I - Scène III - Le Départ

Notes de l’auteur : (Cette scène et celles qui suivront ne sont encore que des brouillons dont j'espère retravailler la forme, plus tard. Le fond, lui, demeurera identique. Je ne les partage que pour m'aider à avancer, à lâcher prise, à me montrer moins perfectionniste. J'espère que ce contenu vous plaira malgré tout.)

Au dehors, Lazare marcha doucement et l’homme sembla s'adapter à son pas. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu l’occasion de savourer l’extérieur – La Moustache, en effet, refusait que les enfants ne sortent durant toute la durée de l’hiver. Il ne fallait pas attraper froid, le rhume coûtait trop cher. D’ailleurs, hiver ou non, Lazare ne se souvenait pas avoir un jour dépassé la Bleue Mare et les arbres du fond du Parc. Son monde avait été clos et rond comme un ventre de mère. Ce qu’il en imaginait, du moins.
La neige sous ses pieds faisait de drôles de bruits. Ce n’était pas exactement doux et léger, plutôt compact, crissant, comme les dents de ses camarades la nuit, les unes contre les autres. Il songea qu’il ne les entendrait plus, qu’il n’avait même pas su, la nuit dernière, que c’était la dernière fois. Que là aussi, c’était un peu drôle, de ne s’attacher aux choses que quand elles n’existent plus. Un peu bête.
L’air était si froid qu’il sentait la fumée. Il frissonna et frotta ses mains l’une contre l’autre, par-dessus la poignée de l’étui à violon dans lequel était conservé l’ensemble de ses possessions – dernier cadeau de Perce-Mur. Tout le monde était si sûr que Lazare ne quitterait jamais l’Orphelinat avec quelqu'un que nul n’avait pensé à lui acheter une valise, pour quand il partirait.
– Je suis désolé.
L’homme désigna ses petites mains bleues du menton et enleva ses gants avec une moue d’excuse. Il les lui tendit, et Lazare ne fut pas sûr qu’ils soient pour lui. Il n’avait jamais eu de gants, et encore moins des gants trop grands, de grandes personnes. L’homme insista de la tête, et ses lunettes glissèrent alors dangereusement tout au bord de son nez.
– Je me suis dit que nous pouvions marcher un peu ensemble. Le fiacre ne me semblait pas une bonne idée, après…
Il agita ses doigts maigres près de son visage, en direction de tout ce qu’ils venaient de quitter, derrière eux, et s’éclaircit la gorge assez sèchement.
– Je ne pense pas que ça soit agréable, d’être enfermé dans un fiacre avec un inconnu.
Les lunettes descendirent encore, et Lazare attendit qu’elles tombent, comme lorsqu’il regardait les gouttes couler en petits chemins tordus le long des vitres, jusqu’à ce qu’elles disparaissent. Il se demanda un instant s’il aurait lui-même des lunettes un jour, puis se rappela que deux verres ne lui serviraient pas à grand-chose. Un monocle était suffisant, pour son visage.
Il aurait fière allure, avec un monocle.
– N'es-tu pas d’accord ?
Il était d’accord, et sa tête se secoua comme un petit yoyo. Il effleura les vieux gants en peau du bout des doigts – eux aussi, ils allaient lui donner fière allure – et pensa qu’il n’avait peut-être jamais rien touché d’aussi doux, même s’il n’était pas sûr. Il n’était pas sûr de pouvoir se rappeler de tout ce que ses doigts avaient touché un jour. Lorsqu’il les enfila, il vit que l’homme le regardait avec l’air de quelqu’un qui attend, curieux.
L’homme ne le regardait pas à cause de son œil. Il le regardait différemment, presque comme Miche et Perce-Mur – comme si, derrière, lui-même n’était pas sûr des choses. Comme des adultes qui se rappellent qu’ils ont été enfants.
Lazare sentit sa voix trébucher lorsqu'il demanda :
– Je peux vous donner un nom ?
L’homme pencha sa tête sur son épaule gauche, surpris, et ce mouvement lui plut tant qu’il pencha la sienne sans y penser, lui aussi. Il était le mouvement qui prouvait que les lunettes de cet homme n’étaient pas comme les autres : ces lunettes-là ne tomberaient jamais, comme si elles faisaient partie de son visage depuis le tout début. Il ajouta alors, pour ne pas paraître trop bizarre et pour s’expliquer :
– On n’est plus des inconnus, quand on donne un nom à quelqu’un.
Il crut voir un bout d’œil se plisser.
– As-tu des suggestions ?
Lazare fut un moment attrapé par le bonheur de ses mains chaudes dans les gants trop grands, de ses pieds dans le froid et de sa tête sous le vent. Si La Moustache le voyait ainsi, avec ses joues trop rouges et sans son cou, rentré dans sa cape trop petite pour lui, il ne serait probablement pas content, pas content du tout.
La soudaine idée qu’il ne verrait plus jamais La Moustache suffit presque à réchauffer d’un coup tout le reste de son corps, du bout de ses orteils à ses oreilles glacées. Après un bref coup d’œil à l’homme, qui le dévisageait toujours, il réfléchit puis murmura :
– « Binocle ».
Les épaules de l’homme tressautèrent, et Lazare ne sut dire si c’était bien ou mal.

