I.7 Les Fragments

Par Flammy

Chapitre 7 : Fragments

 

~904 jours avant le cataclysme

 

~0~

 

Les Ephëws sont incapables d’utiliser la sorcellerie ou de naître liés à une Plume, mais chacun possède une capacité unique à cette gent, le Don d’Ephëw. Un peu à la manière des Prêtres, chaque Ephëws naît avec un pouvoir particulier, qui ne connaît aucune limite en terme de puissance ou d’utilisation. Heureusement, ces pouvoirs sont limités par le manque d’imagination héréditaire des Ephëws, qui les empêchent d’utiliser leurs pouvoirs de manière trop originales, plus puissantes. Certains affirment que Consort sera détruit le jour où un Ephëws développera son imaginaire et des velléités violentes. Au vu des massacres perpétrés par le passé par Mando la Sanglante, cette prédiction n’est pas trop risquée.

Notes de Max.

 

~0~

 

L’aube commençait à se lever.

 

Lise n’aurait pas beaucoup dormi cette nuit-là, mais elle ne se sentait même pas fatiguée. La tempête qui faisait rage dans son cœur, presque douloureuse, la tenait éveillée. Elle arpentait les rues de Vianum avec ses compagnons sans profiter du décor incroyable qui l’entourait. Rudy demeurait près d’elle, inquiet comme si elle menaçait d’exploser d’une seconde à l’autre. Plusieurs pas derrière eux, Maxhirst et Leihulm les suivaient. En cas de soucis, Leihulm était prêt à soutenir son ami, mais celui-ci avait décliné plusieurs fois la proposition. Il ne restait que des cicatrices des blessures infligées par Hirst. Et aussi des vêtements bons à jeter, mais il s’agissait de la dernière de ses préoccupations. Le dos voûté, ses cheveux cachaient en partie son visage. Pourtant, son air désespéré n’avait échappé à personne.

 

« Ne me touche pas ! »

 

Lorsque Maxhirst avait voulu s’approcher de Lise pour vérifier qu’elle n’était pas blessée, elle l’avait repoussé violemment en criant. Pour la première fois. Pendant longtemps, c’était au contraire auprès de lui qu’elle s’était réfugiée quand quelque chose allait mal. Maxhirst ne se remettait pas de ce rejet. Même s’il le comprenait parfaitement.

 

Machinalement, les pas de Lise la conduisirent à la haute tour qui servait de maison à Maxhirst. Elle n’avait aucune envie de revenir là. Pourtant, c’était l’endroit qu’elle considérait comme son foyer à Kaea. Pour le moment… c’était plus simple de rester ici. Elle verrait plus tard pour le reste. Elle pénétra dans la bâtisse, plongée dans un silence pesant. Elle s’arrêta dans l’entrée indécise. Leihulm posa doucement une main sur son épaule et lui adressa un très léger sourire.

 

— Va te coucher. Tu as besoin de dormir.

— Non, répondit-elle fermement.

 

Ses doigts tremblaient, mais son regard montrait sa détermination.

 

— Je veux… Je veux parler à Max. En privé.

 

Leihulm hésita. Il jeta un coup d’œil à Maxhirst qui avait tressailli. Il se redressa tout de même, particulièrement pâle. Il remonta ses lunettes sur son nez et hocha la tête.

 

— B-Bien sûr. Je euh… Allons dans le salon. Ça sera plus confortable.

 

Sans attendre de réponse, il se dirigea vers l’une des portes et l’ouvrit. Il laissa passer Lise en première, qui s’exécuta sans un mot. La pièce était plongée dans l’obscurité et la poussière. D’un claquement de doigts, une lumière provenant de partout et de nulle part à la fois éclaira les moindres recoins, même les moutons cachés sous les meubles.

 

Lise évita le fauteuil et s’installa sur le canapé. Une fois elle avait voulu prendre le siège préféré de Maxhirst. Il s’était écroulé sous son poids, ne tenant plus debout que grâce à la sorcellerie. Maxhirst s’y laissa tomber sans souci. Un silence pesant régna entre eux. Dans l’entrée, ils entendaient parfaitement quelqu’un faire les cent pas devant la porte. Le manège dura un moment, jusqu’à ce que des craquements de marches leur indiquent qu’ils étaient enfin seuls.

 

Livrés à eux-mêmes, aux non-dits et aux secrets.

 

Lise se débattit avec ses pensées et ses émotions. Elle espérait que des réponses apaiseraient la tempête. Mais en vérité, elle se sentait juste terrorisée. Maxhirst était l’un de ses repères stables de sa vie sur Kaea. Sûrement le plus important. Il avait passé des jours et des jours à la soigner, à s’occuper d’elle après que les Connaws l’aient torturée. Elle avait toujours cru qu’il l'avait sauvée. Mais maintenant… Si Hirst avait dit la vérité… Elle sentait les fondations de son existence trembler. Qu’est-ce qui lui arriverait si elles s’écroulaient ?

 

Les mots s’échappèrent avec leur volonté propre.

