III.2 L'Auberge

Par Flammy

Chapitre 2 : L’Auberge

 

~917 jours avant le cataclysme

 

~0~

 

Sur Kaea, il existe différents types de gents, c’est à dire plusieurs races humanoïdes douées de raison. Pour autant qu’on sache, il est possible d’obtenir des hybrides entre toutes les gents, mais certaines gents vivent très isolées et avec un minimum de contact avec les autres, il est donc compliqué d’en être certain. L’origine des différentes gents est difficile à déterminer, de dire laquelle est apparue en premier. Selon les archives Ephëws, il s’agirait d’eux-même, mais leur point de vue est peut-être biaisé en leur faveur.

Notes de Max.

 

~0~

 

Après plusieurs heures de marches, Lise ne trouvait toujours pas de mot pour décrire Vianum. Des tours s’élevaient, parfois en briques rouges, parfois en pierre blanche ou colorée, de toutes les hauteurs et de tous les diamètres. Certaines défiaient les lois de la physique. Lise ne comprenait pas comment les fines flèches tarabiscotées s'élançaient vers le ciel sans s’écrouler au moindre coup de vent. Même les remparts paraissaient étranges, composés d’une multitude de matériaux différents. Elle aurait aimé courir et examiner tout ça de plus près, curieuse comme jamais. Mais Maxhirst, toujours épuisé, somnolait. Il tenait à peine sur l’étalon alors qu’il allait simplement au pas. Un trot était inenvisageable et Leihulm refusait qu'ils se dispersent. Question de sécurité. Malgré tout, il semblait plus serein que la veille.

 

Arrivé en bas des murailles, le petit groupe attendit dans une file de franchir les contrôles devant les hautes portes de la cité. Des gardes en armures vérifiaient le contenu des charrettes, remplies de marchandises. Les commerçants négociaient à chaque fois longuement avec un homme qui gribouillait tout en récupérant quelques piécettes. Lise sentit rapidement l’énervement poindre. Rien d’intéressant ne la distrayait et elle était obligée de rester à proximité d’Eishik. Trop à son goût. Leihulm surveillait du coin de l’oeil que personne ne s’approchait trop près de l’étrange momie mais, malgré les bousculades, aucune bandelette ne réagit. Lorsque leur tour arriva, le scribe jeta à peine un coup d’oeil et tendit la main. Leihulm y déposa de l’argent et ils pénétrèrent dans la cité sans que les soldats fouillent dans leurs affaires. Lise songea qu’ils devaient voir passer des êtres bien excentriques pour ne pas sourciller devant Eishik. Pas grave. Ses interrogations sur la norme vestimentaire sur Kaea s’envolèrent bien vite.

 

À chaque coin de rue, une nouvelle curiosité attirait son regard. Presque toutes les bâtisses du quartier étaient sur le même modèle, en pierre grise, hautes de quelques étages. Au-dessus de la plupart des portes, des cages étaient suspendues. À l’intérieur, des couples d’oiseaux chanteurs de toutes les espèces égayaient les avenues de leurs mélodies et de leurs plumages.

 

Les quartiers qu’ils traversaient se ressemblaient tous mais, parfois, un bâtiment original s’épanouissait entre deux maisons plus classiques. Certains lui rappelaient les temples de l’antiquité, d’autres des cathédrales rococo. D'autres n’évoquaient rien pour elle, totalement inédits. Et toujours, au-dessus des toits, des tourelles de toutes les couleurs et de tous les styles grimpaient, vertigineuses. Des bandes de tissus chatoyants étaient accrochées entre les hautes bâtisses, décorant le ciel et projetant une ombre salutaire.

 

Lise gardait le nez en l’air, fascinée par son exploration de Vianum. Elle en oubliait le reste du monde. Seule la main de Leihulm, posée sur son épaule, la retenait de bousculer tout ce que la cité comptait comme habitant. Il l’empêchait de s’élancer vers toutes les ruelles qui se présentaient. Lise n’avait pas le temps de protester. Systématiquement, une nouvelle découverte attirait son regard. Malgré l’heure tardive, les avenues étaient bondées et Leihulm guidait aussi bien sa protégée que son cheval avec une facilité déconcertante. Les ombres commençaient à tomber dans les allées, renforcées par les tissus qui projetaient leur silhouette agrandie sur le sol.

 

La sensation de malaise envahi brutalement sur Lise.

 

Les ruelles bruyantes ne lui paraissaient plus accueillantes, mais inquiétantes. L’obscurité était omniprésente. N’importe qui aurait pu se rapprocher d’elle sans qu’elle ne s’en rende compte. Riesz se cachait peut-être derrière l’étal d'épices. Ou alors, l’homme qui vendait des fruits n’était qu’un Connaw en embuscade. Lise frissonna, frigorifiée. La peur lui était tombée dessus d’un coup, sans qu’elle comprenne réellement pourquoi. Inconsciemment, elle se colla au cheval, et Rudy vint se poster près d’elle, lui assurant une bien maigre protection le temps qu’elle parvienne à reprendre le contrôle d’elle-même.

 

Ils finirent par s’arrêter devant une auberge d’un quartier propre, où des éclats de rire émaillaient les conversations. Un panneau était accroché au mur, au-dessus de la porte ouverte, mais Lise était incapable d’en déchiffrer les symboles. Elle avait appris à parler la langue locale. Pas à lire. Leihulm s’adressa à un garçon qui attendait dans la rue pour qu’il emmène l’étalon à l’écurie, puis il aida Maxhirst à descendre de monture. Il le soutint en partie tandis qu'ils entraient dans l’auberge, mais Lise n’était pas sûre qu’il soit réveillé. L’intérieur était bondé, mais il restait quelques tables de libres. Les assiettes bien remplies et les chopes garnissaient chaque espace disponible, jusque dans la cheminée qui n’était pas allumée en raison des fortes chaleurs. Sous les marches qui montaient à l’étage, le tenancier surveillait tout près d'un comptoir massif, hurlant parfois des ordres à la cuisine derrière lui. Après quelques mots échangés avec celui-ci, Leihulm et Maxhirst escaladèrent difficilement l’escalier. Lise fronça les sourcils, remarquant pour la première fois la claudication de Maxhirst. Il ne s’agissait pas que de fatigue.