Pendant un long moment, ils marchèrent ainsi en silence, empruntant des ponts, des rues qu’il n'aurait pas su reconnaître – qu'il ne connaissait pas. Le monde lui sembla soudain si grand qu’un nouveau frisson lui secoua les épaules. Puis, enfin, ils s’arrêtèrent devant une maison tout en long et en pointe, à l’image de son propriétaire, étranglée entre deux chapelleries. En bas, sur sa vitrine, des lettres d’or faisaient lire « Souvenirs » sans rien d’autre, ni avant, ni après. Lazare songea que c’était un peu court, mais ce n’était pas à lui de songer à ces choses. La poignée de la porte était ronde et dorée, dodue comme un gros nez par dessus la serrure. L’homme y enfonça une clef un peu courte, elle aussi, pour une porte si importante.
Ils entrèrent dans la lumière mourante, le silence et la poussière, et Lazare s’arrêta un instant sur le seuil pour regarder autour de lui et profiter de l’odeur inédite du plancher, recouvert de cire d’abeille – un plancher très vieux mais qui n’ose pas craquer, entre les lattes et les rais de lumière faible rapportés du dehors. Le long d’un mur, derrière un gros comptoir, des étagères pleines de petites fioles s’élevaient. De tailles identiques mais de couleurs différentes, elles formaient un drôle d’arc-en-ciel qui, l’après-midi finissant, paraissait tout prêt à se mettre en sommeil.
L’homme alluma une lampe à huile à proximité de son visage, et Lazare distingua un sourire un peu tordu, peut-être par manque d’habitude. Après quelques instants, il répondit enfin :
– Va pour Binocle.

Lazare suivit l'homme – Binocle – dans un escalier étroit et grincheux, enroulé sur lui-même, jusqu’à une grande pièce où pas un coin ne semblait avoir été oublié. Aux gestes que ce dernier faisait sans y penser, ses doigts maigres accrochant tasses, thé et cuillers, à la façon dont il esquivait de la tête les plantes qui les regardaient du plafond, Lazare sut que quelque part dans cet endroit était caché le vrai cœur de la maison.
Les endroits avaient toujours un cœur, comme ceux des gens. A l’Orphelinat, le cœur était situé sur la table de la cuisine, près du poignet de Miche, lorsqu’elle tournait le bouillon en rond juste après l’avoir retiré du feu. C’était toujours là qu’il faisait le plus chaud, le plus vivant et le plus vrai.
Lazare n’était pas encore sûr de pouvoir identifier le cœur d’ici, avec certitude. Mais il avait le temps de pouvoir le rencontrer plus tard, de faire sa connaissance, de se sentir chez lui. Cette possibilité le réconforta.
– Assieds-toi.
Il s’exécuta sans dire un mot et coinça ses mains entre ses jambes pour ne pas avoir à les poser quelque part où il ne fallait pas. Son œil s’attarda avec attention sur la tasse posée devant lui, visiblement vieille mais très propre, et recouverte de minuscules fleurs bleues. Elle paraissait étrangement délicate sur le bois de la grosse table en chêne, presque déposée là par erreur. Lorsque Binocle y versa du thé, Lazare résista à l’envie d’enrouler ses doigts autour pour sentir le liquide réchauffer progressivement la porcelaine. Il garda ses doigts à ses mains, bien serrées l’une contre l’autre.
Le thé sentait bon. Le nez au-dessus de sa tasse, les narines remplies par la fumée, il pouvait même en percevoir un peu de bergamote. Binocle s’assit et le regarda faire calmement, sa tasse à lui crochetée entre ses phalanges, près de sa bouche. Après un long moment, il déclara :
– Ça peut toujours brûler un peu, mais ça ne mord pas.
Le thé était bon, aussi, et la porcelaine juste assez chaude, comme il l’avait imaginée. Lazare sentit le liquide couler à l’intérieur de lui et achever de rattraper tous les endroits qui étaient restés froids par le dehors.
Un chat d’un gris souris vint se faufiler entre ses jambes puis se percher à son côté, sur le banc où il était assis. La tête penchée sur le côté comme son maître, il l’observa comme pour lui demander ce qu’il pouvait bien faire ici, chez lui.

