I - Scène VIII - La Bibliothèque

Notes de l’auteur : (Cette scène et celles qui suivront ne sont encore que des brouillons dont j'espère retravailler la forme, plus tard. Le fond, lui, demeurera identique. Je ne les partage que pour m'aider à avancer, à lâcher prise, à me montrer moins perfectionniste. J'espère que ce contenu vous plaira malgré tout.)

Peu à peu, Lazare osa prendre place dans la boutique de Binocle, lors des heures d’ouverture. Les fesses perchées sur le comptoir et ses belles bottines pendues dans le vide, il observait. Les clients qui passaient la porte – une porte sans carillon – étaient intéressants à leur façon : de toutes tailles, corpulences et couleurs, ils avaient néanmoins en commun de pénétrer dans le magasin en silence, comme si c’était la consigne. Lazare, pourtant, ne l’avait lue nulle part.
Tous paraissaient également un peu surpris de le découvrir là. Il arrivait même, parfois, qu'on lui touche le genou du bout d’un doigt, peut-être pour être certain que son corps soit bien vrai. Comme s’il pouvait exister un faux corps de Lazare.
Jamais son œil n’avait été autant scruté, d'ailleurs. Une toute petite dame, lorsqu’elle le sentit posé sur elle, un jour, eut même un léger frisson de recul. Elle s’empara de la fiole que Binocle lui tendit, d’un geste vif mais du bout des doigts, et retrouva le chemin de la porte avant même que sa paupière ne cligne. Il faisait pourtant l’effort de se peigner soigneusement chaque matin pour se rendre présentable, depuis qu’il portait ses nouveaux beaux habits.

Un soir, alors qu'il était occupé à boire son bouillon à coups de longues aspirations sonores, Boussole perché bien droit à son côté sur le banc de la cuisine, le museau tendu vers lui, Binocle s’arrêta un instant de manger et le regarda fixement. Cette double attention rendit Lazare un peu nerveux. Reposant son bol avec une précaution inhabituelle, il s’essuya la bouche d’un long glissement de la main et les regarda à son tour sans rien dire, sans bouger. De la poche de son veston, Binocle sortit alors une pièce d’échec et la posa sur la table. Lazare tendit la main pour la toucher, hésita. Binocle contracta un peu sa joue pour sourire. Ça n’avait jamais l’air d’être une chose très naturelle, chez lui.

