I.9 L'Arme

Par Flammy

Chapitre 9 : L’Arme

 

~918 jours avant le cataclysme

 

~0~

 

Le royaume de Mandchou est situé entre Vianum et le royaume de Flamiella. Il occupe et gère le seul point de passage viable dans la grande barrière rocheuse qui coupe Vianum et ses environs du reste de Consort. Historiquement guerrier, Mandchou s’est récemment spécialisé dans le commerce, contrôlant le seul point d’accès qui permet à l’ouest et l’est de Consort de communiquer. Cette transformation s’est faite sous le règne d’Armand IV, frère cadet du prince génocidaire Martel. C’est dans l’optique de faciliter le commerce que la guerre contre Flamiella et sa malédiction avait été déclarée.

Notes de Max.

 

~0~

 

Lise se réveilla lorsque les premiers rayons du soleil se déversèrent par la fenêtre et caressèrent son visage. Elle s’extirpa de son lit, plus sereine que la veille. Contrairement à ce qu’elle avait cru, elle avait facilement trouvé le sommeil, trop épuisée pour s’offrir le luxe d’une insomnie. Malheureusement, ses idées ne s’étaient pas éclaircies miraculeusement pendant la nuit. Elle se mordilla le pouce, incertaine. Elle voyait bien que Leihulm ne lui souhaitait aucun mal. Il l’aurait droguée pendant le repas ou attachée pendant qu'elle dormait sinon. Là, rien. Ses affaires n’avaient pas bougé de derrière la porte, preuve que personne ne l’avait ouverte.

 

Pourtant, malgré toutes ses bonnes intentions, elle avait des difficultés à croire les paroles de Leihulm. Un autre monde, et puis quoi encore ? Pour peu, elle aurait pu penser être dans une réserve naturelle, reconvertie en asile psychiatrique. Laissons ensemble les fous et voyons comment ils évoluent. Mais même avec toute la meilleure mauvaise foi du monde… Elle savait qu’il ne s’agissait pas de cela. Son instinct lui soufflait de le croire. Mais sa raison protestait beaucoup trop.

 

Pourtant, un argument la forçait à croire l’impensable.

 

Le problème de la langue.

 

Où avait-elle pu apprendre à la parler de manière si spontanée et naturelle ? Surtout qu’elle ne trouvait aucune ressemblance avec le français. Pour les racines communes des langues modernes, on repasserait. Et puis, Leihulm paraissait vraiment la connaître. Il prévoyait ses réactions. Elle s’en souviendrait si elle l’avait déjà croisé dans une rue. C’était quand même pas un stalker louche qui l’aurait suivi en douce, non ?

 

Toujours perdue, Lise regarda par la fenêtre. En bas, sur les chemins du village, les hommes et les femmes les plus vigoureuses s’éloignaient en discutant joyeusement entre eux. Ils emportaient avec eux des faucilles et de grands paniers tressés à la main. Les moissonneuses batteuses n’étaient jamais parvenues jusqu’ici. Mais bon sang, où avait-elle atterri ? L’inquiétude commençait à l’envahir et elle fit les cent pas dans une vaine tentative de canaliser le stress. La sorcellerie, un monde parallèle… Est-ce qu’elle devait vraiment y croire ?

 

La Colère de Lise s’enflamma d’un coup, au point de lui couper le souffle.

 

Accorder crédit au premier venu qui lui racontait une jolie histoire sur la sorcellerie et les univers parallèles ? Et puis quoi encore ?! Rageusement, Lise commença à fourrer dans son sac les affaires qu’elle avait éparpillées aux quatre coins de la pièce. Leihulm lui avait demandé d’attendre le matin pour partir, si elle l’envisageait toujours à ce moment-là. Elle avait gentiment patienté, maintenant elle n’avait plus de raison de rester. Elle retrouverait l’homme en rouge et or et après… et après… Elle verrait bien !

 

Quelqu’un toqua à la porte. Lise étouffa un juron et hésita quelques secondes. Ne donner aucun signe de vie éveillerait les soupçons.

 

— Oui ?

 

Le battant s'écarta et une petite fille d’une dizaine d’années émergea timidement. Apercevant l’air renfrogné de Lise, elle faillit déguerpir mais tint bon.

 

— V’voulez vot’ bain et vot’ manger ?

 

La gamine s’exprimait avec un accent campagnard à couper au couteau. Lise peina à saisir ce qu’on lui demandait. Elle finit par hocher la tête sans répondre et la fillette sembla comprendre. Quitte à repartir, autant prendre le temps de se laver et de se remplir l’estomac.

 

~0~

 

S’occuper d’elle-même remit les idées de Lise en place. Elle s’habilla d’un jean et d’un haut léger, il ne servait visiblement à rien d’essayer de se fondre dans la masse. Elle sortit de sa chambre par la voie royale et descendit d’un pas conquérant les marches de l’auberge. Elle avait enfin trouvé ce qui la dérangeait, l’énormité dans les élucubrations qu’elle avait écoutées trop patiemment la veille. Parvenue dans la salle commune, elle chercha Leihulm des yeux, sans succès. Elle se sentit presque déçue. Dans un calme et un silence tranquille, le tavernier passait le balai entre les tables. Un seul client était installé à l’écart, sur un tabouret.

 

Rouge et or.

 

Il s’agissait d’un vieil homme, avec des cheveux frisés d’un blanc éclatant. La plupart de ses mèches étaient coincées dans un petit chapeau de velours rouge au bord doré, tissu repris pour ses vêtements bouffants et peu discrets. Il se tenait penché sur une étrange guitare dont il tirait des sons purs, un à un. Il effectuait parfois quelques réglages, concentré à l’extrême sur sa tâche.