Ils burent en silence, simplement attachés au moment. Lazare commençait à comprendre que Binocle n’était pas de ces personnes trop bavardes, comme La Moustache. Cela lui convenait – lui non plus n’aimait pas trop parler juste pour parler. Alors que ses doigts osaient enfin s’approcher du petit museau inquisiteur puis se perdre dans la fourrure du chat sans nom, Binocle s'éclaircit la gorge.
– As-tu des choses à me demander ?
Beaucoup. Mais Lazare n’était pas sûr que « beaucoup » soit suffisant pour lui, ou acceptable pour Binocle. Ce n’était pas parce qu’il préférait peu en dire qu’il ne voulait pas savoir – généralement, il préférait apprendre les choses par lui-même, ou imaginer les réponses. Mais il était toujours curieux. Il repensa à l’inscription, sur la vitrine, et aux fioles, derrière le comptoir. Son visage se contracta un peu, puis relâcha très vite :
– Vous vendez de vrais souvenirs, dans les fioles ? Des souvenirs de vrais gens ?
Binocle secoua la tête négativement puis pinça la bouche, comme pour nuancer son refus. Il regarda ailleurs.
– Je le pourrais, mais ce serait… compliqué. Je préfère en créer.
Lazare ne parut guère décontenancé par cette révélation. Son index minuscule joua un instant avec sa cuiller.
– Ça ressemble à quoi, un faux souvenir ?
Binocle, d’abord, ne bougea pas d’un pouce. Seule sa bouche frémit lorsqu'il demanda :
– Ça ressemble à quoi, selon toi, un vrai souvenir ?
Lazare leva le nez en l’air, quelques secondes, et écarquilla les yeux. Il ne savait dire s’il était plus frustré par le fait que Binocle ne lui ait pas répondu ou par le fait que lui se trouvait incapable de répondre. Ses yeux se plissèrent.
Binocle reformula :
– Quel mot mettrais-tu sur ce moment ?
C’était difficile, de résumer beaucoup de choses en un seul mot. C’était glisser soigneusement un bout d’odeur, de saveur, de couleur dans chaque lettre, dans chaque trait, pour en faire une valise facile à emporter avec soi. Mais lui n’avait même pas de vraie valise.
Lazare ferma les yeux pour se concentrer. Il pouvait toujours imaginer ce qu’il souhaitait garder de ce moment dans son étui à violon, pour plus tard.
Les doigts perdus entre les oreilles fines et nerveuses du chat, il repensa aux feuilles de thé et au bruit de l’eau brûlante qu’on verse dessus comme un velours. Au froid qui mord les joues puis qui disparaît près du feu, laissant derrière lui une empreinte qui pique un peu jusque sous la mâchoire. Il entendit les va-et-vient étouffés du balancier de l’horloge, sur sa gauche, et respira l’odeur des brins séchés et du vieux bois épais. Il imagina alors consciencieusement toutes les porcelaines à fleurs posées devant lui au travers des années, tous les repas fumants et tous les ronronnements. Toutes les tempêtes de neige de tous les hivers vécus, entre dehors et dedans. Lorsque son cœur se gonfla juste assez, il ouvrit les yeux et répondit enfin :
– La chaleur.
Binocle le considéra un moment sans rien dire. Puis il acquiesça d’un mouvement si léger de la tête que Lazare n’aurait su affirmer qu’il avait vraiment bougé.
– La chaleur. Elle est présente dans mille détails que tu ne pourras pas tous garder, demain.
Il désigna le chat du bout d’un ongle.
– Un souvenir, ce n’est pas conserver tout ce qui a été véritablement vécu. Aucun de nous deux ne pourrait dire combien de poils contient sa fourrure, et pourtant, toi et moi y avons déjà plongé la main. L’essentiel, ce n’est pas cela. Ce sont les sensations que tu gardes.
Il s’interrompit, puis voyant que Lazare attendait toujours, ajouta :
– Il n’y a que quelques détails infimes qui comptent, dans un souvenir. Quelques mots, des couleurs, des odeurs, des textures. L’important, c’est que tous ces morceaux, une fois bien dosés et réunis, créent quelque chose de fidèle. De suffisamment important pour rester vivant.
Enfin satisfait, Lazare hocha la tête. Alors que Binocle se levait, tout droit et rigide, il déclara :
– C’est à votre tour.
Binocle s’immobilisa net et haussa son sourcil. Lazare reprit :
– Vous avez le droit de me demander des choses, vous aussi.
Lazare n’avait jamais vraiment compris pourquoi les adultes pensaient ne pas avoir le droit de poser des questions. Il trouvait ça plutôt stupide, comme s’ils étaient différents.
Une vague étrange passa sur le visage de l'homme. Il sembla hésiter, un instant, puis demanda simplement :
– Quel nom veux-tu donner au chat ?