 

— Est-ce que c’est vrai ?

 

Maxhirst n’eut pas besoin de demander des précisions. Son dos se voûta. Depuis de longues minutes, il contemplait le parquet gondolé. Il se força à redresser les yeux et la fixer derrière ses lunettes. Lise vit des hésitations danser dans son regard. Est-ce qu’il envisageait de lui mentir ? Elle se crispa. Maxhirst le remarqua et il soupira. Il inspira profondément plusieurs fois avant de se lancer.

 

— Oui.

 

Un simple mot, lâché presque distraitement. Il n’ajouta rien, comme si cela suffisait à tout expliquer. La tempête explosa. La douleur se propagea dans tout son corps et lui brûla les nerfs. Elle pensait que de savoir l’apaiserait. C’était juste pire. Pire que tout. Elle avait l’impression d’étouffer. Trop chaud. Il fallait qu’elle fasse quelque chose. Qu’elle hurle, qu’elle coure un marathon ou qu’elle tape sur quelque chose. Elle se leva d’un bond. Maxhirst tressaillit.

 

— Si tu veux me frapper, vas-y, l’encouragea-t-il. Ça te fera peut-être du bien. C’est ma soirée visiblement.

 

Lise trembla. La brûlure se transforma en gel. Elle avait froid… Si froid… Elle se laissa tomber sur le sol, les yeux trempés de larmes. Elle aurait préféré ne pas savoir, que Maxhirst lui mente. Comment avait-il pu être assez con pour ne pas nier ?! Il n’esquissa pas un geste vers elle. En temps normal, il serait déjà à ses côtés à lui tapoter maladroitement le dos pour la réconforter.

 

— J’ai… J’ai toujours été très naïf. Ou plutôt, très doué pour ne voir que ce qui m’intéressait et me voiler la face.

 

Maxhirst avait pris la parole d’une voix caverneuse. Il fixait ses mains, l’esprit ailleurs.

 

— Lorsque les Connaws m’ont proposé de poursuivre les recherches de mon père sur les voyages entre les mondes, je me suis bien gardé de poser des questions. Je devais juste… Je devais juste construire le sortilège et l’ancrer dans un objet pour que quelqu’un d’autre puisse l’utiliser ensuite. Ancrer des sorts m’a toujours passionné. J’étais encore plus heureux de faire ça.

 

Lise arrêta de pleurer. Elle s’essuya rageusement les yeux et porta son attention sur Maxhirst. Il murmurait à peine, pour lui-même. Il se libérait d’un poids qu’il retenait enfermé depuis trop longtemps.

 

— Je ne me suis jamais demandé ce qu’ils en faisaient après. Ou plutôt, j’ai refusé de me poser la question. Pour la première fois depuis des années, je travaillais dans un groupe, je ne passais plus des journées entières sans parler à personne. Je me sentais heureux. Quel abruti. Je voyais bien qu’ils me cachaient des choses pourtant. Ça crevait les yeux mais je les aidais à me garder dans l’ignorance. Je ne voulais pas savoir. Mais un jour… Ils ont manqué de prudence, et je ne pouvais plus me mentir.

 

Les mains de Maxhirst tremblèrent sans qu’il puisse les contrôler.

 

— J’ai découvert que…

 

Il secoua la tête, aussi horrifié que le jour où tout avait basculé.

 

— Non, je ne peux pas te parler de ça. Mais… Je savais que normalement, des personnes originaires d’un autre monde ne pouvaient pas vivre ici. J’ai donc cherché s’il y avait des survivants. Tu étais la seule. J’ai détruit mes travaux ainsi qu’une partie des bâtiments avant de m’enfuir avec toi. Mais tu étais trop affaiblie, je ne pouvais pas te renvoyer comme ça chez toi. Avec les Scientifiques qui nous pourchassaient… Je n’ai jamais été un bon combattant. J’ai donc fait appel à Leihulm et Rudy. La suite… Tu la connais.

 

Toute vie avait déserté le visage de Maxhirst. Il restait totalement immobile, perdu dans de vieux souvenirs. Il paraissait presque attendre sa sentence. Lise, elle, se sentait horriblement mal. Elle ne savait pas comment se dépêtrer de cette vérité dont elle n’avait que faire. Mais surtout… Elle comprenait quelque chose qui lui déchirait le cœur. Elle s’était demandé pourquoi ils l’avaient autant aidée, autant supportée. Pourquoi Maxhirst, Leihulm et Rudy avaient toujours tout fait pour elle. En fait… Il ne s’agissait qu’une histoire de culpabilité ? Maxhirst avait tout ça parce qu’il se sentait responsable.

 

Elle ne savait pas pourquoi, mais cette idée lui donnait envie de hurler. Étrangement raide, elle fixa ses doigts.

 

— C’est… C’est pour ça que vous m’avez aidée ?

 

Maxhirst parut décontenancé de la question. Il se redressa légèrement pour la regarder.

