Incidents dans les profondeurs

Mercredi 4 Octobre 1899, 5h05, Tom Tesla.

 

La pluie s’abat encore, toujours plus drue et plus forte sur les carreaux, et le vent fait claquer la fenêtre. Le temps est devenu très sombre depuis déjà quelques semaines et le Soleil n’arrive plus à percer à travers la masse noire épaisse recouvrant la capitale et nos cœurs. Plus les jours passent et plus la tension se fait ressentir en ville. Les ombres s’agitent et des rumeurs courent sur d’étranges apparitions et évènements dans les profondeurs. Je pense que je devrais aller voir ça, mais j’ai encore beaucoup de travail à faire à l’atelier. Mr. Tesla a besoin de moi.

Mais ces évènements sont l’occasion parfaite pour tester ma nouvelle invention, j’essaierai de négocier un temps libre pour aller voir ça, dans un cadre tout à fait professionnel bien sûr. Je croise les doigts.

 

Il ferma son carnet, rangea la plume dans son boîtier, et s’affala au fond de son fauteuil dans un long soupir. Il était encore très tôt, le jour ne s’était pas encore levé et la pluie continuait de tomber dehors, toujours plus forte. Les oiseaux venaient à peine de se réveiller, brisant le silence de la maison qu’il affectionne particulièrement, pour se plonger dans ses pensées, ses écrits, et réfléchir. Il descendait généralement dans les cuisines prendre un fruit, un gâteau préparé par le Vieux Gary (, leur domestique,) la veille, puis remontait bidouiller ses gadgets. Il aimait s’enfouir profondément dans la lecture de gros livres , aux pages jaunies par le temps, et à la couverture cuivrée, verte ou bleu azurée, incrustées de fils d’or, remplis de symboles étranges que seuls des cerveaux aguerris pouvaient déchiffrer. La science le fascinait, pour tout dire, il avait même grandi dedans. Depuis tout petit, les expériences, les inventions, les formules qui constituent ce monde si vaste l’inspirait, et avait développé un don particulier pour ce domaine. Les mystères de l’Univers, le fonctionnement du monde,… il voulait tout savoir.

Il était absorbé dans cet océan de mystères physiques et de schémas, le cliquetis de l’horloge berçant les flots de ses pensées, comme un métronome coordonnant ses idées, tandis que le bruissement de la pluie paraissait de plus en plus lointain. Le jour daignait se lever, derrière le voile d’ombre qui s’étendait au dessus de la capitale. Les cheminées commençaient à fumer, et la ville s’extirpait d’un pas las de son sommeil de plomb, l’on entendait les premiers volets claquer sur les façades des maisons, ainsi que les premières roues des charrettes retentir sur le pavé humide et glissant dans les rues. Les délicieuses effluves du pain chaud venaient égayer le réveil morose des habitants du quartiers, et agitaient les quelques chiens et enfants errants dans les rues en quêtes de nourriture. En quelques minutes, le silence de la nuit laissa place au tumultes et à l’effervescence de la vie urbaine. Tout comme la ville, la maison s’éveilla peu à peu, et les échos des habitants retentissaient dans la maison. Une voix s’éleva à travers les étages, montant jusqu’à la chambre de Tom:

 

«- Tom ! Le petit déjeuner est servi et dépêche toi car nous avons beaucoup à faire ! Dis la voix d’un ton attentionné, mais puissant.»

 

Aucune réponse. La voix se répercuta à nouveau contre les murs de la maison:

 

«- Tom ! Dépêche toi ! Nous avons rendez-vous à neuf heures avec le maire de la ville, te rappelles-tu ?

 

- J’arrive tout de suite Mr. Tesla ! Rétorqua le jeune homme, qui était profondément plongé dans sa lecture.»

 

Tom était un jeune garçon, âgé de la vingtaine, ses cheveux bruns mi-longs descendaient dans sa nuque et lui donnait un air rebelle pour son temps. Des petites lunettes rondes étaient posées sur le bas de son nez, laissant apparaître des yeux d’un vert intense en amandes, et un regard tenace, et d’une vivacité d’esprit rare.

Il ferma le gros ouvrage qu’il était en train d’étudier, sans oublier de marquer la page avec un petit bout de papier, puis se leva de son fauteuil et sorti de sa chambre en fermant la porte derrière lui. Il descendit les escaliers en vitesse, et manqua de tomber, puis entra dans la cuisine et s’installa à table. L’odeur d’un petit déjeuner frugal emplissait la pièce: le fumé du bacon en train de doré dans la poêle cuivrée se mélangeait aux volutes du pain grillé et de l’œuf à la coq, et la théière crachotait avec quiétude de petites colonnes de vapeur. Tom attrapa le beurre et l’étala sur une fine tranche de pain avant de le tremper dans le jaune de son œuf, et l’avala goulûment. Nikola lui, mangeait en silence, et levait la tête pour le regarder de temps en temps. C’était un génie, mais un génie très silencieux, humble et humaniste. Il ne parlait que lorsqu’il était utile de parler, mais il était attentionné et pédagogue, il était donc facile de converser et débattre avec lui. C’était un grand homme, il était connu dans le monde entier pour ses travaux et ses inventions révolutionnaires comme la téléphonie ou le courant alternatif. Et il avait envie d’enseigner toutes ces choses à Tom, qui était son élève et fils adoptif, il avait profondément confiance en lui et y plaçait beaucoup d’espoir pour le siècle suivant.