 

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SometimesIwrite
Posté le 19/07/2021
Je viens de voir quelqu'un dire que cela lui faisait penser au "magasin des suicides", et je suis assez d'accord ! Juste en un peu moins glauque et beaucoup plus "nostalgique", si c'est le bon mot. Je trouve que ce que tu écris à des ambiances de La Croisée des Mondes aussi. Mais tout en restant super original et nouveau. J'aime beaucoup cette histoire de souvenir et cette relation qui grandit entre Binocle et Lazare. Et moi donner un nom au chat ? C'est super mignon, avec une pointe d'humour, j'aime beaucoup aussi !
Livia Tournois
Posté le 23/06/2021
Cette ambiance collerait si bien à un dessin animé. Cela me fait un peu penser au "magasin des suicides", mais avec des souvenirs, cette fois. Pour un brouillon, comme tu le décris plus haut, c'est vraiment agréable à lire, et la plume imagée y est pour beaucoup, rendant fidèlement les sensations du personnage principal. J'aime qu'on soit du point de vue de Lazare.
CielOrage
Posté le 07/06/2021
Décidemment, j'adore cette ambiance, cette atmosphère, ce mystérieux personnage de Binocle qui se dessine, la façon dont Lazare ressent le monde, cette idée de souvenirs en flacon... merci pour ce beau moment de lecture !
Myrtille
Posté le 20/05/2021
Salut!
Un petit mot pour te dire que j'adore cette histoire, j'adore ton style, c'est vraiment génial, très poétique, tu as un soucis de détail à couper le souffle, en un mot c'est sublime! J'ai hâte de lire la suite, même si tu dis qu'à partir de ce chapitre ce n'est qu'un brouillon, je rentre rarement aussi vite et avec autant d'enthousiasme dans une histoire! Merci pour ces bons moments que tu nous fais passer en te lisant !
La Bagousse
Posté le 04/04/2021
C'est sublime ! Je rejoins le commentaire de Raza, c'est un travail d'orfèvre. on coule dans ton histoire comme dans un bain chaud. L'atmosphère est douce et poétique et pourtant l'on ressent que tout un monde dur et froid reste à explorer.
Fauchelevent
Posté le 08/04/2021
Merci (à nouveau) ! J'espère sincèrement que la suite te plaira autant. :)
Taranee
Posté le 26/03/2021
Salut !
C'est vraiment super ! Très honnêtement, c'est le chapitre que je préfère jusqu'à maintenant !
Tu donnes à ce chapitre une atmosphère chaleureuse, comme un cocon, je ne sais pas trop comment l'expliquer mais quand on lit, on a vraiment l'impression d'être là, dans la pièce, avec Lazare et Binocle.
A propos de Binocle, c'est un personnage que j'aime beaucoup, plutôt silencieux, on voit qu'il est doux...
Enfin voilà... Que de compliments !
A bientôt ! ^^
Fauchelevent
Posté le 08/04/2021
J'ai été très étonnée, en publiant ce chapitre, qu'il plaise autant... Ca me touche beaucoup, que ce moment de calme soit accepté ainsi.
Merci, en tout cas. J'espère que la suite ne te décevra pas. <3
Pétrichor
Posté le 04/02/2021
Bon.

Toujours aussi formidable.

