Épisode 2, partie 1: Equinoxe

Par Reiko
Notes de l’auteur : Hell'ow, bienvenue sur la première partie de l'épisode 2 du Crimson !
Avec l'entrée en scène d'Equinoxe Alexandrelli et Elliot -dont on ne connait pas le nom-.
Pour sa boutique/profession et le passage avec la robe de mariée, je me suis inspiré de la scène de la boutique d'Ayame Soma dans Fruits Basket.

Equinoxe finissait de ranger son poste de travail. Son dernier client venait tout juste de partir. Elle était un peu en retard sur son planning. Le problème c’est que quelques minutes de retard à son travail finiraient par se transformer en énorme retard pour la soirée. Elle se dépêcha pour autant. Après avoir terminé sa besogne, elle rangea dans son sac en bandoulière ses carnets à dessins et sa trousse qui trônait sur la grande table de travail du shop. La journée avait été longue, la plus chargée de la semaine. Habituellement, elle avait une à deux grosses pièces à tatouer dans la journée. Aujourd’hui, elle en avait eu quatre d’affilée. Heureusement que l’on était en fin de semaine, sinon elle serait bien trop crevée demain pour être assez concentré.

Disant au revoir à ses collègues, elle partie. Bizarre pour la patronne d’un shop de tatouage, non ? Pas vraiment. Simplement, elle devait partir plus tôt. Comme tous les vendredis c’était une collègue qui s’occupait de fermer le shop et de le rouvrir le lendemain. Elle avait confiance en Cécilia. La connaissant depuis déjà pas mal de temps. Ayant fait leurs classes ensemble, en primaire, au lycée puis enfin à la faculté. Equinoxe avait quitté l’Université bien avant elle pour entamer sa formation d’apprenti tatoueuse. Cela faisait deux ans qu’elle avait réussi à se mettre à son compte, arrivant tout de suite à trouver des associés tatoueurs et de nombreux clients. De ce fait, il y avait beaucoup de travail et le seul répit que la patronne s’offrait était ses vendredis soir au Club et le samedi matin tout au fond de son lit pour récupérer. Et bien que le shop fermait ses portes les dimanches et lundi, comme la loi l’exigeait. Enfin, la loi exige deux jours de repos par semaine. Elle se contentait de travailler sur ses dessins dans son appartement. Il était bien rare qu’elle aille au Club un autre soir. Sauf pendant une des soirées spéciales ou alors quand un des membres du groupe l’y obligeait.  

Elle prit le chemin habituel à pied. L’endroit où elle se rendait n’était pas si loin de son lieu de travail. Comme tous les vendredis, elle se rendait au même endroit avant de partir pour le Club.
Chez Elliot & co. Un magasin assez spécial.

En effet, il s’agissait du magasin de son ami, Elliot. Non… Tu crois ?! Elliot & co… Elliot… Bref.
Il s’agissait d’un magasin de vêtements qui se trouvait à l’abri des regards, dans une petite ruelle proche du centre-ville, mais pas trop. Histoire de ne pas faire jaser. Là, vous devez vous demander pourquoi je viens de dire ça. Car Elliot est créateur de vêtements en latex et vinyle. Ce qui n’est pas très approprié pour la société actuelle. Ce style étant vu comme une sorte de déviance. De plus, le créateur allait bien avec la boutique. Elliot était quelqu’un d’assez discret sur sa vie privée, surtout sur sa vie avant le Club. Bien qu’il était le confident d’Equinoxe et inversement, elle savait juste qu’il était Anglais et qu’il était venu en France pour faire des études de mode. Le garçon devenu homme, il avait entreprit de se mettre à son compte, ouvrant d’abord une boutique coquette de vêtements à utilités diverses, toujours en latex bien sur. Mais à l’époque, il ne maîtrisait que ce matériau. Au fil des années, et avec un bon réseau, il devint assez connu, étant le seul créateur connu à ce jour pour ces pièces d’exceptions. Il avait réussi à se faire un nom. Puis en découvrant le Club lui vint l’envie de créer un nouveau genre de sex-shop. Plus classe, plus safe. Sans honte. Un endroit haut de gamme, qui ne soit pas caché dans une ruelle sombre et sordide. Ce fut sa seconde bonne idée car elle fit tout de suite un carton.

La jeune tatoueuse arriva enfin à destination. Une petite boutique bien à la Française. Avec une belle devanture en bois, style d’autrefois, d’un lilas pâle qui donnait l’impression d’une petite boutique textile de quartier. C’était un point fort et sûrement son coin préféré du lieu. Il ne manquait plus qu’une petite table, des chaises, un thé, un livre et un rayon de soleil en été. C’est vrai qu’en y repensant, la boutique était aussi inspiré des salons de thé Anglais au niveau des couleurs. Tout pour donner envie d’entrer. Même si… On ne s’attendait pas à ce que l’on allait trouver une fois à l’intérieur.

