Chapitre un

Notes de l’auteur : Bonjour à tous ! Je m'excuse par avance s'il y'a des fautes de grammaire, orthographe et ect. N'hésitez surtout pas à me le dire. Je vous souhaite une bonne lecture :)

Chapitre 1[PN1] 

 

L’Ainée regarda sa petite avec de grands yeux, sous le choc. Elle ne réalisa pas tout de suite ce qu’elle venait d’entendre et surtout, ne voulut pas en croire un traite mot mais la réalité était là et elle la frappait de plein fouet.

Sa petite fille devenait orpheline et son cœur était meurtri. Qu’allait-elle faire désormais, qu’allait-elle devenir à présent ? La personne âgée n’avait pas la capacité de s’occuper de ce bout de femme. C’est pour ça qu’elle vivait dans cette vieille baraque depuis des années. Elle n’avait plus assez d’énergie pour se confronter au monde.

Des minutes s’étaient écoulées depuis l’arrivée de la jeune femme. La grand-mère lui avait préparé une tasse d’herbes chaude

et récupéré un trousseau de soin, logé dans un placard non loin de là. De nouveau près d’elle, elle s’attarda à soigner ses blessures – qui fort heureusement était superficielles – une fois accompli, elle l’observa longuement, prit sa main qu’elle serra avec tendresse et d’une petite voix rouillée, murmura.

  • Raconte-moi tout ma douce…

Olympe cligna des yeux et eut un hoquet de surprise. Elle s’était perdue dans ses pensées, revivant la scène qui s’était déroulée quelques heures plus tôt devant elle. Son corps se mit à trembler et elle fondit en larmes. Comprenant que la soirée avait été assez éprouvante, l’Ainée décida de la coucher. Elle en saurait plus au lever du soleil.

Aux aurores, la vielle dame se leva, comme elle avait l’habitude chaque jour. Habituellement elle se prépara une infusion d’herbes et cette fois-ci mit deux tasses à disposition. Sa petite fille dormait encore. Elle se demandait si le sommeil l’avait gagné et ne l’avait pas donné aux démons de la nuit… Son beau-fils était donc mort. Le Comte Fiennes avait rendu l’âme au même titre que sa demeure.

Le père et la fille Fiennes vivaient non loin de la baraque, à quelques minutes de marche à peine. Ils vivaient dans un charmant domaine éloigné de la ville, préférant la tranquillité de la campagne anglaise.

Le Comte avait principalement élevé sa fille depuis la disparition de sa femme, non sans l’aide de nombreuses gouvernantes. Il avait réussi malgré tout. Olympe Fiennes était devenue une femme remarquable. Malgré son tempérament fougueux et intrépide, elle avait su s’adapter à la bonne société et se qualifier dans tous les domaines. Sport, culture, éducation. Une Lady comme chaque famille rêverait d’avoir. Mais elle n’était toujours pas mariée alors qu’elle avait atteint la majorité depuis déjà quelques années

Son père s’était toujours inquiété de son avenir. Non bien qu’aucun homme ne s’interdît de la courtiser, elle n’en voulait pas. Le mariage ne lui procurait que très peu d’intérêt. Elle n’y voyait qu’une prison à barreaux dorée. Et telle une colombe, elle aurait volée pour s’échapper à la rechercher de sa liberté.

Secrètement elle avait toujours nourri l’espoir de vivre plus librement, par ses propres moyens. Découvrir le monde, rencontrer d’autres cultures, prendre la mer et peut-être ne jamais revenir.

Le poids de la famille l’avait forcé à refréner ses envies et à acquiescer aux plaisirs de son paternel. Car ils n’étaient qu’eux deux depuis toujours.

Mais à présent elle était seule. Sans repaire. Libre.

La gentille grand-mère veilla sur sa petite en vaguant à ses occupations. Celle-ci ne tarda pas à émerger de son sommeil. Elle ouvrit doucement les yeux et comprit que ce n’était pas un rêve. Tout s’était réellement passé et elle était là, étendue dans ce petit lit de fortune, le corps endolori, le visage crasseux et les yeux larmoyants. Sa tête lui faisait affreusement mal. Elle se rappela sa chute et ses roulades rocambolesques qui s’étaient terminées contre un tronc d’arbre. Elle posa doucement une main sur son crâne et sentit une texture désagréable. C’était du sang séché. Elle s’était endormie si rapidement qu’elle n’avait pas pris la peine de se débarbouiller.

