I.11 Les Marques du passé

Par Flammy

Chapitre 11 : Les Marques du passé

 

~918 jours avant le cataclysme

 

~0~

 

Tout à l’est de Consort, au-delà même d’Eoiel, s’étend le désert de brumes. Personne n’a jamais réussi à le traverser ou, en tout cas, à en revenir vivant à l’exception des Nomades de l’Est. Ceux-ci refusent de parler de ce qui se trouve de l’autre côté. Peu tentent l’aventure, comme peu essaient d’explorer les mers à la recherche de nouvelles terres. Pour l’instant, Consort est assez vaste pour toutes les gents qui y vivent.

Notes de Max.

 

~0~

 

Cramponnée à la taille de Leihulm, Lise essayait désespérément de ne pas glisser et tomber du cheval. L’étalon filait au galop dans la plaine de Fyh et les cahots la secouaient comme jamais. Son sac battait durement contre sa cuisse, mais à aucun moment elle n’avait voulu décrisper ses doigts des vêtements pour tenter de le maintenir.

 

Malgré les recommandations — se décontracter et ne pas s’inquiéter, garder sa souplesse —, elle avait récité mentalement ses prières. En boucle. Les rares fois où elle avait entrouvert les yeux, elle avait vu défiler sans fin le même décor. L’étendue herbeuse paraissait gigantesque. À pied, sans être sûre de sa direction, elle n’avait eu aucune chance de s’en sortir. Au bout de plusieurs heures de chevauchée, Lise n’en pouvait plus, entre ses jambes et son ventre endoloris.

 

Pourquoi elle avait accepté de le suivre déjà ?

 

Quelqu’un lui tapota les mains.

 

Étonnée, elle mit plusieurs secondes avant de réaliser que l'étalon ne galopait plus. Elle lâcha Leihulm et regarda autour d’elle. La plaine, égale à elle-même, offrait toujours les mêmes herbes, fleurs et rares arbustes. Déprimant. Tant de monotonie dérangeait Lise, sans qu’elle puisse vraiment se l’expliquer. Leihulm descendit souplement de sa monture, révélant le camp de fortune qu’il masquait jusque-là. Les restes d’un feu recouvraient d’un voile de cendres un petit cercle de végétation. À côté, un homme dormait, la tête sur un sac. Il ne paraissait absolument pas gêné par la lumière ou l’inconfort de sa position. Plus encore, ses traits tirés donnaient un aperçu de son état de fatigue. Lise esquissa une moue contrariée. Si elle se souvenait bien, il s’agissait de Maxhirst, celui qui devait lui prouver que la sorcellerie existait bien. À part en rêve, il n’était pas en état de lui montrer quoi que ce soit.

 

Lise s’apprêtait à râler lorsque ses yeux butèrent sur un éclat roux, près du cheval. Rudy. Le visage éclairé d’un sourire joyeux, il attendait de capter son attention. Il tendit une main tatouée vers elle pour l’aider à descendre. Lise le toisa un instant, un sourcil haussé, avant de se laisser tomber de l’autre côté de l’étalon. Elle manqua de peu de se tordre la cheville, mais tenta de masquer sa maladresse. Rudy, bien loin de s’offusquer, semblait presque content de cette réaction. Un fou. Il se rapprocha de Leihulm qui lui adressa la parole :

 

— Alors, comment va Max ?

— Il est vraiment à bout. Il ne fait que dormir depuis notre retour. Mais selon lui, il ne devrait pas garder de séquelles.

— Tant mieux.

 

Leihulm s’occupa du cheval avec l’aide Rudy. Mal à l’aise, Lise les regarda sans savoir quoi faire. Elle se sentait à la fois à sa place et en total décalage. Elle s’assit près du sorcier assoupi, farfouillant dans son sac pour se donner contenance.

 

— Et vous maître, comment ça s’est passé avec la Haute Prêtresse Ambroise ? Qu’est-ce qu’il y avait de si urgent ?

— Honnêtement ? Aucune idée, répondit-il en haussant les épaules. Je n’ai pas pu venir avec vous à cause de cette « convocation urgente », mais elle a juste fait durer la conversation. C’est comme si…

 

Leihulm perdit son regard au loin, ses mains arrêtant de bichonner son cheval.

 

— …comme si elle n’avait pas osé me parler franchement. Mais qu’est-ce qui pourrait être si horrible ? Vu ce qui s’est déjà passé ? Il faudra probablement que j’essaie d’en savoir plus, mais plus tard.

 

Il jeta un coup d’œil sur le côté, avant de reprendre rapidement.

 

— Et toi, comment s’est passé ton séjour dans l’autre monde ?

 

Une discussion joyeuse commença à côté de l’étalon. Leihulm posa quelques questions sur son voyage sur Terre à son élève. Celui-ci répondit avec animation, comme si ce genre de conversation était tout à fait courante et normale. Rudy décrivit Lyon comme un univers étrange, sans nature et rempli d’objets bizarres. Plus que son étonnement face aux voitures ou à la lumière électrique, ce fut l’absence d’utilisation de vocabulaire spécifique qui convainquit Lise. Rudy n’y connaissait rien du tout en technologies. Se trouvait-elle vraiment dans un autre monde, si différent du sien ?

 

Un bruit à ses côtés la fit sursauter. Maxhirst émergeait difficilement de son sommeil. À moitié redressé, il se frotta rudement les yeux et le visage. Il chercha à l’aveuglette dans l’herbe autour de lui, avant de dénicher une paire de lunettes qu’il jucha en équilibre précaire sur son nez. D’une main distraite, il attrapa ses longs cheveux bruns, totalement ébouriffés, et récupéra une fine lanière de cuir. Il rattacha sa tignasse, machinalement, comme une crise de somnambulisme et pas comme un vrai réveil. Les paupières à moitié fermées, il bailla à s’en décrocher la mâchoire. Ce fut seulement à cet instant qu’il remarqua la présence de Lise, qui agit sur lui comme un coup de fouet. Il sursauta et ses lunettes glissèrent le long de son nez.

 

— Lise ! Est-ce que tu vas bien ? Nous avions peur qu’il te soit arrivé quelque chose dans la plaine. Tu n’es pas blessée ?

 

Elle sentit son cœur se serrer. Maxhirst s'intéressait à elle plus que ses parents n’en avaient jamais fait l’effort. Cette idée lui tordait le ventre. Elle se contenta de hocher la tête. Maxhirst ne s’arrêta pas à une telle réponse. Il remarqua le bandage de Lise et essaya de lui prendre la main. Par réflexe, elle ne le laissa pas faire et plaça son bras derrière son dos. Leihulm arriva sur ces entrefaites. Il fronça les sourcils.

