D'encre et d'espoir

 

 -  Lèves-toi, assieds-toi. Lèves-toi, assieds-toi. Lèves... Non, non ! Cela ne va pas du tout ! Comment peut-on faire preuve d'autant de disgrâce pour un simple mouvement de hanche ? Je te trouve des similitudes avec un sac à patates ; or, ce que je te demande, c'est l'harmonie d'une partition musicale ! Amaya, remue-toi un peu !

La mâchoire serrée, Annie encaissait les insultes que lui envoyait inlassablement Solveig. La mère était épuisante à satisfaire. Une mèche qui rebiquait de sa coiffure pouvait engendrer les pires jurons. Elle lui reprochait de ne pas lever son auriculaire en prenant une gorgée de thé et de déraper lorsqu'elle portait des talons. En quête d'une quelconque amélioration, elle lui faisait répéter ses phrases, raillait sur les tremblements de sa voix et critiquait chacune de ses manières, la pipe fourrée dans la bouche. Les poumons en feu, Annie se demandait où était passé la Solveig nerveuse et maternelle qui l'avait accueilli il y a quelques jours de cela.

 -  Assieds-toi, et croises les jambes. A quatorze ans, les Wolkenaises sont censées être un merveilleux exemple de délicatesse, de raffinement et d'élégance. L'adolescence est un âge plein de fraîcheur – du moins en apparence. Alors, pour l'amour du ciel, oublie donc ta maladresse et ta réserve pathologique, et fond-toi dans la masse !

Annie avala ces paroles sans parvenir à les digérer. Une goutte de sueur descendit le long de sa joue et vint s'écraser sur son épaule. Elle ne se sentait vraiment pas dans son élément, et ce n'était pas les commentaires désapprobateurs de Solveig qui allaient arranger la chose. Si elle affirmait refaire son éducation pour sa protection, Annie avait pourtant l'impression qu'elle prenait un malin plaisir à l'humilier, à l'étouffer de recommandations si précises et complexes qu'Annie ne pouvait les retenir qu'un maigre instant.

La mère s'acharnait ainsi à lui inculquer un apprentissage poussé sur la mode, le service du thé et sur l'art de sourire alors qu'Annie songeait que toute cette discipline ne lui servirait à rien. Elle allait à l’École pour s'enrichir, pour sauver le Monde des Nuages, pas pour jouer à la femme sensible et cotonneuse.

Pour la dixième fois de la soirée et ravalant une quinte de toux, l'humaine s'équilibra sur la chaise de cristal avec un sourire poli, et un croisement de jambe quelque peu hésitant. L'ensemble sonnait faux, confusément faux. Annie doutait que Pollux ne se méfiât de rien en la voyant se comporter d'une telle manière. On ressentait dans ses mouvements et dans la sonorité de sa voix que tout était calculé, et répété jusqu'à n'en plus pouvoir.

Tandis que Solveig se frappait le front de désespoir, Annie risqua un coup d’œil à Varid qui, à l'autre bout de la table, avait le nez dans ses parchemins. Il s'appliquait pour y rédiger quelque chose avec une plume fort bien aiguisée. Lorsqu'il la trempait dans l'encrier à côté de lui, il dégageait une telle aura de professionnalisme que même sa femme semblait redouter de le déranger. Quant à Annie, elle ne saurait dire combien le spectacle la fascinait.

 -  Nous allons tenter un exercice d'équilibre maintenant, même si je crains le pire.

Avec un soupir éloquent, Solveig quitta le salon dans un tourbillon de dentelle, de chair, de fumée et de blondeur ; puis y revint armée de livres épais comme une planche de bois.

 -  Lèves-toi ! Ordonna-elle à Annie, qui bondit presque de son siège.

Puis elle lui plaça les quatre bouquins en dangereuse stabilité sur son crâne. Aussi droite qu'un réverbère, aussi rigide qu'un chevalet, l'humaine tenta quelques pas à travers le salon. Les manuscrits ne tombèrent pas. Elle souffla. L'un d'eux tressaillit.

