Cléomène : De la culpabilité naît les larmes

Par Sabi
Notes de l’auteur : Du 22 mai au 28 juin 1075 après le Débarquement.
(texte réécrit)

Un aigle volait haut dans le ciel. Quelques nuages se déplaçaient au gré des vents d’altitude. Une brise rafraîchissait agréablement le visage en sueur de Cléomène. Autour d’elle, les pâturages caillouteux s’étendaient jusqu’aux falaises. Les chèvres et les moutons paissaient tranquillement. Tout était calme. Cléomène était de retour au Haut Domaine. Et la paix et le silence qui l’entouraient lui semblaient incongrus. Après toute la cacophonie de Valoria, tout ce qu’elle avait vécu là-bas, la jeune fille avait du mal à croire à ce qu’elle avait sous les yeux. Ou plutôt, elle avait du mal à concevoir que deux situations totalement opposées puissent coexister simultanément dans le même univers. Comment se faisait-il que l’une n’ait pas dévoré l’autre ? Le soleil commençait à descendre vers l’horizon. Il allait falloir rassembler le troupeau. Aidée de ses chiens de berger, la Dame commença à ramener vers elle chaque chèvres, moutons et brebis, patiemment, silencieusement. Rien ne pressait. Finalement, le troupeau fut au complet, et ils prirent la direction des bergeries. Le soleil se couchait lorsqu’ils y parvinrent. Cléomène fit rentrer chacune des têtes laineuses et cornues avant de fermer le bâtant derrière elle et d’enclencher la penne. Les chiens, bien dressés, regagnèrent sans se presser leurs niches. Quant à elle, la jeune fille se présenta aux propriétaires et leur remit le bâton de berger avant de s’en retourner chez elle. La nuit était tombée lorsqu’elle arriva enfin à la maison. Sa mère l’attendait, assise devant la cheminée. Le dîner était servi. Philomène et Cléomène discutèrent ensemble de la journée écoulée, de l’état du Domaine et des mesures à venir, puis fatiguées, partirent chacune de leur côté se coucher. Une journée paisible se terminait.

Et la guerre commença. La marrée de la journée se retira, pour laisser déferler la première vague de remords. Puis vinrent les vautours du souvenir. Les bruits, l’explosion, les cris, la terreur, le sang. Le sang. Le sang. Cléomène ne se souvenait pas si elle en avait vraiment vu ou non lorsque cela s’était produit, mais il revenait chaque fois depuis lors. Le marchand et les passants se vidaient sur les pavés dans des déflagrations de poudre. Et l’odeur venait lui piquer le nez. L’odeur, l’odeur, l’odeur ! Non, pas ça ! Cléomène luttait contre cette immondice, mélange de brûlé et de poudre. La culpabilité venait enfin. Une véritable chape de plomb semblait s’abattre sur elle, lui comprimant la poitrine, le coeur. Tout était de sa faute. Si elle n’avait pas été aussi curieuse, aussi désireuse de découvrir le monde, jamais ils ne seraient venus dans cette rue. Les victimes n’en seraient pas. Elles seraient toujours vivantes. Leur sang ne serait pas en train de s’écailler sur les pavés. Cette odeur maudite de poudre ne serait pas incrustée dans ses narines.