Après quelques secondes de silence, Nikola ouvrit enfin la bouche. Il releva la tête de sa tasse de thé, essuya les quelques miettes qu’il avait autour de la bouche, puis planta son regard sur Tom. Le jeune homme se sentit observé, avala sa gorgée de thé, posa la tasse et le regarda droit dans les yeux.

 

«- Excusez moi mais vous avez…encore un peu de… dans votre moustache…. , lança-t-il d’un air amusé.

 

- Oh… merci Tom… quel maladroit je fais…, répondit Nikola d’un air gêné. Vis à vis de ce rendez-vous, c’est très important, il est sujet d’un travail en collaboration avec la ville pour améliorer le quotidien des habitants, et peut-être même du monde entier. J’aimerai que tu te tiennes bien et que tu ne sorte pas du sujet. Je sais à quel point tu es curieux mais j’aimerai juste que tu observes, et que tu en apprennes un peu plus sur les relations diplomatiques, car il est vrai que ce n’est pas ton fort, ajouta-t-il le sourire aux lèvres.

 

- Je ferai attention c’est promis, répliqua aussitôt Tom, je sais me tenir tout de même.

 

- Nous verrons cela, lança Nikola avec un clin d’œil.»

 

Ils finirent de déjeuner dans le calme, le pendule accrochée au mur près de la porte rythmant le silence. Ils se levèrent, et le Vieux Gary ainsi qu’une femme d’une cinquantaine d’année commencèrent à débarrasser la table. Mr. Tesla interpella Gary:

 

«- Lorsque vous aurez finis avec Brunehilde, dit-il, pourrais-tu atteler les chevaux le temps que je me prépare ?

 

- Bien Monsieur, répondit simplement le Vieux Gary.»

 

Mr. Tesla et Tom sortirent de la cuisine, et montèrent se préparer pour le fameux rendez-vous. Il était sept heures quarante-cinq , et la mairie n’était qu’à quinze minutes en calèche de leur domicile, ils avaient donc le temps de prendre un bain chaud et de se faire présentable en bonne et due forme afin de s’entretenir avec le Maire. Nikola était au premier étage et Tom était au deuxième, sous les toits, tandis que les domestiques avaient leur chambre au rez-de-chaussée, non loin de l’entrée. Chaque étage possédait sa propre salle de bain. Elles étaient simples, mais pourtant resplendissantes, elles ne faisaient pas plus de vingts mètres carré , et étaient meublées d’une baignoire blanche comme l’ivoire, d’une large vasque en verre, et un papier peint couleur rose saumon recouvrait les murs. Des flacons de parfums multicolores ornaient les étagères, et un petit pot contenant une brosse à dent et une lame de rasoir près de la vasque. Un réchaud était toujours disponible à proximité au cas où il n’y ait plus d’eau chaude, même si cela prenait un temps infini pour remplir la baignoire. Un petit plateau à roulettes était disposé près de la baignoire, et servait à poser les savons aux couleurs raffinées, ainsi que les huiles essentielles dont les effluves étaient entêtantes, et lorsque la porte était ouverte après un bain, la vapeurs enivrantes emplissaient l’étage à en donner le tournis.

Après quarante minutes, ils sortirent de la salle de bain, l’odeur de lavande, de violette et de rose s’évaporant dans chaque étage. Ils étaient tous deux très bien habillés et plus que présentables, le costume trois pièces était de circonstance. Nikola portait une grande veste noire feutrée, d’un noir de jais arrivant jusqu’aux genoux, couvrant un simple gilet gris, attaché par de petits boutons dorés, un pantalon marron foncé arrivant jusqu’aux chevilles, et un haut de forme noir assez simple très répandu à l’époque. Il avait bien entendu coiffé sa moustache, de sorte à remonter les pointes. Quant à Tom, il avait revêtu son plus beau manteau, marron foncé et légèrement feutré, avec en dessous un gilet d’un vert émeraude profond également attaché grâce à de petits boutons dorés, un pantalon noir, et un chapeau melon comme couvre chef. Il avait coiffé sa moustache comme son tuteur, et lissé son bouc avec soin.

Après s’être préparé, ils descendirent dans le hall d’entrée, mirent leurs chaussures et sortirent sur le palier. Leur maison était une magnifique résidence, au milieu d’un immense jardin, non loin du grand parc d’Ethelas, au dernier niveau de la ville où les gens viennent se promener, pique-niquer et se détendre. Le Vieux Gary les attendaient, ainsi que la calèche qui devait les emmener voir le Maire.

 

«- Votre canne Monsieur, et le journal du jour, dit-il en tendant l’objet à Mr.Tesla, la calèche et le cocher vous attendent vous serez à l’heure pour votre rendez-vous.

 

- Merci beaucoup, répondit Nikola avec un sourire.

 

- Oh et si le jeune Tom vous importune encore devant Monsieur le Maire, n’hésitez pas à me l’envoyer aux cuisines ou aux écuries , cela devrait le détendre, ajouta le Vieux Gary en rigolant.

 

- Je n’y manquerai pas, dit Nikola avec un clin d’œil avant de monter dans la calèche.»

