III.6 L'Antichambre

Par Flammy

Chapitre 6 : L'Antichambre

 

~908 jours avant le cataclysme

 

~0~

 

Les Ephëws sont originaires d’une île au large de Vianum, Silméria. Rares sont les membres des autres gents à avoir pu visiter cette île, où tous les Ephëws naissent et sont éduqués. Traditionnellement, ils ne quittent que très rarement leur île, sauf pour protéger la bibliothèque d’Astée et la Prêtrise de la Lumière, à Vianum. À la naissance, un Ephëw reçoit un pouvoir, un Don d’Ephëw, qui n’aura que comme seule limite son imagination. Le fait qu’ils soient, par essence, totalement dépourvus d’imagination en rassure beaucoup. Sans cela, ils seraient capables de dominer tout le continent sans réelles difficultés.

Notes de Max.

 

~0~

 

Même après une semaine de découverte de Vianum, Lise ne se lassait pas d’en parcourir les rues. Cela lui permettait de mettre de côté le reste. La tension lancinante qui ne quittait plus son dos, les regards lourds de signification qu’elle surprenait entre Leihulm et Maxhirst, le malaise profond que lui inspirait parfois Rudy. Elle essayait d’occulter tout cela, ayant conscience que tenter de s’enfuir ne ferait qu’aggraver les choses. Depuis qu’elle visitait la cité géante, elle saisissait le fossé qui existait entre son monde et Kaea. Se débrouiller seule, c’était pour le moment inenvisageable.

 

Surtout que les Connaws rôdaient, invisibles mais menaçants.

 

Sans jamais être capable de déterminer pourquoi, Lise se figeait parfois dans la rue et un frisson de peur remontait le long de sa colonne vertébrale. Elle mettait toujours du temps avant de reprendre totalement le contrôle d’elle-même, et elle se rendait bien compte que ce genre de réactions réflexes risquaient de lui jouer des tours. Surtout qu’il ne s’agissait pas que de son imagination. Ses protecteurs autoproclamés semblaient perpétuellement plus ou moins tendus, même s’ils essayaient de le cacher. Un jour, elle avait surpris une conversation entre Leihulm et Maxhirst. Ils avaient intercepté plusieurs messages de Riesz qui tentait de la contacter. Et d’après Nélya, les Connaws avaient mis un nouveau contrat sur sa tête.

 

Le jour d’après, Lise avait fait plus de crises d’angoisse que jamais.

 

Cet état de tension permanent l’épuisait petit à petit. Elle arrivait de moins en moins à laisser tomber sa garde, à ne pas épier les moindres détails dans les ombres. Même visiter Vianum perdait de sa magie. Aussi, le fait d’aller enfin rencontrer la Hautre-Prêtresse de la Lumière la soulageait énormément. D’après ce qu’elle avait compris, elle avait de fortes chances de leur apporter une solution. Ambroise se posait en référence dès qu’il y avait un problème. Elle était consultée pour absolument tout et n’importe quoi, des mauvaises récoltes jusqu’aux soucis de partage d’héritage ou des tensions entre royaumes. Un arbitre neutre à qui on n'offrait jamais la moindre minute de pause.

 

Lise suivait ses compagnons, rassurée par le nombre de personnes qui l’accompagnait. Rudy — il ne la laissait que rarement tranquille —, Leihulm, Eishik, mais aussi Maxhirst. Après une semaine de repos total, il avait récupéré de sa fatigue, sans pour autant donner l’impression d’être prêt à courir un marathon. Il ne risquait plus de s’écrouler d’épuisement d’un instant à l’autre, déjà une bien belle amélioration.

 

Plus les rues défilaient et plus le petit groupe se rapprochait des hautes falaises contre lesquelles la cité était adossée. Lise n’avait jamais poussé ses excursions si loin et la surprise masqua toute peur. Les quartiers qu’ils traversaient étalaient une telle richesse et une telle opulence que cela en devenait indécent. Chaque demeure aristocratique ou boutique de luxe offrait une architecture recherchée et délicate, à la fois unique et parfaitement intégrée dans l’ensemble. Seuls des matériaux nobles avaient été utilisés, marbres ou bois précieux, et minutieusement travaillés avec des gravures, des peintures vives ou des feuilles d’or. Les avenues, parfaitement propres, étaient décorées d’arbres taillés et de sculptures. Toutes les plus belles maisons et les plus hautes tours étaient réunies dans ces quartiers, dans l’ombre des falaises.

 

Et là, contre la roche, un temple.

 

Lise s’arrêta, bouche bée. Malgré sa position, il était baigné de lumière. Des miroirs, disposés avec soin sur les tours aux alentours, renvoyaient des raies lumineuses vers la bâtisse, de construction très délicate et aérienne. Le marbre, d’un blanc sans défaut, semblait luire dans la relative obscurité. Les colonnades s’élevaient gracieusement, laissant entrevoir de larges ouvertures qui permettaient aux rayons réfléchis de pénétrer à l’intérieur. Rudy observait sa réaction, ravi de son air admiratif.

 

— Il s’agit du Temple de la Lumière ! C’est là où vit Ambroise. Le coeur de Vianum !

