Hybris

Par Liné
Notes de l’auteur : Pour remporter un concours, un homme, posté au milieu des rails, veut prendre la photographie d'un train en marche.

Hybris

 

 

   Ca y est : la Terre gronde et le viseur tremble. Le train grandit, grandit, s’impose et, bientôt, remplit tout le cadre. Il n’y en a plus que pour lui : ses rouages de métal, ses côtes d’acier et la fumée qui s’en échappe. Il s’approche, énorme et monstrueux. Menaçant. Si Vidal ne bouge pas, dans sa pose de photographe avec ses deux pieds écartés entre les rails, c’est la collision. La mort. Les membres déchiquetés, les boyaux à l’air, le sang giclant.

   Plus que quelques secondes.

   Alors qu’il s’apprête à cliquer, un poids lourd percute Vidal en plein flanc. Le cadre bascule, le photographe tombe ; son regard est contraint d’abandonner le viseur pour épouser la poussière du sol. Le train passe en sifflant. Derrière, dans l’évanouissement de la machine, Vidal peste :

- Bordel, Sanchez ! J’y étais presque ! Je l’avais, ma saloperie de photo !

   Serré contre lui, son ami le dévisage d’un air contrit.

- Une foutue seconde, une ! continue Vidal. Mais ‘faut que tu gâches tout !

   Sanchez. Quelle plaie, cette tête de lune aussi ronde et rouge qu’une pastèque, avec ses grands yeux d’ahuri sous ces lunettes qui ne tiennent jamais en place. Et maintenant qu’ils se retrouvent tous les deux le museau au sol, ce n’est pas sur Sanchez qu’il faut compter si l’on veut faire avancer les choses : il va rester à terre, le bougre, tout déboussolé qu’il est, à regarder Vidal et à espérer son indulgence. Un empâté, voilà à quoi l’animal se résume.

   Vidal n’y tient plus et repousse son ami d’un geste sec. Il se relève, époussète son vêtement, vérifie que son appareil photo n’est pas endommagé. Sanchez l’imite en quelques mouvements emprunts d’une nonchalance prudente.

   Heureusement, parfois, Sanchez s’avère utile. A son propre détriment, mais utile tout de même. Après tout c’est grâce à lui si Vidal a décroché son diplôme d’ingénieur : sans Sanchez et ses antisèches, Vidal aurait chèrement payé ses mois d’école buissonnière, ses soirées arrosées et ses flirts toujours écourtés. Tous deux se sont rencontrés sur les bancs de l’université du coin. Et sur sa vie, Vidal serait bien incapable de se rappeler comment et pourquoi une telle amitié s’est forgée.

   D’autant qu’une fois le diplôme en poche, rien ne les prédestinait à poursuivre leur route côte à côte. Vidal a obtenu un poste d’ingénieur en télécommunications et gérait la modernisation des villages voisins. Ce n’était pas rien ! La plupart de ces habitations évoluaient encore dans l’ancien monde, loin des pylônes et du goudron. Grâce à Vidal, elles connaissent désormais la civilisation.

   Sanchez, quant à lui, a fait preuve de maladresse pendant l’examen final : ses antisèches sont devenues trop nombreuses et l’une d’elles a fini par se faire la malle hors de la trousse et a dansé, gracieusement, jusqu’aux pieds du surveillant. C’en était fini de Sanchez : découvert, grondé, recalé, expulsé. Le doyen lui a tiré les oreilles devant un campus hilare. Faute d’opportunités, Sanchez s’est vu contraint d’accepter l’offre de son grand-oncle et, depuis, s’attelle docilement à la gestion du champ familial. Aujourd’hui encore, se dit Vidal, on peut sentir sur Sanchez les effluves des humiliations passées : une odeur un peu effacée mais rance, écœurante, celle que les prédateurs reniflent sur la peau de leurs proies. Mais ce n’est quand même pas de sa faute à lui, Vidal, si son empoté d’ami n’a pas réussi dans la vie.

- Pardon, Vidal, mais comprends-moi… J’allais pas te laisser te tuer ! Tout ça pour une bête photographie !

