CHAPITRE V : LE PENGADIL

Autour de la table ovale siégeaient les chefs de clan darrain. Une bannière tirée derrière eux exposait le symbole de leur lignée. Le dragon-paon déployait ses ailes derrière Ifann, cheffe des Birukann. L’ours brun se levait sur ses pattes arrière derrière Eracter du clan Pancaster. Le loup bleu à la langue de gueule bondissait au-dessus du chef des Mélograve. Et l’on pouvait presque entendre grogner le sanglier écarlate aux longues défenses, derrière le représentant des Hari. Dans l’amphithéâtre sous-terrain aux bancs déserts, les membres du pengadil débattaient. Une pâle lueur tombait des lustres en fer forgé, suspendus à un plafond invisible que supportaient de gigantesques piliers en marbre noir.

« Les Humains craignent les nissangs dans le Trou. Ils nous demandent de nous occuper d’eux », rapporta Ifann, cheffe des Birukann et, par tradition, stipendière au Conseil des douze.

Le pengala Eracter, appartenant au clan Pancaster, présidait le pengadil depuis des siècles. Le Darrain aux cheveux roux coupés au carré et à la barbe bien taillée leva la main :

« N’y a-t-il pas plus important que les agissements d’une poignée de nissangs ? En quoi cela nous concerne-t-il ? Le pengadil n’a rien à voir avec eux. Nous avons des affaires bien plus urgentes à débattre ! Stipendière Ifann, pouvez-vous nous renseigner sur les Danbrais ? Il faut que nous nous rangions aux côtés des Humains, afin de les repousser.

— Les stipendiers discutent toujours, expliqua Ifann. Certains veulent les affronter, quand d’autres jugent plus prudent de se replier derrière nos murs et de préparer un siège. La récente mort d’Abisen le Jeune est un véritable désastre. Le peresta n’est plus que l’ombre de lui-même. Son apathie inhibe toute prise de décision. Il se repose entièrement sur le nouveau gonfalonier, Kuara, et cet opportuniste hait les Darrains. Je crains le pire.

— Péjuan Hjartann, qu’en pensez-vous ? » demanda Eracter.

Pour conserver un équilibre des pouvoirs, les deux clans guerriers désignaient deux généraux, les péjuans, qui dirigeaient ensemble les zérègues. Ainsi, Ifann avait renommé son fils à cette fonction aux côtés de Roemer, fils d’Eracter. Le premier représentait les Birukann et le second, les Pancaster.

« Nous devons renforcer nos défenses, dit Hjartann. L’armée des Hommes est fragilisée par des années de guerre. À la nuit d’hui, nous sommes seuls. Nous ne pouvons plus compter sur Olme. Je crois qu’il…

— Que faire des conseils d’un faible qui nous a abandonnés pendant quinze ans ? » s’écria Roemer, le second péjuan, en l’interrompant. Ses yeux froids le transpercèrent comme une l’acier. « Le seigneur Hjartann n’est plus au courant de la politique actuelle. N’êtes-vous bon qu’à proférer des banalités ? Bien sûr, Olme n’est plus ! À vous entendre, la cité est tombée hier !»

De petits rires moqueurs s’élevèrent autour de la table. Hjartann se raidit. Le péjuan Roemer lui jeta un regard hautain et poursuivit :

« Dame Ifann, vous n’avez pas hésité à écarter du poste de péjuan le commandant Ragurann, pourtant très compétent. Vous avez insisté pour la réhabilitation de votre fils. Était-ce néanmoins bien prudent ? »

Ifann se leva, les joues en feu, quand le chef du pengadil ajouta :

« Nombreux sont ceux qui partagent l’avis du péjuan Roemer. Au vu de la situation, de l’avancée rapide des Danbrais, nous ne pouvons prendre le risque de confier la direction des zérègues à n’importe qui !

— Comment osez-vous ? s’emporta Ifann en faisant tomber son poing sur la table. Mon fils n’est pas n’importe qui ! Et je vous rappelle que les Birukann sont libres de choisir qui, au sein du clan, les représente en tant que péjuan !

— Si tant est qu’il s’agisse vraiment de lui ! ricana Eracter. Cet individu réapparaît tout à coup, après quinze années d’absence, les dents limées comme un vulgaire nissang, et voilà-t-il qu’il reprend la tête de notre armée aux côtés de mon propre fils ? Votre chagrin vous aveugle, ma chère ! Vous êtes libre de nommer qui bon vous semble, certes, mais n’oubliez pas que votre décision nous concerne tous. Il faut penser avant tout à notre sécurité. »

Assis à la droite d’Ifann, Hjartann suivait ce débat, tentant de refréner les tremblements dans ses jambes. Depuis son retour, il peinait à démontrer sa valeur au combat. Quand il s’entraînait, il était fréquent qu’il perde contre de simples lieutenants et il entendait alors ses frères d’armes se moquer de lui à voix basse, rire de ses dents limées. Nombreux le soupçonnaient d’usurper l’identité du seigneur qu’ils aimaient, le véritable héros de Dhuyne, quand d’autres doutaient de sa faculté à les diriger. Hjartann ne le montrait pas, mais ces critiques le blessaient vivement dans son ego. Pire : il ne parvenait pas à les contester. Ses muscles étaient froissés par les longues années d’inactivité pendant lesquelles il était resté inconscient, enterré au bord du lac. De l’image du guerrier impitoyable qu’il avait été, il ne subsistait rien. Ignorant les nombreux évènements diplomatiques récents, Hjartann avait grand-peine à justifier son absence, éprouvée par beaucoup comme un abandon. Les liens de confiance tissés autrefois avec les membres de son clan s’étaient distendus. Il était devenu un étranger, au sein de sa propre famille.