 

Lise se contenta d’un regard de travers. Rudy la mettait mal à l’aise. Trop enthousiaste et joyeux pour être honnête. Malgré toutes ses crises et ses piques, il semblait à chaque fois heureux de son mauvais caractère. Sans lui répondre, elle s’avança à la suite de Leihulm. Elle n’avait qu’une envie, pénétrer à l’intérieur et visiter. Leihulm la retint un instant, le temps de lui glisser à l’oreille quelques instructions :

 

— Pas de gaffe ici ! La garde d’Astée est très à cheval sur le protocole et la protection du temple. Ils n’auront aucun scrupule à te jeter à la porte au moindre problème.

 

Lise haussa les épaules, dédaigneuse. Elle savait se tenir tout de même ! D’une démarche fluide, elle gravit les quelques marches qui menaient à la gigantesque voûte de l’entrée. Des soldats en armure étaient postés de chaque côté de l’accès. À leur vue, Lise se figea. Elle les dévisagea, oubliant complètement toute notion de politesse. Petits pour des adultes, ils paraissaient fragiles, impression renforcée par des membres fins et de longues oreilles effilées. Leurs yeux en amandes, avec des pupilles verticales de chat, suivaient le moindre mouvement des environs. À la fois austère au possible et avec une grâce animale, ces gardes la captivaient. Ils… ne semblaient pas Humains. Leihulm essaya de l’entraîner à l’intérieur et, après les avoir gravés dans sa mémoire, elle se laissa faire. Elle n’attendit d’être éloignée que de quelques mètres avant de demander :

 

— C’était quoi ? Des Elfes ? On aurait dit un croisement entre un chat et un homme !

— Lise, un peu de respect ! Ce sont des Ephëws, et ils ont l’ouïe très fine. Ils t’ont probablement entendue.

— Mais les Ephëws…

— Plus tard. Je t’expliquerais, mais pas ici.

 

Lise se renfrogna. Elle hésita un instant à insister, mais elle savait qu’il ne changerait pas d’avis. Elle parcourut les longues allées, profitant de l’architecture tout en ignorant avec soin les commentaires de Rudy. Tout avait été construit pour limiter au maximum les murs et les plafonds. Le regard portait aussi loin que possible et la lumière baignait les moindres recoins, soutenue par une multitude de miroirs. Lise se désintéressa rapidement du décor, gênée par l’attention que leur petit groupe attirait. La plupart des personnes qu’ils croisaient les pointaient du doigt, surtout Leihulm et Maxhirst. Certains s’inclinaient même devant eux et leur adressaient des paroles respectueuses, voir parfois des demandes de conseils ou de services. Refroidie par les réprimandes de Leihulm, Lise se résigna à questionner Rudy.

 

— Dis… Pourquoi est-ce que tout le monde nous fixe comme ça ?

 

Un large sourire éclaira le visage de Rudy. Il souffla pour dégager ses yeux de quelques mèches rousses avant de répondre.

 

— Ils sont plutôt célèbres tous les deux ! Max est l’héritier de la plus grande lignée de sorciers du continent. Max n’est pas trop à l’aise avec les foules alors les gens en profitent dès qu’ils le voient. Pour Lei, c’est le maître d’arme d’Ambroise. Il a aidé pas mal de monde et fait des missions en tout genre, du coup il est assez apprécié. Généralement, les riches de Vianum préfèrent traiter avec lui qu’avec des mercenaires. Pour les trucs légaux en tout cas.

 

Volubile, Rudy expliquait la situation avec de grands gestes de la main et une voix pleine d’intonations. Lise restait sceptique. Elle imaginait mal des personnes importantes si accessibles, sans toute une cour de serviteurs et de profiteurs autour d’eux.

 

— Ils sont vraiment si connus que ça ?

— Max surtout. Point de vue sorcellerie, c’est la référence. Et puis, tous les deux ont participé au dernier livre d’Astée, c’est pas rien. Ils se sont retrouvés mêlés à la disparition du royaume de Flamiella, c’est…

— Suffit Rudy, l’interrompit Leihulm.

 

Rudy cligna des yeux, coupé dans son élan. Il se tourna vers son maître, sans comprendre. Celui-ci désigna Lise d’un signe de tête.

 

— Tu l’as perdue.

 

Lise le fusilla du regard, vexée. Elle ne pouvait malheureusement pas le contredire, entre les livres de bidule et le royaume de machin, elle ne suivait plus rien. Était-ce normal ou avait-elle oublié ? Cette question revenait beaucoup trop souvent à son goût. Ça l’énervait et elle préférait encore rester sans réponse. Elle dépassa Rudy et Leihulm en les ignorant et continua d’avancer aux côtés de Maxhirst. Celui-ci lui adressa un sourire. Entre sa queue de cheval lâche qui libérait une multitude de mèches folles, ses joues creuses éternellement mangées par une barbe de trois jours et son regard doux derrière ses lunettes, elle ne parvenait pas à le considérer comme une sommité. Il ressemblait plus à un oncle célibataire qu’à une star du rock.

 

Quelques minutes plus tard, un couloir bordé de colonnades blanches déboucha sur une immense salle bondée. Des dizaines de petits groupes, composés d’hommes et de femmes richement vêtus, patientaient, répartis dans la pièce. Un ballet de serviteurs, habillés d’une simple tunique, rythmait l’attente, apportant collations, rafraîchissements et messages. Lise se tendit, nerveuse. Le bruit qui s’élevait de la foule vrilla rapidement ses oreilles. Elle se sentait agressée. Trop de sons, trop de couleurs vives, trop de parfums capiteux. Une main rassurante se posa sur son épaule. Leihulm.

