt.

« Tâche de maîtriser cette fichue bête ! lui crache Gros-balourd d’un ton autoritaire. Si elle affole le troupeau comme la dernière fois, tu auras affaire à moi !

- Oui, sergent Boc. »

Syndra incline la tête et remarque enfin ma présence entre les deux soldats. Évidemment, il lui suffit d’un instant pour me reconnaître et elle me jette un regard à la fois intrigué et chargé de reproches. Je lui réponds d’un signe discret pour l’enjoindre à garder le silence.

« Allez, l’ivrogne ! S’exclame Boc en me frappant de sa hallebarde. Avance, on va te présenter tes nouveaux copains ! »

Il m’entraîne sans douceur à l’écart des enclos et nous traversons la place au milieu des Fangeux intrigués qui se demandent pourquoi la caravane n’est pas encore partie. Dans le lointain, les lueurs de l’incendie décroissent et les flammes ne sont plus visibles que par intermittence au-dessus des toits. L’obscurité, le vent glacial et l’aube ont cédé place à un soleil rasant qui présage d’une chaleur écrasante à venir. En silence, les gardes en uniforme procèdent au comptage, une ardoise et un morceau de craie dans la main. Très peu d’entre eux sont véritablement instruits en calcul mental, mais je réalise rapidement qu’ils se contentent d’ajouter un trait blanc pour chaque travailleur du groupe qui leur a été assigné. Une fois leur ronde terminée, ils rapportent le matériel à l’intendant du Guet installé près de la porte monumentale, qui se charge de consigner les chiffres dans un registre. Vêtu d’un surcot jaune safran et penché sur un écritoire, celui-ci est facilement reconnaissable : c’est un individu de petite taille perché sur un escabeau, au visage émacié terminé par une barbiche en pointe. Avec ses joues creuses, ses yeux fouineurs enfoncés dans ses orbites et son nez busqué en trompette, il me fait penser à un rat qui jetterait sans cesse des coups d’œil inquisiteurs au-dessus de ses lunettes. Pourtant, en dépit de son apparence ridicule, l’intendant du Guet est un homme redoutable et redouté de tous les habitants des Fosses : c’est lui qui se charge d’attribuer aux familles des bas-quartiers leurs rations d’eau potable. Je sais d’expérience que s’il manque une seule personne dans un groupe de travailleurs, il n’hésite pas à pénaliser l’ensemble de l’équipe, qui se retrouve alors privée de distribution d’eau le soir. Une technique cruelle mais terriblement efficace pour motiver les Fangeux à participer aux récoltes de gemmes d’éclat.

Lorsque nous passons devant lui, l’intendant me jette un regard soupçonneux avant de se remettre à gratter frénétiquement sa plume sur le papier. Un frisson parcourt ma colonne vertébrale, ce type a un je-ne-sais-quoi qui m’a toujours mis mal à l’aise. Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’il me croise sous un de mes nombreux déguisements, et je crains qu’à force il finisse par se rappeler de mon visage. Je baisse donc prudemment la tête et fais mine de cuver mon vin jusqu’à ce que nous soyons suffisamment éloignés de lui à mon goût.

Nous arrivons finalement devant l’assortiment de misérables que le sergent Boc a choisi pour moi et je ne peux m’empêcher de grimacer. Sérieusement, ils m’ont confié la garde des Souterreux ?! Ces types à la peau blême et au visage livide ne décrochent pas un mot, ils sont angoissants au possible et ne ressemblent presque plus à des hommes. C’est bien ma vaine ! Gros-balourd et Porte-de-prison s’esclaffent, je comprends qu’il s’agit d’une mauvaise plaisanterie pour m’humilier davantage. Eh bien soit ! Puisqu’ils pensent m’infliger une punition sévère, je vais faire en sorte de la tourner à mon avantage. Les Souterreux voyagent d’ordinaire à l’arrière des caravanes pour ne pas importuner les autres travailleurs, ce qui signifie moins de vigilance des gardes et une proximité immédiate des chariots. Avec un peu de chance, je parviendrai peut-être à voler un véhicule pour leur fausser compagnie. J’espère également pouvoir compter sur l’aide de Syndra, bien qu’elle n’ait pas eu l’air enchantée de me revoir. Le simple fait qu’elle ne m’ait pas dénoncé à la seconde où elle m’a reconnu est plutôt encourageant.