 

Un instant déconcertée, Lise s’avança de quelques pas dans la pièce. La veille, rejoindre cet homme lui avait paru si important. Et maintenant… Elle ne savait même pas quoi lui dire. Elle aurait préféré trouver Leihulm au final. Est-ce qu’elle devait aller tambouriner à la porte de sa chambre ? Ou s’était-il enfui sans demander son reste après lui avoir raconté les pires âneries ? Confusément, elle sentait qu’il ne s’agissait pas de ça, mais elle ne savait plus comment réagir. Attendre ou partir sans perdre plus de temps ? Croire ou non ? Et qui surtout ?

 

Elle hésita quelques instants avant de réaliser que plus aucune note ne s’élevait du côté du ménestrel. Celui-ci avait redressé la tête et lui adressait un sourire doux. Son visage était parcouru par une infinité de rides, beaucoup plus que Lise n’en avait jamais vu. Cela donnait au vieillard un aspect fripé assez étrange. Lorsque ses lèvres s’étiraient, tous les sillons de sa peau suivaient le même mouvement.

 

Malgré son âge avancé, il se leva souplement et s’approcha de Lise avec une démarche assurée et fluide, digne d’un jeune homme éclatant de santé. Ses yeux, à la fois délavés et pétillants, la détaillèrent des pieds à la tête.

 

— Bien bien, tu m’as l’air en parfaite santé ! Bien bien, c’est un soulagement pour moi que tu n’aies pas gardé de séquelles de ton malaise dans la plaine de Fyh. Je m’en serais voulu d’être arrivé trop tard.

 

La voix du ménestrel, sans le moindre défaut d’élocution, sonnait comme du cristal. Lise resta un instant muette, surprise par la différence entre l’apparence du vieillard et son comportement. Elle se reprit, réalisant ce qu’impliquaient les paroles de son interlocuteur.

 

— Quoi ? C’est vous qui m’avez sauvée hier ? Je pensais que Leihulm…

— Oui, en effet. Le maître d’arme m’a aidé à te transporter jusqu’ici, je n’aurais jamais réussi seul. Il semblait te chercher, mais je doute qu’il t’aurait trouvée sans mon intervention. J’avais allumé un feu bleu dans l’espoir d’attirer un curieux capable de nous apporter du soutien.

 

Le maître d’arme, sérieusement ? Qui s’amusait à se faire appeler ainsi ? Si Lise n’avait pas été aussi prise de court par le titre, elle en aurait probablement ri. Après les histoires de sorcellerie contées la veille, quelques chevaliers de plus ou de moins ne changeaient pas grand-chose. Et puis quoi encore ? Des ninjas et des zombies ? Dieu ? Ce qu’elle vivait sombrait de plus en plus dans le n’importe quoi. Il s’agissait d’une farce, d’un énorme coup monté. Forcément. Comment y croire sinon ? Mais en même temps… Avec ce qu’elle avait vu… Elle préférait ne pas y penser. Juste… Attaquer plutôt que de réfléchir. C’était plus simple.

 

— Et ça vous arrive souvent de sauver des inconnues apparues au milieu de nulle part ? demanda-t-elle avant de pousser la provocation. Vous êtes quoi vous, un preux chevalier ? Un bon samaritain ?

 

Le ménestrel, imperturbable, ne s’offusqua pas le moins du monde. Amical, il prit le temps de l’inviter à s’asseoir avant de répondre.

 

— Oh non, bien sûr que non ! Je ne suis qu’un humble conteur et musicien, déambulant de hameau en hameau. Ernest, pour bien vous divertir ! Dans mon métier, on apprend rapidement qu’il se révèle toujours intéressant d'aider son prochain.

— Quoi ? Vous voulez que je vous paie pour ça ? J’avais rien demandé moi ! s’énerva-t-elle.

 

Lise, ou l’incarnation même de la mauvaise foi. Le ménestrel explosa de rire et frappa la table du plat de la main. Lorsqu’on mettait de côté son aspect de vieillard millénaire, il irradiait d’une vitalité et d’une énergie incroyable, qui parvenaient presque à faire oublier la multitude de rides qui recouvrait son visage.

 

— Tu me parais bien hâtive dans tes conclusions ! Je tire mon plaisir de te savoir en bonne santé, rien de plus.

— Ouais, bah… il fallait pas en attendre plus, marmona-t-elle, indécise.

 

Lise sentit la Colère retomber d’un coup. Être calmée aussi brutalement ne lui était pas arrivée depuis longtemps et cela la prenait de court. Elle se sentait bien et elle n’aurait échangé ce sentiment pour rien au monde. La porte de l’auberge s’ouvrit peu après et Leihulm pénétra à l’intérieur, se dirigeant d’un pas rapide vers l’escalier au fond de la salle. Il aperçut Lise et s’arrêta, surpris. Les sourcils haussés, il détaillait la scène, décontenancé.

 

— Toujours là, le « maître d’arme » ? Je pensais qu’après toutes les bêtises que tu as essayé de me faire gober hier, tu avais préféré t’enfuir !

 

Personne ne releva le brusque tutoiement. Leihulm parut même satisfait. Un sourire étira ses lèvres tandis qu’il prenait lui aussi place autour de la table, nullement dérangé par la présence d’Ernest.

 

— C’est toi qui me parles de fugue ? Je ne t’attendais pas vraiment ici, la taquina-t-il. 

 

Lise mit un moment avant de comprendre ce qu’il voulait dire. Le calme avant la tempête.

 

— Quoi ?! Tu me guettais dehors ?

— Tu avais privilégié la fenêtre hier. J'ai pensé que, chez toi, on ne connaît peut-être pas l’existence des escaliers. Mais après tout, tu as pu apprendre depuis.

