Il neigeait

Par Yvaine

Il neigeait. Je le dis parce que c’est important. J’ai toujours aimé la neige, et il était rare qu’il y en ait le 31 décembre. Mais cette année, il neigeait.

Les basses diffusaient une musique au piano. Dans quelques minutes, 2020 arriverait, avec ses nombres ronds et la peur de ce qui pourrait se passer, encore une fois. Une nouvelle année avec tous ses déboires.

Nora s’est tournée vers moi. J’ai feint un sourire. Elle a attrapé ma main et m’a fait asseoir sur la terrasse. Je voyais la neige tomber. C’était sublime. Je me souviens avoir dit qu’il faisait froid. Pourtant, ma meilleure amie comme moi savions que ça ne changeait rien à la poésie du moment.

- Tu as encore peur de ne pas réussir à réaliser tes rêves, n’est-ce pas ?

J’ai acquiescé. Nora savait que chaque année, quelque chose m’empêchait de faire ce que j’aurais voulu. Quand j’étais petite, je voulais être danseuse. J’avais appris que j’avais une maladie génétique. En 2019, mon père était mort alors que je m’apprêtais à partir faire le voyage autour du monde dont j’avais tant rêvé. 2020 s’annonçait difficile.

Nora m’a retiré la coupe de champagne des mains, affirmant que j’avais déjà trop bu.

- Ma chère Yasmine, tu vas prendre des résolutions.

J’ai entendu nos amis crier un « bonne année » retentissant dans la maison. Nora m’a souri.

- Je t’écoute.

Je me souviens avoir douté. Ce n’était pas la peine d’aggraver mon cas. Si un quelconque dieu nous regardait, il pourrait s’amuser à faire tout le contraire de mes résolutions.

Nora insistait. Alors j’ai parlé de vivre dans un pays où il neigeait chaque jour. J’ai parlé de ne plus être malade et de pouvoir lire autant que je voulais. J’ai parlé de retrouver mon père. J’ai parlé de tomber amoureuse. J’ai parlé de savoir danser.

- J’ai dit des résolutions, Yasmine, pas des rêves. C’est impossible, tout ça. Quoique, tomber amoureuse…

J’ai vu la neige s’arrêter de tomber. Et là, je me suis dit que je venais de faire une énorme bourde.

C’est comme ça que tout a commencé.

 

 

Je me suis réveillée le matin du 1er janvier 2020 avec l’impression d’être passée sous un camion. Je me suis levée. Quelqu’un m’avait couchée dans un lit, sûrement Nora. J’ai ouvert la première porte que j’ai trouvée. Je me suis plantée face au miroir et je me suis demandé si je n’avais pas changé de corps entre deux années.

Je ne me reconnaissais plus. J’étais droite, mon visage n’était plus creusé, ma peau était légèrement bronzée. Mes médicaments n’étaient pas sur le bord du lavabo, où Nora les mettait toujours. Et j’avais une douce impression d’aimer.

- Tu es déjà levée, chérie ?

J’ai sursauté. Un homme a passé sa main sous mon débardeur, ses lèvres effleurant les miennes. Je me souviens l’avoir repoussé en criant.

- Tu te sens bien ? Tu as envie de vomir ? C’est sûrement la gueule de bois. Ton père m’avait bien dit que tu ne tenais pas l’alcool…

J’ai écarquillé les yeux. Mon père. « Chérie ».

J’avais la profonde conviction que cet homme s’appelait Henrick, et qu’il s’agissait de mon mari. J’ai regardé sa main. Il portait une alliance.

- Henrick ? Elle se sent mal ?

C’était la voix de mon père.

J’ai passé de longues minutes à vomir, recroquevillée contre les toilettes. J’avais l’impression que rien n’allait droit. Mon père était en vie. J’étais mariée. J’aimais cet homme, mais je ne le connaissais pas. Tout était si étrange…

Une heure plus tard, Nora me tendait une tasse de chocolat chaud. Je regardais la neige derrière la fenêtre. Je ne savais pas où j’étais. Je ne comprenais rien.

