Différences et indifférence

La cloche a sonné sans que nous ayons le temps de parler. Mélanie et Justine se retournent plusieurs fois vers moi pendant le cours, en me lançant des clins d’œil. Je regarde la place de Simon qui reste vide. La déception me pince le cœur. J'imaginais le voir aujourd’hui avec cet espoir un peu mièvre que la magie de samedi vivrait encore. Mon esprit vagabonde en dehors des murs de la classe. Je n’arrive pas à fixer mon attention ici quand tout mon être voudrait être ailleurs. Je ne semble pas être la seule, une ambiance d’insouciance flotte dans l’air. La prof tape à plusieurs reprises dans les mains pour nous signaler sa présence et faire revenir nos pensées dans la salle.

— Allez on se concentre. Le week-end est fini. Un peu de silence, cette semaine nous allons aborder des thèmes qui seront essentiels à la réussite de votre brevet. Votre camarade Simon ne sera pas là aujourd’hui. Je ne sais pas quand il sera de retour. Une âme charitable pour lui apporter ses devoirs ce soir ?

L’information arrive à peine à mon cerveau, que la main de Clara s’agite pour se porter volontaire. Je n’ose pas la défier. Je me souviens encore trop bien de son regard assassin et de la violence de ses mots. Je griffonne tristement les réponses aux exercices de math et mon esprit s’envole dans les nuages en attendant que le reste de la classe termine à son tour. La sonnerie stridente annonce notre délivrance. Quinze minutes et toute une soirée à raconter à mes copines. Je relève le challenge.

On s’assoit par terre dans un coin de la cour. Mélanie mâche sa mèche avec la force de l’excitation et Justine mène l’interrogatoire.

— Dis-nous tout, comment c’était cette soirée ?

— Je sais pas trop… y’avait des sodas et des chips… Y’a un jardin aussi et…

— … la reine du suspens ! Abrège sur ces détails. On veut les potins, qui a embrassé qui ? Des scandales ?

Je ne sais pas si j’ai envie de partager ces moments avec Simon. Je préfère les garder à l’abri, dans mon cœur. Je manque de m’étrangler en avalant ma salive de travers quand un violent coup de genou me percute le dos.

— Alors, tu ne nous fais pas une démonstration de miaulement ?

Pas besoin de lever la tête pour connaître à qui appartient cette voix. Clara accompagnée de sa bande me surplombe. Je garde les yeux vissés sur mes chaussures en espérant que l’orage passe sans faire trop de dégât. Je devine l’incompréhension de mes amies. Un vide polaire m’envahit comme à chaque fois et j’entends quelque chose au fond de moi qui s’effrite sous les attaques de Clara.

— Je t’ai invité parce que j’ai eu pitié de toi. Toi et moi on ne joue pas dans la même cour. Regarde-toi, t’es dégueu. T’es tellement désespérée que quand un mec se montre sympa avec toi, tu te sens obligée de lui sauter dessus ?

Je persiste à fixer le sol parce que je ne sais pas comment réagir. Ses mots me font plus mal que des coups et elle continue de frapper encore plus fort.

— Je te préviens, tu t’approches plus de Simon. Il est comme moi, il a juste eu pitié de toi. Retourne bouffer du riz et faire du kung fu.

L’ombre des silhouettes de Clara et sa bande s’éloigne. Les rayons du soleil essaient de me réchauffer sans succès. Je recolle les morceaux de mon âme pour me créer un bouclier et empêcher mes larmes de couler. Justine pose une main sur mon épaule. Mélanie recrache sa mèche et sa bouche se tord dans un rictus de dégoût.

— Quelle pouffiasse ! Je la savais prétentieuse, mais méchante à ce point ? Franchement, tu devrais aller te plaindre au proviseur. Elle n’a pas le droit de te dire des trucs racistes comme ça. Je viens avec toi si tu veux.