Non. J’ai dit non !… Vous n’êtes pas prêt pour ça. Croyez-moi.

Aller, il fallait entrer, sinon le retard allait encore s’accumuler. Déjà qu’Equinoxe le détestait… Le problème ? Il n’y en avait pas. Enfin… Si en fait… Elliot… Était un retardataire né… Une vraie fille qui mettait des plombes pour choisir tenue, maquillage… Euh non ! Juste la tenue. Et comme souvent il choisissait… Quoi d’après vous ? Du latex ? En plein dans le mille.
Et bien sachez que le latex ne s’enfile pas comme ça. Oui… Voilà pourquoi Equinoxe était sure et certaine d’avoir encore plus de retard qui s’accumulerait au sien. Sauf si en un éclair de lucidité, il avait décidé de se préparer avant elle pour partir plus tôt. Ce qu’il faisait de temps à autre. Comme quoi, tout n’était pas perdu.

Oui, un jour, Equinoxe espérait qu’Elliot n’arrive pas du tout en retard à une de leurs soirées. Ce qui ferait sûrement bondir de joie Absynthe qui était très à cheval sur l’horaire. Bien que connaissant Elliot, elle était devenue moins intransigeante avec lui sur ce point. Sur ce seul point.

Mais Equinoxe avait fini par trouver une parade pour ne pas trop être en retard pour leur réunion hebdomadaire. Elle partait un peu plus tôt. Mais pas aujourd’hui. Trop de boulot, pas assez de temps et surtout… Trop de clients douillets. Enfin, elle ne leur en voulait pas d’être sensible à la douleur. Elle comprenait, étant extrêmement sensible, elle aussi en avait bavé pour les siens. Non, elle en voulait à ses clients de vouloir absolument une énorme pièce comme premier tatouage. Elle avait beau prévenir… Enfin… Ce n’est rien, elle avait l’habitude. C’était aux risques et périls du client.

Finissant par entrer dans la boutique, elle se retrouva dans une atmosphère chaude. Bien plus chaude que l’extérieur. Si vous voyez ce que je veux dire… Bien qu’Equinoxe ne soit pas plus que ça attirer par le latex, cette boutique avait toujours tendance à l’excité un tantinet. Elle se dirigea vers la caisse où une jeune demoiselle en uniforme réglementaire était en train de mettre de l’ordre. L’uniforme en question était une petite robe de soubrette, toujours… En latex. Petite lubie du propriétaire. Après tout, voir une tenue sur une vendeuse, en tous les cas, sur quelqu’un qui n’est pas soi, peut aider à la décision d’essayage puis d’achat. Le petit plus ici était que tous les jours la vendeuse pouvoir choisir la tenue qu’elle désirait, à défaut de ne pas trop choquer.
- Bonjour Ambre, le patron est là ?
- Bonjour, oui… Euh… Il est en train de…, la vendeuse semblait rougir légèrement.

Il y eut un minuscule temps d’arrêt. Un blanc de quelques secondes. De secondes assez longues pour permettre une entrée fracassante. Sans le vouloir bien évidemment.

- Equinoxe ! Ma chérie ! J’arrive !!
La concerner se tourna alors dans la direction de la voix en question.

- EQUINOXEEEEEEE !!
Et là, ce fut le drame. Une mariée. Une mariée avec le visage d’Elliot… Non, attendez… Elliot EN ROBE DE MARIÉE !

Encore, ce n’était pas trop choquant mais… En robe de mariée… En latex ! Un amour à sens unique malheureusement. Mais apparemment il avait enfin décidé de se marier avec ce textile pour être uni à lui pour la vie.

En apparence, cette scène était drôle. Elliot se dirigeant en courant au ralenti pour plus d’effet, vers Equinoxe, tenant en main un faux bouquet de fleurs. Comme si elle était le marié.
Soudain, le cerveau de la jeune fille se retourna dans sa boîte crânienne au moins sept fois. Non, ce n’était pas sa langue qu’elle tournait sept fois mais bien son cerveau. Pour s’assurer que le monde était resté monde. En suivant, elle pâlit, son âme semblant sortir de son corps par la bouche… La totale.

Ce qui se solda par une chute due à un déséquilibre de son corps. Ce fut le déclencheur d’Elliot pour arrêter ses conneries. Il lâcha le bouquet, et se dirigea calmement vers elle, s’agenouillant près d’elle pour l’aider.
- Est-ce que ça va ? Ne t’inquiète pas. Tout va bien. Je voulais te faire rire, mais je crois que tu ne t’attendais vraiment pas à ça…
- Tu l’as dit… Faut vraiment que j’arrête de penser que tu peux te comporter comme une personne normale.
- Oh mais tu me flattes ma belle ! Il ponctua sa phrase par un petit sourire coquin et un mouvement de main volage. Bien sur, il faut aussi spécifier qu’Elliot avait une tendance à appuyer sur sa voix aiguë pour faire ressortir des tonalités particulièrement… folasses.

