III - 1) Alkash

Par Rimeko
Notes de l’auteur : Voilà la seconde nouvelle de ce projet ! Elle m'aura donnée pas mal de fil à retordre...
Cette fois-ci, j'ai choisi le troisième postulat : celui où des fleurs apparaissent sur votre peau en fonction des blessures/souffrances de votre âme-soeur. J'espère que j'ai été assez claire quand à tout ça, n'hésitez pas à me le signaler si ce n'est pas le cas !
Donc, euh... bonne lecture ? (2/9)
 
 

 

 

Un coup de feu déchira l'air. Je me laissai tomber sur le sol froid et dur. La balle siffla à mes oreilles. Si j'avais réagi un fraction de seconde plus tard, j'aurai été touché. Cela ne m'effrayait pas. L'adrénaline occultait tout le reste. Je me redressai et repris ma course. Un bruit au-dessus de ma tête me fit lever les yeux et j'aperçus Leke qui courait sur la charpente métallique, apparemment inconsciente de vide qui se creusait de chaque côté de l'étroite poutrelle. Dieu merci, elle aussi était sauve ! Mon poursuivant tira une nouvelle fois et me manqua. Puis il y eut ce claquement caractéristique d'un barillet vide. Je retins un rictus satisfait. Je m’immobilisai, dérapant sur le carrelage, et fit volte-face. Mon pistolet se cabra dans ma main alors que je faisais feu. Ma cible se jeta sur le sol et je ne pris pas la peine de vérifier si je l'avais touchée ou non. La sortie n'était plus qu'à quelques mètres et j’accélérai encore jusqu'à franchir les portes à double-battant. Dehors, enfin ! Je continuais à courir jusqu'à ce que je sois certain de ne pas être suivi. Alors seulement, mes jambes cédèrent sous moi et je m'effondrai sur le pavé de la ruelle où j'avais trouvé refuge, sans prendre garde aux flaques d'eau douteuses qui y stagnaient. Mon cœur tambourinait si fort dans ma poitrine qu'il me faisait mal. J'avais envie de vomir. Je fermai les yeux et me laissai aller contre un mur poisseux d'humidité. Putain, je l'avais échappé belle cette fois-ci.

« Déjà fatigué ? »

J'avisai Leke, perchée sur le rebord du toit en face de moi, un sourire moqueur aux lèvres. Elle se laissa tomber sur le sol où elle se reçut souplement tandis que je levai les yeux au ciel, agacé par ses fanfaronnades. Comme si c'était le moment !

« Oh, c'est bon, te vexe pas. J'essayai juste de détendre l’atmosphère. »

Je laissai échapper un grognement pour toute réponse mais, nullement découragée, elle s'assit à côté de moi. Elle aussi avait le souffle court.

« Je comprends pourquoi personne ne veut travailler avec toi, dit-elle encore. T'es un rabat-joie.

- Tu sais bien que ce n'est pas pour ça, répliquai-je un peu plus sèchement que prévu.

- Très bien, je ferme ma gueule si c'est pour que tu sois aussi aimable. »

Je lui jetai un regard. J'aurai voulu m'excuser, cependant je ne le fis pas.

Effectivement, mon sale caractère m'avait valu de changer de changer plusieurs fois de partenaire, cependant j'avais avant la réputation d'être efficace et fiable. Puis j'avais rencontré Antoine. Nous avions travaillé ensemble pendant près de deux ans, jusqu'à ce que je merde. Notre mission avait mal tourné, j'y avais perdu mon œil droit et lui la vie. Maintenant les autres avaient du mal à me faire confiance. Je les comprenais.

« Get up, on rentre. »

Leke, à nouveau sur ses pieds, me tendait la main. J'hésitai un instant avant de la prendre.

« Merci. »

Ce simple mot avait eu du mal à franchir mes lèvres, peut-être parce que je souhaitais la remercier pour bien plus que cette main secourable. Ça faisait un an qu'on bossait ensemble maintenant, d'abord occasionnellement, et puis de plus en plus régulièrement. Elle m'avait permis de reprendre pied. Je la vis sourire. J'espérais qu'elle avait compris ce que je n'arrivais pas à exprimer.

Je lui emboîtai le pas alors qu'elle se remettait en marche. J'en profitais pour l'observer à la dérobée. Leke. Un drôle de nom. Elle avait attiré mon attention dès la première fois que je l'avais vue. Elle n'était pourtant pas très belle, mais sa silhouette athlétique dévoilait sa force et son visage à la peau noire, ses yeux sombres, son sourire aussi, semblaient rayonner. De plus, son accent anglais m'amusait. Un instant, je me demandai si elle connaissait déjà son âme sœur. Je n'avais jamais vu la moindre fleur sur sa peau. Je n'avais jamais osé lui poser la question. Moi je ne la connaissais toujours pas, cette personne « si spéciale ». Je savais que je la reconnaîtrai aisément, non pas parce que je le sentirai ou une autre connerie romantique du genre. Non, simplement, j'ai une cicatrice autour de mon œil droit – toujours cette foutue mission foirée – et disons qu'une rose blanche en plein milieu du visage, c'est assez visible. Je baissai le regard sur mes poignets. À droite de petites fleurs blanches contrastaient avec ma peau matte – fatigue. Je les retrouvais régulièrement sur mon corps, celles-là, ainsi que des roses, symboles d'une blessure physique. Mon âme-sœur semblait mener une vie mouvementée. Ceci dit, elle devait probablement penser la même chose de moi.

* * *

Une tâche de couleur sur ma poitrine me fit suspendre mon geste alors que je m'apprêtai à enfiler mon T-shirt. Une tulipe. Rose et jaune. J'esquissai un sourire. J'en connaissais une qui devait souffrir d'une gueule de bois, étant donné qu'hier c'était une feuille de vigne qui s'étalait sur ma peau. Je finis de m'habiller et consultai mon portable avant de sortir. Un message de Leke.

« Démerde-toi tout seul aujourd'hui »

Je haussai un sourcil. Qu'est-ce qui lui prenait ?

« Pourquoi »

J'eus le temps d'atteindre le bar où j'avais mes habitudes, d'y commander mon café matinal et de m'installer à une table dehors avant qu'elle ne réponde.

« Malade »

« La fête d'hier ? »

« Of course not, pourquoi dis-tu ça »

Je pris une gorgée de café. Quelle mauvaise foi. Mon portable vibra à nouveau dans ma main alors que je m'apprêtai à le remettre dans ma poche.

« Comment tu t'en souviens, que je sortais hier soir ? »

« Je t'écoute quand tu me parles »

« Ah j'aurai pas cru »

« Merci Leke, j'apprécie »

« Là, tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même, vu que tu passes ton temps à me rembarrer »

« Pas vrai »

J'hésitai un instant avant de lui renvoyer un message.

« Si tu es assez en forme pour te lancer dans une joute verbale avec moi viens bosser »

La réponse se fit attendre.

