I.6 La Prison

Par Flammy

Chapitre 6 : La Prison

 

~831 jours avant le cataclysme

 

~0~

 

Les magiciens se complaisaient dans l’observation scrupuleuse des traditions. Jusqu’au jour où…

Notes de Max.

 

~0~

 

Callune se réveilla brutalement lorsqu’elle sentit ses dents s’entrechoquer. Elle sursauta et écarquilla les yeux, paniquée. Une main était posée sur sa bouche, lui bloquant fermement les mâchoires. Respirant avec difficulté, elle tenta de reculer, de se débattre pour se dégager, mais un mur lui coupa toute retraite. Au bout d’un moment, son agresseur s’éloigna sans pousser son avantage.

 

— Hawk… Pourquoi est-ce que tu dois toujours…

— Si t’espères que j’m’excuse, tu peux t’brosser ! Ses ronflements devenaient vraiment trop insupportables. Et puis, il fallait bien un valet de pied pour s’occuper du lever d’la princesse, non ?

 

Callune se redressa, encore sonnée et le corps douloureux. Son regard voletait devant elle, son esprit enregistrant des informations sans qu’elle n’en ait vraiment conscience. Les deux dimidius et elle étaient enfermés dans une minuscule cellule, où à peine deux couchettes tenaient. Si on osait nommer ainsi une planche de bois pourrie et une couverture miteuse. Les murs, suintant d’humidité, dégageaient une forte odeur d’iode et de moisissures. Parfois, de petites taches vertes s’épanouissaient entre deux pierres. La seule source de lumière provenait d’un couloir terriblement vide et silencieux, visible derrière une rangée de barreaux au métal verdâtre.

 

Noelia était assise sur la deuxième banquette, négligée. Sa tresse aurait eu besoin d’être refaite et un passage dans la rivière n’aurait pas non plus été superflu. Étrange. Pourtant, Callune ne s’y attarda pas. L’expression profondément triste, presque désespérée de Noelia, lui serrait douloureusement la gorge, obnubilant son esprit. Elle, toujours si amicale et d’humeur égale… Hawk se tenait adossé contre un mur, face à la grille. Les bras croisés, il paraissait encore plus inquiétant qu’à l’accoutumée, le visage assombri par une barbe de trois jours.

 

Le silence pesant agit comme une chape de plomb sur Callune. Noelia leva les yeux vers elle et tenta d’esquisser un pauvre sourire, qui dérangea au lieu de réconforter. Callune se sentait vide de toutes pensées, étrangement déconnectée de la réalité. Le froid, insidieux, la fit frissonner et elle serra machinalement ses bras contre elle. Un éclair de douleur lui tira une grimace. Sa peau était recouverte d’un hématome qui commençait à virer au verdâtre.

 

La chute. Les hommes armés.

 

La résurgence des souvenirs la figea. Des inconnus étaient venus les arrêter. Ils avaient réussi. Pourquoi ? Probablement le statut de dimidius de ses hôtes. Mais pourquoi les garder captifs ? Autant les tuer directement. À la limite, pour préparer un lynchage public. Mais, il suffisait de laisser les coupables au milieu d’une foule qui s’occupait elle-même de la sentence. Callune trembla de nouveau, mais plus à cause de la température. Son flot de réflexions s’arrêta d’un coup à la venue d’une idée dérangeante. Coupables de quoi ? D’être nés ? On l’avait souvent accusée du même crime. Elle n’aurait jamais cru avoir un tel point commun avec eux. Qu’importe.

 

— Veuillez me pardonner l’outrecuidance de mon interrogation, mais connaîtriez-vous l’appartenance des rustres qui nous retiennent captifs ?

 

La question était sortie d’elle-même, portée par une curiosité qu’elle n'avait pas expérimenté depuis son enfance. Un instant de flottement figea la scène. Visiblement, les dimidius avaient rapidement perdu l’habitude de son… langage de fiottes comme Hawk l’avait appelé. Celui-ci laissa échapper un petit ricanement.

 

— Là, j’sais pas si j’dois rire ou pleurer, princesse, railla-t-il. Au moins, j’ai gagné mon pari ! Cette espèce de mollusque met cinq bonnes minutes avant de réagir !

— Hawk ! Tu pourrais te montrer plus…

— Quoi, gentil ? C’est pas d’ma faute si elle est moins vive qu’un mollusque mort, se moqua-t-il. Je vais pas être tendre avec elle alors qu’on est dans cette merde à cause d'elle ! J’compte bien m’occuper d’elle avant que les gardes reviennent, menaça-t-il d’une voix tranchante.

 

Hawk s’approcha d’elle et saisit son bras blessé, serrant de toutes ses forces. Il étouffa son cri avec sa main gantée. Elle vivait avec l'indifférence depuis des années. Pourtant, la panique pointa et affola son cœur. Elle lança un regard à Noelia, qui resta inerte. Sa réplique, un peu plus tôt, avait perdu de sa verve et de sa conviction coutumières. Une réaction inusitée. Hawk lui parla. Malgré son comportement, il ne paraissait pas énervé. Il se contentait de chuchoter sur un ton neutre, les lèvres collées contre l’oreille de Callune.

 

— Écoute-moi bien abrutie. Ça fait un fómhar[1] que ces gardes essayaient de repérer un accès, sans réussir. Et toi, tu t’réveilles, tu commences à gambader à peu près droit et ils y arrivent tout à coup ? Navré princesse, mais j’trouve la coïncidence un peu grosse. Tu croyais quoi ? Que les gentils soldats allaient sauver ta pauvre personne des monstres qu'on est ?

 

Il se tenait si proche d’elle qu’elle ne voyait plus rien, elle sentait juste à quel point il était crispé malgré sa voix calme. La moindre réaction déplacée et il lui briserait les vertèbres sans une hésitation. Cela ne serait peut-être pas si mal…

 

— J’poserai la question qu’une seule fois, alors t’as intérêt à te montrer convaincante. Est-ce que tu es allée chercher ces gardes ?