Le poing serré, il demeura silencieux. Les mots se pressaient dans sa gorge, mais aucun ne parvenaient à franchir ses lèvres entrouvertes. Lorsqu’il releva la tête, il remarqua qu’Ifann avait les yeux braqués sur lui, le visage crispé. Son actuelle faiblesse le révoltait, mais sa plus grande crainte était de la décevoir, elle.

Il se leva en un bond et plaqua ses paumes sur la table : « Que diriez-vous d’organiser un combat rituel entre nos deux familles, comme dans les temps anciens ? Cela nous permettrait de régler ce différend. Le véritable seigneur de guerre Hjartann ne ferait qu’une bouchée de Roemer. »

Il défia le second péjuan du regard, les narines retroussées. Roemer haussa un sourcil.

« Ah oui ? Vous me provoquez ? Dans votre état ? » Il le détailla des pieds à la tête, avec un rictus moqueur. « Très bien, c’est ce que nous verrons…

— Vous semblez bien sûr de vous, ajouta le pengala Eracter en souriant, comme s’il prenait plaisir à imaginer sa défaite prochaine. Qu’il en soit ainsi ! Nos deux péjuans doivent avoir une confiance totale en leur capacité respective. Lors de la fête d’Ivali, ils s’affronteront. Nous jugerons, à ce moment-là, si le seigneur Hjartann est bien digne de continuer à occuper ce poste… »

 

*

 

De retour au palais des Birukann, Hjartann entra en trombe dans la salle d’entraînement et dégaina son épée. Hjartann leva son épée et l’abattit sur un ennemi invisible, en tournoyant sur lui-même, comme pour contrer une attaque imaginaire. Les parois bien fermées laissaient filtrer la lumière du jour et des rayons tombaient sur les tapis en paille tressée et les râteliers alignés le long des murs. L’odeur musquée du bois de Valnoy, mêlée à celle du foin émanant des nattes, rappelait à Hjartann les nuits passées dans les Ulynes avec Meghi, mais dans le jardin, les grillons criaient et les astropoïs piaillaient pour le ramener à la réalité.

 

En sueur, il cessa son entraînement quand il identifia des bruits de pas qui s’approchaient dans le couloir. À cette heure avancée, toute la maisonnée dormait et Hjartann dressa l’oreille. Le mur coulissa et Ifann apparut. Il rengaina son épée et s’inclina face à sa cheffe, enveloppée dans une longue cape noire. Deux longues tresses enrubannées encadraient son visage pâle et tiré.

« La guerre est à notre porte, finit-elle par dire après un silence infini. Bientôt, tu partiras au combat. Tu dois nous faire honneur, Hjartann.

— Je sais. Je suis prêt…

— Non, tu ne l’es pas », le coupa-t-elle.

Il s’immobilisa, touché par la rudesse de ses propos, car elle disait vrai.

« Les gens parlent, reprit-elle en tournant autour de l’arène. Ils chuchotent derrière notre dos et la réputation des Birukann en est ternie. Tu as entendu comme moi les insinuations des Pancaster lors du pengadil. Les zérègues ne veulent pas être dirigés par un guerrier médiocre, par un vulgaire nissang aux dents limées qu’ils pourraient balayer d’une pichenette. »

Elle frappa l’air de sa main ouverte, comme pour illustrer ses propos. Hjartann grogna : il maudit ces rumeurs. Ces attaques qui le désignaient comme un imposteur, incapable de battre un simple ligni. Lorsqu’il croisa le regard glacial de sa cheffe, il comprit qu’elle devait penser de même et un grand malaise l’envahit.

« Si tu veux reprendre ta place parmi nous, dit-elle sèchement, raffermis-toi ! Où est mon fils ? Celui que j’ai laissé partir dans les Ulynes ? Où est ce fils qui faisait ma fierté autrefois ? Devant moi, je ne vois qu’un pleutre qui a fui ses responsabilités. Mon Hjartann, notre ancien péjuan, celui dont parlent les chansons, n’aurait jamais agi ainsi. »

Il baissa les yeux et fixa une ombre mouvante sur le tapis.