 

— Il s’agit de l’antichambre d’Ambroise. Évite les ennuis. Les personnes les plus puissantes et importantes de Vianum se réunissent ici.

 

Lise serra les poings. Quelle image Leihulm avait-il d’elle pour prendre tant de précautions avec elle ? D’un sens, elle ne pouvait pas lui jeter la pierre. Les mondains présents réveillaient sa Colère et lui donnaient des envies de meurtre. Mais tout de même. Leihulm survola la salle du regard, jusqu’à trouver un coin relativement tranquille, dans une alcôve. Il y entraîna ses compagnons, rendant de loin les salutations de certains nobles. Il évitait soigneusement toutes tentatives de discussions. Certains hommes, plus tenaces que les autres, essayaient d’attirer son attention de façon plus appuyée mais Leihulm parvenait toujours à se dépêtrer habilement des intrus. Malgré son habitude de ce genre d’exercice, il fut totalement pris de court par une attaque-surprise.

 

— Maxoooooouuuu !

 

Avant même que Leihulm ne puisse intervenir, une ombre avait jailli de la foule et s’était suspendue au cou de Maxhirst. Par de savants mouvements de tête et de bassin, une femme brune bien en chair empêchait Maxhirst de remonter ses lunettes sur son nez. Celui-ci paraissait aussi mal à l’aise que gêné, mais sa réaction se révélait bien moins paniquée que ce que Lise aurait imaginé.

 

— Hirst ! Arrêtez d’agresser des inconnus !

 

Une voix sèche avait claqué dans le brouhaha de l’antichambre. Un soldat en tenue d’apparat se posta aux côtés de l’étrange couple. Rigide, le dos droit comme I, il fusillait du regard Hirst. D’une cinquantaine d’années, ses cheveux gris étaient impeccablement peignés, ainsi que son bouc, rasé à la perfection. Au milieu des traits de son visage coupés au couteau, ses yeux pâles, métalliques, brillaient d’une lueur stricte.

 

Sa surprise passée, Leihulm se reprit rapidement. Il reporta son attention sur le militaire. Les nerfs à vif, celui-ci semblait à deux doigts de récupérer de force son subalterne. Il posa rudement sa main gantée sur l’épaule d’Hirst.

 

— Capitaine Liam ! C’est pas un inconnu, c’est Max.

— Qu… Quoi ? Max, le sorcier ?! Soldate, vous dépassez les bornes !

 

Furieux, il tira en arrière Hirst jusqu’à libérer sa victime, dont les lunettes volèrent. Rudy les rattrapa d’un geste fluide, comme s’il avait l’habitude de ce genre d’incidents. Liam se tourna ensuite vers Maxhirst et s’inclina profondément devant lui. Celui-ci, horriblement mal à l’aise, récupéra ses verres et se cacha derrière.

 

— Veuillez excusez ma subordonnée, j’espère que vous comprendrez qu’il s’agit de l’initiative d’un individu et non de…

— Chef ! Comment osez-vous déranger des retrouvailles entre époux ?

 

Liam, d’abord décidé à ignorer Hirst, s’arrêta net lorsqu’il saisit le sens de ses paroles. Il la dévisagea, ne sachant s’il devait la prendre au sérieux ou non. Elle revint se placer à côté de Maxhirst et passa amoureusement un bras autour de sa taille.

 

— Mais… vous n’êtes pas tatoués et…

— Capitaine, l’interrompit-elle, laissez-moi faire les présentations ! Liam, Maxhirst, Maxhirst, Liam. Le reste, euh… On s’en fiche, deux morveux, un truc bizarre et un type beaucoup trop sérieux.

 

À chaque fois, elle avait lourdement insisté sur la deuxième syllabe du nom du sorcier. Pour les autres personnes présentes, elle s’était contentée d’un vague geste de la main pour les désigner. Un sourire amusé éclaira le visage de Leihulm.

 

— Mariés, vraiment ? Vieux gredin, tu m’avais caché ça !

 

Maxhirst toussota d’un air gêné.

 

— J’avais pourtant fait une annonce…

— Je pensais, comme la moitié de Vianum, que c’était une tactique pour éviter d’être harcelé par toutes les filles célibataires du coin ! Et puis, on ne peut pas dire que ton épouse était très présente…

 

Hirst haussa les épaules.

 

— J’ai ma vie. J’allais pas non plus rester faire la popote bien sagement !

 

Elle s’éloigna, visiblement ravie d’elle-même. Maxhirst soupira, blasé.

 

— Hirst. Je ne t’ai jamais rien refusé, mais j’ai besoin de ma bourse là…

— Rabat-joie ! Je vis comment moi ?! Je suis passée à la maison, tout était bloqué, je n’ai pas pu rentrer. C’est un scandale ! Laisser sa chère et tendre à la rue ! Et je ne parle pas des prostituées que tu héberges !

 

Le visage de Maxhirst s’assombrit, insensible à l’expression choquée de Liam.

 

— J’aurais voulu te prévenir, mais j’ai dû tout fermer avec un sortilège. Des voleurs ont réussi à s’introduire et…

— Quoi ?! Il est hors de question qu’un autre que moi pique l’argenterie.