Lorsqu’il pénétra à nouveau dans l’étrange pièce du deuxième étage, Lazare ressentit une sorte de picotement dans la nuque. Il avait tourné la poignée en s’attendant à être rappelé à l’ordre, malgré la présence de Binocle sur ses talons – haute, silencieuse mais pas effrayante.
L'endroit n’avait pas changé. Seule la pluie, battant avec force contre les carreaux de la large fenêtre à meneau, paraissait indiquer que le temps passait ici comme dans le reste du monde.
Binocle, lui, demeura un moment tout droit au centre de la pièce. Par dessus ses binocles, son regard s’attardait à nouveau sur les choses, une à une, avec presque l’illusion qu’il voyait au travers. Lazare se percha sur la chaise et patienta sans faire un bruit. Il comprenait que parfois, il fallait plus de temps pour s’accorder aux choses – comme quand on attend que son œil n’ait plus aucune tache blanche, après avoir trop regardé le soleil.
Après quelques minutes – deux, peut-être trois – l'homme se tourna enfin vers lui, le sourcil bas sur les yeux. Lazare ne trouva pas cela de bon augure.
— Vous êtes fâché ?
Binocle hocha négativement la tête.
— On dit « êtes-vous fâché ? ».
Il s’approcha sans un bruit, s’assit à son tour autour de la table d’échecs, s'éclaircit la gorge. Son visage paraissait cependant un peu plus apaisé.
— Non, je ne suis pas fâché. Il y a juste des endroits qui nous rendent un peu différents.
— Différents comment ?
Sans répondre, Binocle fit coulisser le petit tiroir de la table et entreprit patiemment d’en sortir chaque pièce du jeu, une à une – de belles pièces de bois lourd et frais, que Lazare effleura timidement sitôt qu’il les eut déposées à leur place sur le plateau. De temps à autres, Binocle s’arrêtait, caressait à son tour la silhouette de l’une d’entre elles du bout du pouce, pensif.
— Comme si nous n’étions pas sûrs d’y être encore les bienvenus.
Lazare fit la moue et regarda plus attentivement autour de lui, concentré, à la recherche de détails qui lui auraient échappé. Mais en vérité, tout ici semblait bizarre, de l’horloge sans chiffre au dos vierge des livres de la bibliothèque. Et ces bizarreries, même s’il ne les expliquait pas, lui semblaient tout à fait convenir à Binocle.
— Vous avez déjà vécu avec des gens, ici ?
Le visage de Binocle se crispa sans explication.
— Personne d’autre que Boussole et toi.
Puis, comme pour couper court, il lui désigna le jeu à présent constitué.
— A toi l’honneur.
L’enfant considéra ses pièces – les plus claires – pendant un long moment, puis s’empara d’un pion qu’il avança de deux cases, en-dehors du centre. Cette ouverture surprit Binocle, qui n’eut cependant pas le temps de l’interroger. Lazare le devança en se grattant la tempe.
— Et vous ne sortez jamais ?
— Pas si je peux l’éviter.
— Pourquoi ?
Le sourcil de Binocle se creusa et son front fut parcouru de plusieurs petits plis, tous entassés les uns sur les autres. Il avança un pion à son tour.
— Parce que l’extérieur demande plus que ce que je peux lui donner.
Nonchalant, Boussole fit soudain son entrée en considérant le fauteuil à bascule d’un œil envieux. Il préféra néanmoins s’installer sur le large rebord de la fenêtre, garni d’un coussin de velours d’un grenat passé, décoloré par la lumière du dehors. A la lumière tombante et grise de ce petit jour pluvieux, les gouttes qui toquaient contre la vitre se reflétaient sur son poil en une multitude de taches sombres. Indifférent au bruit, il se roula en boule et ferma les yeux. Lazare, cependant, commençait à douter que Boussole soit jamais indifférent aux choses – ses moustaches blanches, elles, vibraient toujours.
Il revint à Binocle, l'oeil sérieux.
— Vous n’êtes pas obligé de lui donner des choses, au dehors.
Celui-ci arrêta sa main en l’air, sa tour emprisonnée entre ses longs doigts secs. Puis il la déposa sur la case où, une seconde plus tôt, se trouvait le cavalier de Lazare. Ce dernier haussa les épaules – il avait jugé ce premier sacrifice nécessaire pour protéger sa reine. La voix de Binocle lui parvint étrangement étouffée.
— C’est ne pas connaître le dehors que de croire qu’il ne nous prend jamais rien.
Il inclina la tête sur son épaule, légèrement en avant, les yeux toujours fixés sur le plateau par dessus sa monture.
— Mais c’est normal. Tu es encore très jeune.
Lazare tendit le bras pour abattre maladroitement son fou sur la tour de Binocle. En récupérant cette dernière et en la plaçant à côté du plateau avec lenteur et précaution, bien alignée au plus près de lui, il repensa aux ombres de Loupiote et aux larcins de Tricorne. Au bourgeon à peine éclairé qu’il croyait avoir senti pousser dans sa poitrine. Il n'appréciait pas qu'on lui rappelle sa jeunesse d'un ton qui voulait dire que la jeunesse ne savait pas.
— Ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on sait. C’est parce qu’on regarde. Et puis, peut-être que le dehors peut remplacer ce qu’il vous prend par des choses plus jolies.
Il tenta de souffler sur la mèche qui lui tombait dans l’œil puis, se rendant compte de son échec, finit par l’éloigner d’un geste impatient de la main.
— Vous, vous remplacez bien la mémoire des gens par une mémoire plus jolie, non ?
Binocle lui adressa un regard vif mais trop passager pour que Lazare puisse en saisir toute la portée. Ses yeux basculèrent à nouveau sur le jeu et sur sa reine, qu’il déplaça. Son ton se fit dur.
— Justement. Les gens viennent chercher ici ce que le dehors ne peut pas leur offrir. Je n’aurais rien à leur proposer s’il me prenait tout.
Lazare, le nez subitement penché sur le jeu, parut cependant ne pas l’entendre. Il cligna de l’œil sur la reine de Binocle, sur la sienne, considéra ensuite avec soin ses autres pions et sa tour, demeurée en retrait. Avec précaution, il l’avança sous le nez de la reine noire, plusieurs cases en avant, puis caressa longuement de l’index une case demeurée vide. Binocle le regarda faire, interdit.