Mon corps refuse de fuir. Mes pieds sont collés au sol. Si je bouge, je m’effondre. Il me faut juste un peu de temps… juste un peu de temps pour me relever et avancer. Justine se rapproche de moi, la main toujours posée sur mon épaule.

— Écoute, je sais pas trop quoi dire. Je n’ai pas vraiment compris tout ce qu’a dit Clara. Nous, on est là pour toi, parce que… même si on se connaît pas encore beaucoup… t’es une fille super. Ne laisse pas une meuf comme Clara te dire qui tu es. Et si tu veux aller voir le proviseur, on est là. Si tu préfères ne rien faire, on est là aussi. D’acc ?

Mon amour propre vient de se prendre un KO, des fragments de mon cœur flottent à la surface de ma peine et pourtant… pour la première fois depuis longtemps je me sens bien. Grâce à elles. Quatre yeux qui m’enveloppent de leur amitié et deux bouches qui me sourient.

— Y’avait un petit chat trop mignon dans le jardin et… je voulais le caresser. Pour l’attirer, je me suis mise à miauler.

La stupéfaction passe sur les visages de mes amies, suivis d’un regard d’horreur et d’excitation quand je leur annonce que Simon et moi avons failli nous embrasser. Mélanie secoue la tête dans tous les sens et sa mèche rigide de salive fouette l’air.

— Je le savais, je le savais ! J’ai bien vu comment il te regardait ! Tu m’étonnes que Clara soit en rage ! Tu vas lui piquer son mec…

— Je vais rien lui piquer du tout. Franchement, je ne veux pas d’histoire et… de toute façon mes parents ne veulent pas que j’ai de copain avant la fac.

La main de Justine tombe sur le sol de surprise.

— Ils sont sévères tes parents… Tu ne vas quand même pas passer à côté d’un truc avec Simon ? Franchement ce mec il est extra. On le connaît depuis la maternelle et c’est pas le genre de gars qui va prendre le melon maintenant qu’il est populaire.

— Je ne sais pas… on verra. De toute façon, il n’est pas là aujourd’hui. J’aurais bien aimé lui apporter les devoirs, surtout qu’on habite juste à côté, mais… Je crois que Clara pourrait me faire bouffer les cahiers par les trous de nez si je fais ça et je n’ai pas tellement envie de tester l’expérience !

La sonnerie recouvre notre rire. Tant pis si Clara pourrit ma dernière année de collège. Avec Justine et Mélanie à mes côtés, je sais que je trouverais toujours la force de me relever. Je passe le reste de la journée à ignorer les regards furibonds de Clara, ses bousculades dans les couloirs, les tentatives de croche-pieds de ses copines… Je ferme mes oreilles aux miaulements qui apparaissent sur mon chemin. Ce que je voulais éviter prend forme. Mais cette fois-ci j’ai des alliés.

À la fin des cours, quand la prof donne la pile d’exercices pour Simon, j’hésite. Il y a ce quelque chose au fond de moi qui me hurle d’arrêter d’accepter de me laisser marcher sur les pieds. Et il y a aussi mon instinct de survie qui me tire la manche pour m’obliger à reculer dans l’ombre. Rapidement, je pèse le pour et le contre. La raison l’emporte. Je prends mon sac et entame le chemin du retour. Les prochains jours, je dois la jouer discrète pour me faire oublier… ou qu’une nouvelle de tête de turc apparaisse.

Dans la rue, des pas font échos aux miens. Un rapide coup d’œil en arrière m’informe de l’identité de la personne qui me suit. Je ne sais pas si j’accélère pour la distancer ou si je ralentis pour la confronter. Je me souviens que Simon m’a dit que Clara vivait des moments compliqués. Peut-être que ça explique sa méchanceté ? Je n’aurai pas d’autres occasions de lui parler en tête à tête. Je m’adosse contre un mur pour l’attendre. Le menton fier, elle me toise.

