Chapitre VII

 

Avec des ruses de chats, il avait réussi à éviter les barrages. Par des chemins de traverse, il avait pu fuir le bourg

partout des soldats et des gendarmes traquaient avec acharnements les républicains. Tous ceux qui n’avaient pas pu quitter cette nasse à temps étaient faits prisonniers. La place du marché était transformée en vaste geôle.

Il pensa à nouveau à ses proches, étaient-ils détenus ici ?

Il ne s’attarda pas ; le risque était trop grand. De toute façon, il ne pouvait rien faire pour eux.

 

Sans le savoir, il était sorti d’Aups par la porte des Alpes. Il marchait sans le vouloir sur la même route que le général Duteil et son état-major. Ceux-ci longeront le Verdon jusqu’à sa source, à travers le haut pays. Dans quelques jours, ils passeront la frontière au Pont de Geydan sur la commune de Saint-Benoit et demanderont l’asile politique aux Niçois.

Ce n’était pas du tout l’itinéraire que Jean-Thomas comptait suivre. Il désirait simplement s’éloigner de ces lieux maudits, de cette horde d’assassins. Dès qu’il pourra, il bifurquera vers le couchant.

 

Les fines giboulées qui tombaient du ciel depuis le petit matin étaient remplacées désormais par

une neige lourde et collante. La visibilité étant pratiquement inexistante, sa progression devenait de plus en plus hasardeuse. Il eut bientôt de la poudreuse jusqu’aux chevilles, il ne savait plus si c’était le jour, la nuit, et depuis combien de temps durait sa randonnée. Il ne connaissait pas du tout ces lieux n’y étant jamais venus auparavant. De toute façon, il ne voyait pas à dix mètres. Il était bel et bien perdu désorienté. Il marchait, marchait mécaniquement. Ses chaussures, de gros godillots de cuir épais qui ne valaient pas les sabots rustiques bourrés de paille étaient maintenant complètement trempés. Le froid, l’humidité insidieusement prenait le contrôle de son corps.

Des ombres glissaient à la limite de son champ de vision. Était-ce des fuyards comme lui, des soldats qui allaient l’arrêter, ou bien des spectres nés de son imagination fatiguée ? Il distinguait des formes en mouvements partout autour de lui. Il crut voir luire au détour du chemin des yeux de fauve jaune. Il pensa alors que ce pouvait être des loups descendus du plateau de Canjuers tout proche où les précipitations étaient si abondantes. Il savait ces animaux trop couards pour attaquer un adulte même isolé. Cela ne l’empêchait pas d’être inquiet, la peur de la malbête comme on l’appelait dans les temps anciens était dans les gênes des êtres humains depuis toujours. Les jeunes enfants qui gardaient autrefois les moutons seuls dans la forêt finissaient souvent dépecés. Mais il n’était plus un gamin et il était de surcroit armé de sa carabine. Pour se donner du cœur, il chantait fort, le plus fort possible. Il gueulait, beuglait, ce qui passait dans sa tête. Il inventait des paroles, des airs… le plus importants, c’était de meubler ce silence si angoissant.

Ses pas, mécaniquement, martelaient le sol glacé recouvert de neige fraiche. Son esprit vagabondait. La lettre pliée au fond de sa besace  pesait sur sa conscience. Il n’avait pas réussi à la lire au père ! Il le regrettait amèrement.

Alors, il se souvint nostalgique des jours anciens. Il se remémora surtout ce jour fatidique ou tout avait basculé.

 

Son frère, Auguste César venait de se fiancer. Il avait prévu d’aller à la plus belle des foires de printemps, celle de Saint Maximin. Il y achètera, disait-il, des tissus et des bijoux tout ce qu’il ne pouvait trouver au marché de Rians ou de Varage. Il devait s’y rendre seul, sans s’embarrasser de son cadet qui lui collait toujours aux Basques. Le refus du grand

avait prodigieusement agacé Jean-Thomas… qui avait décidé de n’en faire qu’à sa tête, comme à son habitude.