   Il est bonne pâte, ce Sanchez. Quand il a raison mais n’ose pas s’affirmer, il hausse les épaules ; ses bras s’enfoncent dans son cou graisseux, ses mains s’agitent comme pour peser un pour et un contre. Mine de rien, Vidal l’aime bien. Sanchez le rassure.

- C’est vrai, t’as raison… finit par admettre le photographe. T’es un pote, toi, un vrai !

   Du bout d’un sourire sincère, il lui flanque une claque bien virile sur l’omoplate. Excusé, Sanchez se détourne et donne un coup de pied dans le gravier. Les cailloux sortent de leur torpeur, jaillissent hors du sol et volent tous azimuts en une pluie grésillante. Vidal remarque ce geste et y lirait presque une pointe d’agacement. Depuis une semaine ou deux, il l’a bien remarqué, quelque chose irrite Sanchez. Seulement il ne faut rien dire : si son ami voulait lui parler, il le ferait car, entre eux, il n’y a pas de mièvreries qui tiennent. Les conversations sur le petit bonheur des uns et des autres, c’est pour les bonnes femmes.

- Tu vas retenter ? demande soudain Sanchez en désignant l’appareil photo d’un coup de menton hâtif.

- Un peu, que je vais retenter ! C’est une idée en or, je lâcherai pas l’affaire !

   Il s’assoit sur les rails. Avec cette chaleur, sentir le métal vibrer sous ses fesses et le meilleur moyen d’appréhender l’arrivée d’un train : au loin, l’horizon se brouille et les virages sont trompeurs.    

- Rappelle-moi pourquoi cette photo et pas une autre ? Je veux dire, rien ne t’oblige à y risquer ta vie…

   Sanchez s’est assis face à Vidal. Ses cuisses sont méchamment boudinées dans son pantalon beige et son arrière-train engloutit jusqu’au patin des rails. Il devrait se mettre au sport, se dit Vidal en lui jetant un regard peu amène.

- Je t’ai déjà expliqué ça mille fois… ! lui rétorque-t-il.

   Mais qu’à cela ne tienne, il va rendre ce service-là à son ami tout gras : dérouler pour lui, une nouvelle fois, l’histoire de sa passion pour la photographie. Comment il a appris ce métier sur le tas en achetant son premier appareil et en mitraillant sa femme, cette ingrate qui lui tourne toujours le dos quand il modifie ses réglages ; mais aussi les paysans du coin qui ne savent pas, les bougres, la chance qu’ils ont d’être ainsi immortalisés pour les générations futures, eux qui n’existeront bientôt plus. Comment Vidal s’est amélioré, a maîtrisé en un temps record les secrets du flash, de la monochromie et du tirage en chambre noire. Comment il sent, au plus profond de lui-même, qu’il a quelque chose à offrir au monde par le biais de son viseur ; qu’il lui suffirait d’appuyer sur le déclencheur pour accomplir les miracles les plus juteux. Ce n’est qu’une question de temps et d’un peu d’efforts.

   Alors, ce concours tombe à pic. « Notre vie n’est que mouvement »[1]. Une phrase un brin creuse et prétentieuse, estime Vidal, et d’ailleurs il n’a jamais entendu parler de cet obscur « Michel de Montaigne ». Mais un thème qui l’inspire jusqu’à la démesure : il la prendra, cette photo du mouvement, ce cliché improbable de l’homme contre la machine, avec ce train qui court vers une perte, la sienne ou celle du photographe ; ce train qui combat l’inéluctable en hurlant du haut de ses fumées étouffantes, qui roule et roule sans autre opportunité de vie que celle de suivre, toute tracée, la ligne que les rails dessinent contre son gré ! C’est du génie. Personne n’a osé faire cela auparavant.

- Donc non, poursuit Vidal tandis que ses joues s’empourprent de fierté, je ne vais pas laisser tomber au bout de quelques ratés ! La Terre ne s’est pas faite en un jour, et ce sera pareil pour cette photo : ça prendra le temps que ça prendra !

