Episode 1 (chap4) = Last action heroine

Par NaL
Notes de l’auteur : Avis avis avis
  • Qui suis-je ? Je suis la bête qui rode dans les profondeurs de ta mémoire, le monstre qui a tué et chassé les tiens depuis la nuit des temps, celui qui se cache toujours tapi dans l’ombre, au cœur des forets ; je suis la matière dont sont fait les cauchemars…

Un énorme loup noir surgit des ténèbres. A l’intérieur de ses yeux semblaient brûler une fournaise de haine et de violence. Ses mâchoires étaient retroussées, dévoilant toutes ses horribles dents.

Bien qu’il eut conscience de l’illusion, l’agent 12 ne put s’empêcher d’hurler et de se recroqueviller contre le mur. Une peur montant du plus profond de son être l’inonda tout entier. Il avait devant lui une machine à tuer parfaite, il était à la merci du plus terrible des animaux… A la différence d’un être humain qu’il aurait pu raisonner, le loup n’hésiterait pas à le tuer, et encore mois à le faire souffrir. Pour la bête, il n’était que de la chair et de la viande, rien d’autre.

Le monstre s’avança en grondant terriblement. L’agent tirait de toutes ses forces sur les chaînes. La gueule du loup frôla celle de l’homme. Il fit claquer sa mâchoire à deux centimètres de l’agent 12.  

Celui-ci ferma les yeux et entreprit de calmer ses battements de cœur. Il se rappela du mieux qu’il pouvait qu’il se trouvait sous l’emprise du Fantasma, et que ce loup n’était pas réel. Soudain, l’animal enfonça ses crocs dans son épaule. Le sang gicla. L’agent 12 hurla d’une douleur tout ce qu’il y avait de plus réelle. Le loup tirait sur son épaule de toutes ses forces, et l’homme sentit ses os se casser. Du sang lui coulait dessus.

  • Tu n’es pas réel ! hurla l’agent 12.

Le loup se tourna vers lui, la gueule en sang et se jeta à son cou.

  • Tu n’existes pas !!!

La scène éclata soudain en milles morceaux ; le loup disparut au loin en tourbillonnant. L’argent semblait tomber parmi des morceaux de verre reflétant la scène avec le loup ; dans certaines il se libérait, dans d’autres il mourrait sous les crocs du monstre. Il n’arrêtait pas de tomber. Les bribes de réalités s’évaporèrent petit à petit, et d’autres personnes se mirent à tomber avec lui. Des jeunes personnes, hurlant à la mort, prises dans des cauchemars horribles, tombant sans fin dans les profondeurs éternelles. L’agent 12 les regardait tomber, certains qu’il s’agissait des jeunes disparus. Ils étaient devenus les prisonniers du Fantasma.

L’agent 12 n’avait aucune envie de subir leur sort, alors il obligea son esprit à se rebeller contre le monstre.

Il ferma les yeux et se concentra sur sa propre réalité, celle qu’il connaissait, celle qu’il vivait depuis trente sept ans.

Il sentit qu’il tombait de plus en plus vite mais il garda les yeux fermés. L’agent eut la sensation que la gravité se modifiait subtilement. Il rouvrit les yeux.

L’agent 12 semblait se trouver dans le même immeuble qu’avant. Pas celui du Fantasma, mais le vrai immeuble. Vétuste, délabré et sombre. Une lampe éclairait le couloir par intermittence. Il vérifia que son épaule était en bon état. Elle était comme avant ; aucun loup ne l’avait mordu. Notre homme se mit en marche, inspectant chacune des chambres. Se trouvait-il encore dans un des rêves du Fantasma ?

Soudain, il entendit des pas. Plusieurs personnes couraient vers lui. Il se retourna et vit débouler dans le couloir trois gros bras armés de kalachnikov. N’écoutant que son instinct, il s’engouffra dans une des chambres. Des coups de feu retentirent et les balles firent exploser le mur autour de lui.

Ces types étaient un autre des mécanismes de défense du Fantasma ! Je suis toujours dans un de ces putains de rêve ! Se dit-il. Heureusement, ce mécanisme de défense était une des derrières barrières avant de pouvoir tuer le Fantasma. Il sortit son automatique et attendit que les hommes aient à recharger.

Lorsque les kalachnikov se turent, il bondit dehors et mis à contribution ses années passées en Afghanistan. En trois coups de feu bien placés, l’agent 12 fit tomber ses opposants.

Il s’avança dans le couloir pour vérifier qu’ils soient bien morts, mais d’un instant à l’autre, les corps disparurent. L’agent fronça les sourcils, puis haussa les épaules en sortant une cigarette. Lorsqu’il allumait la Camel, la porte à sa droite fut projetée à travers le couloir et un autre homme enragé lui sauta dessus. Ils roulèrent par terre. Dans le flou du combat, il ne vit pas venir le coup de couteau.