 

Tom l’y attendait déjà à l’intérieur, s’était caler contre la fenêtre et regardait au dehors. Nikola s’assit en face de lui, s’installa confortablement et croisa les jambes, puis ouvrit son journal. Il était huit heures trente, les rues étaient déjà bondées de monde, une marée de chapeaux de toutes formes envahissait le paysage urbain, le vacarme incessant qu’il y avait une heure plus tôt s’était amplifié. Le bruit de milliers de pas sur les trottoirs, se mêlaient aux échos des sabots de chevaux sur les routes pavées, le vrombissement des moteurs des voitures résonnaient à travers les ruelles. Le hennissement des chevaux se perdaient dans cette jungle de brique et de fer. À cette heure là, l’on ne voyait aucun ouvrier sur leur vélo, allant à l’usine ou à la mine. Ils partaient lorsque tout le monde était paisiblement endormi, avant l’aube, en même temps que Tom était plongé dans ses ouvrages. Chacun avait sa place dans cet environnement impitoyable, du moins il valait mieux trouver et choisir sa place…c’était vivre ou survivre.

À mesure que la calèche se rapprochait de sa destination, le paysage changeait peu à peu, les larges avenues faisaient maintenant places à des petites ruelles, d’où émanaient l’odeur du poisson et de la viande crus, des épices venues des quatre coins du monde, et la douce brise forestière de champignons, et de potirons de la taille d’une roue de carriole. Mais le marché n’était pas que bonne humeur et senteurs alléchantes, c’était aussi l’endroit idéal pour les plus miséreux de prendre leur dus pour ne pas mourir de faim, ils n’avaient pas d’autres choix que de voler. C’était vivre ou survivre. D’autres, trouvaient des solutions plus honnêtes, ou du moins n’avaient pas besoin de voler, ils vendaient les dernières nouvelles aux passants, d’autres vendaient leurs services de ramonage. Certains enfants accompagnaient leur père pour rapporter quelques sous en plus pour la famille, ou même voler quelques légumes pendants que les marchands étaient occupés. Derrière l’aspect dynamique et animé de la cité, se cache une terrible pauvreté dont certains ignorent totalement l’existence. En parallèle, de petits parcs bordaient les avenues, de longues allées de gravillons encadrées par d’épais saules pleureurs, où les femmes plutôt aisées et les personnes âgées venaient se balader, discuter, s’asseoir sur un banc et profiter de l’air frais du matin. Les couleurs mornes des longues jupes et robes que les femmes portaient se mêlaient aux couleurs de l’automne, certaines avaient déjà adopté le tailleur fin et serré faisant ressortir leurs courbes et leur taille fine, baladant leur ombrelle, tout ça orné d’un large chapeau chargé de plumes et de rubans de tout genre. D’autres avaient gardé le style des décennies précédentes, un corset sous une veste très serrée, avec une longue jupe relevée à l’arrière par un coussinet rigide et rembourré, et également agrémenté d’un chapeau. La mode prenait une grande place dans la vie des gens, du moins chez les plus aisés, et il était très important de bien paraître aux yeux du monde, et faire bonne figure.

 

Ils étaient bientôt arrivés à la mairie, Nikola était toujours en train de lire son journal, Tom lui, s’était assoupi . Une grosse secousse se fit ressentir quand une roue de la calèche passa dans un trou qu’un pavé abîmé de la route avait laissé, et le réveilla en sursaut. Il releva la tête et regarda autour de lui pour savoir où ils en étaient, ils traversèrent une grande avenue qui montaient, encore et encore, et l’on pouvait voir d’en bas l’immense bâtiment qui surplombait la cité. L’hôtel de ville était d’une forme assez singulière, rectangulaire sur trois étages, mais ce qui faisait la particularité de cet édifice étaient les trois tours en demi-cercle qui ornaient chacune des façades, chacune de cinq étages. Ils arrivèrent sur une place circulaire en pavé gris clair, un parterre de fleurs en cercles concentriques de plusieurs couleurs ornait le centre, un drapeau flottait au centre de ce parvis. Ce parvis était plein sud, et donnait un panorama global, d’où l’on pouvait distinguer les remparts circulaires qui divisaient la ville en plusieurs niveaux, les plus proches de l’hôtel de ville étant les plus favorisés, et du Nord-Est au Sud-Ouest, la chaîne montagneuse de Thelas entourant la ville, qui est une point stratégique très important, puisqu’elle contient les principales et premières sources de Teslarium, c’est d’ailleurs pour ça qu’Ethelas a été construite ici.

Devant la mairie, une dizaine de calèches étaient garées sur le bord du trottoir, devant l’énorme bâtiment, où les cochers attendaient en fumant leur pipe ou en lisant leur journal, dans le bruit des hennissements et des sabots de chevaux. Un grand escalier blanc montait jusqu’aux portes de l’édifice, où de grandes colonnes sculptées soutenaient un toit triangulaire semblable au Parthénon, montrant des scènes et écrits étaient gravés racontant l’histoire d’Ethelas et des régions limitrophes. Énormément d’habitants montaient et descendaient les escaliers tous les jours, tous les entretiens et les décisions les plus importantes se déroulaient ici, au dernier étage de ce bâtiment qui surplombait la ville de toute sa splendeur et de sa modernité. C’était dans ce bureau là que Nikola avait rendez-vous.