   Son discours s’achève sur un silence pesant. Sanchez braque sur lui un regard presque ennuyé. Mais qu’a-t-il donc aujourd’hui, celui-là ? Ce n’est pourtant pas les sujets de conversation qui manquent, autour de la photographie et du concours. Pas le temps de tergiverser : sous ses fesses, Vidal ressent soudain la vibration des rails. Un train est à l’approche.

   Mu par une excitation sereine, le photographe se redresse sans plus attendre. Dans son champ de vision, l’image de Sanchez se relevant avec peine est chassée par celle du train qui, au loin, serpente déjà vers son adversaire. Alors, avec la majesté des cow-boys approchant un combat, Vidal foule d’un pied leste la traverse des rails et, alerte, s’y poste jambes écartées, appareil photo en joue. Il est prêt à tirer.

- C’est de la folie… marmonne Sanchez pour lui-même.

- Tais-toi ! Me déconcentre pas, cette fois…

   Le grondement du train croît. Vidal coupe tout contact avec le monde extérieur ; seul compte son objectif. A travers son viseur, dont les lignes de cadrage pointent vers le train avec la justesse d’un fusil, il observe la machine approcher. La tête de fourmi géante s’agrandit à petit feu, ses cheveux de fumée ploient sous la vitesse. Alors qu’elle occupe déjà les trois quarts du cadre, un sifflement aigu s’échappe du fin fond de ses entrailles : elle somme le photographe de s’écarter.

   Vidal n’en a que faire. Il ressent jusque dans sa moelle épinière le tac-tac rythmé et oppressant de ses rouages. Son corps vibre avec le métal des rails, ses oreilles bourdonnent et sa tête lutte contre le hurlement du train. Le gravier tremble entre les traverses. Pourtant, le photographe ne bouge pas d’un millimètre. Son chef d’œuvre est imminent. Le danger le grise ; il doit patienter encore quelques courts instants.

- Y en a marre !

   Le cri de Sanchez recouvre celui du train. Poussé par une force instinctive, le jeune homme se rue sur Vidal et, une nouvelle fois, le projette hors des rails. Tous deux roulent dans le fossé tandis que le train poursuit sa course mortelle, pestant et crachant du haut de ses mécanismes têtus.

   Vidal se redresse aussitôt.

- Bordel à cul, tu pouvais pas t’en empêcher, hein ! Un lâche, un vrai lâche ! Mais qui m’a collé une lavette pareille ? Tu vaux pas mieux que la dernière bouse de tes vaches !

   Ses insultes s’entremêlent au brouhaha que le train laisse dans son sillon. Sanchez prend le temps de se relever et époussette sa chemise comme pour la laver des mots de son ami. Ce dernier continue sur sa lancée :

- Tu veux que je te dise, tu t’es montré une fois utile dans ta vie, une seule fois ! Et encore, sans mon aide, t’y aurais pas pensé à ces satanées antisèches, hein ? A la fac ! Et même là, t’étais pas foutu de rester discret ! Il a fallu que tu te fasses choper et renvoyer ! Pauvre imbécile…

   Le train se tait, enfin. Et alors que le regard de Sanchez s’illumine derrière ses lunettes sales, un bourdonnement, comme l’écho des sifflements désormais morts, résonne aux oreilles. Dans ce silence incandescent, Sanchez articule :

- … Mais de quelles antisèches tu parles ?

   A l’expression grave de son ami, Vidal comprend que quelque chose cloche.

- Tu sais bien, lui répond-il, les antisèches dont on s’est servis pour l’examen final. Celui du diplôme.

   La voix de Sanchez, aussi lisse et sèche qu’une lame, énonce avec raideur :

- Tu veux dire les antisèches qu’on a cachées dans ma trousse, à mon insu, et à cause desquelles je me suis fait expulser ? Celles qui ont ruiné des années d’acharnement, qui m’ont cloué dans le champ de mon grand-oncle… ?

   Vidal regrette soudain le sifflement du train. Il ne trouve rien d’autre que ses propres mots pour couvrir son désarroi.

- Mais enfin, tu te moques de moi ? essaie-t-il sans grande conviction. On s’y est pris à deux, pour ces antisèches.