« Hjartann, comprends-le bien ! Je ne suis pas la seule à le penser. Si tu veux que tes troupes te suivent, comme par le passé, je te conseille de te ressaisir et de faire rapidement taire ces rumeurs. »

Hjartann avait l’impression d’être redevenu un tout jeune Darrain, un petit ligni immature, subissant les réprimandes de sa mère. Toute sa vie, il n’avait vécu que pour le combat. Il avait mangé pour le combat, frictionné ses membres pour le combat. Il s’était renforcé pour gagner contre ses adversaires. Pendant longtemps, vaincre Ifann, guerrière hors pair, avait été son unique dessein. Quand il y était enfin parvenu, s’étaient présentés à lui ses vrais ennemis, puis la guerre et ses tourments. Et il avait dû s’endurcir de plus belle.

« Ces ragots sont infondés et vous le savez bien, rétorqua-t-il. Mon niveau a toujours été très supérieur à celui de Roemer. Ces années ont émoussé ma force, mais je n’ai pas oublié mes propres bottes. Je n’en ferai qu’une bouchée. »

Il n’avait rien perdu de sa technique ; depuis peu, il arrivait à venir à bout de ses cousins pendant les entraînements. Bientôt, il retrouverait ses pleines capacités.

« Ça suffit ! s’écria-t-elle en fronçant les sourcils. Le crois-tu vraiment ? Tant d’arrogance ! »

Elle défit la broche argentée retenant sa cape et la laissa glisser au sol. Des mèches rebiquaient de ses tresses noires. Elle portait une chemise de jour, comme si elle venait de sortir du lit. Celle-ci dévoilait ses bras musclés et ses pieds étaient nus.

« As-tu oublié mes leçons ? Ne sous-estime jamais un adversaire ! »

Elle le bouscula pour accéder au râtelier, saisit une épée en bois et la lui jeta. Il l’attrapa au vol en écarquillant les yeux. Empoignant une arme similaire, elle descendit la marche vers l’arène rectangulaire, couverte d’un tapis en paille tressée, et se planta face à lui.

« Je ne retiendrai pas mes coups ! » s’exclama-t-elle en levant son arme, en un geste calculé.

Elle ne revêtait qu’une fine chemise en soie et une épée en bois, mais Hjartann la considéra avec crainte et respect. Ifann avait longtemps été la meilleure guerrière du clan. Il comptait sur les doigts de la main ceux capables de rivaliser avec elle. Plus jeune, il avait réussi à s’élever à son niveau, mais elle n’avait rien à lui envier, tant en force qu’en technique. Elle et les autres zérègues ne jouaient tout simplement pas dans la même cour. Hjartann ne prit donc pas ses mots à la légère. Il ne portait pas d’armure, seules une jupe bouffante et une fine chemise en lin. Dans les combats rituels, frapper la tête rapportait le plus de points. À son air féroce, il la savait capable de réussir et avant de l’affronter, il préféra se coiffer d’un casque.

Hjartann la rejoignit dans l’arène, en serrant la poignée en bois. Les deux guerriers se firent face. Elle se dressait devant lui, sans aucune protection, le menton haut, sûre qu’il ne la toucherait pas. Hjartann en percevait l’affront et était d’autant plus déterminé à la vaincre, pour lui montrer sa valeur.

Il courut vers elle, leva son épée et l’abattit avec force. Ifann la dévia et lui porta un coup de pied au ventre qui le fit voler en arrière. Il tomba sur les fesses. L’espace d’un instant, il crut que tout était fini, mais il rassembla son courage et, en un bond, se remit sur ses pieds. Leurs épées se heurtèrent derechef. Ifann évita son attaque, le frappant au passage à l’épaule.

« Deux points ! » cria-t-elle.

Ils se repositionnèrent. Hjartann passa sa langue sur ses lèvres, tentant d’ignorer la douleur brûlante au niveau de la clavicule. Ifann engagea le combat ; ses mouvements étaient rapides et précis ; leur lame de bois claqua plusieurs fois. Elle le harcelait. Hjartann recula. Acculé dans un coin de l’arène, il virevolta, tourna sur lui-même et jeta son arme de la main droite vers la gauche. Celle-ci faisait maintenant corps avec lui, comme le prolongement naturel du bras. Il fit un bond vers Ifann et lui flanqua un coup d’estoc.

« Deux points pour moi ! cria-t-il.

— Hé oui ! s’exclama-t-elle en riant à pleines dents. Tu es gaucher ! Tu m’as surprise, Hjartann, comment ai-je pu l’oublier ? »

La troisième manche s’amorça. Haletant, Hjartann était presque à bout, alors qu’elle avait les joues à peine rosies par l’effort. Il fit un pas de côté pour se replacer. En un instant, elle parcourut la distance entre eux et l’accabla de coups. Après plusieurs échanges, il réussit à la repousser d’un mouvement puissant. Il vit une ouverture. Sûr de sa victoire prochaine, il bondit sur elle. Elle contourna aisément sa garde. Il leva son épée, mais ne fut pas assez rapide pour parer. Elle en profita pour le frapper violemment à la tête.