 

— Il boîte ?

— Oui, confirma Rudy, son expression légèrement assombrie. Mais… tu ne peux pas t’en souvenir, c’est depuis… Enfin bref.

 

Il semblait mal à l’aise, une lueur triste masquée par son sourire. Lise n’y prêta pas attention. Autre chose la tracassait.

 

— Mais il courait parfaitement à Lyon !

— Ba oui, c’est normal. Il s’est lancé un sort perpétuel pour marcher normalement. Mais ça disparaît quand il est trop fatigué. Ça devrait aller mieux après une bonne nuit de sommeil.

 

Lise fronça les sourcils. Un sort perpétuel ? Comme celui qui masquait ses cicatrices ? Celui-là fonctionnait toujours. Pourquoi ? Maxhirst considérait-il son apparence plus importante que sa capacité à se déplacer ? Elle ne savait pas trop comment interpréter cette nouvelle.

 

Seul avec Lise et Eishik dans la salle bondée, Rudy prit les choses en main. Il louvoya entre les tables jusqu’à en dénicher une de libre et il s’installa. Un véritable pilier de bar. Enfin… de taverne. Après une hésitation, Lise le rejoignit. Ses muscles se rappelaient douloureusement à elle et la faim la tenaillait. Ce n’était pas le moment faire sa difficile, surtout que la foule bruyante de l’auberge la mettait mal à l’aise. Sa crise d’angoisse avait en grande partie disparu, mais pas totalement. Elle aurait préféré se reposer et manger au calme. Rudy leur commanda un repas en ignorant joyeusement l’oeillade aguicheuse de la serveuse. Ou alors, il ne l’avait pas remarquée. Lise n’arrivait pas à trancher.

 

Il paraissait aussi surexcité qu’une puce, babillant sans fin. Il commentait tout. Leurs voisins, toutes les rues qu’ils avaient traversées, l’architecture de Vianum, la nourriture et l’arrivée prochaine de la foire des couleurs. Il parlait si vite que Lise peinait à comprendre tout ce qu’il racontait. Seul Leihulm, redescendu au bout de quelques minutes, lui répondait parfois. Lorsqu’il parvenait à glisser quelques mots entre deux tirades. Il se détendait enfin, soulagé d’avoir regagné la cité. Amusé par le comportement de son élève, il souriait, les muscles de ses épaules dénoués. Eishik, égal à lui-même, se contentait de mâchouiller, impassible, la nourriture que ses bandelettes apportaient à sa bouche. Un être aussi dangereux qu'incapable de se prendre en charge tout seul.

 

La soirée aurait pu se dérouler agréablement, malgré les monologues de Rudy et l’auberge bondée. Aurait pu. Lise réussissait à ignorer la chaleur de la foule, les odeurs corporelles un peu trop prononcées et le bourdonnement des conversations. En revanche, elle ne parvenait pas à faire abstraction d’un trio de joyeux lurons qui faisaient du tapage à l’autre bout de la salle, avec plus d’alcool que de sang dans les veines. Ils s’étaient lancés le défi d’incommoder au maximum les autres clients de la taverne à coup de cris, de chansons paillardes et de bousculades. Lise ne comprenait pas tout, mais aux regards choqués de certaines personnes, les paroles valaient le détour. Malheureusement, elle s’imaginait mal demander des explications ou une traduction à Leihulm. Au début, les fêtards l’avaient amusée. Après plus d’une heure de beuglements de plus en plus stridents, Lise se sentait exaspérée. Elle préférait les blagues courtes au comique de répétition.

 

La Colère flamba d’un coup et Lise craqua sans la moindre chance de se contrôler.

 

Elle se leva d’un coup et attrapa son verre vide. Avant que ses compagnons ne puissent réagir, elle lança son projectile. Elle toucha le seul homme présent à la table, qui tomba à la renverse.

 

Lise hoqueta.

 

Coupée dans son élan furieux, elle oublia tout ce qui l’entourait.

 

Terrorisée.

 

Elle avait agi sans réfléchir. Elle n’aurait jamais cru reconnaître l’un des gêneurs. Et pourtant… Les courts cheveux noirs, les oreilles pointues,  la peau dorée et les canines allongées... Malgré les yeux bleus au lieu de rouges, aucun doute possible. Laor. L’homme qui avait essayé de la tuer à Lyon. Son cerveau, incapable de réagir, laissait son corps gérer seul ses pulsions de fuite, de pleurs et de meurtre. Ses muscles se crispèrent, prêts à agir. Elle ne savait pas trop ce qui allait prendre le dessus.

 

— Lise !

 

L'invective, sèche et sévère, ainsi que la main posée sur son bras lui rappelèrent la présence de ses compagnons et de la foule qui la fixait. Leihulm paraissait excédé, mais pas inquiet.

 

— Rassieds-toi et calme-toi. J’apprécie cette auberge et j’aimerais ne pas me mettre le patron à dos.

— Là-bas ! C’est lui !

— Lui ?

— Le type qui a tenté de me tuer !

 

Leurs voisins de table commencèrent à dévisager Lise. Leihulm regarda dans la direction indiquée. Il soupira et se massa d’une main la base du cou.

 

— Vraiment ? Il fallait tomber sur eux dans la plus grande ville du continent ?