Pourtant, tout avait si bien commencé…

 

Le soleil timide du petit matin rougeoyait à l’horizon. La carriole tirée par Messidor, le mulet poitevin familial, brinqueballait sur la route poussiéreuse.

 

 

Jean-Thomas l’oreille tendue, l’œil aux aguets, serrait très fort un couteau au fond de sa poche. Il pensait apercevoir à chaque détour, dans ces bosquets touffus, le regard torve d’un prédateur. Caché, dans les taillis il avait suivi Auguste à distance toute la matinée.

La bête de somme nerveuse tremblait également. Des effluves de sauvagine faisaient palpiter ses naseaux. On disait que les mules, les ânes et les mulets étaient si craintifs que leur propre ombre les effrayait.

Le grand frère marchait, sans appréhension. D’une main d’acier, il tenait les rênes de Messidor. Il n’hésitait pas non plus, à flatter l’encolure de l’animal en lui parlant calmement. Il n’avait aucune raison d’être inquiet. Un fusil chargé était entreposé sous le siège du conducteur, prêt à l’emploi.

 

La carriole arrivait au lieu-dit, le pas de la mule. Là, la piste quittait le plateau forestier du haut pays et plongeait dans le vaste vignoble du centre varois. La ville de Saint Maximin n’était plus très éloignée maintenant.

 

Il se souvenait, Jean-Thomas, il aurait pu se faire tuer à ce moment-là. Alors que toute la matinée il avait cheminé sans bruit, il glissa sur un clapier de pierres sèches. Auguste croyant qu’un animal attaquait s’empara promptement de son arme, épaulait, s’apprêtant à tirer.

Le cadet le savait, un coup de feu était si vite parti, il se signala :

- « C’est moi, je ne suis pas une bête, je suis ton frère. »

 

L’ainé avait piqué une de ces colères dont il était pourtant avare.

- «  Je te l’avais dit, Tête de mule, enfant gâté que tu ne pouvais pas venir cette fois-ci. Toi bien sûr comme à ton habitude tu n’en as fait qu’à ta façon. Tu t’en fiche de ce que disent ou pensent les autres ! je préférerais que tu retournes à la maison ! mais je sais que tu n’en feras rien ! accompagne-moi si tu veux ! je m’en fous ! je ne serais responsable de rien, tant pis pour toi si… »

Alors, tant pis pour toi, si. .. cette phrase qu’il n’avait pas pu finir prenait tout son sens. Il se la remémorait maintenant. Il n’avait pas fait attention à ce moment-là, absorbé par ses désirs d’aventures du moment.

 

Il s’en était moqué à l’époque d’être ainsi rabroué par ce grand frère qu’il adorait alors.

Il allait à la foire, quoi d’autre aurait été plus important !

Il y avait tant de choses à y faire !

Il voulait voir les ours savants, les avaleurs de sabre les cracheurs de feu. L’année d’avant il y avait mangé un fruit inconnu, juteux comme une pêche. Il en avait oublié le nom, mais l’évocation seule l’avait fait saliver. Et puis, il rendra visite aux marchands de gourmandises, bonbons, nougats, calissons, sucre d’orge, pralines, il en bavait à l’avance .   Chaque année il se rendait malade tant il mangeait de confiseries.

La foire était installée au pied de la monumentale basilique et dans les rues limitrophes. Il y avait foule, on pouvait se perdre aisément dans cette cohue. Un sergent de ville, moustachu couperosé et ventripotent, leur avait attribué un espace à l’écart de la grosse église et du centre ; un maigre bout de trottoir coincé entre une énorme porte cochère et une petite fontaine moussue. Les meilleurs emplacements étaient déjà distribués depuis longtemps. Il aurait fallu se lever bien plus tôt encore. C’était loin Saint-Maximin.

Ils n’étaient pas très bien situés, mais ce n’était pas très important, ils se contentaient de leur place. Ils avaient la certitude d’arriver à écouler leurs marchandises. De toute façon César-Auguste, très charismatique, beau parleur, était pourvu d’un bagout de colporteur. Il charmait les femmes et baratinait les hommes. Son père disait de lui :

— Auguste, avec la tchatche qu’il a, boudiou , il pourrait vendre des glands à un chêne !