  • Arg ! hurla-t-il en sentant la lame s’enfoncer dans sa cuisse. Espèce de fils de pute !

Il déchargea son automatique sur la tête de l’homme qui disparut lui aussi. Mais pas le couteau. Ni la douleur.

  • Enfoiré de Fantasma ! Ramène toi au lieu de te cacher derrière tes sbires !

Une autre porte s’ouvrit, déversant un autre loubard, aussi massif que The Rock. Celui-ci n’avait pas d’arme, mais il décocha un uppercut du tonnerre. L’agent 12 crut qu’il allait s’évanouir. Il se rattrapa à un petit meuble et tenta de recharger son arme mais son ennemi la fit voler d’un coup de pied retourné. Seul contre le colosse, l’agent 12 se mit en position de combat. L’art martial n’avait été jamais son point fort, mais il avait quand même cinq années de boxe derrière lui. Il envoya un coup de poing fulgurant, mais l’autre le bloqua, et, se servant de la force de l’agent, le fit tournoyer en l’air avant de le plaquer au sol avec la puissance d’un bœuf.

L’agent cracha du sang et sentit une vive douleur au dos. Par terre, il vit au dernier moment le pied du gros bras foncer vers lui. Il l’évita et se releva comme il put. Profitant que l’autre soit en déséquilibre, il frappa d’un puissant coup de pied et enchaîna avec une série de coup de poing.

Le colosse trembla et fut sonné. L’agent 12 en profita pour prendre son arme, la recharger et faire disparaître l’ennemi d’une balle dans la tête.

Essoufflé, il se tenait adossé contre la paroi du mur, la cuisse ensanglantée, le dos souffrant… Soudain, toutes les portes s’ouvrirent en même temps et dévoilèrent des dizaines d’hommes dangereux prêt à en découdre.

L’agent 12 les regarda arriver.

  • Eh merde…

Il tira dans le tas, mais il en sortait toujours plus et ils se rapprochaient. L’un d’eux tenait un sabre. Les autres s’écartèrent pour le laisser passer. L’agent essaya de le tuer mais seul un son sec sortit de son arme à feu. Plus de balle… L’autre leva le sabre. L’agent 12 vit sa dernière heure arriver.

Une détonation résonna dans tout le couloir. L’homme au sabre s’évapora. Les autres gros bras se retournèrent. Une troupe en tenue de commandos, armés de fusils d’assauts, et coiffés de casque à vision infrarouge, venait de faire apparition. L’un d’eux avait son fusil fumant. Il enleva le casque, et le visage d’une belle jeune femme apparut.

  • Colonel Jones ?! fit l’agent 12, étonné.
  • T’as l’air d’en chier, agent 12, fit-elle avec un sourire nonchalant. 

Elle fit un signe du doigt et son commando extermina les dernières défenses du Fantasma. Lorsque le dernier des gros bras tomba et que la réalité commençait à se dilater, le colonel apostropha l’agent 12 en lui lançant un fusil :

  • Débrouille toi pour en finir avec le Fantasma, et ramène ta grosse bite ici !
  • Bien mon colonel ! répondit-il en attrapant l’arme à feu.

La réalité se modifia une fois de plus.

 

 

L’agent 12 se retrouva subitement dans le couloir de l’immeuble, le vrai, en train de marcher, le fusil levé droit devant lui. En face, remplissant tout l’espace du couloir, se tenait le cœur du Fantasma : une masse rougeâtre et pleine de nerfs sans cesse mouvante.

Après l’intervention du colonel Jones, l’agent était remonté et prêt à en découdre. Il avait assez pris de coup, il était temps d’en donner.

La chaleur était extrême. L’agent 12 voyait l’air fondre. Une gueule se forma au milieu du cœur, le déchirant en deux. Elle s’ouvrit, dévoilant deux superbes rangées de dent et une immense langue couverte de pustule.

L’agent 12 le mit en joue.

  • Crève, fils de pute.

Il vida son chargeur sur le cœur, qui se contracta sous chaque coup. Le Fantasma émit un hurlement inhumain et implosa brutalement.

La déflagration emporta l’agent 12. Il entendit plusieurs hurlements se mêler à celui du Fantasma. Ceux des jeunes personnes portées disparues, sûrement. Leurs esprits disparaissant avec celui du Fantasma. Dommage collatéral. L’agent 12 eut un sourire ironique à cette pensée, et il sombra dans l’inconscience.

 

 

 

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CaroH
Posté le 31/03/2020
Je suis triste pour toutes les victimes du fantasma qui n'ont pas pu être sauvées. Mais ça reste un bon chapitre, on peut dire qu'on est servis côté action. Et ça me plaît qu'il soit sauvé par une femme.

Il y a quelques petites erreurs de
conjugaison à corriger.
NaL
Posté le 31/03/2020
merci pour ton commentaire :) oui j'aime bien le perso du Colonel Jones. Elle va revenir à plusieurs reprises au fil de l'histoire.
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