 

Si Lise avait eu quelque chose sous la main, elle l’aurait jeté sans une hésitation vers Leihulm qui la toisait d’un air moqueur. À la place, elle se renfrogna et lui lança un regard assassin. Un silence s’étira pendant plusieurs minutes. Ernest en profita pour terminer d’accorder son instrument, insensible à la Colère contenue qui bouillonnait à ses côtés. Au fur et à mesure des notes qui résonnaient dans la pièce, l’énervement de Lise s’apaisa. Lorsqu’elle eut retrouvé son calme, elle reprit la parole, prête à mettre Leihulm devant ses incohérences.

 

— Ya un souci avec tes histoires ! Si je suis déjà venue ici comme tu l’affirmes, je suppose que j’ai dû rester minimum plusieurs jours, puisque j’ai appris la langue du coin.

— En effet. Ton séjour a duré plusieurs lunes d’argent, presque une lune d’or, répondit-il avec prudence.

— Menteur ! C’est pas possible ! Mes parents sont totalement à la ramasse, mais ils l’auraient remarqué si j’avais disparu aussi longtemps ! Sans compter que je me rendrais compte d’un trou dans ma mémoire.

 

Lise avait ponctué ses paroles d’un doigt accusateur tendu vers Leihulm. Celui-ci se contenta de lever les yeux au ciel et de sourire.

 

— Pour avoir les explications détaillées, il faudra attendre de parler à Max. Mais en quelques mots…

 

Leihulm hésita un instant, surveillant du coin de l’œil Ernest.

 

— Il semblerait qu’il y ait des anomalies temporelles lors du voyage entre chez toi et ici. Pour te donner une idée, Max et Rudy, de mon point de vue, ne sont partis qu’hier matin pour te retrouver, expliqua-t-il en choisissant avec soins ses formulations. Mais, d’après ce que j’ai compris, ils ont passé plusieurs jours dans ta ville d’origine.

 

Il jetait régulièrement des coups d’œil vers le ménestrel, silencieux.

 

— Mais c’est quoi ce bordel ?! Je te dis que je ne te crois pas quand tu m’affirmes que je suis dans un monde parallèle et tu me réponds « voyage dans le temps » ? C’est une blague ! C’est…

 

Lise s’interrompit lorsqu’un coup de pied lui brutalisa le mollet, que Leihulm accompagna d’un regard furieux, teinté d’inquiétude. Il regardait Ernest comme si le vieillard menaçait de l’attaquer d’une seconde à l’autre. Le barde se contentait de passer inlassablement un chiffon sur son instrument de musique, malgré son aspect irréprochable. Sentant le malaise qui l’entourait, il redressa la tête.

 

— Oui ? Un problème ?

 

Il paraissait n’avoir rien suivi de la conversation. Les épaules de Leihulm se détendirent légèrement. Il prit soin d’afficher un sourire poli avant de répondre :

 

— Non non, rien. Je souhaitais juste vous remercier encore une fois pour votre aide hier. Qui sait quel drame aurait pu se produire si vous et votre présence d’esprit n’étiez pas passé au bon endroit au bon moment.

— Vous ou quelqu’un d’autre se serait occupée de la petite, j’en suis certain.

— Qui est-ce que tu traites de petite ? grogna Lise.

 

Elle jugeait cette appellation d’autant plus insultante que, lorsqu’ils discutaient encore debout, Ernest lui arrivait difficilement à l’épaule. Les deux hommes l’ignorèrent et elle se mura dans le silence. Leihulm se leva et posa sa main sur l’épaule de Lise pour l’inciter à se lever. Avant de partir, il adressa une dernière parole à Ernest.

 

— Dans tous les cas, je vous suis reconnaissant. Maintenant, si vous voulez bien nous excuser.

— Bien bien, je ne souhaitais pas vous importuner.

 

Leihulm saisit la main de Lise et monta à l’étage de l’auberge sans lui laisser le choix. Il l’emmena jusqu’à une chambre où il la poussa devant lui. Il resta un instant dans le couloir, le temps de vérifier que personne ne les suivait. Lise déambula dans la pièce, parfaitement ordonnée. Le lit était impeccablement fait, aucun objet personnel ne traînait, tout était rangé dans deux petites sacoches, installées avec soin sur une chaise. Un fourreau reposait sur la commode, ce qui attira son regard. Elle s’approcha, à la fois curieuse et étonnée.

 

— Ernest était sérieux ?

— Fais attention avec ça. Ce n’est pas un jouet.

 

Lise se contenta d’un coup d’œil en arrière avant de fixer de nouveau l’arme. Elle saisit la poignée et dégagea la lame. Il s’agissait d’une épée longue, dont les deux tranchants paraissaient aiguisés. Le métal ne portait aucune trace, parfaitement entretenu et nettoyé. Elle rit nerveusement.

 

— Pas un jouet ? Tu vas essayer de me faire croire quoi aujourd'hui ? Que le week-end, tu tues des dragons avec ? J’ai déjà vu des reproductions plus convaincantes que…

 

Un petit cri l’interrompit. Elle regarda sa main, presque choquée. Pour appuyer ses propos, elle avait caressé le fil de l’épée. À présent, une entaille profonde barrait sa paume. Sur le coup, la douleur lui avait rappelé les fois où elle s’était coupée avec du papier, une blessure vive mais sans gravité. Sauf que là, le sang coulait généreusement.

 

— Je t’avais prévenue ! Pose-moi ça tout de suite.

 

Leihulm, plus énervé qu’inquiet, fouilla un instant dans l’un de ses sacs. Il en sortit un rouleau de bandage qu’il lança à Lise. Celle-ci le rattrapa par réflexe, projetant au passage quelques gouttes écarlates sur le parquet. Se servir de sa main blessée lui tira une grimace de douleur. Tout s’enchaînait trop rapidement. Elle n’avait pas vraiment envisagé que l’arme puisse réellement en être une et la brûlure l’empêchait de réfléchir normalement. Elle s’apprêtait à remettre l’épée dans sa gaine en se jurant de ne plus jamais y toucher quand Leihulm l’interrompit.