« Je viens de dégueuler dans mes chiottes et je suis assise par terre là alors tu m'excuseras »

« Épargne-moi les détails »

« You asked »

« Non »

Bon. Il serait peut-être temps d'être gentil avec elle, pour une fois.

« Repose-toi »

« Oh un message sympa d'Alkash, une première. T'es malade toi aussi ? »

« Très drôle »

Ça m'apprendra à essayer d'être poli. Je retournai mon portable écran contre la table d'un geste un peu trop brusque, avant de reporter mon attention sur mon café. Mon téléphone vibra encore une fois. Je lui jetai un regard peu enthousiaste, mais le repris cependant. Je me surpris à sourire en découvrant un message d'Elena.

« Hey »

« Bonjour »

Simpliste, je sais, mais je savais qu'elle allait engager la conversation d'elle-même.

Elena, c'était une jolie blonde que j'avais connue sur Internet quelques semaines plus tôt, et qui avait une rose blanche autour de son œil droit. J'avais failli recracher mon café en découvrant cette particularité la première fois que j'avais vu sa photo de profil. Mon âme-sœur ? J'avais dû mal à y croire malgré tout. Jusque là, je n'avais jamais abordé le sujet – et sur ma propre photo, on ne voit pas ma cicatrice.

« Comment tu vas ? »

« Bien. Et toi ? »

« Moins bien, hier la soirée a été arrosée, la fête nationale, tout ça... »

« Ma collègue aussi l'a fêtée comme il se doit, du coup je me retrouve seul au boulot ce matin »

« Tu vois, tu aurais dû sortir un peu comme tout le monde »

Je retins une grimace. Sans façon.

« Je te forcerai »

Je n'arrivai pas trop à savoir si cette perspective me plaisait ou non. Je décidai que je n'avais pas grand-chose à perdre au pire, à part une soirée.

« J'attends de voir ça »

« Contente de l'entendre... de le lire plutôt »

* * *

« Je veux te rencontrer »

En découvrant ce message d'Elena, ce midi, je n'en avais d'abord pas cru mes yeux. Voilà qui allait rendre ma journée plus sympathique, même si elle avait commencé avec des documents à classer alors que je détestais la paperasse.

« D'accord, ce soir c'est possible ? »

Ça lui semblerait peut-être un peu trop précipité. Tant pis.

« Le bar de la rue Belherbe, tu vois ? »

« Oui »

« 19h, ça te va ? »

« Oui »

J'hésitai un instant et décidai que mes réponses avaient été trop brèves.

« J'ai hâte d'y être et de te voir, Elena »

« Moi de même ! »

Je me surpris à sourire, ce qui n'échappa malheureusement pas à Leke en face de moi.

« C'est qui ? demanda-t-elle, la bouche pleine.

- Pas tes affaires. »

Je tentai d'ignorer son regard où se mêlaient la désapprobation et l'intérêt. Elle reposa sa fourchette et posa ses coudes sur la table et son menton dans ses mains. Son sourire ne me disait rien de bon.

« Voilà qui me rend encore plus curieuse, tu devrais le savoir. So ? »

Je fis de mon mieux pour l'ignorer.

« Oh, come on ! Je te lâcherai pas tant que je ne saurais pas, t'es prévenu. »

Je feignais toujours de me passionner pour mon poisson pané.

« Alkash ! Okay, devinettes. C'est une femme ? »

Je marmonnais quelque chose qui pouvait bien passer pour un « oui ».

« Oh. »

J'aurai juré qu'il y avait plus de déception que d'étonnement dans cette réaction. Je levai le regard sur elle.

« Quoi ?

- C'est qui cette femme ?

- Elle s'appelle Elena. Je l'ai rencontrée il y a quelques semaines. Elle m'a donné rendez-vous ce soir. Satisfaite ? »

Vu la tête qu'elle faisait, je n'aurais pas été surpris qu'elle me réponde « non ». Je ne comprenais pas ce qu'elle avait aujourd'hui.

« Leke ? Quelque chose ne va pas ?

- Non non... J'étais juste en train de t'imaginer à un rendez-vous galant, ajouta-t-elle, moqueuse.

- Et alors, en quoi c'est si compliqué à se représenter ?

- Tu te fiches de moi ? Tu t'es déjà regardé dans un miroir ? »

Je haussai un sourcil à cette remarque.

« C'était méchant ça. »

Je vis d'abord de l'incompréhension dans ses yeux, puis de l'horreur.

« Oh shit ! C'est pas ce que je voulais dire !

- Vraiment ?

- Oui ! Je parlais juste de ta... er, de ton sale caractère, disons les choses comme elles sont, pas de ta blessure. Je te jure ! »

Je me mordis la lèvre pour réprimer un sourire.

« C'est bon, détends-toi. Je te crois, je voulais juste t'embêter. »

Leke acquiesça de la tête, l'air penaud.

« Sorry again.

- C'est rien je te dis. Par contre, qu'est-ce que tu as contre mon caractère ? »

Elle rit, me donna un coup de pied sous la table. Je cachai mon amusement derrière mon verre.

« Je suis sûr que ça ne posera pas de problème à Elena. »

Mon interlocutrice tressaillit.

« Je suis sûre que si, mais ce serait trop long à expliquer, dit-elle très vite, et j'ai du boulot, moi. Je dois aller faire mon rapport cet après-midi. »

Se disant, elle s'était levée et enfilait son blouson. Je levai la tête vers elle, surpris de ce départ précipité.

« Et c'est urgent tout à coup ?

-Yes. J'avais pas vu l'heure qu'il était. »

Elle évitait mon regard.

« Il est treize heures !

- C'est bien ce que je dis. »

Elle se détournait déjà. Sans réfléchir, je me levai à mon tour et tendis le bras pour la retenir. Mes doigts effleurèrent sa peau sombre. Elle tressaillit, s'immobilisa. Je ne savais quoi dire. Ce fut elle qui prit finalement la parole, sans même tourner la tête vers moi.

« À demain Alkash. »

Elle avait une drôle de voix. Je laissai retomber ma main et la suivis du regard alors qu'elle sortait de la cafétéria.

* * *

Je repensais à cet échange quelques heures après tandis que je me rendais à mon rendez-vous avec Elena. J'avais recroisé ma collègue entre temps, mais elle m'avait évité. Il allait falloir que je découvre ce qui n'allait pas avec elle. J'essayais de me persuader que je m'inquiétais seulement vis-à-vis de sa capacité à faire son travail correctement, toutefois je devais bien avouer que ce n'était pas la seule raison de mon intérêt. Leke était, au fil des mois, devenue vraiment importante pour moi.

Je mettais ce sujet de côté en apercevant la femme blonde qui me faisait signe de l'autre côté de la rue. Je me surpris à sourire.

« Bonsoir !

- Hello ! »

Je ne pus m'empêcher de penser à ma collègue, qui ne m'avait pas une seule fois salué en français. Elena, cependant, avait un accent canadien, et non anglais. C'est drôle, je n'avais pas imaginé sa voix ainsi.

« Ça va ? continuait-elle. Ta journée ? »

J'acquiesçai sobrement.