- Tu vis en Alaska, a déclaré Nora en s’asseyant en face de moi. Tu es professeure de danse. Henrick est ton mari. Tu sais comment tu t’appelles ?

- Yasmine, ai-je soufflé.

Je me suis levée pour aller dans le salon. Il y avait une énorme bibliothèque contre le mur.

- Nora, on a trouvé un traitement ?

- Un traitement contre quoi ?

- Ma maladie génétique. Tu as oublié ?

- Quelle maladie ?

Nora semblait perdue.

- Oublie. Ça doit être l’alcool qui me fait dire des conneries.

J’ai passé la journée assise sur le sofa, à feuilleter des livres en anglais. La veille, j’avais pris des résolutions. Et le dieu qui nous regardait ne s’en était pas moqué : il les avait réalisées.

J’ai lentement appris à vivre ainsi. Mon corps n’était pas le mien ; j’étais habituée à la douleur, je ne me sentais pas vivre en dansant, ça n’était pas moi. Cet amour que je portais à Henrick, il n’était pas réel. Pourtant, je m’en accommodais. C’était ma vie, à présent.

Tout est parti en vrille (enfin, c’était déjà le cas avant) quand j’ai eu des nausées en pleine nuit. J’ai commencé à prendre du poids. Je n’avais pas mes règles depuis un moment. J’ai compté les semaines. Ça correspondait.

J’étais enceinte d’un homme que je n’aimais pas vraiment, dans un corps qui n’était pas le mien, avec un père et une meilleure amie que je ne reconnaissais pas. Même les livres me semblaient faux. Tout allait de travers, et je ne savais pas quoi faire.

J’ai rencontré des médecins, des psychologues, des doctorants, des spécialistes des phénomènes anormaux. Toutes mes résolutions du Nouvel An s’étaient réalisées. C’est au bout de trois mois de grossesse que j’ai compris que j’aurais aimé que ce cauchemar s’arrête. J’étais prête à vivre seule, malade, semi-orpheline et en France, mais je voulais me retrouver. Ce n’était pas ce pour quoi j’avais signé. En réalité, je n’avais rien signé du tout. Tout le monde prenait des résolutions le soir du Nouvel An. Alors pourquoi les miennes s’étaient-elles réalisées ? Pourquoi étais-je une fois de plus victime de mes rêves ?

J’ai commencé à réfléchir aux moyens de m’en sortir. Et j’en suis parvenue à une conclusion évidente : si la divinité en cause ne me répondait pas, j’allais la provoquer.

Un soir de mai, j’ai escaladé une falaise et je me suis plantée au bord, les yeux rivés sur la mer, les pieds dans la neige.

- Ce n’est pas moi, ai-je murmuré. Laissez-moi redevenir moi-même. Je ne veux pas de tout ça. Je ne veux pas être mère. Je ne peux pas.

Je n’ai reçu aucune réponse. Alors, sur un coup de tête, j’ai sauté. En y réfléchissant, je n’aurais pas dû. Cette vie n’était pas si terrible. Mais ce n’était pas la mienne.

L’océan et ses rochers approchaient à grande vitesse.

 

 

Il était onze heures douze. J’avais raté l’heure-miroir.

Un rayon de soleil traversait les rideaux pastel  de l’appartement de Nora. Je me suis tournée de l’autre côté.

- Tu as la gueule de bois ?

Je me suis redressée et j’ai secoué la tête.

- On est quel jour ?

- Le 1er janvier 2020, a marmonné Nora. Bonne année.

Mes médicaments étaient sur le lavabo. J’ai allumé l’ordinateur de ma meilleure amie et j’ai tapé le nom de mon père sur Internet. Son acte de décès était en ligne.

