Chapitre I

Par Soah
Notes de l’auteur : Ceci est le premier jet des Objets Maudits. N'hésitez pas à me dire si vous voyez des coquilles ou des carabistouilles ! J'espère que cette histoire vous plaira <3

Le parfum du thé que l’on boit à l’heure du goûter me revint en mémoire. Cette odeur s’accordait parfaitement avec celle de la pluie. C’était étrange, car, je ne me rappelais pas en avoir consommé un jour. Janus déclarait que cette boisson était l’apanage des riches et des oisifs, de ceux qui pouvaient s’offrir le luxe d’une collation. Elle préférait les arômes puissants et revigorants du café, par conséquent j’en ingurgitais également, bien malgré moi. Derrière mes paupières closes, je vis le voile de fumée d’une tasse danser, la lumière modelant les volutes comme un sculpteur les mains dans la terre glaise. Sur le toit de la roulotte, l’averse tombait sans discontinuer.

— Novem, tu ne devrais pas somnoler comme ça, articula Janus en tournant le buste vers la banquette.

— Il faut bien qu’il y ait un avantage à ce que tu m’accompagnes comme si j’étais toujours un bébé, argumentais-je d’une voix enrouée sans pour autant ouvrir les yeux.

— Oh, tu es encore là-dessus ? Tu vas bouder longtemps ? Ne t’es-tu pas dit que je pouvais être nostalgique de te voir appliquer mon savoir ? Ou bien que moi aussi, j’avais à faire dans la région ? Et puis, est-ce si terrible que d’être en ma compagnie ?

— Tu diras ça à Aug et Septem, grinçais-je en me retournant sur le lit de fortune.

Le rire de Janus s’envola, se fracassant contre l’orage qui tonnait au loin. Dans un soupir, je me levai pour me placer à côté d’elle, dans la nacelle. Quelques gouttes tombèrent sur ma capuche dans un bruit sourd avant de rouler contre la fourrure qui la bordait. Tout autour de nous, la campagne de Catelune se dessinait. Les champs à présent nus s’esquissaient comme de tristes orphelins maintenant que la saison des moissons s’achevait. Déprimant était le seul et unique qualificatif qui me venait à l’esprit.

Nous cheminions depuis quelques jours vers le Nord du pays, près de la frontière avec l’Empire d’Estien. Là, tout me paraissait délavé et les nuages qui gonflaient le ciel n’aidaient en rien cette situation. Dans ces régions éloignées de la capitale, nombreux étaient ceux qui déploraient la fin du protectorat sous lequel nous vivions il y avait encore une vingtaine d’années.

— J’espère qu’on ne traînera pas trop dans le coin, commentais-je en appuyant ma joue contre mon poing.

— Roseronce te manque déjà ? C’est surprenant, nota Janus en gardant les yeux rivés sur la route boueuse.

— Non, pas spécialement. C’est juste triste à mourir, ici.

Nous arrivâmes dans le bourg de Gottingheim, en même temps qu’une accalmie. Bâtisses et maisonnettes serrées paraissaient déverser un flot de morve sinistre sur les pavés. Les cloches de l’église sonnaient encore midi lorsque Janus déplia la devanture de la roulotte. Notre enseigne, peinte dans des couleurs clinquantes et embossées d’or, criait en lettre capitale que nous étions des antiquaires. Quelques panonceaux supplémentaires mirent en lumière les services dispensés, augurant fortune à quiconque nous revendrait des objets anciens.

Aussitôt, quelques passants s’avancèrent, regardant avec curiosité l’étrange attelage, surtout la promesse d’une abondance aussi facile. Qu’est-ce que Janus avait encore en tête ? Cette bourgade paumée du Nord n’offrait rien, pas même un sourire, me demandais-je en finissant de tout installer au niveau du comptoir de la roulotte. Tandis que mon attention filait parmi la maigre foule depuis l’arrière de la caravane, je ressentis quelque chose de différent. La peau de ma main droite se mit à tressaillir, chatouillant mes veines, titillant mes tendons, vibrant contre mes os. Je retirais ma mitaine, dévoilant l’éclat rubescent des tatouages qui s’étendaient là.