« Et toi ?

- Hum, pas tout à fait... Mais attends, je te raconterai à l'intérieur.

- Oui, bien sûr. »

Je n'étais jamais venu dans ce bar. Pour tout dire, comme Elena me l'avait déjà subtilement fait remarquer, je ne sortais pas beaucoup. Et je devais bien avouer que le bruit qui régnait déjà dans la salle alors que la soirée avait à peine commencé me conforterait plutôt dans mes habitudes de solitaire. Heureusement une table un peu excentrée était libre.

« Alors, qu'est-ce qui s'est passé aujourd'hui ? »

Elle termina de dérouler son foulard avec application et le posa sur la chaise à côté d'elle avant de me répondre.

« Oh, c'est pas grand-chose, mais... c'est à propos d'un de mes camardes de boxe, enfin, de deux d'entre eux en réalité, Lily et Gordon qu'ils s'appellent, et...

- Tu fais de la boxe ? la coupai-je, un peu étonné. »

Elle acquiesça. En même temps, voilà qui expliquait les roses et le lierre que je retrouvais assez régulièrement sur ma peau – un peu trop régulièrement pour quelqu'un avec une vie normale... ou tout du moins pour quelqu'un qui ne pratiquait pas de sport de combat, apparemment.

« - Et donc, qu'est-ce qui s'est passé ? la relançai-je.

- Ah oui ! Alors, ça a commencé la semaine dernière, à ce que j'ai compris, et... »

Je l'écoutai avec attention. Elle parlait avec une fluidité déconcertante et elle avait plein de choses à dire, ne s'étant arrêtée qu'une seule fois depuis que nous nous étions installés – pour commander nos boissons. Elle fit à nouveau une pause lors que le serveur revint, puis après lui avoir adressé un « merci » et un grand sourire, elle reprit les rênes de la conversation. Maintenant, seules quelques gorgées de son verre de vin blanc et quelques courtes de phrases de ma part rythmaient ses longues tirades. Au moins, voilà qui nous évitait les silences pesants, d'autant plus qu'il ne fallait pas trop compter sur moi pour animer une discussion. En plus, cela me donnait une occasion parfaite pour l'observer, d'autant plus qu'elle était jolie, avec ses pétillants yeux clairs et ses cheveux mi-longs qui encadraient un visage aux traits réguliers et au petit nez mutin. Mon regard se porta sur ses lèvres maquillées qui laissaient entrevoir de petites dents blanches. Un instant, je ne l'écoutai plus. Une pause de sa part me ramena à la réalité.

« Non mais je parle, je parle, et toi tu restes silencieux ! Je dois te saouler, non ? »

Malgré mes protestations, elle ne voulut pas en démordre.

« Allez, je veux en savoir plus sur ta vie. »

Le coude sur la table et ses ongles vernis tapotant sur le verre qu'elle tenait, un sourire espiègle aux lèvres, elle attendait. Elle me rappelait ma collègue et son insistance ce midi pour savoir ce qui me faisait sourire. Comme à ce moment-là, je finis par capituler avec un soupir discret.

Toutefois, je me rendis vite compte que je n'avais pas grand-chose à lui raconter. Je ne pouvais pas vraiment parler de mon boulot – secret professionnel oblige – et ma vie sociale est loin d'être passionnante. Et quand je me surpris à mentionner Leke pour la troisième fois, je décidai qu'il était temps d'arrêter. Autant la première fois, au récit du déjeuner où j'avais reçu le message d'Elena, celle-ci avait souri, autant maintenant elle paraissait un peu plus sceptique. Je me mordis la lèvre.

« Non, mais voilà quoi... conclus-je assez piteusement. Et sinon, tu avais commencé à me parler de tes parents à un moment... ? »

Je croisai les doigts pour que cela fonctionne. Et effectivement, mon interlocutrice reprit le contrôle de la discussion. Je me sentis soulagé.

* * *

Je m'arrêtai au seuil de la salle de sport et la balayai du regard. J'avisai vite Leke, dans un coin, qui semblait très remontée contre son punching-ball. Je savais que j'allais la trouver là. Elle y était presque toujours, après le boulot. Elle m'avait confié une fois y chercher un exutoire aux tensions de la journée à travers le calme et l'exercice. D'ordinaire je lui foutais la paix dans ces moments-là, cependant il y avait cas de force majeur. Elle ne me répondait que par mono-syllabes depuis des jours et je devais bien admettre que son habituelle bonne humeur et sa répartie me manquaient.

« Leke ? »

Elle sursauta et se retourna vivement. Ses lèvres se pincèrent alors qu'elle me reconnaissait.

« Oh, salut. J'allais justement partir.

- S'il te plaît. »

Elle suspendit son mouvement pour attraper sa bouteille d'eau et se tourna à demi vers moi.

« What ?

- S'il te plaît, répétai-je. Reste. Je voudrais te parler. »

Elle se redressa et croisa les bras sur sa poitrine. Son visage fermé n'annonçait rien de bon, mais au moins elle ne semblait plus si pressée de s'en aller.

« Go ahead. »

Je décidai de ne pas y aller par quatre chemins.

« Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu m'évites ces derniers temps ?

- Je ne t'évite pas.

- Je ne suis pas aveugle, Leke, bon dieu ! Dis-moi. Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?

- Rien. »

Hé bien, ce n'était pas gagné. Je m'entêtai cependant :

« Ce n'est pas vrai, tu le sais aussi bien que moi. »

Elle leva les yeux au ciel.

« Okay, fine, tu veux vraiment savoir ce qui va pas ? Ça tient en un seul mot. E-le-na. »

Je ne réagis pas tout de suite, doutant de mes oreilles.

« Quoi ? Qu'est-ce qu'Elena vient faire là ?

- Justement, c'est bien le problème, elle n'a rien à faire là ! Tu parles tout le temps d'elle, j'espère que tu t'en rends compte au moins ? Et moi je voudrais juste oublier qu'elle existe.

- Mais... pourquoi ? Leke, explique-moi, parce que honnêtement je ne comprends rien à ce que tu racontes là. Pourquoi tu ne l'aimes pas ? »

Elle secoua la tête, un sourire triste aux lèvres.

« Oh my god, Alkash, tu es encore moins observateur que je l'imaginais. Ce n'est pas que je ne l'aime pas, elle, c'est que je t'aime, toi ! »

Elle avait crié sur la fin de sa phrase.

« Quoi ? »

La jeune femme soupira, détourna les yeux.

« Tu m'as très bien entendue.

- Oui, mais... je... je ne comprends pas.

- Il n'y a rien à comprendre. Attends. »

Elle fouilla dans la poche de sa veste, en sortit un mouchoir, l'humidifia et se le passa sur la joue. D'abord, je ne remarquai que la tache marron que son fond de teint y avait laissé, puis je levai le regard sur son visage et ma respiration se bloqua dans ma gorge. Autour de son œil droit s'étalait une fleur blanche, contrastant avec sa peau sombre. Une rose.