 

— Tu as vraiment l’air à bout Max. Tu es sûr que ça va aller ? Lise voulait une preuve de la sorcellerie, mais ça peut attendre.

— Ne t’inquiète pas, ça ira. Je ne vais pas… m’écrouler non plus.

 

Un bâillement l’interrompit.

 

— … m’écrouler non plus.

 

Il se frotta les joues, recouvertes d’une barbe de trois jours, pour se réveiller.

 

— Tu es blessée Lise ? Autant faire d’une pierre deux coups et éviter une infection.

 

Devant son manque de réaction, Leihulm essaya de la rassurer.

 

— Fais-lui confiance. Tu es venue jusque-là pour ça, non ?

 

Lise ne savait plus vraiment pourquoi elle l’avait suivi. Secrètement, elle avait espéré qu’il finirait par éclater de rire et déclarer forfait : « Tu as raison, j’ai menti ! ». Maxhirst rendait le côté irréaliste de la situation beaucoup trop… réaliste. Une peur panique commença à tordre ses entrailles. La sorcellerie risquait de lui faire du mal. Il ne fallait pas qu’on la touche, qu’on s’approche d’elle.

 

Une nouvelle lueur s’alluma dans le regard de Leihulm.

 

— Tiens, tu veux une preuve que tu es déjà venue ici et que tu nous connais ?

— O-Oui !

 

Leihulm entraîna Rudy à l’écart. Elle se renfrogna, mal à l’aise. Les yeux fixés sur son pansement, elle n’était plus vraiment sûre de vouloir savoir. Elle avait peur, sans déterminer pourquoi. Leihulm revint rapidement vers elle et lui tendit quelque chose. Lise sentit son souffle se figer dans sa poitrine. Sa croix. Celle qu’elle avait perdu depuis des mois. Comme dans un rêve, elle la récupéra. Il s’agissait bien de la sienne, avec les mêmes éraflures.

 

— Tu l’avais oubliée ici. Tu nous crois maintenant ? demanda doucement Leihulm. Laisse Max s’occuper de ta blessure. Ne t’inquiète pas, il ne te fera jamais de mal.

 

Lise ravala une remarque acerbe. Avant de s’exécuter, elle passa la chaîne autour de son cou. Cela la réconforta étrangement l’espace d’un instant, avant qu’elle ne tende sa main à Maxhirst. Son instinct lui soufflait de s’enfuir en courant, mais elle essaya de se contrôler. Elle voulait le fin mot de l’histoire. Maxhirst retira avec précaution le bandage, moins délicat que Leihulm. Il étudia la blessure et approcha deux doigts qui s’illuminèrent. Quelques picotements plus tard, la peau avait retrouvé son aspect lisse. Lise caressa doucement sa paume, ébahie. Il ne restait même pas la moindre trace de cicatrices.

 

Elle paniqua immédiatement.

 

Elle aurait dû se sentir émerveillée, pousser des cris d’admiration. Son rythme cardiaque accéléra et ses muscles se crispèrent. Les conséquences cascadèrent dans son esprit. Elle perçut la sorcellerie comme quelque chose de dangereux, d’incontrôlable. Qui savait ce que Maxhirst aurait pu lui faire ? L’attaquer, la manipuler mentalement ? Cela signifiait aussi que les mises en garde de Leihulm, contre les personnes qui la poursuivaient, étaient vraies. Elle se trouvait réellement en danger. Son esprit sautait d’une menace à l’autre. Elle se sentait comme prise au piège. Autour d’elle, les trois comparses la fixaient prudemment, comme s’ils redoutaient une explosion.

 

Ce fut le détonateur. La Colère flamba d’un coup.

 

— Quoi putain ?! hurla-t-elle. Qu’est-ce qu’il y a ? Vous voulez ma photo ?

 

Ils parurent soulagés de son éclat. Cette réaction l’énerva d’autant plus. Depuis quand on se réjouissait de voir quelqu’un crier ?

 

— Rien rien, répondit Leihulm d’une voix calme et posée. On avait peur qu’une telle démonstration te secoue un peu.

 

Lise lui répondit en redressant fièrement le menton. Elle se devait de cacher son trouble et, pour cela, elle soupira sèchement, histoire de marquer son dédain.

 

— Je ne suis pas en sucre. Et puis, c’est génial comme truc ! Je ne garde même pas une cicatrice !

— Ça, c’est à cause d’un autre sort de Max, c’est pratique hein ?

 

Rudy était intervenu, heureux de se glisser dans la conversation. Immédiatement, ses deux compagnons le fusillèrent du regard et Lise sentit une tension crépiter dans l’air. Elle se crispa de nouveau.

 

— Quel sort ? Qu’est-ce que ça fait ? s’inquiéta-t-elle.

 

Maxhirst l’avait-il ensorcelée en si peu de temps ? Dans quel but ? Ils s’observèrent un instant, hésitant sur la réponse. Finalement, Maxhirst soupira et il remonta d’un doigt ses lunettes sur son nez.

 

— Il s’agit d’un vieil enchantement permanent, lancé la dernière fois que tu es venue ici.

— Et qu’est-ce qu’il fait ?

— Il modifie la perception que les autres et toi avez de ton corps. Il…

— Il quoi ?

 

Maxhirst parlait visiblement à contrecœur, comme si cela lui rappelait de mauvais souvenirs. À ses côtés, Leihulm se détourna et regarda l’horizon, étrangement raide.

 

— Il efface toutes les cicatrices que tu portes.

 

Un instant figée, Lise éclata de rire.

 

— Comme si j’étais balafrée de partout !

 

Maxhirst soupira et approcha ses mains de son bras. Sans la toucher, il délimita un triangle avec ses doigts et l’air scintilla à l’intérieur. Lise jeta un coup d'œil à travers le voile doré, intriguée. Elle pâlit immédiatement. Une large cicatrice barrait sa peau. Elle caressa l’endroit et sentit une petite boursouflure. En fermant les paupières, elle en percevait d’autres, comme un réseau qui la recouvrait entièrement.

 

Cette dernière révélation la sonna et un grand froid l’envahit.