 

Callune en avait oublié de respirer. Son tortionnaire ne lui laissa aucun espace pour s’exprimer. Elle devrait donc tenter d’expliquer un coup de folie le souffle coupé et les muscles tétanisés par une peur qui la prenait au dépourvu.

 

— J-Je… Je ne sais pas, bégaya-t-elle. Je voulais voir l’extérieur, réaliser. J’ai essayé de me prouver que j’étais apte à... L-Les gardes… Je ne souhaitais pas…

 

Hawk s’écarta de quelques centimètres et la jaugea du regard. Callune, la voix cassée, ne se sentait pas capable de détourner le visage. Elle le fixa donc, hébétée par la vitesse à laquelle sa situation et son ressenti évoluaient. Pourquoi ? Aucune idée. Hawk s’énerva. Ce qu’il observait ne lui plaisait pas.

 

— Fais chier !

 

D’une secousse au bras, il la jeta sur le sol de la cellule et prit sa place sur la couchette. Il s’allongea et ferma les yeux, ignorant ce qui l’entourait. Surprise, Callune regarda Noelia, qui lui adressa un sourire un peu plus franc que le précédent. Elle se recroquevilla contre le mur, où s’épanouissait parfois un film d’algues gluantes. Le froid lui transperça rapidement les os, mais elle se retint bien de se plaindre.

 

Elle ne concevait pas qu’elle soit toujours en vie et que Hawk se soit contenté de la bousculer.

 

~0~

 

Plusieurs heures passèrent dans un silence total.

 

Les bras serrés autour de ses genoux, Callune ne laissa plus échapper le moindre mot. De toute façon, dans quel but ? Exciter son esprit, perdre le contrôle une fois de plus ? Elle préférait rester dans l’ignorance, anesthésiée par la torpeur, plutôt que de risquer une avalanche de questions et de réflexions sans fin. Après tout, être arrêté et enfermé par des soldats ne devait guère se révéler extraordinaire dans la vie d’un dimidius. Il s’agissait d’un miracle qu’ils n’aient pas déjà été abattus. Le décorum était rarement respecté pour des sous-êtres.

 

Malgré tout, la présence de gardes, au milieu de la Lande Océanique, demeurait étrange. Depuis la disparition de la majorité des îles ondiennes, ce territoire peu peuplé déclinait, aucune grande ville avec caserne n’avait survécu à la chute du clan aquatique. Leurs assaillants provenaient donc d'ailleurs, soit du désert d’Athanor au sud, soit des états d’Ahura au nord, soit de l’est, du royaume de Dryade. Son royaume…

 

Aucune chance pour qu’une hypothétique aide vienne de là. Sa famille l’avait reniée, rejetée. Aucune raison pour que quelqu’un veuille la retrouver. Surtout des timthrialls après son enlèvement. Il s’agissait probablement d’Athanoriens qui les avaient capturés. Leur réputation de barbares les précédait même dans les hameaux les plus reculés. On racontait qu’ils s’adonnaient parfois à des rites païens impliquant le sacrifice de personnes vivantes.

 

Se rabattre sur des dimidius, la solution idéale pour eux. Les pays voisins du désert fermaient les yeux sur les intrusions des nomades qui rendaient service en nettoyant Atlantide de toutes traces d’infamies. Aucune chance de s’en sortir avec de tels sauvages. Alors pourquoi s’inquiéter ? Même si elle leur révélait la vérité sur ses origines, ils ne la croiraient probablement pas. Au final, elle serait exécutée par des cannibales, en tant que dimidius. Quelle ironie…

 

Sauf que… une incohérence.

 

Les Athanoriens étaient connus pour leur couleur de peau foncée. Tous les gardes de l’attaque arboraient une blancheur spectrale. Alors ? Callune se figea. Même dans de telles conditions, dès qu’elle ne se contrôlait pas, elle dérapait. Qu’est-ce que cela lui apporterait de réfléchir, à part se blesser et des moqueries ? Il fallait qu’elle…

 

Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir, ainsi que des cliquetis d’armes. Archaïque ! Depuis quand des magiciens en usaient-ils ? En temps normal, seuls les Izanamiens apprenaient à les manier. Ou dans de rares situations, les Sylphiens. Impossible, dans les deux cas. Une trop grande distance les séparait de la Lande Océanique. Parcourir une telle distance pour des dimidius ? Ridicule. Ou cela refléterait un acharnement peu commun contre des êtres que la décence préférerait oublier…

 

Trois soldats s’arrêtèrent devant les barreaux. Il suffit d’un coup d’œil à Callune pour les jauger, habituée aux gardes. Ceux-là suintaient la peur, même s’ils essayaient vainement d’afficher plus de virilité et de courage que leurs compagnons. Leurs vêtements paraissaient vieux et élimés, tachés par endroits de manière irréversible. Leurs épées, pas toujours bien droites, semblaient avoir été forgées par un magicien bien maladroit.

 

— V’nez avec nous ! Et pas d’entourloupette ! La fille avec la tresse passe devant, j’l’embroche au moindre doute.

 

Noelia se leva sans un mot, le visage fermé, et sortit de la cellule. Un des hommes la saisit par le bras et appliqua une dague dans son dos. Il montra trop d’entrain, le tissu et la lame se teintèrent de rouge. Personne ne réagit. Hawk exécuta les ordres sans broncher. Ankylosée, Callune prit un peu plus de temps avant de réussir à se dresser sur ses jambes. La porte de la prison était déjà refermée.

 

— Toi, tu restes ici !

 

La petite troupe se mit en marche et s’éloigna sans un mot de plus. Dans le silence des geôles, Callune entendit distinctement un des soldats se moquer d’elle.

 

— Un dimidius aux cheveux mousses, on aura tout vu ! À s’demander c’que fait la haute Dryadienne de son temps libre…

 

Callune se laissa retomber contre le mur. Dorénavant, n’importe qui se permettait de se gausser d’elle. D’un sens, cela ne la changeait guère, mais les railleries à la fois si franches et mesquines revêtaient un charme nouveau. Comment y répondre ? L’indifférence. Encore et toujours. Il s’agissait une fois de plus de la meilleure solution.  Machinalement, elle essaya de passer ses doigts dans ses longues mèches pour les démêler. Leur couleur, plus que tout le reste, clamait son appartenance aux plus hautes lignées de son clan. Pourtant, personne ne semblait se poser de questions. À croire que sa famille semait des bâtards un peu partout.