La douleur que je connaissais par cœur me traversa d’un coup. J’ai demandé à Nora d’acheter un test de grossesse. Elle n’a pas protesté. Je n’étais pas enceinte.

- Tu m’expliques ? a-t-elle lâché alors que je fixais le mur.

J'ai tourné la tête vers elle.

- Je ne sais pas si c’était vrai ou si c’était un cauchemar, mais il s’est passé un truc de dingue.

- Raconte-moi. Je ne suis pas à une folie près.

J’ai attrapé le livre qui traînait sur la table de chevet. C’était celui que je lisais chez Henrick. J’ai froncé les sourcils et l’ai reposé.

- J’étais dans un pays où il neige en permanence...

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Captain
Posté le 31/12/2019
Oui, très très touchant et rare, ce besoin de l'héroïne de ne vivre qu'en vérité.
Tout assumer, quelle qu'en soit la douleur, plutôt que de vivre un mensonge.
Au point de mettre sa propre vie dans la balance...
Tu nous offres la plus belle des leçons.

Alors, la suite, ce serait de nous montrer ce nouveau regard que l'on pose sur les choses, après avoir vécu, dans sa chair, le vide de la perfection ?
Quand, tout est pareil et que pourtant, tout est différent.
Merci pour cette belle vision !

Et très bonne fêtes !!!
Yvaine
Posté le 31/12/2019
Tu me réchauffes le coeur :)
Ce serait une idée, oui ! Mais je ne peux pas tout écrire, à vous d'imaginer...
A toi aussi !
Verdelaine
Posté le 29/12/2019
J'ai vraiment beaucoup aimé ce texte. J'ai trouvé qu'il a été écrit avec beaucoup de justesse. J'ai ressenti beaucoup d'émotions : de la mélancolie, de la déception, de l'imposture aussi. Le traitement de la réalisation des résolutions m'a retourné. Le choix de ne pas accepter cette vie "idéale" m'a parlé. Faire le distinguo entre les rêves et finalement qui l'on est malgré tout était une chouette idée. Merci beaucoup pour ce joli moment de lecture !
Yvaine
Posté le 29/12/2019
Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je suis heureuse d'apprendre que j'ai réussi à faire ressentir quelque chose :)
Fannie
Posté le 27/12/2019
C’est une jolie nouvelle, douce et mélancolique (à part l’épisode de la falaise).
On peut l’interpréter de diverses manières, mais ce qui me paraît clair, c’est que la narratrice n’était pas prête à devenir mère. On pourrait s’étonner qu’elle ne veuille pas de cette existence où elle n’est pas malade et où son père est vivant ; mais en effet, du moment qu’elle débarque dans cette autre réalité sans pouvoir se raccrocher à ses souvenirs parce que tout est nouveau pour elle, si vraiment elle ne se reconnaît pas elle-même comme elle ne reconnaît pas les personnes de son entourage, on peut comprendre son désir impérieux de retourner à ce qui lui est familier. Après tout, aucune de ces deux vies n’est parfaite.
Ton récit est très bien mené.
Quelques coquilles :
— la première porte que j’ai trouvé [trouvée]
— Je me plantée face au miroir [Je me suis]
— C’est sûrement la gueule-de-bois / Tu as la gueule-de-bois ? [la gueule de bois ; sans traits d’union]
— les rideaux pastels de l’appartement [pastel ; invariable : c’est un nom utilisé comme adjectif]
— que je connaissais par coeur [cœur]
Yvaine
Posté le 28/12/2019
Haha, la falaise, c'est mon côté auteure sadique qui ressort !
Ce n'est pas tant le problème de la maternité que je voulais faire ressortir, mais plutôt le fait que ça n'est pas sa vie, et que par conséquent ça serait injuste d'avoir un enfant ; il serait forcément malheureux.
Merci beaucoup :)
Oh, merci pour les coquilles ! Je les ai corrigées c:
Lucchiola
Posté le 26/12/2019
C’est tres beau, tres bien écrit ... ca me laisse un arrière goût amer dans la bouche, une espèce de déception pour Yasmine de ne pas avoir goûté au bonheur. Est ce que c’est parce qu’elle n’était pas prête ? Parce qu’elle se complaît dans sa vie actuelle ? Est-ce qu’elle a eu peur ? Connaissant la maladie, je sais que si un jour un truc comme ça pouvait m’arriver, je serai tellement heureuse.... enfin, j’espère surtout en être capable. Car en récupérant son père, elle a du faire le deuil d’elle même...