 

Incapable de réfléchir correctement ou de supporter la présence d’autres personnes, elle se leva et s’éloigna de quelques mètres. Elle s’assit près d’un buisson et serra ses genoux contre sa poitrine. Trop déboussolée, elle ne parvenait même plus à comprendre ses propres réactions.

 

Colère, peur, vagues restes de fierté…

 

Elle ne savait plus.

 

~0~

 

— Fous-moi la paix !

 

À l’écart, Lise tentait désespérément de garder Rudy éloigné. Elle avait essayé les insultes, les cris et même de le repousser physiquement. En vain. Il revenait inlassablement à la charge, toujours heureux et souriant. Sans s’offusquer de ses manières, il lui proposait à boire, à manger ou une couverture. Elle finit par lancer un regard excédé à Leihulm, qui se retenait difficilement de rire. Il retrouva son sérieux quand il se rendit compte à quel point elle était proche de l’explosion.

 

— Nous partons bientôt. Rudy, range tout.

 

Immédiatement, il s’attela à faire disparaître les traces du campement. À chacun de ses mouvements, son fourreau battait contre sa cuisse. Cette fois-ci, Lise prit l’arme au sérieux. Les épées étaient-elles si courantes dans ce monde ? Les armes, la magie… Elle se sentait dans un jeu vidéo, pas dans la réalité. Elle soupira. Elle ne parvenait toujours pas à organiser ses réflexions, toutes les révélations s’emmêlaient dans son esprit. Tant qu’elle n’aurait pas toutes les cartes en main, elle se doutait qu’il valait mieux rester avec ses protecteurs autoproclamés. Les différences entre son monde et Kaea paraissaient trop radicales pour qu’elle se débrouille seule. Lise se leva et récupéra son sac. Elle se dirigea ensuite vers Leihulm qui aidait Maxhirst, toujours épuisé, à monter sur son cheval.

 

— On va où ?

— Vianum, la plus grande cité du continent. Je connais plusieurs personnes là-bas qui pourraient nous donner des pistes pour te rendre la mémoire.

— Ambroise ? intervint Maxhirst, à moitié endormi.

— Notamment.

 

Maxhirst se cramponnait à la crinière de l’étalon, mal à l’aise. Leihulm paraissait inquiet de l’état de son ami et il le surveillait en permanence du coin de l’œil. Quelques minutes plus tard, Rudy terminait de ranger et fixait des sacoches à la selle. Leihulm hocha la tête, satisfait, et donna le signal du départ. D’une main, il tenait la bride et menait le cheval au pas. Lise et Rudy marchaient à ses côtés, dans la même direction que celle prise par Laor.

 

Ils progressèrent plusieurs heures sans que le décor évolue. Au début, Lise s’était demandé ce qui lui minerait le plus le moral, la monotonie du trajet ou une si longue randonnée. Ce fut Rudy qui remporta la compétition. Haut la main. Il discutait sans fin, tentait régulièrement d’engager la conversation avec elle et commentait absolument tout ce qui les entourait, la moindre fleur ou chaque mouvement de tête du cheval. Lise essayait de l’ignorer, ayant besoin de temps pour assimiler tout ce qui lui arrivait. Mais, de temps en temps, elle ne pouvait retenir une réplique cinglante, parfois criée, qui provoquait un sursaut de Maxhirst. Leihulm calmait alors le jeu en quelques mots. Il réduisait Rudy au silence une dizaine de minutes, avant que le manège recommence.

 

En fin de journée, ils atteignirent l’orée d’une forêt. Lise aurait aimé profiter du trajet pour réfléchir à sa situation et enfin tenter de démêler ce qu’elle en pensait. Malheureusement, Rudy ne lui avait pas laissé le moindre instant de paix et elle ne se sentait pas plus avancée que le matin. Avant que Lise ait le temps de râler, ses compagnons de route s’activèrent, troupe bien huilée, et s’occupèrent de monter le camp. Rudy réunit du bois et, une fois le foyer installé, Maxhirst alluma un feu à l'aide d'un sortilège. Immédiatement après, il s’allongea et s’endormit. Pendant ce temps, Leihulm dessella son cheval à l’écart et le bichonna soigneusement.

 

Lise ne se sentait pas à sa place. Elle ne savait pas comment se comporter et lorsqu’elle avait proposé son aide, Leihulm lui avait dit de ne s’inquiéter de rien. Depuis, elle restait assise près des flammes, tentant de se réchauffer. Une fois le soleil couché, la température avait rapidement chuté et elle n’avait avec elle que des vêtements d’été. Elle tremblait dans l’indifférence générale, trop orgueilleuse pour demander une couverture à Rudy qui s’occupait du repas.

 

Quelqu’un s’installa à ses côtés. Lise se figea, glacée par la peur.

 

Elle n’avait entendu personne approcher. Elle voyait juste une ombre en périphérie de son champ de vision. Et si… Et si… Et si c’était Riesz qui l’avait retrouvée ? Ou un des autres malades à sa recherche ? Le souffle court, elle se força à tourner la tête. Elle ne connaissait pas le nouveau venu. Ou, en tout cas, elle ne s’en souvenait plus. Et elle peinait à croire qu’on puisse oublier un tel énergumène.

 

Légèrement plus petit qu’elle et particulièrement fin, il était recouvert des pieds à la tête de bandes de tissus, de toutes les largeurs et de couleurs différentes, dans un camaïeu de beige. Les bandelettes, parfois très lâches ou très serrées, donnaient l’impression qu’il était vêtu de plusieurs épaisseurs. Au niveau du visage, seules quelques longues mèches de cheveux blond cendré s’échappaient à l’air libre et masquaient l’un de ses yeux. L’autre, d’un bleu violet irréel, fixait les flammes, totalement vide d’émotion. Le moindre bout de peau était caché et, pour compléter son étrange tenue, il portait des gants et des bottes bleu nuit. Un cordon de tissu noir maintenait autour de son cou un pendentif, forgé dans un métal sombre sans aucun reflet. Il représentait une sorte de chapeau haut de forme stylisé, enfermé dans un cercle.

 

Personne ne l’avait vu venir. Leihulm se trouvait trop loin, Maxhirst dormait et Rudy était concentré sur une découpe de racines. Visiblement, il ne s’était pas approché pour elle et ne s’intéressait qu’au feu et à sa chaleur. Il n’avait rien à faire d’elle. Sa peur s’envola d’un coup et laissa place à la Colère.

 

— Mais qu’est-ce que c’est que ce type ?