Doucement elle se redressa en émettant un petit gémissement de douleur. Alertée par un son nouveau, la personne âgée se précipita vers Olympe et la força à se rallonger. La blessée se débattit faiblement et marmonna qu’elle pouvait se lever.

Alors elle se leva pour aller se débarbouiller près de la fenêtre, là où la lumière dansait. Sa grand-mère lui apporta un tissu et un pichet d’eau. La blessée la remercia gentiment et commença à se nettoyer le visage, le cou et les bras. Elle empestait la sueur, sa robe de chambre était tout aussi sale que déchirée, ses ongles étaient recouverts de terre.

La grand-mère se contentait de l’observer d’un air pensif. Elle lui faisait tant penser à sa fille ... Constance. Les mêmes traits fins du visage, la longue chevelure châtaine, les yeux noisette. Depuis combien de temps ne l’avait-elle pas vue ? Dix, quinze ans ? Elle était partie alors qu’Olympe n’était encore qu’une enfant. Elle avait abandonnée titre et famille pour gouter à sa liberté.

  • Grand-mère... ? Répliqua doucement la femme, la tête penchée sur le côté.

La grand-mère sortie furtivement de ses pensées en sursautant. Elle fit une petite grimace de douleur en s’installant avec difficulté sur un fauteuil.

  • Ah mon enfant… Excuse-moi, j’étais perdue dans mes pensées. Je pensais à ta mère. Tu lui ressembles beaucoup.

Olympe se tut. Elle ne voulait pas parler de sa génitrice. Surtout pas maintenant.

Elle s’assied près de son ainée, la tasse chaude dans les mains. Il était temps de parler.

  • C’étaient des pirates. Il faisait nuit noire. Père m’avait informé qu’il avait quelques papiers à remplir. Il m’a embrassé et je suis parti me coucher. Et puis, tardivement, j’ai entendu un fracas. De bruit sourd et d’un coup une explosion. Ils ont enfoncé la porte d’entrée. Le bruit était impressionnant. Le manoir s’était mis à trembler. Des cris, des bruits de pas. Ça courait ! Oui je m’en rappelle ! S’exclama la future Comtesse en commençant à s’affoler.

Sa grand-mère posa ses mains sur ses épaules et répliqua.

  • Calme-toi mon enfant, calme-toi… Reprends doucement.

Olympe réalisa qu’elle s’était emportée et se détendit de nouveau. Elle prit sa tasse bien chaude, bu quelques gorgées bien chaudes puis reprit en reniflant.

  • Ma femme de chambre, Berthe, est venue me chercher. Elle était paniquée et ne comprenait pas bien ce qu’il se passait. Elle m’a juste dit que des criminels s’étaient introduits dans le domaine et que je devais me cacher. Ils étaient surement là pour voler notre or puis elle est partie, avec toujours cet air d’effroi…

La femme se stoppa quelques instants, le visage terne, des cernes se creusant sous ses yeux gonflés.

  • Mais je ne l’ai plus revue. J’entendais les domestiques hurlaient, des objets se briser, je ne pouvais pas me cacher et laisser des personnes s’introduire chez moi ! Alors je suis sortie de mes appartements et j’ai tenté de rejoindre Père. La porte de son bureau était ouverte et j’entendais des voix. Et... Et il était là, debout… Il parlait avec cet homme. Ce pirate. Répliqua-t-elle avec dégoût. La jeune femme pâlit en se remémorant la scène. Des perles scintillaient dans ses yeux. Elle allait s’effondrer. Prise par l’émotion, sa voix se fit plus dure et brisée. Elle articula tant bien que mal.
  • Et il l’a tué ! Son épée l’a transpercé ! J’ai vu ce sang s’empourprer si rapidement sur sa chemise… Je ne savais pas que le sang pouvait couler si vite.

Elle regardait le vide tout en racontant son récit sanglant, soudain dénué d’émotion. La grand-mère ne bougeait pas, écoutant attentivement l’histoire.