 

Simplement embêté, Leihulm commentait l'événement comme s’il s’était cassé un ongle. Pas le genre de réaction attendue face à un meurtrier. Lise sentit la Colère enfler d’un coup. Depuis des jours, elle tentait de se convaincre qu’elle avait mal jugé Maxhirst et Rudy. Soit. Mais Laor était clairement de mèche avec le psychopathe roux. Leihulm avait affirmé vouloir la protéger de ses agresseurs, mais elle en doutait à présent. Elle se sentait trahie. La foule l’opprimait, l’air perdu de Rudy l’énervait et l’impassibilité d’Eishik lui donnait envie de hurler. Elle hésitait entre s’insurger contre Leihulm et s’enfuir sans demander son reste.

 

Elle n’eut pas le temps de se décider.

 

Une femme s’approcha de leur table. Grande et finement musclée, une immense crinière rousse auréolait son visage fermé. Sa peau, bronzée et mate, semblait absorber la lumière. Malgré les nombreuses bougies qui illuminaient la taverne, Lise avait l’impression de l’observer dans l’ombre. A son oreille, trois anneaux dorés brillaient. Son regard noisette, froid et dénué d’émotion, détaillait Lise. Celle-ci se crispa davantage. Il s’agissait de l’une des compagnes de Laor. Qu’est-ce qu’elle voulait ? Se venger ? La capturer à la place de son ami ?

 

— Elle n’a pas encore retrouvé la mémoire ? demanda-t-elle à Leihulm.

— Non, elle…

— Laisse-la-moi cinq minutes.

 

L’inconnue n’attendit pas de réponse. Elle posa ses mains sur les épaules de Lise et l’entraîna avec elle à sa table. Elle essaya de résister, mais une poigne inflexible la retint. Elle fut forcée de s’asseoir avec les compagnons de son agresseur, toujours étendu sur le sol. Il gémissait, tellement ivre qu’il riait de sa mésaventure. La troisième comparse, une petite brune bien en chair, profitait de la diversion pour finir toutes les chopes de bière à sa disposition, sans se préoccuper de la venue de Lise. Elle buvait, un air ravi sur le visage, évoquant un matou satisfait.

 

— Je m’appelle Nélya, se présenta-t-elle sans la moindre trace de sourire sur ses lèvres pulpeuses. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble, avant ton départ d’ici. Lei m’avait chargé de m’occuper de toi quand Ambroise a requis son aide.

 

Lise se contenta de hausser un sourcil, plus que sceptique. Elle avait déjà rencontré la moitié de ce monde ou quoi ? Et puis, la forcer à boire un verre avec son kidnappeur, Lise se serait passée de ce genre de connaissance. Le côté surréaliste de la soirée étourdissait Lise. Elle s’attendait presque à voir Nélya éclater de rire, lui annoncer qu’il s’agissait d’une blague et lui planter un couteau dans le dos. Elle ne savait même plus si elle devait avoir peur, ses oreilles bourdonnaient et une migraine commençait à poindre.

 

— Tu ne me crois pas. Pourtant, il faudra te forcer. Tu ne survivras pas longtemps ici sans ta mémoire.

— C’est vous qui me dites ça ?! Ce type a essayé de me tuer !

— Et alors ? Laor est un mercenaire. Il remplit des contrats, point. Cela ne l’a pas empêché de te protéger la dernière fois. Il a été contacté pour t’éliminer dans ton monde, il ne te fera rien en Kaea.

— Avec des amis pareils, plus besoin d’ennemis !

 

Nélya resta impassible face à la réplique, d’une immobilité parfaite. Pourtant, Lise aurait juré que la peau de l’inconnue s’était assombrie et que la lumière la fuyait.

 

— Je ne sais pas comment cela se passe chez toi, mais ici, on ne fait pas tout ce qu’on veut, surtout les guerriers. Nous devons souvent oublier que nous avons une âme. Crois-moi, même si cela le met dans une position précaire, Laor est ravi d’avoir échoué.

 

Lise se renfrogna un peu plus, sans répondre. Tout ceci était tout simplement ridicule. On essayait de lui faire gober des mensonges plus gros qu’elle.

 

— À l’origine, ils comptaient n'envoyer que Riesz, mais il aurait manqué de…

 

Nélya s’arrêta au son d’un bris de verre. Lise, qui jouait avec une des chopes, venait de se crisper si violemment qu’elle l'avait cassée. Toute couleur avait quitté son visage et un filet de sueur coula le long de sa tempe. Ses pupilles, dilatées à l’extrême, fixaient le vide. De l’alcool teinté d’écarlate se répandit sur la table. Heureusement, aucun bris de verre ne s’était fiché dans sa chair.

 

— Eh, la morveuse ! On ne gâche pas de la bonne bière !

 

La brune paraissait catastrophée mais, malgré l’insulte, personne ne réagit.

 

— Impressionnant, commenta Nélya. Malgré l’amnésie, le conditionnement fonctionne toujours. Tu ne te rappelles vraiment de rien ?

 

Petit à petit, les muscles de Lise se détendirent et ses jours se colorèrent. Elle cligna des yeux.

 

— Me souvenir de quoi ?

 

Nélya garda le silence quelques secondes avant de lâcher du bout des lèvres :

 

— Rien.

— C’est pas possible ! J’étais sûre qu’elle allait bientôt retrouver la mémoire ! Fallait la voir avec l’autre taré !

 

Laor venait de surgir de sous la table, enfin rétabli. Un filet de sang coulait le long de sa tempe. Personne ne s’en inquiéta. Il tapa violemment du plat de la main plusieurs fois pour appuyer ses paroles, incapable de développer sa pensée. Des verres se renversèrent et la brune se jeta sur lui pour tenter de le maîtriser. Ils se débattirent quelques instants au bout desquels la femme se retrouva avachie sur le dos de son compagnon. Lise avait l’impression d’assister à un spectacle de clowns particulièrement mauvais. Cet étrange spectacle, totalement en décalage avec ses peurs, lui fit totalement oublier son moment de panique provoqué par Nélya. Celle-ci se garda de le rappeler. Laor finit par se redresser, une faible lueur dans son regard pâteux. Son amie de beuverie tomba au sol.