 

— Au début, oui. Mais…

 

Il détourna de nouveau les yeux, honteux.

 

— La vérité, c’est que j’aurais pu te renvoyer bien plus tôt chez toi, ça aurait été plus simple pour tout le monde. Mais… Nous avons fini par nous attacher à toi et…

 

Il ne termina pas sa phrase. Lise s’était levée d’un bond et s’était jetée sur lui. Il s’était figé, prêt à recevoir un coup. Lise le serrait de toutes ses forces dans ses bras.

 

Elle avait entendu la seule chose qui comptait pour elle.

 

Elle sentit le corps osseux du sorcier trembler contre elle. Elle ne l’aurait pas cru si maigre avec ses vêtements. Après un moment d’hésitation, il lui rendit son étreinte. Lise ne s’écarta que lorsqu’un rayon lumineux vint lui chatouiller le nez. Maxhirst la fixait, ému et les yeux brillants.

 

— Il faut que tu saches que je n’ai jamais souhaité tout ça. Consciemment au moins. Je ne voulais pas que quelqu’un souffre à cause de moi.

 

Il retira ses lunettes le temps d’essuyer ses larmes. Machinalement, il essaya de se masser la cuisse mais Lise s’était installée sur ses genoux. En s’en rendant compte, elle se leva d’un coup.

 

— Désolée ! s’exclama-t-elle. Tu as mal ?

— Ne t’inquiète pas, rien de méchant.

 

Lise fronça les sourcils.

 

— Tu ne boitais pas avant. Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Pourquoi tu ne te soignes pas ?

— Un sort non maîtrisé. Je l’ai lancé trop vite, il n’était pas assez stable et il y a eu quelques conséquences… Ce genre de dégâts, je ne peux rien y faire, mais je me débrouille. Ne t'inquiète pas.

 

Lise haussa un sourcil et croisa les bras. Maxhirst tentait de lui dissimuler quelque chose avec autant de subtilité qu’un cachalot se cachant sous du gravier. Il détourna les yeux, espérant visiblement échapper à l’interrogatoire. Lise récupéra un coussin et s’installa en tailleur sur le parquet, juste devant lui.

 

— Max. Tu n’as jamais loupé un sortilège. Qu’est-ce qui s’est passé ?

 

Mal à l’aise, Maxhirst remonta ses lunettes sur son nez.

 

— Tu… Tu as vu l’heure ?! Tu devrais aller te coucher.

— Max.

 

Il soupira, vaincu. Le regard perdu par la fenêtre, il chercha ses mots. À l’extérieur, les habitaient commençaient à prendre possession du quartier et à le faire vivre.

 

— Est-ce que… Quel est ton dernier souvenir avant ton retour chez toi ?

 

Instinctivement, Lise porta la main à ses côtes.

 

— Je… Les Connaws nous ont attaqués dans la rue et… et… j’ai été…

 

Elle ne réussit pas à terminer sa phrase, mais Maxhirst comprit. Il hocha la tête.

 

— C’est en te soignant que je me suis fait ça. Je…

 

Son visage s’assombrit, mais il sourit.

 

— Je ne pensais pas survivre à ce sortilège pour être honnête. Alors boiter un peu, c’est rien.

 

Lise déglutit péniblement. Elle avait du mal à respirer. Maxhirst aurait été prêt à se tuer pour la sauver ? C’était sa culpabilité ou son affection pour elle qui l’avait poussé à agir ? Ils gardèrent un moment le silence, chacun plongé dans ses réflexions. Inconsciemment, Maxhirst passa une main sur son épaule, l’un des endroits où Hirst avait planté ses dagues.

 

— Ça va ? demanda Lise.

 

Il parut surpris un instant, avant de comprendre l’origine de la question.

 

— Oh oui, ne t’inquiète pas, ce n’était pas grand-chose à soigner.

— Elle aurait pu te tuer cte folle !

 

Maxhirst fut déconcerté par la violence de sa réaction.

 

— Me tuer ? Bien sûr que non, répondit-il, parfaitement serein. Si elle l’avait vraiment voulu, un coup aurait suffit, pas besoin de fioritures.

 

Lise resta sceptique. Maxhrirst trouvait peut-être ça normal, mais on n’attaquait pas avec des couteaux l’homme qu’on avait épousé. Ou alors, c’est qu’il y avait un souci dans le mariage. Elle se figea d’un coup. Elle se rappela des derniers mots prononcés par Hirst pour Maxhirst. « Je n’étais pas vraiment ton genre. » Se pourrait-il que…

 

— Max, tu es gay ?

 

Elle avait posé spontanément. Il la fixa sans saisir.

 

— Euh… est-ce que tu veux bien m’expliquer ça dans ma langue ?

 

Lise lui adressa un sourire contrit. Elle avait utilisé du français sans s’en rendre compte. Elle ne connaissait pas d’équivalent direct, elle se débrouillerait autrement.

 

— Est-ce que tu préfères les garçons aux filles ?