— T’as cru qu’on allait faire le chemin ensemble ? Désolée, mais je ne voudrais pas que tu me trouves trop sympa et que tu cherches à me sauter dessus.

Elle ne baisse jamais sa garde. Je ne sais pas comment désamorcer la situation, alors je me lance avec toute ma bonne volonté.

— Simon m’a dit que ta mère était…

— … tais-toi, ça ne te regarde pas ! T’es vraiment qu’une sale fouineuse ! Simon aussi m’a fait des confidences. Il m’a dit d’où sortaient tes yeux de chinoise. Tu vois quand je te dis que t’es dégueu… même tes parents biologiques ont pensé ça. Ils ont préféré se débarrasser de toi.

Clara éclate de rire. Ses pupilles brillent de cette lumière que je ne connais que trop bien. Je voudrais pouvoir dire stop. Arrêter le temps pour me préparer ou m’enfuir. J’essaie de balbutier une réponse, mais rien ne vient. Parce que quelque part, je sais qu’elle a raison.

— Et toi… toi tu crois vraiment que Simon s’intéresse à toi ? Quand t’es partie, il m’a dit à quel point il avait été gêné par ton attitude d’allumeuse. Qu’il savait plus comment se débarrasser de toi.

— Arrête, c’est lui qui…

— … T’es qu’une menteuse ! Une menteuse, fouineuse dégueu. Et ne t’approche plus de moi. Je ne veux pas que les gens croient qu’on traîne ensemble. Et dernière chose… si je te vois tourner autour de Simon, je ferais de ta vie un enfer.

Collée au mur, je la regarde s’éloigner. Quand elle disparaît de mon champ de vision, je me décide à rentrer chez moi.

Sous la douche, je sens les jets ruisseler contre mes joues. L’eau qui glisse entre mes lèvres est légèrement salée. Je passe la main sur le miroir de la salle de bain, recouvert d’un film de buée. Les paroles qu’elle m’a balancées à la figure résonnent toujours dans ma tête. Je ne peux pas rivaliser avec elle. Clara a été peinte dans un dégradé de couleurs délicates et infinies. Des yeux dorés, des rayons auburn illuminant ses cheveux, une peau blanche, des joues rosées. Et moi ? Aucune nuance. Du miel et du charbon. Un mélange dégueu. Je voudrais me frotter le corps jusqu’à en arracher cette teinte qui me rend différente. Scotcher mes paupières pour me rapprocher physiquement des gens qui m’entourent. Mon reflet me donne envie de vomir. Ma main tremble sur le rebord du lavabo. Je m’échappe dans ma chambre. Les cheveux humides, je m’enfuis dans un de mes romans. Les filles comme moi ne sont pas faites pour être des héroïnes. Pour preuve aucune ne me ressemble. Elles possèdent toutes, les traits de Clara. Des peaux laiteuses, des yeux clairs, de longs cils…

La voix de ma mère m’appelle pour venir dîner. Autour de la table, elle roucoule avec mon père. J’en ai marre de faire semblant. Je ne peux plus vivre dans ce mensonge. Trop de colère m’étouffe. Si je ne parle pas, je vais exploser.

— Alors c’est ça la vie ? Se frapper la tête contre les murs et faire comme si ça ne s’était jamais passé ? Vous faites pareil avec moi ? Vous imaginez que je suis aussi blonde que vous ? Que je suis vraiment votre fille ?

Les pieds de la chaise de mon père se mettent à crier quand il recule. Il fuit le champ de bataille et laisse ma mère gérer la crise. Les sourcils froncés, elle chiffonne un peu plus le mouchoir dans sa main.

— Qu’est-ce que tu racontes ? Tu es notre fille. On n’imagine rien du tout. Ce n’est pas une couleur de cheveux qui m’empêche d’être ta mère ! Et pour ton père… ça ne te regarde pas.

— Je vis sous ce toit. Tu crois que je ne vois rien ? J’en ai marre, marre !