J'aime beaucoup ! Parce que ton style évolue ! C'est un peu différent des chapitres précédents. On est moins perdu (pas dans un sens négatif hein). On entend Lazare parler ! Je ne sais pas comment dire, mais on commence à apprendre à le connaître mieux ! Avant, même si on suivait ses pensées, il restait assez lointain de nous. Là on s'attache à lui...

Bon je m'arrête là parce que je veux savoir la suite !
Fauchelevent
Posté le 20/02/2021
Haha, si le "style" de ce chapitre évolue, c'est simplement parce qu'il n'a pas été retravaillé et que c'est un brouillon. Mais je suis heureuse de constater que cela ne t'a pas empêché de t'attacher un peu plus encore à Lazare, c'est le but et c'est toujours extrêmement réconfortant de le lire. <3
Raza
Posté le 22/11/2020
j'aime toujours autant ce travail d'orfèvrerie que tu nous proposes. Je me demande simplement, après avoir été transporté par tes lignes : mais combien de temps ? Est-ce naturel, est-ce des heures de travail ? Bref, comment fais-tu ? J'ai beaucoup aimé cet instant avec le thé. J'aime comment tu prends le temps, les personnages ne se pressent pas. On ne passe pas d'une explosion à l'autre, d'un cliffhanger à l'autre, et pourtant, la dernière phrase nous frappe d'un suspense étonnante.

J'ai noté une phrase qui m'a posée problème à la lecture :
"L’homme désigna ses petites mains bleues du menton et enleva ses gants avec une moue d’excuse" puisque j'ai dû relire pour comprendre le "ses" de ses petites mains bleues.

Merci pour ce joli instant de lecture :)
Fauchelevent
Posté le 08/01/2021
Merci beaucoup pour ce très joli commentaire, Raza. <3
Il est déjà arrivé que l'on me pose cette question du "temps" (combien de temps je mets à écrire, etc.), et je crois que la réponse ne te surprendra pas : beaucoup. Trop, sans doute.
Celles et ceux qui ont pu s'arrêter sur mon JdB savent que je suis quelqu'un qui doute beaucoup, pour l'écriture comme pour le reste. Ecrire m'est douloureux. Ma focalisation sur les détails (c'est comme ça que je fonctionne, dans la vie), sur le rythme, sur le son, tout ça me pose problème lorsqu'il s'agit d'écrire vraiment, d'avancer. Je suis donc d'une lenteur exaspérante.
J'aimerais t'écrire que tout ça est très naturel, que Lazare coule de source et que je gère cette histoire en claquant des doigts, mais hélas, pas du tout. :D Les personnages me viennent d'un coup et tout entier, c'est une facilité, mais quand il s'agit de les mettre en mouvement, c'est autre chose...
Bref, merci pour ton enthousiasme, ta chaleur. J'espère que la suite ne te décevra pas. <3
Alice_Lath
Posté le 09/11/2020
C'est juste magnifique haha, vraiment, surtout tout le travail autour du souvenir, c'est d'une délicatesse incroyable. Même le jeu des questions et la relation naissante entre les deux, c'est vraiment très bien amené. Je dois dire qu'à nouveau, rien de constructif ne me vient à l'esprit haha, je savoure simplement Lazare en prenant une leçon d'écriture au passage, et merci beaucoup pour ça. C'est incroyable ce que tu arrives à mettre dans ce simple chapitre et qui me transporte
Fauchelevent
Posté le 14/11/2020
Je n'ai aucune leçon à donner, mais merci mille fois pour ton enthousiasme répété et ta chaleur. <3
Envoleelo
Posté le 02/08/2020
Cette scène est incroyablement tendre. Je crois que c'est ce que j'en retiens. La chaleur, comme le dit si bien Lazare.

Mon seul bémol viendrait peut-être du style, que je sens peut-être un peu moins ciselé que dans les parties précédentes. Je pinaille, je pinaille ! J'ai l'impression que cela crée une forme de cassure, pour autant, je ne me suis pas du tout ennuyée dans cette scène. Elle dit beaucoup de choses ; elle les dit peut-être juste un peu moins fort et distinctement que les autres scènes, mais je suis convaincue qu'avec peu de réajustements, tu pourrais la rendre beaucoup plus forte. Par exemple, j'ai eu le sentiment diffus qu'il y avait plus d'adverbes que dans les parties précédentes.