 

Perdu, Maxhirst fronça les sourcils avant de comprendre brutalement. Son visage se décomposa et toute trace de couleur s'évanouit. Tendu à l’extrême, il remonta ses lunettes sur son nez.

 

— Non, répliqua-t-il fermement. Cela serait malséant.

— Malséant ? Tu te moques de moi ?! Ludificus arrête pas de dire qu’il veut coucher avec tout ses croyants hommes et c’est malséant d’être gay ? C’est putain de logique !

 

Maxhirst aurait probablement préféré être n’importe où plutôt qu’en face d’elle et de sa colère. Mais Lise n’en démordrait pas. Voyant qu’il ne pourrait pas mettre fin à la conversation sans explication, il essaya de les expédier. Il ne manquerait plus qu’elle aille en parler à quelqu’un d’autre.

 

— Ce qui est malséant, c’est d’aimer les deux en même temps. Ici, on considère qu’une personne apprécie soit les femmes, soit les hommes, mais pas les deux. C’est… Il faut se décider, pas rester sur les deux plans. Et comme je suis marié à Hirst, il serait très mal vu que j’aime aussi les hommes. Tu comprends ?

 

Lise croisa les bras et se renfrogna.

 

— Non, je ne comprends pas. On devrait se mettre en couple sans que les autres viennent nous emmerder. Je pensais pas les gens d’ici si cons. En plus, je parie que tu as épousé Hirst pour respecter les traditions de ta famille, hein ?

 

Elle posa un regard triste sur Maxhirst.

 

— Tu devrais pouvoir aimer qui tu veux. Tu le mérites.

 

Il lui sourit mais il ne lui répondit pas. Il ne croyait même pas à son bonheur. Lise sentit son cœur se serrer. Elle resta longuement la tête baissée, une boule dans la gorge l'empêchant de parler. Une idée lui traversa l'esprit. Elle attrapa son cousin et se déplaça jusqu’au fauteuil. Avec une expression de connivence, elle posa son menton sur l’accoudoir. Maxhirst la regarda faire sans comprendre.

 

— Alors ? C’est Lei l’heureux élu, non ?

 

Maxhirst ne dit rien. Il détourna le visage, mais Lise l'avait vu violemment rougir. Lise sentit la curiosité poindre. Elle n’avait jamais rien soupçonné avant ce jour-là. Étaient-ils si discrets ou bien… ?

 

— Est-ce qu’il est au courant ?

 

Maxhirst secoua la tête. Il resta longtemps silencieux avant de répondre d’une voix atone.

 

— Non. Lei… Plus jeune, c’était un véritable homme à femmes. Je n’ai guère de doute sur ce qu’il préfère. Autant lui éviter une situation dérangeante. C’est plus simple comme ça. Pour nous deux.

— Mais…

— Il y a des lunes d’or, coupa Maxhirst, avant même qu’on adopte Rudy, il s’est… passé quelque chose. À cette époque, Lei n’allait pas bien. Pas bien du tout. Et il buvait pas mal. Un soir, je l’ai aidé à monter dans sa chambre alors qu’il était ivre mort et… il a commencé à… Je ne te fais pas de dessin, tu m’as l’air bien au courant de ce genre de chose. Je ne suis pas sûr qu’il s’en rappelle. Ou même qu’il ait réalisé que c’était moi. Mais… Ce jour-là, je me suis rendu compte que je ne lui poserais que des problèmes. Il ne mérite pas ça.

 

Lise l’avait laissé débiter ses paroles. À aucun moment, il ne lui adressa un coup d’œil. Il paraissait vide, complètement sans émotion. Lise n’osa pas insister. Elle avait pensé que parler lui ferait du bien, mais à part remuer le couteau dans la plaie… Elle n’aurait peut-être pas dû lui tirer les vers du nez. Dans la rue, la vie battait son plein, éclatante et vibrante. Le salon n’en semblait que plus triste et morne. Maxhirst joua machinalement avec la petite sphère qui pendait à son oreille avant de reprendre totalement contact avec la réalité. Il s’efforça d’adresser un sourire doux à Lise.

 

— File te coucher. Lei m'en voudra si tu passes une nuit blanche.

 

Elle hocha la tête et s’exécuta sans un mot. Elle n’avait même pas l’envie de protester, le cœur étrangement lourd.

 

— Ne fais pas trop de bruit. Mélyantis et ses compagnons sont au deuxième étage, essaie de ne pas les réveiller.

 

Elle allait s’éloigner quand Maxhirst lui attrapa la main. Il hésita un instant avant de se lancer.

 

— Pour toi. Je ne veux pas que tu penses qu’on te retient prisonnière. Tu as retrouvé la mémoire, comme promis tu as le choix maintenant. Mais… N’en parle pas à Lei, il n’approuverait pas.

 

Lise baissa les yeux. Dans sa paume reposait un anneau. L’un de ceux que Maxhirst enchantait. Un ticket pour rentrer dans son monde. Maxhirst la laissait vraiment maîtresse de son destin. Sans un mot, elle passa la bague à son doigt.