« Cinq points ! Plus les deux de la première manche qui font sept ! Fils, tu as perdu… »

Étourdi Hjartann ôta son casque et porta la main à son front mouillé de sueur. Sa mère rangea son épée dans le râtelier, tourna les talons, ouvrit le mur, sans même lui jeter un regard.

« Attendez ! » fit Hjartann, encore époumoné.

La guerrière se figea sur le seuil. Un rayon de soleil oblique tombait sur sa joue barrée d’une longue cicatrice.

« Mère, vous êtes fâchée contre moi… Pourquoi tant de ressentiments ? Qu’ai-je donc fait pour vous décevoir ? Ne devrions-nous pas nous réjouir d’être à nouveau réunis ? »

La langue d’Ifann claqua.

Le dos fourbu, les mains sur les cuisses, Hjartann enchaîna : « Vous aviez raison, j’ai été arrogant. J’ai perdu ce combat et je m’entraînerai dur pour battre Roemer lors des célébrations d’Ivali. Je suis affaibli, certes, mais vous ne pouvez pas m’en vouloir uniquement à cause de ça ? »

Elle tourna son visage vers lui et ses yeux verts le traversèrent.

« Me réjouir ? J’aurais préféré le faire il y a quinze ans, au retour de nos troupes, dirigées par Ragurann à ta place. Me réjouir ! J’espère que c’est une plaisanterie ! Comment peux-tu, après quinze ans d’absence, te comporter comme si tu avais balayé ces dernières années d’un revers ? Comme si elles n’avaient tout simplement pas eu lieu ? »

Elle s’interrompit, puis frappa le mur de son poing.

« Tu ne te rends pas compte ! s’écria-t-elle. Ça a été dur ! Atroce ! Pendant quinze ans, tu m’as laissé croire, de la manière la plus affreuse, que tu étais mort, que j’avais perdu les deux êtres les plus importants…

— Moi aussi, j’ai souffert d’être resté loin de chez moi.

— Ah oui ? Dans ce cas, pourquoi avoir fui ton foyer ? Pourquoi ne pas être rentré ? Pourquoi ne pas avoir envoyé un message ? Je ne te comprends pas… Quinze ans que tu es parti, Hjartann ! Quinze ans ! »

Un long silence s’installa. Soucieux de reprendre sa place au sein du clan, avec quelle désinvolture avait-il ignoré ses sentiments ! Le lieutenant Ragurann l’avait pourtant prévenu. Grahann lui avait fait les mêmes reproches. Sa mère avait toujours été forte. Il avait refusé de voir le grand trouble causé par son retour : son attitude glaciale dissimulait en réalité une rancœur profonde. Il voulut s’excuser, mais les mots s’entrechoquaient dans sa tête et s’évanouissaient, à peine avaient-ils atteint ses lèvres. Il contrôla sa respiration pour se ressaisir. Enfin, il dit, d’une voix moins ferme que prévu :

« Je n’ai pas pu, mère… J’ai été malade. Mais croyez-moi ! J’imagine très bien combien vous avez souffert…

— Non, c’est faux. Tu n’as pas idée ! » Elle criait maintenant. « Tu nous as tous abandonnés. Les hommes dont tu avais la charge… Ta famille ! Ton propre sang ! Comment as-tu pu ? Tu nous as tous laissés tomber. »

Elle ajouta encore, d’un ton plus maîtrisé : « Mes cœurs sont brisés. »

Hjartann vit une larme glisser sur l’arête de son nez. Ses paroles s’infiltrèrent au plus profond de sa chair. Il se sentit misérable et baissa la tête.

Ifann s’essuya sa joue avec hargne, marcha vers lui et ne s’arrêta qu’à un pouce de son visage. Hjartann retint son souffle. Les narines retroussées, elle murmura à son oreille : « Je suis au courant pour Brynjann. » À la mention de Brynjann, Hjartann eut un haut-le-cœur, comme si elle l’avait frappé dans l’estomac. « On m’a rapporté ce qui s’était passé, poursuivit-elle. Peu de gens sont dans la confidence, heureusement. Au moins suis-je soulagée de constater que tu n’as pas suivi cette voie impie. Tu ne m’en as pourtant rien dit, ces derniers mois. Pas un mot… »

Elle fit un pas en arrière et à haute voix : « Aurais-tu aussi oublié ta fille ? »

La respiration bloquée, Hjartann porta la main à sa poitrine.

« J’aimerais te croire, reprit Ifann en lui tournant le dos. Autrefois, tu étais le seul à qui je donnais une entière confiance… Mais maintenant, je ne te reconnais plus. Je ne peux plus… »

Sa phrase en suspens, elle le quitta en faisant glisser le mur derrière elle. Hjartann demeura pétrifié sur place. Les souvenirs de sa fille rejaillirent, le heurtèrent, telle une vague déferlante qui menaçait de l’emporter. La pièce tournait. Un grand froid l’envahit. Des flocons se déposaient sur les tapis comme sur les blessés dans le dispensaire, au cours de la dernière nuit où il l’avait vu, quinze ans plus tôt. Il secoua sa jupe, sur laquelle de la neige s’était accrochée. Ses mains tremblaient. En relevant les yeux vers l’arène, Hjartann eut un hoquet de frayeur : Brynjann se tenait au centre de l’arène. Du sang coulait du menton de sa fille et maculait sa robe en laine. Des gouttes s’écrasaient sur les nattes de paille. Les poutres dansaient. Nauséeux, il recula, chuta contre le mur et s’y agrippa. Il se serait affalé pour de bon, si quelqu’un ne l’avait pas retenu d’une poigne robuste, avant qu’il ne tombe.