  • Il s’est écroulé au sol quelques secondes plus tard. Père est devenu si pâle que je croyais qu’il était malade… mais en fait il était train de mourir. Et je n’ai rien fait. Je n’ai pas réalisé tout de suite ce qu’il se passait, j’ai… Je voulais agir mais je n’y arrivais pas, mes membres ne voulaient pas m’obéir ! Grand-mère croyez-moi, je voulais me jeter sur cet infame monstre ! Je voulais prendre son sabre et l’enfoncer dans sa gorge. Je voulais le faire souffrir pour cet acte atroce. Mais je n’ai pas bougé et le temps parut si long. Alors je suis tombé à genoux et j’ai pleuré. Mais le pirate ma remarqué et s’est intéressé à moi. J’aurai peut-être dû rester dans ma chambre comme m’avait dit Berthe…

La vielle dame pleurait silencieusement. Elle arrivait à sentir toute la douleur de sa petite fille. Et elle voyait bien que son âme était brisée.

La jeune femme s’essuya vulgairement le nez mais laissa ses larmes inondés ses joues. Elle reprit un peu d’aplomb et répliqua.

  • Un domestique est arrivé au même moment. Il m’a prise par le bras et nous avons couru dans la maison. J’ai pu remarquer que tout était saccagé, du tableau aux pots de fleurs. Il m’a amené dehors et j’ai vu plusieurs chevaux. Trois chevaux. Ça continuait d’hurler, même dehors… ça ne s’arrêtait pas Grand-mère. Je voyais les domestiques fuir d’un côté et d’autres se faire massacrer… C’était effroyable.

Elle marqua un temps d’arrêt pour ravaler sa salive, un frisson d’horreur la parcourant. L’inquiétude se lisait sur son visage.

  • Le manoir s’est mis à bruler. Je ne comprenais pas. Je n’avais pas senti de fumée ni vu de flammes… Comment ont-ils pu mettre le feu en si peu de temps, grand-mère ? Et Père était dedans ! L’idée de le savoir entourée de flammes m’effraya. Mon corps avait réussi à bouger par soi-même et je devais aller le chercher mais Jean m’en empêcha. Il me tenait si fort le poignet et il me hurlait dessus. Il me disait que c’était trop tard et qu’on devait fuir. Mais je ne voulais pas ! Je voulais sauver mon père ! Il est tout ce que j’avais, grand-mère !

Les larmes avaient recommencé à couler et c’était une pluie d’émotions. La vieille dame la prit doucement dans ses bras et berça son corps frêle. Olympe fondit en larmes, ravagée par le chagrin. Son corps entier trembla et se rappela chaque seconde de souffrance. La seule personne qu’elle aimait vraiment venait de mourir.

Secouée de sanglots, elle se laissa aller dans l’étreinte réconfortante de sa grand-mère, pleurant son défunt père.

La pièce était animée par ces deux battements de cœur.

L’Ainée décida que la demoiselle en avait assez dit pour aujourd’hui et qu’il était préférable qu’elle se repose. Elle la ramena à son lit et la coucha. Olympe se laissa faire, lessivée. Elle ne tarda pas à s’endormir profondément.

 

Quelques jours s’écoulèrent depuis la tragédie. Olympe était resté avec sa grand-mère maternelle, dans sa vieille baraque qui longeait une épaisse forêt. La jeune femme reprenait petit à petit des forces. Elles n’avaient plus discuté de l’incident. La conversation planait toujours dans le vide. La vieille dame n’en savait pas plus mais cela ne l’avait pas empêché d’émettre quelques soupçons sur la situation.

 

Elle se posait des questions et n’attendait qu’une chose ; qu’Olympe décide de raconter la finalité de l’histoire pour comprendre la situation dans sa globalité.

Mais la jeune femme en avait décidé autrement. Elle semblait vouloir oublier cet épisode, sans doute pour accepter la réalité qu’elle affrontait désormais. Elle s’était murée dans le silence et ouvrait la bouche pour simplement dire des choses futiles.

 

Une fin d’après-midi humide, les deux compères ramassaient du bois pour la cheminée. Elles ramenèrent les morceaux à l’intérieur. Olympe tapota ses jupons pour enlever la poussière qui s’était imprégnée et soudainement, elle répliqua calmement.

  • Il y’avait d’autres pirates.

La vieille dame fronça les sourcils et se concentra pour l’écouter. Il fallait de la patience et elle s’était armée pour. Elle invita Olympe à s’asseoir. C’était plus facile de discuter en étant à l’aise. La jeune femme reprit donc après s’être installé confortablement.