- Aller, viens, on va se changer avant qu’Absynthe envoie le chauffeur. Il faut que j’arrive à enlever cette robe tout seul… Ça va être… compliqué

Elle se releva avec l’aide du patron puis ils se dirigèrent ensemble vers la grande partie des salles d’essayages. Une porte indiquant « Privé » était plantée entre deux cabines. Une fois ouverte et à l’intérieur, un immense dressing séparer en deux avec de chaque côté une grande cabine d’essayage. Le vrai paradis de l’addict au shopping dirait-on.

Elliot se dirigea à pas pressés vers la cabine de gauche, alors qu’Equinoxe entra dans celle de droite, comme à son habitude.
- Fouille un peu, tu verras, je t’ai créé de nouvelles tenues ! Je suis sur que tu vas adorer !

Pendant que le bruit du latex et les gémissements du garçon se faisaient entendre, la jeune femme entreprit de fouiller dans son dressing. Celui contenant exclusivement des tenues en cuir, la matière qu’elle aimait le plus. Bien sur, il y avait aussi des corsets en tissu, des chemises en coton mais en aucun cas du latex ou du vinyle.
- Pas de rose j’espère ? N’est-ce pas ?
- Oui, oui, mais je te réserve une surprise à la fin !
- Hm ?…

Elle se balada dans les rayonnages et choisit une jupe longue type sirène en cuir et une chemise fluide et un peu transparente avec des manches longues bouffantes noirs. Pour les chaussures, elle enfila une paire de bottines et s’équipa d’une paire de gants à boutons, toujours en cuir.
Quand elle sortit de la cabine, une fois maquiller, les gémissements d’Elliot avaient encore lieu d’être.
- Ça va ? Tu t’en sors ?
- Oui ! J’ai presque fini !

Finalement, elle s’assit dans l’un des nombreux canapés de la salle avec un verre de vin blanc qu’elle s’était préalablement servi.
Quand soudain (encore) Elliot sorti sans prévenir, mais cette fois sans surprise aucune. Il avait réussi à se changer en un temps record. Enlevant cette robe soi-disant destiné à un client, et enfila une nouvelle tenue en latex en moins de vingt-cinq minutes. Il arriva vers elle avec un petit paquet noir dans les mains. Il s’agissait d’une petite boîte style bijouterie.
- Ouvre-la, je reviens, je n’ai pas totalement fini.

Ce qu’elle fit sans se prier. À sa grande surprise, l’écrin ne retenait pas un bijou mais un accessoire. S’agissant de petits grands roses.
- J’avais dit PAS DE ROSE !

Elle avait hurlé sans s’en rendre compte. Elle n’y pouvait rien, elle détestait vraiment cette couleur sur elle. Le propriétaire revint au pas de course. Sa tenue bien plus brillante qu’avant. Ayant décidé de porter une de ses nouvelles créations. Un body accompagné d’un tutu et de chaussons de danse en latex rose bonbon.
- Aller, fait moi plaisir, s’il te plaît chaton, elles sont en cuir exprès, pas de latex ! Et le rose est un peu foncé, pas trop voyant. En plus, j’ai ajouté de beaux boutons, comme tu aimes.

Il était vrai que la tatoueuse avait un faible pour les gants à boutons en cuir. En y regardant de plus près il s’avère que les boutons étaient en nacre et en forme de rose. Et ce n’était pas de la merdasse trouver dans une petite mercerie de quartier. Il s’agissait de bouton en nacre creuser à la main pour avoir un beau relief sur les pétales.
- Hum… D’accord, mais juste pour ce soir !
- Hihihi, d’accord chaton mais pour la soirée d’Halloween je t’en prépare des orange, bien flash !
- Oh le coquinou !

Quelques minutes plus tard, une voiture se gara devant la boutique. Le chauffeur envoyé par Absynthe était pile à l’heure. À l’heure… Entendons plutôt le moment où Elliot était fin prêt. Ce qui n’était pas habituel.

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Lydasa.
Posté le 17/07/2020
Pouik
Mon dieu ce passage avec la robe de marier, la capote rose comme je le dis si bien. Enfin là blanche en l'occurence. J'adore ce personnage je n'y peux rien il est si rafraichissant. Equinox on devine tout de suite qu'elle est mal dans sa peau, j'ai envie de lui faire un câlin perso.
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