 

— Je sais ! Il faut un déclencheur pour que les souvenirs reviennent !

 

Il tangua autour de la table jusqu’à s'échouer aux pieds de Nélya. Il tonitrua, attirant les coups d'oeil courroucés d’une bonne partie de l’auberge.

 

— Nélyaaaaa ! Ma chériiiiie ! Épouse-moi !

 

L’intéressée ne broncha pas. Ignorant complètement son compagnon et sa demande, elle se leva et se dirigea vers le tavernier. Après quelques mots échangés, elle lui donna quelques pièces. Elle revint ensuite, l’air impassible.

 

— Kessque t’as fait mon amour ?

— J’ai acheté une chaise.

— Mais pourqu…

 

Laor n’eut pas le temps de terminer. Nélya attrapa sa chaise et, d’un geste fluide, elle la souleva et l’abattit sur lui. Il n’émit pas le moindre bruit en s’écroulant au sol au milieu des décombres. Un réflexe l’agita, avant de sombrer définitivement dans l’inconscience. Lise observa la scène, complètement abasourdie. Si ses propres amis se permettaient de traiter Laor ainsi, elle pourrait le pousser du haut d’une falaise sans que personne ne proteste. Cela la rassura. Et l’inquiéta. Elle trouverait sans soucis une occasion pour se venger de son agresseur. Mais avec une telle définition de l’amitié, elle devrait se méfier de ceux qui lui voulaient du bien.

 

— Alors Nélya, tu en penses quoi ?

 

Lise sursauta. Leihulm se tenait derrière elle. Elle ne l’avait pas entendu arriver. Il s’installa à la table, pas perturbé le moins du monde par le traitement infligé à Laor.

 

— Elle ne se souvient effectivement de rien. Même si… comme tu le supposais, il reste quelques marques.

— Oui, Lise a gardé des réflexes de combat. Nous espérons que la Haute-Prêtresse Ambroise pourra nous aider.

— Surtout, faites comme si j’étais pas là, s’agaça la principale intéressée.

— De quoi tu te plains ? La place des morveux, à cette heure-ci, c’est au lit !

 

La brune, qui paraissait si alcoolisée un peu plus tôt, fixait Lise avec un sourire moqueur. Toutes traces de joie exacerbée ou de maladresse l’avaient quittée. Elle paraissait sûre d’elle, parfaitement sobre. Elle toucha du bout du pied Laor et, devant son manque de réactions, elle secoua la tête.

 

— Tsss… Un si bon camarade de beuverie déjà rétamé… Serveuse ! Quelque chose de plus fort je vous prie !

— Tu décuves vite, Hirst.

 

Nélya me paraissait pas surprise, au contraire de Leihulm. Il fixa la brune, un sourire sur les lèvres, avant de murmurer pour lui-même :

 

— Hirst, hein ? Amusant.

 

Un silence plana, le temps que la commande arrive. Elle apprécia une gorgée d’alcool d’une moue appréciatrice avant de prendre en main la conversation.

 

— Alors, vous aussi vous allez chez la Haute Prêtresse de la Lumière ? C’est le dernier endroit à la mode ma parole ! Enfin, je suppose que c’est normal que son maître d’armes lui rende visite de temps à autre.

— Le prince Alyss est venu ici pour rencontrer Ambroise ? interrogea Nélya.

— Le prince Alyss ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

 

Leihulm paraissait pris de court.

 

— Yup. En escorte réduite. Et quand je dis réduite, c’est très réduite. Nous ne sommes que trois dans sa garde rapprochée. Et ils manquent cruellement d’humour, continua-t-elle, volubile. Heureusement, j’ai réussi à m’éclipser !

— Trois pour l'héritier de Mandchou ? Pour la première sortie de son royaume ?

— Yup. Les nerfs de mon capitaine sont mis à rudes épreuves. Nous avons eu de la chance de ne pas rencontrer de gros problèmes jusqu’à maintenant.

 

Leihulm menait la discussion, après un coup d’oeil discret à Nélya qui lui indiqua de poursuivre. Lise elle, s’ennuyait ferme. Elle ne comprenait pas les tenants et les aboutissants de la conversation et les révélations de Hirst, entre deux gorgés d’alcool fort, la laissaient indifférente. Mais à sa table d’origine, Rudy lui adressait de larges sourires dès qu'elle regardait. Son enthousiasme et le souvenir de ses monologues la dissuadèrent de retourner d’où elle venait.

 

— Mais pourquoi se rendre à Vianum, surtout dans ces conditions ?

— Officiellement, le prince est ici pour récolter des informations sur les attaques qui perturbent tout le continent. Il y en a eu plusieurs sur les grandes routes de Mandchou et vu que toute l’économie du royaume repose sur le commerce… Ça préoccupe beaucoup le roi Armand.

 

Leihulm afficha une moue sceptique. Il croisa les bras.

 

— La garde royale a un excellent niveau. Cela n’a pas suffi pour régler les excursions de voleurs ?

— Merci pour les flatteries ! Mais non, ça ne suffit pas. Il s’agit d’une troupe d’illuminés dirigée par un homme qui se prétend le Prêtre de la Divinité. Et chacun de ces bandits est… exceptionnel. J’ai croisé leur route une fois, j’ai de la chance d’être toujours en vie.

 

Le visage assombri, Hirst perdit son regard au loin. Elle termina de boire cul sec et se leva.

 

— Si je ne rentre pas maintenant, mon chef va m’étriper.

 

La soldate adressa un clin d'oeil à Nélya.