— Es-tu sûr de toi ?
Lazare haussa légèrement le menton.
— Oui.
Les doigts au-dessus de sa reine, en attente, Binocle hésita. Puis d’un geste lent, il mangea la tour que l’enfant venait d’amener jusqu’à lui. Ceci fait, ce dernier demanda :
— Ça ne vous manque pas, de découvrir des choses du dehors ?
Binocle pinça la bouche et ça fit comme une ligne barrant sèchement son visage étroit.
— Tout ce qui m’est nécessaire est ici. Il ne fait pas bon de trop pousser les murs.
Boussole releva soudain vivement le museau, pivota un moment ses oreilles à l’affût d’un bruit inattendu. Apparemment rassuré, il se détendit. Lazare reporta son œil sur Binocle, qui avait replacé sa monture tout en haut de son nez. Immobile et le visage neutre, il l’observait. Mal à l’aise, l’enfant se redressa.
— Mon travail comporte des risques, pour moi comme pour mes clients. J’ai le devoir de ne jamais me laisser distraire et de toujours savoir exactement qui je suis.
Lazare fronça le nez, perturbé.
— Ce ne sont que des souvenirs.
— Ce sont des transformations de la mémoire – ça, tu l’as déjà compris. Or la mémoire n’apprécie pas toujours qu’on vienne la contredire.
Binocle s’empara de l’un de ses pions, qu’il plaça à hauteur de son visage.
— Ce pion noir est le mien. Pourtant, je pourrais créer un souvenir qui te ferait envisager qu’il t’appartient. Quelle que soit l’issue de cette partie, je pourrais plus tard te faire douter du fait que tu l’aies gagnée, ou que tu l’aies perdue.
Lazare haussa les épaules.
— Mais ce n’est qu’un jeu.
— Bien sûr. Ce n’est qu’un jeu. Mais il y a d’autres jeux plus vastes et plus dangereux, dehors.
Il reposa le pion avec précaution, à l’endroit où il se trouvait quelques instants plus tôt. Lazare renifla.
— Pourquoi vous ne vous servez pas de votre don pour les gagner, ces jeux ? Vous pourriez…
— Les souvenirs que je crée doivent rester anodins et heureux. Suffisamment heureux pour que mes clients les apprécient, et suffisamment anodins pour qu’ils n’en aient jamais peur.
— Et pour vous ?
— Pour moi ?
Binocle haussa son sourcil. Lazare se trémoussa sur sa chaise.
— Vous avez dit que c’était aussi risqué pour vous. C’est à cause du dehors ?
Binocle effleura la rebord de la table d’un long geste de la paume, une quinte de toux sèche, mal retenue, faisant un moment tressauter sa poitrine.
— Le dehors pourrait constituer un danger si certains se sentaient menacés par mon travail, oui. Mais il y a une autre raison.
Lazare ouvrit la bouche, mais il l’arrêta d’un geste léger, la sienne à présent tordue en une sorte de grimace.
— L’autre raison, c’est que chaque souvenir que je crée pour quelqu’un est un souvenir que je crée aussi pour moi.
— Je ne comprends pas.
Binocle soupira.
— Lorsque je crée un souvenir, je dois le goûter pour être sûr qu’il soit juste, c’est à dire ni trop léger, ni trop envahissant. Mais je le vois se transformer, ingrédient après ingrédient. Et je le ressens. Je dois donc veiller à ne pas trop en faire pour ne pas…
Ses doigts voletèrent, et Lazare préféra ne pas demander la suite.
— Comment vous pouvez faire la différence, alors ?
— La différence entre les souvenirs que j’ai vraiment vécus et ceux que j’ai imaginés pour les autres ?
L’enfant acquiesça. Silencieux, Binocle déplaça d’abord son roi pour le mettre hors d’atteinte puis laissa son ongle s’attarder sur la pointe à son sommet.
— Je prends garde à ce que ma vie ne prenne place qu’ici pour qu’elle puisse demeurer parfaitement familière et je fais en sorte que chaque jour se ressemble. Et je les signe.
Lazare ouvrit grand la bouche.
— Vous signez vos souvenirs ? Comme pour une lettre ?
— Pas tout à fait. Plutôt comme un peintre qui laisserait toujours le même détail dans ses tableaux, juste assez petit pour que personne n’y prenne vraiment garde mais bien présent pour qui souhaite le retrouver.
Il se racla la gorge puis ajouta :
— Si je retrouve ce détail dans un souvenir dont je ne suis pas sûr qu’il m’appartienne, c’est que ce n’est pas un vrai souvenir.
Lazare pencha la tête et déplaça un pion d’une main distraite. Sa voix se fit minuscule, telle un jeune animal qui tâcherait maladroitement de chasser sans se faire remarquer :
— Et c’est quoi, le détail ?
Binocle secoua la tête, de gauche à droite, et grimaça en se massant la tempe. L’enfant en fut un peu déçu – quoique pas vraiment surpris – mais ne s’avoua pas vaincu.
— Vous m’en fabriquerez un, un jour ?
— Un souvenir ? Non.
— Pourquoi ?
Le sourcil de Binocle se creusa.
— Je n'ai pas à t'en donner la raison.
Lazare laissa un silence s'installer – le silence des moments qu'ils faut prendre à pleines mains mais avec précaution – puis murmura en se grattant le nez :
— Monsieur Loupiote a dit qu’il avait besoin de vos souvenirs pour ne pas devenir comme les autres gens.
L’index crochu abandonna le roi pour s’emparer du fou. Un autre pion de Lazare disparut.
— « Comme les autres gens » ?
— Oui. Fou comme les gens qui pensent qu’ils sont moins fous que lui.
Le visage de Binocle s’éclaira brièvement, de ses grands yeux clairs à son sourire trébuchant. Lazare en fut si saisi qu’il sentit des picotements affleurer à ses joues.
— Loupiote est un client particulier. Mais il n’est certainement pas fou.
Puis son visage redevint son visage, l’air verrouillé entre deux choses à dire.
— Et ne te méprends pas. Si les gens paraissent heureux lorsqu’ils viennent m’acheter ces souvenirs, c’est parce qu’ils ne le sont pas assez.
— Heureux ?
Binocle hocha la tête.
— Ils sont à la recherche de quelque chose qu’ils ont ressenti et qui n’a pas duré. Ce n’est pas être heureux que d’être toujours en quête.