 -  Relâches tes épaules, Ann.. Amaya. Tu ressembles à un borkla en agissant ainsi !

Voyant que son apprentie n'écoutait pas ses conseils, Solveig vint corriger sa position. Mais elle n'eut pas le temps de revenir à sa place. Un horrible fracas la fit suspendre son geste, tandis qu'un déluge de papier souillait son tapis... sous lequel Annie émergea soudain, la tête saupoudrée de pages.

Interrompu au beau milieu de sa rédaction, Varid sourcilla de contrariété. Solveig, elle, prescrit à Annie une désagréable enfilade de jurons.

 -  Nom d'une soupière, d'une gavroche et d'une montre à gousset ! cracha-elle. Tu n'es qu'une incapable, ma parole !

 -  Si vous pouvez baisser d'un ton, vous serez des anges. Il y en a qui veulent dormir ici.

Tout les regards se tournèrent vers Xia qui, un nid broussailleux de bouclettes en guise de chevelure, se tenait dans l'encadrement de la porte, la mine ensommeillée. Pendant que Varid et Solveig observaient cette apparition avec une expression indéchiffrable, Annie eut tout le loisir d'écouter le tic-tac incessant de l'horloge, et de sonder l'heure qui y était affichée. Selon l'aiguille argentée, minuit sonnerait dans quelques minutes. L’humaine ne réprima pas son bâillement. La soirée avait été vraiment éprouvante et désormais, elle pensait bien mériter un oreiller moelleux. A quoi bon apprendre à se tenir droitement et gracieusement, à manger sainement et délicatement, et à observer les autres suavement et paisiblement ? Ce ne serait que se fondre dans l’hypocrisie, et Annie n'avait aucune envie de réaliser des actes sournois.

 -  Va te recoucher, Xia. Je te promet que nous ne crierons plus.

Solveig repoussa doucement sa fille dans le couloir, mais cette dernière regardait le salon d'un air circonspect. Ses yeux allèrent du débarras de livres s'étalant au sol à Annie qui s’efforçait de sourire ; des tasses entreposées sur la table à son père qui écrivait imperturbablement.

 -  Si tu pouvais me faire un chocolat chaud avant que j'aille lanterner, tu serais vraiment un ange, maman.

Solveig soupira, mais en souriant de toutes ses dents de perles.

 -  D'accord, ma chérie. Tu...

 -  Si tu m'accordais également un repose-pied...

 -  C'est entendu, Xia. Va t'installer, je reviens avec tout cela.

La satisfaction luisant au fond du regard, Xia s'assit à côté de son père, et entreprit de démêler ses bouclettes toutes ébouriffées. Annie profita de l'absence de sa mère pour se rapprocher d'elle.

 -  Maman n'est pas trop dure ? demanda Xia, en jouant avec les perles qui nimbaient son audacieux décolleté.

Même pour dormir, la jeune Wolkenaise ne pouvait s'empêcher d'arborer des toilettes époustouflantes. La soie blême de sa chemisette était ajustée par un corsage vaporeux, qui mettait en valeur le galbe de sa poitrine. Il y avait sur cette broderie tant de paillettes, de dentelles et de perles qu'elle aveuglait presque.

 -  Solveig a des exigences assez sévères, répondit Annie avec un coup d’œil éloquent à Varid. Mais après tout, je suis moi-même pas très débrouillarde.

Xia hocha pensivement la tête, mais elle s'était déjà détournée pour observer les parchemins de son père. Elle-même piquée de curiosité, Annie pencha également sa tête dans cette direction. Le poignet souple, les gestes méticuleux, Varid traçait sur ses papiers de grandes et précises arabesques d'encre. Il avait l'air si concentré dans sa tâche qu'il ne semblait même pas s'être rendu compte du regard de l'humaine au-dessus de lui. Annie ouvrait des yeux émerveillés : c'était de la calligraphie.

 -  Vous êtes calligraphe ? laissa-elle échapper.