 

«- Voici l’Hôtel de Ville, dit Nikola en regardant par la fenêtre.»

 

Leur calèche s’arrêta et se rangea à l’opposé de l’entrée de l’hôtel de ville. Nikola et Tom descendirent le marche-pied de la calèche, remercièrent le cocher et se dirigèrent vers l’entrée de l’hôtel de ville. Ils se frayèrent un chemin à travers la foule qui fourmillait le long des marches, et franchirent les imposantes portes d’acier, aux reflets cuivrés, gardées par deux soldats métalliques, des automates dont l’aspect humanoïde et imposant calmait les plus courageux.

 

«- C’est vraiment splendide ! s’exclama Tom.

 

- Ne t’attarde pas trop, dit Nikola en accélérant le pas, ou nous allons être en retard.»

 

Tout comme le laissait supposer l’extérieur de la mairie, l’intérieur était tout aussi bouleversant. Le hall principal était immense, une grande allée de colonnes marbrées légèrement agrémentées de teintes cuivrées et émeraudes brillaient au centre de la salle, et menait à l’accueil, où les gens allaient et venaient par centaines. La grande majorité étaient des hommes et femmes d’affaires, la plupart ne venaient que pour gérer leur argent, car l’Hôtel de Ville officiait également comme une banque, d’autres venaient déposer des brevets dans l’espoir de faire fortune ou bien de participer à l’essor de la cité et se faire un nom. Dans une époque comme celle là, tout le monde était méticuleusement plongé dans l’élaboration de nouvelles technologies, de gadgets et autres inventions qui pourraient révolutionner leur génération et ainsi marquer le futur. De plus, avec la récente découverte du Teslarium, tellement de perspectives s’offraient à la population, c’était le début d’une nouvelle ère.

Tom et Nikola ne s’arrêtèrent pas à l’accueil, et tracèrent leur route directement vers l’aile ouest. Là, deux ascenseurs attendaient à la base de la tour. Les deux autres étaient construite de la même façon, un ou deux ascenseurs allaient et venaient du rez-de-chaussez jusqu’au sommet, entourés d’un escalier en colimaçon qui menait aux différents niveaux. Chaque tour avait une fonction précise: la Tour Ouest, où le maire avait installé son bureau, gérait les nouvelles technologies et inventions, et recevait les nouveaux brevets et autres découvertes qui profitaient au développement de la ville, et contenait également des quartiers qui s’occupaient des exploitations minières. Avec une découverte aussi importante que le Teslarium, un sous-sol avait été aménagé pour mener toutes les expériences et recherches sur ce mystérieux cristal aux propriétés quasi-infinies. Bien entendu, de nombreuses régions et cités-États se voyaient désavantagées par une telle source de puissance et d’énergie, et la mise en pratique de cette dernière avait rapidement fait le tour des terres voisines. Nombre d’espions et de sabotages étaient survenus lors des premières années de l’extraction du minerai, et plusieurs incidents avaient eu lieu en ville et dans les mines, situées au Nord de la cité, et depuis quelques années, la production de Teslarium a augmenté, et plusieurs sources de minerais ont été trouvées à travers le monde. Et ces problèmes étaient centralisés dans la Tour Est, qui s’occupait des affaires étrangères, des relations entre la Ethelas et les cités alliées, ainsi que la gestion des sources de Teslarium. Bien entendu, Nikola souhaiterai que cette ressource profite à tout le monde, dans une bonne entente commune, mais l’avidité, le pouvoir et les richesses que procurent cette ressource ne rendent pas les choses faciles. Par exemple, la ville du lac, Shinju, avait récemment découvert une source de Teslarium dans les profondeurs de ses eaux, et des scientifiques, ainsi que plusieurs techniciens avaient été envoyé sur place pour leur permettre de développer leur propre technologie, mais cela posait certains problèmes…. Quant à la Tour Nord, elle contenait les quartiers destinés à la justice et à l’ordre, les plus hauts gradés de la police et des troupes spéciales siégeaient ici. On trouvait une caserne par niveau, le troisième étant celui le plus éloigné de l’hôtel de ville et aussi celui qui connaît le plus de pauvreté, et bien souvent la police a du mal à s’occuper d’autant de criminalité, du moins l’une de ses lieutenants, Sarah Campbell.

Mr. Tesla et Tom arrivèrent au cinquième étage et prirent le couloir qui menait au bureau du maire. À chaque étage, l’ascenseur s’arrêtait devant ce qui ressemblait à une plateforme, un long couloir en arc de cercle, suspendu dans le vide, conduisait aux différents bureaux. La porte du maire était d’une simplicité étonnante et pourtant la plus somptueuse de cet hôtel de ville, mis à part celle de l’entrée, d’un bois sombre, bien entretenue et vernie à la perfection. Les poignées étaient en or massif et étaient soigneusement sculptées, des branches fines et des fleurs s’entremêlaient. En haut de la porte, le symbole de la cité: deux lances se croisant en arrière plan, un cristal de Teslarium par-dessus les lances brillant de milles éclats, et un croissant de lune avec les pointes vers le haut, traversant la tête du cristal, ornementé de pétales de cerisiers et de racines s’enroulant autour du cristal. En dessous de l’enseigne, sur une petite plaquette en argent, on pouvait lire:

 

« Mr. Theles, maire d’Ethelas.

UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS, merci de votre compréhension.»

 

Mr. Tesla s’apprêtait à toquer à la porte, quand, après un petit moment d’appréhension, il s’arrêta et se tourna vers Tom:

 

«- Évitons tout scandale pour une fois…, soupira Nikola, je sais que tu n’es pas toujours d’accord avec lui, mais essaye de te contenir, c’est bien compris ?

 

- Cela dépendra de s’il est là ou pas, et de comment il se comporte avec nous, répondit sèchement Tom.

 

- Un peu de tenue jeune homme ! rétorqua Nikola. Peu importe ce qu’il pense de nous, il ne faut pas répondre à ses provocations et nous nous devons de rester digne face à l’adversité.

 

- Mais….

 

- Je n’ai rien à ajouter à ce sujet, coupa Nikola. Entrons.

 

- D’accord…, marmonna Tom.»

 

Nikola toqua et ils entrèrent dans le bureau du maire. Une table en bois massif faisait place dans le fond de la pièce, juste en face de la porte, et plusieurs armoires vitrées remplissait la pièce. Toutes sorte de choses y étaient entreposées: des bibelots, quelques fioles contenant des liquides inconnus, des potions dans des alambiques marqués par des étiquettes et autres médicaments, de vieux ouvrages qui devaient dater du siècle dernier,…. Hormis les placards vitrés et le bureau, une grande bibliothèque longeait le mur Est de la pièce, et contenait des livres très anciens sur les différentes régions, cultes et autres savoirs depuis la création du monde, mais elle contenait également des revues sur les derniers brevets et inventions, ainsi que des cartes, des livres de philosophie des temps modernes, et quelques carnets de notes dont peu avait accès. Sur le bureau était posé une énorme mappemonde, un peu jaunie par le temps, et tout était disposé parfaitement, il n’y avait aucun désordre.

Mr Theles se leva et alla à la rencontre de ses deux visiteurs. C’était un homme trapu, mais il savait se faire respecter et était honnête, des traits de caractères que Nikola avait su rapidement déceler. Il avait dans la cinquantaine, plus proche de soixante que du demi siècle, et une grosse barbe, où quelques poils blancs commençaient à apparaître, renforçait son air menaçant. Comme la majorité des hommes de la ville, vestimentairement parlant, Mr. Theles était distinguer: il portait une chemise blanche, un grand manteau gris qui lui tombait au niveau des genoux, et une veste sans manche marron foncé fermée par des petits boutons argentés, et pantalon noir à bretelles qui lui arrivait en dessous des chevilles. Quant à son haut de forme, il était accroché à un porte-manteau près de son bureau. C’était un homme droit et juste. Nikola avait rapidement accordé sa confiance à Mr. Theles, et voulait l’aider un bâtir un avenir meilleur pour les habitants d’Ethelas et le reste du monde.

 

«- Bonjour Nikola, bonjour Tom, je vous en prie asseyez-vous, dit-il d’un signe de la main, en désignant les deux fauteuils qui étaient installés devant son bureau. Désolé de vous avoir prévenu aussi tard hier, mais cela était nécessaire.

 

- Il n’y a pas de mal, répondit Nikola.

 

Mr. Theles marqua une pause et lui sourit, puis quelques instant plus tard il reprit son air grave.

 

- Pour commencer, nous avons récemment découvert de nouvelles sources de Teslarium à travers le pays, dit-il, et nous avons directement établi une communication avec les dirigeants des cités-états concernées. Nous allons donc dépêcher des ingénieurs et des ouvriers sur places.

 

- Devrons-nous nous déplacer ? s’enquière alors Nikola.

 

- Non, répondit Mr. Theles, pas pour l’instant. Vous aurez à le faire si cela est nécessaire, mais nous avons encore besoin de vous ici, et si vous devez y aller, l’un de vous deux devra rester ici.

 

- Quoi ?! Est-ce que c’est une nécessité ? interrompit Tom.

 

Nikola jeta un regard de travers à Tom qui signifiait «qu’est-ce que je t’ai dis plus tôt ?», le jeune homme le remarqua très rapidement et se ravisa d’ajouter le moindre commentaire.

 

- Oui, car nous aurons besoin de vous sur les deux fronts, j’y reviendrai plus tard Tom. Nous avons eu un fâcheux incident au troisième niveau…un meurtre pour être exact, dit-il. Et je vais être franc avec vous, c’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant, et j’aimerai que vous y jetiez un coup d’œil dès aujourd’hui.

 

Tom regarda le maire avec incompréhension, la nouvelle ne lui était pas parvenu à ses oreilles au moment des faits.

 

- J’ai entendu des officiers en parler hier, et la rumeur commence déjà à s’ébruiter en ville. Les enquêteurs du troisième niveau ne s’en sont pas encore occupés ? demanda Nikola.