« Passe ton bras autour de moi, entendit-il dire près de lui, je vais t’aider.

— Ce n’est pas nécessaire, répondit-il après une pause, pensant qu’il avait affaire à un domestique. Vous pouvez me laisser… Je vais bien. J’ai juste… J’ai juste bu trop de vin… »

Il déglutit.

« Appuie-toi sur moi ! »

On le tutoyait : il n’avait donc pas affaire à un serviteur. Dans un élan de lucidité, Hjartann craignit qu’il s’agisse d’un de ses lieutenants. Quelle piètre image devait-il offrir ! Horrifié qu’on puisse le trouver dans cet état, il le repoussa, plus faiblement qu’escompté. Le nouveau venu resserra son emprise.

Hjartann battit des paupières et examina son bienfaiteur à travers les flocons de neige tourbillonnants. Il rassembla ses forces et s’apprêtait à lui donner un ordre ferme de le laisser, lorsqu’il identifia la forme de son visage, ses cheveux châtains, ses yeux bleus, sombres comme les profondeurs du lac.

« Meghi ? fit-il avec soulagement. Mais qu’est-ce que tu fais ici ?

— J’étais venu te voir, pardi ! Échanger quelques passes d’armes. Les gardes m’ont reconnu et m’ont ouvert le portail. On m’a dit que tu t’entraînais dur. »

Tremblant, comme pris dans un accès de fièvre, Hjartann voulut faire un pas, mais manqua de chuter en avant.

« Très bien, admit-il, si tu es là… Peux-tu ? Je ne me sens pas très bien. Je souhaiterais regagner ma chambre. »

Il lui indiqua le chemin.

« Par-là ? Tu es sûr ? demanda Meghi. Ça tape aujourd’hui ! »

Hjartann préférait emprunter la terrasse autour des bâtiments. Il longea les murs d’un pas chancelant, en s’appuyant sur son bras. Le soleil à son zénith lui brûla la peau comme des piqûres d’ortie, et la chaleur raviva son malaise, mais au moins était-il certain qu’à cette heure avancée, ils ne croiseraient personne s’ils passaient par là.

Hjartann reconnut les contours familiers de sa chambre, le matelas déroulé sur le tapis, la commode basse, les peintures de Grahann, la table ronde près de la terrasse. Il se cala sur un coussin. Meghi referma le mur et les rideaux, et ils replongèrent dans une obscurité salvatrice. Meghi lui servit un grand verre d’eau citronnée. Au vu des spasmes qui agitaient ses mains, il le porta lui-même à sa bouche pâteuse, un geste effectué dans les Ulynes autrefois, lorsqu’il l’avait soigné. De longues gorgées lui permirent de regagner la maîtrise de lui-même.

« Ça te prend souvent, ce genre de crise ? » demanda Meghi, l’air inquiet.

Hjartann secoua la tête. Il croisa ses doigts pour réprimer les tremblements de ses mains. Meghi s’assit en tailleur à ses côtés, à même le tapis. Sous son regard scrutateur et comme le silence se prolongeait, Hjartann dut admettre :

« Quelques fois…

— Mon frère aussi en faisait, lui apprit Meghi. Il revoyait ses camarades, morts au combat, dans des cauchemars éveillés des plus terrifiants. On aurait pu croire qu’il était revenu de la guerre sans une égratignure. Mais ses crises révélaient qu’il avait été blessé plus profondément qu’il n’y laissait paraître. Nos voisins pensaient qu’il était devenu fou. Sa femme l’a quitté pour cette raison. Ils n’ont jamais compris combien il souffrait. J’étais incapable de l’aider, j’aurais aimé… »

Il se tut au milieu de sa phrase, saisit la carafe et se servit de l’eau, pour lui-même cette fois-ci. Il but plusieurs gorgées, mais ses yeux ne le lâchaient pas.

Il poursuivit : « Après tes révélations de l’autre soir, j’étais inquiet et regarde-toi, tu es très loin de me rassurer. Je te retrouve, semblable au vagabond errant des Ulynes. »

Hjartann aurait aimé lui dire que tout allait bien, qu’il avait repris le cours normal de sa vie. Mais non, ça n’allait pas.