 

— Non, pas comme ça. Le sang va coaguler, tu vas salir le fourreau et la lame ne glissera plus correctement. Laisse-moi ça.

 

Leihulm récupéra son bien et essuya soigneusement avec un chiffon propre le métal jusqu’à faire disparaître toutes traces. Pendant ce temps, Lise luttait pour poser un pansement de la main gauche. Elle ne réussit qu’à se tacher et à malmener un peu plus sa plaie. La douleur, cuisante, l’obsédait trop pour qu’elle parvienne à se calmer. Un soupir la poussa à redresser la tête. Leihulm avait fini de s’occuper de son arme. Il la regardait avec un léger sourire, l’air adouci.

 

— Je vois que tu as perdu l’habitude. Va t’asseoir sur le lit, je m’en charge.

 

Lise garda une impression amère de ces paroles. « Perdre l’habitude » ? Parce qu’elle avait eu l’occasion de s’y entraîner ? Elle se laissa lourdement tomber sur le matelas, en prenant garde à ne pas tacher les draps. Leihulm la rejoignit et s’agenouilla au sol devant elle. Il avait amené avec lui une cruche, dans laquelle il trempa un morceau de tissu. Il entreprit ensuite de nettoyer le plus délicatement possible la plaie. Lise s’était crispée, prête à subir sa rudesse. Il n’en fut rien. Avec ses gestes précis, elle ne sentait que l’agréable fraîcheur de l’eau. Leihulm examina un instant la blessure.

 

— En temps normal, il faudrait recoudre. Mais puisqu’on doit retrouver Max bientôt… Tu voulais une preuve de la sorcellerie ? Tu l’auras !

 

Après avoir posé son diagnostic, il déroula le bandage et le serra autour de la main de Lise. Celle-ci grimaça mais elle ne réagit pas, captivée par la manière dont il s’occupait d’elle, ses mouvements délicats et son expression attendrie. Lorsqu’il termina le pansement, il entreprit de ranger la chambre avec une minutie qui tendait sur la maniaquerie. Il tenta même de nettoyer les taches de sang sur le bois, sans grand succès. Il n’insista pas et s’installa sur une chaise, en face de Lise. Son visage avait retrouvé son aspect trop sérieux d’un peu plus tôt, face au barde.

 

— Que tu me croies ou non, fais très attention. Évite de hurler sur tous les toits que tu viens d’un autre monde, certaines personnes tueraient pour mettre la main sur toi. Et je ne parle pas que des Connaws. Reste discrète, pour ta propre sécurité.

— C’est trop facile de…

— Deux minutes. Je ne te demande pas plus. Imagine qu’un être originaire d'ailleurs apparaisse chez toi et qu’il y ait de quoi le prouver. Qu’est-ce qui se passerait ?

 

Lise y réfléchit sérieusement. Si un extra-terrestre débarquait sur Terre, comment la population réagirait ? Pas très bien. Elle avait déjà vu assez de films de science-fiction pour savoir que la peur reprenait rapidement ses droits sur la curiosité. Ou alors, cette soif de nouveauté grandirait jusqu'à des proportions malsaines et l’extra-terrestre terminerait dans un zoo. Dans le meilleur des cas.

 

— Je ne donnerais pas cher de sa peau, admit-elle à contrecœur.

— Merci de ta franchise. Imagine bien que ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un monde parallèle que les hommes se comportent mieux. Surtout qu’ici, il est connu depuis très longtemps que des univers différents existent.

— Qu’ils aillent se trouver quelqu’un d’autre alors !

 

Leihulm soupira. Il paraissait d’un coup fatigué, terriblement las.

 

— C’est ce que j’ai essayé de t’expliquer hier. Jusqu’à il y a peu, les personnes originaires d’ailleurs étaient protégées en venant sur Kaea par de très puissants sorts. Ça réglait la question. Mais plus maintenant. Ces sortilèges n’existent plus. Il a fallu de longues années avant que les habitants de Kaea se fassent à cette idée.

 

Il se massa la base du cou, mal à l’aise.

 

— Mais depuis, les Connaws ont tenté plusieurs fois de ramener ici des personnes de ton monde. Une centaine au total, en quatre vagues. Une seule a survécu. Toi. Toutes les autres sont mortes, sans que personne ne comprenne pourquoi.

 

Lise garda le silence. Trop de réponses lui semblaient tirées par les cheveux, comme l’histoire du voyage dans le temps. Mais Leihulm paraissait sincèrement s’inquiéter pour elle. Maxhirst serait capable de lui prouver que la sorcellerie existait bel et bien. Dans ce cas, comment réagir ? Et pourquoi avait-elle survécu, contrairement à tous les autres ? Lise restait sceptique. Mais elle ne pouvait plus se contenter de considérer Leihulm comme un fou hystérique. Mais de là à lui accorder toute sa confiance sans contrepartie… Elle pouvait se trouver dans un monde parallèle sans que Leihulm soit digne de confiance.

 

— Tu m’as dit hier que tu me laisserais partir si je ne te croyais pas. Maintenant, tu me demandes de te suivre pour aller retrouver les personnes qui m’ont amenée ici sans me demander mon avis. C’est un peu trop facile !

— Si j’avais voulu t’emmener de force, je t’aurais droguée ou assommée.

— Tout seul ? Tu attends les autres pour me piéger.

 

Un rire secoua Leihulm.

 

— Crois-moi ! Je n’aurais pas besoin d’aide. Et vu comment tu te jettes sur les épées, une blessure de plus ou de moins ne changera pas grand-chose.

— C’est ça l’ancêtre. Et sinon, tu veux que je te ramène une canne ?