 

« Avec une telle progéniture,

Il est normal d’essayer de réparer ses erreurs. »

 

Callune se figea. Cette voix-là, elle l’aurait reconnue n’importe où. Et plus que jamais, elle aurait souhaité qu’une Sidhe ne l’emprunte pas. Ces moments se révélaient toujours les pires. Il fallait qu’elle pense à autre chose, qu’elle se fixe sur une idée anodine et, peut-être, la Sidhe disparaîtrait d’elle-même. Elle oublia rapidement ses tentatives de coiffure à cause de ses doigts trop crispés. Elle se trouvait en prison, mais se concentrer sur un détail sordide peut-être… Oui, le froid glaçant et le sifflement des courants d’air. L’humidité gelée…

 

Le froid la transperçait de toute part, au point qu’elle ne parvenait plus à trembler pour se réchauffer. Pourtant, elle hésitait toujours à récupérer la couverture de la couchette en face d’elle. Elle avait beaucoup trop peur de relever les yeux et de constater que la Sidhe ne l’avait pas quittée.  Après de longues minutes de débats intérieurs et plusieurs crises d’éternuements, elle essaya de dominer sa terreur et elle redressa la tête. Elle tomba sur des chausses, taillées dans le tissu de la meilleure qualité, ornée d’or et d’argent.

 

Callune se recroquevilla immédiatement. Il s’agissait bien d’une Sidhe ayant pris l’apparence de son père. Elle ne voulait surtout pas l’affronter, pas maintenant, pas comme cela, surtout pas dans une telle situation. Callune resta repliée sur elle-même, prostrée au sol, complètement tétanisée.

 

Peut-être que si elle attendait aussi longtemps…

 

Oui, il finirait par disparaître.

 

Comme à chaque fois.

 

~0~

 

Callune se sentait dans un état second. Les yeux fermés, à moitié endormie, elle trouvait beaucoup de réconfort dans sa léthargie, engourdie par le froid et sa faiblesse physique. À quoi bon lutter si le résultat restait immuable ? Elle n'était aucunement découragée ou triste. Juste profondément blasée. L’indifférence l’avait protégée de la souffrance pendant des années. À l’oasis, elle avait cru un instant qu’elle pourrait changer, que réussir à escalader un pauvre mur lui apporterait réellement quelque chose. Que cela lui permettrait d’échapper à ses Sidhes. Quelle idiote.

 

Elle souhaitait qu’on l’oublie et qu’on la laisse tranquille. Si même sa mère, son éternel soutien, l’avait abandonnée, cela ne devrait pas poser problème au reste du monde. Repenser à sa famille lui serra la gorge.

 

« Quelle famille ?

Nous n’avons jamais voulu de toi.

Tu as été la pire erreur de notre vie. »

 

Un poignard s’enfonça dans son cœur.

 

Depuis les drames de son enfance, elle savait que ses parents se situaient bien loin de l’image du couple parfait qu’ils offraient lors d’occasions officielles. Le roi, magicien et dirigeant d’exception, avait oublié de lui montrer son affection depuis ses cinq ans, époque où son fils Malachite avait été tué et où la tare de la princesse s’était révélée. Rejet, culpabilité. Sa faute.

 

« Si seulement tu avais été tuée à la place de Malachite !

Il ne m’aurait pas déçu, lui. »

 

La reine, aimante et irréprochable femme du monde, l’avait depuis étouffée sous ses attentions et surprotégée au point de la couper des autres. Complexe d’infériorité. Honte. Callune avait cru que sa mère serait présente à ses côtés jusqu'à sa mort, à régenter avec tendresse son existence. Sa défection laissait un vide que Callune ne parvenait pas à combler. Entre cela, l’exil forcé et les timthrialls qu’on lui avait volés, elle avait l’impression qu’on lui avait arraché sa vie sans rien lui donner en retour.

 

« La plus grande honte de sa vie.

C’est pour cela qu’elle est partie. »

 

Son frère lui manquait tellement… Le si parfait Malachite, l’enfant prodige, il l’avait abandonnée bien malgré lui. Assassiné par des dimidius. Lui aurait su comment réagir, comment retrouver le contrôle de son existence. Callune se crispa. Elle… devait lui faire honneur. Pas s’apitoyer sur son sort. Trouver la solution qui lui aurait paru évidente, à lui. Elle prendrait son temps, mais elle réussirait. Pour qu’il soit fier d’elle.

 

« Heureusement, il est mort avant d’être déçu.

Mais il devait s’en douter… »

 

Le souffle court, Callune sentit sa gorge se serrer. Les moments où ses Sidhes prenaient l’apparence de son père la détruisait toujours un peu plus. Mais de là à prêter de telles pensées à Malachite… Elle ne s’était pas attendue à une telle attaque, à une telle douleur. Il… Il fallait qu’elle fasse fuir sa Sidhe-Père. Sinon… Sinon… Elle n’osait imaginer une deuxième estocade du genre. Son indifférence n’y survivrait pas.

 

— Cela ne peut pas continuer ainsi…

— J’te le fais pas dire princesse, une petite remarque et retour au point de départ avec un tabassage en règle en prime. Aucun sens de l’humour.

 

Callune se figea et redressa la tête, un instant déboussolée. 

 

L’ombre de son père n’était plus là.

 

Hawk avait pris sa place.

 

Elle ne l’avait pas entendu revenir dans la cellule. Il s’était installé sur une banquette et paraissait lutter pour trouver une position confortable. Il n’exagérait pas en parlant d’un traitement de faveur accordé par les gardes. Un coup avait éclaté sa pommette et plusieurs bleus commençaient à fleurir sur sa peau. Il se tâtait délicatement les côtes, particulièrement concentré. Il n’y avait aucune trace de Noelia ou des soldats, probablement repartis directement après l’avoir ramené.