— Tu ferais bien de t’y mettre si tu veux que nous rentrions rapidement, observa Janus en s’appuyant contre le comptoir.

— Tu chasses avec moi ? demandais-je en descendant de la roulotte.

— Non, je n’ai ni le goût de me salir ni l’envie de courir et puis, si je fais ça, tu vas vraiment croire que je suis venue uniquement pour te materner.

La laine retrouva le contact de ma peau alors que je resserrai un peu plus ma capuche, tâchant de me souvenir au mieux des informations quant à la situation qui nous avait menés jusqu’ici.

Depuis quelques semaines, Gottingheim se voyait être le théâtre de curieux phénomènes. D’après la gazette de Roseronce et les récits glanés le long de la route, des enfants se soustrayaient subitement à l’attention de leurs parents pour ensuite se comporter d’une étrange manière. Certains buvaient quelques verres, tandis que d’autres tentaient de solliciter une entrevue avec une prostituée ou bien jouaient leurs boutons de culotte aux cartes. Néanmoins, une gosse avait disparu. Un autre petit l’avait rejoint, il y avait trois jours de cela.

Un spasme agita férocement mon poing serré alors que je tournais dans un boulevard, laissant mes pieds traîner en longeant le fil du hasard. Il était tout proche. Mon regard se porta sur tous les gamins de la rue. Parmi les rires et les conversations, une silhouette piqua mon attention. Immobile, comme une statue, un marmot à l’apparence bourgeoise ne semblait pas vouloir poursuivre sa route en compagnie de sa mère malgré les coups secs de son bras. Il s’observait dans une flaque d’eau. Ma gorge se serra tandis que mes doigts jouaient avec les coutures de mes mitaines.

L’enfant retourna alors vivement la tête. Ses lèvres se retroussèrent sur ses dents comme s’il était un loup, présentant ses canines immatures et ses incisives manquantes. Le blanc de ses yeux engloutissait ses pupilles. Juste au-dessus de son col soigné, les marques noires de la corruption grignotaient et gonflaient ses veines.

— Léopoldo ?! Que t’arrive-t-il mon poussin ? Tu es malade ? Réponds-moi ! s’écria sa mère en tombant à genoux.

— Pourquoi suis-je en vie ? Pourquoi moi ? articula la mâchoire de l’enfant.

Sa voix me donna la chair de poule. S’il demeurait en moi une parcelle de doute, celle-ci venait de s’éteindre alors que deux bois de cerfs d’un blanc immaculé poussaient sur le sommet du crâne du possédé.

— Éloignez-vous, il est dangereux ! hurlais-je en courant dans leur direction.

La mère de famille me considéra avant de reporter son attention sur son fils qu’elle lâcha immédiatement, réalisant brutalement que le petit Léopoldo n’était plus qu’une coquille vide, le réceptacle d’une conscience obscure et avide d’expulser son ressentiment.

Ma capuche glissa, dévoilant les deux bois grisâtres qui perçaient ma peau alors que mon instinct de Chasseur s’éveillait. La noirceur de la laine de mes gants ne put cacher les lueurs des marques de l’aubépine sur mon avant-bras. Un cri résonna dans toute la rue. Il gagna soudainement le reste des badauds qui s’enfuirent, hurlant un seul et unique mot : Rancura.

 

*

 

— Qu’est-ce qu’on va en faire ? m’enquis-je en me retournant vers Janus depuis la banquette que j’occupais dans la roulotte.

— C’est une boîte à chiquer grossière. Il y avait des mines dans le coin. Elles ont fermé suite à un accident, il y a une dizaine d’années. Des enfants ont dû y jouer et la trouver. C’est triste à dire, mais, une babiole de ce genre, ça ne vaut rien et elle est trop dangereuse pour un de mes petits tours, commenta-t-elle en réajustant ses demi-lunes.