   Le regard de Sanchez est sans appel. Il se tait. Sur son visage, par-dessus la noirceur de la rancœur, par-dessus le léger tremblement des lèvres qui trahit tout son dégoût, passe l’ombre d’une hésitation macabre.

   Vidal ne sait que faire. Comment diable pourrait-il retourner ce malentendu à son avantage ? Heureusement, le métal vient à son secours : sous ses pieds, les rails entament une nouvelle transe et le gravier recommence à tressauter. Ni une ni deux, Vidal échappe au regard assassin de son ami et se positionne une nouvelle fois face au train à l’approche.

   La machine arrive, semblable aux autres : la même fumée, les mêmes cliquetis, les mêmes râles. Désormais, Vidal connaît la manœuvre : il sait que l’engin ne reculera ni ne déviera de sa route ; il connaît son rythme, sa voix, son énervement, et est prêt à appuyer sur le déclencheur au meilleur moment.

- Regarde-la moi, cette machine ! s’esclaffe-t-il. Elle le sait pas encore mais j’en viendrai à bout, moi !

   Tout concentré qu’il est, il ne remarque pas la lueur tranchante qui éclaire soudain les lunettes de Sanchez. Les verres blanchissent, un frisson d’audace s’y dessine et le regard qu’ils dissimulent demeure illisible. Face aux deux hommes, la machine fonce à vive allure. Ses cris résonnent jusque dans leurs os, et ne trouvent d’échos que le raclement lourd des roues forçant le métal. Le choc est imminent.

   Debout, figé, le corps de Sanchez paraît traversé d’une tension glaçante. Ses épaules se contractent, son poing tremble. Au sol, son ombre esquisse un geste funeste que sa conscience retient. Vidal n’y prête pas garde. Impatient et fébrile, son doigt tressaute sur le déclencheur. Le train poursuit sa course. Tout à coup, les sifflements se font plus stridents encore ; aigus, agressifs, une plainte violente de la dernière seconde.

   Et puis brusquement, noyés dans les hurlements de la machine, les bruits écœurants d’un corps déchiqueté. Un cri d’homme, cette fois, et la déchirure irréversible d’un squelette broyé.

   Sous un tonnerre de rugissements, le train opère un arrêt forcé et brutal. Il soupire : d’énormes tissus de vapeur s’échappent de ses oreilles. Contre son flanc se distingue la silhouette de Sanchez, immobile : il n’a pas bougé d’un pouce. Il s’écarte prudemment de la fumée et s’approche de l’avant du train.

   Dans la flaque de sang que quelques membres épongent, il reconnaît Vidal. Coincé entre un silence de mort et les pulsations retentissantes de ses tempes, Sanchez cherche sa respiration. Un doute affreux le saisit, son estomac se tord ; il regrette de ne pas avoir agi.    

   Au milieu du désastre, un petit détail détonne : l’appareil photo attend encore, miraculeusement épargné, reposant en dehors des rails. Alors, tandis que le conducteur et une poignée de passagers s’attroupent autour de ce qu’il reste du corps, le jeune homme ramasse l’appareil, recule de quelques pas, colle son œil dans le viseur et prend une seule et unique photographie.

   Il gardera longtemps en mémoire cette image terrible, immortalisée dans ce noir et blanc qui ne laisse aucune place au sang. Le cadre est serré, très serré autour du train et des rails. Et, comme pour montrer comment l’arrogance s’est laissée emprisonner dans sa propre toile, toutes les lignes convergent vers un même point : le cadavre.   

   Deux mois plus tard, Sanchez est annoncé comme l’heureux gagnant du concours. 

[1] Michel de Montaigne, Essais, 1580.