 

— Bon, c’est d'jà ça, ces crétins m’ont rien pété.

 

Callune se redressa pour s’adosser contre le mur. Toutes ses articulations protestaient et elle avait du mal à se déplacer. La léthargie l’avait laissée en mauvais état, mais ce n’était pas cela qui l’inquiétait. Elle ne parvenait pas à prévoir les réactions de Hawk. Dérangeant. Elle n’avait pas l’habitude. Surtout qu’elle conservait en mémoire sa violence d’un peu plus tôt. Incertaine, elle finit tout de même par se lancer, murmurant d’une voix inaudible.

 

— Je suis désolée.

 

Il ne répondit pas. Il continua pendant de longues minutes à s’occuper de ses blessures en l’ignorant.

 

— Pas la peine, cracha-t-il. Ça ne sert à rien à part m'énerver, alors tes remords, tu t’les gardes.

 

Callune se recroquevilla un peu plus contre le mur. Son incapacité à comprendre Hawk l’avait poussée à chercher à briser absolument le silence en prononçant les premières paroles qui lui étaient passées par la tête. Au palais, elle s’était excusée tellement souvent que ces quelques mots étaient devenus un réflexe pour elle. Un réflexe qui s’était vidé de son sens. Les moments de mutisme la gênaient horriblement, mais elle sentait que Hawk ne tolérerait pas deux fois qu’elle parle pour ne rien dire.

 

L’attente reprit.

 

Noelia restait absente.

 

Soulagée par la disparition de la Sidhe, Callune perdit toute notion du temps. Même en s’approchant des barreaux pour regarder dans le couloir, elle n’apercevait aucune ouverture sur l’extérieur qui aurait pu la renseigner sur le moment de la journée. Aucune torche ne venait éclairer les différentes cellules et la prison baignait dans l’obscurité. La seule source de clarté provenait des escaliers au fond du corridor, qui laissaient échapper des raies bleutées. Callune caressa doucement la grille de la geôle. Verdâtre. Probablement fondu avec des feuilles de l’Yggdrasil. Les soldats avaient pris leurs précautions et bloqué l’utilisation de la magie dans les cachots. Elle se rassit, blasée.

 

Quelques instants plus tard, des bruits de pas résonnèrent dans le couloir. Hawk se tendit immédiatement. Il redressa la tête, prêt à s'élancer à la moindre ouverture. Noelia apparut, encadrée par deux gardes. Les yeux rouges et humides, elle avait abondamment pleuré et continuait encore, le corps secoué de tremblements. Elle paraissait à bout, pas très loin de s’écrouler. Elle s’arrêta devant les barreaux mais l’un des soldats la bouscula. Hawk bondit.

 

— Bande de…

— Avance ! Le roi Antonin a demandé à ce qu’on vous sépare !

 

Un nouveau coup déséquilibra Noelia qui tomba par terre. Elle éclata alors en sanglot, incapable de se relever. Elle balbutia quelques mots, incompréhensibles pour Callune. Pas pour son ami.

 

— Je… Ma f-faute… Sophia avait raison… Je…

— Arrête ! C’est elle la responsable, avec sa lâcheté elle…

— La ferme ! Z’êtes pas ici pour caqueter !

 

L’un des geôliers attrapa rudement le bras de Noelia et la traîna rapidement derrière lui pour éviter toute tentative de protestations. Cette précaution se révéla inutile. Sa volonté brisée, Noelia se laissa faire sans émettre le moindre son. Hawk hurla son nom, agrippé aux barreaux. Hors de portée, le deuxième garde contempla la rage du captif avec un léger sourire. Il lâcha un petit rire avant de s’éloigner.

 

— Une vraie bête, incapable de se contrôler.

 

Furieux, Hawk écrasa son poing sur le métal verdâtre. Quelques gouttes de sang s’envolèrent. Seule Callune les remarqua. Le silence retomba sur la prison.

 

~0~

 

Le temps s’étira.

 

L’incapacité de déterminer s’il s’agissait de la nuit ou du jour perturbait beaucoup Callune. La faim ne lui laissait aucun répit, et elle doutait de la qualité des repas en geôle. Ou même de leur existence. Pourtant, elle avait relégué ce problème tout en bas de sa liste de préoccupations. L’échange avec Noelia et les gardes n’avait duré que quelques instants, mais il soulevait une quantité incroyable de questions. Le roi Antonin ? En tant que princesse, elle avait rencontré toutes les familles dirigeantes de clans. Aucun souvenir de lui. Ni dans les lignées directes, ni dans les lignées secondaires. À quoi cela rimait-il ? Trois années s’étaient peut-être envolées pendant son sommeil, mais de là à renverser une souveraineté et en installer une nouvelle ? Impensable. Et pourquoi se contraindre à garder en vie des dimidius ? Ridicule. Les pourchasser pour les massacrer, oui. Mais les maintenir en prison ? Et cette Sophia que Noelia avait évoquée ? Quelle était sa faute, le lien ?

 

Il lui manquait des informations.

 

Callune se sentait particulièrement perdue. Elle détestait cela. Mais elle doutait fortement du fait que Hawk accepte poliment de répondre à ses interrogations sans s’énerver et la rabrouer. Les questions tournèrent longuement dans son esprit, l’obsédant cruellement. Mal à l’aise à cause de son ignorance, elle changeait régulièrement de position à la recherche d’un peu de confort. Hawk était allongé sur le dos, les bras derrière la nuque. Il paraissait assoupi, parfaitement à l’aise, plus habitué qu’elle à l’inconfort. Un soupir lui échappa.

 

— Quoi ?

— P-Plaît-il ?

 

Hawk n’avait pas esquissé le moindre geste. Seule sa voix, vibrante de colère, montrait qu’il était parfaitement éveillé.

 

— Tu souffles, tu m’agaces, tu gigotes, tu m’énerves, tu brasses de l’air, tu m’emmerdes, t’en as pas marre ?

— V-Veuillez me pardonner, je…

— Arrête ça tout de suite !

 

Hawk se redressa et ficha son regard froid sur Callune. Celle-ci, horriblement gênée, garda le silence. Elle ne saisissait pas ce qu’il lui reprochait. Son incompréhension dut se lire sur son visage.