J'espère que ce commentaire pourra t'être utile !
En tout cas, je continue avec une joie toujours renouvelée de découvrir ton histoire.
Fauchelevent
Posté le 14/11/2020
Les commentaires me sont toujours très utiles, tant qu'ils sont livrés avec autant de bienveillance. :) Je prends note concernant le style et les adverbes (il est fort possible qu'il y en ait trop, effectivement), et je te remercie pour ton ressenti. Je suis heureuse que tu y aies vu quelque chose de tendre, c'est ce que je souhaitais faire ressortir, ces prémices d'une tendresse maladroite...
Merci de t'arrêter sur mon histoire, en tout cas. <3
Pluma Atramenta
Posté le 18/07/2020
Coucou !
Si ton chapitre est peut-être (et très légèrement moins approfondi que les autres) je le trouve quand même remarquablement génial ! Cette ambiance calme, profonde, et un peu nerveuse aussi a su me charmer ! La maison de Binocle me fait réellement rêvé, comme tout tes personnages, dont le chat qui n'a pas encore reçu de nom. Binocle attise vraiment ma curiosité, et ta plume est vraiment... Whaouh ! Je ne sais pas trouver d'autres mots ;)
J'ai hâte de lire la suite ! A très bientôt, et que l'inspiration soit avec toi !
Pluma.
Fauchelevent
Posté le 22/07/2020
Je sais que cette scène-ci peut constituer une sorte de creux dans le rythme du récit, mais j'y suis attachée parce que c'est un nouvel intérieur, de nouveaux personnages qu'il faut apprivoiser... Il y aura beaucoup de creux dans cette maison, beaucoup de silences, mais j'espère parvenir à faire en sorte que ça ne soit jamais trop long ou trop ennuyeux.
J'espère que la suite de cette histoire te plaira autant, en tout cas !
<3
Pluma Atramenta
Posté le 22/07/2020
Justement, ce sorte de "creux" enrichit l'atmosphère pesante. Et ne t'inquiètes pas, je ne m'ennuie pas du tout dans ma lecture ! Elle me fait vibrer !
Eryn
Posté le 09/05/2020
"coinça ses mains entre ses jambes pour ne pas avoir à les poser quelque part où il ne fallait pas " = j'adore cette idée !
Encore une fois, une très belle scène, une relation touchante et singulière qui se crée entre les deux personnages...
Je ne sais pas si tu attends qu'on te fasse des "critiques" j'avoue que c'est pas facile de trouver des points négatifs à améliorer...
Fauchelevent
Posté le 17/06/2020
Critiques, commentaires, remarques... Je prends tout, tant que c'est partagé avec gentillesse et dans la volonté de me faire avancer ! Mais il est toujours rassurant de lire des commentaires qui témoignent juste de quelque chose qui paraît avoir plu... Quand on prend le temps de m'écrire que Lazare est un peu intéressant, même en deux ou trois mots, c'est toujours un plaisir énorme. <3
Donc je continue de dire merci. :)
Stardust
Posté le 18/04/2020
Bonjour Fauchelevent,
Encore un super chapitre ! Il ne donne pas l'impression d'un brouillon, preuve de la qualité palpable de ton texte :)
J'ai hâte d'en apprendre plus sur ces souvenirs confinés dans ces mystérieuses fioles. Ce détail m'intrigue ^^
Bonne continuation à toi,
Elo
Fauchelevent
Posté le 21/04/2020
Merci Stardust ! J'espère que la suite te plaira autant, même si elle est un peu moins travaillée dans la forme. :)
Arabella
Posté le 09/04/2020
Coucou Fauchelevent. Ce chapitre est super et je me demande beaucoup comment on a pu en arriver à ce que Binocle songe à "trahir" Lazare au chap 1. La vie a l'orphelinat est bien triste et ce départ est très doux, attendrissant. On a l'impression de deux âmes qui se comprennent sans avoir vraiment à se le dire. L'un résonne en l'autre. Binocle est un vieil homme touchant et je trouve qu'il porte en lui beaucoup de poésie, philosophie et sagesse. Il n'est pas intrusif, ni méprisant. C'est très agréable. Je me demande ce que ça doit être de "consommer" un souvenir fabriqué. Nos souvenirs sont quelques chose de très particulier. Je me demande si tu vas évoquer cela ! Bref, toujours aussi beau et doux (j'aime beaucoup la dernière phrase !) et on a hâte (et en même temps pas du tout) de savoir comment ils vont revenir à la situation du Chap 1 ! Des bisous :)
Fauchelevent
Posté le 09/04/2020
Merci beaucoup Arabella ! <3
J'apprécie énormément la vision que tu as de Binocle et de la relation naissante entre lui et Lazare... Je tâche effectivement de ne pas leur ôter une part de douceur qu'il me semble nécessaire d'entretenir entre eux. Leur relation est essentiellement basée sur des non-dits, et j'aimerais pouvoir montrer l'insécurité que cela crée, de ne pas dire les choses. :)
J'espère que la suite de leur petite vie te plaira autant, en tout cas.
<3
Prudence
Posté le 04/04/2020
Je me plonge dans la vie de Lazare avec autant de plaisir qu'au début. Je suppose qu'on assiste à un gros retour en arrière qui nous ramènera à l'instant présent du préambule avec toutes les informations nécessaires.
Je pensais à un esclave, je me suis un peu trompée... ^^' Mais le fait de prêter, de décider à la place d'une personne me paraît bien étrange... Ce doit être dû à son statue d'enfant... Et à l'époque, évidemment...
J'ai remarqué que ce roman est structuré un peu comme un film, c'est fait exprès ?