  • Deux autres exactement. Jean et moi étions toujours dehors alors que la maison prenait feu. Deux hommes ont jailli, la démarche fière. Je savais que c’étaient des pirates. Leur accoutrement le prouvait. Leurs armes, leurs bottes, leurs chemises bouffantes mal lavées… L’alcool qui émanait d’eux. Ils avaient du sang sur les mains. Je n’entendais pas leur discussion mais ils riaient à gorge déployée. L’un d’eux tenait une bourse. Cela devait sans doute être l’or de Père.

Elle refreina un grognement de colère et prit une longue respiration. La grand-mère continuait d’écouter sa petite fille, très concentrée.

  • Comme je n’ai pas voulu fuir avec Jean, celui-ci est parti. Il a réussi à s’enfuir. J’étais beaucoup trop en colère pour prendre mes jambes à mon cou et abandonner Père à son sort. Alors j’ai foncé sur eux. Je n’ai pas vraiment réfléchi. Je voulais juste leur rentrer dedans. Peut-être que dans ma fougue j’aurai réussi à en blesser un.

 La jeune femme ricana légèrement.

  • Bien sûr ça n’a pas marché. Ils m’ont jeté contre le sol en se moquant de moi. Mais grand-mère vous savez… J’étais en colère. Très en colère.

Elle grinça des dents, serrant ses poings dans la foulée.

  • J’ai attrapé un débris qui trainait par la et je leur ai jeté dessus. Un des deux diables a été touché ! Au visage qui plus est. Je l’ai entendu se plaindre de douleur et ça m’a fait un bien fou. Mais ils se sont mis en colère et ils ont sorti leurs sabres. Au même moment le dernier pirate est sorti in extremis, celui qui avait poignardé Père. Ce forban s’en sortait indemne ! Pourquoi s’en sont-ils pris à nous ? Qu’avons-nous fait pour mériter ce châtiment ? Ils venaient, piller, tuer… Comme si nous n’étions rien !

La rage se faisait ressentir. Elle jaillissait dans son regard flamboyant de colère. Elle voulait les faire payer.

  • Ils se sont rués sur moi. Je n’ai pas réfléchi une seconde de plus. Je devais fuir sinon ils me tueraient à moi aussi. J’ai alors couru dans la forêt. J’ai pu prendre un peu d’avance car ils devaient récupérer leurs chevaux. Et… J’ai atterrit chez vous grand-mère. Je n’ai pensé qu’à cet endroit à ce moment-là. La ville était trop loin. Vous étiez mon seul espoir de survie.

Sa colère s’était apaisée et elle regardait sa grand-mère avec une affection particulière.

La vieille femme lui sourit en retour et caressa sa joue avec délicatesse. Elle murmura.

  • C’est normal mon ange. Je suis ta famille.
  • La seule désormais, souffla tristement l’orpheline.

La vieille dame émit un soupir attristé.

  • Désormais tu es seule et il est grand temps que tu saches la vérité. Je vais te parler d’un secret que nous t’avions tous caché, ton défunt père, ta mère et moi.

Olympe ne sembla pas comprendre les propos de sa grand-mère. Elle fronça les sourcils et la regarda d’un air interloqué.

  • Que racontez-vous grand-mère ? Avez-vous perdu la tête ?
  • Oh non ma colombe, bien au contraire… Cela fait fort longtemps que ce fardeau me pèse. Mais tes parents n’ont jamais voulu aborder ce sujet. Ils disaient que c’était pour ta sécurité… Mais je savais que ce genre de chose pouvait arriver à tout moment. Oh Dieu qu’ils ont épargné ton enfance, j’en suis si reconnaissante au Seigneur !

La vieille dame posa ses mains sur son cœur en soupirant de soulagement. Olympe se leva et regarda sa grand-mère, totalement perplexe.

  • A présent ton Père est décédé, tu es livrée à toi-même et tu vas devoir prendre des décisions. Je veux que tu agisses en toute connaissance de cause. Lorsque tes parents furent mariés, ton Père ignorait quelques petites choses au sujet de ta mère. Il ne savait pas encore qu’elle était très indépendante et qu’elle n’avait jamais voulu se marier. Encore moins fonder une famille…

L’Ainée roula des yeux en prononçant sa phrase.

  • Mais quelques mois après le mariage, ta mère tomba enceinte. De toi. Et elle lui avoua la vérité. Elle lui expliqua qu’elle était une vagabonde, une solitaire qui aimait voyager... Qui... Aimait prendre la mer… Car elle était une pirate.