Bref, bravo. Très beau texte !
Yvaine
Posté le 26/12/2019
Il y a bien sûr un tas d'interprétations possibles, mais celle qui me vient le plus souvent en tête, c'est qu'on idéalise nos rêves, et que ça ne résout pas tant de problèmes que ça, tout ce qu'on peut souhaiter.
À propos de la maladie, chaque personne est différente, mais pour ma part je me suis habituée à la douleur (en même temps, je n'ai que quelques malformations, c'est bien peu). Et je pense que je me sentirai vide sans elle, parce que ça a beau être désagréable, énervant et douloureux, ça m'a toujours défini, j'ai toujours vécu avec, et il faudrait tout changer si cette petite chose-là disparaissait, tout changer dans ma tête, dans ma vision de moi-même. Alors je ne sais pas ce qui est le mieux : vivre avec l'habitude ou tenter de s'en défaire ?
Lucchiola
Posté le 26/12/2019
Tu as parfaitement raison, il y a un panel très large de questions et d'interprétation dans ton récit... Il me rappelle un peu un épisode de Dr House, ou l'oncologue trouve un cancer en phase terminale chez un type d'une cinquantaine d'année. Puis après quelques recherches, il découvre que c'était une erreur. Lorsqu'il en parle au patient, celui-ci est complètement démuni et dégoûté : il avait organiser une fête d'adieu pour toute sa famille et ses proches. Il est déçu de ne pas mourir, et il attaque le médecin en justice.

Le parallele avec ton histoire est diffus bien évidement, mais c'est la même problématique...

Ca ne change rien à la beauté du texte et au casse-tête des interprétations !
Yvaine
Posté le 27/12/2019
Oui, c'est assez étrange cette manière de réagir parfois...
Merci c:
Jupsy
Posté le 26/12/2019
C'était joliment écrit. J'ai beaucoup aimé. Elle fait des rêves, mais lorsqu'ils se réalisent, ils n'ont pas la saveur attendue. En même temps, c'est plutôt logique vu qu'elle ne sait même pas de qui elle est tombée amoureuse. En fait c'est juste horrible. J'ai eu beaucoup d'empathie pour l'héroïne. Moi aussi je suis tentée de faire une résolution pour qu'on me rende mon père qu'on a pris cette année... Bref, je m'égare. Joli texte et je pense même que j'irai jeter un œil à ce que tu écris... j'ai cru lire tragique dans une de tes réponses aux autres commentaires et ça me parle ! ;)
Yvaine
Posté le 26/12/2019
Merci beaucoup !
Je trouve aussi ça horrible, ça fait mal de se dire que tout ce à quoi se raccroche, nos rêves, ne sont parfois que balivernes...
Je suis désolée pour ton père !
Tragique et romantique en même temps, oui !
Dédé
Posté le 25/12/2019
La scène avec l'océan et les rochers m'ont fait beaucoup peur… Pourquoi me faire ça ? :( Là aussi, l'ambiguïté est au rendez-vous : rêve ou la provocation des dieux a fonctionné ? Mystère…

Je rejoins les autres commentaires sur l'aspect doux de ton texte et l'héroïne attachante. Bien joué car c'est pas évident en 2000 mots maxi !