 

Un petit rire secoua les épaules de Maxhirst, qui se détendit. Il remonta ses lunettes sur son nez d’un doigt avant de reprendre.

 

— Ne t’inquiète pas pour la vaisselle, ils n’y ont pas touché. Ils ont juste… récupéré une partie des objets enchantés que je garde sous scellé.

 

Lise observait la scène sans réellement comprendre ce qui se passait. Tout lui paraissait étrange et surprenant, elle était donc moins choquée que les autres par la nouvelle du mariage de Maxhirst avec Hirst, aussi décalée et volubile fût-elle. Par contre, elle nota à quel point ses compagnons s’étaient raidis à l’évocation du cambriolage. Même Hirst, une fois les explications reçues, redevint plus sérieuse et perdit ses mimiques à la fois amusées et outrées. Elle reprit d’un ton mesuré, pesant chacun de ses mots.

 

— Ton voleur est d’un niveau exceptionnel. J’ai essayé plusieurs fois pour la beauté du geste, sans jamais trouver l’ombre de piste. Je ne sais pas qui en a après tes enchantements, mais tu as des ennemis incroyablement puissants. Pas d’erreur dans tes sortilèges de protection ?

— Non, j’en suis certain, je venais de les vérifier. Que quelqu’un parvienne à briser mes sorts les plus soignés… Je ne me doutais pas qu’il existait un sorcier aussi doué sur le continent…

 

Repenser à cet événement vieillit considérablement Maxhirst, qui parut d’un coup terriblement las. Personne ne commenta et un silence gênant s’installa au milieu du brouhaha.

 

— Capitaine Liam ? Que se passe-t-il ?

 

Une voix mélodieuse troubla la scène. Un jeune homme vint se poster à côté d’eux. Il était vêtu d’une chemise chatoyante aux manches bouffantes et fluides, brodés d’or et d’argent, ainsi que d’un pantalon sombre, plus discret. Mince et grand comme une brindille, de longs cheveux blonds comme les blés illuminaient son visage à l’ovale parfait. De longues plumes colorées étaient piquées dans sa chevelure. Ses yeux bleu clair, extrêmement doux, étaient soulignés par un trait de maquillage d’un ocre métallique et par des plumes, très fines et petites, qui prolongeaient ses cils. Il était d’une beauté incroyable, envoûtante et éthérée, sans qu’il semble s’en rendre compte. Avec un léger sourire, il attendit une réponse, saluant d’un signe de tête amicale les personnes qu’il ne connaissait pas. Surpris par l’intervention du nouveau venu, Liam se raidit brusquement et s’inclina profondément.

 

— Votre Altesse ! Ne vous inquiétez pas, Hirst… La soldate Hirst a aperçu son époux et est venue lui dire bonjour.

— Oh, vous êtes mariés ? Mes plus sincères félicitations !

 

Le prince Alyss s’exprimait d’une voix claire et veloutée, visiblement habitué et heureux de ces échanges de banalités mondaines. Hirst se contenta de répondre d’un hochement de tête, comme on rabroue un enfant un peu trop envahissant. Elle discutait avec Maxhirst.

 

— Oh, ça va, tu pourrais me faire confiance depuis le temps. Je l’ai jamais perdue ou abîmée !

 

Joignant le geste à la parole, elle ôta une bague à son doigt, son seul objet précieux, et le tendit à son mari. Celui-ci l’examina soigneusement, marmonnant quelques mots dans sa barbe. Devant le regard interrogatif de Leihulm, Hirst haussa les épaules.

 

— Un rituel, à chaque fois qu’on se croise. Ça remplace le tatouage chez les Max. Et c’est qu’il y tient, à son bijou de famille !

 

Lise étouffa un rire, s’attirant des coups d'oeil surpris. Elle se détourna et s’éloigna de quelques pas pour fuir les questions embarrassantes. Elle percuta quelqu’un et se figea, tendue. Derrière elle, un homme très grand la surmontait. Habillé d’une tenue strict immaculée, il rappelait indéniablement à Lise un majordome, sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Un collier de barbe blanche courrait sur son menton qu’il abaissa lentement vers elle, tout en remontant de deux doigts un monocle près de son oeil. Il resta ainsi immobile, à la fixer de son regard sombre, avant de rejeter délicatement en arrière ses longs cheveux blancs. Même ses rides paraissaient sévères et froides.

 

— J’ai rarement vu un tel assemblage de sortilèges ancrés sur une seule personne…

 

L’inconnu se redressa, lança un coup d’oeil à Maxhirst avant de revenir sur elle.

 

— Mademoiselle Lise ? Depuis que j’ai entendu parler de votre retour sur Vianum, j’espérais justement pouvoir vous rencontrer.

 

Lise se raidit immédiatement. Comment la connaissait-il ? Elle se recula, s’éloigna d’un pas et Rudy, qui avait senti son trouble, se rapprocha. L’inconnu leur adressa un bref signe de tête.

 

— Je m’appelle Dyonise, je suis l’un des Consuls d’Eoiel, envoyé comme émissaire en Mandchou. Vous êtes liée de très près à une affaire qui chagrine beaucoup ma cité d’origine. Cela pourrait enfin être l’occasion de tirer au clair ces soucis…

 

Lise n’eut pas le temps de répondre que Rudy passa à l’attaque et répliqua. Il avait l’air sérieux pour une fois, ce qui la prit de court.