 

- Bien sûr que si voyons, répondit le maire, nous avons bouclé le périmètre et emporté le corps. Des inspecteurs sont sur les lieux, ils n’attendent que vous. Je pense que vous pourriez vous en occuper tous les deux pour l’instant, le temps que le voyage soit préparé. Vous devriez partir d’ici la fin de la semaine Nikola, quant à vous mon jeune Tom, vous aiderez les enquêteurs du troisième niveau et vous rejoindrez Mr. Tesla une fois que vous aurez terminé.

 

Une lueur malicieuse commençait à apparaître dans les yeux de Tom, des heures durant il avait passé son temps à confectionner maints objets et gadget et il allait enfin pouvoir tester sa dernière invention. De temps à autre Tom aidait la police dans le secteur criminel, ses inventions et son esprit perçant faisait beaucoup avancer les choses.

- Je n’ai rien d’autre à ajouter, reprit Mr. Theles, si ce n’est que la lieutenante Campbell vous attend déjà sur les lieux de l’incident. Les profondeurs ont besoin de vous jeunes gens. D’ailleurs, vous devriez passé à la morgue avant tout chose, vous devez absolument voir ça, c’est très étrange.

 

- Très bien, merci Mr. Theles. Je vous tiendrez au courant de nos agissements le plus possible. Au revoir.

 

- Au revoir monsieur. Au plaisir de vous revoir, dit Tom.»

 

Tom et Nikola se levèrent, serrèrent la main du maire, et se dirigèrent vers la sortie. Ils descendirent les escaliers, et se dirigèrent vers la morgue. Les expériences menées ici pouvaient parfois, même très souvent, être très dangereuses, et les murs étaient construit d’un matériaux spécial, qui permettait de ne pas laisser les ondes, ce qui empêchait tout espionnage et toute intrusion.

Une fois en bas, ils rejoignirent un groupe de scientifique, dans une pièce annexe à la salle mortuaire, tous étaient rassemblés autour d’un lit sur lequel était posé un corps sous un linceul. Une voix retenti soudain dans la pièce.

 

«- Bien le bonjour Nikola ! Dit la voix.

 

Tom se stoppa net, et regarda le nouveau venu avec antipathie et mépris.

 

- Monsieur Edison ! Répondit Nikola. Quelle curiosité de vous voir ici.

 

- Curiosité ? Je ne dirai pas cela, rétorqua Mr. Edison, disons que j’ai à faire avec le maire. D’étranges affaires se passent ces derniers temps, c’est tout à fait normal qu’il fasse appel à moi.

 

- Je vois… et bien espérons que votre «fortune» vous suives où que vous alliez Tom, lança Nikola.

 

- Et bien, espérons que la votre ne vous abandonne pas dans les jours à venir. Ne croyez pas que vous êtes les seuls à qui Mr. Theles a accordé sa confiance Nikola, je serai sur ces évènements tout autant que vous, et je compte bien en tirer le meilleur parti.

 

Nikola se tourna vers Tom.

 

- Nous réglerons cette histoire plus tard, dit-il.»

 

Après cette légère dispute, un brouhaha général s’était levé, les uns soulevant les problèmes de cet étrange incident, les autres argumentant leur théories entres eux et aux nouveaux venus.

 

«- Un peu d’attention s’il vous plaît messieurs-dames ! Vous réglerez vos différents plus tard. Merci. Nous avons plus important à faire.»

 

Un vieil homme avait élevé la voix. Sa grande barbe grise et ses sourcils broussailleux lui donnait un air sage, et malgré son âge et sa petite taille recroquevillée, il travaillait sans relâche, et avait un esprit vif et tenace. Vu que le calme était revenu au sein du groupe, il reprit la parole.

 

«- Comme nous le savons tous, c’est une bien étrange chose qui nous ait tombé dessus, et nous avons besoin de votre esprit, ainsi que de vos éclaircissements et vos conseils avisés. Certains l’ont déjà lu dans la presse, d’autres ne sont pas encore précisément au courant de ce qu’il se passe. Bien entendu, tout le monde sait qu’il y a eu un meurtre, mais dans le cas présent, c’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant. Je vous en prie maître Dubois, dit-il à l’attention d’un autre scientifique.»

 

Ce dernier s'exécuta, et ouvrit le sac mortuaire dans lequel était rangé la source à tous leurs problèmes. Une grande exclamation s’éleva dans la salle, pour certains de dégoût pour d’autres de surprise, mais c’était en effet quelque chose qui semblait relever du surnaturel. Le corps avait été un peu amoché et sa peau était blanche comme l’ivoire. Mais ce qui attirait l’œil et posait autant de doutes parmi les scientifiques, c’était l’absence totale de visage. Il n’y avait rien de sanguinolent, ou de peaux arrachées, le visage n’était tout simplement plus là, plus de bouche, ni nez, ni yeux. Une couche de peau lisse recouvrait la tête, comme si la surface avait été aspirée net. Aucune trace d’aucune sorte n’avait été laissée sur cette partie du corps. Cependant, la moitié des ongles étaient arrachés, et les doigts écharpés, beaucoup de sang avait coagulé sur les extrémités des mains. Des bleus recouvraient une bonne partie des bras et du dos, et une lésion avait été laissée sur l’abdomen, comme une trace d’opération fais à la va vite. Ce qui souleva de nouvelles questions parmi le groupe.