 

~0~

 

La tête embrumée, Lise se retourna dans son lit et enfouit son visage dans son oreiller. Elle peinait à se réveiller. Pourtant, il fallait qu’elle se lève sinon elle ne ferait rien de sa journée.

 

La flemme.

 

Encore cinq minutes.

 

Elle sentit quelque chose bouger à côté d’elle. Probablement Mistigwi. Il dormait plus qu’elle et squattait toujours son lit. Il se glissa sous les draps. Gné ? Il restait sur les coussins d’habitude. Qu’est-ce qui se passait ? Des mains se posèrent délicatement sur sa poitrine. Lise se figea et écarquilla les yeux. Elle voulut se débattre mais son corps ne répondit pas. Quelqu’un se plaqua contre elle dans son dos et des lèvres vinrent caresser son oreille.

 

— D’habitude, je préfère largement les hommes. Mais tu es tellement amusante, je crois que je serais prêt à faire une entorse à mes principes. Et puis bon, vu ce que tu as comme seins, c’est pas comme si ça allait me changer des masses.

 

Lise retrouva brutalement le contrôle de son corps. Elle hurla et voulut donner un coup de coude derrière elle, mais il n’y avait plus personne. Elle se redressa dans son lit, le drap plaqué contre elle. Ludificus était assis sur sa commode, juste en face d’elle. Il serait contre lui un coussin. Heureusement. À part des bas de dentelle et des portes-jarretelle, il ne semblait porter aucun vêtement. Même son chapeau haut de forme avait négligemment été jeté sur Mistigwi qui essayait de se faire les griffes dessus, sans succès. Un sourire charmeur accroché à ses lèvres, Ludificus tendit élégamment une jambe vers Lise.

 

— Tu aimes ? C’est le paiement de Neruda pour mes services. Je n’aurais pas cru ça de lui, mais il a bon goût ! Elle en avait de la chance, Téthys !

 

Lise ne répondit rien. Qu’est-ce que le dieu foutait là ? Si elle n’avait pas l’habitude de dormir nue, elle serait déjà sortit de la pièce sans chercher à comprendre plus. Ludificus passa délicatement sa langue sur ses lèvres, sans la quitter des yeux une seule seconde.

 

— Tu sais, tu ne rencontreras pas deux personnes avec autant d’expérience que moi dans ce domaine. Tu devrais en profiter.

 

Devant le manque de réaction de Lise, Ludificus soupira exagérément. Il tourna la tête vers la porte de la chambre.

 

— Rhalala, aucune patience. Ils vont finir par se blesser à continuer à s’acharner. Oh, proposer de passer par la fenêtre, bonne idée !

 

Il rejeta sa longues chevelure d’un noir profond dans son dos.

 

— On aurait même pas eu le temps de s’amuser un peu. Il faudra que tu sois moins bruyante la prochaine fois. Au début au moins, je ne pourrais pas te demander de te contrôler sur la fin ma chérie.

 

Il lui adressa un clin d’œil et claqua des doigts. Immédiatement, Lise entendit des cris et des coups provenant du palier. Le battant s’ouvrit d’un coup et percuta le mur. Rudy et Leihulm s’effondrèrent à l’intérieur, propulsés par leur élan. Ils devaient lutter depuis un moment pour enfoncer la porte. Ils se redressèrent, prêts à dégainer leur épée. Ils se figèrent, ébahis par la scène qui se déroulait devant leurs yeux. Ludificus leur envoya un baiser du bout des doigts. Il battit des cils vers eux.

 

— Coucou, roucoula-t-il d’une voix charmeuse. On m’a dit à mon Sanctuaire que vous me cherchiez. Je vous honore donc de mon inimitable présence. Ne m’applaudissez pas, restons simples.

 

Rudy se redressa sans comprendre. Il ne savait pas comment réagir à une telle situation. Circonspect, il se rapprocha de Lise, sans plus se montrer menaçant. Leihulm, lui, garda la main sur le pommeau de son épée, le visage fermé. Maxhirst entra à son tour, lui aussi hésitant. Sur le palier, d’autres personnes s’agglutinaient, sans pénétrer à l’intérieur de la chambre. L’absence de dangers avait calmé la panique.

 

— Pourquoi vous êtes-vous déplacés ? questionna sèchement Leihulm.

— Je l’ai déjà dit, tu devrais écouter plus attentivement. Vous avez besoin de…

— Plus maintenant, coupa-t-il. Lise a retrouvé sa mémoire. Vous pouvez donc repartir sans tarder. Je suis sûr que d’autres attendent impatiemment votre sagesse.

 

Pendant que Leihulm parlait en essayant de contenir son aversion pour Ludificus, celui-ci l’ignora superbement. Il attrapa ses cheveux et les remonta pour former un chignon, dans lequel il planta un pic récupéré sur la commode de Lise.