 

— Tu rappelleras à Laor qu’il avait promis de m’inviter !

— Pour un verre il me semble, pas pour l’équivalent d’un tonneau.

— Vraiment ? Un détail !

 

Sans attendre de réponse, Hirst se faufila entre les tables et atteignit rapidement la porte de l’auberge. Nélya se contenta de lever les yeux au ciel.

 

— Voilà un garde bien bavard pour une mission discrète, commenta Leihulm, amusé.

— Elle ne nous a pas parlé sans arrière-pensée.

— Je pense aussi. Mais pourquoi se confier à nous ?

 

Ils gardèrent le silence, sur la même longueur d’onde.

 

— J’ai tenté de lui soutirer des informations pendant des heures, sans succès. C’est ton arrivée qui a changé la donne.

— Un contrat, je suppose ?

 

L’impassibilité de Nélya répondit pour elle. Elle se leva, ignorant Laor toujours assommé au sol.

 

— L’arrivée du prince Alyss est loin d’être passée inaperçue. Fais attention à Lise. La situation est… instable en ce moment à Vianum. Quelque chose se trame.

 

Elle quitta à son tour l’auberge, sans un regard pour le compagnon qu’elle avait elle-même rétamé.

 

— Quelque chose se trame, hein ? Et elle fait la météo aussi ?

 

Lise et sa mauvaise foi. Leihulm soupira, blasé.

 

~0~

 

Lise pénétra dans sa chambre, heureuse de s’isoler un peu. Elle s’apprêtait à se préparer pour la nuit lorsqu’elle remarqua une boule de poils installée sur l’un des lits de la pièce. Il s’agissait d’un gros matou tricolore, à la truffe écrasée et dont l’une des oreilles avait été déchiquetée. En l’apercevant, le chat s’étira et miaula sèchement dans sa direction. Lise n’avait jamais aimé les animaux. Pourtant, elle s’assit immédiatement et caressa le fauve miniature. Il ronronnait, aux anges. Plusieurs minutes plus tard, quelqu’un toqua à la porte et l’ouvrit sans attendre de réponse. Leihulm entra, accompagné de son élève. Il fronça les sourcils.

 

— Bon sang ! Tu n’es même pas ici depuis une journée que cette sale bête t’a déjà retrouvée.

— Tu le connais ? s’étonna-t-elle.

— C'est ton chat, Mistigwi.

 

Pour le nom, il s’agissait d’un mot de sa langue natale. Lise avait reconnu le traditionnel Mistigri, maltraité par l’accent de Leihulm.

 

— Je ne comprendrais jamais comment il peut perdre autant de poils. À croire qu’il le fait exprès.

 

Leihulm paraissait de mauvaise humeur. Rudy intervint avec son éternel sourire.

 

— Il est vraiment intelligent pour être venu jusqu’ici ! Il est génial ! C’est juste dommage que…

— Qu’il double la quantité de travail pour le ménage, se comporte en maître absolu, soit particulièrement difficile sur sa nourriture, mange les oiseaux des voisins, massacre les livres de Max et t’attaque dès qu’il en a l’occasion ? Comment tu peux aimer ce monstre ?

 

Leihulm soupira et se massa distraitement le cou.

 

— Enfin bon, nous n’étions pas venus pour ça à la base. Rudy dormira ici ce soir. Les bandelettes d’Eishik l’agressent dès qu’ils restent seuls dans leur chambre.

— Quoi ?! Mais… hors de question !

 

Lise avait crié si fort que des protestations leur parvinrent à travers les murs.

 

— L’auberge est remplie et Max a vraiment besoin de repos. Je ne vous laisserai pas le déranger !

 

Leihulm affichait une mine plus sévère que jamais. Incertaine, Lise ouvrit et ferma la bouche. Finalement, son regard se durcit.

 

— Dehors !

 

Sans attendre de réponse, elle chassa les intrus à coups d’oreiller. Après quelques minutes à épier les bruits de couloirs, elle se coucha et sombra rapidement dans le sommeil, le chat roulé en boule à ses côtés.

 

~0~

 

Le lendemain, Lise attendit que la matinée soit bien avancée avant d’émerger de son lit, chassée par la chaleur moite qui rentrait par la fenêtre. Elle se prépara et rejoignit la salle commune, pressée de partir à la découverte de la cité. Dans les escaliers, elle s’arrêta et tendit l’oreille. Elle avait entendu son nom. Cela ne lui plaisait pas. Elle ne savait toujours pas à quel point elle devait se fier à ses compagnons de voyage. Ils affirmaient vouloir la protéger, mais ils ne s'étaient absolument pas affolés à la vue de son agresseur la veille. Incompréhensible. Elle préférait prendre ses précautions et les espionner un peu.

 

— Lise a vraiment le sommeil lourd, commenta Leihulm. Dormir autant malgré les bruits de la rue, impressionnant.

— Oui, je ne pense pas qu'un incendie la perturberait ! J’ai pu retourner dans sa chambre sans qu’elle s’en rende compte, comme vous l’aviez prévu maître. Ça a été plus compliqué avec Mistigwi mais il n'a pas trop craché de boules de poils pour une fois. Je l'ai rarement vu aussi heureux.

— Tu aurais pu te reposer plus longtemps, au lieu de t’éclipser à l’aube.

— Pas grave, ça me suffisait. Et puis, j’avais peur de…

 

Rudy ne termina pas sa phrase. Un poing s’abattit sèchement à l’arrière de son crâne. Leihulm laissa échappa un petit rire puis, le plus naturellement du monde, invita Lise à s’asseoir et lui commanda une collation. Rudy souriait, penaud. Une fois servi, Leihulm lui expliqua ce qu’il avait prévu pour la suite des événements.