Ils continuèrent à jouer dans un silence relatif, capturé entre deux gouttes d’eau écrasées tout contre la fenêtre. Lazare n’insista pas. Il commençait à s’habituer aux silences de Binocle, et si cela ne satisfaisait guère sa curiosité, il se faisait à l'idée que les silences de Binocle faisaient simplement partie de Binocle. Ne pas en recevoir était probablement plus inquiétant que de ne pas recevoir de réponse.
Lorsque, après plusieurs minutes de jeu, il coucha enfin sur le plateau le roi noir, sans rien dire, l’homme ouvrit grand les yeux. De son index crochu, il balaya les cases quelques instants, comme pour en retracer les voyages, puis son visage s’éclaira. Le sourire tordu – inattendu – qu’il posa sur Lazare fit cogner la poitrine de ce dernier comme un gros tambourin. Il ne voulut pas en montrer la moindre satisfaction, néanmoins. Se frottant les yeux, il déclara d’un ton qu’il tâcha de rendre le plus neutre possible :
— J’ai gagné.
Binocle hocha la tête, une lueur étrange au fond des yeux.
— Tu as gagné.

En passant la porte quelques instants plus tard, déjà presque disparu dans le sommeil, Lazare se retourna vers lui. Binocle était toujours assis, le sourire cabossé par les creux de son visage. En bâillant, il demanda :
— Pourquoi vous avez une table d’échecs chez vous, si vous ne savez pas jouer ?
Binocle laissa échapper un son qui n’était pas une quinte de toux, et qui le surprit. Ce n’est bien qu’après que Lazare eut disparu en haussant les épaules, un peu confus de sa réaction, qu’il se rendit compte qu’en fait, il avait simplement ri. 

 

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SometimesIwrite
Posté le 23/07/2021
" Parce que l’extérieur demande plus que ce que je peux lui donner." Oh j'adore cette phrase, elle vient de résonner en moi, je ne sais pas pourquoi *-*
Toute cette histoire de créer un souvenir, d’altérer la mémoire, je trouve ça magique ! J'avais vu une vidéo, un jour, sur un professeur d'université qui expliquait que l'on pouvait implanter juste par la parole des faux souvenirs dans la tête des autres, une sorte de manipulation. Je trouve ça fascinant.
Liné
Posté le 30/06/2021
La magie de Lazare (ta magie), encore une fois... !