 

— Hum ? Ah oui, Lise avait perdu la mémoire. J’avais oublié. Ce n’était pas pour ça que je venais, mais pour le Fragment qui menace l’intégrité de l’âme de Lise. Heureusement, vous n’avez visiblement pas d’aide, je vais donc…

— Qu’est-ce que vous voulez dire ?!

 

Le cri avait pris Lise par surprise. Pourtant, elle observait Rudy depuis un moment. Il avait sursauté et pâlit d’un coup, avant d’ouvrir et de fermer la bouche sans parler. Mais l’explosion brutale de sa rage, elle ne l’avait absolument pas anticipé. Il paraissait furieux. Elle ne se rappelait pas de l’avoir déjà vu comment ça. Ludificus lui adressa un sourire charmeur.

 

— Je croyais que cela ne vous intéressait pas ?

 

Rudy s’avança vers Ludificus, comme s’il était prêt à lui sauter à la gorge. Leihulm s'approcha de lui, plus maître de lui, mais tout aussi tendu, et posa une main sur son épaule, pour l'apaiser ou le retenir en cas de besoin, Lise n'aurait pas su trop le dire. Ludificus ne s'en inquiéta pas un seul instant. Il reprit au contraire ses explications, toujours avec un sourire désinvolte. Tout le laissait indifférent. Il jouait même avec son coussin, comme si sa nudité ne dérangeait que son public.

 

— On est prêt à m’écouter gentiment ? Bien ! Vous ne trouvez pas que Lise est plus colérique qu'avant ? Elle n'a jamais été un ange, mais tout de même, c'est pire qu'autrefois ! Enfin, pire que quand elle était à peu près civilisée. Cela ne vous rappelle pas quelqu'un ? Oui oui, là, le gros méchant pas beau, toujours hors de lui qui voulait tuer Ambroise sur une simple rumeur ? Eh bien, ils ont quelque chose en commun ces deux chéris-là. Un Fragment. Et c'est ce qui risque d'annihiler l'âme de Lise.

— Un Fragment ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?!

 

Rudy venait d'apostropher violemment le dieu, blême de rage. Il serrait tellement les poings que ses articulations avaient blanchies et son maître était clairement auprès de lui pour le retenir en cas d'acte irréfléchi, et non plus pour le raisonner. Il irradiait une sorte de fureur qui laissait Lise sans voix. Elle ne l'aurait jamais imaginé ainsi, et elle dut bien admettre que pour la première fois, il lui faisait peur. Il n'avait plus rien d'un grand gamin gentil, mais tout d'un homme qui aurait pu sans une hésitation et sans un remord laminer la personne qui se trouvait devant lui.

 

— Il existe un... être supérieur, autre que moi. Ce n'est pas un dieu, il... ressemble plus à une Plume, mais sans Prêtre. Mais il a un pouvoir absolu en ce qui concerne son domaine, les sentiments. C'est Senti, l'Esprit des Sentiments. Amour, Haine, Altruisme, Colère... C'est autant de facettes de lui. Il peut maîtriser les émotions de n'importe qui d'une simple pensée. Mais voilà, il y a de cela de nombreuses années, on doit bien compter ça en centenaires maintenant, il s'est « cassé » en plusieurs Fragments, huit pour être exact. Chacun ne contrôle qu'une seule émotion, et de manière beaucoup plus aléatoire que quand il n'était qu'un. Chaque Fragment doit posséder une personne pour influencer son âme et ne faire ressortir que le sentiment qu'il domine. Chez Lise, il s'agit de la Colère.

 

Le dieu parlait d'une voix douce, mystérieuse et envoûtante. Chacun était pendu à ses lèvres, et sans paraître faire le moindre effort, il ménageait son suspense, se délectant de son emprise sur son public. Plus personne ne faisait attention à son accoutrement de dentelle. Rudy ne s’était pas calmé, mais il se contenait pour les explications.

 

— Sauf qu'avec le temps, l'âme s'abîme, ainsi contrainte, forcée à ne se diriger que vers un seul sentiment. Dans le meilleur des cas, l'esprit voit simplement sa résistance broyée et bientôt, ce n'est que le sentiment qui domine la personne. Parfois... c'est toute l'âme qui est détruite, et le Fragment doit aller posséder quelqu'un d'autre, laissant derrière lui une coquille vide. C'est ce qui arrivera à Lise si rien n'est fait. Certains tiennent plus longtemps que d'autres, jusqu'à des années, mais la fin est toujours inéluctable.

 

Ludificus marqua une pause pendant laquelle son regard erra d'une personne à l'autre, avant de reposer ses yeux sur Rudy, partagé entre incompréhension et fureur.

 

— Il n'existe que deux moyens pour quelqu'un de se décharger d'un Fragment. Trouver quelqu'un de plus réceptif aux Sentiments qui récupérera le Fragment — on se débarrasse du bébé en le refilant à son voisin, en quelque sorte – ou la mort. Vous pouvez déjà oublier la première option pour Lise, je n'ai jamais vu depuis la scission de l'Esprit quelqu'un d'aussi réceptif, sauf peut-être la feue reine Dimélia. Mais puisqu'elle est décédée, vous vous en fichez.