Elle avait prononcé sa dernière phrase en regardant la jeune femme, une certaine hésitation dans voix, redoutant sans doute la réaction de sa petite fille. Celle-ci ne se fit pas attendre. Elle éclata d’un rire nerveux, une main posée sur la poitrine. Elle regardait sa grand-mère comme si elle était la folle du village, celle dont tout le monde se moquait car elle racontait des histoires qui ne tenaient pas debout. Commençant à se balader nerveusement dans la petite pièce étroite, elle secoua la tête dans tous les sens.

  • Tu… Que racontez-vous donc, grand-mère ? Ma mère une pirate ? O grand Ciel, je n’ai jamais entendu de telles sottises !
  • Libre à toi de ne pas me croire Olympe mais c’est la vérité. Ne t’ai jamais tu demander pourquoi ta mère avait fui cette famille ?
  • Bien sûr que si. Elle est partie car elle n’était tout simplement pas capable d’assumer son rôle de mère et d’épouse. Elle a dû se trouver un paysan et partir vivre avec à Paris, que sais-je ! Ce n’est qu’une infame égoïste.

La vieille âme ne réprima pas un hochement de tête affirmatif à la question. Elle souffla à sa petite fille.

  • Les pirates sont égoïstes. Elle vous a abandonné toi et ton père pour repartir en mer.

Olympe continuait de pousser des petits rires ironiques, totalement incrédule. Elle croisa les bras et se tourna vers sa grand-mère.

  • Pourquoi avoir épousé Père dans ces cas-là ? Pourquoi avoir fait semblant de vivre une vie heureuse pendant toutes ses années ? Pourquoi m’avoir mis au monde ? Cela n’a pas de sens !
  • Eh bien, pour être honnête, je l’ignore. Bien sûr j’avais toujours encouragé ta mère à vivre une existence classique auprès de la société. Se construire un avenir en épousant un homme de bonne éducation, donner un héritage… J’ai bien remarqué qu’elle avait réussi durant ces années. J’ignore pourquoi elle est soudainement partie. Je ne l’ai pas revu depuis, mon ange.

La jeune femme fronça les sourcils, contrariée par cette nouvelle déplaisante. Elle se posta devant la cheminée.

  • Et père était-il au courant des aventures de sa prétendue épouse ?
  • Bien sûr. J’allais y venir vois-tu… Ta mère l’a informée dès qu’elle a appris sa grossesse.

Olympe tourna la tête, étonnée.

  • Et ensuite ?
  • Ensuite ton père l’a accepté tout simplement. Tu le connais, c’était un homme assez ouvert d’esprit et très tolérant. Bien qu’il se doutât des intentions de sa femme, il avait accepté. C’était un homme bon.

L’orpheline regarda tristement le feu qui crépitait dans la cheminée.

  • Pourquoi n’est-elle pas partie à cet instant ?
  • Mais voyons Olympe, tu étais là. Elle venait d’apprendre qu’elle portait la vie. Bien que de nature égoïste ta mère n’a pas su se résoudre à te laisser alors que tu n’étais même pas encore née. Je pense que tu te doutes de la suite ; elle s’est portée d’affection pour toi et a repoussé l’échéance de son départ.

 

Olympe se retourna, pleine de question et d’incompréhension. La colère la gagnait.

 

  • Comment aurait-elle pu être une pirate, grand-mère ?! C’était une femme ! Qui plus est, les pirates sont des êtres abominables qui sèment le chaos ! Ils détruisent tout ce qu’ils touchent.

L’ancêtre plissa les yeux, sceptique.

  • Tu sais très bien que c’est faux Olympe. Ils ne sont pas que ça. Ils sont ce que ta mère a toujours voulu. La liberté mon ange. Elle aimait être libre, choisir sa propre destinée. Et ce n’est pas pour autant qu’elle s’est amusée à devenir une abomination. Elle reste ma fille et je la connais… Elle voulait simplement goûter à un souffle nouveau.

Olympe secoua de nouveau la tête, ne voulant pas croire un traite mot des paroles de sa grand-mère.

  • Non non non… C’est impossible.

La vieille âme soupira et attrapa sa canne qu’elle laissait toujours à proximité d’elle pour ensuite se diriger vers un vieux coffre qui servait de débarras. Elle en ouvrit le contenu et fit signe à Olympe de la rejoindre. Celle-ci s’exécuta, méfiante mais intriguée. La grand-mère sortit un vieux journal cerné de poussière. Elle tapota dessus et en ouvrit le contenu. Olympe souffla.