J’observais le métal usé et éraflé, des initiales – aujourd’hui illisibles – avaient été gravées. Pour celui à qui cet étui avait appartenu, cette boîte devait représenter tant de choses. Assez en tout cas, pour créer un Rancura. Entendre Janus dire qu’elle ne valait pas un clou me peina. À l’intérieur, à la place du snus(1) quelqu’un y avait glissé une petite plume, une bille en verre et ce qui avait dû être, un jour, une violette.

— Tu peux la garder si elle te plaît, le Rancura s’est rendormi. Sinon, cette boîte finira dans le coffre avec les autres, déclara Janus en désignant une épaisse malle métallique à l’arrière de la roulotte.

— Je préfère laisser l’esprit profiter des trésors qui y résident. Qui sait, dans quelques années et après un bon nettoyage, peut-être qu’elle pourra aussi servir à l’une de tes arnaques.

Janus me décocha un clin d’œil avant de rouvrir la devanture. Quant à moi, je glissai de mon siège pour aller placer notre nouveau pensionnaire dans le coffre. À l’intérieur, des objets rares et précieux se mélangeaient à des petits riens, mais tous avaient un point commun : cette pulsion, ce charme indéniable pour quiconque était assez faible pour se laisser tenter et y mettre la main. Certains – pas forcément les choses les plus onéreuses, d’ailleurs – étaient emmaillotés dans du papier de soie, frappé de l’ordre des Chasseurs et rangé à part. Je me gardais bien de les approcher, car même quelqu’un avec la Marque pourrait leur succomber, comme ceux-là avaient goûté le sang humain.

— Tu sais, je ne crois pas que ton échoppe va attirer grand monde aujourd’hui encore, maugréais-je en me réinstallant sur le lit.

— Qu’est-ce qui te fait présumer de cela ?

En guise de réponse, je basculais la tête dans sa direction et relevait quelque peu l’ourlet de ma capuche. Les bois avaient disparu, ils s’étaient repliés à l’intérieur de mon crâne une fois la purification de l’enfant terminé. Néanmoins, à l’orée de mes cheveux, il restait la marque rosée et circulaire de leur présence. Je replaçais mes mèches sur mon front d’une main distraite. Janus fronça le nez, mais ne sembla pas s’inquiéter plus que cela du fait qu’ils m’aient vu.

— Les Chasseurs ne sont peut-être pas légion ici, mais tu as sauvé le gamin avant-hier. Et crois-moi, ça, c’est bon pour les affaires.

Bien que j’éprouvais un fort désir de considérer cela comme vrai, l’expérience m’avait déjà démontré le contraire. Je levai le nez, observant les lattes du plafond. Une goutte d’eau glissa entre deux morceaux du toit et s’écrasa sur le sol. L’ennui et la fatigue me grignotaient les paupières.

— Ça te dérange si je dors un peu ? lançai-je avec un bâillement.

— Est-ce que tu seras capable de rester calme ?

— Pourquoi cette question ? sifflai-je dans un grondement guttural.

— Tu sais pourquoi. Alors, si tu ne peux pas te tenir tranquille, je pense que tu ferais mieux de t’occuper l’esprit. Lis, promène-toi ou fais quelque chose de tes mains. La journée s’achève bientôt, tu peux patienter jusque-là, tout de même, trancha Janus dans un sévère claquement de la langue.

Je pinçai mes lèvres entre mes dents, retenant le flot d’injures et de méchancetés qui me venait en tête. La Marque des Chasseurs vibra soudainement sous le joug de mon agacement. Mes doigts se crispèrent sous les spasmes furieux que l’encre rouge induisait. Le bruit sourd de mon sang battant la mesure dans mes oreilles me parut effroyable ; pulsation régulière et sombre qui me dictait de fracasser tout ce qui se trouvait à ma portée. Une douleur vive gagna les muscles de mon bras, remonta dans ma poitrine. La colère que j’éprouvais se mua en peur et brusquement, tout cessa. Je glissai une main dans ma nuque couverte de sueur, ma propre odeur me fit froncer le nez.