Toutes ces émotions et ces pensées assaillaient la Dame du Haut Domaine depuis l’attentat. Les attaques avaient d’abord été constantes, la laissant presque incapable de réagir au monde extérieur. Elle voyait, entendait, comprenait. Mais la jeune fille n’avait pas la force d’y réagir, obnubilée par le combat intérieur qu’elle livrait contre ces démons. Puis, elle avait fini par réussir à les circonvenir. Ils avaient commencé à la laisser respirer, d’abord une heure, puis deux. Plus le temps passait, et plus les accalmies se prolongeaient. Deux semaines après l’accident, Cléomène parvenait à passer une journée à peu près normale sans avoir à lutter. Mais la nuit était un champ de bataille qu’elle était en train de perdre. Les images revenaient, encore et encore dès qu’elle fermait les yeux. La culpabilité et le remords la rongeaient. Le travail de sape était si parfait qu’un nouvel ennemi plus fatal encore avait fait son apparition : la haine. Pourquoi avait-il fallu qu’elle souhaite à ce point quitter le Haut Domaine ? Si elle n’avait pas tant désiré découvrir quelque chose de nouveau… Si elle n’avait pas voulu fuir sa vie, des innocents n’auraient pas perdu la leur… C’était sa faute. Cléomène méritait qu’on la châtiât, mais personne ne le ferait, car elle était la Dame. Alors, elle appliquait sa sentence par elle-même. La haine était son bourreau. Elle lui avait retiré ses rêves et ses désirs. La jeune fille avait compris la leçon. Plus jamais elle ne quitterait le Haut Domaine en dehors de ce que lui imposait ses devoirs. Plus jamais elle ne voudrait découvrir l’inconnu. Cléomène avait accepté ce destin sans réserve. Mais la tristesse, puis la colère étaient apparus. Pourquoi une telle chose avait-elle dû se produire ? Pourquoi ses rêves avaient-ils conduit à la mort d’autres personnes ? Pourquoi devait-elle subir tout ça ? Qu’est-ce qu’elle avait pu faire de si mal pour recevoir pareil traitement ? Plus le temps passait, plus ces émotions et ces questions tourbillonnaient en elle. La haine de soi avait fait son travail. Sans même que la jeune fille ne s’en rendît compte, la haine du monde entier avait commencé à germer.

De tout cela, Cléomène n’en parlait à personne. Non pas qu’elle ait voulu conserver le secret à tout prix. Simplement, la Dame percevait ce qui lui arrivait comme un juste retour en payement de ses fautes. Elle se devait d’assumer seule les retombées de ses actes. Ce qui lui arrivait était sa faute, et à personne d’autre. Si cela partait d’un bon sentiment, la jeune fille ne se rendait pas compte des fruits immondes que son coeur commençait à produire. Le pire étant que cela ne se voyait pas à l’extérieur.

En effet, chaque jour Cléomène s’était mis à jouer une comédie extrêmement poussée. Elle se levait, enfilait le masque de la Dame et de ses devoirs, et allait s’occuper de ce qu’elle devait gérer. Le Haut Domaine devait se préparer à la guerre contre Sorsombre. Suivant les préceptes de la Tradition, la Dame avait donc fait sonner le tocsin et commencer la circonscription. Progressivement, les forteresses construites face à la falaise septemptrionale se remplissaient de troupes nouvelles. Les entraînements avaient commencé. L’été aussi. Les troupeaux devaient aller paître avant que les températures ne rechutassent avec l’automne. Cléomène prenait les décisions, les unes après les autres. Parfois, elle allait faire paître les troupeaux pour aider son peuple. Mais de tout ça, rien ne lui parvenait vraiment. Tout semblait brouillé, étouffé, dissonant. La jeune fille ne parvenait plus à ressentir quoi que ce soit face à tout ce qui se passait. La haine et la colère l’avaient vidée de tout le reste, la réduisant durant la journée à n’être qu’une coquille vide.

Et la nuit venait. Et les ténèbres sans fond du désespoir l’engloutissaient. Ce n’était pas le genre de vide qui pousse au suicide. Non, c’était un vide actif où l’énergie visqueuse de la colère et de la haine circulait. Cléomène connaissait l’existence des volcans. Une nuit, alors qu’elle subissait un nouvel et énième assaut, lui vint l’idée désopilante qu’elle était comme un volcan endormi. Un jour, le feu, la lave et le souffre jailliraient du cratère, et engloutiraient quiconque passerait à côté. L’idée même la réjouit profondément. Ceci juste avant que l’ancienne Cléomène, pure et vierge de toute guerre, une réminiscence encore vivace, n’en ressentît une honte tout aussi brûlante. C’était alors la nuit, dans une chambre d’une des forteresses septemptrionales qu’elle inspectait. Alors allongée dans le lit, les draps remontées sur tout le corps, la jeune fille se recroquevilla en position foetale devant cette nouvelle émotion négative. La haine de soi s’en nourrit, et la colère et la haine du monde n’en sortirent que renforcée. 