 

Même si elle le considérait comme un homme, Lise était en réalité bien incapable de déterminer son sexe avec certitude. Les bandes de tissus masquaient à la perfection sa morphologie. L’inconnu ne réagit pas et resta parfaitement immobile, insensible à l’énervement qui couvait près de lui. Intrigué, Rudy se rapprocha. Il parut pris de court en voyant l’étranger. Emportée par son énervement, Lise saisit l’individu par l’épaule et tenta d’attirer son attention.

 

— Tu pourrais répondre quand…

 

Elle ne termina pas sa phrase, interrompue par son propre cri de surprise et de douleur. À l’instant même où elle avait touché l’inconnu, des bandelettes s’étaient enroulées autour de son poignet et l’avaient serré fermement. En quelques secondes, un craquement sinistre retentit tandis que la peau virait au violet. Rudy réagit immédiatement. Il dégaina son épée et essaya de trancher le tissu, en vain. La lame rebondissait sans causer le moindre tort. De nouvelles bandes tentèrent de s’agripper à l’arme. D’autres bruits de fractures parvinrent des doigts de Lise, livide. Leihulm arriva à ce moment-là, alerté par l’agitation. Il se figea à la vue de la scène. Il tenta alors d’attirer l’attention de l’inconnu, indifférent à tout, en passant une main devant son visage.

 

— Eh toi ! Arrête ça tout de suite !

 

Lentement, presque avec douleur, la momie leva son œil vers Leihulm. Après quelques secondes de pause, il suivit la direction qu’on lui indiquait, vers son épaule. À peine les avait-il effleurées de son regard que les bandelettes se rangèrent docilement parmi les autres. Un gémissement de soulagement échappa à Lise qui s’éloigna de quelques pas avant de s’écrouler au sol. Elle tenait serrée contre elle sa main, complètement disloquée. Elle se recroquevilla sur elle-même, incapable de déterminer comment réagir.

 

Trop mal.

 

~0~

 

Réveillé par les cris, Maxhirst réagit immédiatement malgré la fatigue et commença à prodiguer des soins à Lise tout en grimaçant. Il avait rarement réparé une ossature brisée en de si multiples points. Il entreprit de tisser les sortilèges curatifs, tout en gardant un œil sur ce qui se déroulait à côté de lui. En cas de problème, il n’aurait qu’à se servir du sort ancré dans la manchette d’or de son poignet gauche.

 

Sur ses gardes, Leihulm menait un interrogatoire plus que déroutant. L’inconnu ne semblait pas menaçant, il s’agissait juste de ses vêtements. Maintenant qu’il avait capté son attention, l’étrange individu continuait de le regarder de son œil terne.

 

— Qui êtes-vous ?

 

Le silence lui répondit longuement.

 

— Une petite fille m’a nommé Eishik.

 

Les mots, traînants et sans aucune intonation, paraissaient difficilement arrachés un à un.

 

— D’où venez-vous ?

— De cette forêt.

— Et avant ?

— Je ne sais pas. Je ne me souviens pas.

— Vous ne vous rappelez de rien ?

— De rien.

 

L’inconnu prenait son temps pour répondre mais les explications arrivaient toujours.

 

— Que faites-vous là ?

— Froid. Je me réchauffe.

— Pourquoi avez-vous attaqué Lise ?

— Je ne l’ai pas attaquée.

— Vos vêtements, si.

— Je ne voulais pas.

 

Sceptique, Leihulm tendit une main vers lui. Automatiquement, les bandelettes se dressèrent, défensives. Eishik mit presque une minute entière avant de réagir et de fixer les bandes. Aussitôt, le tissu perdit vie. Leihulm aperçut alors le pendentif de l'inconnu et ses yeux s’écarquillèrent. Son visage se ferma et afficha une dureté sans pareil. À cet instant, une série de craquements retentit. Lise, blanche, remua sa main avec prudence sous le regard attentif de Maxhirst.

 

Putain, c’est quoi ce type ?! s’écria-t-elle. C’est normal ce genre de chose ?! Si j’avais su, je ne serais pas restée !

— Je… Je rencontre ça pour la première fois de ma vie personnellement, indiqua Leihulm d’une voix neutre. Max ?

— Pareil ici. Après, la tenue me rappelle quelque chose que j’avais lu, mais… impossible de me souvenir où.

 

Leihulm garda le silence un moment. Maxhirst remarqua enfin la raideur de son ami et son expression dénuée de toute émotion. L’incident avec l’inconnu était inquiétant, mais il n’aurait jamais réagi ainsi en temps normal. Quelque chose d’autre le troublait.

 

— Qu’est-ce qui se passe ?

 

Leihulm tendit un doigt vers Eishik.

 

— Son pendentif. Il porte le symbole du dieu Ludificus. Il s’agit de l’un de ses protégés.

— Quoi ?!

 

L’exclamation avait échappé à Maxhirst sans qu’il puisse la retenir. Il s’approcha et, après avoir remonté ses lunettes sur son nez, il ne put que confirmer les propos de son ami. Il comprenait ses réactions à présent. Plus Leihulm se tenait loin du dieu et mieux il se portait. Malheureusement, tous avaient l'obligation de prêter assistance et soutien aux protégés de Ludificus. Même lorsque ceux-ci exigeaient les choses les plus extravagantes. Comment concilier leurs devoirs envers Ludificus et la haine latente de Leihulm pour la divinité ?

 

Un grondement détourna Maxhirst de ses inquiétudes. Tous les regards convergèrent vers Eishik. Celui-ci, imperturbable, avait reporté son attention vers les flammes. Rudy intervint.

 

— Tu… as faim ?

— … Faim ?

 

Eishik tourna vers lui son œil dénué d’émotion. Un nouveau borborygme résonna et il baissa lentement la tête vers son ventre.

 

— Est-ce avoir faim ?

— Euh… Je pense.

— Alors oui.

 

Rudy tendit vers Eishik un morceau de pain. Après l’avoir longuement observé, l’inconnu saisit la nourriture et la porta devant son visage pour l’examiner de plus près. Finalement, une bandelette attrapa le croûton et les couches de tissus se relâchèrent au niveau de sa bouche. L’instant d’après, il mâchouillait pensivement sans que ses lèvres aient été visibles une seule seconde. Il avait à peine dégluti qu’une bande se dressa vers Rudy et lui adressa quelques signes. Les vêtements d’Eishik se révélaient plus expressifs que lui-même.

 

— On va quand même pas le nourrir ? râla Lise.