« C'est plus clair maintenant ? »

Sa voix tremblait un peu et ses yeux brillaient de larmes.

Je me demandai un bref instant comment j'avais pu ne jamais m'en rendre compte, alors que je la côtoyais presque quotidiennement depuis un ou deux mois, et que nous avions mené ensemble plusieurs missions. Une coupure, un hématome, et j'aurais dû remarquer la rose correspondante sur ma peau, faire le lien, non ? Étais-je vraiment aussi peu observateur ? Et... et si Leke se trompait ? Alors que cette pensée me traversait l'esprit, mon regard fut attiré par une estafilade sur son épaule, dévoilée par son débardeur – au même endroit, dissimulée par ma chemise, une rose sanglante avait fleuri il y a quelques jours. Elle avait raison, j'en eus brutalement la certitude.

Mu par une impulsion soudaine, je m'approchai d'elle et esquissai un geste pour l'enlacer. Elle me repoussa violemment.

« Back off, siffla-t-elle.

- Pourquoi ?

- « Pourquoi » ? Tu me demandes vraiment ? Peut-être parce qu'il y a cinq minutes, je ne comptais pas pour toi, peut-être parce qu'il y a cinq minutes, il n'y avait qu'Elena dans ta tête, et que j'étais juste cette collègue bizarre qui faisait des siennes et qu'il allait falloir calmer avant qu'elle ne devienne vraiment chiante. Peut-être parce que ça fait un an qu'on se connaît vraiment, un an pendant lequel je suis petit à petit tombée amoureuse de toi, comme c'était prévu, mais surtout un an pendant lequel tu es resté froid et distant. J'ai espéré, tu sais, so many times, quand je réussissais à te faire sourire, rire même, que tu comprendrais, que tu me verrais enfin de la façon dont moi je te vois. Mais non. Je restais ta collègue, une fille un peu fantasque et collante par moments, oh, peut-être que tu me considérais même comme ton amie, mais ça ne me suffisait pas. Ça ne me suffit toujours pas.

- Justement, je...

- Shut up ! Là, c'est moi qui parle, et toi qui écoute. J'aurais voulu que tu apprennes à m'aimer pour ce que je suis, et pas pour les fleurs qui apparaissaient sur ma peau. Je ne veux pas d'une relation forcée par le destin ou une autre quelconque entité qui a décidé qu'on irait bien ensemble. C'est pour ça que j'ai dissimulé cette rose blanche pendant tout ce temps. Je savais que si je te la montrais avant que tu ne te découvres des sentiments pour moi, ce serait fini, je savais que je ne pourrais jamais croire en ton amour. Et voilà, malgré tous mes efforts, maintenant on y est. »

Je ne savais que dire. Leke ramassait sa bouteille d'eau et sa serviette.

« Adieu Alkash.

- Au revoir ? »

Son regard me fit peur.

« Non. Adieu. »

* * *

Cette conversation était restée gravée dans ma mémoire comme si elle y avait été imprimée au fer rouge. Le lendemain, notre patron avait découvert la lettre de démission de mon ex-collègue sur son bureau. Je ne l'avais plus revue. Elle me manquait. Vraiment. Au départ, j'étais resté avec Elena. J'avais tenté de me convaincre que je l'aimais, au moins un peu. Je n'avais même pas réussi à l'en convaincre, elle, et elle m'avait annoncé un soir qu'elle me quittait. Leke avait raison. L'amour ne se limitait pas à des fleurs. Je l'avais compris trop tard.

Il ne me restait plus que mon boulot. Oh, on pourrait penser qu'il suffisait à remplir une vie d'homme, mais ce n'était pas le cas. Pas vraiment. Les relations qu'on y tissait, renforcée par les secrets partagés et le danger, en revanche, pouvaient y parvenir. Mais je me retrouvais seul, une fois encore, comme après la mort d'Antoine. J'ai recommencé à ne plus être assez prudent lors des missions. La dernière fois, je me suis pris une balle. J'aurais pu mourir. J'ai eu peur quand je me suis rendu compte que je m'en foutais.

J'ai découvert que cette dernière affirmation n'était pas tout à fait vraie en entendant une voix familière derrière moi.

« Don't move ! »

Un timbre féminin, un accent anglais. Leke. Alors que, prudemment, je lâchais mon flingue et levais mes mains au-dessus de ma tête, je me surpris à sourire. J'avais tellement espéré la revoir. J'entendais ses pas se rapprocher.

« Turn around. »

J'obtempérai. Je vis distinctement la surprise se peindre sur son visage.

« Alkash ?

- Bonjour. »

Ses traits reprirent leur impassibilité alors qu'elle se raidissait.

« Que tu fous là ? »

Je ne tiquai qu'à peine sur son français un peu rouillé.

« En mission. Comme toi j'imagine, non ? »

Je jetai un regard appuyé sur l’emblème des USA qui ornait sa veste.

« Oui, répondit-elle sèchement.

- On est dans le même camp, alors. Je me peux reprendre mon arme ? »

Elle acquiesça d'un rapide mouvement de la tête, les lèvres pincées. Sa posture ne se détendait pas pour autant.

« Vous êtes aussi là pour le réseau Scorpius ?

- Yes. Cette bande de connards est là pareil aux USA qu'au Canada. Mon collègue et moi cherchons des infos sur leurs membres. »

« Mon collègue. » Je devais bien avouer que ces quelques mots ne me plaisaient pas.

« Nous aussi. Que dis-tu de s'allier momentanément ? Nos services mettront les données récoltées en commun après. »

L'idée n'avait pas l'air de l'enchanter. Me haïssait-elle à ce point ?

« C'est la meilleure chose à faire, insistai-je. »

Elle capitula.

« Va voir là, déclara-t-elle en indiquant un couloir attenant. Je monte la garde.

- D'accord. »

Ce n'était pas vraiment le moment ni de discuter, ni de lui demander ce qu'elle était devenue depuis la dernière fois. Nous étions dans un bâtiment ennemi et il était temps de s'acquitter de notre mission.

Ainsi je m'engageai dans le corridor, mon pistolet levé, sur mes gardes. Il semblait n'y avoir personne. Mon regard fut attiré par une porte entrouverte. Commençons par là.

Une fois dans la pièce et après m'être assuré qu'elle était bien vide, j'examinai rapidement les papiers qui s'étalaient sur le bureau. Pas un seul ne m'intéressait. Je m'accroupis devant le bureau, ouvris un des tiroirs et en renversai le contenu sur le sol. Rien, à nouveau. Je continuai méthodiquement ma fouille. Ils devaient bien tenir un registre de leurs membres quelque part, non ?

Un coup de feu me fit brusquement relever la tête. Instinctivement, mes doigts allèrent chercher la crosse de mon pistolet. Je le sortis et le posai à côté de moi. Normalement, il ne devrait y avoir que nous dans ce bâtiment, donc c'était probablement une fausse alerte, mais autant être prêt à tout. Quelques instants plus tard, une nouvelle détonation déchira le silence, suivi d'un cri et d'un bruit de chute. Je suspendis mon mouvement et tendis l'oreille. Ça devenait sérieux. C'est alors que j'avisai la rose rouge qui s'épanouissait sur ma main droite. Je me mordis la lèvre. Leke avait été blessée ! Je me saisis de mon arme et me redressai. Il était temps de décamper.