Varid ratura une arabesque en marmonnant entre ses dents, puis leva vers Annie un regard soucieux.

 -  Naturellement, répondit-il, le front déformé par des plis songeurs. Et je m'exerce également dans la cartographie. Mes œuvres sont déposées dans les ruelles pour mieux orienter les touristes. Une carte vaut environ sept plumes de flamand.

 -  Les cartes dans le couloir sont donc tracées de votre main ?

Annie avait toujours été impressionnée par les cartes interminables et détaillées qui peuplaient les impasses de Scintillam. Elle restait longtemps sur place pour les contempler de toute son admiration.

 -  Vous avez vraiment du talent, souffla-elle.

Varid ne parut toutefois pas atteint par le compliment. Griffonnant quelque chose sur son parchemin, il claquait de la langue avec une sorte d'agacement, et remonta ses bésicles d'un geste calculé.

 -  Désolé de vous avoir dérangé, déclara Annie avant que son nez ne retombât sur Xia.

Solveig avait visiblement pourvu à ses besoins. Xia était maintenant enveloppée dans une chaude couverture, elle tenait par deux mains un bol fumant et un repose-pied dépassait de sous la table, bien qu'elle ne s'en servît pas.

 -  Il se fait tard.

Annie sursauta. Solveig se tenait derrière elle, dénouant ses cheveux avec une grâce surnaturelle.

 -  Tu peux aller te coucher, Annie. Nous reprendrons la leçon de maintien demain. (Un sourire se déplia sur ses lèvres) A moins que tu veuilles toi aussi un chocolat chaud ?

 -  Je... euh.. Je veux bien, balbutia l'humaine qui définitivement, n'arrivait pas à assimiler toutes ces sautes d'humeur.

 -  N'oublie pas de lever ton auriculaire, dit la mère en lui offrant une tasse mousseuse, quelques minutes plus tard.

Finalement, ce fut une très douce soirée.

 

*

La fillette courait, autant que ses minuscules jambes le lui permettaient. Sa chevelure noire voltigeant dans son dos, le teint rougeaud et les poumons en feu, elle semblait déployer une volonté phénoménale pour toujours aller plus vite. Dans ses mains moites, inhabituellement longues pour son jeune âge, dépassait un calepin à la magnifique couleur or. Ce doré accrochait les rayons du soleil.

Mais la fillette grogna. C'était ce même soleil qui faisait actuellement rôtir sa nuque, et qui trempait son visage de sueur. Elle s'essuya le front d'un geste brusque puis accéléra le rythme. Depuis quelques minutes déjà, un aboiement bourdonnait infatigablement dans ses oreilles.

« Au voleur, au voleur ! »

 

Annie ouvrit les yeux, la respiration saccadée. Elle pleurait la transpiration d'une telle façon que même ses draps étaient trempés. Un grognement lui remonta dans la gorge, alors qu'elle mordait furieusement les extrémités de son oreiller. Ça avait encore recommencé : ses souvenirs d'enfance revenaient en masse. Ce qui ne lui plaisait pas, mais alors, pas du tout.

Son regard coula autour d'elle. Les rideaux de sa tisse se gonflaient sous la brise légère et quelques cheveux de Lys dépassait de sous la couverture. Annie relâcha son oreiller pour le balancer à travers la tisse. Elle avait vraiment besoin de calmer ses nerfs, et savoir qu'une leçon de maintien l'attendait dans la cuisine n'était pas là pour la rassurer.

La nervosité de Solveig devenait contagieuse, à force. Si elle se levait trop tard, sa silhouette flamboyante déambulerait dans la tisse, et elle la tirerait de sa couchette sans cérémonie. La mère ne désirait pas perdre une miette de son temps accordé avant l'audience. Elle la réveillait tôt, et Annie ne retournait dans sa chambre que très tard dans la nuit. Le visage d'Amaya était déformé par ses énormes cernes bleuâtres.