 

Leihulm se leva et fit signe à Lise de l’imiter. Devant son air joueur, elle se demanda ce qui allait arriver. Le temps qu’elle se formule la question, elle se retrouva écrasée contre le sol, un bras tordu en arrière. Elle sentait un genou s’enfoncer dans son dos et une main plaquée délicatement mais solidement sur sa nuque. Elle essaya de se débattre, sans succès. Leihulm raffermit sa prise, sans jamais être mis en difficulté. Il garda la position un instant avant de libérer sa victime et de s’éloigner.

 

— Tu disais ?

 

Lise lui lança un regard mauvais. Elle se frotta le bras sans réussir à déterminer si cette démonstration la rassurait ou pas. Leihulm n’employait pas la méthode douce par nécessité. Mais s’il finissait par perdre patience, il pourrait la maîtriser sans souci et l’empêcher de partir. Elle ne parvenait plus à se détendre totalement. Elle se sentait mal à l’aise, menacée. Une peur primaire, venue de nulle part et qu’elle savait inappropriée. Elle restait sur ses gardes, malgré le sourire de Leihulm. Celui-ci se rendit compte du malaise. Il se rapprocha et leva le bras vers elle, inquiet de l’avoir blessée par inadvertance. Un geste parfaitement amical, sans aucune arrière-pensée.

 

Lise réagit instinctivement.

 

Son corps passa à l’action sans même que son esprit n’en ait conscience. Sa main gauche saisit le poignet tendu vers elle et amplifia le mouvement vers l’avant pour lui faire perdre l’équilibre. Elle pivota ensuite sur elle-même et sa jambe s’envola. Leihulm para le coup avec son avant-bras. La scène se figea. Lise cligna des yeux, surprise de son propre comportement. Après la peur, son esprit s’était déconnecté un instant, son corps avait agi tout seul et… et…

 

Elle recula de quelques pas et se laissa tomber sur le lit, tremblante. Quelques semaines plus tôt, exactement le même phénomène s’était produit, lorsqu’elle avait réussi à rétamer son voleur par réflexe. Le début de ses ennuis. Elle s’était convaincue qu’il ne s’agissait que d’un accident, qu’elle n’aurait pas réalisé un tel exploit plusieurs fois et qu’elle ne devenait pas dangereuse. Mais là… Elle avait de nouveau attaqué sans raison. À croire qu’elle se transformait en monstre, une bête sanguinaire folle furieuse.

 

— Eh bien, tu as de bons restes !

 

Ahurie, Lise redressa la tête. Leihulm lui souriait. Contrairement à sa famille ou à ses amis, il ne la traitait pas comme une pestiférée à cause de sa réaction.

 

— Max supposait qu’il y avait deux mémoires, l’une liée aux souvenirs et l’autre corporelle, et que la deuxième avait pu survivre chez toi. C’est visiblement le cas.

 

Leihulm parlait tranquillement, comme si se faire agresser sans raison ne le surprenait plus depuis longtemps. Lise peinait à réaliser ce que ses paroles impliquaient.

 

— Quoi ? Tu veux dire que tu peux m’expliquer pourquoi je me mets à tabasser tout ce qui bouge ?

— Lors de ton passage ici, tu ne t’es pas contentée d’apprendre la langue locale. Tu as dû garder quelques réflexes qui se réveillent quand tu te sens en danger. Je suppose que tu n’as encore jamais attaqué quelqu’un gratuitement ?

 

Lors de son agression, elle n’avait réagi qu’à partir du moment où elle avait été franchement menacée par le couteau. Leihulm ne s’était pas montré agressif, mais cela s’expliquait peut-être par sa petite leçon et sa peur irrationnelle d’après. Se pouvait-il vraiment que son corps ait appris à la défendre sans qu’elle s’en souvienne ? Entre cette découverte et ses capacités de linguiste, la situation devenait vraiment de plus en plus étrange.

 

Dérangeante.

 

Un léger bruit tira Lise de ses pensées. Quelque chose tapait contre la vitre de la chambre. Sans une hésitation, Leihulm ouvrit la fenêtre et tendit la main. Une grue de papier se posa dessus. Elle battit des ailes une dernière fois avant de se déplier et de laisser apparaître des runes. Quelques instants plus tard, Leihulm froissa le bout de parchemin et s'approcha de ses affaires.

 

— Prépare ton sac. Max et Rudy commencent à s’inquiéter, on va les retrouver sans plus attendre.

 

Le ton, pourtant neutre, ne laissait place à aucune contestation. Lise se leva et se dirigea sans un mot vers la porte.

 

— Je sais que tout ceci doit te sembler incompréhensible. Après les explications de Max, tu pourras faire ce que tu veux. Mais pour ton bien, il faudrait mieux que tu restes avec nous, au moins le temps que tu récupères tes souvenirs.

 

Leihulm la regardait droit dans les yeux, à la fois sérieux et sincère. Elle s’éclipsa de la pièce sans répondre. Aussi stupide que cela puisse paraître, elle voulait croire ses dernières paroles.

 

Pour le reste, elle verrait plus tard.

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Dédé
Posté le 03/01/2020
J'aime beaucoup cette histoire de double mémoire. Et j'aime Lise badass ! :D

De plus en plus, elle se lâche dans ce monde qu'elle ne reconnait pas et c'est chouette à lire. Au début, elle passe pour une gamine et à la fin, pour celle qui cogne tout ce qui bouge. C'est une belle évolution !

Ces univers parallèles offrent tellement de possibilités. C'est une idée si séduisante. Te connaissant, les ennuis ne sont jamais trop loin.

Niveau dynamique des personnages, la relation Lise/Lei est vraiment sympa à suivre. Ca marche bien leurs piques chien et chat.