J'ai énormément apprécié cet échange par-dessus le jeu d'échecs. Déjà, parce que les échecs, c'est trop bien. Et puis, parce que les idées partagées entre Lazare et Binocle, sous couvert de la simplicité, de la légèreté et de l'originalité qui coulent dans ta plume, en disent long sur le rapport aux autres, aux parcours de vie (au "dehors"), et aussi, je trouve, au rapport à la création artistique. Je ne sais pas si c'est fait exprès de ta part, mais je n'ai pas pu m'empêcher de te reconnaître (en tout cas, de ce que tu laisses entrapercevoir de toi) dans ces deux personnages, dans cette scène précise, et de t'imaginer proposer ta vision de l'écriture : après tout, les souvenirs que vends Binocle, sa peur de s'y perdre, son humilité, les difficultés qu'il évoque, les notions de bonheur ou encore de folie qui s'y entremêlent, je les comprends très bien en tant qu'autrice.

A très bientôt pour une prochaine goutte d'or dans le brouillard <3
Rachael
Posté le 01/06/2021
C’est très touchant, ce tête-à-tête entre Binocle et Lazare. Sous le prétexte du jeu d’échec, il y a quelques idées profondes comme la déclaration de Lazare (Ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on sait. C’est parce qu’on regarde.)
Binocle a décidément un métier bien périlleux s’il ne peut même plus être sûr de ses propres souvenirs. Mais d’un autre côté, goûter des souvenirs inventés, c’est un à coté bien singulier. Je me demandais quand même comment fait Binocle pour inventer des souvenirs s’il ne sort jamais, car comme dit Lazare, regarder, c’est important…
Merci pour ce nouveau chapitre, toujours aussi poétique et délicat dans la relation entre les deux.

Détails
Il y a un changement de point de vue au milieu du jeu d’échec qui m’a un peu gêné, ça manque peut-être un peu de transition ou d’une ligne sautée pour signaler le changement : Lazare, le nez subitement penché sur le jeu, parut cependant ne pas l’entendre.
des moments qu'ils faut prendre : qu’il
Shangaï
Posté le 14/03/2021
Coucou ! C'est une sensation particulière que de revoir Lazare... J'en gardais un merveilleux souvenir et je ne suis pas du tout déçu. Je le trouve toujours autant saisissant de réalisme, de délicatesse et d'intelligence !
J'ai beaucoup aimé découvrir "l'intérieur" des souvenirs.
Ce chapitre est vraiment réussi. Peut-être un ou deux mots ici et là a retravailler mais vraiment pour un premier jet c'est tout de même très réussi. J'espère retrouver Lazare très vite <3
Fauchelevent
Posté le 21/03/2021
Merci Shangaï, une fois de plus ! Je suis toujours très heureuse de voir certaines plumes revenir ici malgré le si long délai que je mets entre chaque publication... Je vais tâcher d'accélérer un peu le rythme, sans néanmoins rien pouvoir promettre. Mais c'est toujours aussi précieux, des soutiens comme le tien. :)
arno_01
Posté le 06/02/2021
Quand j'ai vu qu'un nouveau chapitre était apparue j'ai fais un bond : encore un Noël ! (étant pas mal pris ces derniers temps, j'ai préféré le garder pour quand j'aurais du temps de l'apprécier).

Et, comme à chaque fois, le chapitre est plus qu'appréciables. Tu nous donnes quelques explications de ce métier bien particulier de Binocle, tout en gardant plein de silence qui nous envoient imaginer, rêver.

On ne peut que rester prisonnier de ton univers et ton écritures tout deux pleins de charmes. Merci encore de nous les partager.

Au plaisir de lire la suite.
Fauchelevent
Posté le 20/02/2021
Merci beaucoup de continuer à suivre Lazare et à commenter son histoire, arno_01, je suis toujours très touchée de retrouver les lecteurices malgré mon planning de publication lent et chaotique. J'espère que la suite continuera de te plaire. <3
Pétrichor
Posté le 05/02/2021
Cher Fauchelevent...

C'est le dernier chapitre que je lis, parce qu'il n'y en a pas d'autre... et ça me rend très malheureux.

J'ai peur de donner mon avis sur ton récit en général, ou peut-être ce chapitre en particulier, ou ton univers, tes personnages, ... parce que je n'ai pas les mots. Retiens simplement cela : ton livre est extraordinaire. Toi aussi. Plus encore que ton livre.
J'aime à penser que les mots sont le moyen maladroits que l'homme a trouver pour exprimer ce qu'il a au fond de lui, toutes ces émotions puissantes, cette vie qui bouillonne au fond de lui, son âme qui vit et palpite...