 

— Si quelqu’un peut nous aider, que cela soit avec ton amnésie ou les Connaws, c’est Ambroise. Mais on ne la rencontre pas facilement. J’irai donc déposer une demande pour un entretien officiel. Si ton nom lui est communiqué, la Haute-Prêtresse devrait tiquer et accélérer le protocole.

— Prendre rendez-vous, carrément ? T’es pas son maître d’armes ? Tu ne profites pas d’avantages ou de trucs du genre ?

 

Leihulm parut interloqué, avant de sourire.

 

— Pour une amnésique, tu as une bonne mémoire.

 

Lise se renfrogna. La situation la dépassait tellement qu’elle essayait d’engranger un maximum de détails au fil des conversations auxquelles elle assistait. Mais le regard admiratif et surpris de Leihulm avait quelque chose de… vexant.

 

— Pour te répondre, ça ne nous aidera pas, cela risque même de nous desservir. Il ne s’agit que d’un rôle honorifique, accordé en souvenir d’une vieille histoire. Les Ephëws, ceux qui s’occupent de son temple et de sa protection, n’apprécieraient pas que j’empiète sur leur territoire. Ils auraient largement les moyens de nous mettre des bâtons dans les roues.

 

Lise hocha la tête et continua de manger sans poser de questions. Elle ne comprenait pas toujours tout ce qu’on lui racontait mais elle rechignait à demander plus de renseignements. Elle prenait ça pour un aveu de faiblesse. Après quelques recommandations — laisser dormir Max, ne pas s’enfuir, ne pas agresser les inconnus —, Leihulm abandonna Lise et Rudy, visiblement mal à l’aise à cette idée. Par souci d’efficacité, il se rendrait seul au Temple de la Lumière. Il espérait juste revenir avant qu’une nouvelle catastrophe ne leur tombe dessus.

 

~0~

 

Lise continua son repas tout en ignorant Rudy. Celui-ci s’absenta le temps de prendre des nouvelles d’Eishik, toujours enfermé dans sa chambre. Il revint avec lui, constant dans son impassibilité. Son seul oeil visible glissait sur les objets et les personnes sans jamais s’accrocher quelque part. Silencieux, Eishik obéit à Rudy lorsque celui-ci tira une chaise pour l’inviter à s’asseoir. Il resta ensuite totalement immobile, tandis que l’une de ses bandelettes se dépliait et se rapprochait discrètement de l’assiette posée sur la table. Lise attrapa son plat et l’éloigna, mais la bande de tissu la poursuivit en ondulant. Lise jeta un regard noir à Eishik. Imperturbable. À se demander s'il y avait vraiment un être humain sous les vêtements.

 

— Hors de question que tu me piques ma nourriture ! Trouve-toi une autre victime !

 

Un oeil bleu sans âme se posa sur elle tandis que la bandelette continuait son avancée. Lise se mordit l’intérieur de la joue, indécise. Elle se rappelait de sa douloureuse expérience avec les longues bandes de tissu, capable de lui broyer la main. Son regard tomba alors sur Rudy qui contemplait la scène, pris de court mais souriant comme toujours.

 

— Fais quelque chose, trouve une solution !

— Euh… Je…

 

Il cligna des yeux un instant, surpris d’être invectivé. Une expression joyeuse éclaira son visage, avant d’être rapidement remplacée par de la perplexité. Il n’avait pas plus d’idées qu’elle. Il ne s’activa que lorsque la bandelette réussit à subtiliser une tranche de pain. Il se dirigea vers le tavernier et revint avec une deuxième assiette fumante qu’il déposa devant Eishik.

 

— Voilà pour toi !

 

Aussitôt, le tissu se rétracta et se concentra sur la nourriture la plus proche. Comme la veille, de petites portions disparaissaient sous les vêtements de la momie, qui mastiquait consciencieusement sans y prêter attention. Après quelques instants de suspicion, Lise se réinstalla à table en oubliant avec soin de remercier Rudy. Celui-ci sourit largement. Le repas se poursuivit, ponctué par Rudy qui babillait joyeusement. Lise se contentait de marmonner régulièrement sans vraiment écouter.

 

— Lise ? J’ai besoin d’une autre réponse que « ouais » là.

 

Rudy s'amusait de son manque de réaction. Elle releva le nez, les sourcils froncés. Elle n’avait aucune idée de la question.

 

— Qu’est-ce que tu veux faire aujourd’hui ? On risque d’avoir pas mal de temps à tuer avant le retour de Lei. Une envie particulière ?

 

Lise ne prit que quelques secondes de réflexion.

 

— J’aimerais bien visiter Vianum.

— Tu as raison, c’est le moment idéal ! C’est bientôt la foire des couleurs, la cité va être très animée et il y a toujours plein de choses à voir !

— J’ai pas dit que je voulais y aller avec toi…

 

Sans se laisser démonter par le ton cassant de Lise, il sourit de plus belle.

 

— Lei m’a ordonné de rester avec toi. Je pourrais te servir de guide ! Et puis comme ça, tu ne te perdras pas, c’est une très grande ville !

 

Lise se renfrogna. Sans qu’elle ne se l’explique, la présence de Rudy l’agaçait. Trop content pour être honnête. Malheureusement, il avait probablement raison. Vianum paraissait gigantesque et ne ressemblait à rien de ce qu’elle connaissait. Sans parler des personnes qui s’y baladaient, guerriers et autres sorciers. Que risquait-elle à se promener seule ? D’un coup, un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale. Sa peur panique de la veille et ses angoisses se réveillèrent. Riesz et les Connaws. Se servir de Rudy comme d’un chien de garde pourrait se révéler utile. Elle n’aurait qu’à le considérer comme un Saint-Bernard, encombrant mais gentil. Elle finit par hocher la tête et répondre :

 

— Bon, d’accord. Mais je n’aurais aucun scrupule à t’abandonner si tu m’fais chier !