« Un vagabond errant… Oui, c’est bien ce que je suis devenu. Regarde-moi ! Ose me dire que tu as l’impression de te trouver face à un seigneur de guerre ! Je suis infirme, Meghi, impuissant ! Je me sens prisonnier dans mon propre corps. Tout ce que j’ai appris ces derniers siècles, le maniement des armes, la dextérité, mais aussi la diplomatie, tous ces liens que j’avais tissés… La guerre, suivie de ces quinze années dans le coma, me les a ôtés. Les gardes au portail ne m’ont pas reconnu ! Ma propre mère ne voit en moi qu’un lâche ! Mes troupes rient sur mon passage. Grahann m’a dit que tu t’entraînais, que tu avais été affecté à la Porte des Embruns. À la vérité, je n’osais même plus me tenir devant toi. Je me sens pitoyable ! »

Ses épaules s’affaissèrent. Meghi le fixait toujours sans ciller.

« Face à moi ? Un fermier ? » fit-il avec dérision.

Le jeune homme passa la main dans ses cheveux.

« Tu n’es plus fermier, mais soldat, comme tu le rêvais, corrigea Hjartann. J’espère que ce n’est pas trop dur. Tu ne t’en veux pas d’avoir quitté les Ulynes, ton chez-toi ?

— Oh, non alors ! s’exclama Meghi. Ne raconte pas n’importe quoi ! Il n’y avait plus rien pour moi là-bas et chaque jour, je me félicite de ma décision. Ma nouvelle vie me convient bien. »

Hjartann ne répondit pas tout de suite. « Je regrette d’être rentré. Avec ces Nains au-dehors, nous aurions pu fuir, aller n’importe où, voyager tous les deux quelque temps encore. 

— Fuir ? fit Meghi en s’étranglant. Tu ne parles pas sérieusement ! Je suis parti pour devenir garde, pas pour vagabonder sur la lande ! Et ta famille, tu y penses ? Rappelle-toi combien Grahann a été heureux de te revoir. Je suis sûr qu’Ifann partage ses sentiments. Tu devais rentrer ! Tu ne pouvais pas te dérober pour l’éternité !

— Crois-tu que je puisse rendosser fièrement mon casque de péjuan, dans cet état ? rétorqua-t-il furieusement. Repartir en guerre contre les Danbrais ? Dans les Ulynes, je n’aspirais qu’à revenir. C’était mon unique dessein. Mais maintenant… »

Il se tut, un court instant, pliant et dépliant ses doigts raides. « Repartir en guerre… répéta-t-il. C’est ce que le Hjartann du passé aurait fait. C’est ce qu’on attend de moi à présent. Or vois ! Je ne suis plus le même. À la nuit d’hui, n’importe quel soldat est plus capable que moi. Au milieu de la bataille, je me mettrai à trembler comme une vieille grand-mère. Je m’effondrerai et j’abandonnerai les miens, une fois encore… »

Meghi secoua la tête, comme s’il avait dit une absurdité.

« Je vois en face de moi quelqu’un de fatigué, c’est vrai, admit-il. Tu es maigre. Tu as même l’air plus abattu qu’après notre voyage. Mais, tu es un Darrain ! Tu as mille ans, non ? Tu es immortel ! N’es-tu donc doté d’aucune sagesse ? Cesse de te comporter comme un adolescent ! Tu es faible, dis-tu ? Eh bien, renforce-toi ! Tu ne redeviendras peut-être pas le Hjartann d’avant, mais par le foutre des Trois, arrête de t’apitoyer sur toi-même ! Alimente-toi correctement, reprends les entraînements ! » Il frappa le sol de sa paume ouverte, comme s’il donnait le tempo. « Tu as des soucis avec ta mère et d’autres membres de ton clan, mais au moins, ils sont là. Tu as une famille. Tu as retrouvé les tiens, Hjartann, tu es bien entouré. Tu ne réalises pas ta chance ! Ils doivent très certainement te reprocher ton apathie… Et je les comprends ! À quoi bon gâcher tes journées et tes nuits à ruminer et à ressasser le passé ? Tes crises finiront peut-être par s’atténuer avec du temps et du repos. Par les Trois, tu m’as sauvé la vie, là-bas, contre les Danbrais. Montre-leur, à eux aussi, ce que tu as dans le ventre ! »

Hjartann resta silencieux, frappé par ces paroles. Il fut alors pris de remords. Sa colère retomba en un souffle. Ses tremblements cessèrent tout à fait et il sentit son assise se raffermir.

Avec quelle facilité avait-il négligé les sentiments de son ami ! Meghi avait laissé derrière lui tous ceux qu’il aimait et vivait, seul, dans une ville dont il ne connaissait rien. Son existence avait été totalement bouleversée. Lui-même était loin de se trouver dans une situation similaire. Il avait rejoint son clan et, même si ses crises ne lui simplifiaient pas la tâche, il savait en son for intérieur que sa mère le soutiendrait. Grahann l’épaulait aussi, à sa façon. Il regrettait vivement de s’être emporté de la sorte.