En arrivant dans le couloir, je me rendis immédiatement compte de la gravité de la situation. À un bout se tenaient deux hommes dont les visages masqués ne m'indiquaient que trop bien qu'ils étaient de ceux que nous essayons d'arrêter. L'un d'eux surveillait la salle d'où ils venaient tandis que l'autre brandissait son arme en direction de mon ex-collègue. Le pistolet de celle-ci gisait sur le sol. Elle serait contre sa poitrine sa main blessée.

Je vis tout cela en un clin d’œil. L'autre m'avait déjà repéré, cependant, et le canon de son flingue se tourna vers moi. Je ne réfléchis pas plus avant. Mon doigt pressa la gâchette et le coup de feu résonna entre les murs nus. Je n'attendis pas de voir s'il était mort ou pas – l'important étant qu'il soit désarmé – et j'envoyai une seconde balle droit vers le deuxième homme. Il s'écroula à son tour.

« Cours ! »

Inutile. Leke, son pistolet à nouveau en main, détalait déjà dans la direction opposée. Je la suivis sans plus accorder d'attention à nos agresseurs. Ils n'étaient peut-être pas seuls et les coups de feu ne manqueraient pas d'alerter leurs potentiels acolytes. Et tant pis pour nos propres collègues – s'ils n'avaient pas eu le temps de se sauver, la règle stipulait que nous ne devions pas risquer nos vies pour eux. Le martèlement de pas qui résonna alors derrière nous confirmait notre décision tacite.

Une dernière porte. L'air glacial du dehors ne m'avait jamais paru aussi accueillant. Une détonation résonna derrière nous. Mon ex-collègue glapit et accéléra encore. C'est alors que nous découvrîmes que nous venions de déboucher dans une cour. Mon regard longea les murs, à la recherche d'une issue, en vain. Nous étions pris au piège.

Ce qui se passa dans les secondes qui suivirent fut très flou. J'eus à peine le temps de me retourner et même pas celui de brandir mon arme que les autres faisaient feu. Une balle siffla à mes oreilles, sans m'atteindre cependant. Au seuil que nous venions de franchir gisaient maintenant deux corps. L'un était encore agités de soubresauts. Je tournai la tête vers Leke, impressionnée par ses réflexes et sa précision de tir, et la vis agenouillée sur le sol, la tête basse. Ses tresses voilaient à demi son visage. L'une de ses mains était encore crispée sur la crosse de son arme tandis que l'autre se pressait contre sa poitrine. Entre ses doigts son sang s'écoulait.

Elle avait été touchée.

Cette constatation mit quelques instants avant de s'imposer à moi. Je n'entendis même pas le cri qui franchissait mes lèvres. Je me précipitai à ses côtés et la retint juste alors qu'elle allait s'effondrer. Une écume rouge s'écoulait de sa bouche entrouverte. Ses yeux se fixèrent sur moi, suppliants, puis roulèrent dans leurs orbites. Son corps devint flasque entre mes bras.

« Leke ! Non ! Tu... ça va aller, je te le promets, je... »

Tout en parlant, je tâtonnai à la recherche de mon téléphone. Je composai le numéro d'urgence sans même détacher mon regard des traits de la jeune femme. Je savais confusément que je ne devrais pas agir ainsi ; j'aurai dû, sinon l'abandonner, tout du moins foutre le camp avec elle sans tarder. S'il restait des mafieux à l'intérieur du bâtiment et si les secours arrivaient, je ne donnais pas cher de leur peau. Mais à ce moment je n'avais qu'une idée en tête : Leke. Elle était mon âme-sœur. Elle était en train de mourir entre mes bras.

Je ne savais même pas comment j'avais pu transmettre les informations nécessaires au service d'urgence, toujours est-il que le sifflement des pâles d'un hélicoptère me firent relever la tête.

« Accroche-toi Leke, je t'en prie, murmurai-je – et le bruit de l'engin emporta mes paroles. »

* * *

« Rentrez chez vous. Nous nous occupons d'elle. »

Je jetai un coup d’œil par-dessus l'épaule du médecin qui me bloquait à demi l'entrée de la chambre de Leke. Celle-ci reposait sur son lit d'hôpital, inerte, branchée à différents appareils dont l'usage demeurait un mystère pour moi. Son teint avait pris une couleur terreuse. Mon regard revint à l'expression intransigeante de la doctoresse et j'abandonnai la partie.

« D'accord. Vous m'appellerez si son état évolue ? »

Les traits de la femme s'adoucirent quelque peu.

« Oui, bien sûr. C'est bien votre numéro que vous avez donné à l'entrée ? »

J'acquiesçai, la gorge trop nouée pour parler.

Je ne me souvins pas du trajet jusqu'à mon appartement. Par contre, je me ne rappelle que trop bien de l'image que me renvoya le miroir de ma salle de bain alors que j'envisageai de prendre une douche ; celle de roses écarlates, au niveau de ma cage thoracique. Je retins un haut-le-cœur et m'empressai de refermer ma chemise. Je n'étais pas prêt à affronter cette vision.

De retour dans la pièce principale, je me laissai tomber sur le canapé. J'étais épuisé physiquement et émotionnellement, mais ce n'était même pas la peine de songer au sommeil. Je posai mon portable à côté de moi, après avoir vérifié une énième fois qu'il était bien en sonnerie. Pas de nouvelle de l'hôpital, jusque là. J'allumai machinalement la télévision tout en sachant que cela ne servirait à rien. Ce n'était pas comme si le quelconque jeu télévisé que diffusait la chaîne m'intéressait, de surcroît. Je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à Leke. Elle était peut-être en train de mourir en ce moment. Je me sentis mal à cette perspective.

Presque sans y penser, j'écartai les pans de mon vêtement pour jeter un œil sur les fleurs s'étalant sur ma poitrine. Il ne me fallut qu'un instant pour m'apercevoir qu'elles s'étaient modifiées. Leur couleur avait foncé et s'était teintée de bleu, passant du rouge sang à un violet soutenu, tandis qu'elles s'étaient arrondies et que leurs pétales se fondaient les uns dans les autres. Leurs tiges même étaient maintenant dépourvues d'épines, elles s'affinaient et s'assouplissaient, s'étendant tout autour de ma poitrine. Je restais interdit à cette vue. Le dessin changeait encore, et je ne tardais plus à reconnaître les corolles d'un bleu intense des volubilis. Ma respiration se bloqua dans ma poitrine.

Elles étaient symbole de mort.

Je restais de longues minutes sans bouger, refusant de comprendre. Mon portable vibra à côté de moi. Je l'attrapai plus par réflexe que mu par une réelle volonté. Un message de l'hôpital. Je ne l'ouvris même pas. Le téléphone s'écrasa contre le mur avec un bruit de verre brisé.