Les mots se transforment en hurlement que je n’arrive pas à arrêter. Toute la douleur de la journée sort maintenant. Je voudrais faire taire les voix dans ma tête, celles qui me disent que je ne vaux rien. Celles qui sont d’accord avec Clara. Les mains dans les cheveux, je tire dessus de toute mes forces avec l’espoir d’arracher ces pensées qui me torturent. Contre le mur de la cuisine, je me frappe le crâne, encore et encore. Toujours plus violemment. Mes cris recouvrent ceux de mes parents qui tentent de me stopper. Je mérite chaque coup. Je ne sais plus si l’écho est dans ma tête ou dans la pièce. Ma mère finit par m’encercler dans ses bras. Ses larmes coulent dans ma nuque et elle répète en boucle ces mots que j’ai désespérément besoin d’entendre.

— Je t’aime ma puce, je t’aime.

 

 

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PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 15/03/2021
Hello Cocochoup,
Un petit commentaire pour te dire que j'avance tout doucement dans ma lecture. Je note mes commentaires sur un document Word et j'attends d'avoir fini de tout lire pour te les publier.
Ceci dit, je tenais à faire un petit stop ici pour te dire que je trouve cette histoire bouleversante par certains points. Tu abordes des thèmes très importants et touchants. Tout n'est pas parfait, j'ai relevé des maladresses dans la narration et j'espère que je trouverai les bons mots pour t'en faire part. Mais dans l'absolu, dans les messages que tu fais passer, je pense que cette histoire doit être écrite et mérite d'être lue par le plus grand nombre.
Bisous et câlin ❤
Cocochoup
Posté le 17/03/2021
Je ne doute pas qu'il y ait des kilos de maladresses dans ce premier jet 😅
J'ai très hâte que tu me partages tes notes qui me permettront d'améliorer ce texte au mieux de mes capacités ❤️
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 03/05/2021
Hello !
Je reviens sur ce chapitre pour ajouter que je le trouve vraiment très bon dans ce qu'il raconte. Il peut être peaufiné au niveau de la narration, de l'écriture, mais dans le fond et les scènes, il est vraiment intense. J'avais noté aussi que ce serait bien de retravailler la crise de Florine à la fin, le moment où elle craque et qu'elle dit qu'elle en a marre n'était pas assez marqué j'ai trouvé par rapport à la violence de Clara un peu plus haut. Mais sinon, il est vraiment top ce chapitre.
Cherry
Posté le 21/01/2021
Si ce n'est pas du grand art, je ne sais pas ce que c'est...

Je suis passée par toutes sortes d'émotions en lisant ce chapitre. Comment te dire que tout ça m'a brisé... Tu as un don pour me rendre folle ;-) Je ne m'y attendais pas du tout.

Je griffonne tristement les réponses aux exercices de mathS (avec un s)

Je ne veux pas d'histoireS (avec un S aussi)

Autre chose : quand Flo explose à table, tu pourrais peut-être mieux amener la scène (enfin ce n'est que mon avis).... Amener de la tension ou je sais pas trop. C'était assez rapide (mais réaliste). La fin m'a vraiment touché et finalement... sa mère est là pour elle qu'importe ce qui arrive. Elle est certes toxique mais la voir prendre Flo dans ses bras... bref, mon cœur s'est brisé.

J'ai aussi beaucoup aimé voir Mélanie et Justine soutenir Clara... Ha la la... C'est beau l'amitié, hein ? Et ces descriptions imagées et frappantes... Fantastique.