« Tu as raison, finit-il par dire. Tu es quelqu’un de beaucoup plus fort que moi. Parfois, je me demande comment tu fais pour être si serein. Pendant notre voyage, tu m’as montré ta détermination. Je devine combien ta vie dans les Ulynes devait être dure. Ton frère comptait beaucoup pour toi et j’ose à peine imaginer les sévices endurés avant qu’on se rencontre. Et pourtant, tu es là, tu tiens le coup, tu refais des projets. »

Hjartann serra les dents. Il se fit le serment solennel de ne plus faillir. Il devait gagner les combats à venir. Il vaincrait Roemer. Et surtout, il protégerait les siens, debout face aux Danbrais, et défendrait sa cité.

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Sebours
Posté le 23/01/2023
Bonjour Peridotite!

Voici le premier chapitre avec le point de vue de Hjartann. Cela m'a surpris car tu aurais pu le faire bien avant. Dès le début, tu aurais pu alterner la vision de Hjartann et de Meghi, par exemple. Du coup, ça me donne l'impression que tu as pris le point de vue de Hjartann car Meghi ne pouvait pas être là pour le combat du darrain avec sa mère. Jusque là, j'avais l'impression d'un parti pris de montrer Hjartann uniquement par les yeux des autres.

Dans l'introduction, tu parles de huit chefs de clan darrain, mais tu ne décrits que quatre bannières. Après réflexion, il doit y avoir deux représentants de chaque clan. Mais comme tu dis huit chefs, le lecteur pense huit clans. Il y a sans doute une petite précision à apporter.

A un moment, tu écris "Hjartann suivait ce débat, le cœur battant." Il me semble que Hjartann a deux cœurs, si j'ai bien compris la biologie darraine.

Sinon, je n'ai pas compris pourquoi Hjartann saigne. Est-ce à cause du coup reçu sur la tête ou bien est-ce dû à une autre cause (saignement du nez ou hémophilie suite à son malaise)?

D'ailleurs, comme c'est le point de vue de Hjartann, tu pourrais insister sur ses carences. Il dis lui-même qu'il est faible. Je pense qu'il a des manques et que c'est le bon chapitre pour l'expliquer. Si on prend un vampire qui ne suce pas le sang de victimes, par exemple, il est forcément affaibli. Dans entretien avec un vampire, il lutte contre son envie dévorante de tuer et se nourrit de rats par exemple. On sent que Hjartann est faible, qu'il y a des raisons, mais qu'il nous manque des pièces du puzzle.
Peridotite
Posté le 24/01/2023
Coucou Sébours,

Merci pour ton passage ici,

Non non, je n’ai pas pris le point de vue de Hjartann uniquement pour qu’il soit seul avec sa mère. Dans mes premières versions d’ailleurs, Hjartann était le personnage principal. Il aura un axe narratif à lui et donc ses chapitres. C’est le dernier personnage pov qu’on découvre. Avant, toute la partie 1 était basée sur le mystère de qui est Hjartann. Maintenant, on peut être avec lui.

« Mais comme tu dis huit chefs, le lecteur pense huit clans. »
> C’est bien ça, mais je n’en décris que 4. Je laisse les autres à l’imagination du lecteur et je ne souhaite pas faire énumération.

« A un moment, tu écris "Hjartann suivait ce débat, le cœur battant." Il me semble que Hjartann a deux cœurs, si j'ai bien compris la biologie darraine. »
> Oui en effet, je vais corriger ça de ce pas.

« Sinon, je n'ai pas compris pourquoi Hjartann saigne. Est-ce à cause du coup reçu sur la tête ou bien est-ce dû à une autre cause (saignement du nez ou hémophilie suite à son malaise)? »
> Je vais revoir la phrase, car Hjartann ne saigne pas. Il croit voir le fantôme de sa fille en face de lui et c’est lui/elle, le fantôme quoi qui saigne.

« Dans entretien avec un vampire, il lutte contre son envie dévorante de tuer et se nourrit de rats par exemple. »
> C’est un peu étonnant, mais mes Darrains n’ont pas besoin de sang pour vivre. Ce n’est pas comme les vampires classiques. J’imagine plus comme un plaisir, associé à la reproduction, disons comme le sexe chez nous. Si Hjartann est faible, c’est à cause de ces 15 années d’enterrement. Et le fait que les autres ne lui font plus confiance surtout qui lui mine le moral. En plus, comme tu peux le voir, il est faible, car il est traumatisé de guerre. Je le montre ici quand il voit le fantôme de sa fille. Il est pas au top de sa forme quoi, mais ce n’est pas lié au sang à mon avis.

Merci encore pour ton commentaire,

Je vais revoir les quelques phrases que tu as dites qui ne semblaient pas claires 😊
ClementNobrad
Posté le 12/12/2022
Alors, Peridotite,

Ne le prends pas mal hein, mais j'ai moins accroché sur ce chapitre comparé aux précédents. Je l'ai trouvé très "young" et très attendu dans le fond et la forme m'a semblé beaucoup plus "naïve" que ton écriture du début de l'histoire.
Les premiers chapitres (et le prologue) étaient dark à souhait, très mature. Là, j'ai trouvé l'ambiance générale beaucoup moins forte, beaucoup plus "adolescente"
En fait, je ne m'attendais pas à ce que Hjartann se plaigne sur sa faiblesse et sa volonté à montrer "sa véritable force contre les méchants qui se moquent de lui". Ho surprise, il va se révéler et montrer à tout le monde qu'il est encore le héros d'antan. Je ne sais pas si c'est ce qu'il va se passer, et après tout, pourquoi pas, mais pour le coup je trouve que c'est amené un peu trop "cliché".