 

— Ta façon de parler. C’est louche. Officiellement, t’es une dimidius. Personne ne croira autre chose, mais un mot de travers et je m’occupe moi-même de ton cas et personne ne m’en empêchera. Pigé ?

— Je… Je m’efforcerais de m’exprimer selon votre convenance.

— Quand on est normal, on dit « j’essaie », et tu n’essaies pas, tu réussis !

 

N’osant plus ouvrir la bouche, Callune se contenta de hocher la tête. Satisfait, Hawk se rallongea.

 

— Alors, ton souci ?

 

Elle sursauta. Elle se pensait tirée d’affaire, mais visiblement non.

 

— J’aimerais roupiller un peu mais avec toi qui taupine à côté, c’est pas gagné. Donc autant expédier ça le plus vite possible !

 

Callune rougit. Elle avait géré ses inquiétudes beaucoup moins discrètement qu’elle ne l’avait cru. Mais s’il lui offrait l’occasion de lui soumettre ses interrogations, elle ne se priverait pas. Elle se devait juste de travailler à la formulation et à son choix de questions. Elle doutait que de repenser au désespoir de Noelia le mette de bonne humeur, elle préféra donc éviter ce sujet. Pour le moment du moins.

 

— Heu… Hum. Qu’est-ce que nous faisons ici ?

— Tain, t’es sérieuse ?! Ça fait une plombe qu’t’es réveillée et tu t’demandes que maintenant ?!

 

Redressé sur un coude, Hawk paraissait plus abasourdi qu’énervé. Il la fixait comme s’il avait croisé une espèce exotique, totalement aberrante.

 

— J-Je voulais dire… Pourquoi sommes-nous toujours en vie ?

 

Il garda le silence un instant. Callune ne parvint pas à déchiffrer son expression neutre. Il finit par se réinstaller sur la couchette et répondit au plafond.

 

— Voilà une question un peu plus intéressante. Le roi Antonin a ordonné notre sacrifice sur l’autel de son Esprit pour calmer sa colère. Là, on attend gentiment que la cérémonie soit prête.

 

Callune écarquilla les yeux, trop stupéfiée pour prononcer le moindre mot. Depuis quand les Esprits exigeaient-ils du sang ? Comment les divinités pacifistes de leur monde, qui veillaient sur les magiciens de loin, s’étaient-elles transformées en bourreaux ? Hawk laissa échapper un rire sarcastique.

 

— Pas si sympa que ça vos immortels, hein ?

— Veuillez… Hum… Il s’agit sûrement d’une mauvaise interprétation de leurs desiderata. Q-Qui est le roi Antonin ?

 

Hawk garda le silence pendant plusieurs minutes. Callune craignit d’avoir posé une question maladroite et de déclencher une nouvelle crise.

 

— T’en as vraiment jamais entendu parler ? Ni de lui, ni des îles ondiennes ?

 

L'interrogatoire la prit de court. Elle ne comprenait pas ce qu’il attendait. Elle en savait autant que tous sur les contrées d’Ondine, l’Esprit de l’eau, qui avaient disparu, englouties dans les flots plusieurs centaines de timthrialls auparavant. Depuis, quelques rares magiciens aquatiques naissaient parfois, pas suffisants pour permettre la reconstruction du clan. Hawk avait tourné la tête pour examiner sa réaction. Il fronça les sourcils, sans que Callune comprenne pourquoi. Il poursuivit sans attendre de réponse.

 

— Antonin est le roi des îles ondiennes.

— Plait-il ?!

 

Callune n’avait pas pu retenir une exclamation de surprise. Sans la certitude que Hawk perdrait patience violemment, elle lui aurait demandé si la prison ne l’affectait pas plus qu’il ne le croyait.

 

— Mais…

— Tu m’contredis et j’arrête de m’prendre la tête à t'expliquer, s’énerva-t-il. Si tu pensais tout savoir, va falloir réviser ! Les îles sont juste passées sous le niveau de l’eau mais les Ondiens sont toujours vivants. Un peu trop même…

 

Callune garda le silence, complètement abasourdie. Si l’archipel existait encore, cela justifiait la présence de gardes sur lande. Logique. Mais pas l’utilisation archaïque d’armes. Ou le sacrifice. Il lui manquait des informations. Mais la dernière rebuffade de Hawk l’avait refroidie. Avec lui, elle avait sans cesse la désagréable impression de flirter avec les limites. Comment Atlantide avait pu sombrer dans la folie en si peu de temps ?

 

— Et si tu savais tout !

 

Elle sursauta, prise de court. Perdue dans ses pensées, elle n’avait pas cru formuler ses interrogations à voix haute. Elle s’attendait à une réplique cinglante en réponse, elle ne reçut qu’un rire, dénué de toute joie. Glaçant.

 

— Les Esprits ont déserté ce monde, la magie n’existe presque plus depuis des Fómhars. À ton avis, pourquoi ce sacrifice ? Ces crétins d’Ondiens ont peur de l’avenir des îles, ils pensent finir noyés vu qu’Ondine n’est plus là pour les protéger. Torturer et abattre des monstres, ça ne peut qu’arranger la situation !

 

Hawk avait craché ces derniers mots, profondément méprisant. Callune ne parvenait plus à déterminer ce qui la choquait le plus. Les révélations ou la haine de Hawk, bien plus viscérale et agressive qu’elle ne l’avait cru. Elle croyait l’avoir déjà côtoyé furieux, dans ces moments de colère où elle craignait même pour sa vie. Elle réalisait à présent qu’il s’était toujours contrôlé. Elle ne l’avait encore jamais vu vraiment hors de lui. Et cette prise de conscience la terrifiait, surtout qu’elle sentait qu’il ne s’agissait qu’une petite partie émergée de sa rage. Elle n’appréhendait pas une réaction brutale à son égard, il ne lui restait visiblement plus que quelques heures avant que les Ondiens ne se chargent de la tuer. Mais tant de violence et d’aversion contenues lui glaçaient le dos. Comment pouvait-on détester à ce point ? C’était presque… inhumain.