En s'observant dans son miroir de poche, Annie sentit sa poitrine se contracter. La physionomie d'Amaya avait beau paraître plus avantageuse, elle perturbait l'humaine avec une volonté si écrasante que c'était à peine si elle osait croiser le regard translucide des miroirs. Sa pupille bleuâtre demeurait presque continuellement impassible et pourtant, les émotions les plus violentes se cachaient derrière cette iris inébranlable.

Annie s'habilla rapidement et se coiffa sans prêter attention à ce qu'elle faisait. Elle se retrouva donc avec un chignon qui escaladait mollement sa nuque, ce qui l'arrangeait bien, vu qu'elle supportait difficilement la vision de ses bouclettes célestes.

Elle bouclait le fermoir de sa ceinture quand une voix délicieusement criarde lui accorda une saignée d'oreilles :

 -  Amaya ! Viens immédiatement déjeuner, crois-tu que tu peux croupir dans ta tisse tout le matin ?

 -  Humm...

Annie s'arracha de ses couvertures. Elle se sentait comme un automate qui aurait été démonté boulon après boulon, puis remonté au petit bonheur la chance. Excédée, elle poussa son propre corps hors de la pièce, et gravit une série d'escaliers en marmonnant des jurons sans-queues-ni-têtes. Scintillam s'était encore bien divertie à changer la disposition de toutes les salles, cette nuit. Une dizaine de marches en colimaçon enlaçaient les murs et leur marbre peu solide semblait pouvoir s'écrouler à tout instant. A quelques mètres de là, une passerelle enjambait maladroitement le vide. Ces œuvres scabreuses eurent toutefois le don de réveiller complètement la pauvre Annie. Si elle ne voulait pas tomber, il valait mieux qu'elle ouvrât l’œil.

Enfin, après avoir franchit une ribambelle de couloirs grimpants, la jeune fille atteignit la cuisine. Dès qu'elle poussa la porte dans un grincement strident, les conversations cessèrent instantanément. Une tartine suspendue devant la bouche, Xia tenta un sourire qui se voulait rassurant. Les lèvres mouillées de café, Varid se délectait du breuvage autant que du contenu de la gazette qu'il tenait fermement entre ses deux mains baguées. Solveig beurrait son pain en ne la quittant pas de ses yeux perçants.

 -  Bonjour, croassa Annie, tout en s'inclinant légèrement, comme le lui avait appris la mère.

 -  Assieds-toi, croises les jambes, réclames poliment du café et lèves ton auriculaire quand tu en prendras une gorgée, lui dicta Solveig en guise de réponse.

Annie obtempéra de mauvaise grâce, tout en ignorant les vives protestations de sa chaise lorsqu'elle la tira. Elle soupira presque en saupoudrant une tartine de cannelle. Postée près de la gazinière dorée, la mère la fixait d'un œil mauvais. Sa bouche était déjà entrouverte, comme si elle prédisait déjà ses erreurs à l'avance. Annie s'efforça de regarder ailleurs alors qu'elle croquait dans son pain, et déglutissait son café. L’œillade appuyée de Solveig la mettait terriblement mal-à-l'aise.

L'humaine détaillait consciencieusement les traits de la théière en face d'elle quand elle comprit que quelque chose ne tournait pas rond. Dans la manière dont Varid mâchonnait sa biscotte ; dans la manière dont Solveig fumait sa pipe ; et dans celle de Xia qui ne cessait de replacer nerveusement une bouclette derrière son oreille.

Soudain, le bruit que faisait sa cuillère à confiture en raclant le fond du pot devint assourdissant. Les joues cuisantes, Annie soupira à nouveau, puis dit :

 -  Si quelque chose ne va pas, faites-moi en part.

Elle aurait voulu proférer ces paroles d'une voix tranchante et autoritaire, mais ce ne fut qu'un misérable murmure qui s'évada de sa bouche. Pourtant, ce chuchotement produisit bien son effet : Varid déglutit de travers, Xia tressaillit dans un impressionnant vacarme de perles et ses cheveux dénoués suivant les ondulations flamboyantes de sa démarche, Solveig marcha droit sur elle.