A bientôt pour la suite ! :D

Coquillettes :
Leihulm saisit la main de Lise et monta à l’étage de l’auberge sans laisser lui le choix. --> sans lui laisser
Elle n’avait pas vraiment pas envisagé que l’arme puisse réellement en être une et la brûlure l’empêchait de réfléchir normalement. --> Elle n'avait pas vraiment envisagé...
Flammy
Posté le 04/01/2020
Coucou Dé !

Donc tu aimes voir des gens tabasser d'autres gens gratuitement, je note ! Quel horrible individu ce Dé :p Après, je sais pas si l'évolution "bête furieuse" est vraiment la meilleure évolution du monde xD Pas très pratique pour créer des liens et tenir une conversation ^^

KOUA ?! Des ennuis avec moi ?! Je proteste, c'est scandaleux, je suis toute gentille !

Et je suis contente pour la dynamique Lise/Lei, j'avais peur que ça soit un peu trop mou/longuet ^^"

Merci beaucoup pour les coquilles ! Ca m'horrifie de voir que malgré toutes les relectures, yen a encore ='D

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire ! Pluchouille zoubouille !
Everjean
Posté le 03/01/2020
Hello again o/

Ces deux derniers chapitres sont chouette (j'arrive à bout d'adjectifs positifs utilisables, navrée).

Pour celui avec Callune, j'ai beaucoup aimé. Je trouve que ça commence vraiment à bouger, et j'aime beaucoup son personnage. Je pense qu'il y a beaucoup à faire dessus, et que de nombreuses évolutions sont possibles. J'ai hâte de voir ça, d'en apprendre plus sur elle ! J'ai eu un peu de mal à comprendre à quoi ressemblait l'endroit dans lequel charybe est et où Hawk et Callune sont enfermés. Comment il peut y avoir de l'oxygène, il y a la surface ? J'avais pourtant cru comprendre que l'endroit où ils se trouvaient était sous l'eau ? Mystère !
Ce soucis de compréhension mis à part, j'ai hâte de la retrouver dans le prochain chapitre !

Pour ce chapitre-là, j'ai souri devant la persistance de Lise à ignorer tous les indices qui montrent que Lei dit la vérité, tout en sachant qu'ils sont réels. Je n'ai pas de commentaires particuliers à faire parce que tout coulait plutôt de sources, de la renaissance de ses doutes jusqu'à une certaine acceptation de la réalité à la fin du texte. C'est très bien mené, rien ne fait trop ou pas assez, je vous ai suivi sans aucun problème et c'est super.

Juste une petite coquille : "Lise s’était crispée, prêtre à subir sa rudesse" => Plutôt "prête" que prêtre je pense !

A bientôt !
Flammy
Posté le 04/01/2020
Re-Coucou !

Ne t'excuse pas, même si j'avoue que je ne sais plus trop où me cacher vu que bon, sous la table, c'est déjà fait depuis longtemps ='D

Pour Callune, je suis vraiment contente qu'elle plaise ! C'est pas forcément un personnage qui plait à première vue, mais c'est il y a vraiment pleins de trucs à faire avec et moi je l'aime beaucoup personnellement ^^

Pour l'endroit où Callune et Hawk se trouvent, la ville est certes sous l'eau mais ya une bulle pour retenir l'eau, et l'oxygène passe à travers la bulle. Pour l'endroit où il y a Charybde, c'est une sorte de lac souterrain, donc il y a bien une surface où Hawk et Callune peuvent respirer ^^ J'espère que c'est plus clair comme ça =D

Contente que le chapitre de Lise passe bien, j'ai eu beaucoup de mal à doser ^^ Pour moi, c'était important qu'elle doute, mais en même temps, à un moment, il faut bien accepter la vérité quoi ='D

Merci beaucoup pour la coquille ! Et pour la lecture et le commentaire <3

Pluchouille zoubouille !
Hinata
Posté le 26/10/2019
J'ai beaucoup beaucoup aimé ce chapitre !! L'écriture est un peu maladroite par endroits (mais rien de grave, comme d'habitude ! Juste perfectibe ;) mais tout ce qui se passe est trooooop cool ^^

Remarques en tout genre qui suivent l'ordre du texte ;) :
- "La région de Lyon n’était pas vraiment reconnue pour ses productions céréalières" > Je trouve l'argument un peu inutile. Surtout que ne pas être dans la région de lyon ne veut pas dire qu'elle est forcément dans un monde parallèle, c'est plus plausible qu'elle ait été transporté ailleurs sur Terre dans son sommeil que téléporté dans un univers parallèle, non ?

- "Son visage était parcouru par une infinité de rides, beaucoup plus que Lise n’en avait vu réunis en un seul endroit." > la deuxième partie de la phrase sonne un peu maladroite

- "Mais je doute qu’il t’aurait trouvé" > il faut accorder "trouvé" au féminin
- "un preux héros" ? > l'idiome c'est plutôt "preux chevalier" non ?

"Elle décida de pousser la provocation". > euh...pourquoi ça arrive APRES la tirade cette phrase ?

"— Quoi ?! Tu me guettais dehors ?
— Tu avais privilégié la fenêtre hier. J'ai pensé que, chez toi, on ne connaît peut-être pas l’existence des escaliers. Mais après tout, tu as pu apprendre depuis. >>> haha, J'A-DORE ! <3

C'est trop bien qu'elle se coupe en pensant que l'épée est fausse ! C'est une trop bonne idée et tu l'as très bien narré ! Et puis tout ce qui suit avec le bandage, où Lei a d'abord le réflexe de la laisser se débrouiller puis finalement l'aide avec délicatesse (Keur sur lui * - *), le fait que la guérison de cette blessure va pouvoir servir de preuve que la magie existe c'est tout trop bien !! Et la minutie de Lei qui veut même nettoyer le plancher, haha, c'est trop bon !