 

— Tout se casse la figure, ya même eu une Senso[2] et tout ce qui intéresse les magiciens, c’est de retrouver leurs petits privilèges.

 

Le souffle coupé, Callune n'osa pas esquisser le moindre geste. Une Senso ? Ce… Ce mot n’existait pas. Enfin, dans la langue izanamienne, oui, mais pas dans le langage courant. Des affrontements armés et sanglants ? Comment ce terme pourrait-il exister autrement que pour décrire de vieilles légendes izanamiennes ? Impossible ! Complètement surréaliste.

 

Et pourtant, Hawk n’avait aucune raison de lui mentir maintenant. Il paraissait presque exulter de lui asséner ces nouvelles, comme s’il prenait plaisir de la déchéance d’Atlantide et de s’en servir pour la choquer. Est-ce qu’une Senso avait vraiment déchiré le continent ? Comment les magiciens avaient-ils pu s’avilir à ce point ? Malgré toutes les interrogations qui tournaient dans sa tête, elle préféra garder le silence. Pas par peur des coups. L’intensité des réactions de Hawk suffisait à la gêner terriblement, presque à la blesser.

 

Elle espérait que le calme apaiserait sa haine.

 

[1] Fómhar : Récolte en gaélique irlandais, sert ici de mesure de temps et correspond à 4 mois.

[2] Senso : Guerre en japonais.

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Ysaé
Posté le 10/05/2020
Salut! Me revoici par ici!

Calunne vit vraiment un calvaire depuis le début du roman, je me demande quand les choses finiront par s'améliorer pour elle, la pauvre! En même temps, j'ai parfois envie de la bousculer, tellement sa passivité est agaçante!

Ce chapitre poursuit l'intrigue, et rajoute même des questions. Pour l'instant je ne me fais pas une idée précise des enjeux, c'est très flou. Je me demande également ce qui lie les deux héroïnes.
Il y a beaucoup de nouveaux noms mais dans l'ensemble je crois avoir compris de quoi il en retournait pour les contrées d'Ondine. Je pense de toute façon que tu y reviendras.

Voici mes différentes remarques, tu prendras ce qui t'intéresse :)

- J'ai trouvé que ce chapitre comportait quelques longueurs, notamment dans l'exploration des pensées de Callunne. Dans les chapitres précédents, elle avait déjà une longue réflexion sur ses malheurs (son père qui la rejette, etc) et il y a également un passage similaire avec des Sidhes. Certes, tu ajoutes des informations sur son frère, sa mère, mais à mon avis certains passages pourraient être redimensionnés

- J'ai aussi trouvé que la "gradations" du mal-être de Calunne suivait une pente trop ascendante. Dans les chapitres précédents elle semblait déjà au plus mal, mais là ça empire avec l'agression de Hawks, puis encore avec les Sidhes (au final je me demande ce qui est le pire du pire, je ne sais pas si tu comprends où je veux en venir).

- J’ai relevé ses différents états d’âme dans ce chapitre. Il y a une alternance d’indifférence (le mot est répété plusieurs fois) et d’émotion forte de sa part. Est-ce que c’est voulu ? Du coup j’ai du mal à la visualiser : est-elle du genre apathique ou au contraire émotive ?

Paniquée/ encore sonnée/ Callune se sentait vide de toutes pensées, étrangement déconnectée de la réalité /Callune trembla de nouveau / Elle vivait avec l'indifférence depuis des années. Pourtant, la panique pointa et affola son cœur. / par une peur qui la prenait au dépourvu /anesthésiée par la torpeur, / L’indifférence. Encore et toujours. / Elle avait beaucoup trop peur / prostrée au sol, complètement tétanisée / à moitié endormie, elle trouvait beaucoup de réconfort dans sa léthargie / Un poignard s’enfonça dans son cœur. / Callune se crispa. Elle… devait lui faire honneur. Pas s’apitoyer sur son sort. une telle douleur. Son indifférence n’y survivrait pas. Callune se sentait particulièrement perdue. tant de violence et d’aversion contenues lui glaçaient le dos

- Répétition du mot « verdâtre »

L’écriture est toujours de très grande qualité et le style cohérent depuis le départ : c’est agréable à lire et je suis très curieuse de découvrir la suite :)

A+
Géraud
Posté le 21/04/2020
Ça devient vraiment chaud pour Callune ! J'attends de voir comment elle va s'en sortir!

Pour les coquilles :

dégageaient une forte odeur d’iode et de moisissures

*Moisissure au singulier

Mais, il suffisait de laisser les coupables au milieu d’une foule qui s’occupait elle-même de la sentence.

*Qui s'occuperait ?

par une curiosité qu’elle n'avait pas expérimenté depuis son enfance.

*Expérimentée

langage de fiottes

*Je suis pas certain du pluriel

La reine, aimante et irréprochable femme du monde

*la plus aimante et irréprochable ?

Je m’efforcerais de m’exprimer selon votre convenance.

*Je pense que c'est plutôt du futur ? Je m'efforcerai ?

trop stupéfiée pour prononcer le moindre mot.

*Stupéfaite, car là c'est un adjectif je pense

qu’il ne s’agissait qu’une petite partie émergée de sa rage.

*Que d'une petite partie ?
Flammy
Posté le 27/04/2020
Coucou !

Oui, la situation se compliqué vite pour Callune ^^"

Merci beaucoup pour toutes ces coquilles, j'ai honte de voir tout ce que j'ai laissé ><"
Géraud
Posté le 28/04/2020
En même temps c'est normal, c'est pour ça qu'il faut des gens pour relire.
tiyphe
Posté le 19/12/2019
Hey !

Un bon chapitre explicatif où on n'apprend des choses très intéressantes ! Il permet aussi de reprendre sa respiration et de se poser sur le sol froid de la prison avec Callune et Hawk (c'est vraiment l'impression que j'avais, d'être avec eux ^^).

J'ai tellement été prise dans ma lecture que je n'ai relevé que ça :

"Le silence pesant agit comme sur chape de plomb sur Callune."
-> comme une chape de plomb, non ?