— Alors, pourquoi nous raconter tout ça ?! Pour nous dire qu'il n'y a rien à faire ?

 

La rage semblait l'avoir emporté chez Rudy, et dorénavant, Leihulm, le visage fermé, ne paraissait plus prêt à l'arrêter en cas de geste inconsidéré envers le dieu. Même Maxhirst, toujours si calme, s’était assombri. Plus aucun bruit ne provenait du palier.

 

— Que nenni. Il existe juste un moyen de contourner la chose. Si les huit Fragments sont regroupés, l'Esprit retrouvera son unité et les effets secondaires d'une possession cesseront d'être si... excessifs. Vous savez ce qu'il vous reste à faire. Réunissez les Fragments et sauvez l’âme de Lise. Rapidement. Ou alors, vous aurez un nouveau pensionnaire pour le dernier étage de la demeure de Max. Amusez-vous bien !

 

Tandis qu’il concluait, Ludificus sauta de la commode et récupéra auprès de Mistigwi son chapeau entre deux doigts. Complètement dépassé par la tournure des événements, Leihulm s’avança de quelques pas pour exiger plus d’explications. L’ignorant totalement, Ludificus ouvrit une fenêtre et tendit l’oreille à l’extérieur.

 

— Oh, quelqu’un m’appelle ! Je dois y aller et…

— Rend moi ma pique à cheveux ! ordonna Lise.

Ludificus lui jeta un regard de travers.

— Eh bien, yen a une qui perd pas le Nord. Hors de question que je te la rende, pour une fois que j’arrive à faire tenir un chignon ! Prends ça en échange.

 

Il sortit une fiole remplie d’un liquide violet de nulle part et la lança sur le lit de Lise. Leihulm voulut intervenir à son tour mais Ludificus ne lui en laissa pas le temps. Il sauta par la fenêtre et disparut rapidement. Personne ne bougea plus, tous figés dans leurs pensées et leur stupeur. Rudy serra les poings suffisamment fort pour qu’un craquement sinistre retentisse dans le silence.

 

~0~

 

Méliantys monta lentement les marches qui menaient au cinquième étage. Suite au capharnaüm provoqué par les révélations et le départ précipité de Ludificus, personne n’avait prêté attention à son absence. Sans une hésitation, il se dirigea vers l’une des chambres inhabitées de la demeure. À l’intérieur, Ludificus l’attendait, assis sur le rebord de la fenêtre ouverte. En l’espace de quelques minutes à peine, il s’était habillé de guêtres et d’une tunique courte, coupées dans un tissu chatoyant et fluide. Distraitement, il faisait tourner entre ses doigts le bijou dérobé à Lise. Méliantys fronça des sourcils, perplexes.

 

— J’avais lu une fois qu’il existait trois sources à vos pouvoirs. L’énergie d’entre les mondes, la foi de vos ouailles, et leurs offrandes. Est-ce que voler quelqu’un s’apparente vraiment à une offrande ?

 

Ludificus lui adressa un large sourire, avant de sauter sur ses pieds et de s’approcher d’une démarche alanguie vers lui.

 

— Les détails, c’est très rarement important.

 

Ludificus prit une expression enjôleuse et caressa d’un doigt la joue de Méliantys, qui ne se troubla pas le moins du monde.

 

— Je doute que vous soyez venu pour ça. Sinon, vous ne vous seriez pas rhabillé.

— C’est pas faux. Même si, si j’avais un peu plus de temps devant moi, je ne dirais pas non. Tu caches bien ton jeu.

 

Ludificus lui adressa un clin d’œil aguicheur, mais Mélyantis resta de marbre. Sans répondre à ces allusions, il reprit :

 

— Pourquoi avoir demandé à me voir en privé ?

— Juste un petit conseil. Continue tes recherches sur les divinités autant que tu veux, je trouve ça même plutôt amusant. Mais pour ta propre sécurité, évite de t’intéresser de trop près à l’Oracle. Cela ne va t’apporter que des ennuis.

 

Le visage de Ludificus s’était progressivement assombri, jusqu’à une expression mortellement sérieuse. Le type de mimique qu’on n’attendait absolument pas de sa part. Méliantys resta stupéfait.

 

— Puis-je au moins savoir pourquoi ?

— Bien sûr que non ! Sinon je ne prendrais pas la peine de te menacer, lança Ludificus avec un sourire dans la voix.

 

Méliantys pâlit. Il regarda le dieu se rapprocher de la fenêtre sans comprendre. Ce genre de discours, ce n’était absolument pas son habitue.

 

— Vous me menacez ?

— Oui. Continue tes recherches et je n’aurais pas d’autre choix que de te tuer. Même si cela me désolerait.

 

Ludificus lui adressa un dernier salut de son chapeau, avant de sauter dans le vide. Cette rencontre laissa un étrange sentiment de surréalisme à Méliantys.