Autre moment que j'ai beaucoup adoré : le passage où Flo se compare physiquement à Clara. Là, je me suis tellement reconnue parce qu'en tant qu'asiatique en Occident on doit se battre tous les jours pour se reconnaître et s'accepter. Et même la littérature qui est pourtant notre refuge ne peut pas nous aider à ce moment de crise identitaire.
Bravo à toi Cocochoup. Cette lecture a été si intense et pleines de surprises.
Cocochoup
Posté le 27/01/2021
coucou Cherry
je note ta remarque pour l'explosion à table. Tu as raison, je devrais amener de la progressivité!
Merci beaucoup beaucoup pour tes compliments ❤️❤️❤️
Espelette
Posté le 29/10/2020
Encore une fois, beaucoup de violence dans ce chapitre. Quelle scène finale !
L'amitié de Justine et Mélanie est précieuse et tu l'exprimes bien.
Et comme toujours, il y a de petites phrases coup de poing qui me marquent : "Clara a été peinte dans un dégradé de couleurs délicates et infinies."
Cocochoup
Posté le 31/10/2020
Salut Espelette,
C'est vrai que les chapitres sont violents, je ne m'en étais même pas rendu compte !
Heureuse de lire que certaines phrases captent ton attention ❤️
annececile
Posté le 16/09/2020
Tres bon chapitre! Et on a mal pour Florine, ce qui montre bien que tu nous as fait partager parfaitement son enfer... Le pere de Clara serait horrifie des propos de sa fille ! Florine devrait l'enregistrer et le faire ecouter...On a envie de la defendre, Bref, on a hate d'avoir la suite!
Cocochoup
Posté le 17/09/2020
Coucou Annececile,
tu as parfaitement raison, le père de Clara tomberait à la renverse... On se demande de qui elle tient cet affreux caractère!
Merci pour ton retour, j'étais hésitante sur ce chapitre. Toujours ma crainte de rendre la situation réelle et non caricatural 😉
annececile
Posté le 18/09/2020
Ca fait tres vrai, en particulier dans les circonstances que tu decris. J'ai beaucoup aime aussi le soutien des amies, les vraies, au milieu de la tempete.
_julie_
Posté le 11/09/2020
Encore un très bon chapitre. Je crois constater une nette amélioration du style ! Tu écris de manière plus personnelle, avec du vocabulaire choisi. Tu as su donner un bon rythme, l'histoire est plus dynamique... Bravo à toi !
ps : la chute est géniale ! Continue à en mettre à la fin de tes chapitres, ça donne envie de lire la suite !
Cocochoup
Posté le 12/09/2020
Coucou Julie !
Ça me fait tellement plaisir de t'entendre dire que ma plume se renforce 😍
Je suis ravie que ce chapitre t'ai plu.
À bientôt 😊
Soah
Posté le 07/09/2020
Je n'ai riiiien, mais alors riiiien de bien à dire sinon que j'éprouve une immense peine pour Florine.
Aurais-tu passé ce chapitre sous l'oeil d'Antidote ? J'ai l'impression que le niveau à grimper d'un petit coup ! c:
Je suis vraiment ravie de voir la suite de cette histoire et de Pink Romance ! ~
Cocochoup
Posté le 07/09/2020
😱 Rien de bien à dire parce que tu n'as pas apprécié la lecture de ce chapitre ?
J'ai effectivement passé ce chapitre sous antidote, mais comme les précèdents. En revanche je crois que mon esprit s'est exercé à traquer les verbes ternes et à étoffer mon vocabulaire 😜
_HP_
Posté le 06/09/2020
Hi !

Flo ♥♥♥
Est-ce que j'ai des envies de meurtres ? Noooooooooon 🙄🙄
Elle m'éneeeeeeerve, cette Clara !! xD
Sinon j'ai pas grand chose à dire, désolée ^^ Je serais très curieuse de lire la suite ! <3

• "Je griffonne tristement les réponses aux exercices de math et mon esprit s’envole dans les nuages" → maths ^^
• "Je t’ai invité parce que j’ai eu pitié de toi" → invitée
Cocochoup
Posté le 07/09/2020
Ahhh merci pour la cueillette de coquilles 😆
Bah alors... Comment ça des envies de meurtres ? Tu veux pas de Clara comme meilleure amie ?
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