Oh je suis super contente d'en apprendre plus sur les parents de Callune ! J'attends ça avec beaucoup de curiosité depuis un moment ;)
Le prénom de son défunt frère Malachite xD Désolée, j'ai ri, j'ai pensé à un caillou xD (je suis terrible désolée ^^')

"Sa défection laissait un vide qu’elle ne parvenait pas à combler. Entre cela, l’exil forcé et les années qu’on lui avait volées, elle avait l’impression qu’on lui avait arraché sa vie sans rien lui donner en retour."
-> J'ai un peu de mal à comprendre ce passage, tu parles de la mère de Callune ou de Callune ?
Flammy
Posté le 26/12/2019
Coucou !

Je suis contente que le chapitre explicatif passe bien =D J'ai toujours peur que ça soit un peu chiant x)

Pour ce que tu as relevé, c'est en effet une faute, merci !

Et j'aurai pas cru que les parents de Callune intéressaient du monde =O Mais c'est cool si c'est le cas ! Et pour le nom du frère, c'est pas un vulgaire caillou mais une pierre semi-précieuse, un peu de respect ! :p

Et pour le passage que tu as du mal à comprendre, c'est la disparition de la maman qui laisse un vide chez Caca ^^ Je note de modifier ça !

Merci beaucoup pour ta lecture et tes remarques ! =D

Pluchouille zoubouille !
Aliv
Posté le 19/12/2019
Un chapitre vraiment bien écrit. On en apprend un peu plus sur Callune et sa famille.
D'autres interrogations se posent, nous donnant l'envie de lire la suite pour avoir des réponses.
Flammy
Posté le 26/12/2019
Coucou !

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire =D Je suis contente que ça te plaise =D

Pluchouille zoubouille !
Jibdvx
Posté le 15/10/2019
Et bien ça fait beaucoup à digérer pour Callune et le lecteur. Mais ça fait du bien ! De l'histoire, des factions, des guerres, l'univers s'étoffe et c'est comme s'il se remettait à bouger avec le retour (un chouilla forcé) de Callune vers la civilisations. Bon une civilisations aux coutumes un peu vaseuses (ahah...ahah) mais tout de même ! Je continuerais demain :)
Flammy
Posté le 18/10/2019
Coucou !

Oui, pas mal de trucs d'un coup x) Mais bon, le monde s'est mis brutalement en marche pendant le sommeil de Callune, et il faut bien récupérer le train en marche ^^

La civilisation vaseuse ='D Je l'avais pas vu venir celle-là, et pourtant, c'était évident :p

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire !

Pluchouille zoubouille !
Keina
Posté le 22/09/2019
Coucou ! Bon, ben j'ai lu ce chapitre hier, donc après ta mise à jour, donc tout va bien, j'étais bien dans les clous. Bref, c'est moche, ce qui arrive à Callune, Noelia et Hawk ! Mais c'est qui ces gens des îles ondiennes ? Pourquoi Callune ne les connaît pas ? Ils ont réapparu durant ses trois ans de coma, je suppose ? C'est curieux qu'elle apprenne tout ça seulement maintenant, alors qu'ils auraient eu tout le temps de lui expliquer les changements dans son monde avant... Bon, en tout cas, j'espère qu'ils vont pouvoir s'échapper très vite de cette prison, même si leur avenir est loin d'être assuré, vu la haine que tout le monde semble leur porter...
Flammy
Posté le 22/09/2019
Coucou !

Alors, pour Callune, les îles ondiennes ont disparu il y a des centaines d'années, détruites par des flots déchaînées. En fait, elles étaient "juste" passées sous le niveau de l'eau. Donc non, elle n'était pas au courant car elle ne connaissait que l'explication officielle, et les autres avaient pas forcément méga envie d'en parler x) Hawk est pas vraiment patient et Noelia préfère ignorer ça, mais faudrait que je rajoute un truc pour expliquer pourquoi personne n'en parle dans les chapitres précédents.

Et pour sortir de la prison, c'est compliqué ^^" Mais tu finiras par en savoir plus <3 Mais bon, en effet, c'est pas pour autant que leur situation s'améliorerait, ils sont pas méga aimés...

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire =D

Pluchouille zoubouille !
Hinata
Posté le 22/09/2019
Très intéressant ce chapitre !
J'étais contente que Noelia et Hawk soient en prison avec elle ^^ (y a pas à dire Hawk est une source de dynamisme hautement appréciable)
Les infos sont bien disséminées et la tension va crescendo avec prison / torture / mort imminente.
J'ai pas compris par contre si les gens savent ou non les origines de Callune ? Ils la prennent pour une dimidiu ou pas ?
Je trouve qu'il manque un peu d'inquiétude à l'égard de Noelia au moment où elle est absente.
Le passage avec la Sidhe est trop bien ! Par contre je trouve que l'existence de son frère sort un peu de nulle part, c'est dommage ! Etant donné qu'il a l'air important pour Callune, je pense qu'elle aurait dû penser au moins une fois à lui depuis le début, même si tu gardes l'histoire complète pour ce chapitre. En plus il a été assassiné par des dimidius quoi !! C'est pas rien quand même, et c'est pas logique que Callune n'y pense pas alors qu'elle vit avec deux d'entre eux ! ça pourrait alimenter sa peur envers Hawk par exemple, elle devrait associer leur "race" avec la violence et le meurtre, pas tant avec l'infériorité. (et en ça Noe la détromperait !) Bref, je m'égare ^^

Petites remarques :
- Bizarre que le garde dise "La fille passe devant." sachant qu'il y a deux filles. Je sais qu'au final Callune n'est pas concernée par cette petite sortie donc elle ne compte pas vraiment mais bon...

- "Le si parfait Malachite, l’enfant prodigue," > l'expression "enfant prodigue" vient d'une parabole chrétienne où un enfant part dépenser tout son argent (d'où prodigue, souvent confondu avec "prodige") et qui revient finalement et au lieu de le gronder son padre est tout content > d'où l'idée d'enfant préféré (par rapport au frère qui est resté bien sage à la maison). Je pense pas que ce soit ce que tu veux dire. Est-il seulement un enfant prodige (genre très doué)? Ah mon avis, l'expression "le si parfait" suffit à montrer cette idée (d'ailleurs on comprend bien, mais ça ne correspond pas trop au registre de langue de Callune...)