 

— Maître Leihulm n’a pas refusé votre demande d’entretien pour rien ! Lise est toujours amnésique, et si vous faites ça dans l’espoir de défendre les Connaws, vous…

— Je ne suis venu ici que pour accompagner le prince Alyss lors de sa mission pour lutter contre ce « Prêtre de la Divinité ». Mais si cela peut me permettre de résoudre plusieurs difficultés d’un coup… Les Consuls n’ont pas l’habitude de partir avec un a priori. Mais votre comportement est pour le moins… suspect. 

 

Leihulm remarqua enfin ce qui se passait. Il posa une main rassurante sur l’épaule de Rudy et prit en charge la suite.

 

— Les Consuls d’Eoiel ont toujours montré de beaucoup d’objectivité. Mais les problèmes qui nous lient concernent l’un des groupes de sorciers les plus connus de votre cité, il semblerait normal que vous protégiez les vôtres. Surtout que jusqu’à maintenant, les tentatives de discussion et d’apport de preuves se sont révélées peu… concluants. Mais dès que nous serons en mesure de clore cette affaire, nous ferons appel à vous.

 

Un silence pesant tomba sur eux. Leihulm, tout en se montrant ferme, avait essayé de conclure la conversation le plus poliment possible, mais Dyonise se contentait de le fixer sans répondre. Après quelques instants de gêne, Hirst parut ne plus supporter et elle reprit la parole d’un ton joyeux et nasillard.

 

— Et sinon, je vous présente Dyonise, dernier membre de l’escorte du prince Alyss ! Vous voyez un peu quelle magnifique troupe nous…

— Suffit soldate.

 

L’injonction claqua, sèche. Liam et Hirst s’affrontèrent du regard et une désagréable tension s’installa qui indifféra Eishik et Alyss. Quelques secondes s’égrenèrent et Lise remarqua alors qu’un silence total était tombé sur l’antichambre. Tous les nobles s’étaient tournés vers les hautes portes qui donnaient sur la salle où Ambroise recevait. Des gardes avaient ouvert les battants avec un respect religieux.

 

— Bonjour à vous tous, mes chers sujets !

 

Une voix tonitruante et enjouée brisa l’immobilité ambiante. Aussitôt, la foule se mit en mouvement et s’écarta largement tout en s’inclinant profondément. La curiosité de Lise s’éveilla et elle se rapprocha, sans tenir compte des regards outrés de ceux qu’elle bousculait. Elle parvint rapidement au premier rang des roturiers, devant lesquels un étrange personnage paradait. Plus grand qu’elle d’une bonne tête, il avait une silhouette fine et musclée, indéfinissable entre l’homme et la femme. Sa peau marmoréenne arborait quelques reflets bleutés issus de ses vêtements, un pantalon moulant et une robe légère qui descendait jusqu'à mi-cuisse, d'un tissu indigo. Dans son dos, une longue chevelure, aussi noire que raide, semblait flotter au vent, alors qu’aucun courant d’air ne traversait l’antichambre. D’autres mèches, plus courtes, habillaient son front et ses joues. Sans faire de manière, il prit son chapeau haut de forme et le lança. Plusieurs personnes, nobles et serviteurs, se précipitèrent pour le récupérer avant qu'il ne tombe par terre. D'un pas décidé et sans la moindre trace de gêne ou d'hésitation, il se dirigea vers Lise.

 

— Bien le bonjour et bon retour sur Kaea ! J'adoooore quand tu es là, il y a toujours de l'animation.

 

La première phrase fut dite d'une voix grave et suave, la deuxième sur une note beaucoup plus aiguë et haute perchée qui aurait rendu jalouse n'importe quelle soliste d'opéra. Il tapota alors le sommet de sa tête, comme il l’aurait fait avec un chien. Lise se renfrogna. Elle croisa les bras et prit la parole d’un ton agressif.

 

— T’es qui toi ?

 

Elle aurait voulu assaisonner sa question d’un « clown » ou « crétin », mais ses voisins lui avaient enfoncé leur coude dans les côtes, lui coupant le souffle. Un large sourire sur ses lèvres pulpeuses d’un rouge sanguin, l’inconnu s’accroupit devant elle, lui offrant une incroyable vue sur le vide de son décolleté.

 

— Rhalala, ma très chère Lise. Je sens que nous allons encore nous amuser ! Je suis Ludificus, dieu de Kaea.

 

Elle fronça les sourcils.

 

— Ludificus ? Mais…

 

Il ne la laissa pas finir. Il se releva d’un bond, approcha sa bouche de son oreille et murmura d’une voix légère quelques mots.

 

— La signification de mon nom restera notre petit secret, tu veux bien ?

 

Sans lui permettre de répondre, il s’écarta et lui adressa un clin d’oeil. Autour d’eux, les nobles étaient toujours pliés en deux, attendant visiblement une miette d’attention de Ludificus. Il secoua la main d’un air dédaigneux.

 

— Laissez tomber le protocole. Je ne suis pas là pour ça et je suis pressé.