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Elodie
Posté le 07/01/2020
Cette nouvelle est incroyable! Encore bravo!! La narration réussit à nous plonger dans un univers très visuel en quelques phrases et la psychologie des personnages est transcrite avec tellement de fluidité qu'on a l'impression de déjà les connaître.... J'ai adoré, merci!
Liné
Posté le 10/01/2020
Merci again !
Oui, je me suis focalisée sur les points de vue des personnages, leur psychologie respective, et leur champs de vision. Côté écriture, je trouve ça très jouissif de me plonger dans la tête de personnages antipathiques ! (même si je varie aussi)
Rachael
Posté le 20/08/2019
C’est super ce nouveau PA ! grâce à lui, j’ai vu que j’avais raté cette nouvelle. Mieux vaut tard que jamais. Et c’était dommage, parce qu’elle est percutante (ah, ah !). Non, sans rire, je trouve vraiment chouette ce dialogue entre sanchez et vidal, le mépris injustifié du second pour le premier, qui éclate et mène à la résolution (finale) de leur relation. Franchement, l’idée est très intéressante, et la réalisation très réussie. Quand voit-on la photo ? ^^
détails
ses bras s’enfoncent dans son cou graisseux : je ne vois pas trop l’image.
Pluie grésillante : il n’y a pas d’adjectif pour grésiller. Crépitante ?
Avec cette chaleur, sentir le métal vibrer sous ses fesses et le meilleur moyen d’appréhender l’arrivée d’un train : est le meilleur moyen ?
sans autre opportunité de vie : perspective ?
Liné
Posté le 20/08/2019
Hello Rach', ravie de te retrouver par ici !
Hahaa, je fais un peu de photo, mais je n'ai encore jamais rencontré d'abrutis tels que Vidal ;-)
Et je fais n'importe quoi avec l'organisation des nouvelles de Synesthésies sur PA : j'arrête pas de les intervertir pour placer celles qui me paraissent plus abouties en premier... c'est ma faute si tu t'y perds !
A très vite,
Liné
DoigtsHumains
Posté le 10/03/2019
Hybris est une nouvelle qui m'a gêné.
Ce n'est pas l'écriture en tant que telle, où j'ai perçu tout le talent et le travail nécessaires pour distinguer l'omelette de restaurant gastronomique et l'omelette de base.
Mais ce Vidal, il est tellement con (désolé, je m'emporte), alors qu'au début, je pensais qu'aavec Sanchez, ils formaient plutôt l'alliage Don Quichotte - Sancho Panza, ça va quand même loin ! Alors je ne l'ai pas suivi jusqu'au bout ce personnage, je l'ai laissé se faire écrabouiller. Et je pense que c'est parce qu'on ne perçoit, en tant que lecteur, aucune once d'humanité chez lui. C'est peut être le style que tu recherches, dans ce cas, tu es bien parvenue à tes fins avec moi.
Dernière remarque : la chute, peut être un gallicisme ("c'est à Sanchez que...") pour aller jusqu'au bout de ton propos ?
Liné
Posté le 10/03/2019
Merci beaucoup !
Que cette nouvelle t'ait gêné est plutôt bon signe pour toi et ton degré d'"humanité" : effectivement, je cherchais à mettre légèrement mal à l'aise (je souhaitais que le lecteur soit à la fois content que Vidal finisse de la sorte, et à la fois, tout comme Sanchez, qu'il se sente un peu coupable d'en arriver à cet extrême vis à vis de Vidal). Est ce que c'est en ça que cette histoire t'a gêné ? 
Autrement, la référence était bien là : j'ai choisi le prénom de Sanchez en référence au tandem de Don Quichotte, tandis que le nom Vidal est tiré du film Le Labyrinthe de Pan.  
En tout cas, un grand merci pour tes compliments en ce qui concerne le style (l'allusion à l'omelette m'a beaucoup amusée !). Si je peux me permettre une question, je vois que tu lis ces nouvelles dans le désordre (ce qui n'a rien de grave !) : je me demandais comment tu les choisissais - sur la base du résumé ?
À bientôt !
Liné 
AxelleC
Posté le 03/02/2019
Cette nouvelle est puissante et impressionnante, j'en suis restée baba ! 
Vidal est détestable. 
Bravo ! 
Liné
Posté le 03/02/2019
Merci beaucoup AxelleC !