 

Malgré les récriminations, le manège continua entre Rudy et Eishik, totalement surréaliste. Pendant ce temps, Leihulm et Maxhirst commentèrent la venue de l’énergumène. Ils s’interrogeaient sur les dispositions à prendre à son égard.

 

— On ne peut pas le laisser ici, constata Maxhirst. Il a l’air capable de mourir de faim… Et il s’agit d’un… d’un de ses protégés. On risque des ennuis si on ne fait rien.

 

Leihulm resta impassible. Il savait pertinemment que son ami avait raison. Il soupira. Ils étaient bloqués. Ne pas l’aider leur vaudrait un lynchage public à Vianum.

 

— On l’amène à Ambroise. Elle s'occupera de lui.

 

Raide, il se détourna et alla murmurer quelques mots à l’oreille de son élève. Celui-ci hocha la tête et s’approcha de Lise, lui apportant de quoi manger et boire. Le silence s’installa autour du feu, pesant. Leihulm s’éloigna, étrangement sombre. Maxhirst regarda son ami disparaître dans l’obscurité. Il ne l’avait pas vu aussi triste depuis des lunes d’or. Depuis l’enfance de Rudy en fait. Leihulm avait été particulièrement secoué lors de la première venue de Lise, comme eux tous. Même sûrement plus qu’eux. Mais ce désespoir qu’il tentait de cacher derrière des traits sévères… Cela remontait à loin. Rudy le remarqua aussi et, après s’être occupé de Lise, vint le voir pour se renseigner.

 

— Pourquoi Lei a réagi comme ça ?

 

Maxhirst repoussa ses lunettes sur son nez, gêné. Parler de leur passé était toujours compliqué. Mais Rudy était en âge de connaître la vérité. Au moins le minimum.

 

— Nous… Nous avons été confrontés à Ludificus dans notre jeunesse, avant que nous te rencontrions. Et cela ne s’est pas bien passé. Pas bien passé du tout. Lei en garde une haine féroce pour le dieu.

— Qu’est-ce qui s’est passé ? Je trouvais Ludificus plutôt gentil.

 

Maxhirst soupira.

 

— Ce n'est pas le meilleur moment pour parler de tout cela. Mais juste, ne crois pas forcément tout ce qu’on te dit sur Ludificus. Il y a beaucoup de fausses rumeurs, ou d’informations déformées.

 

Une lueur contrariée s’alluma dans le regard de Rudy.

 

— Je ne parlais pas de racontars. J’ai déjà rencontré Ludificus.

— Quoi ?

— Il s’agit de l’un de mes souvenirs les plus vieux. Je… J’étais dans les rues et je volais de quoi manger. Je me suis fait attraper par la garde et...

 

Rudy hésita un instant.

 

— Ba, tu dois te douter que leurs punitions ne ressemblent pas aux tiennes. Ils m’ont laissé pour mort.

 

Une expression triste assombrit le visage de Maxhirst. Rudy essaya immédiatement de le rassurer.

 

— Non mais ne t’inquiète pas ! C’était il y a longtemps et j’ai vite plus rien senti. C’est juste que… quand je me suis réveillé, Ludificus était avec moi. Il m’avait sauvé et soigné. Il m’a aussi donné quelques pièces. Je… Il ne m’a même pas parlé, il ne m’a rien demandé en échange. Il… Ah si ! Je crois qu’il m’a dit qu’il fallait que je reste en vie. Un truc comme ça.

 

Rudy se massa l’arrière du cou, un peu gêné.

 

— Désolé, ça fait longtemps, je ne me souviens plus très bien. Mais avec moi, il a été gentil.

 

Maxhirst garda le silence un moment. Il accordait toute sa confiance à Rudy, il n’avait jamais été du genre à mentir ou à inventer pour se rendre intéressant. Mais cette anecdote… Sérieux comme jamais, il attrapa le poignet de son fils adoptif pour appuyer ses paroles.

 

— Ne parle jamais de cette histoire à Lei, tu as bien compris ?

— Q-Quoi ? Mais pourquoi ?

— Crois-moi, il ne doit jamais l’apprendre. Jamais.

 

Rudy parut troublé d’une telle réaction, mais il savait que Maxhirst ne lui donnait que très rarement d’ordres. Il hocha la tête. Mal à l’aise, il resta un instant, immobile, avant de retourner près de Lise.

 

Maxhirst soupira. Il avait toujours cru que Rudy s’était retrouvé sur leur route par hasard. Un hasard qui avait probablement sauvé la vie de Leihulm. Mais si celui-ci apprenait le rôle de Ludificus… Il penserait que leur rencontre n’était peut-être pas juste un coup de chance, mais un plan orchestré par le dieu… Leihulm risquait de rejeter violemment son élève. Et il n’avait vraiment pas besoin de perdre l’un des seuls points stables de son existence.

 

Maxhirst leva les yeux vers le ciel, où brillaient les lunes d’or, d’argent et de bronze. Rencontrer Eishik, ce protégé de Ludificus qui avait tant besoin d’aide pour survivre, ne ressemblait en rien à du hasard. Quelque part, le dieu devait probablement s’amuser. Maxhirst espérait juste que cela ne serait pas trop à leurs dépens.

 

~0~

 

Lise boudait.

 

Ils avaient emmené Eishik avec eux, contre son avis. L’étrange momie n’avait pas posé de questions et n’avait pas semblé réagir face à l’injonction, plus intéressé par le feu que par les personnes qui l’entouraient. Néanmoins, le lendemain matin, il avait obéi sans protester, les suivant sans même s’inquiéter de leur destination. Il marchait sans se plaindre malgré l’indolence de ses gestes. Ses bandelettes ne se manifestèrent plus. Un simple frémissement les agitait quand quelqu’un s’approchait trop d’elles et tous maintenaient donc une distance de sécurité avec Eishik.

 

Lise se tenait le plus loin possible de la momie, silencieuse et une mine revêche sur le visage. La Colère ronflait toujours en elle, mais il y avait autre chose. Elle avait passé sa nuit à réfléchir. Entre les preuves de sorcellerie données par Maxhirst et l’extraordinaire Eishik, elle ne pouvait plus fuir la réalité. Soit elle délirait, soit elle s’était fourrée dans le pire pétrin inimaginable. Et plus le temps défilait et moins l'idée d'un rêve si long et si cohérent était plausible.

 

Alors quoi ?