 

«- Si je puis me permettre, lança Tom, nous pouvons déjà avancer certaines choses. Pour commencer, les marques et les dégâts que ses doigts ont subi montrent que la victime a essayé de s’enfuir ou a tenté de se défendre. Elle aura été traînée au sol, et aura essayé de s’attraper comme elle a pu à ce qui lui passait sous la main. Les bleus montres qu’elle s’est pris des coups, ou alors qu’elle a été projetée et s’est blessée ensuite. Mais cela ne fait en rien avancer la disparition d’un visage entier, et cet étrange balafre sur le ventre.

 

- Nous avions déjà tiré la même conclusion que vous jeune homme, pas la peine de dire ce qui saute aux yeux, rétorqua Mr. Edison.

 

Tom lui lança un regard noir, regard auquel Thomas Edison ne prêta aucune attention, et il continua dans ses explications.

 

- Prenons cette cicatrice sur son ventre, soit elle a été blessée il y a de cela plusieurs années, mais vu la rougeur et la texture des marques, on ne peut qu’affirmer la récence de ces cicatrices. Et….

 

- Et je pense que ça aussi nous le savions déjà Mr. Edison, coupa Tom. Mais avant que vous ne puissiez nous éclairer de vos incroyables hypothèses, je voudrais m’y essayer.

 

Nikola esquissa un sourire, et fixa Mr. Edison avec un air narquois. Les autres scientifiques écoutaient attentivement leurs hypothèses, et n’osaient rajouter un seul mot pendant ce qu’ils prennent pour de la chamaillerie.

 

- Pour cette énorme balafre que nous observons sur son abdomen, nous pouvons avancer que quelque chose a été introduit à l’intérieur. Si vous me permettez je vais observer ces cicatrices de plus près.

 

Il sortit de la poche intérieure de sa veste, un petit boîtier, dans lequel était rangée soigneusement une paire de lunette. Les verres étaient étrangement petits, et des objectifs convergents en cuivre, et fibre de carbone étaient fixés sur le contour des verres, permettant de zoomer, et assez solides et souples pour supporter ce petit poids en plus, ces objectifs étaient amovibles et pouvaient être remontés au dessus des yeux grâce à des petits joints pivotants. L’outil idéal pour ce genre de tâche. Il enleva son manteau le laissa sur une chaise qui traînait à côté, et revint se pencher au dessus de cet inconnu au corps meurtri. Il équipa ses lunettes, et installa les deux petits objectifs devant ses yeux: les marques étaient encore un peu rouges et gonflées, des croûtes s’étaient accumulées autour des plaies fraîchement refermées. Il prit un scalpel qui était sur une petite table à côté, ainsi qu’une pince très fine, et commença a incisé par dessus la cicatrice. À peine après avoir ouvert de quelques millimètres, ses yeux décelèrent, grâce à ses lunettes, une aura étrange émanant de cet inconnu. Il y eu comme des vibrations dans l’air qui secoua les personnes présentes dans la pièce, et une fumée pourpre s’échappa de la plaie ouverte du mort. Tom recula d’un seul coup par instinct.

 

«- Que tout le monde recule ! Avertit Tom. Nous ne savons pas comment cela va réagir, nous n’avons jamais vu le Teslarium réagir comme cela. Il faut que….»

 

Une lumière aveuglante et rougeoyante envahit la pièce, et une explosion secoua tout l’hôtel de ville. Avec l’impulsion et les secousses, les vitres de la tour où étaient situés le centre de recherches et le bureau du maire, explosèrent en milles éclats, et les fondations furent salement endommagées. De la fumée s’échappait par les ouvertures des portes et des fenêtres, et de la poussière se soulevait partout dans les airs, faisant tousser et irritant les yeux des gens présents dans le grand hall. Pendant plusieurs longues minutes, un silence de mort régnait dans la pièce ravagée. La salle d’autopsie était devenue un véritable tombeau, tout était détruit, et les corps de quelques scientifiques jonchaient sur le sol, mutilés et sans vie. D’autres gisaient inconscient. Les gravas du plafond et des murs bloquaient les accès à la pièce, et des voix pleines de désespoir appelaient à l’aide depuis les décombres. Edison était allongé sur le sol, inconscient. L’explosion avait été si assourdissante et soudaine, qu’il fut projeté contre un mur et perdit connaissance. Tom avait eu le temps de se réfugier dans la pièce d’à côté, mais le souffle de l’explosion l’avait projeter au bout d’un long couloir qui menait au salles d’expérimentations. Quelques égratignures recouvrait son visage, du sang coulait de son arcade sourcilière dans les yeux, et plusieurs côtes furent fêlées. Nikola n’avait pas eu la même chance, un meuble s’était renversé sur lui, le bloquant et lui cassant un bras au passage. Il était resté inconscient quelques minutes, alors il ne l’avait pas senti, mais en reprenant connaissance, une douleur aiguë se réveilla dans son bras, lui faisant tourner la tête, le faisant presque s’évanouir de nouveau.

 

«- Tom ! Aide-moi à sortir de là ! Tom ! Cria Nikola avec peine.»

 

Tom entendit le son d’un appel au secours, mais il lui parut tellement lointain, sa tête tournait, et un son sourd résonnait dans sa tête. Il peina à se lever, titubant jusqu’à la salle d’à côté, s’aidant du mur pour ne pas tomber. Il arriva tant bien que mal à rejoindre Nikola, l’aida à se dégager, et à s’asseoir contre un mur. Tom sortit une petite gourde de sa poche, l’ouvrit et fit boire Nikola qui tenait son bras meurtri.