 

La foule se redressa et s’inclina de nouveau tandis qu’un brouhaha emplit brutalement les oreilles de Lise. Tous exprimaient leurs plus sincères sentiments, en essayant de hurler plus fort que les autres pour être audibles. Un sourire ravi étira les lèvres de Ludificus. Il attrapa le bras de Lise, comme une dame l’aurait fait avec son cavalier, et il fendit dignement la populace en direction de l’alcôve qu’elle venait de quitter. Il tendit un doigt accusateur vers Liam.

 

— Vous ! Pourquoi avez-vous modifié le trajet prévu à la base ?

 

Liam se décomposa. Il ne s’attendait pas à un tel reproche et prit quelques instants avant de répondre, le temps de se rassembler les restes de son assurance.

 

— Des paysans nous ont prévenus qu’une meute de loups causaient des ravages dans le bois que nous devions traverser, j’ai préféré ordonner un détour pour éviter les risques.

— Rhaaa… Moi j’organise des rencontres et tous mes plans tombent à l’eau !

 

Ludificus tapa du pied, visiblement mécontent. Sa voix perdit quelques octaves.

 

— Là, le truc à bandelettes, tu vas suivre le prince Alyss et son escorte. Je me porte garant de lui et… Oh, que suis-je bête ! Vous n’avez pas le choix.

 

Ludificus enchaînait les mimiques avec une facilité déconcertante. Obéissant aux ordres d’un homme qu’il venait de rencontré, Eishik vint naturellement se placer aux côtés d’Alyss. L’étrange momie le fixa de son oeil impassible, avant de murmurer d’une voix sans intonations :

 

— J’ai l’impression de vous connaître.

 

Le prince Alyss sembla surpris.

 

— Je… Je suis navré mais vous faites erreur. Je me souviendrais de quelqu’un comme vous.

 

Eishik ne répondit pas et un désagréable silence s’installa. Liam paraissait bouillir intérieurement, mais il réussit à se contenir. Refuser un ordre de Ludificus, alors qu’il se déplaçait en personne pour le donner, signifierait s’attirer les foudres de tout Vianum. En prenant les nobles à témoins, Ludificus les piégeait. Celui-ci frappa dans ses mains, visiblement très satisfait de son petit effet. Il se retourna et s’adressa à la foule.

 

— Parfait parfait ! N’en veuillez pas à Ambroise pour ses retards dans ses audiences, c’est moi qui me suis rajouté à la dernière minute.

 

Les notables assurèrent avec force de courbettes et de grands cris que ce léger contretemps ne les dérangeait pas. Avant l’apparition du dieu, tous se plaignaient et pestaient contre cette perte de temps qui leur gâchait la vie. Pendant ces écoeurantes démonstrations, Ludificus se pencha vers Lise pour lui glisser quelques mots en aparté.

 

— Bon, je n’avais pas vraiment besoin de tenir la jambe d’Ambroise, mais il faut bien leur casser les pieds un peu, non ?

 

Ludificus se redressa et lui adressa un sourire flamboyant. Il récupéra son chapeau haut de forme qu’un serviteur portait à côté de lui, et il effectua une révérence devant Leihulm.

 

— Ambroise vous attend, maître d’armes.

 

Leihulm se contenta d’un signe de tête, le visage fermé et les muscles des épaules tendus à l’extrême. Avant que Lise ne puisse poser la moindre question, il l’entraîna rudement vers les hautes portes. Rudy et Maxhirst les suivirent sans un mot. Sous les regards de la foule des nobles, ils pénétrèrent dans la salle d’audience de la Haute-Prêtresse de la Lumière.

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Jibdvx
Posté le 06/01/2020
Bien ! Encore plus de contenue et de précisions sur les us et coutumes de Kaea. Là on touche aux hautes sphères de la société et on voit une hiérarchie précise dans les différents acteurs du chapitre. Du coup j'imagine que Ludificus est tout en haut de l'échelle ? Mais pourquoi un dieu aurait besoin de la prêtresse ? On en apprend aussi plus sur Max et Leihulm et je me demande aussi en quoi consistait la chute du "royaume machin" X)
Flammy
Posté le 13/01/2020
Coucou !

En effet, Ludificus est tout en haut de l'échelle, en tant que seul dieu qui prend vraiment part à la vie de ses ouailles ^^ Et sur pourquoi il voulait voir la Prêtresse, c'est expliqué dans le chapitre suivant de Lise ;) Mais bon courage pour comprendre Ludificus, il n'en fait toujours qu'à sa tête =D

Et pour la chute du royaume machin, yaura plus d'informations dessus, mais pas tout de suite ^^"

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire =D

Pluchouille zoubouille !
Hinata
Posté le 16/12/2019
Woua trop bien ce chapitre ! Y a plein de mooonde c'est trop fou ^^

Désolée j'ai extrêmement pinaillé sur mes remarques XD J'ai honte, mais faut dire que le chapitre est très long (d'ailleurs, je me demande si certains passages pourraient pas être un peu raccourcis, je pense par exemple à toute leur traversée du palais jusqu'à l'antichambre, parce que quand même ce qu'il se passe là-bas est plus intéressant)


- qui n’aura que comme seule limite > le "que" est en trop

- Le jour d’après, Lise avait fait plus de crises d’angoisse que jamais. > maladroit

- Cet état de tension permanent > je crois qu'on accorde plus l'adjectif à "tension" de manière générale

- Aussi, le fait d’aller enfin rencontrer la Hautre-Prêtresse de la Lumière la soulageait énormément. > avec proposition en "aussi", inversion sujet-verbe nécessaire 'la sougeait-elle"

- D’après ce qu’elle avait compris, elle avait de fortes chances de leur apporter une solution. > je mettrais un nom sur un des deux pour lever l'ambiguité de "elle" répété

- ou des tensions entre royaumes > je mettrais "ou encore" pour équilibrer la phrase

- la moindre minute de pause. > "de répit" sonnerait mieux

- renvoyaient des raies lumineuses > des rais lumineux plutôt non ? (on dirait plutôt des rais de lumière d'ailleurs, mais vu que tu l'as mis dans la phrase juste avant...)