« Leke... »

Le prénom familier avait franchi mes lèvres sans que je ne l'y autorise. Celle qui l'avait possédé était morte. Je me mordis la lèvre pour tenter de réprimer une vague de douleur.

Je voudrais pouvoir l'oublier.

Mes doigts se glissèrent entre les pans de ma chemise, jusqu'à effleurer les volubilis sur ma poitrine. Je savais qu'elles ne partiraient jamais. Tout comme l'image de Leke dans ma mémoire, son odeur, le son de sa voix. Tout comme le regret de n'avoir jamais pu lui dire que je l'aimais, et celui de n'avoir jamais connu le goût de ses lèvres.

À quelques kilomètres de là, dans une petite chambre aux relents d'antiseptique, un infirmier détachait un à un les câbles qui reliaient le corps d'une jeune femme à de multiples machines. L'écran de l'une d'elles affichait une ligne verte continue et émettait un signal sonore inquiétant. Le cœur lourd, l'homme en blouse blanche la mit hors-tension. Il tourna le regard vers celle qui gisait sur les couvertures. Ses traits crispés trahissaient le combat qu'elle avait mené toute la soirée, en vain. Au creux de son poignet gauche, là où un peu plus tôt l'aiguille d'une perfusion s'enfonçait dans sa chair, s'étalaient les pétales jaunes du deuil.

 

 

 

 

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Tac
Posté le 07/09/2018
Yo !
Hé beh, c'est sympathique tout ça, juste avant d'aller se coucher :p 
J'aime bien ton postulat, mais il me semblait que Alkash était quand même bien attiré par Leke, ça se sent dans la façon dont il la décrivait au début, et il la cite trois fois dans le peu qu'il dit à Elena... C'est injuste de dire qu'il ne croyait qu'aux fleurs comme condition d'amour :'( en tout cas vis -à-vis de Leke y avait moyen de se défendre (oui je suis deg qu'ils n'aient pas vécu heureux j'avoue alors vala.). Après j'ai trouvé la tirade de Leke assez poignante et réaliste, c'est très cool que justement ils n'aient pas fini ensemble ça ressemble aussi à des relations humaines telles qu'on peut en avoir. (non je suis pas schizo, là j'essaie juste d'être pertinente). 
Après, on a très très peu de détails sur les contextes des missions, on est complètement jeté dedans et certes c'est pas ce qui est important, mais un peu plus de contexte, y aller un peu plus doucement, c'aurait été pas mal. Là tout va très vite : rencontre d'Elena, défection de Leke, séparation d'Elena, mort de Leke. BAM. Mais sinon c'est très bien. Tes postulats sont originaux et c'est sympa d'explorer les possibilités comme ça.
J'ai relevé quelques fautes de frappe au début (enfin, relevé. je les ai vues mais pas copié collées en pensant que peut-être quelqu'un l'aurait déjà fait #flemme). Mais y a aussi des ptits soucis de temps, mis en gras (c'est ptête pas les seuls) :
- Et je devais bien avouer que le bruit qui régnait déjà dans la salle alors que la soirée avait à peine commencé me conforterait plutôt dans mes habitudes de solitaire
- ma vie sociale est loin d'être passionnante
- de ceux que nous essayons d'arrêter.
Voili voilou, plein de bisous !
Tac
 
Rimeko
Posté le 07/09/2018
Oui, pour venir la journée sur une note positive, c'est moyen XD
Haha, je suis contente que son attirance pour Leke se sente ^^ Parce que oui, il est effectivement attirée par elle, il ne s'en rend juste pas vraiment compte... et surtout, si, il cherche seulement une relation (hors "coup d'un soir" ou truc du genre)  avec son âme-soeur, ce qui se base sur les fleurs. Comme il ne voit pas celles de Leke (enfin, surtout celle sur le visage, parce que c'est la plus évidente), il ne la considère juste pas de cette façon, pas consciemment. Voilà, je vais voir si je peux expliciter ça ceci dit ^^
Je vais voir aussi par rapport à ta remarque sur le rythme / le contexte :)
Je corrige ça, merci ! Et merci également pour ton passage <3
VavaOmete
Posté le 03/09/2018
Ne t'excuse pas, cette fin est géniale !
Ca rajoute carrément au tragique de leur séparation et j'aime beaucoup le fait que ça se finisse mal ^w^ même si j'ai de la peine pour Leke >.>  ça rajoute au réalisme de la situation : c'est pas parce qu'il est marqué sur la peau de l'autre que c'est ton âme soeur que tout vas forcément bien se passer.
D'ailleurs cette idée de fleurs est juste aussi géniale que la phrase sur le bras (comment ça j'utilise trop le mot génial ?) tu as vraiment de super idées ^w^/
Rimeko
Posté le 03/09/2018
Cette fin m'a valu des protestations véhémentes de la part de Léthé, donc je préfère prendre mes précautions XD
Et oui, j'aime pas le destin bisounours :P Ça veut juste dire que les gens seront heureux (du moins au niveau de leur relation) s'ils arrivent à se mettre ensemble de la "bonne" façon...
Contente que les postulats te plaisent aussi !
Merci encore pour ton passage et d'avoir pris le temps de me laisser des commentaires ! <3
Lyrou
Posté le 02/09/2018
Hey! Finalement me revoilà juste après.
Cette nouvelle ci est vraiment très chouette, elle m'a emporté plus que la précédente bien que ce soit bien sûr purement personnel. La narration coulait encore mieux (le nombre réduit d'éllipses aidant surement), les personnages étaient introduits avec plus de soin j'ai trouvé, et l'aspect fleur était plus visuel que les phrases en ce qui me concerne. Aussi comme j'ai du mal avec les concepts d'"âme soeur" de "destin" et toutça j'ai trouvé ça cool qu'on ai ici un personnage qui remette ça en question.
Aussi au niveau de l'écriture en elle-même les dialogues sont vraiment top, je me suis fait la réfléxion qu'après la lecture mais tu gères vraiment bien les incises et les moments où tout écrire n'est pas utile, la scène au bar avec Elena notamment 
à tout bientôt!
Rimeko
Posté le 02/09/2018
Je vois ça ^_^
Héhé, je ne suis pas sûre que ce soit personnel, vu le nombre de lecteurs à avoir fait la même remarque XD (Pourtant, il y a des grosses ellipses aussi, notamment celle avant la scène de fin... ?) C'est vrai que les fleurs et les phrases sont deux concepts très différents, perso j'aime bien les deux parce qu'on peut plus jouer sur les phrases, niveau mystère/malentendu...
Et je ne suis pas une fan du destin / des âmes-soeur non plus (oui, entre ça et mon peu d'intérêt pour la romance, on se demande ce qui m'a pris, hein ?), du coup je me sens proche de Leke :P
Ça me fait vraiment plaisir ce que tu dis sur mon écriture et les dialogues ! (J'aime les dialogues haha) Et quand tu parles de ne pas écrire tout, tu penses au "résumé" de la conversation avec Elena, par exemple ?
 