 

Tout ce qu’elle avait toujours cru volait en éclats et elle devait sagement l’accepter ? Prendre calmement le fait de se retrouver dans un jeu vidéo où on cherchait à la tuer ? Et surtout… Comment se comporter ? Comment agir ? Leihulm paraissait savoir quoi faire pour lui venir en aide. Mais pouvait-elle vraiment lui faire confiance ? Et Maxhirst et Rudy ? Le rouquin la mettait mal à l’aise sans qu’elle puisse déterminer pourquoi. Son empressement auprès d’elle, sa constante bonne humeur… Quelque chose clochait. Dérangeait.

 

Elle secoua la tête, tentant de s’extirper de ses idées noires. Se compliquer la vie maintenant ne servait à rien. Ils avançaient toujours au beau milieu de nulle part, traversant une forêt. Contrairement à ses déboires dans la plaine de Fyh, ils marchaient sur une large route en terre, régulièrement empruntée. Au moins, si elle devait fuir, elle saurait dans quelle direction partir. Elle redoutait plus que tout d’être manipulée et, inconsciemment, elle engrangeait les informations sur son environnement dans les conversations de ses compagnons. En cas de soucis, elle voulait pouvoir s’en sortir seule. Elle tentait de comprendre de quoi parlait Maxhirst. Sans succès. Une histoire de Prêtresse et de Plume. Elle manqua plusieurs fois de se prendre les pieds dans une racine, à force de ne pas regarder la route, et Rudy se tenait à ses côtés, prêt à la rattraper. Lise luttait pour réussir à l’ignorer correctement.

 

— Regarde !

 

Lise grommela, plus intéressée par ce qui se passait derrière elle que par ce que lui montrait Rudy. Elle dégagea son bras quand il essaya de le saisir.

 

— Là, devant !

 

Il paraissait plus excité qu’un gamin le jour de Noël. Elle chercha une pique suffisamment acérée pour se débarrasser de lui. En vain. Elle avait tout tenté et il revenait toujours à la charge, inlassablement souriant. Lise céda et observa ce qu’il lui indiquait. Il s’agissait encore du meilleur moyen d’écourter la conversation. Ébahie, elle ouvrit la bouche et s’avança rapidement de quelques pas. Ils venaient d’émerger de la forêt et surplombaient à présent une grande plaine. Lise n’y avait pas vraiment accordé d’attention. Jusqu’à maintenant.

 

À ses pieds, des champs de céréales s’étendaient dans presque toutes les directions. Une route pavée canalisait tous les chemins de terre qui quadrillaient les plantations et filait vers l’Ouest et vers la gigantesque cité, entourée par d’impressionnantes murailles et de hautes falaises. Malgré la distance, Lise distinguait des constructions qui s’élevaient vers le ciel, avec des styles très variés. Elle faisait face à une cacophonie architecturale, avec une unité parfaite où chaque bâtisse, aussi étrange soit-elle, trouvait sa place. Elle se sentit conquise par cette ville, qui paraissait réunir absolument tout ce qui existait ailleurs.

 

— Tu vois ? C’est Vianum, c’est là où on va ! J’étais sûr que ça te plairait, tu avais déjà adoré la première fois !

 

Rudy trépignait à ses côtés et, pour une fois, au lieu de l’énerver, cela l’amusa. Elle lui adressa un sourire, heureuse de cette découverte et soulagée d’oublier ses soucis l’espace d’un instant. Le visage de Rudy s’illumina. Il saisit la main de Lise et, dans un rire, il la tira derrière lui sur le sentier qui descendait vers la plaine. Prise de court, Lise faillit trébucher. Malgré sa forme physique, elle peina à suivre le rythme, surtout en pente, et après quelques minutes d’efforts, elle chuta et entraîna Rudy avec elle. Ils roulèrent dans un nuage de poussière, jusqu’en bas de la colline boisée. Lise mit un moment à retrouver ses esprits. À ses côtés, Rudy gloussait comme un idiot. Sans le moindre ménagement, elle abattit de toutes ses forces son poing sur son épaule.

 

— Crétin !

 

Un peu plus haut, Leihulm levait les yeux au ciel, amusé. Eishik restait imperturbable.

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Hinata
Posté le 11/11/2019
Waaa j'ai trop adoré ce chapitre !!! C'est clairement mon préféré ! ^^

La chevauchée, trop bien ! Le réveil de Max, la magie et la révélation de ses cicatrices, son pendentif (haha, je savais qu'on le reverrai ! yes!) et puis Rudyyy <3
Et puis toute la deuxième partie avec l'arrivée de la "momie" et le dialogue qui suit c'est génial ! ça sort de nulle part, mais c'est super cool parce que les perso sont aussi pris au dépourvu que nous ! Je me demande ce qu'il va se passer avec ce mystérieux Eishik...Et puis ça amène le sujet du dieu aussi, et toute l'histoire de Lei, Max et l'annecdote de Rudy qui est méga intriguante Rhaaa!!

Tous les dialogues étaient très très bien, et l'écriture aussi de manière générale vraiment je n'ai vu aucune maladresse ou moments confus !
Les seuls petits points que j'ai noté sont ceux-là (et tu vas voir, je pinaille ^^") :

- "En quelques secondes, un craquement sinistre retentit tandis que la peau virait au violet. / D’autres bruits de fracture parvinrent des doigts de Lise, livide." Ce passage est très bien écrit, là n'est pas le problème : ça ne concorde pas du tout avec le PoV interne de Lise ! On dirait qu'elle regarde de l'extérieur son poignet se faire réduire en miettes. Au lieu de parler de bruits et de couleur, il faudrait surtout mettre l'accent sur la douleur ! (tu le fais après, mais je crois que c'est juste obligé d'en parler aussi à ce moment-là!)

- "une mine revêche sur le visage. " > là c'est un peu le même problème: j'aime bien ce que ça exprime, mais c'est bizarre que Lise se "décrive" en ces termes. Dire qu'elle marche silencieusement suffirait peut-être, d'autant que tu commences le passage en disant qu'elle boude.
(de toute façon Lise perso je l'imagine non-stop avec un air revêche sur le visage XD)

- Lise manqua de peu de trébucher. > je mettrais "faillit trébucher" pour éviter la répétition "de"
- elle abattit de toutes ses forces son poing sur son épaule.: mettre "le" poing casserait un peu la répétition des possessifs, ça passerait mieux ;)

Et cette scène trop kiki de Lise et Rudy à la fin, mamma mia !! Tu voulais VRAIMENT que je l'adore ce chapitre, hein, avoue ? XD

Bisous !
Flammy
Posté le 12/11/2019
Coucou !