Habituellement, ce n’était pas à Saint-Maximin où ils vendaient les produits de l’exploitation familiale. Ils avaient des articles spéciaux à acheter. Auguste allait bientôt se marier, sa sœur avait besoin de tissu pour la confection de la robe de princesse d’Aurélie, la promise. Tulle de Corrèze, dentelle du Puy et mousseline de Tarare, ce genre de marchandise ne se troquait pas au marché de Barjols. Et, s’il restait un peu d’argent, il trouvera aussi un collier en or ou des boucles d’oreille. Rien ne sera trop beau ! Enfin, c’était ce que disait haut et fort Auguste-César, c’était surtout ce que croyait son petit frère.

La vente des fruits et des légumes fut rondement menée. Un aubergiste acheta un bon prix le miel et l’huile d’olive. L’huile du haut pays avait une saveur incomparable. Avec de tels produits, les cuisiniers confectionnaient un aïoli succulent.

En fin de matinée, juste après un frugal repas

Auguste-César annonça son absence pour quelques heures.

- «  Mon petit, voilà cinq francs pour toi. Amuse-toi bien avec ! Surtout, n’oublie pas, à seize heures, tu partiras même si je ne suis pas là, je te rejoindrais ensuite. Si tu ne veux pas voyager de nuit. Tu seras là à quatre heures de l’après-midi. »

Le jeune frère avec cinq francs en poche était propriétaire d’un pécule. Absorbée par son affaire, la pièce lui brulait les doigts. La dépenser était sa seule hâte.

S’il avait su…

 

Insouciant, il s’était gavé de sucreries, il avait vu les montreurs d’ours, les marionnettes lyonnaises de la Croix-Rousse l’avaient bien fait rire.

Qu’il était farceur ce Guignol !

Qu’il était idiot, ce Gniafron !

Il s’était bien amusé. L’après-midi avait passé trop vite qu’elle était merveilleuse cette foire pour le jeune naïf qu’était alors Jean-Thomas. À l’heure dite il fut au rendez-vous. Auguste-César n’y était pas, il ne vint jamais d’ailleurs.

 

Jean-Thomas devait l’admettre, son frère lui avait posé un lapin. Tavernes, claques, coins sombres, il avait arpenté le centre de Saint-Maximin pendant de longues heures. Il devait partir. Il n’avait que trop tardé. Un sergent de ville, le même qui les avait placés ce matin le dissuada de chercher son frangin au hasard dans les rues, qu’il était l’heure du départ. La foire allait fermer.

L’enfant pleurnichait maintenant !

La pandore peu compatissante se contenta d’un laconique :

« Rentre chez toi petit, rentre chez toi ! Il doit cuver son vin quelque part, dégrisé, il reviendra. Ce sera la nuit bientôt, Saint-Martin ce n’est pas la porte d’à côté ! Tu devrais être sur la route depuis longtemps ! »

Sur ce, le policier bourru s’éloigna. Le destin de ce jeune paysan l’indifférait complètement.

L’évocation de la nuit l’effraya, cette route était si lugubre dans la pénombre. Surtout, c’était la première fois où il s’apprêtait à faire le voyage seul. Rapidement, il rassembla ses affaires tristement.

 

Un coucher de soleil fantastique éclairait la basilique à son départ, il ne l’apprécia pas à sa juste valeur. Devant lui ,la forêt rentrait déjà dans l’ombre. Le pire restait à venir.

Il serrait les dents. La route allait être pénible.

Il marchait vite, après Seillons, la montée en colimaçon du piade de la mule. Le chemin entrait dans une sombre futaie. La lune éclairait parcimonieusement ce triste théâtre de sa lumière blafarde. Il avait passé le lieu-dit de la Pierre Plantée, et la longue ligne droite en faux plat de la Rimade. Il était à mi-chemin.

Depuis un moment, il se sentait suivi, épié. Il en était certain désormais, un, ou des loups, bien à l’abri dans les fourrés, attendaient l’instant propice pour lui fondre dessus. Ils allaient bientôt attaquer, les dévorer, lui et sa mule.