 

~0~

 

Ludificus réapparut quelques secondes plus tard, au sommet d’une des maisons du quartier où habitait Maxhirst. Il se situait suffisamment en hauteur pour que personne ne puisse le voir. Personne à l’exception d’un vieux ménestrel, vêtu de rouge et d’or, lui aussi négligemment installé sur le toit. Ernest. Celui-ci accordait son instrument à geste lent, comme perdu dans ses pensées. Le dieu lui jeta à peine un regard.

 

— Je suppose que tu as tout écouté.

 

Ernest ne répondit rien, il se contenta de hocher la tête. Ludificus attendit un moment avant de reprendre, d’une voix profondément lasse.

 

— Vu ton silence, tu désapprouves mon petit mensonge.

— Pourquoi rajouter encore de poids à leur fardeau ? Ils vont déjà tant souffrir.

 

Le dieu s’assit et joua avec ses cheveux, mal à l’aise.

 

— Ce sont les instructions de Félozis. Nous manquons de temps, il m’a demandé d’accélérer au maximum ce qui se passer de ce côté-ci.

 

Ils gardèrent tous les deux longuement le silence.

 

— Il s’agit de la dernière chance de l’Oracle. Nous ne pouvons pas échouer.

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Djina
Posté le 09/05/2020
Oh ouiiiii Max et Lei oh ouiiiii avec leur enfnt Rudy , je les voyais tellement comme une famille!!!!
Merci tu as sauvé dans mon coeur Max avec ces révélations ! J'étais avec Lise sur ce coup là en mode : WHAT WHAT WHAT WHAT que de la culpabilité et pas d'amour????

Bref je suis très très contente de comprendre un peu mieux ce qui se passe ;)

Bon ce dieu là le Ludi que dire à part que tu as envie de le transformer en chaussette ? Ah cette offrande, le vol tout ça car je suis sûre elle est puissante notre Lise !!
Et enfin on comprend tout ce sentiment d'énervement !!! ça fait du bien de comprendre ><".

Y a des fautes de frappe ou un "aient alors que c'était un mot et pas un verbe à conjugué", c'est ce qui m'a le + marqué.

J'ai envie d'en savoir plus le gryffondor Ernest quoi :)

Ce qui va arriver, l'oracle du début, le décompte du cataclysme, les soucis chez Callune , la perte de mémoire de Hawk non identifiable, peut il y avoir 2 fragments de la colère ?
Lise était presque morte pour l'aveu des dieux jumeaux ying yang de la mort ?
J'espère que ce qui est pré-destiné par ces faux dieux ne se passera pas, j'ai du mal à croire que tout doit se passer selon un certain ordre.

J'espère qu'avec ce pavé, tu comprendre que je hurles aux chats en pleine lune de toutes les flammes de mes cordes vocales de chaton sorcier <3

Je continues!
Flammy
Posté le 10/05/2020
Je suis contente que le passage Max/Lise te plaise, c'est un des passages que j'aime beaucoup <3

Et oui, il y avait bien une raison à la Colère, elle a mauvais caractère, certes, mais pas à ce point :p Et pour Ernest, c'est surtout dans le livre 3 qu'on en saura plus sur lui, désolée ='D

Alors, est-ce qu'il peut y avoir deux Fragments de la Colère ? Qui sait ? Normalement, c'est un Fragment = un sentiment, mais qui sait ? ^^ (je t'aide vachement là xD).

C'est cool pour moi de voir un peu toutes tes interrogations mais je ne peux pas trop y répondre par contre, désolée ='D

Mais merci beaucoup pour tous ces retours, c'est très motivant !
Djina
Posté le 11/05/2020
Je t'en prie, je me dis si tu entres un peu dans la tête de ton lectorat (ma petite micro goutte à l'édifice), cela peut t'aider toi, je sais bien que je n'aurais pas de réponses ><" C'est aussi pour te montrer à quel point tu m'embarques <3 Merci !!!!
ClaireDeLune
Posté le 15/04/2020
Encore des révélations, toujours des révélations ! Pour Max et Leihulm, J'EN ÉTAIS SÛRE (enfin, on a que le côté Max pour le moment...) ! J'ai passé tout le premier livre à me demander s'ils sortaient ensembles xD Oh, et puis je me demandais pourquoi tu mettais une majuscule à la Colère de Lise, j'ai ma réponse maintenant !
Dernier point pour la route, j'aime bien voir Ludificus quand il n'est pas là à faire l'imbécile pour épater la galerie... ça le rend plus sympathique.
Flammy
Posté le 15/04/2020
J'adore comment la majorité des lecteurs se posent des questions sur Max et Lei pendant tout le livre 1 alors que moi, perso, j'avais rien vu en écrivant ='D Je m'impressionne parfois.

Et ouis, yavait bien une raison à la majuscule ^^ (et en partie au caractère de mer de Lise, mais ça on va dire qu'elle est pas aidée de base ^^).

Pour Lulu, il a beaucoup de facettes, et c'est vrai que j'aime bien le faire changer parfois <3
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