« Et voilà ! S’exclame triomphalement le sergent Boc en me poussant au milieu des Souterreux. Tu ne devrais pas être trop dépaysé ici, il y a comme un air de famille ! »

Les deux soldats éclatent de rire et font demi-tour, m’abandonnant à ma corvée sous la surveillance de Pleurnicheuse. Bon sang, je l’avais presque oubliée celle-là ! La milicienne traîne une caisse vide dans la poussière et s’assoit négligemment dessus, elle me menace toujours de son arbalète. Elle sort de sa tunique une ration de fruits secs enveloppés dans un linge et commence à les picorer lentement sans me quitter des yeux. De toute évidence, elle n’a pas l’air décidée à bouger le petit doigt pour m’aider.

« Allez, grogne-t-elle d’une voix rauque en recrachant un noyau. Mets-toi au travail. »

Onze Fangeux du quartier des catacombes se tiennent autour de moi et me scrutent comme une bête de foire. Franchement, qu’est-ce qu’ils sont flippants ! Ils ont l’œil globuleux et le regard inexpressif, une peau laiteuse dont la surface paraît visqueuse, un nez presque inexistant avec deux fentes horizontales à la place des narines. Comme si ça ne suffisait pas à leur donner un charme fou, les Souterreux ont le crâne chauve et le front proéminent, la mâchoire trop petite et les joues flasques. Leurs paupières ont presque disparu à force de vivre dans le noir et ils froncent en permanence les sourcils pour ne pas être aveuglés par la lumière du jour. Permettez-moi de vous offrir un conseil d’ami : si vous ressemblez à ça en vous regardant dans un miroir, jetez-vous du haut d'une falaise pour épargner à vos proches la corvée de vous supporter. En plus, ils dégagent une odeur épouvantable ! On dirait qu’un pêcheur étourdi a laissé un tas d’entrailles de poissons mariner une semaine au soleil. Sérieusement, ces types se baignent dans la Fangeuse ou quoi ?!

Je m’approche d’eux avec circonspection, ils me fixent d’un air hagard. Deux d’entre eux sont plus petits que les autres et pourraient être des enfants, une autre a vaguement une silhouette féminine. Tous sont décharnés et beaucoup trop faibles pour travailler dans les mines, mais comme tant d’autres habitants des bas-quartiers, ils n’ont pas le choix. Sur le sol, j’avise non loin le matériel que le Guet a préparé pour les Souterreux : il y a là des sacs en toile, des cordes, plusieurs lanternes alimentées par des gemmes d’éclat minuscules, des pioches, des burins et des masses. L’ensemble doit peser plus lourd que mes onze Fangeux réunis ; pourtant, ils devront bel et bien faire le voyage jusque Tys-Beleth à pied avec ce fatras sur le dos.

Pendant que je procède au comptage et à la distribution, mes pensées s’égarent vers Matheus Finch et le cambriolage raté de la nuit dernière. Quelque-chose ne cesse de sonner l’alerte dans un coin de ma tête, j’ai le sentiment que cette mission était un redoutable traquenard dont Coddie a malheureusement payé les frais. Vous aussi, vous l’avez remarqué ? En dépit de sa serrure résistante, pénétrer dans l’atelier du Façonneur était presque trop facile. Pas de garde ni d’alarme, et le joyau de sa collection d’automates était exposé en plein milieu de la pièce alors que l’artisan dispose comme tous ses confrères d’un solide coffre-fort. Et puis il y avait cette course-poursuite avec le Guet, qui semblait bien trop préparé pour l’occasion : foi de Jaken, je n’avais encore jamais vu autant d’arbalétriers au même endroit ! Que dire des centaures qui nous ont chargé sur la place du marché, vous pensez vraiment qu’ils ont caparaçonné tout un troupeau en cinq minutes ? Non, si vous voulez mon avis, tout cela pue la trahison à plein nez. Reste à identifier le mouchard qui a prévenu le commandant Ravinel que la célèbre Main-Noire envisageait une promenade nocturne. Problème, ça ne se bouscule pas au portillon du côté des suspects : je prends toujours grand soin de dissimuler le détail de mes contrats. En fait, il n’y a que deux personnes dans la Cité-Monde qui connaissaient l’adresse de l’atelier que je devais cambrioler : le vieux Ballard en qui j’ai une confiance absolue, et la jeune écervelée qui m’a accompagné.

Un frisson remonte ma colonne vertébrale malgré la chaleur qui s’installe.
Serait-ce le fin mot de l’histoire ?