- Il s’agit du Temple de la Lumière ! C’est là où vit Ambroise. Le coeur de Vianum ! > le "il s'agit de" fait vraiment pas naturel > < Je comprends que t'aies voulu éviter la répétition de "c'est", mais je te conseillerais plutôt de l'enlever de la phrase suivante, on comprend quand même, d'autant que la phrase d'après est également nominale donc ce serait cohérent selon moi

- Trop enthousiaste et joyeux pour être honnête. >> je crois que t'as déjà dit ça mot pour mot dans un chapitre d'avant. Je sais pas si c'est fait exprès, mais en tout cas l'effet est qu'on a l'impression que ça va être très important.

- D’une démarche fluide, > ça fait pas trop pov interne, on dirait qu'elle se complait un peu de sa propre allure (je fais exactement les même trucs dans mes histoires, et puis on me l'a fait remarquer et maintenant je repère direct XD)

- de chaque côté de l’accès. > "de l'accès" me semble inutile

- À la fois austère au possible et avec une grâce animale, > coordoner "adjectif" et "avec + nom" sonne très maladroit. Pourquoi pas "alliant une austérité sans faille et une grâce toute animale..." qqch comme ça ?

(By the way, trop stylés les Ephëws <3 Et j'adore la remarque de Leihulm à leur sujet, ça donne l'info de leur nom et de leur ouïe fine de manière très naturelle ! )

- Tout avait été construit pour limiter au maximum les murs et les plafonds. > je comprends pas cette phrase =^=

- voir parfois des demandes > *voire*

- Suffit Rudy, >> c'est peut-être que moi mais sans le "ça" devant, je trouve ça un peu bizarre, ou un peu trop abrupt en tout cas.

Cool, j'ai appris le mot "sommité" ^^

- une immense salle bondée. >> "une salle immense et bondée" sonnerait mieux

- Il s’agit de l’antichambre > ah bah dans la bouche de Leihulm ça me choque pas du tout (même si "nous sommes dans" serait peut-être mieux..)

- "D’un sens, elle ne pouvait pas" >> euh, ça existe comme expression? "Dans un sens" tu veux dire ? En tout cas, je trouve pas que ça va très bien dans le contexte. Vu le début du paragraphe, je verrais plutôt "d'un autre côté" ou "En même temps"

- "Les mondains présents réveillaient" >> "la présence des mondains réveillait" sonnerait moins maladroit

- Malgré son habitude de ce genre d’exercice, il fut totalement pris de court par une attaque-surprise. >> il faudrait changer un peu pour qu'on ait plus l'impression que c'est du pov de Lise.

- Par de savants mouvements de tête et de bassin, une femme brune bien en chair empêchait Maxhirst de remonter ses lunettes sur son nez. >>> je vois pas le rapport entre tête/bassin/nez XD

se posta aux côtés de l’étrange couple > je comprends pas qui c'est "l'étrange couple"

D’une cinquantaine d’années, ses cheveux gris étaient >> > pb de cohérence syntaxique

Au milieu des traits de son visage coupés au couteau>> j'enlèverai "des traits" pour alléger, d'autant qu'un visage coupé au couteau je crois que ça se dit plus (ou "en lame de couteau" aussi ça existe)

d’une lueur stricte. >> on comprend mais c'est bizarre. "Une lueur dure" plutôt non?

Vieux gredin, >> c'est sûrement que moi, mais je trouve ça trop ringuard comme expression XD Peut-être que sans l'adjectif ça passerait mieux

sans qu’il semble s’en rendre compte >> j'adore la description mais cette dernière phrase est en trop je trouve : pour moi c'est pas le genre d'info qu'on peut savoir dans la seconde mais plutôt après quelques interactions...

Le prince Alyss >> comment Lise connaît son nom ?

"Derrière elle, un homme..." >>> elle s'éloigne, elle se cogne : je comprends pas pourquoi il est "derrière", à moins qu'elle se soit éloignée à reculons, et dans ce cas il faudrait le dire ^^

Habillé d’une tenue strict immaculée, il rappelait indéniablement à Lise un majordome, sans qu’elle ne comprenne pourquoi. >>> *stricte* + ajouter "et" entre les 2 adj + le dernier morceau de la phrase me semble inappropriée : c'est justement à cause de cette tenue qu'il lui fait penser à un majordome, non?

courrait > *courait*

paraissaient sévères > je mettrais "semblaient" pour éviter l'enchaînement "ssaient"/"sé" (aaah je pinaille désoléééée)

Troooop stylée la première phrase de Dyonise sur l'assemblage de sortilège <3

ont toujours montré de beaucoup d’objectivité >> t'as fait un mix entre "montrer qqch" et "faire montre de qqch"

concluants >> *concluantes*

Hirst parut ne plus supporter et elle >>> il manque un COD au verbe supporter

"Suffit soldate" > *il suffit* ? ou 'assez"? + mettre un virgule avant soldate.