 

«- Qu’est-ce que c’était que ça ? Demanda Nikola.

 

- Je ne saurais le dire, répondit Tom, mais il faut croire que quelqu’un prend un malin plaisir à introduire des doses de Teslarium à l’intérieur du corps des gens, et apparemment, ça n’a pas l’air très compatible….

 

- Comment le sais-tu ?

 

- Les lunettes que j’ai confectionné sont équipées d’un micro détecteur, et permettent de repérer des petites sources de Teslarium à proximité. Mais je vous montrerai cela en détail plus tard, ce n’est pas le plus important pour l’instant. Nous devons vous soigner et nous occuper des autres.

 

- Excuse-moi… tu as raison, monte dans le grand hall et préviens tout le monde, qu’ils s’occupent d’appeler la police et des soigneurs. Ne t’attardes pas ici, tout ira bien pour moi, rejoins directement le lieutenant Campbell au troisième niveau. Nous n’avons pas de temps à perdre.»

 

Tom se précipita hors de la pièce et rejoignit le grand hall. Il était presque vide, les gens, après l’explosion, s’étaient précipités dehors. Quelques agents travaillant dans l’hôtel de ville finissaient d’évacuer les derniers civils.

 

«- Appelez la police ainsi que l’hôpital ! Nous avons beaucoup de blessés en-bas et il nous faut une équipe pour évacuer et dégager les décombres ! Cria Tom. Dépêchez-vous !

 

- Bien monsieur ! Répondit l’hôte de l’accueil.»

 

Tom ne perdit pas de temps et sortit en courant de l’hôtel de ville pour prendre la première calèche qui l’emmènerai au troisième niveau. Tout s’était passé si vite, l’adrénaline lui était monté au cerveau d’un seul coup. Même après avoir aidé le service criminel pendant plusieurs années, il n’avait jamais vécu quelque chose de pareil, et beaucoup de questions lui venaient en tête. Qui pouvait bien faire quelque chose d’aussi atroce ? Quelqu’un en particulier était-il visé ? Ou était-ce un incident indépendant ? Mais il n’avait pas le temps d’y répondre, son esprit était encore trop encombré et en état de choc pour réfléchir à quoi que ce soit concernant cet évènement étrange.

 

La lieutenante Campbell était une femme d’action. Dès son plus jeune âge, elle passait beaucoup de temps à la préfecture avec son père, inspecteur quelques années auparavant, et le monde énigmatique de enquêtes criminelles la fascinait. Et depuis qu’elle a intégré la police, elle n’a fait que gravir les échelons. Au départ, elle était avec son père au premier niveau de la ville, mais un jour elle décida de sortir de ce confort, et de muter au troisième niveau de la ville, là où les gens ont vraiment besoin d’aide et de protection. Elle se tenait debout devant le commissariat, une cigarette à la main, attendant un jeune homme apparemment en retard. Elle était vêtue de son uniforme, une veste couleur kaki richement décorée de médailles et autres légions d’honneur, attachées par boutons argenté, un pantalon de la même couleur que la veste brodées de rouge sur le côté des jambes, des bottes en cuir noir montantes, et un képi également de la même couleur, portant l’emblème de la cité, et enfin, elle portait sur ses épaules les insignes de son grade. Elle était respectée de tous, elle était un modèle, et beaucoup de famille avait su garder un mode de vie décent grâce à elle. Mais beaucoup réglaient encore leurs problèmes eux-mêmes, et soit cela terminait mal, soit d’autres problèmes et des représailles rappliquaient. C’était la vie dans les profondeurs.

Après trois longs quarts-d’heure, la lieutenante vit quelqu’un arrivé en courant vers le commissariat, un jeune homme, brun, avec une sacoche en cuir à bandoulière pendant sur le côté, la sueur dégoulinant de son front. Il s’arrêta devant elle et marqua une pause pour reprendre son souffle.

 

«- Tom Tesla. Vous nous avez demander de venir. Malheureusement Mr. Tesla ne sera pas là aujourd’hui.

 

- Lieutenante Campbell. Vous m’en voyez navrée, que s’est-il passé ? Est-ce en rapport avec l’explosion de tout à l’heure ?

 

- Hélas, oui. Personne n’a rien vu venir il y a eu beaucoup de perte….»

 

Tom se lança dans le récit de ce qu’il s’était produit un peu plus tôt dans la matinée. Elle paraissait tout aussi choquée que lui, même si elle avait déjà vécu beaucoup de choses étranges dans ce monde. Lorsqu’il eut terminé, la lieutenante était silencieuse, et réfléchissait à d’où cela pouvait provenir.

 

- Dans ma carrière j’en ai vu des horreurs et des meurtres mystérieux, mais je n’avais jamais entendu parlé d’un cas comme celui là. Je ne sais pas trop quoi en pensé pour l’instant, mais le mieux serai d’aller le plus vite possible sur les lieux.

 

- Vous avez raison. Allons-y.»

 

Ils quittèrent le commissariat et se dirigèrent vers la scène de crime. L’enquête était ouverte.

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