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Peridotite
Posté le 16/01/2023
Dans ce chapitre, Jaken est amené aux mines.

Il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre : Jaken fait des blagues. On apprend qu'il connaît Coddie mais ne fait pas le lien avec l'Anormale qui l'a sauvé. Il réfléchit à son cambriolage.

Je ne m'attendais pas à ce que Jaken soit lui aussi un adolescent, ça m'a surpris.

Sinon le style est fluide. Attention néanmoins a ne pas surabuser d'adverbes. Moi j'aime pas trop, mais c'est subjectif et ce n'est qu'un conseil comme ça bien sûr.

Mes notes :

"le Guet élève précieusement des individus"
> Je virerais l'adverbe (comme d'hab 🙂)

J'aime bien ce crache-sable. Au passage j'aime beaucoup les Mondes d'Aldébaran et je suis fan des créatures en tout genre dans la fantasy 🙂

"huit pieds de haut"
> Je viens de checker donc 2,5 m, c'est pas mal en effet 🙂

"Il faut dire qu’avec mes cheveux longs, ma peau lisse comme celle d’une jouvencelle et mon physique d’adolescent anémique"
> Ah oui d'accord, je suis à coté de mes pompes depuis le début. J'imaginais vraiment un homme genre marqué par la vie, à la Benvenutto, pas du tout un ado quoi.

"arc-bouté comme un chimpanzé plus tard"
> ??

"une jeune fille que je connais bien"
> Mais ? Il ne l'a pas reconnu avant ?

"et fixe ses yeux dans ceux de l’animal"
> Est-ce le bon verbe ?

"il lui suffit d’un instant pour me reconnaître et elle me jette un regard à la fois intrigué et chargé de reproches"
> Donc là les deux ont le même âge ou presque? Ça change toute ma vision de Jaken (et de la scène). Mais pourquoi agissait-il ainsi avec son apprentie ?

De manière générale, tu emploies beaucoup d'adverbes qui alourdissent à chaque fois les phrases. Je te conseille de les remplacer par un verbe fort.

"Nous arrivons finalement"
> Hihi je le retrouve dans tous tes romans ce finalement

"et demandez-lui de vous euthanasier"
> Ce terme sonne moderne pour une fantasy

La tension retombe. Je me dis que Jaken va bientôt s'échapper. Il m'avait l'air moins crapule dans ce chapitre, malgré ses blagues salaces. En le découvrant adolescent, sa mysoginie et ses blagues salaces sonnent plus décalées pour moi.

Ce roman me fait un peu penser aux Salauds gentilhommes, mais aussi à la fille Sortilège avec les gemmes magiques, tu les as lus ? 🙂
MrOriendo
Posté le 16/01/2023
Hello Peridotite !

Jaken n'est pas encore amené aux mines ici, le convoi se prépare à partir. Pour les adverbes je sais que j'en utilise beaucoup, mais je ferai attention à ça pendant la phase de correction :)

Encore une fois, tu sembles confondre les personnages de Coddie et Syndra, ce qui risque de rendre certains passages difficiles à comprendre.

Jaken, un adolescent ? Mais WTF ?
Là, tu pars clairement en raid sur le trope YA dans lequel tu as enfermé ce récit, alors que ce n'est pas du tout le cas 😅
Jaken n'est absolument pas un adolescent, et je pense que cette incompréhension + la confusion entre Coddie et Syndra, ça a dû considérablement biaiser ta lecture et le regard que tu portes sur l'histoire.
À un moment je compare le PHYSIQUE de Jaken avec lui d'un adolescent car il est plutôt petit et maigre (1m70 environ tel que je l'imagine), pas baraqué et il a les cheveux longs. Mais ça ne veut absolument pas dire qu'il a 15 ans Oo
D'ailleurs s'il était ado, ça ne pourrait pas faire 10 ans qu'il sévit dans Ambreciel et fait tourner le Guet en bourrique. Sans compter qu'il a de l'expérience, même s'il est poissard et maladroit (et s'est fait piéger).

"Mais il ne l'a pas reconnue avant"
--> il ne l'a pas croisée avant hein, c'est la première fois qu'il se retrouve devant elle.

Content que les crache-sable te plaisent, tu verras il y a pas mal de créatures un peu sympa, drôles ou originales comme ça dans mon univers (cavalins, boursoufleux, crache-sable, sombre échine, myrmilles, etc...).