Il était seul dans ces bois sinistres, sans son ainé pour le protéger. Il serrait le manche du fusil. Sans vraiment réfléchir, il arma la pétoire fébrilement et au jugé tira dans un buisson. Le bruit assourdissant effraya l’animal. Il vit détaler l’affreuse bête avec soulagement.

Il avait eu si peur lui aussi !

 

Il se souvint surtout de la joie qui avait été la sienne lorsqu’il entendit peu de temps après les voix de son père de son autre frère. Inquiets du retard, ils venaient à leur rencontre. C’était après que ça c’était gâté, lorsque le chef de famille comprit qu’ Auguste-César ne reviendrait pas. Sa colère fut alors homérique.

À l’évocation de ces souvenirs, les larmes lui montaient aux yeux.

Son frère avait essayé de lui parler. Il lui en voulait, il ne lui avait rien pardonné. Il ne savait pas s’il pourrait lui pardonner d’ailleurs. Pourtant, il donnerait tout ce qu’il possède pour pouvoir le serrer dans ses bras.

 

La neige s’était arrêtée de tomber. La température avait brusquement chuté. Un levant mesquin soufflait maintenant en petites rafales assassines. Il avait froid, il était gelé jusqu’aux os. Les lourds nuages noirs s’effritaient lentement. Un mince croissant de lune baignait ce décor sibérien d’une lumière pâlichonne.

Sa faible lueur était suffisante pour éclairer cette vaste plaine. À sa main droite, il entrevit une minable cabane de pierre sèche. Elle se dressait, fière d’elle, sur son petit mamelon. Deux genévriers engoncés tels des fantômes dans un suaire immaculé veillaient sur elle.

IL s’en approcha. La porte était défoncée il entra, ce n’était pas un palace, loin de là ce n’était qu’une famélique borie, juste faite pour abriter d’un orage le berger l’été. Il s’en contenta. Dans sa besace presque vide, il trouva des trésors un quignon de pain et un bout de lard. Il se dépêcha de les engloutir, comme si quelqu’un pouvait les manger avant lui !

Il découvrit également dans une poche, enveloppée dans un chiffon qui le protégeait de l’humidité, un vieux briquet à amadou. Il s’en servit pour mettre le feu à de la paille qui trainait à terre. Cette maigre flambée crépita en dégageant une fumée âcre qui le fit longuement tousser. Il essaya de dormir après avoir rafistolé la fragile porte en planches à demi pourries. Il n’y parvint pas malgré la fatigue. Son ventre criait famine, ses habits trempés ne le protégeaient pas du froid. Il grelottait. Le feu de paille n’avait pas été suffisant, pour le réchauffer durablement. Il tenta de se reposer un moment, la journée avait été rude. Il se remémora alors ces combats perdus d’avance. Quel désastre, cela avait été !

Il avait été si fier de participer à cette aventure. Il s’était senti brave parmi ces hommes. Lui s’était tapi comme un lièvre, eux s’étaient égayés tels des lapins dès les premiers tirs…

Inévitablement il songea à ses frères, l’un au diable vauvert, l’autre en prison. Ses pensées allèrent également à son père souffrant. Les reverra-t-il ?

 

Il avait enfin trouvé une bonne position, ses yeux se fermaient. Il était presque bien, il allait dormir quelques heures, il avait besoin de se reposer un moment avant de repartir. Alors que son cerveau lâchait prise… Il se remémorait Martin couché au bord de cette route, jeté à terre par ses bourreaux !

Il avait encore la vision de ce héros, prostré, protégeant sa tête avec les mains, alors que les soudards le rouaient de coups. Il avait été sabré, frappé, torturé… quelle souffrance avait dû être la sienne !

Et pour finir, le préfet, qui accompagnait la troupe l’exécuta d’une balle à bout portant. Même s’il était à peu près certain de la mort de Martin, il aurait dû aller voir ! Peut-être, par sa faute, Martin avait agonisé de longues heures… peut-être n’était il que blessé…

Il lui fallait chasser ces réflexions absurdes, Martin avait vécu.