Elia
Posté le 30/06/2018
coucou Rimeko !
Cette nouvelle m'a fendu le coeur, je m'étais attaché à Alkash et Leke, je me suis laissé prendre au jeu, et là tu nous brises le coeur avec cette nouvelle !
J'aime également la manière dont tu abordes ces thématiques. Bref, un petit coup de coeur (sauf pour la fin x) pour cette histoire ! 
Rimeko
Posté le 30/06/2018
Coucou !
Et désolée pour le brisage de coeur :D Enfin, pas si désolée que ça, parce qu'au final c'est plutôt un compliment pour moi, le fait que ça t'ait touchée ! En plus, je voulais éviter que toutes les nouvelles se finissent sur "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" (tu vois l'idée XD), donc... j'ai réactivé le mode "auteure sadique", disons !
Ces thématiques... l'amour / les relations, c'est ça ?
Merci pour ton passage, à nouveau ! <3
itchane
Posté le 20/06/2018
Hello Rim ! : )
J'ai lu ta seconde nouvelle, "Alkash" : D
J'adore le concept des fleurs. C'est en fait une autre version de la précédente je trouve, comme si l'univers laissait un "indice" pour trouver l'autre, mais cette fois l'indice est différent, c'est vraiment sympa ! Je me demande si la troisième est sur la même idée, je verrai bien ^^
J'avais lu "Estelle" après plusieurs réécriture et j'avais vraiment adoré. Celle-ci est plus dans l'action, plus direct peut-être mieux construite dans l'ensemble, par contre j'ai eu un petit doute sur la cohérence. Je trouve cela étonnant qu'Alkash et Leke travaillent ensemble lors de missions assez "physiques" voir dangereuses et pourtant aucun ne s'est blaissé en présence de l'autre pendant un an ? Il suffit d'une coupure au bras, ou d'une entorse, pour que l'autre ait une fleur qui pousse, hors ici les nombreuses blessures de Leke ne seraient survenues, comme par hasard, que lorsqu'elle était en mission avec un autre qu'Alkash et idem pour lui ? J'ai trouvé cela un peu juste en terme de cohérence... je ne sais pas. On verra si d'autres plumes feront la remarque ou pas ^^"
Sinon, tout fonctionne bien pour le reste, j'étais bien dans l'action et j'ai trouvé Leke très touchante, bravo pour tout ça !
Sur les coquilles (à moi de pinailler : P )
• "cependant j'avais eu la réputation d'être efficace et fiable" > j'ai mal compris cette phrase en première lecture, le fait qu'il ait été réputé mais a perdu cette bonne réputation n'est peut-être pas très bien exprimée. En rajoutant une info de temporalité peut-être comme "j'avais un jour eu la réputation..." ou bien "j'avais avant la réputation" ou quelque chose du genre ? Pour bien marquer que cette période est révolue.
• "prends-toi en à toi-même" > j'aurai mis "prends-t'en à toi-même" mais à vérifier... en tout cas tel quel cela fait un peu bizarre.<br />• "... que j'avais connue Internet..." > "sur" Internet ?<br />• "Jusque là j'avais préféré la laisser seule dans ces moments-là" > la répétition d'expressions avec "là" ("jusque-là" et "moments-là") me semble un peu lourde dans la même phrase.<br />• "Que tu fous là ?" > "Qu'est ce que tu fous là ?" ou "Qu'est-ce tu fous là ?" pour rester oral ?<br />• Dans ta nouvelle, le pistolet "se cabra" deux fois, une fois contre la paume, une fois dans la main... l'image est belle mais justement on la repère, alors deux fois c'est une de trop je trouve ^^"
Voilà pour le pinaillage, pour le reste, encore un texte très touchant ! Je cours lire le suivant, je me demande ce qu'il me réserve : D
itchane 
Rimeko
Posté le 20/06/2018
Coucou Itchane ! Ça me fait plaisir de te croiser par ici :)
(Il faudrait vraiment que je trouve un titre à ces nouvelles, hein ?)
Pour l'instant, j'ai pas commencé à écrire sur le troisième postulat, j'hésite encore entre plusieurs idées :P Puis quand je réfléchissais aux fleurs / à la phrase pour Estelle et Alkash, ça m'a donné des idées pour le suivantes sur le même concept... Je suis contente qu'ils te plaisent en tous cas ; et oui, c'est exactement ça, des "indices" !
C'est pas faux, je n'y avais pas pensé à cet aspect... Bon, déjà, ils ne travaillent pas ensemble depuis si longtemps que ça, et on va dire qu'aucun n'a subi de blessure majeure pendant cette période ^^ (Oui, j'espère bien que les flics / agents secrets ne se prennent pas une balle tous les mois lol) Après, bah, Leke est au courant, donc de son côté il n'y a pas de problème... Et puis les fleurs, la plupart du temps on ne les voit pas sans se déshabiller (sauf si c'est sur le visage ou les mains, vu que ce sont des sortes de tatouages), et d'ici là on peut avoir totalement oublié que l'autre s'est blessé, ou ne pas faire le lien... Je vais voir si je ne peux pas rajouter un petit quelque chose là-dessu, merci de l'avoir relevé :)
Je suis contente que Leke te plaise, je l'aime vraiment aussi ;)
Pour les coquilles : c'est corrigé ! (Sauf le "que tu fous là", parce que c'est juste que Leke n'a pas parlé français depuis longtemps, donc elle s'est emmêlé les pinceaux avec la syntaxe lol) Et oui, j'ai la fâcheuse tendance à réutiliser un peu trop les expressions que j'aime bien XD (Je me rappelle que sur un autre texte Danah me disait que "esquilles" était un mot trop particulier pour être utilisé deux fois)
Merci beaucoup pour ton passage et ton commentaire détaillé ! Ça me touche <3  (Et bonne lecture, pour la nouvelle suivante ! J'espère qu'elle te plaira aussi)
Kitsune
Posté le 05/01/2018
Coucou Rim' !
Je suis vraiment une lectrice de mauvaise qualité à cause de toutes mes absences --' ! J'en suis désolée ! 
Cela dit, je suis vraiment heureuse d'avoir enfin pu lire ta deuxième nouvelle ! Elle est, en effet, très triste, mais ayant un faible pour les histoires qui finissent mal, elle me plaît beaucoup.
Tu as bien réussi à faire ressentir au lecteur la sensation "d'amour manqué" et de regret. Ce troisième postulat est très intéressant et, personnellement, je le trouve très beau et poétique avec toutes ces fleurs dont la nature et la couleur ont des significations particulières. 
J'ai aussi bien aimé le mélange d'anglais et de français dans les propos de Leke, j'en entendais presque son accent !
Enfin, il y a une petite coquillette qui me revient : au début tu écris "sale caractère m'avait valu de changer de changer"... Il me semble donc qu'un "de changer" est en trop !
Voilà, j'ai vu que tu avais posté récemment ta troisième nouvelle et j'irai donc la lire le plus vite possible (oui, oui, je le jure!!) 
Bisouus
Kit'
Rimeko
Posté le 05/01/2018
Coucou Kit' !
Hé bien, moi je poste tous les 36 du mois du nouveau, donc on va s'entendre :D
Je dois bien avouer que j'aime bien les histoires tristes aussi... Et puis, si toutes ces petites romances finissaient bien, ce serait lassant !
Je suis contente que les fleurs te plaisent également, je me suis bien amusée avec leur signification ^^ (Bon par contre, à force d'écumer des sites sur le langage des fleurs, j'en ai eu des pubs pour des fleuristes des semaines durant XD)
La coquillette est corrigée ! Je suis incapable de ne pas en laisser traîner, peu importe le nombre de fois où je me relis, c'est pas croyable -.-'
Merci de ta lecture et de ton commentaire, ça m'a fait très plaisir de te retrouver par ici !!
Bisous, Rim'
ClaireDeLune
Posté le 26/12/2017
La première histoire est absolument parfaite. Elle m'a donné envie de pleurer ^^'
J'ai deviné bien avant le héros de la deuxième (me souviens plus de son nom, désolée ! ) que Leke était son âme sœur. Je pense que tu as oublié "fois" après "troisième" lorsque le héros rencontre Elena au bar... La fin était bien aussi (j'ai été mois émue par contre... Je crois que j'ai eu du mal à m'identifier à Leke et Alkash) À vrai dire je ne vois pas trop d'autres fins possibles... 
Je lis la troisième ! ;) 
Rimeko
Posté le 26/12/2017
Tiens, c'est drôle, les précédents lecteurs avaient préféré la deuxième histoire à la première ^^ Bon, je suis contente de voir qu'Estelle et Aurora plaisent également ! (Mais non, par contre, faut pas pleurer ! <3)
La coquille est corrigée... Et dans un sens, ça me fait plaisir que le lecteur devine avant ce boulet de personnage principal, ça veut dire que j'ai réussi à suggérer l'amour entre eux :P Quant à d'autres fins possibles... EUH. Il me semble que Leke aurait pu vivre, non ? XD
Je file à ton second com' !
Léthé
Posté le 20/06/2017
PARDON POUR CETTE FIN ?!<br />JE. MAIS.
:'(((((((
Bon, restons d'abord rationnelle deux secondes avant que je ne te tape dessus hein x)<br />Il y a des fautes, notamment dans le premier paragraphe (rien qu'une relecture ne puisse arranger, c'est vraiment des fautes d'inattention donc même en passant vite fait sous antidote OU en faisant relire tu les enleveras en deux secondes ;)). Aussi, dans la scène de "fin" avec l'espère de mafia, tu les traites à un moment de "bandits" et je trouve le mot trop faible. Comme ça fait vraiment penser à un gang, je pense que "mafieux" confiendrait mieux, je sais pas ce que tu en penses ?
En terme d'écriture j'ai A-DO-RÉ. Je la trouve (c'est très personnel hein) bien mieux menée que la première histoire, je suis contente qu'elle t'ait donné du fil à retordre, apparemment c'est très payant hahahaha !<br />Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, peut-être un poil avec cette fichue Elena (ouais elle parle beaucoup cette fille xDD), mais honnêtement il n'y avait aucun point de relâchement. Ici, je trouve que l'utilisation de la première personne était très utile, honnêtement j'ai direct plongé avec le personnage, dans ses émotions et tout. Je pense aussi que tu étais bien plus "habitée" par la façon de penser d'Alkash que par celle d'Estelle (en tout cas j'en ai eu l'impression ^^). Moi je l'étais !
J'avoue, j'ai pensé un instant au maquillage pour Leke (j'adore ce prénom), après je me suis dit "roh tous les jours quand même, ce serait trop", mais en vrai ça passe nickel. Surtout avec son explication à la fin, où elle précise qu'elle ne veut pas d'un amour "destin" où l'autre l'aime uniquement pour ses fleurs. Je trouve ça cool. Je plussoie à fond cette femme, je crois même que j'aurais eu tendance à penser comme elle !
Et cette dernière phrase, ahlalalala :'((((<br />À un moment, j'ai eu quand même une hésitation sur le dernier paragraphe, j'ai cru genre qu'elle était dans le coma (donc toujours en vie), et que les fleurs jaunes du deuil c'était que Al s'était taillé les veines (oué je suis dans la joie moi xDD) mais après, grâce à tous tes détails, je me suis dit que non : pour la mort de l'être aimé, c'est les fleurs noires et les fleurs jaunes c'est quand l'âme soeur souffre du deuil. Bref, tout va bien, AL N'EST PAS MORT IL VA JUSTE SOUFFRIR POUR LE RESTE DE SA VIE.
J'ai aussi adoré l'utilisation des termes anglophones, je trouve que ça rajoute de la dynamique, c'est super sympa !
Vivement la suiteeee ! 
Rimeko
Posté le 20/06/2017
Bonjour Léthé XD
 