— Compris, chef !

 

Un sourire ravi sur les lèvres, il se leva et alla se préparer.

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Djina
Posté le 02/04/2020
Oh très cher Rudy, que Lise te maltraite face à ton insouciance et ton aplomb, souriant à tous tes malheurs, serais tu gardien ? que cache ton agréable personnalité? Tel un preux chevalier ?

Flammy que nous as tu concocté ? Frère de l'innommable bourreau? Amant dans une vie égarée de Lise ? personnalité divisé ? fratrie esseulée ?

La Gardienne introduite par ailleurs, qui est elle ? Terminerons nous ce tome initiatique sur la connaissance de tout cet univers que tu nous fait vivre sous ta plume ?

Nombre questions me viennent à l'esprit mais je restes captivée,
malgré l'horreur du viol,

Malgré l'inhumanité de ce Hawk, il ne fera que du mal ? déjà apparu dans le passé de la jeune Callune ? Réminiscences, amnésie et oublis, cela serait il lié ?
Nous en diras tu plus?

A noter par railleurs quelques fautes de frappe auparavant un pe/ne etc ... Difficile d'être rigoureuse sur ce plan là...

Je reste charmée ... à plus tard je m'en vais dans la lecture des chapitres suivants <3
Flammy
Posté le 04/04/2020
Re-Coucou !

On va dire que Rudy est la bonne poire ultime :p Avant de réussir à l'énerver, faut quand même y aller ^^ Et j'ai concocté pleins de choses, mais c'est plus drôle si je ne dis rien et que je te laisse mariner :p

Et pour la Gardienne, on en saura plus au fur et à mesure ^^ Et pour tout connaître de cet univers, même si on va en découvrir de plus en plus au fil de la lecture, je ne peux malheureusement pas tout mettre dedans ='D

Et ya pas mal de trucs dans le passé de Hawk, en effet, mais vu que je suis une méchante sadique, je préfère ne rien dire <3 (ma réponse à ton commentaire doit vachement t'aider ^^")

Je suis vraiment contente que tout cela te plaise <3
Hinata
Posté le 03/12/2019
Héhé, bon, t'as gagné, je viens commenter ce chapitre ^^

J'adore comment Lei tient Lise près de lui à leur arrivée en ville ^^ (et mon pauvre Maxhirst qu'est tout fatigué, caliin!)

J'ai beaucoup aimé la scène de l'auberge à proprement parler. Y a plein de perso (je trouve ça drôle comme Eishik "s'intègre" rapidement au décor, genre il pose des pb mais tout le monde s'adapte, et bref, j'aime bien ses particularités), on comprend pas tout au moment de la discussion avec les mercenaires méchants mais gentils, mais je pense que c'est normal, et puis on est du point de vue de Lise, donc normal qu'on se sente un peu perdu de ce côté là

Un passage qui m'a gênée niveau vraisemblance :
"Lise, qui jouait avec une des chopes, venait de se crisper si violemment qu’elle l'avait cassée. Toute couleur avait quitté son visage et un filet de sueur coula le long de sa tempe. Ses pupilles, dilatées à l’extrême, fixaient le vide. De l’alcool teinté d’écarlate se répandit sur la table. Heureusement, aucun bris de verre ne s’était fiché dans sa chair."
> déjà, bizarre qu'elle puisse briser une chope en verre, ça demande quand même un max de force, et si elle le fait, c'est vraiment bizarre qu'elle se coupe pas. Ensuite, tu décris sa réaction de manière physique, très très extérieure, alors que c'est son PoV (si je me trompe pas!) C'est bien écrit, mais tu pourrais dire qu'elle est perturbée sans passer par ce procédé qui casse la perspective narrative...

Le passage de Rudy qui dort en catimini c'est trop drôle (et puis bon, je ship je ship alors toute proximité est bonne à prendre mouhaha)
Par contre : cette phrase "J’ai pu retourner dans sa chambre sans qu’elle s’en rende compte, comme vous l’aviez prévu maître." fait vraiment trop "EH LECTEUR, INFO !" Voilà, ça manque de subtilité, d'autant que je pense qu'avec la suite on comprend très bien sans ça ce qu'il s'est passé...
+
"Un poing s’abattit sèchement à l’arrière de son crâne." > on donne plutôt une tape qu'un coup de poing dans cette situation, non ? Surtout à l'arrière du crane, sauf si tu voulais dire "sommet" du crane


"Elle n’aurait qu’à le considérer comme un Saint-Bernard, encombrant mais gentil." Cette phrase est beaucoup trop drôle XD

Voilà !
Flammy
Posté le 04/12/2019
Coucou !

Ah, désolée, je ne voulais pas te forcer à commenter, j'étais juste curieuse de savoir si yavait des trucs qui clochaient ou pas ='D Désolée !

Je suis contente que la scène de l'auberge te plaise globalement, j'avais justement peur que ça soit un peu trop le bordel avec trop de persos ^^" Et oui, la conversation est pas faite pour être totalement comprise, elle fait référence à pleins de trucs que Lise connait pas ^^

Pour la choppe, je vais remplacer ça par un shot en verre ou un truc du genre, c'est déjà plus facile à casser :p Et pour la scène, je comprends que ça pose souci au niveau narration :/ J'aime bien comment elle est là, mais c'est vrai que ça convient pas forcément, faudra voir comment la modifier avec le bon POV. Parce que bon, le POV de quelqu'un dont le cerveau freeze, c'est pas super pratique ='D

Pour la scène avec Rudy, je vais essayer d'être plus subtile alors ^^ Enfin après, c'est pas comme si Rudy était lui-même subtile, mais chut.