Janus roucoulait à s’en fendre la voix, offrant quelques mots suaves à des passants qui ne s’arrêtèrent pas pour autant. Je ne ressentais aucune fierté lorsqu’elle rangea les panneaux, résignée. Nous repartîmes le lendemain, à l’aube après avoir trouvé un panier de provisions à notre porte ainsi que quelques pièces d’or pour le service rendu.

 

*

 

Toute la maison trembla alors que le premier train du matin passa furieusement juste à côté. Le voile sombre des soupirs de la locomotive masqua le soleil avant de s’évaporer. Quelques secondes plus tard, les gémissements des tuyaux de la baignoire retentirent. Le corps toujours leste du sommeil, je quittai mon lit, enfilai uniquement ma veste qui tombait jusqu’à la moitié de mes cuisses et me traînais en direction du salon. Les volets étaient déjà ouverts, laissant le jour rentrer et conviant les conversations des Roseronçois les plus matinaux à l’intérieur. Sur le poêle central, la cafetière sale sembla me juger. Une bulle d’eau aux reflets ambre explosa contre son bec tandis que l’appétente – mais aussi écœurante – odeur du petit déjeuner s’élevait de la cuisine.

Tablier noué autour de la taille, ses cheveux blonds rassemblés dans un chignon brouillon, Janus surveillait la cuisson des tranches de lard. Je l’observais en silence. Mes souvenirs commençaient avec elle, lorsque j’avais environ une dizaine d’années. Lassée de devoir m’interpeller en utilisant toujours les mêmes mots impersonnels, Janus m’avait offert un prénom. Je ne la considérais pas comme ma mère encore moins comme une amie, mais elle m’avait tout appris, elle m’avait donné une vie. Aussi étrange fut-elle.

— Tu pourrais au moins me dire bonjour au lieu de me fixer comme ça, tu sais, articula-t-elle d’une voix éraillée, en remuant une la viande dans la poêle.

— Bonjour, Janus. Je crois qu’on va manquer d’eau chaude ce matin, commentai-je en prenant place devant la table.

— Septem et Aug ont pris la salle de bain d’assaut ? En même temps, ça ne m’étonne pas. Les jumeaux étaient particulièrement grognons que tu te prélasses dans un bain jusqu’a minuit, hier, après notre retour. Comment veux-tu tes œufs ?

Je maugréais une réponse évasive, n’ayant que très peu d’intérêt pour le sujet avant de reposer mon front contre le bois du meuble. Les couverts tintèrent et la porcelaine d’une assiette claqua. Depuis ma capuche, j’observais la nourriture. Sur le rose de la chair du lard, une fine pellicule de gras luisait, le soleil brillait dans le jaune encore cru des œufs sur le plat. Janus glissa une tasse de café qui avait connu une existence mouvementée dans ma direction.

— Mange donc, ça va refroidir.

— Je n’ai pas faim, grimaçai-je en faisant la moue.

— Tu ne prives que ton estomac, tu sais. Tu devrais prendre des forces, observa-t-elle en s’installant avant d’allumer son porte-cigarette.

La fumée du tabac s’invita dans la pièce, ajoutant sa saveur piquante à la graisse stagnante. Du bout des doigts, je tirais l’assiette vers moi et commençais à picorer ce qui m’avait été servi. Malgré le grognement plaintif de mon estomac, ma gorge nouée m’empêchait d’avaler l’entièreté de mon petit déjeuner.

— J’ai encore fait ce drôle de rêve, murmurai-je en délaissant mon plat, consommé de moitié.

— N’y pense plus. Ce n’est qu’un songe, répliqua Janus en mordant dans le morceau de lard que je n’avais pas terminé.

— Et si c’était plus que ça ? Peut-être que je devrais aller à l’Ouest.

— À l’Ouest ? Vers la Lande ? Pourquoi cette direction ? Je croyais que tu détestais cette région, je cite « pleine de brume, et de moutons acariâtres », avança-t-elle après avoir repris une bouffée de tabac.