Si on pouvait tout simplement oublier le passage "je te tape dessus", ça me conviendrait encore mieux :P
Je... mais... mais c'est que j'aurais pas les yeux en face des trous des fois ! (Et aussi une grosse flemme de me relire en entier, mais chut) Bon, je vais partir à la chasse aux coquillettes maintenant ! Et ouais, tu as raison, c'est plus des mafieux que des bandits, mais j'étais en mode "flou artistique" parce que j'y connais rien à la police, alors... *sifflote*
 
En fait y'a des scènes qui se sont écrites toutes seules (la fin, ahem) et d'autres beaucoups moins (la scène avec Elena (argh cette fille), l'énervement de Leke quand elle révèle la vérité)... Bon, en tous cas, je suis super contente que ça t'ait plu à ce point-là !
Alors ça, c'est pas du tout logique, parce que je me sentais plus proche d'Estelle que d'Alkash XD Je pense par contre que le second était plus caractérisé (genre la personnalité d'Estelle, pfiou, aucune idée), et que l'écriture s'est modifiée en conséquence... Je me suis rendue compte que j'écrivais différemment selon le narrateur o.O
 
Prête à tout cette Leke ^^ (J'ai trouvé ce prénom sur un site pour futures mamans (... après google me propose des biberons) et j'ai eu un gros coup de coeur ! Tiens, d'ailleurs, toi aussi tu prononces "Léké" hein ?) Haha, moi aussi, je pense que j'aurai eu la même réaction d'elle quant aux fleurs !
 
Oh bah sympa comme hypothèse Léthé XD (Et les volubilis, les fleurs de mort, sont bleues (un joli bleu d'ailleurs), mais c'est un détail) Mais oui, Leke est bien morte... (Pardon à nouveau)
 
Et merci merci merci pour ta lecture, ton commentaire, ton enthousiasme... ça me fait vraiment super plaisir !!
Baella
Posté le 19/06/2017
Cette nouvelle est trop bien même si j'ai fini en PLS à la fin 
Rimeko
Posté le 19/06/2017
Merci Baella ! Et pardon pour cette fin, j'espère que t'en remettras XD
Vous lisez