Ne pas donner un vrai nom aux personnages est un concept original. :-)
Fauchelevent
Posté le 04/04/2020
(Re)coucou Prudence !
Je ne répondrai pas à tes interrogations concernant le statut de Lazare, pour ne pas trop en dire (même si tu te montres plutôt perspicace... ;)).
Pour ce qui est de la "structure comme un film", j'avoue ne pas savoir du tout. C'est ce qui m'est venu le plus naturellement lors de l'écriture, avant que je n'établisse mon plan, et j'ai décidé de la conserver. Je ne saurais pas trop analyser ça, pour être honnête...
J'espère que la suite continuera de ta plaire (si tu continues bien sûr) !
Wayland Smith
Posté le 01/04/2020
J'ai beaucoup aimé ce chapitre. Le "baptême" de Binocle, les souvenirs diffus et touchants de Lazare, l'étui à violon en guise de valise, la découverte de la boutique de "souvenirs", l'escalier grincheux, les fioles multicolores... autant d'évocations poétiques à souhait qui rendent le récit de plus en plus charmant... tout cela donne le la d'un récit singulier, plein d'étrangetés... J'adore! Et pour un chapitre peu travaillé, je le trouve déjà très abouti!
Fauchelevent
Posté le 01/04/2020
Merci beaucoup de m'offrir ce petit marathon de lecture ! (D'ailleurs il me semble que tu as commenté ce chapitre après le suivant, d'après mes alertes, tu vis dangereusement. :D)
Je suis vraiment très touchée par tous tes ressentis, j'essaye toujours de faire en sorte que mes histoires aient une petite part d'insolite parce que c'est ce que je préfère, ce qui m'émeut, en tant que lectrice. Et concernant l'aspect encore pour moi très brouillon de cette scène et des suivantes, il m'a fallu beaucoup de temps pour oser les publier parce que je ne trouve pas qu'elles sonnent juste, exactement tel que je le voudrais... Mais comme je l'ai précisé dans ma note, tout l'enjeu est justement d'apprendre à lâcher-prise là-dessus.
(Et le détail de l'étui à violon est tout à fait personnel : j'en possède deux à la maison alors que je ne joue pas de violon, récupérés d'un luthier qui souhaitait s'en débarrasser, et qui me servent de petites valises à choses. J'y suis bêtement attachée.)
Shangaï
Posté le 30/03/2020
Un très bon chapitre (le manque de travail comme tu la signalé ne se fait pas tellement sentir!) tout en douceur que j'ai beaucoup aimé. Ils s'apprivoisent l'un et l'autre et c'est vraiment touchant !
J'ai particulièrement aimé cet étui à violon qui à un très jolie double sens, c'est d'ailleurs peut-être ainsi que j'aurai nommé le chapitre selon moi: l'étui à violon.
:)