Contente que ce chapitre te plaise autant =D Quelque chose me dit que tu préfères l'arc de Lise :p Enfin, au moins un personnage ^^ Tout a l'air de marcher, même l'arrivée un peu WTF de Eishik, je suis contente <3

Merci beaucoup pour ton pinaillage ! Au moins pour une fois, ya un chapitre qui me fait moins peur que les autres, c'est pas plus mal :p

Merci beaucoup pour ta lecture et tes retours si gentils <3
Jibdvx
Posté le 25/10/2019
Ahahah ! J'aime bien l'idée des dieux qui se baladent librement en bougeant leur petits pions sur l'échiquier ! Et le nouvel arrivé dans le groupe promet d'être intéressant, j'aime beaucoup sa description en tout cas. je suppose tout de même une belle machination orchestré par divers dieux et esprits en prévision du fameux cataclysme... En tout cas le cours des événements pique de plus en plus ma curiosité !
Flammy
Posté le 25/10/2019
Coucou !

Tant mieux si l'idée des dieux manipulateurs te plaisent :p Surtout que bon, celui est un peu... particulier ^^ Tu verras plus tard quand tu le rencontreras :p

Et je suis aussi contente si Eishik te plaît, les gens ont parfois du mal avec lui, pourtant, il fait rien de mal ! Enfin, presque :p

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire !

Pluchouille zoubouille !
Isapass
Posté le 29/04/2018
Bon, désolée pour ce commentaire en demi-teinte, mais je trouve ce chapitre un peu en dessous des précédents. Malgré toutes les « bizarreries » de ce monde où Lise débarque, la momie ne m’a pas parue très crédible. Je n’arrive pas à savoir d’où ça vient, mais je trouve que ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Peut-être que ce nouvel élément est un peu « too much ». Je ne sais pas quel rôle tu vas lui donner dans la suite, mais ce personnage est-il indispensable ? Si c’est pour introduire le sujet de Ludificus, n’est-il pas possible de le faire autrement ? J’ai trouvé que ça faisait un peu vieux film d’épouvante genre le retour de la momie des années 50.
 
Par ailleurs, j’ai trouvé les réactions et sentiments de Lise pas très cohérents et très (trop ?) changeants. Je sais bien que la pauvre est chamboulée (il y a de quoi !) mais tantôt elle est « glacée d’effroi », tantôt elle est en colère, elle se sent à sa place et puis plus du tout, elle est agacée par Rudy, puis elle rit, elle décide qu’elle doit rester avec eux, mais elle ne sait pas si elle peut leur faire confiance, ensuite elle dit qu’elle aurait dû partir, elle ne peut plus se voiler la face, mais elle se demande si elle délire… Même si tu tentes souvent de justifier ses humeurs, ça ne passe pas toujours, et c’est un peu difficile à suivre. Et surtout, (là je réagis en lectrice qui ne connait pas l’auteur) j’ai peur que ce soit un peu agaçant et que Lise ne soit plus aussi attachante. Je sais qu’il y a ce truc de la Colère qui prend souvent le pas sur tout. Mais je pense que ça ressortirait mieux si elle était un tout petit peu plus constante.
 
Dernière chose : tu as trouvé de bons cliffhangers dans la plupart de tes chapitres, ce qui est, à mon avis, indispensable avec l’alternance de tes récits Callune/Lise. Il faut donner envie de lire non seulement le prochain chapitre mais aussi celui d’après. Ce que tu as parfaitement réussi jusque là.
Or, je trouve la fin de celui-ci un peu plate, alors que c’est la fin de la première partie, et que tu enchaines, non pas sur la suite, mais sur les reminiscences. Je pense que s’il y a bien un endroit où il faut mettre une fin de chapitre haletante, c’est bien celui-ci.
 
J’espère que je ne suis pas trop dure. Et puis de toute façon, ce n’est que mon avis : c’est toi le chef 😉
En tout cas, on pourra rediscuter de tout ça quand tu veux si je ne suis pas claire.
 
Détails :
-                     « Elle se sentait à sa place et en total décalage. » : j’imagine que c’est fait exprès la contradiction ? Il faudrait mettre une formule pour le souligner, sinon ça fait vraiment bizarre. Genre « Elle se sentait tout autant à sa place qu’en total décalage »
-                     « Maxhirst s'intéressait à elle plus que ses parents n’en avaient jamais fait l’effort. Cette idée lui tordait le ventre. » : je me demande si ce n’est pas bizarre d’avoir cette pensée à ce moment, on ne s’attend vraiment pas à ça, vu qu’il y a 2 minutes, elle se posait encore la question de savoir dans quel monde elle était.
-                     « Elle se trouvait réellement dans une situation délicate » : c’est un euphémisme ! Je pense que tu devrais trouver un mot plus fort que « délicate »
-                     « On avait peur qu’une telle nouvelle te secoue un peu. » : quelle nouvelle ? Si tu parles de la preuve de la magie, ce n’est pas vraiment une nouvelle. « démonstration » ? « vision » ? « spectacle » ?...
-                     « rester avec ses protecteurs autoproclamés » : pas super joli « autoproclamés », et puis on le sait déjà. Tu pourrais t’arrêter à « protecteurs », à mon avis.
-                     « Lise et Rudy marchaient à ses côtés, dans la même direction que celle prise par Laor. » : euh… c’est qui déjà Laor ? Il faudrait peut-être repréciser, pour les étourdis comme moi.
-                     « Il réduisait Rudy au silence une dizaine de minutes, avant que le manège recommence. » ; pas très sûre de moi, mais je dirais plutôt « avant que le manège NE recommence ».
-                     « Lise aurait aimé profiter du trajet pour réfléchir à sa situation et enfin tenter de démêler ce qu’elle en pensait. Malheureusement, Rudy ne lui avait pas laissé le moindre instant de paix et elle ne se sentait pas plus avancée que le matin. » : c’est un peu redondant puisque tu as expliqué tout ça juste avant. Tu pourrais réduire à quelque chose comme « A cause du bavardage de Rudy, Lise ne se sentait pas plus avancée sur sa situation que le matin. »
-                     « Leihulm lui avait dit de s’inquiéter de rien. » : de NE s’inquiéter de rien.
-                     « La lame rebondissait sans causer lui moindre tord. » : La lame rebondissait sans causer LE moindre torT.
-                     « De nouvelles bandes tentèrent de s’agripper l’arme. » : « à l’arme » ou « d’agripper l’arme »
-                     « Elle tenait serrée contre elle sa main, complètement disloquée. » : il faudrait enlever la virgule. Avec la virgule « complètement disloquée » se rapporte à Lise, et non à la main.
-                     « Celui, imperturbable, avait reporté son attention vers les flammes. » : Celui-CI
-                     « Mais juste, ne crois pas forcément tout ce qu’on te dit sur Ludificus. » : je remplacerais « juste » par « simplement », plus compréhensible.
-                     « Contrairement à ses déboires dans la plaine de Fyh, ils marchaient sur une large route en terre, régulièrement empruntée. » : contrairement à LEURS déboires, non ? Et est-ce que « déambulations » ne serait pas plus approprié que « déboires » ?
-                     « Elle faisait face à une cacophonie architecturale, avec une unité parfaite où chaque bâtisse, aussi étrange soit-elle, trouvait sa place. » : cacophonie et unité parfaite, ça jure un peu, dans la même phrase, parce que ça dit exactement le contraire. Je vois où tu veux en venir mais je pense que l’idée est claire même en enlevant « avec une unité parfaite » : « Elle faisait face à une cacophonie architecturale où chaque bâtisse, aussi étrange soit-elle, trouvait (pourtant ?) sa place. »
Flammy
Posté le 21/10/2019
Re-Coucou !