Je ne connais pas du tout la fille sortilège, par contre j'ai lu les Salauds Gentilhommes il y a quelques années et j'ai vraiment adoré cette saga (j'attends le tome 4 avec impatience) 😁
MrOriendo
Posté le 16/01/2023
Avec celui d'un*
Désolé, j'ai tapé ce passage trop vite ^^
Peridotite
Posté le 17/01/2023
Coucou Oriendo,

Je ne peux pas me tromper pour Jaken car tu utilises même le terme « adolescent » dans la phrase : "Il faut dire qu’avec mes cheveux longs, ma peau lisse comme celle d’une jouvencelle et mon physique d’adolescent anémique"
> Si tu veux en faire un adulte, attention à tes descriptions, le lecteur n’est pas dans ta tête. Il ne fait que lire des lignes sur un écran. Là si tu décris ton héros comme un adolescent, on l’imagine adolescent et c’est tout.

T’inquiète, je confonds pas les persos, juste leur nom. Y a la copine à Salim qui a des pouvoirs et donc qu’il veut protéger (ce qui est bizarre) et l’apprentie à Jaken qui est une possible traitresse qu’il veut sauver. Je lis beaucoup, c’est pour ça. Au passage, je n’aime pas trop tes prénoms qui sonnent américain ou algérien, pas trop fantasy quoi. Jaken, c’est bien, ça sonne comme Kraken je trouve 😊

Perso, j’ai pas accroché aux Salauds Gentilhommes car je les trouvais trop gentils comme gangsters. J’ai donc arrêté fin du tome 1. Mais c’était pas mal. Il y a un truc que j’ai vraiment pas aimé dans ce livre, c’est les chapitres que j’appelerais « saut dans le passé », en géneral juste avant que les gangsters utilisent une technique, une arme ou un truc. Je me sentais total spoilée ! Je savais déjà qu’ils allaient employer ce truc dans le chapitre d’après et je n’aimais pas ça. Une scène qui m’a tuée, c’est celle où le héros principal cherche des vêtements un moment. Je l’ai sauté, je n’en pouvais plus ! Sinon oui, trop gentils à mon goût 😊

« j'aime bien lire une première fois en "lecteur lambda" pour apprécier le texte sans m'arrêter avant de reprendre le chapitre pour faire mes remarques point par point. »
> T’imagine le boulot monstre que ça serait pour moi si je voulais donner des remarques détaillées en faisant ça. Il faudrait que je lise le livre deux fois. Au passage, même les correcteurs pros ne font pas ça et ils sont payés ! Je n’ai pas le temps. J’essaie toujours de me lancer dans une lecture plaisir, mais je suis souvent bloquée par des incohérences, formulations lourdes quand ce n’est pas des fautes d’ortho/grammaire. Donc je le dis. Après tout, ce site est fait pour ça, pour arriver à une version aboutie de nos textes, voire éventuellement que certains soient publiés à la sortie de la moulinette peut-être.

J’avais payé une beta-lectrice pro une fois et c’était une chouette expérience. Après ses retours, j’avais entièrement réécrit la partie 1 et virer ce qui constituait une partie 2, une sorte d’axe pas utile. Elle a secoué le pommier en quelque sorte et m’a tapée sur les doigts (mais elle était gentille je trouve) 😊 C’est ce que j’essaie de faire quand je peux avec les récits ici. Mais il ne faut pas oublier que je ne peux donner qu’un avis subjectif.