Pourquoi je dis ça ? Je ne sais pas. Simplement, ton réçit m'a profondément touché, et je voulais que tu saches que tu as du talent. Du talent t'exprimer. Du talent pour émouvoir. Émouvoir le monde.

Je trouve ce chapitre encore plus touchant que les autres. Et la discussion entre Binocle et Lazare...
J'ai vu plus bas quelqu'un mentionner le Petit Prince. Oui ! C'est exactement ce que je cherchait. Ton Lazare est un nouveau Petit Prince.
Ses yeux grands ouverts sur le monde, sans à prioris. Qui observent. Ces yeux d'un Lazare déjà si adulte, plus adulte encore que ces adultes qu'il observe. Et pourtant si enfantin, si particulier, si vrai. Ce regard d'un nouveau-né, qui cherche à comprendre le non-sens du monde.

Une phrase m'a beaucoup touché : "Ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on sait. C’est parce qu’on regarde". Voilà. Tout est dit.

Je ne vais pas m'étendre plus longtemps !
Encore bravo. Ne lâche rien.
Je veux voir Lazare aller très loin.

Pétrichor.

Ps : Si jamais tu en as le temps -et l'envie-, je serais très heureux que tu passes lire ma petite nouvelle que j'ai publiée récemment ;)
Fauchelevent
Posté le 20/02/2021
Merci infiniment pour ce marathon de lecture et tous tes précieux ressentis, Pétrichor... <3 Je sais ne pas mériter tous ces compliments, loin de là, mais je les prends néanmoins parce qu'ils me servent dans les moments où je ne suis plus sûre de savoir comment avancer. Les encouragements des gens d'ici sont un excellent remède aux doutes et aux angoisses. Merci pour ça.
Je ne peux pas te promettre que je publierai la suite tout prochainement, probablement seulement dans quelques semaines, le temps d'y voir clair. Mais je serais ravie de te retrouver à ce moment-là, si l'envie te vient de poursuivre Lazare. En espérant que la suite de cette histoire te plaise autant que ce petit début...
(Et je tâcherai de passer lire ta nouvelle quand j'en aurai le temps, je le note !)
dudette
Posté le 28/01/2021
Bonjour Fauchelevent,

Je suis toute nouvelle ici. Voilà que le jour de mon inscription, je lis le préambule de Lazare et je ne m'arrête qu'ici, après avoir achevé le dernier chapitre.
Je vais tout simplement rajouter ma voie aux autres commentaires en te disant que ce que tu écris est plein de poésie, je me suis tellement mais tellement attachée à Lazare ! C'est peut-être l'un des plus beau personnages, les plus vrais et les plus touchants que j'ai pu découvrir <3
J'aime énormément ton style, on se laisse guider, on ne s'ennuie jamais et impossible de décrocher ! quel talent !

Alors moi aussi je veux en lire plus, et je ne peux que t'encourager car ton histoire mérite de se retrouver en librairie. Je veux pouvoir posséder ce livre que tu es en train d'écrire, ne t'arrête surtout pas !!!

a très bientôt j'espère :)
Fauchelevent
Posté le 01/02/2021
Merci mille fois, dudette ! Je suis toujours très touchée quand des nouveaux / nouvelles arrivé-e-s sur PA passent par ici et prennent le temps de me laisser un commentaire. J'espère que PA saura satisfaire tes attentes, et que la suite de Lazare continuera de te plaire autant ! <3
Pluma Atramenta
Posté le 16/01/2021
Fauchelevent, Fauchelevent, Fauchelevent.... <3