:-D 
MLdlG
Posté le 09/01/2019
oh flûte j'ai fait une fausse manip et mon commentaire est parti... :'(
 Je rejoue !
Du coup, sur cette nouvelle, je n'ai pas grand chose à dire. Je trouve ton écriture très joli, très belle, très parlante et très agréables à se mettre sous les yeux. :)
Je m'attendais un peu à la fin. 
j'ai uniquement une remarque de passage sur le final, disons que je réfléchis à voix haute. je me demande pourquoi tu marques textuellement  "il regrette de ne pas avoir agi." ? Je peux tout à fait concevoir qu'il soit en état de choc et donc que son corps réagit (vomissement, tremblement, ...) mais je suis surprise qu'il ressente des regrets... Pour moi la notion de regrets est postérieure à une action (genre Xtemps après). Sur le coup, outre le choc émotionnel, il pourrait peut-être culpabiliser ou avoir des remords, de la honte, ... mais regretter, à mon humble avis, c'est quand on ne digère pas bien un truc et que ça remonte se cogner dans les dents bien plus tard. voilà, c'est tout ;)
Liné
Posté le 09/01/2019
Ha ça m'arrive tellement souvent, les fausses manip de commentaires sur FPA :-/ Merci d'avoir persévéré, tes remarques me sont très utiles !
J'ai écrit deux ou trois versions différentes de la fin, car j'avais du mal à cerner exactement le personnage de Sanchez. Dans une première version, l'accident ne lui faisait ni chaud ni froid et je trouvais que cela "cassait" un peu le rapport que le lecteur pouvait avoir construit avec lui. Tu as raison de souligner l'importance des regrets, c'est peut-être un peu fort... Je retravaillerai cette fin !
Laure
Posté le 08/12/2018
Mais elle est géniale, cette nouvelle ! Pour le coup, même en cherchant, je ne trouve rien à améliorer. J’ai adoré !
Les deux personnages sont bien construits, le décor est bien posé (le travail autour des sens qu'il y a quand le train arrive, c'est fou), il y a de l’humour, des émotions, la chute est super bien trouvée.
Je sais pas quoi dire d’autre. Bravo !
Juste un détail :
« Mais qui m’as collé une lavette pareille ? » : m’a
Liné
Posté le 08/12/2018
Haaa, merci beaucoup !!
J'ai envoyé ce texte à un AT, j'espère que le comité appréciera autant que toi... <3
D'ailleurs, dans la version que j'ai envoyée, il y a deux toutes petites phrases en plus que sur celle postée sur PA : à la toute fin, avant la dernière phrase, je décris rapidement la photo que Sanchez a prise (j'ai fait lire à mon copain et il a expliqué qu'il aurait souhaité que je décrive un minimum la photo). C'est peut-être la petite note d'amélioration ?
Merci encore !!
Liné
itchane
Posté le 04/11/2018
Ho bah mince alors, incroyable, une nouvelle fois !
Ils sont tellement vivants tous les deux, je peux les voir, les sentir, les comprendre presque (presque : P ), la scène est si bien trouvée, cette photo à prendre, l'arrivée du train, bref... parfait parfait ^^
Encore bravo ! 
PS : Incroyable aussi que tu parles dans ta réponse de commentaire de la série de courts "Ta mère en short(s)" que je n'ai pas vu mais qui s'appelle en fait "Ta Mort en short(s)"... ce lapsus semble d'autant plus porteur et magnifique quand on a lu Le Puits l'emportera : D
Liné
Posté le 04/11/2018
Nan mais ce lapsus !! Et moi qui travaille justement dans le cinéma xD
Contente que cette nouvelle fonctionne pour toi ! J'ai beaucoup travaillé sur les trois points de vue (Vidal, Sanchez et le train) en tentant de rendre les actions les plus visuelles possibles. J'espère que les nouvelles suivantes te plairont tout autant !
Makara
Posté le 04/11/2018
Encore une super nouvelle :) la fin est percutante :p
Liné
Posté le 04/11/2018
Haha percutant est le mot ;-)
Merci beaucoup pour ces compliments ! Je me dis que si tu as réussi à lire ces trois nouvelles à la suite, c'est qu'elles parlent un minimum ! 
A très vite :-) 
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