Par ailleurs, si tu ne veux pas développer de thèmes adolescents ou te trimballer des ados au cours de l’histoire, je te conseille de transformer tes persos en adultes. Sinon, tu tomberas dans le YA, c’est quasi obligé. Idem si tu veux traiter de thème aussi important que la torture, ne basarde pas ça comme ça au tout début du livre, au milieu de deux blagues. Prends le taureau par les cornes et parles-en comme si c’était quelque chose d’important. On parle de torture ici, pas de boire une tasse de café. C’est ça qui me déplait dans le trope du torture porn, pas tant la violence en soi. Si celle-ci était justifiée, je comprendrais. C’est comme ces récits chelous où une femme est violée juste pour que le héros révèle son pouvoir et après on passe à autre chose. Ça craint à max quoi !
MrOriendo
Posté le 18/01/2023
Merci de ta remarque, le terme "adolescent" dans la description a été remplacé. Je ne pensais pas qu'il porterait autant à confusion.
En revanche je ne transformerai pas Syndra et Salim en adultes, car je ne vois pas d'intéret à modifier mes personnages.
Je comprends bien que tu pointes du doigt les incohérences de mon récit et que tu me proposes des solutions, mais ici je n'en vois aucune.
Pourquoi un livre devrait-il forcément être YA à partir du moment où un personnage dedans est un enfant ou un adolescent ?
Je vais prendre des exemples un peu extrêmes, c'est juste pour t'expliquer mon point de vue. Imaginons que demain, je décide d'écrire une histoire très dure sur les trafiquants d'esclaves, la traite des enfants qui finissent dans les cartels où pire encore. Serait-ce un livre destiné à un public YA juste parce-qu'il raconte l'histoire d'enfants et d'adolescents selon toi ?
Si un jour une femme qui a été violée ou battue quand elle avait 15 ans raconte son histoire, est-ce que ce sera un récit YA parce-qu'elle avait 15 ans ?
Cela signifie-t-il aussi que selon cette classification, un récit "adulte" ne doit avoir que des personnages adultes ?

Personnellement je ne vois pas bien l'intérêt de poser ce genre d'étiquettes sur un roman sur un critère d'âge des personnages et aussi tôt dans le récit. À mes yeux, le côté "YA" doit se justifier par ce que l'auteur raconte. Oui, il y a des passages assez durs dans Jaken, parce-que je ne cible pas spécialement un public jeune quand je l'écris. Et non ce n'est pas parce-que Syndra a 15 ans que je vais forcément coller à tous les stéréotypes du roman YA. On verra par la suite où ma plume me portera 😉

Concernant les SG j'ai surtout aimé le 3. Le 1 était pas mal mais avait quelques longueurs et le 2 était globalement en-dessous des autres.
Isapass
Posté le 05/11/2022
Malgré une lecture entrecoupée (pour cause d'IRL), j'ai beaucoup aimé ce chapitre. Le rythme, bien que moins effréné que dans le premier chapitre, tient en haleine et les révélations sont bienvenues.
D'abord, la soi-disant trahison de Coddie... je ne sais pas pourquoi, mais je n'y crois pas. Ce serait trop simple. Et si ce n'est pas le père de Syndra, ça peut être quelqu'un de son entourage qui l'aurait entendu, non ? Syndra a bien des soeurs ? Ou alors c'est Syndra elle-même, pour des raisons que je ne comprends pas. Bref, je pense qu'il y a un truc plus compliqué là-dessous.
Ensuite, on découvre que Syndra a été l'apprentie de Jaken. Je me doutais d'un truc comme ça. En fait, je me disais qu'une des soeurs de Syndra avait peut-être était l'apprentie de Jaken et que ça s'était mal passé, ce qui expliquait que Syndra lui en voulait. Finalement, c'est Syndra elle-même. Pourquoi l'a-t-elle quitté, du coup ?
Et enfin, on comprends mieux ce qui arrive à Syndra. Ce qui a l'air de faire d'elle un personnage central, à la fois pour Jaken et pour Salim. Je trouve ça très intéressant d'avoir un personnage central qui n'a pas de point de vue. Ou alors elle en aura plus tard ?
Quoi qu'il en soit, tout ça est passionnant et je suis curieuse de connaître la suite.
En plus, il y a quelques perles : notamment l'épisode du "Daloo" que j'ai trouvé très drôle et le poème (il est de toi ou tu l'as repris quelque part ?), charmant.
Le sadisme des Sorcelames et du Guet est énorme : pas de doute, on sait qui sont les méchants.
Enfin, on a la preuve que Jaken est un vrai coeur tendre malgré ses dires, vu sa réaction à la souffrance de Syndra.
Je m'arrête là pour l'instant, mais ton histoire rejoint immédiatement ma PAL ;)
Merci pour ce moment de lecture très très sympa !
MrOriendo
Posté le 05/11/2022
Hello Isapass !

Content de voir que la lecture de Jaken t'enthousiasme toujours autant !
Effectivement le personnage de Syndra est central et c'est mon préféré à titre personnel pour le moment.
À l'heure actuelle, tel qu'est conçu le scénario, il n'est pas prévu qu'elle obtienne un point de vue en tant que narratrice. Après je ne m'interdis pas de revenir sur cette décision si j'en sens le besoin ou si mon inspiration me guide vers ça, mais en l'état actuel l'histoire devrait se limiter à trois narrateurs. Le troisième arrive d'ailleurs bientôt.
Le poème est de moi en effet, je me suis un peu cassé la tête pour réussir à l'écrire mais je voulais vraiment des vers qui fassent sourire et collent avec le personnage décalé de Jaken.
Et oui, pas mal de choses commencent à se mettre en place mais le scénario n'est sûrement pas aussi simple qu'il n'y parait...
À bientot et merci de ton commentaire !