- "Dans le meilleur dans cas." > faute de frappe
- "Je ne donne pas cher de sa peau" > il faut mettre le verbe au conditionnel comme dans la question de Lei.
- "Tu dois garder quelques réflexes"> vu le contexte de la phrase je mettrais "tu as dû"

J'aime trop la manière de communiquer de Max et Lei * - * A bas les portables, on veut des insectes magiques et des cocottes en papier !

- "Quelques instants plus tard, Leihulm froissait le bout de parchemin et s'approcha de ses affaires." > il faut choisir passé simple ou imparfait et mettre les deux verbes au même tps

"Advienne ce qu’il pourrait." > Advienne que pourra est une expression figée, tu ne peux pas trop la malaxer à ta sauce comme ça (et si ça peut t'aider : pour moi elle n'est pas utile, la phrase d'avant concluerait aussi bien, si ce n'est mieux, ce chapitre :)

Hâte de lire la suite ! Les deux trames deviennent vraiment très intéressantes, c'est drôle parce que quand je lis Callune, j'oublie complètement Lise et inversement ^^ C'est comme deux histoires pour le prix d'une en fait hihi !
Flammy
Posté le 26/10/2019
Bon, Hinata, parlons de choses sérieuses. Je peux te faire une déclaration d'amour ? Sérieusement, à chaque fois, tes commentaires sont une source infinie de motivation pour continuer et avec des remarques/commentaires tellement cools pour corriger, c'est vraiment méga génial <3

Vraiment, un très très gros merci pour tout ça !

Pour ta première remarque, sur le fait qu'elle pourrait être ailleurs sur Terre, je l'évoquais dans une ancienne version, mais c'était juste très lourd et très confusant, mais du coup, ça a moins de sens xD Va falloir que je reprenne ça encore un peu.

Merci pour toutes les fautes <3 J'ai un peu honte d'en laisser autant alors que, normalement, c'est la dernière version xD Mais bon ^^' Au moins, elles seront corrigées.

Je suis contente que le perso de Lei te plaise =D Il est un poil monomaniaque, mais il se soigne le petit ! (En vrai, pas du tout, mais chut :p )

Et je suis aussi ravie que l'alternance marche, j'ai toujours peur que ça ne soit pas le cas ^^ Promis, ce n'est pas que deux histoires en une, ya un lien entre les deux, c'est pas juste de la vente forcée d'histoire :p

Un gros merci pour tes retours <3

Pluchouille zoubouille !
Jibdvx
Posté le 23/10/2019
Bon et bien les choses sérieuses commencent pour Lise ! Une situation moins désespérée que Callune certes, mais tout aussi dépaysante j'imagine :) En tout cas, m'est avis que le mystérieux joueur de oud va sans doute refaire parler de lui. J'ai ha^te de voir Lise se rappeler petit à petit (si elle y arrive) et maîtriser à nouveau ses capacité latentes.
Sinon je tiens à dire bravo, parce que j viens de remarquer que, même si on saute d'un cadre spatio-temporel à un autre, on ne se sent pas du tout perdu ! C'est mon impression en tout cas :)
Flammy
Posté le 23/10/2019
Coucou !

Oui, le début de Lise est plus violent, et ça se calme un peu après, et Callune, c'est l'inverse ^^ Faut bien répartir un peu, histoire que ça ne soit pas toujours la même qui morfle :p

Et pour ce qui va arriver ensuite, on verra bien, faut lire pour savoir ^^ D'ailleurs, j'espère que ça continuera à te plaisre et à être clair, parce que bon, mine de rien, c'est quand même mon gros enjeux ='D

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire !

Pluchouille zoubouille !
Keina
Posté le 05/10/2019
Ok, donc Lise n'est pas folle, elle a juste oublié toute une partie de sa vie, et la différence de temporalité entre les deux mondes parallèles permet d'expliquer qu'elle n'ait pas eu conscience de cet oubli. Par contre, elle parle de voyage dans le temps, mais il n'est pas question de ça, si ? J'ai juste compris que le temps s'écoulait différemment dans les deux mondes (du coup, si elle rentre dans son monde, il ne se sera écoulé que quelques heures à peine), mais pas qu'il y avait une histoire de voyage temporel...
Et comme j'ai enchaîné les chapitres, concernant le chapitre sur Hawk et Callune, ça sent pas bon du tout, je me demande comment ils vont réussir à se sortir de ce mauvais pas. Callune comprend ce que ça fait d'être dans la peau d'un peuple discriminé et maltraité...
Bon, comme je lis "au nom de la sorcellerie" en parallèle, j'ai hâte qu'on en apprenne plus sur le Marxhist de cette histoire, beaucoup plus vieux je suppose, et j'ai hâte de sa confrontation avec Lise. À très vite j'espère !
Flammy
Posté le 06/10/2019
Coucou =D

Alooors, pour la temporalité. Dans mon idée, pourquoi Lise parle de voyage dans le temps, c'est parce qu'elle est revenue dans son monde avant même d'être techniquement partie, et ce n'est donc pas le temps qui s'écoule différemment, ya vraiment un gros souci niveau de la chronologie entre les mondes, et Lise simplifie un peu en parlant de voyage dans le temps. Mais du coup, si ça perturbe plus qu'autre chose, il faudrait que je reprenne.

Pour Caca and co, ouais, c'est compliqué ^^' La vie de dimidius est tout sauf simple, et même si Caca riait déjà pas tous les jours, là c'est clairement sa survie qui est en danger.