« Je vais mal. Je vais mal finir.

Quelques larmes amères se mirent à couler, vite taries, et ne résolvant rien. La lumière de la lune passait à travers la fenêtre. La culpabilité la prenait à la gorge, l’écrasait. La vie lui semblait être d’un poids insupportable. La jeune fille leva les yeux vers le ciel à travers les carreaux et gémit tout doucement :

- À l’aide. »

 

Les jours suivants se succédèrent, un ensemble de tâches à accomplir suivis des nuits de cauchemars. Le vide continuait, comme d’avant, sans changer. La tournée d’inspection de Cléomène se termina, et elle revint chez elle. 

Le Haut Domaine était un plateau de forme circulaire, et entouré de toute part de falaises escarpées. Le seul moyen d’y entrer et d’en sortir était une grotte dans la paroi sud qui se prolongeait en tunnel naturel praticable, et qui débouchait à l’air libre au coeur du Domaine. C’était à cet entrée qu’était bâti le village central où vivait la famille de Cléomène.

Contrairement aux familles ducales qui vivaient dans des châteaux, les Sylvepeyre vivaient dans une maison à peine plus grande et plus décorée que les autres. La seule distinction notable apparaissait dans le blason de la chèvre à flanc de montagne qui était accroché au-dessus de la porte d’entrée. L’intérieur était composé d’un grand salon servant éventuellement de hall d’accueil et de salle de la cathèdre caprine pour les grandes occasion. Les cuisines se trouvaient dans les pièces attenantes, et à l’étage se trouvaient les différentes chambres et autres pièces utilitaires dont tout le monde pouvait avoir besoin. 

D’ordinaire, Cléomène aimait la maison dans laquelle elle avait vécu toute sa vie. Mais depuis son retour, ses blessures intérieures l’accaparaient trop pour pouvoir profiter de quoi que ce soit. C’est pourquoi lorsqu’elle en franchit le seuil ce jour-là ne sentit-elle rien de particulier. Pas de soulagement, rien. La jeune fille se dirigea vers le salon. Elle s’attendait à y trouver sa mère afin de discuter avec elle des nouvelles survenues durant son absence. Mais quelque chose d’inattendu se produisit. Quelque chose qui vint la toucher après toutes ces semaines d’insensibilité. Cléomène ne vit pas sa mère dans la pièce. Mais à la place s’y trouvait deux personnes qu’elle n’aurait pas cru voir avant longtemps.

« Bonjour, ma Dame.

Le prince Halderey se leva d’une chaise placée près de la grande table en chêne du salon et s’approcha, tout sourire.

- C’est un plaisir de vous revoir enfin.

À côté de lui s’approcha alors Érica qui s’était levée de son siège à son entrée elle aussi.

- Ma Dame, je suis contente de vous voir.

Cléomène se sentait complètement déstabilisée par la présence de ces deux-là. Personne n’avait vécu ce qu’elle avait vécu. Personne n’avait été présent lors de l’attentat. Personne, à part eux. Peut-être… Non, elle ne pouvait pas faire ça. La Dame réajusta son masque.

- Bonjour, prince. Bonjour, ma dame. Comment allez-vous ? »

Et elle plaqua sur son visage un petit sourire pour faire bonne impression. Mais les voir tous les deux ravivait les souvenirs. La douleur revenait. Elle sentait la culpabilité et les remords se réveiller avant l’heure. La tristesse et la haine les suivaient, comme d’habitude.