 -  Nous avons un problème, oui, cracha-elle lorsque leurs fronts se frôlèrent presque. Et un gros.

Elle s'éloigna aussitôt pour arracher la gazette des mains de Varid. En cet instant, le froissement du journal semblait être le plus horrible des bruits.

 -  Hélios nous a dénoncés.

Le silence qui traversa l'attablée fut plus glacial encore que tout les précédents. Annie sentit ses cheveux de la nuque se hérisser de désespoir. Ses doigts tremblants laissèrent échapper la cuillère à confiture, qui plongea littéralement au sol dans un fracas métallique. Annie, elle, préféra plonger son visage entre ses mains.

 -  Qu'allons-nous faire ? Gargouilla-t-elle rauquement.

 -  Telle est la question, philosopha Varid.

Xia se taisait en lapant son chocolat à petites gorgées pendant que sa mère, plus enflammée que jamais, faisait les cents pas dans la cuisine. En proie à des réflexions des plus intenses, elle mastiquait la corne de sa pipe pensivement. Annie aurait pu éprouver un certain soulagement en constatant que la mère avait oublié ses leçons de maintien, mais dans de telles circonstances, elle n'en puisait aucun réconfort.

 -  Il ne reste plus qu'une solution.

Tous les nez se hissèrent vers la formidable étincelle qui brûlait dans les yeux de Solveig.

 -  Avancer en pleine transparence.

Varid, qui essuyait ses bésicles avec un bout de sa redingote, cambra un sourcil interrogateur, qui accentua les crevasses de son front. Annie le comprenait parfaitement ; elle aussi ne voyait pas où voulait en venir Solveig.

 -  Il faudra jouer aux ignorants, poursuivit imperturbablement la mère. Si nous progressons en plein air, à la vue de tous et sans tenter de passer inaperçu, les gens n'y verront que du feu. Si on nous pose des questions, il suffira de feindre l'indifférence. Après tout, ce n'est pas nous qui sommes recherchés par les Nuageux de tout l'univers. C'est Annie.

Un sourire sarcastique souleva sinistrement ses lèvres.

 -  Et où est Annie, actuellement ? Disparue sous la chair d'Amaya.

Annie en demeura bouche bée. Le plan de Solveig était si rusé qu'il en devenait complètement fou. A côté d'elle, Xia reposait son bol dans un bruit sourd.

 -  Je ne crois pas que...

 -  Silence ! Amaya et moi iront à l'audience de Pollux sans prendre garde au regard inquisiteur des Wolkenais, ni à leurs commentaires désapprobateurs. Tant que nous marchons fièrement et sereinement, nous ne nous ferons pas arrêtés.

Annie fronça les sourcils. Ces idées ne lui plaisaient aucunement. Solveig paraissait confiante mais elle, elle ne se sentait pas du tout allégée. La menace planait toujours au-dessus d'eux, il ne fallait pas non plus provoquer le feu. Elle avala une gorgée de café qu'elle trouva abominablement amère, puis lâcha un couinement dubitatif :

 -  Et Pollux ? Lui aussi doit lire le journal, et sachant votre complicité avec moi, je ne crois pas qu'il voudra nous accueillir dans son bureau...

Après avoir écouté ses mots, Varid et Xia replongèrent dans leurs diverses occupations ; qu'elles soient de racler le fond du beurrier, lire un nouvel article de journal ou de tartiner une énième biscotte. Ils ne semblaient pas tellement enclins à faire la conversation, ou alors ils considéraient que le débat ne les concernaient pas.

Tel n'était pas le cas de Solveig.

Les traits adoucis, elle rejeta son visage en arrière en éclatant d'un rire aérien, dans lequel se mêla fumée et effluves d'une haleine de café. Annie ne voyait absolument pas pourquoi ces paroles avaient provoqué une pareille hilarité.