  • Qu’est-ce dont ?
  • Le journal de Constance.

Entendre le prénom de sa génitrice donna une sensation étrange à la jeune femme. Elle plissa les yeux, attendant la suite.

  • Elle écrivait beaucoup lorsqu’elle était jeune. Dedans se trouve le récit de ses histoires en mer. Ses aventures, ses mésaventures, tout son parcours. Cette sotte l’a oubliée lors de sa dernière visite, se moqua la vieille dame en levant les yeux au ciel.

Olympe regardait la vieille dame avec de gros yeux. Celle-ci se reprit en riant légèrement.

  • Oh ne t’en fais pas, je ne me suis jamais permise de le lire. Ton grand-père m’aurait battu pour cela !
  • Grand-père ?
  • Eh oui mon ange. Mon défunt époux n’est pas innocent dans le parcours de ta mère. Elle est devenue ce qu’elle est à cause de lui.
  • Je ne comprends pas.

 

L’Ainée sortit de vieux pistolets roués de la male. Elle prit un chiffon pour les essuyer.

 

  • Penses-tu que ta mère est devenue pirate du jour au lendemain ? Mon enfant. Ton grand-père était pirate et il l’a initié.

Olympe écarquilla les yeux sous la nouvelle, sous le choc. Elle recula d’un pas, hébété.

  • C-Comment cela ? Il… Elle… Comment ?

La vieille âme eut le regard vide comme si elle recherchait des souvenirs. Elle souffla.

  • J’ai rencontré ton père, qui alors à ce moment-là, n’était qu’un simple marin. Nous n’avions pas beaucoup d’argent. Je suis tombé rapidement enceinte et il fallait nourrir ces trois bouches. Un beau jour il est revenu d’une longue mission et m’a affirmé qu’il comptait devenir corsaire. Il continuerait à prendre la mer mais son statut aurait évolué. Nos bourses seraient plus volumineuses. Ainsi, la famille se porterait mieux.

Elle s’arrêta un instant pour reprendre sa respiration et reprit dans le même ton neutre qu’elle abordait depuis le début.

  • Les mois passaient et il s’était avéré vrai. Notre situation financière s’améliorait. Je pouvais envisager de donner une bonne éducation à nôtre fille. Puis un jour il est revenu blessé et fou de rage. Il haïssait les agissements de ces supérieurs, qui soi-disant abattaient des navires innocents, transportaient des nègres pour ensuite les revendre à des hommes fortunés. Il m’a expliqué que la Marine n’était que corruption et faisait honte à nôtre si bonne Angleterre. Alors il a pris une décision…Devenir pirate. Pour lui. Il a quitté la Marine, acheté un navire, monter un équipage et prit la mer. J’ai acquiescé à tout cela. J’avais confiance en lui. Alors j’ai commencé à prendre la mer avec lui. Bien sûr en ma présence et celle de nôtre fille, qui n’était encore qu’un nourrisson, il n’a jamais opté pour la violence lors de certaines confrontations. J’ai pu… Disons… profiter des bons côtés de la vie qu’il me proposait.

Elle esquissa un sourire nostalgique en repensant à ces jolies aventures.

  • Mais vois-tu ma chérie, ma place était sur terre. J’aimais ma petite maison, mon petit village. Et je ne voulais pas élever Constance dans un univers masculin, remplit de violence. Alors je l’ai gardé auprès de moi. Bien entendu son père venait la voir régulièrement et il lui faisait découvrir son monde. Nous avions trouvé un compromis. Et nous étions heureux.

 

Olympe écoutait attentivement, étrangement calme. Elle buvait les paroles de la vieille dame. Cette histoire semblait visiblement lui plaire. Elle avait l’air d’avoir accepté les choses. Le déni l’avait quitté.

 

  • Si vous étiez si heureux, pourquoi n’a-t-elle pas produit le même schéma avec père et moi ?

La vieille dame semblait contrariée par sa question ; elle ne savait pas quoi répondre.

  • Je l’ignore, ma douce.

Le bout de femme se mordit la lèvre. Elle retourna s’asseoir près de la cheminée, tenant le journal de sa mère dans les mains. Sa grand-mère la suivit et posa une main sur son épaule.