La jeune fille fit de son mieux pour tout dissimuler. Elle se battit vaillamment pendant plusieurs heures. Le dîner passa, lentement. Le plus dur était de sourire, de prétendre que tout allait bien. Elle essaya tant bien que mal de faire attention à ce qu’ils lui disaient. La douleur était tellement grande. Et puis vint le moment fatal.

« Cléomène, comment vivez-vous ce qui nous est arrivé, demanda Halderey ?

Son regard respirait la franchise et la prévenance. Érica avait elle aussi le même regard. Cléomène comprit alors qu’ils savaient. La jeune fille ignorait comment ils avaient fait, mais ils savaient ce qui se passait chez elle. Et toutes ses émotions qu’elle gardait par devers elle, toute cette lave poisseuse qui s’était accumulée jusqu’à aujourd’hui remonta violemment jusqu’à la surface et fit exploser la mince couche de sédiments qui bouchait le cratère.

L’éruption commença par des larmes, d’abord quelques unes, puis un ruisseau. Cléomène sentait qu’elle perdait les pédales. Les paroles qu’elle allait prononcer, elle n’en avait aucune idée. En fait, elle se rendit compte que tout ce qu’elle ressentait ces dernières semaines ne pouvaient pas s’exprimer par des mots. Ses yeux s’étaient mis à pleurer des rivières. La jeune fille avait cru que l’éruption serait violente, et en effet elle le fut. Mais pas de la manière dont elle le pensait.

Halderey et Érica, d’abord surpris par cette effusion de larmes, finirent par s’approcher. Il n’y avait pas de pitié dans leurs regards. Sûrement parce qu’ils avaient vécu la même chose, il n’y avait que de la compassion et de l’émotion contenue. Comme Halderey était un homme qui avait intériorisé la pudeur de l’étiquette, il hésita un instant sur la marche à suivre. Ce que ne fit pas Érica qui prit Cléomène dans ses bras. Voyant cela, le jeune prince hésita encore, puis finit par poser une main chaude et rassurante sur son épaule. Il ne se serait sans doute pas permis d’aller plus loin. Mais Cléomène était quelqu’un pour qui les convenances et l’étiquette étaient des choses assez étranges et guindées. Aussi se saisit-elle de son bras et l’attira à elle. Il y avait tellement de choses qu’elle aurait voulu dire, expliquer, à propos de ce qu’elle ressentait. Mais tout s’exprimait mieux dans ses sanglots et ses larmes. Tout y était condensé. Et même si tout n’était pas forcément compréhensible par l’intellect, les coeurs d’Érica et Halderey comprenaient parfaitement ce qu’elle avait pu traverser.

Lorsque toutes les horreurs qu’elle avait vécues ces dernières semaines se furent épanchées, les larmes se tarirent. Pour autant, les trois jeunes gens restèrent dans la même position un certain moment, en silence. Cléomène entendait un insecte voler près des lattes en bois du plafond.

- Je me sens tellement coupable, finit-elle par dire. Si je n’avais pas souhaité voir de mes yeux la capitale, rien de tout ça ne serait arrivé.

- Nous avons tous les trois voulu cette visite. Et puis, nous ne pouvions pas deviner qu’une telle chose allait se produire, lui répondit doucement Érica.

- Je sais bien. Mais c’est plus fort que moi. Je revois chaque nuit le visage de ce marchand. Et puis cette odeur de poudre et de brûlé…

- Je suis allé voir les lieux de l’attentat quelques jours après votre départ, la coupa Halderey. J’ai vu la famille de cet homme, leur douleur et leur peur. Croyez-moi, Cléomène, moi aussi je m’en veux. Moi aussi, il y a des fois où j’ai envie d’exploser. Et quand j’ai vu que mon père se fichait royalement des victimes… Je crois que c’est la première fois que j’ai bien volontiers brisé l’étiquette de la cour.