— C’est toi qui dis ça et je ne sais pas. J’ai l’impression que quelque chose m’y attend. Je sais que tu vas me dire que c’est mon imagination, mon esprit qui n’aime pas les vides et qui cherche de quoi combler les manques, mais je t’assure que c’est différent. Ça vient de là, déclarai-je avec ferveur tout en posant ma main de Chasseur sur ma poitrine.

Janus ne répondit rien, ses lèvres pincées sur le métal doré de son fume-cigarette. Ses yeux se plissèrent comme ceux d’un chat suspicieux juste avant qu’elle ne recrachât la fumée, voilant son expression dans la brume. Je plongeais mon regard dans le sien.

— La Marque a grandi ? finit-elle par demander, sombre.

— Non.

— Puisque cela te rend si prolixe, je suppose que si une affaire se présente à l’Ouest, tu pourras y rester plus longtemps et suivre ta piste, quelle qu’elle soit. Cependant, garde à l’esprit que je ne laisserais pas ma pièce maîtresse prendre des vacances comme bon lui semble.

— Merci Janus, soufflai-je en esquissant un maigre sourire, mais ce n’était pas Decem ta pièce maîtresse ?

L’escalier craqua soudainement sous les pas pressés des jumeaux. Leurs frimousses encore luisantes du bain brillaient et l’odeur de leurs vêtements fraîchement lessivés gagna tout le salon. Sur leurs pommettes ainsi que sur leurs bouches couraient leurs Marques de Chasseurs. Lorsqu’ils s’approchèrent de moi, les dessins sur leurs peaux se mirent à scintiller faiblement. L’encre de leurs tatouages vibrait dans une nuance vert d’eau qui se mariait parfaitement avec l’espièglerie qui s’épanouissait chez eux. Ma main, elle, demeura inerte.

— Bonjour Janus, bonjour Novem, dire-t-ils de concert avant de s’assoir.

— Vous avez bien dormi, leur demanda Janus tout en leur servant le repas.

— Oui, merci. Tenir la boutique, ce n’est pas trop notre fort. Nous sommes soulagés que tu sois revenue, répondit Septem pour le duo.

Je n’écoutais que d’une oreille distraite la conversation, laissant mon esprit s’échapper par la fenêtre. Un nouveau train passa, vrombissant. Les murs tremblèrent, on entendit le claquement sinistre des assiettes dans les placards. Un cadre, pourtant vigoureusement cloué, se désaxa. Du bout des doigts, je rattrapais le verre d’Aug qui manqua de se fracasser par terre. Le garçon me dévisagea avant de me sourire, puis il retourna à l’engloutissement de son petit déjeuner.

Le nez allongé du postier apparut soudainement au rebord de la grande fenêtre. Les deux enfants plantèrent immédiatement leur attention sur lui. Depuis de longues années, Gontran était fou amoureux de Janus. De fait, il ne manquait jamais une occasion pour qu’elle le remarquât. Cette façon était sa dernière trouvaille : il nous délivrait journaux et missives, en grimpant contre les caisses qui traînaient dans l’arrière-court ou bien en escaladant la gouttière qui menait au balcon adjacent avant de s’inviter à notre repas du matin. Ce petit jeu durait depuis au moins deux mois. Ses joues rougies par les sentiments et ses efforts amusaient les jumeaux, alors Janus le laissait faire.

— Bien le bonjour aux antiquaires extraordinaires ! lança le postier d’une voix joyeuse, bien qu’essoufflée.

— Oh, c’est vous Gontran ? Quel bon vent vous amène ce matin ? roucoula Janus tout en servant une tasse de café supplémentaire.

— Ma tournée, pour sûr, puisque vous avez reçu du courrier et puis profité de votre compagnie, formula-t-il après une gorgée.

Je lui décochais un regard presque mauvais. Mon opinion de lui n’était ni reluisante ni piètre, mais je n’appréciais pas toute l’attention dont il nous couvait. Il savait très bien qui nous étions. Bras croisés sur la poitrine, je me balançais sur ma chaise avant de me lever pour regagner l’étage. Un gargouillis de Gontran m’arrêta alors que je posai le pied sur la marche.

— Novem, attends s’il te plaît. J’ai une lettre pour toi, s’empressa de dire le postier en fouillant dans sa sacoche.