Et oui, Maxhirst pas mal plus vieux ^^ On le reverra dans le prochaine chapitre de Lise. Bon, par contre, chose que j'avais pas trop anticipé, ya parfois des trucs de CE qui vont te spoiler Au nom de la Sorcellerie ^^"

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire =D

Pluchouille zoubouille !
Isapass
Posté le 25/04/2018
On sait maintenant que la scène du laboratoire, au chapitre 6 est effectivement arrivé à Lise. Peut-être que tu devrais la lier à elle quand tu la racontes, par exemple dire qu’elle en rêve, sans comprendre d’où ça vient. Je trouve un peu frustrant de devoir attendre 4 chapitres pour en être sûr, même si on s’en doute (mais je ne suis peut-être pas une lectrice très patiente 😊 ).
J’aime bien quand Lise s’énerve et use de l’ironie pour montrer qu’elle perd patience. Je me demande si ça ne correspond pas à un des défis du pano, non ?
Le barde est intrigant. J’imagine qu’on va le revoir ?
 
Détails :
-                     « Mais même avec toute la meilleure mauvaise du monde… » : euh, je pense qu’il y a un souci dans cette phrase 😉
-                     « Mais en même temps… Avec ce qu’elle avait vu… Elle préférait ne pas y penser. Juste… Attaquer plutôt que de réfléchir. » Beaucoup de points de suspension, peut-être ? 😉
-                     « Son visage avait retrouvé son aspect trop sérieux d’un peu plus tôt, face au barde. » : La tournure pourrait être améliorée. Par exemple « Son visage avait retrouvé l’aspect trop sérieux qu’il avait un peu plus tôt, face au barde »
-                     « lorsqu’elle avait réussi à rétamer son voleur par réflexe. » même remarque qu’au chapitre précédent : « rétamer » est à mon avis, inutilement familier.
Flammy
Posté le 22/09/2019
Re-Re-Coucou !

Oui oui, la scène du laboratoire est bien vrai ^^ Après, c'était déjà évoqué dans le chapitre d'avant de Lise, mais Lise n'en avait pas forcément conscience. C'est un peu lourd d'assimiler tout ça.

Et Lise a surtout beaucoup de répondant quand elle veut et qu'elle est pas en panique, ce ça même pas été écrit pendant un PaNo il me semble ^^

Et oui, on reverra le barde, même si c'est pas pour tout de suite.

Merci pour le relevé et ton commentaire !

Pluchouille zoubouille !
Rimeko
Posté le 05/10/2016
Coucou Flammy !<br /> Houla, mais c'est que j'ai plus de retard que je ne croyais moi o.O Heureusement que tu as posté sur ton JdB sinon j'aurai encore oublié !<br /> <br /> Suggestions :<br /> "beaucoup plus que Lise n’en avait vu réuni(e)s en un seul endroit"<br /> "Ca (Ça) réglait la question." À tout hasard, y'a un raccourci clavier (Alt+128) qui permet d'obtenir un Ç facilement ^^<br /> " Et vu comment tu te jettes sur les épées, une blessure de plus ou de moins ne changera pas grand-chose." Pas grand-chose à quoi ?
 
C'est là où je me demande si le titre du chapitre se rapporte à l'épée de Lei ou à Lise elle-même... C'est super intéressant le coup de la mémoire corporelle en tous cas ! Ce qui ne nous dit toujours pas pourquoi et comment ta demoiselle a perdu la mémoire, mais bon, mystère, suspense, toussa toussa, je sens qu'on en a encore pour un bon moment à se poser des questions xD Quoique... Cette rencontre avec Max (un magicien ?) présage quelques répones ! (Puis en plus le prochain chapitre de Lise est disponible, que demander de plus ? ... ah si, je sais. Du temps. Bref ^^)
J'ai beaucoup aimé la parenthèse sur l'extra-terrestre débarquant sur Terre ; j'avais tout de suite compris qu'il fallait pas que Lise crie qu'elle vient d'un monde parallèle vu la réaction de Lei par rapport au ménestrel,mais je pensais que c'était les habitants de cet autre monde qui étaient particulièrement intolérant ou superstitieux mais... en fait non.
C'est cool que Lise commence enfin à y croire ! C'est bien, cette période d'hésitation dure juste assez longtemps, moins ça aurait pas été crédible, plus ça aurai lassé le lecteur je pense... ;)
Bon, j'enchaîne !
Flammy
Posté le 05/10/2016
Coucou Riri ! 
Tu enchaînes dis donc ^^ Merci beaucoup pour ta lecture et pour ton commentaire !
Alors, pour le raccourci, je dois être un peu pas douée parce que j'ai jamais compris comment ça marchait ='D Même là je viens d'essayer, c'est pas gagné. Faudrait qu'on me le montre en vrai je pense.
Ca ne changera pas grand chose parce qu'elle se blesse déjà toute seule, donc bon, son espérance de vie et sa santé sont déjà compris ='D
Je suis contente que cette histoire de mémoire temporelle te plaisir ^^ J'aimais bien cette idée que même si le cerveau n'avait plus accès aux souvenirs, ils restaient quand même là d'une certaine manière. Et pour le pourquoi et comment de la perte de mémoire, sisi, Lei y a déjà répondu, il a dit que c'était un regrettable accident voyons *sifflote* Et oui, la rencontre avec Max (un sorcier !), apportera peut-être des réponses. Ou encore plus de questions, va savoir :p
Et oui, les habitants de Kaea sont des humains normaux, qui réagissent comme nous on l'aurait fait ^^ Je voulais insister dessus pour pas qu'on pense que c'était des monstres, limite ils sont en réalité vachement moins "pire" que ce que nous pourrions faire je pense ='D
Et je suis contente si tu trouves que Lise hésite la bonne période ! J'ai beaucoup hésité sur ça, parce que je trouvais pas normal qu'elle y croit tout de suite sans preuve très franche, mais c'est vrai qu'à un moment, vu tout ce qui se passe de bizarre... Ba voilà quoi.
En tout cas, merci beaucoup pour ta lectures et tes retours, ça me fait super plaisir !
Pluchouille zoubouille ! 
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