Au dehors, Lazare marcha doucement et l’homme sembla s'adapter à son pas.
Shangaï
Posté le 30/03/2020
Oups j'ai juste oublié la dernière phrase que j'ai copier/coller ^^
Ne serait-elle pas mieux à l'imparfait ? ... Lazare marchait doucement et l'homme semblait... :)
Fauchelevent
Posté le 30/03/2020
Merci ! (Et quelle régularité dans ce rythme de lecture, ça me fait plaisir ! <3)
J'avoue ne pas avoir pensé à nommer cette scène selon l'étui à violon et ma foi... Je le regrette un peu, c'est vraiment une très jolie idée.
Concernant le temps employé dans la première phrase, j'ai opté pour celui-ci parce que visualisais ce départ comme une foulée nouvelle, en fait, quelque chose qui puisse vraiment marquer l'action de passer un seuil. L'imparfait a une valeur de durée, de rythme déjà pris presque sans y penser... En revanche, je n'avais pas envisagé que ça puisse sembler un peu étrange, effectivement. Il va falloir que j'y réfléchisse !
Shangaï
Posté le 30/03/2020
D'accord dans cette démarche je comprend mieux ton choix ! Mais il est vrai que ça m'a un peu interpellé :)
peneplop
Posté le 29/03/2020
Coucou !
Je suis séduite par les souvenirs en fioles (si tu continues de me lire, tu découvriras qu'on y range d'autres choses dans le monde que j'ai inventé... :).
Merveilleux, c'est le mot qui me vient quand je te lis. J'ai un énorme coup de coeur pour ton style.
Hâte de voir que cela donne quand ce n'est pas un "brouillon" !
Bravo !
Fauchelevent
Posté le 30/03/2020
Merci beaucoup pour tes encouragements, Peneplop, ils sont très précieux ! <3
Pour l'instant je tâche d'écrire l'intégralité de mon histoire au brouillon, pour savoir précisément où j'avance, puis il me faudra tout réécrire pour que ça sonne juste à l'oreille... Autant dire que Lazare n'est pas près d'être fini !
(A titre informatif, cette scène n'intervient que dans les quarante premières pages de mon brouillon, j'en ai 200 d'écrites et je ne suis grossièrement arrivée qu'à la moitié de mon histoire. :D)
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 20/03/2020
Hello !
J'ai bien aimé ce chapitre et cette manière que les personnages ont de s'apprivoiser.
L'ambiance est très mystérieuse, très calme, on entendrait presque les mouches voler :D En tout cas c'est la sensation que j'ai eu avec ces deux taiseux.
Tu as une plume lisible qui retient bien l'attention. Et je trouve qu'il y a un bon équilibre entre les dialogues, les descriptions de l'environnement et du monde intérieur de Lazare.
Fauchelevent
Posté le 24/03/2020
Merci beaucoup Petra !
Ton ressenti concernant "l'harmonie" entre descriptions et dialogues est très rassurant, car c'est l'une des choses qui me pose le plus souci lors de l'écriture... Les dialogues ne sont pas mon fort (sans doute parce que je ne suis moi-même pas douée du tout pour tout ce qui est communication orale :D), donc je prends garde à leur rédaction et la façon la plus juste de les introduire dans tout le reste... J'espère continuer à m'en sortir aussi bien par la suite !
Liné
Posté le 14/03/2020
Ta plume est toujours aussi belle et aussi inspirante !

Il y a tellement de couleurs, qui se marient très bien les unes avec les autres, par-dessus une atmosphère de coton ou de nuage qui laisse un goût très doux.

J'adore ce bout d'intrigue autour des souvenirs, de leur confection et de leur commerce. Les personnages sont tous attachants, jusqu'au chat, et j'ai vraiment hâte de savoir ce que tu nous réserves.

Je me répète, mais à chaque fois que tu ressurgis sur Plume d'argent, je suis aux anges !

A très vite ;-)
Fauchelevent
Posté le 19/03/2020
Merci, toujours, pour tes encouragements. <3 Ces scènes-ci sont moins travaillées que les premières, car j'essaye de travailler mon lâcher-prise et d'avancer dans l'intrigue... Mais si je parviens à transmettre un peu d'émotions aux personnages, j'en suis déjà heureuse !
Cocochoup
Posté le 10/03/2020
J'ai tout lu, tout dévoré
Je suis fan fan fan de ta plume. Tu sais marier les mots avec délicatesse et délice.
Merci pour ce moment magique de lecture ! Et j'ai très hâte que tu publies la suite de cette histoire
Fauchelevent
Posté le 11/03/2020
Merci beaucoup, beaucoup ! La suite de mon brouillon est prête pour plusieurs scènes encore et devrait arriver tout bientôt. J'espère que ton enthousiasme sera toujours aussi contagieux ! :)
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