  • Constance est une femme complexe. Je n’ai jamais su la cerner, même si elle était ma fille. Elle était impulsive. Elle a peut-être décidé d’agir ainsi mais l’a aussitôt regretté. Il était trop tard et l’a fierté la tenue dans ses retranchements. Et puis… Elle savait très bien que ton père s’occuperait bien de toi, bien plus qu’elle aurait été capable de le faire.

La jeune femme hocha doucement la tête, acceptant enfin la réalité et ce passé qu’elle ignorait. Elle caressa doucement le journal abimé, les yeux dans les vagues. Elle venait donc d’une famille de pirate, elle qui avait toujours été bercé par la richesse et le confort d’une vie d’aristocrate. Mais elle comprenait à présent pourquoi elle avait ce sentiment d’oppression depuis son plus jeune âge. Pourquoi la vie dans un manoir ne l’avait jamais satisfaite, pourquoi elle s’attardait lorsqu’elle marchait près d’un port, pourquoi les discussions des Milord et Lady ne l’intéressait jamais. Elle n’avait jamais été faite pour cette vie. Mais à présent elle comprenait. Et cela remit tout en question.

 

Elle leva la tête vers la vieille âme, plus aucune lueur de désespoir dans le regard. Les traits impassible et le menton levé, elle déclara.

  • Je vais me venger. Je vais retrouver ces pirates et laver l’honneur de Père. Je vais prendre la mer et devenir pirate, à mon tour, comme l’ont été mes prédécesseurs.

Son regard était déterminé. Elle respirait la confiance et quelque chose de profond émanait d’elle. Était-ce par pur vengeance qu’elle décidait de changer de vie ? Ou bien la mort de son paternel l’avait poussé à réaliser un rêve enfoui au plus profond d’elle ? Sa décision était prise. Elle prendrait la mer, peu importe ce qu’il fallait sacrifier désormais. Elle n’avait plus rien à perdre.

 

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Maëlys
Posté le 22/11/2022
Coucou ! J'ai beaucoup aimé ce chapitre, il est très prenant. Je te mets en dessous les fautes d'orthographe/grammaire que j'ai relevées (si ça t'intéresse il y a un correcteur que j'utilise sur internet qui s'appelle scribens il m'aide pas mal !)
son coeur était meurtit -> meurtri
Des minutes s’étaient écoulé -> écoulées
revivant la scène qui s’était déroulé -> déroulée
Le père et la fille Fiennes vivait -> vivaient
Mais elle n’était toujours pas mariée alors que la majorité l’avait atteint depuis déjà quelques petites années…-> alors qu'elle avait atteint la majorité depuis déjà quelques années ?
Le poids de la famille l’avait forcé à refreiner ses envies et acquiescer -> refréner et à acquiescer ?
ses roulades rocambolesque qui s’était terminé -> rocambolesques qui s'étaient terminées
Alerté par un son nouveau, la personne âgée -> alertée
Elle lui faisait tant pensée à sa fille -> penser
des criminels s’étaient introduit dans le domaine -> introduits
des objets se brisé -> briser
Son épée la transperçait -> l'a transpercé
J’ai vu ce sang s’empourprait -> s'empourprer
Je voulais prendre son sabre et l’enfonçait -> l'enfoncer
La pièce était animée par ses deux battements de cœur. -> ces
Elle s’était murée de silence -> dans le silence
le dernier pirate est sorti in extrémiste -> in extremis
La vieille dame émit un soupire attrister. -> soupir attristé
tu es livré à toi-même -> livrée
alors que tu n’étais même pas encore né -> née
transporter des nègres -> transportaient
la fierté la tenue -> l’a
Son regard était déterminant -> déterminé ?
Voilà :) Bonne continuation
Ellegrisone
Posté le 22/11/2022
Hey ! Merci beaucoup !! Sur Word malgré la correction ça ne m’affiche pas tout. Je cherchais une autre solution pour tout corriger, merci pour l’info. Je vais faire les modifications :)
J.J.Canovas
Posté le 13/11/2022
J'ai beaucoup aimé ce chapitre 1. On s'attache très rapidement à l'héroïne et j'espère que le chapitre 2 arrive bientôt pour découvrir ses aventures !
Ellegrisone
Posté le 24/11/2022
Merci beaucoup pour ce commentaire ! Le chapitre 2 est sorti, si ça t’intéresse. :)
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