Le début du conseil était sympa à lire, avec les tensions intra darienne que tu révèles. La partie où tout le monde doute de sa force, jusqu'à sa mère qui se bat contre lui pour lui montrer qu'il est nul, je trouve ça trop poussé.

En fait, je ne m'attendais pas à ce qu'il soit autant remis en cause. Après tout, il mettait branlées sur branlées à Meghi lors de leurs petites joutes. Là tu le dépeins un peu comme en-dessous de tout. Peut-être que je m'étais fait une image différente de lui et du coup me voilà surpris sur les réelles capacités du personnage.

J'espère que tu ne prendras pas négativement ces quelques remarques :) j'ai beaucoup aimé les autres chapitres, là un peu moins :)
Peridotite
Posté le 13/12/2022
Oui mon idée ici est que Hjartann est affaibli et donc rejeté par les siens.

Meghi est assez pourri, c'est un fermier qui rêve d'être soldat, il est battu par Yori, il n'a pas un haut niveau à l'épée. Pour moi, c'est normal que Hjartann le batte.

Est-ce que tu crois que la dernière phrase est too much, celle où il dit je vais kicker des ass ?

Merci beaucoup pour ton commentaire, ça me permet toujours de consolider le récit d'avoir un aperçu de ce que pense le lecteur. 🙂
Isahorah Torys
Posté le 25/11/2022
Hello, Peri !

J'ai bien aimé cette partie, la situation s'inverse encore entre meghi et hjartann. C'est le jeune qui sermonne le vieux ^^ J'ai aussi adoré l'expression des sentiments d'Ifann, c'était inattendu et, mine de rien, on ressent bien l'amour derrière les reproches. (enfin, je l'ai ressenti ainsi... J'y vois sans doute ce que j'ai envie de voir ^^)

On peut être le plus valeureux du monde, on devient vite pitoyable lorsque des traumas remontent. hjartann nous le montre bien et je me reconnais en lui... cette faiblesse qui nous gagne quand le pire refait surface.

C'était une partie forte en émotion ;)

Pour ta première phrase, plutôt que symbole, j'aurais utilisé le mot blason, qui représente mieux l'image de cette description.

Pareil que Nathalie, je ne connaissais pas l'expression langue de gueule... j'étais un peu perplexe... j'ai du chercher sur le net mdr

Je suis infirme, Meghi, invalide, impuissant  (ici, je choisirais entre infirme et invalide)

à très vite pour la suite ;)
Peridotite
Posté le 26/11/2022
Merci beaucoup pour ton message.

Je le vois aussi comme ça pour Ifann, elle est dure mais elle aime sa famille. On la verra comme ça par la suite aussi

Je vais voir à changer ce "de gueule" car je n'utilise pas la formulation héraldique complète de toute façon. Je ne vois pas vraiment ça comme des blasons. Les clans sont représentés par des animaux (ce n'est pas très original, mais j'aimais bien l'idée). J'aimerais réserver les blasons aux chevaliers de la région d'où vient Kuara.

Je vais faire ça pour invalide, impuissant, merci de me faire remonter ces soucis de style que je vais corriger de ce pas 🙂

Merci beaucoup !
Isahorah Torys
Posté le 26/11/2022
Ok, je vois pour le blason... et le mot emblème alors ? ça conviendrait ptet mieux (car je t'avoue que j'ai buté sur symbole qui je trouve ne sonne pas bien dans la phrase )
Nathalie
Posté le 08/11/2022
Bonjour Peridotite,

L'amitié est ce qu'on a de plus précieux au monde !

« Le loup bleu à la langue de gueule » : je ne me représente pas du tout ce que cela peut donner. J’avoue ne pas comprendre.

Je n’utiliserai pas le mot « coma », trop moderne, trop médical. Hibernation ? Sommeil profond ? Inventer un mot pour désigner cet état si spécial des darrains malgré tout compréhensible par le lecteur ? Je ne suis pas certaine de la meilleure solution mais « coma » me fait grincer des dents (c'était déjà le cas lors de sa première utilisation, mais je ne me souviens plus si c'est dans ce chapitre ou le précédent).
Peridotite
Posté le 09/11/2022
Coucou Nathalie,

J'utilise une formulation héraldique (https://fr.wiktionary.org/wiki/de_gueule) où "de gueule" signifie rouge. Je ne sais pas si c'est malin du coup...

Dac je prendrai en compte ta remarque sur "coma", je vais changer, merci de me signaler ton ressenti là-dessus :-)
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