 -  Ann... Amaya ! On voit que tu ne connais pas ce vieux bougre de Pollux ! S'il lit le journal, c'est celui de l'an passé et s'il découvre un potentiel danger, il court s'y jeter dedans ! Alors crois-moi, il n'aura que faire des rumeurs. Ta seule chance d'intégrer l’École, c'est d'attiser sa curiosité. Pollux est d'un tempérament curieux irrassasiable, et sa soif de savoir ne connaît aucune limite...

Annie buvait ces propos en même temps que son café. Elle en ressortait quelque peu rassurée. Le goût de ce sentiment, une mixture florissante et brûlante, pouvait être lapée pendant des heures, sans qu'on s'en découvrit repu. Annie savoura l'arôme apaisant avec délice. Ces dernières semaines, il n'y avait eu que la nervosité et l'anxiété pour envahir sa bouche.

Elle sursauta en sentant une main sur son épaule. Solveig la guettait de ses yeux perçants, aussi tranchants que deux rasoirs d'or.

 -  Impressionne-le, Amaya. Ce n'est pas un conseil, mais un ordre. Impressionne Pollux.

Annie déglutit bruyamment.

 -  Je ferais tout mon possible pour gagner, Solveig.

La mine sévère, la mère s'apprêtait à répliquer quand un raclement de gorge interrompit cet élan. L'une de ses mains enfouie dans ses cheveux roux avec une forme d'embarras, Varid était devenu blême.

 -  Que se passe-il ? demanda Solveig qui, en un bond, avait déjà surgi à son côté.

Varid se racla à nouveau la gorge, éclaboussant la table de ses postillons.

 -  Le journal l'a dit. (Il jeta un coup d’œil autour de lui, presque peureusement) Un nouveau bloc de pierre s'est abîmé dans le vide. Et cette fois-ci, il y a un mort.

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Alice_Lath
Posté le 16/10/2020
Eh bien, là ça devient chaud en effet, une pierre, passe encore, mais un mort... Et à nouveau, je m'étonne que la police wolkenaise n'interroge pas les passagers de Scintillam, ni qu'ils fassent le rapprochement avec la soudaine apparition d'une Amaya, sans vraie identité, alors qu'ils connaissent l'existence de l'Illusion. Je trouve que la police de cet univers est remarquablement... inefficace haha ? De même que les journalistes, à leur place je me précipiterais à Scintillam pour tenter d'avoir une exclusivité
Bref, en dehors de ce petit point de cohérence qui me perturbe, j'ai de la peine pour Annie haha, Solveig la martyrise vraiment, ça fait mal au coeur. Je sais que c'est pour la bonne cause haha, mais rien qu'à lire tout ce qu'elle subit, je me sens moi-même fatiguée à cette idée
Pluma Atramenta
Posté le 16/10/2020
Incohérences bonjuuuuur ! XD
J'ai fait jaillir mes idées assez spontanément je l'admets, sans me soucier vraiment de ce qu'il se passait tout autour de mon intrigue principal. Je me rends à présent compte des dégâts que cela fait ! J'essayerais de mon mieux de remédier à tout cela. Merci, merci, merci de suivre mon récit <3
Il ne mérite pas autant d'attention <3
DraikoPinpix
Posté le 07/08/2020
Re !
Pauvre Annie ! Solveig est insupportable ! Et ça va de mal en pire sa situation ^^
Solveig me rappelle Bérénilde de "la Passe-Miroir", d'ailleurs. ^^

Je poursuis. Je ne sais pas si je serai à jour aujourd'hui.
Pluma Atramenta
Posté le 07/08/2020
Ah, Berenilde ! Pas fait exprès, mais j'aime beaucoup ce personnage...
Merci pour ta lecture. C'est pas grave, ces deux commentaires sont déjà un soulagement pour moi : on aime mon histoire !
<3
DraikoPinpix
Posté le 07/08/2020
J'ai promis et je suis revenue <3
Je poursuivrai dans la semaine ;) De toute façon, tu le remarqueras ^^
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