Interlude

Il fait froid et noir.

            La première sensation que l’enfant ressent. La morsure terrible du froid, après avoir été arraché à une enveloppe chaude et accueillante, alors que l’on a encore à peine conscience de soi-même.         

            Petit à petit, l’enfant éprouve des sensations nouvelles. Et très désagréables. Quelque chose d’encore plus froid que l’air vient se coller à l’arrière de son corps. Quelque chose de lisse. L’enfant sent aussi qu’on le touche. Partout. Parfois le contact est chaud, parfois glacé également, ou piquant ou humide. L’enfant découvre tous ces gestes à mesure qu’il prend conscience de son propre corps. 

            Ce sont tout à coup ses oreilles qui lui font mal. Il y a comme des vibrations à l’intérieur. Elles sont irrégulières et toutes différentes. L’enfant pense reconnaitre des voix. Celles-ci se changent en mots au fur et à mesure que le bourdonnement qui les accompagne disparait.

            Puis on lui ouvre un œil de force. La vive lueur blanche lui fait atrocement mal. Comme si l’on brule son visage avec une flamme. Une sensation humide apparait alors dans le coin de son œil pour descendre le long de ses joues. On relâche finalement sa paupière, mais ce n’est que pour se saisir de l’autre. Cela fait moins mal que la première fois.

            L’enfant peut alors apercevoir l’espace d’un instant, le monde alentour. Il est cependant encore flou, principalement blanc avec quelques taches de couleur. L’enfant ne sait pas encore les nommer toutes, mais il croit reconnaitre du bleu au-dessus de lui.

            – Dans une chambre, vite, ordonne une voix.

            Le corps de l’enfant est légèrement secoué à mesure qu’on le fait avancer à l’aide de la chose froide contre laquelle son dos repose.

            Cette sensation s’arrête en même temps que les vibrations. L’enfant sent qu’on l’agrippe et qu’on le dépose sur une surface douce et moelleuse. Puis on se mets à lui toucher à nouveau les bras, avec des sensations de piqures par endroits.

            L’enfant est assalli par la curiosité. Mais ses yeux ne veulent plus s’ouvrir. Ils sont lourds. Tout comme sa tête qui tombe lentement sur le côté.

            Puis à nouveau, le noir et le silence.       

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Filenze
Posté le 18/07/2020
Bonjour Benebooks,

Le mystère s'épaissi.
Deux petites remarques: la concordance des temps, le récit au présent fonctionne bien pour l'immersion. Mais le tout début est au passé simple et imparfait. Je me demande si tout construire au présent pourrait être encore plus immersif.

- L’enfant est assouvi par la curiosité = je pense que tu voulais dire qu'il est assailli (voix passive d'assaillir)?

Mais qui est ce bébé??? :)
Benebooks
Posté le 18/07/2020
Je voulais tout écrire au présent, mais l'habitude m'a rattrapé et il y a parfois des passages au passé !
Non, assouvi est correct, c'est le participe passé du verbe assouvir (tu ne connais pas l'expression "assouvir sa curiosité" ?) :D
Filenze
Posté le 18/07/2020
AAAAAAAAh oui. Tu as raison ^^'. Ah je suis toute perturbée XD
Mais du coup... je comprends pas bien. Cette curiosité elle est assouvie ou pas assouvie? :)
Car si elle est assouvie, pourquoi continuer avec : " Mais ses yeux ne veulent plus s’ouvrir.", il devrait pouvoir les fermer tranquillement si elle est assouvie.
Si la curiosité n'est pas assouvie, alors... ça devrait donner ça : L'enfant n'est pas assouvi par sa curiosité ?
Je n'ai jamais autant écris assouvi de ma vie :)
Benebooks
Posté le 18/07/2020
Mais oui. C'est donc toi qui a raison, il vaut mieux écrire "assailli" \0/
Filenze
Posté le 18/07/2020
Ah c'est super avec le début au présent :)
Benebooks
Posté le 18/07/2020
Merciiii ! :D
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