Encore une fois, ton travail est magnifique, débordant d'une sensibilité sans nom. Quant à ces mots choisis avec tant de soin, à tes métaphores superbes et ces "petits détails qui font tout"... (je pense en particulier à cette pluie qui cogne, au-dehors, à la couleur et la forme des pions, la description minutieuse de l'expression de Binocle) c'est d'une telle richesse, une telle délicatesse, une telle douceur...! De la dentelle, j'ai envie de dire. Cette dentelle chère et riche que l'on n'achetait que pour les grands évènements, dans le temps.
Comme pour les précédents chapitres, tu me vois sans voix, ahurie, béate, émerveillée. J'adore toujours autant tes personnages : cet approfondissement de Binocle me ravit, j'ai hâte de savoir ce qu'il cache vraiment sous ses lunettes, ses rides et son extrême réserve. Boussole aussi, inexplicablement, me ramène toujours un petit sourire sur les lèvres. Il colle tellement avec l'atmosphère, en fait ! Et Lazare... Oh, Lazare... <3
Un nouveau Petit Prince ; en plus timide, en plus bancal ? (bancal n'est pas une remarque négative, je veux seulement parler de son physique, de son œil en moins, qui contraste avec la blondeur et la pureté du Petit Prince)
En vérité, je trouve beaucoup d'œuvres qui t'ont peut-être inspiré pour cette histoire : Celle de "Rémi sans famille" ? "La Mécanique du Cœur" de Mathias Malzieu pour cet atmosphère aux racines très souvent steampunk ? Le Petit Prince, du coup ? Ou alors, ou alors... Nom d'une soupière, j'ai perdu le nom de l'œuvre XD
Juste une mini-mini remarque : au début du texte, tu emploies le verbe "percher" deux fois presque d'affilée. "Les fesses perchées sur le comptoir (...)" puis, quelques paragraphes plus loin : "Lazare se percha sur la chaise et patienta sans faire un bruit". Ce n'est pas une répétition très prononcée, en effet, mais elle a dénoté parmi la perfection l'entourant <3
Donc j'imagine que tu l'as compris, ce livre promet, Fauchelevent. Il promet vraiment <3 Je veux la suite, le format papier, l'avenir de Lazare, son succès mondial. Ne lâches rien, s'il te plaît, ne lâches rien.... Trop de talent, de sensibilité et d'originalité dans ce roman, (et de gentillesses dans ta personne) alors chasses-toi définitivement Monsieur Doute de la tête. Si tu n'arrives plus à le faire pour toi, fais-le pour tes lecteurs. Mieux : fais-le pour Lazare.
Je veux être un soutien, et non te secouer ; je veux te redonner courage et espoir, désolée si cela n'a pas été le cas, je sais être très maladroite...

Puisse ta plume magnifique s'élever très haut, très très haut dans le ciel <3
Pluma.
Fauchelevent
Posté le 27/01/2021
J'ai mis un sacré temps pour répondre à ce message... Je l'ai lu un jour, au boulot, et j'en ai eu les larmes aux yeux. Et même si je ne sais pas trop quoi faire de tout cet enthousiasme, sache qu'il me va droit au cœur. Merci beaucoup.
Concernant les inspirations, j'ai effectivement lu Sans Famille très très jeune, puis ai adoré La Mécanique du Cœur, bien plus tard. Et pour ce qui est du Petit Prince... C'était le sujet de mon mémoire de fin d'étude, un très gros travail avec lequel j'ai vécu, cohabité jours et nuits pendant plusieurs mois. J'aime profondément cette œuvre. Que Lazare t'y fasse penser, même un peu, même en passant, est vraiment un très joli compliment. <3
Eryn
Posté le 14/01/2021
Je suis tellement contente de retrouver Lazare, j'ai vraiment un coup de coeur pour ce petit bonhomme, cet univers, et la façon dont tu écris !
Super intéressant ces explications sur les souvenirs ! Je me sens triste pour Binocle, il a l'air tellement seul, pourquoi s'inflige-t-il ça ? En même temps, j'ai eu l'impression en lisant qu'il y avait des tonnes de secrets dans toute cette histoire de souvenirs qui me donne envie de les découvrir !