Et je pense que je voulais dire sommet de son crâne mais que j'ai fumé à ce moment-là, je vois que ça =o

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire, et vraiment désolée de t'avoir un peu forcée à la main ='D

Pluchouille zoubouille !
Hinata
Posté le 04/12/2019
Mais non t'as rien forcé du tout !!
C'est moi qui sait pas faire les choses à moitié XD
Jibdvx
Posté le 30/11/2019
J'aime bien la troupe des mercenaires ! Aussi on peut facilement se mettre à la place de Lise dans cette situation. C'est vrai qu'avec ce genre de personnes en guise d'escorte, ça semble légitime de se poser beaucoup de questions. Mais décidément Leihulm est bizarre... D'un côté on sent qu'il a une certaine affection pour Lise mais de l'autre il donne l'impression de vouloir en finir au plus vite avec cette histoire. Pourquoi d'ailleurs ? hmmm...
Flammy
Posté le 03/12/2019
Coucou !

Contente que la troupe t'ai plu =D J'ai toujours peur que ça fasse un peu trop de persos d'un coup ^^" Mais oui, la troupe est assez étrange, et puis bon, ya un moment, c'est important de se poser des questions, surtout sur des gens pareil ='D

Pour Leihulm, il essaie surtout de gérer en jonglant avec des contraintes pas faciles ='D J'espère que son point de vue sera plus claire dans la suite ^^

Merci pour ta lecture et ton commentaire !

Pluchouille zoubouille !
Keina
Posté le 29/10/2019
Oh, cool, on retrouve enfin Lise ! Ça faisait longtemps... J'ai beaucoup aimé ta description de Vianum, par contre tu m'as complétement perdue dans la scène de l'auberge, vers le milieu. >< Qui parle ? Qui répond à qui ? C'est qui ce Hirst (à un moment j'ai cru que c'était un surnom pour Maxhirst mais a priori non c'est pas lui, et ça a même l'air d'être une fille) ? Il/elle sort d'où ? Et c'est qui Nélya ? Je n'ai pas du tout réussi à visualiser la scène, et au final j'ai rien compris... :'(
Mais bon, j'ai compris l'échange avec Rudy à la fin, donc ça va quand même. :)
Flammy
Posté le 29/10/2019
Coucou !

Oh, je suis navrée de t'avoir perdue dans l'auberge, va falloir reprendre ce passage :/ Pour te donner l'explication, au début, Lise est juste à table avec Rudy/Eishik/Lei, mais ya des gens bourrés qui foutent la merde à côté. Elle finit par leur balancer un verre dessus, reconnaître Laor (l'un de ceux qui la coursaient à Lyon) et elle a finit par interagir avec la table des bourrés. Nélya est une mercenaire qui la connaissait d'avant (elle discute avec Lise puis avec Lei) et Hirst ne la connaissait pas. Hirst est bien une femme et oui, son nom n'est pas anodin ;) Je sais pas si c'est plus clair comme ça, j'espère ^^"

En tout cas, je note d'insister pour éclaircir ce passage ! Ca me soulage si au moins le début et la fin, ça va x)

Merci beaucoup pour ton commentaire et ta lecture ! Pluchouille zoubouille !
Rimeko
Posté le 24/05/2017
Coucou à nouveau !
Ça y est, retard rattrapé :P C’était cool de me replonger un peu dans CE ! (Même si j’ai eu besoin de quelques piqûres de rappel, j’ai dû revenir en ailleurs pour me rappeler certains trucs…)
 
Suggestions :<br /> "Ce n’était pas le moment (de) faire sa difficile"<br /> "Petit à petit, les muscles de Lise se détendirent et ses jours (joues) se colorèrent" Joli lapsus XD
 
Mais pourquoi ils ont gardé cette momie. (Oui, c’est le premier truc qui m’est venu en tête quand j’ai commencé à rédiger ce commentaire.)(La deuxième a été : pourquoi un chat.)
J’aime bien Lise, plus que Callune, parce qu’elle est plus active, mais en même temps elle a quand même un sale caractère ! Qu’est-ce qu’elle a contre ce pauvre Rudy, il a l’air plutôt sympathique moi je trouve. Bon, après, les autres ont l’air plus bizarre… On s’identifie bien à son point de vue de Terrienne débarquant dans un autre monde, d’ailleurs, avec son émerveillement pour la cité et aussi ses interrogations vis-à-vis de la notion d’amitié sur Kaea… (Avouons-le, cette altercation entre les trois buveurs m’a beaucoup fait rire XD) J’aime bien aussi comment l’étrange s’intègre dans cette scène de taverne qui paraît assez normale, notamment via la momie, où Hirst qui décuve à la vitesse de l’éclair, ou même les mentions des accents des autochtones ("Mistigwi" ^^)…
Toujours pas mal de mystères du côté de ta demoiselle, en tous cas, tu ne changes pas :P Je me demande si Lise va retrouver la mémoire… (Et bon, évidemment : je veux la suite !)
 
 
Flammy
Posté le 24/05/2017
Contente que malgré les longs moments d'absence (et du coup le besoin de piqûre de rappel), ça te plaise toujours de venir lire CE, tu es décidément une plumette en or <3 Et comme toujours, encore une fois, merci pour les corrections ^^
Pourquoi ils ont gardé la momie : elle portait le symbole des protégés de Ludificus. Et abandonner les protégés de Ludificus, ça se fait vraiment, vraiment vraiment pas :p Et pour le chat, j'ai envie de dire pourquoi pas ! :p 
Oui, c'est plus facile d'aimer Lise que Callune, Callune est quand même bien euh... Bizarre, soyons honnête ^^" Et oui, Lise a un sale caractère, c'est ce qui fait son charme si particulier :p En tout cas, si la découverte de l'auberge et la scène de l'auberge t'ont plus, je suis contente ^^ 
Et oui, j'avoue, ya toujours pleins de mystère. Mais yaura des réponses. Un jour. Promis <3 
Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire !
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