Le courrier qu’il me tendit était des plus banal. Une enveloppe simple, de couleur crème avec le cachet de cire des services postaux. Je m’en saisis d’un geste sec et l’ouvrit aussitôt. Le scellé se brisa en morceau et j’entendis le son d’un impact sur le parquet. Mon cœur s’arrêta à l’intérieur de ma poitrine lorsque je lus l’entête. Le teint vert, je levai le nez vers Janus et lui confiais la lettre sans un mot. Les sourcils froncés, elle délaissa immédiatement café et tabac pour parcourir les quelques lignes.

— Par tous les saints et les démons, souffla Janus en se passant une main sur le visage.

— Qu’est-ce qu’il y a ? Ne fais pas tant de mystères, Janus ! Dis-nous, dis-nous ! pépia Septem en se retournant sur sa chaise.

— La reine en personne requiert la présence de Novem à la court. Même s’il s’agit d’une invitation, la formulation ne laisse pas de doute quant à la réponse à apporter.

— Je m’en doutais en ayant vu le cachet, mais c’est une nouvelle formidable pour votre échoppe, n’est-ce pas ? s’extasia Gontran.

— Il va falloir que nous nous occupions de ta tenue, Novem. Tu ne peux pas t’y rendre comme ça ! renchérirent les jumeaux en quittant immédiatement la table pour ensuite filer à l’étage.

— Y a-t-il une date et une heure pour cette rencontre ? demandai-je après un soupir.

— Ma foi, il est juste dit que sa gracieuse altesse t’attend au plus vite. En vue du jour d’envoi qui est d’hier soir, je devine qu’elle compte sur une visite dans la matinée, observa Janus en retournant la feuille de papier.

— Je devrais y aller sans tarder, dans ce cas, articulai-je en réajustant ma veste sur mes épaules.

— Veux-tu que je t’accompagne ?

D’un signe de la main, je réfutais sa proposition et quittai la demeure après avoir enfilé un pantalon qui séchait sur la corde à linge. À peine eus-je refermé la porte d’entrée que j’entendis une plainte indignée s’échapper de l’échoppe. Je m’éloignais d’un pas vif, craignant que les jumeaux ne me déshabillent en plein milieu de l’allée. Une fois assez loin de la boutique, je ralentis, profitant de la foule encore timide dans les avenues de la capitale.

Le printemps arrivait et les jardinières des demeures à colombages bourgeonnaient discrètement. Le parfum des fleurs s’invitait dans les rues, rafraîchissant l’atmosphère et parant les Roseronçois d’un sourire enjoué. Certains badauds me regardèrent de travers ; des enfants aux yeux sablonneux chuchotant sur mon passage. Petit à petit, maison après maison, la silhouette lilas du château se dessina à l’horizon. Entourés d’anciennes douves transformées en jardin aquatique, les mâchicoulis semblaient se mirer à l’intérieur tandis que l’architecture la plus récente s’élevait, par la pierre et le bois, vers le ciel avec des toits de tuiles violines.

Je ne venais que très rarement dans ce quartier, préférant le confort et la tranquillité de notre repère ou bien les abords bucoliques de la Volta qui s’écoulait non loin de chez nous. Par ici, une ambiance étrange flottait comme si les nobles et leurs plus fervents partisans essayaient de réparer les blessures causées par l’Empire sans pour autant pouvoir suturer la plaie.

— Halte ! veuillez décliner votre identité ainsi que la raison de votre visite, déclara un garde d’une voix forte alors que je me présentais devant la porte centrale.

— Je viens au palais à la demande de Sa Majesté la reine. Je dois être sur la liste des visiteurs de la journée, je suis Novem, pupille de Janus d’Astigny, l’antiquaire Chasseresse, affirmai-je depuis les ombres de ma capuche.

— Je vous prie de patienter pendant que nous vérifions ces informations ! enchaîna-t-il alors, droit comme un piquet.