Personne ne pouvait survivre à de tels traitements. Il devait reposer là où on l’avait exécuté, sans sépulture chrétienne, à la merci des bêtes sauvages.

Il aurait dû retourner sur ses pas !

Cette pensée l’obsédait, il n’arrivera pas à dormir avec tous ces remords qui se bousculaient dans sa tête.

Alors crevé, il parvenait à évincer une idée noire, d’autres venaient le tarauder. C’était à devenir fou.

Il se rappelait également ces histoires que racontait son grand -père ,vétéran des guerres d’empire. Il avait vécu le cauchemar russe et la longue retraite à travers les steppes glacées de ce pays immense. Il lui avait décrit ces grognards qui tombaient dans la neige et ne se relevaient plus. Qu’à s’endormir dans le froid on risquait la mort. Et les camarades à moitié dévorés par les loups. Ses frères et lui en avaient ri à l’époque, ils pensaient que le vieux radotait ou pire, qu’il se vantait.

Alors sans regret il renonça à ce sommeil qu’il sentait improbable et à cette cabane trop austère pour être accueillante. Il se leva, remonta son col et quitta ces lieux. Marchez sans arrêt jusqu’à arriver à domicile ou mourir d’épuisement tel était sa décision. Il poussa la porte, le ciel était clair maintenant. Il soufflait un petit vent d’est, moins violent que le mistral, il avait déblayé tous les nuages. Tout en regardant autour de lui, il ne savait où se diriger, partout était la même blancheur immaculée. Il ne comprenait toujours pas, où était le nord ou était le sud. Seul sur terre, il était perdu.

Le ciel était une carte grande ouverte, il suffisait de le lire. Son frère Auguste-César le lui avait enseigné. Il connaissait tant de chose ce frère, c’était le curé, un féru d’astronomie qui le lui avait appris, le père qui n’aimait pas les ecclésiastiques l’avait empêché de fréquenter le prêtre. Mais Auguste César n’en faisait qu’à sa tête, et puis la mère qui ne comprenait pas le jacobinisme obscurantiste de son mari avait comme à son habitude couverte son fils, il pouvait se rendre au presbytère tant qu’il voulait, le Pater Familias n’en saurait jamais rien. Mais le frère était parti. Il n’était plus là, il les avait abandonnés. À quoi bon ressasser le passé, cela ne causait que du chagrin. Il devait chasser de sa caboche ces moments heureux qui ne reviendront plus.

Il lui fallait d’abord trouver l’étoile Polaire. Elle indiquait toujours le nord. Il se rappela la grande et petite ourse avec le serpent entre eux. Elle était à la queue de la constellation de la Petite Ourse. Il l’avait enfin repérée, elle était une des plus brillantes du ciel, après l’astre du berger.

La grande et petite ourse Cassiopée l’étoile Polaire l’étoile du berger… ensuite, la Vierge ,le verseau le Cancer…

Un mage d’autrefois, racontait également son frère, Michel de Notre-Dame, un Provençal de Salon profitait de la naïveté d’une reine de France. Il prédisait l’avenir juste en observant les astres. Il paraît même qu’il aurait prévu la fin des temps. Cela était complètement absurde ! Personne ne pouvait croire cela !

Pourtant lui assura Auguste ,les grands de ce monde accordaient du crédit aux élucubrations de cet individu.

Une fois qu’il avait retrouvé le nord, il était facile de trouver l’est maintenant que le ciel montrait la route à suivre.

Il avança toute la nuit d’un bon pas sans faiblir. Il savait qu’au terme de cette longue route, ce chemin sinueux qui serpentait entre des bosquets de chênes verts et rouvres, de chênes kermès aux feuilles coriaces et des genévriers tortueux, il allait le voir. Il arrivait au bout du plateau, un amandier bouchait l’horizon. Il le contourna. Son cœur battait la chamade, il avait les jambes molles la gorge sèche.

Sur son rocher, couronné par un imposant château, Saint-Martin était là, il l’attendait. Le soleil, énorme boule rouge, l’éclairait déjà, alors que les bois des Pallières en arrière-plan étaient encore plongés dans le sombre.

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