Ori
Sabi
Posté le 04/11/2022
J'ai donc terminé les trois premiers chapitres (malgré la longueur), et c'est super très bien of the top ! Eh oui !
Entre le briseur du quatrième mur, ses blagues, ses remarques, et le monde fort intéressant et bien décrit... On s'attend à tout ! On a hâte de voir la suite ! Une belle découverte !
T'inspires-tu de la série "Les Salauds gentilhommes" ? Je décèle une influence dans le personnage voleur avec panache. Tu cites même le titre dans ce chapitre...
MrOriendo
Posté le 04/11/2022
Hello Sabi !

Mince alors, me voilà démasqué ! Effectivement, l'oeuvre de Scott Lynch fait partie de mes incontournables, j'ai adoré sa trilogie quand je l'ai découverte il y a quelques années et j'attends le 4ème tome avec impatience.
Bon cela dit, je m'efforce de ne pas trop m'inspirer quand même, j'essaye avant tout de faire du Ori à la sauce Jaken !
Ou du Jaken à la sauce Ori... enfin bref, tu m'as compris !

Content en tout cas que le début du roman te plaise autant, et peut-être à bientôt pour la suite !

Ori
Liné
Posté le 31/10/2022
Hello !

J'ai rien à redire, encore une fois la narration fonctionne complètement. Et le rythme de l'histoire est carrément emballant : les choses se passent quand même assez vite, mais surtout avec beaucoup d'efficacité, des nœuds et des hypothèses qui se répondent (le fait que Syndra connaisse Jaken pour avoir été son apprentie, par exemple). Au milieu de tout ça, on découvre petit à petit l'univers et c'est toujours aussi agréable.

A bientôt pour la suite, une fois les Histoires d'or passées !
MrOriendo
Posté le 31/10/2022
Merci c'est adorable !
J'ai souvent tendance quand j'écris à avoir un rythme scénaristique assez lent. Ça me laisse tout le loisir de poser des descriptions et de faire évoluer mes personnages.
Avec Jaken, j'avais envie de tenter quelque chose de différent, de faire en sorte que l'action s'enchaîne à chaque chapitre et que l'histoire avance plus vite.
Je suis content de voir que le style te plaît toujours.

Bonne lecture pour tes HO et à bientôt 🙂

Ori
LionneBlanche
Posté le 29/10/2022
Coucou !
Et nous revoilà avec Jaken, qui a des ennuis. Je m’inquiète qu’un mes personnages puissent devenir réels, mais à mon avis, si ça se produit, tu as tout intérêt à courir plus vite que moi. ^^
On comprend assez vite qu’il y a un lien entre lui et Syndra, difficile de faire plus clair, mais il faut attendre un moment pour comprendre qu’elle a été son apprentie, ce qui explique qu’elle réprouve son attitude, étant donné qu’elle ignore que non seulement il lui a sauvé la vie, mais qu’en plus, il voulait la libérer.
Mais il est possible qu’elle l’ait trahi, apparemment, Jaken doute davantage de son apprentie que du père de Syndra, et c’est que la situation est fortement suspecte… Mais en même temps, si l’ado a vraiment le vertige et qu’on considère que le crochet de Jaken a pu lâcher pas manque de bol… Elle pourrait être innocente. Ça ne me ressemble vraiment pas, mais comme lui propose d’emblée cette éventualité, avec de bons arguments en plus, je préfère garder mon petit doute. Jaken ne serait pas le premier personnage à essayer d’induire les lecteurs en erreur… ^^
Les pouvoirs de Synra… Je suis sure qu’elle ne les contrôle pas, qu’elle n’a pas fait exprès de prendre la douleur, comme elle ne voulait pas faire de mal à son ami en faisant un parallèle avec ce que subissait Jaken, ou en tuant la femme. Ça vient de s’éveiller, mais pile quand l’autre reçoit sa lame… Je suis sure qu’il y a un lien. En tout cas, ils sont sacrément dans la mouise, tous les deux.
Ton histoire prend un bon départ, elle est prenante, intrigante, et les caractères de tes personnages bien marquées. L’univers n’est vraiment pas mal aussi.
Je vais la mettre de côté pour avancer dans les histoires d’or, mais soit certain qu’il ne s’agit pas d’un adieu et que je reviendrais lire la suite.
À bientôt, donc ;)
MrOriendo
Posté le 29/10/2022
Si un jour Jaken ou Syndra devient réel, clairement, je change d'identité et de pays, voire même de planète xD
En tout cas c'est un plaisir de voir que le scénario te fait cogiter autant, et j'espère que la suite te convaincra elle aussi quand tu reviendras par ici ;)