- "plus habitué qu’elle aux conditions de vie difficiles." > "conditions de vie" ça me paraît trop large. A mon avis, ici il vaudrait mieux mettre "plus habituée qu'elle à l'inconfort" ou quelque chose comme ça.

Voilà, c'était la fin de mon marathon, mais je reviendrai au fur et à mesure de tes mises-à-jour !
Plein de bisous <3
Flammy
Posté le 22/09/2019
Re-Coucou =D

Je suis vraiment soulagée que ce chapitre te plaise, j'avais peur qu'il te paraisse trop mou, vu ta réaction face au I.4 ^^" Mais oui, Hawk aide beaucoup, si Caca avait toute seule tout le temps, j'aurai pas tenu pour écrire le chapitre ^^"

Oui, Callune est bien prise pour une dimidius (qui d'autre vivrait avec des dimidius ?) même si elle comprend pas trop leur raisonnement car les cheveux bien verts comme ça, c'est quand même ultra typique des grandes familles dryadiennes.

Je note pour l'inquiétude à Noelia, et pour le frère, je note aussi, je pourrai rajouter ça dans le I.4 aux lieux des errances de Callune sans but, ça pourrait être cool ^^

Pour l'enfant prodigue, c'est totalement une faute et je voulais dire prodige ^^" Et merci pour l'histoire derrière, je ne connaissais pas du tout, au moins je ne vais plus faire l'erreur après ^^ Et merci pour les autres trucs relevés, faudra que je corrige ^^

Un grand merci pour ta lecture et ton commentaire =D Et pour ton marathon <3 Pour les mises à jour, je sais pas encore ce que ça va donner niveau rythme x) Mais bon, on verra bien ^^

Pluchouille zoubouille !
Isapass
Posté le 19/04/2018
Ah cool ! On en apprend pas mal dans ce chapitre. Bon ok, ça débouche sur encore plus d’interrogations, mais bon, sinon y aurait pas d’histoire !
Je te cache pas que je commençais à avoir envie d’attraper Callune par les épaules et de la secouer jusqu’à ce qu’elle crache quelque chose… Enfin, elle s’exprime un peu ! J’aimerais bien qu’elle dise aussi ses 4 vérités à Hawk, mais ça n’a pas l’air d’être trop son genre…
Je me demandais pourquoi tu avais fait un personnage si… timoré, mais avec son histoire, la haine de son père, la mort de son frère, sa mère qui la couvait et tout le monde qui la méprisait malgré son statut, ça se tient carrément : elle est très peu sûre d’elle et a peur de son ombre. Bien ficelé. Ce qui explique aussi son absence de réaction face aux brimades de Hawk. Faut dire qu’il a l’air acharné ! On comprend aussi pourquoi, puisqu’il fait partie d’un peuple constamment persécuté.
J’aime beaucoup le principe des sydhes (qui sont bien angoissantes), et de leurs répliques meurtrières.
Quant à l’ambiance dans la prison, l’attente interminable, l’état de léthargie dans lequel Callune se met, c’est hyper bien écrit : on ressent l’angoisse, la faim, l’attente, le manque de lumière, les bruits dans les couloirs.
J’espère que Hawk et Callune vont quand même finir par s’entendre pour se parler.
Je me demande aussi comment les deux histoires (Lise et Callune) vont se rejoindre.
Détails :
« Ce manque de soin n’intrigua pas même pas Callune » : il y a un PAS en trop.
Flammy
Posté le 19/09/2019
Oucouc !

Pour l'avalanche de question, j'avoue que je n'y vais pas à moitié, je maltraite un peu beaucoup les lecteurs, surtout avec les deux arcs ='D Mais ya quelques réponses parfois, sisi. Enfin, je crois.

Callune est clairement un perso qui a beaucoup morflé avant, et que tout a façonné pour qu'elle soit faible. D'où un personnage pas forcément très attrayant à première vue ^^" Je suis contente que les Sidhes te plaisent <3 C'est un ajour en cours de route, je crois que tu étais la première à les lire, donc je suis contente que ça marche !

Un gros merci pour tes retours <3
Dédé
Posté le 30/11/2016
Callune et Hawk sont vraiment le point fort de ce chapitre ! Leur dynamique est fascinante, encore une fois !! 
La façon dont Callune s'exprime est tellement drôle ! C'est à mourir de rire à côté du franc-parler bourru de Hawk. Les deux forment un duo improbable et j'adore les duos improbables !! 
C'est tout de même révoltant ce qui arrive à Noelia... La pauvre... Ce moment du chapitre m'a vraiment fait de la peine... Espèce de sans coeur !!!! 
Et on apprend des choses en même temps que Callune au sujet des Ondiens et des Esprits ! J'ai presque envie de le rencontrer ce roi Antonin ! Presque car j'ai peur du personnage et du sort qu'il pourrait réserver à ceux que l'on connait déjà.
Again, hâte de lire la suite, Flaam ! A bientôt pour un nouveau chapitre lu !! :D
Un petit relevé de coquillettes sur laquelle je suis tombé au cours de ma lecture :
Ce manque de soin n’intrigua pas même pas Callune.  --> Ce manque de soin n’intrigua même pas/pas/pas même (au choix) Callune.
Flammy
Posté le 30/11/2016
Coucou Dédé !
Callune et Hawk font vraiment un duo imrobable, ça je suis d'accord, mais le duo comique heu... C'était pas le but à la base ='D Enfin bon, du moment que tu les aimes hein <3
En tout cas, je suis toujours aussi soulagée que cela te plaise ! La vie n'est en effet pas drôle pour Noelia. Et antonin n'est pas le meilleure nice guy du monde. Mais ya pas de raison pour que les choses se passent mal, hein ? :p 
Merci beaucoup pour la coquillette <3 Et pour ta lecture et pour le commentaire !
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