De la même manière, la discussion entre Binocle et Lazare est super intéressante, sur les souvenirs et ce qu'on peut faire avec, leurs dangers etc... ça me donne envie de savoir vers où va aller l'histoire : quelqu'un va-t-il essayer d'utiliser les souvenirs pour faire des choses non recommandées ? va-t-on les voler ? essayer d'utiliser Lazare pour obtenir des souvenirs ? De la même manière, l'analyse de Binocle (si les gens achètent des souvenirs, c'est qu'ils ne sont pas heureux), c'est à la fois intéressant et très juste !
Ah et la "signature" des souvenirs de Binocle, ça me rappelle les totems dans Inception pour ne pas se perdre dans les rêves, ça encore, c'est super !
Je me demande ce que va devenir ce petit bonhomme qui me paraît encore tout gentil et timide...
Bref, merci d'avoir posté ce nouveau chapitre, c'est toujours aussi bien écrit, comme tu t'en doutes, j'ai vraiment hâte de lire la suite ! A + !
Fauchelevent
Posté le 15/01/2021
Merci beaucoup pour ton enthousiasme, Eryn !
Je ne répondrai pas à tes questionnements concernant les souvenirs et leurs usages à venir - tu t'en doutes - mais je suis vraiment heureuse de constater que cette scène participe à développer une curiosité à leur égard. C'est l'un de ses buts et je suis rassurée de constater que certain-e-s lecteurices le ressentent ainsi.
Et je n'avais pas du tout pensé aux totems d'Inception mais je trouve effectivement la comparaison très juste ! (Même si je n'ai bien évidemment pas le millième du début du talent de Nolan en matière de scénario, hélas ^^).
J'espère sincèrement que la suite te plaira au moins autant, en tout cas.
Flowrale
Posté le 14/01/2021
Encore une fois, un chapitre très beau tout en poésie. J'aime ce regard de Lazare, j'aime ton style et ton propre regard. On en apprend un peu plus sur Binocle et ses souvenirs (réels et non réels :p), j'adore ! Un monde très riche et qui sonne juste. J'ai adoré la signature de Binocle dans les rêves, cela me parle beaucoup.
Encore merci pour ce nouveau chapitre que tu nous offres !
Fauchelevent
Posté le 15/01/2021
Merci à toi pour ton soutien. <3
Cocochoup
Posté le 09/01/2021
Ah j'aime beaucoup ce chapitre. On apprend un peu plus le pourquoi et le comment du travail de Binocle.
Lazare paraît prendre plus confiance, oser plus et c'est en cela que l'on voit que sa relation avec Binocle évolue.
Bravo pour pour ce chapitre et la justesse des dialogues 👏
Fauchelevent
Posté le 10/01/2021
Merci beaucoup pour ton soutien répété, Coco, tu sais qu'il est précieux. <3
dodoreve
Posté le 08/01/2021
Oh la la, par où commencer... Je crois que c'est mon chapitre préféré pour le moment, même si c'est difficile à dire, tant tu les équilibres bien et tant ils ont chacun une force qui leur est propre.
On retrouve ton talent à décrire les lieux habités, avec ces petits détails qui n'ont l'air de rien, mais qui jouent beaucoup de choses : une porte sans carillon, ou encore cette phrase, l'une de mes préférées, "A la lumière tombante et grise de ce petit jour pluvieux, les gouttes qui toquaient contre la vitre se reflétaient sur son poil en une multitude de taches sombres."
L'échange entre Binocle et Lazare est vraiment très fort. Je te disais dans un autre commentaire combien tes personnages étaient humains, et ici c'est tout le dialogue qui l'est, comme s'il était intérieur : mémoire du vécu ? On retrouve en tout cas bien cette expression dans ce qui s'exprime à cet instant.
Et puis tout ça ne tourne pas dans le vide, c'est ce qui est d'autant plus agréable à lire, et captivant : tu construis ton histoire avec finesse, les personnages s'habillent de petits gestes peu à peu, l'étincelle qui passe entre eux crépite de plus en plus fort, et on ne quitte pas pour autant la délicatesse propre à tes descriptions et au regard que porte Lazare sur le monde.
"Il n'appréciait pas qu'on lui rappelle sa jeunesse d'un ton qui voulait dire que la jeunesse ne savait pas." J'aime beaucoup ces rappels qui montrent bien que malgré la petitesse que l'on peut associer à Lazare (oui, pour moi il reste un tout-petit-personnage), il fait aussi preuve de beaucoup de grandeur. Qu'il gagne cette partie d'échecs en est une belle preuve, et surtout une belle illustration.
Je me perds un peu dans toute mon admiration, mais elle est très sincère, et elle se sent grandie de te lire et de pouvoir s'exprimer ici ! :)
Fauchelevent
Posté le 10/01/2021
Ce commentaire-ci me touche d'autant plus que je n'étais - ne suis - pas du tout sûre de la gestion de cette scène... Je me sens toujours très maladroite lors de l'écriture de dialogues et je savais lors de la constitution de mon plan que ce morceau-ci allait être un très gros morceau. Son rythme, son propos, tout pouvait sembler redondant, et il m'a été difficile de lui insuffler une vie propre, quelque chose qui puisse donner une impression de moment important, de moment à préserver. Parce que ce moment-ci, dans cette histoire, est un vrai moment à préserver. Je craignais de ne pas lui rendre justice, et même si je sais que la forme de ce moment changera lors de la réécriture, que son fond puisse plaire un peu est déjà une petite réussite, pour moi.
Y-a-t'il un moment où l'on arrête de dire merci ? <3
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