A tout bientôt donc et merci pour ton retour !
Ori
Edouard PArle
Posté le 29/10/2022
Coucou !
Quand j'ai vu Jaken en titre de chapitre j'étais refait !! xD Je sens qu'à chaque fois que je vais revoir ce personnage, je vais crier de grands "youpiiii" intérieurement !
Une nouvelle fois, l'humour a parfaitement fonctionné, je n'ai pas autant ri qu'au premier chapitre mais il y a quelques pépites qui m'ont bien amusé xD C'est cool que ça ne s'essouffle pas en avançant, ça continue d'être drôle.
On a une nouvelle dimension de l'histoire dans ce chapitre. En tout cas, j'ai trouvé le ton plus dur que dans les deux chapitres précédents. Les coups de fouet c'est jamais des scènes très agréables et clairement, tu n'y pas de main morte. Aucune ellipse et en plus un décompte !
Au moins, on entre en empathie avec ce pauvre Jaken. J'ai beaucoup aimé le fait qu'il se fasse soigner par Syndra. Je pense que mon intuition sur ce personnage n'était pas trop mauvaise, elle risque de continuer à prendre de l'importance par la suite ! Je l'aime de plus en plus, peut-être que je la met en 2e position de mon top derrière Jaken (punaise 3 chapitres et je fais déjà des tops, qu'est-ce que tu m'as fait ? mdr)
Le passage avec "Dalo" était excellent, franchement j'adore la manière dont tu l'as amené et conclu. Je ne m'attendais pas du tout à ce que ça veuille dire de "l'eau". Et en plus d'être drôle, ça sert l'intrigue, ce qui est très bien joué ! Sans eau, pas de scène de coup de fouets ! Tout s'enchaine parfaitement, bravo !
Mes remarques :
"de leur quartier d’origine comme du bétail." virgule après origine ?
"Permettez-moi de vous offrir un conseil d’ami : si vous ressemblez à ça en vous regardant dans un miroir, prenez immédiatement rendez-vous chez un médecin et demandez-lui de vous euthanasier." perso ça m'a fait rire mais je me demande si ça ne pas sortir certains lecteurs de la scène d'évoquer des images assez modernes au milieu d'un texte de fantasy.
"Hélas, la porte s’ouvre et le voilà coincé ! Car le mari arrive et il semble furieux. Qu’importe ! Jeunette est bien assez en forme pour les deux. »" ahaha quelle chute xD Cette petite chanson est déjà un truc à elle seule mdrr
Un immense plaisir d'avoir découvrir ta plume !
Je reviens en force sur ton histoire après la fin des HO, trop content de l'avoir découverte ! A très vite (=
MrOriendo
Posté le 29/10/2022
Aaaah, la poésie de Jaken, si raffinée et mélodieuse... ravi de découvrir que toi aussi, elle t'a fait chavirer ! Sérieusement, qu'on donne un nobel de littérature à cet homme ! 😆

Plus sérieusement, c'est une scène que je me suis énormément amusé à écrire, et j'attendais avec impatience un premier commentaire dessus car j'avais peur d'en avoir trop fait.

Pour le reste, je te rejoins totalement. Le rythme de l'histoire s'accélère (spoiler, avec les deux chapitres suivants ça va continuer) et devient un peu plus grave, et Jaken détonne de plus en plus dans un scénario qui se veut... plus sérieux, justement.
En tout cas je suis ravi que le récit t'ait plus à ce point, et je n'ai qu'une chose à dire pour conclure : à quand la vidéo "putaclic" sur youtube avec un top 10 des meilleures citations et personnages d'Ambreciel ? x)
MrOriendo
Posté le 29/10/2022
*t'ait plu. Sang de myrmille, papy Ori fatigue...
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