On sent la complicité entre elle et son amie. J'ai même ressenti un truc entre elle et le mari qu'elle ne connaissait même pas. Ta plume fait de belles choses à ce niveau-là (je dis ça alors que je ne connaissais pas ta plume avant ce soir).

Merci pour ce doux moment de lecture ! :D
Yvaine
Posté le 25/12/2019
Ceux qui me lisent souvent savent que j'aime le tragique et le pathétique xD
Je suis vraiment surprise que cette nouvelle plaise à ce point ! Tant mieux si j'arrive à vous faire ressentir quelque chose, c'est un peu mon but :)
Isapass
Posté le 25/12/2019
Je crois que c'est la première fois que je te lis. C'est très poétique, malgré la mélancolie. Et j'ai trouvé jolie l'idée de préférer être soi-même avec ce qui ne va pas plutôt qu'une solution artificielle. Et tu laisses planer le doute : de la magie ou un rêve ?
Yvaine
Posté le 25/12/2019
Je crois aussi c:
Merci pour ton avis, ça me fait plaisir que cette nouvelle plaise à ce point !
Elga
Posté le 24/12/2019
Oh c'est un joli texte. Bravo pour l'idée! Pas évident. Je me demandais comment tu allais t'en sortir et cette fin est super. J'aime cette ambiance de neige qui convient très bien à ton histoire ainsi que la,douce relation qu'elle a avec Nora.
Yvaine
Posté le 25/12/2019
Merci beaucoup ! Je suis contente que ça t'ait plu malgré les petits tâtonnements c:
Liné
Posté le 24/12/2019
Ah, ce premier paragraphe, avec la neige qui donne son titre à la nouvelle, est très beau !
On est embarqué.es d'emblée dans l'univers et les blessures de la narratrice, pour qui on a rapidement beaucoup d'empathie. En revanche, j'étais étonnée que ses troubles de mémoire n'inquiètent pas plus que ça son entourage - mais après tout, c'est un cauchemar donc tu peux te le permettre !

A très vite ;-)
Yvaine
Posté le 25/12/2019
Merci !
Au niveau des troubles de mémoire, je pars du principe que ça n'est pas vraiment réel, et que donc les personnages n'ont pas autant d'empathie et de raison que si ça l'était ^^ Et puis comme tu dis c'est peut-être un cauchemar, donc ça serait OK !
Gabhany
Posté le 23/12/2019
J'ai vraiment beaucoup aimé cette histoire. Je me suis tout de suite senti en empathie avec Yasmine, et ce n'est pas toujours évident avec des textes aussi courts. J'ai bien aimé le fait que tu aies poussé l'idée jusqu'à la résolution de ce problème de nouvelle vie, et la petite remarque sur la divinité qui continue de jouer avec ses rêves était poignante. Bravo pour ce texte plein de sensibilité et de délicatesse !
Yvaine
Posté le 25/12/2019
Merci :)
Il me semblait logique de résoudre le problème, pour moi le début et la fin allaient ensemble ^^
Loura
Posté le 23/12/2019
Salut.
Très belle histoire. On ressent la panique lorsque Yasmine se réveille et tout se finit bien. J'aime beaucoup. On voit les failles de la vie et une fille qui ne s'acceptait pas vraiment et qui au final accepte sa vie.
Yvaine
Posté le 23/12/2019
Merci beaucoup pour ton commentaire ! En effet, Yasmine n'accepte peut-être pas sa vie en la retrouvant, mais elle sait que tout ce dont elle rêve n'est pas forcément bon pour elle c:
CorinneChoup
Posté le 22/12/2019
Une belle leçon ! Une réalité même imparfaite vaut bien mieux qu'une vie de mensonges
Je suis certaine que ce cauchemar permettra à ton héroïne de mieux savourer sa vie actuelle !
C'était très plaisant de te lire :)
Yvaine
Posté le 23/12/2019
Merci beaucoup, ça me réchauffe le coeur :)
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