Le ton ironique et narquois d’Halderey la fit doucement rire. Érica, quant à elle, souriait. Une question lui vint cependant, qu’elle posa à ces deux camarades :

- Comment faites-vous pour supporter la culpabilité ?

Les deux prirent le temps de réfléchir. Finalement, ce fut Érica qui répondit en premier, d’une voix lente et hésitante :

- Pour ma part, en fait, ce n’est pas tant la culpabilité mon vrai problème. C’est la peur. Depuis l’attentat, il y a comme quelque chose d’instinctif en moi, dirigé par la peur, qui est apparu. La plupart du temps, la chose se fait petite, mais parfois elle devient gigantesque. J’ai alors l’impression d’être submergée par la peur. Dans ces moments là, je crois que je serais prête à faire n’importe quoi. Je pense même que je pourrais tuer, même un membre de ma famille. Je ne sais pas ce qui se passe. C’est terrifiant. Mais je fais front.

La réponse d’Érica n’en était pas vraiment une. Ou plutôt, elle disait tout, sauf ce que voulait savoir Cléomène.

- Et comment faîtes-vous pour faire front, redemanda-t-elle ?

La question semblait poser un problème insoluble à Érica qui finit par répondre :

- Je ne sais pas.

Elle avait l’air terriblement déçu de ne pas pouvoir trouver les mots qu’il fallait pour répondre. Ce fut alors qu’Halderey prit la parole :

- Pour moi, c’est simple voyons !

Le prince avait retrouvé ce comportement de prince hautain et narquois qui avait le don d’irriter quiconque l’écoutait :

- Il suffit de penser que vous êtes coupables avec moi !

Derrière cette attitude terriblement agaçante, Cléomène perçut soudainement quelque chose d’autre : une force de caractère aussi dure et résistante que le roc. La jeune fille eut alors la certitude, sans trop savoir pourquoi, que ce prince ferait probablement un excellent monarque. Dans sa poitrine, Cléomène sentit son coeur s’emplir d’admiration, et de quelque chose d’autre. Une impression trop vague pour pouvoir être nommée. 

- Est-ce qu’on peut se tutoyer, maintenant ?

Cette simple question idiote que la Dame du Hait Domaine venait de poser déclencha un soudain fou rire qui résonna dans toute la maison, faisant sourire Philomène derrière la porte du salon. Tout était enfin de retour à la normale.

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Zoju
Posté le 10/06/2020
Salut ! Chapitre intéressant qui nous permet de voir la détresse qui submerge Cléomène. On ressent bien le désarroi qu'elle connait. C'est assez violent, alors que dans les premiers chapitres elle était beaucoup plus innocente dans sa manière de penser. En ce qui concerne la deuxième partie quand Halderey et Erica arrive, j'ai trouvé que les dialogues étaient intéressants. Cléomène perd complètement pied et la gifle du prince lui remet un peu les idées en place. Toutefois quand j'ai lu cette partie, il y avait quelque chose qui me dérangeait, mais je dois avouer que j'ai un peu de mal à savoir pourquoi. Peut-être est-ce parce que je n'arrive pas à imaginer les gestes des personnages. Quand il y a les grands dialogues, c'est dynamiques dans la manière de parler, mais statique dans la manière de se mouvoir. Alors oui, il y a des passages où tes personnages bougent, mais c'est surtout pour les deux gros dialogues de Halderey et Cléomène. Pour le reste, c'est un bon chapitre que j'ai pris plaisir à lire. Hâte de savoir comment va évoluer la situation. :-)
Sabi
Posté le 10/06/2020
Oui, je vois ce que tu veux dire. J'avoue que j'ai écris cette partie avec en tête une conception "théâtrale" du dialogue. J'ai laissé peu d'indications sur la façon de "lire" le dialogue parce que je me disais que ça permettrait au lecteur d'imaginer lui-même l'intonation de la voix, les émotions, etc.
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