Tu as tout à fait le droit de moins apprécier un chapitre, c'est même souvent intéressant pour voir ce qui peut être améliorer ^^ Donc ne t'excuse pas !

La momie est importante, et je ne peux pas vraiment m'en passer, donc va falloir la garder. Et pour l'effet "arrive comme un cheveux sur la soupe", c'était à la base fait exprès, dans le sens où quelqu'un a fait en sorte que tout ce beau monde de rencontrent là et que ce n'est pas anodin. Mais il faudrait peut-être que j'insiste sur ce côté "heureux hasard" qui n'est pas naturel pour mettre la puce à l'oreille du lecteur.

Pour les sentiments changeants de Lise, j'ai essayé de reprendre ça, j'espère que ça va mieux ^^ Après, c'est quelqu'un qui, de base, a un caractère de merde x)

Et pour la fin, ça me paraissait pertinent de terminer là, vu qu'il y a une unité de lieux et qu'on change après totalement de lieu. Je verrais pour ce que je peux faire du coup.
Rimeko
Posté le 12/10/2016
Coucou Flammy !
<br /> Suggestions :
"À pieds (pied), sans être sûre de sa direction"
"Lise les regarda sans savoir quoi faire. Elle se sentait à sa place et en total décalage." Cette dernière phrase me semble totalement cobntradictoire... ?
"récupéra une fine lanière de cuire (cuir)" ^^
"Il ne restait même pas la moindre trace de cicatrices (cicatrice)"
" — Pfuuu. Je ne suis pas en sucre. Et puis, c’est génial comme truc ! Je ne garde même pas une cicatrice !<br /> — Ca (Ça), c’est à cause d’un autre sort de Max" Cette réplique de Lise me perturbe beaucoup, même en imaginant qu'elle simule l'enthoutiasme par ironie je trouve que ça passe pas...
"La lame rebondissait sans causer lui moindre tord" Sans lui causer le moindre tort... (fatiguée ? XD)<br /> "— Je ne l’ai pas attaqué(e)."
 
Ha, bah voilà, ça c'est une fin de chapitre sympa, tu vois quand tu veux ! xD
Et j'ai donc ma réponse sur les cicatrices de Lise qui avaient mystérieusement disparues... Mais là, revoilà de nouvelles questions, parce que sinon c'est pas drôle. La momie m'intrigue grandement, avec ses vêtements agressifs... Pauvre Lise ! (Je me demande quand même pourquoi elle l'a touché, personnellement si je me retrouve dans un monde magique je m'inquiéterai de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un mort vivant ! Puis même, ça aurait pu être un... genre un lépreux ?)
Rudy a l'air particulièrement nul avec tout ce qui ressemblerait à du tact ^^ Tu m'étonnes qu'il lui tapes sur les nerfs ! Mais en même temps, cette fin donne un certain espoir... Et puis je me demande même s'il se serait pas passé quelque chose entre eux la première fois... J'extrapole peut-être ! (Mais tu fais tellement de mystères sur le passé de tes persos qu'on ne peut pas faire autrement ! Je serais très curieuse d'en apprendre plus sur Ludificus... Apparement, les divinités de ce pays n'ont rien d'autre à faire que s'incruster dans les affaires des mortels xD)
J'attends la suite avec impatience !
Flammy
Posté le 12/10/2016
Coucou Riri !
Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire !  Je suis toujours super contente de te voir passer dans le coin, parce que mine de rien, ton relevé est très utile =D Oui parce que le "tord", c'est pas de la fatigue, je me trompe tout le temps dessus et Sej lutte contre cette faut depuis un moment :siffle: D'ailleurs, pour l'un de tes relevés, j'ai une question. Pour la phrase contradictoire, c'est fait exprès qu'elle soit contradictoire, pour montrer que Lise sait plus trop ce qu'elle ressent et qu'elle ressent des trucs contradictoires. Mais du coup, cette phrase est trop contradictoire ? Et non, je ne répète pas sans fin contradictoire voyons :p
Et oui, pour une fois, je suis pas trop méchante dans la coupure :p En général, je suis surtout méchante avec l'arc de Callune dans les coupures, Lise j'essaie de réfréner mes ardeurs sadiques ^^ Mais oui, beaucoup de questions quand même, je suis encore dans le début de CE donc je pose beaucoup de choses et je lance pleins de pistes ^^ Et pour Lise qui a touché Eishik, elle est de mauvais poil et elle a pas vraiment réfléchi pour être honnête :p
Et oui, Rudy est très franc et nature, le tact il comprend pas trop ='D ET pour savoir ce qui s'est passé dans le passé des persos, il va falloir encore attendre un peu, mais normalement j'évoque le passé de tous les persos ^^ J'aime pas avoir un perso parachuté comme ça ^^ Pur Lulu, tu comprends, l'éternité, c'est long, faut bien s'occuper :p Et puis, c'est drôle de s'occuper de ses mortels, c'est comme mettre des souris dans un labyrinthe ! (Je donne tellement une image merveilleuse de lui xD)
Merci beaucoup pour tes retours ! J'espère que la suite continuera à te plaire ^^
Pluchouille zoubouille ! 
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