Des gardes avaient ouvert les battants avec un respect religieux. >> si Lise l'a pas vu, elle l'a pas vu. Je vois pas comment elle pourrait déduire la manière dont ils l'ont ouverte. (mais tu pourrais souligner qu'ils l'ont fait en silence, d'où le fait que personne s'en soit rendus compte à ce moment-là)

— Bonjour à vous tous, mes chers sujets !
Une voix tonitruante et enjouée brisa l’immobilité ambiante. >> Je sais plus qui te l'a déjà dit, mais les incises de dialogues dynamiseraient énormément ton texte ! Dans le cas présent, quitte à ne pas en mettre, il faudrait du moins mettre d'abord la phrase qui annonce la voix, sinon le lecteur doit "rectifier" le ton et le contexte après coup : toute une gymnastique, mine de rien, et tu fais ça souvent...

La première phrase de Ludificus <3

— T’es qui toi ? >> okay, elle est vexée qu'il lui ai mis la main sur la tête, m'enfin on voit que c'est quelqu'un d'important et elle a promis d'être polie...du coup je mettrais quand même un vouvoiement, pour montrer un "faux effort" d'être respecteuse XD

Un large sourire sur ses lèvres pulpeuses d’un rouge sanguin, >> c'est un peu long pour une apposition en tête de phrase... J'enlèverai le "pulpeuses"

le trajet prévu à la base >> hum, "à la base" est une expression très familière voire déformation du language, donc dans la bouche de Ludificus qui avait l'air de s'exprimer plutôt bien, ça sonne mal

le temps de se rassembler >> enlever "se"

et… Oh, que suis-je bête ! Vous n’avez pas le choix. >> je crois comprendre l'intonation que tu veux donner, mais il faudrait remanier la syntaxe ou la ponctuation pour lier le tout, parce que là la dernière phrase a l'air toute seule, on sait pas ce qu'elle fait là.

qu’il venait de rencontré > *rencontrer*

Eeeeh mais c'est la première fois que Eishik parle non ??? Et ça choque pas Lise plus que ça ??

"Refuser un ordre de Ludificus, alors qu’il se déplaçait en personne pour le donner, signifierait s’attirer les foudres de tout Vianum. En prenant les nobles à témoins, Ludificus les piégeait." >> Comment Lise pourrait bien savoir ça ? Il faudrait reformuler pour souligner qu'elle suppose ou déduit (ce serait bien d'ailleurs, de montrer qu'elle essaye un peu de comprendre ce monde et ses règles de cour)

avec force de courbettes et de grands cris > enlever les "de"


Cette histoire est vraiment cool, c'est fou que Lise ait rencontré Ludificus, et je me demande vraiment quelle histoire il y a entre le dieu et Lei, et le rôle que Rudy va jouer là-dedans, et Eishik aussi ! Bref, trop trop hâte de continuer
Flammy
Posté le 27/12/2019
Coucou !

Merci pour cet énorme commentaire <3 Bon, ça veut dire encore pleins de trucs à modifier, mais j'aime bien quand tu pinailles, donc un gros merci ! Je vais essayer de reprendre ça dans l'ordre ^^

Alors, oui, le chapitre est long, j'avais beaucoup de choses à dire dedans, notamment pleins de trucs à présenter, comme le temple ou pas mal de nouveaux personnages ^^ Je vais voir si je peux réduire, mais bon, le temple est aussi important en soit à présenter, il est pas mal récurrent ^^"

Pour le "trop joyeux pour être honnête", c'est pas forcément fait exprès le mot pour mot, mais c'est vraiment le ressenti de Lise, elle trouve qu'un truc cloche avec Rudy sans parvenir à mettre le doigt dessus. Faudra peut-être que je modifie ça un peu ^^

Contente que les Ephëws te plaisent <3 On va pas forcément beaucoup les voir dans CE, mais c'est une gent que j'aime beaucoup !

J'adore tes réactions sur "il s'agit" xD Tout ça parce que Leihulm est vieux je parie :'(

Comment ça c'est ringard vieux gredin ? :'( Bon, va falloir que je modifie ça parce que j'aimerai bien garder le "vieux" (Oui, Leihulm paraît plus vieux que Max, mais Max a entre 15 et 20 ans de plus que Lei, qui du coup se fout régulièrement de la gueule de Max sur ça ='D Oui tout le monde s'en fout de ce détail, et alors ?)

Pour Lise face à Ludi, je rajouterai le vouvoiement, mais c'est vrai que pour elle, c'est tellement un clown qu'il a du mal xD Imagine Trump faire sa diva et troller les gens comme ça quoi ='D Ca fait pas très sérieux.

Par contre, c'est pas la première fois que Eishik parle, il a notamment répondu aux questions de Lei lors de leur rencontre, même si les réponses étaient pas méga satisfaisantes x)

En tout cas, un gros merci pour toutes tes remarques, c'est vrai chouette <3

Je suis contente que ça te plaise et que tu aies envie de lire la suite =D

Pluchouille zoubouille !
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