Il tendit la main, m’intimant ainsi de lui donner mes papiers de Chasse. Je m’exécutai puis le soldat les confia à un coursier royal. Un jeune page en livré mauve poudreuse arriva quelques minutes plus tard, les joues rouges et le souffle court. Il se haussa sur la pointe de ses souliers vernis, murmura à l’oreille du garde en chef. Ce dernier me considéra en silence avant de me faire signe de passer après m’avoir rendu mes affaires. Alors que je franchissais les portes, j’entendis voler les mêmes paroles de bienvenues. Je retins un sourire narquois tandis que le gamin m’entraînait je ne savais où.

Le château de Roseronce était une ancienne place forte, sans cesse modernisée. Ainsi, des vieilles pierres et poutres datant des Temps Anciens cohabitaient avec le métal d’aujourd’hui. Dans le ventre du castel, un jardin fleuri faisait le bonheur des nobles en promenade. Le parfum presque capiteux des bouquets de printemps me monta au nez et c’est avec un début de migraine que je grimpais les escaliers qui me conduisaient dans une annexe au bâtiment principal.

Bien avant de voir la reine, j’appréhendai son rire. Son hilarité franche faisait presque trembler les cloisons et les moulures du plafond, une chose que seule une personne aussi puissante et riche qu’elle pouvait se permettre. Le serviteur m’arrêta devant un immense chambranle décoré d’or et de joyaux. Il rentra dans la pièce sur la pointe des pieds.

J’entendis une exclamation ravie – peut-être même un blasphème – depuis le couloir juste avant que la porte ne s’ouvre sur moi. Mes yeux se plissèrent légèrement alors que les reflets dorés du mobilier et des murs m’éblouirent. Le raclement de gorge du garde-porte m’invita à m’aventurer à l’intérieur, ce que je fis sans trop attendre.

Janus m’avait appris à reconnaître les beaux objets, les antiquités rares et les pièces d’art les plus raffinées. Cependant, toutes les splendeurs qu’elle avait pu me montrer ne faisaient que pâle figure comparé à ce petit salon. Mes paumes, déjà moites, se mirent à trembler un peu. Non pas de peur, mais d’excitation. Tout autour de nous et même s’ils n’en avaient pas conscience, l’onde magique des choses titillait toute ma peau surtout ma main où les branches d’aubépine serpentaient. Joie, amour, reconnaissance, respect, compréhension ; toutes ces choses se confondaient dans l’air avec délice.

— Votre gracieuse altesse, permettez-moi de vous présenté Novem, pupille de Janus d’Astigny la Chasseresse, annonça si fort le chambellan que j’en revenais immédiatement à la réalité.

— C’est un grand honneur que de vous rencontrer, ma reine. Jamais de ma vie je n’aurais cru avoir cet honneur, formulai-je, comme me l’avais appris Janus, la mine basse tout en posant un genou à terre et en portant une main sur ma poitrine.

— Approchez donc que je vous observe de plus près, mon enfant, susurra la reine Katrionna.

J’obéis et m’avançai de quelques pas, juste assez pour que ses chiens puissent renifler mes chaussures, mais pas suffisamment pour qu’elle puisse entièrement me détailler. Entre mes cils, je m’adonnais aussi à ce jeu de regards.

La peau d’ambre et les yeux en amande soulignés par un maquillage aux teintes rubescentes, la souveraine portait sur elle une excentricité qu’elle élevait au rang d’art. Lourds colliers et sautoirs ornaient son cou gracile tandis qu’à ses oreilles pendaient de multiples bijoux. Ses cheveux rendus poivre et sel par la poudre s’enroulaient autour d’imposants pics or et vermeils, qui se hérissaient tous de pampilles. Son corps se drapait dans des tissus tous plus raffinés les uns que les autres. Les dames de compagnie qui l’accompagnaient se pliaient à la mode dictée par leur reine, sans pour autant avoir l’audace et la prestance de pouvoir assumer semblable costume.

— Nous avons ouï dire que vous pouviez résoudre notre problème. Cependant, nous ignorons comment une personne aussi frêle que vous pourrait accomplir pareil exploit, soupira-t-elle en sortant un éventail de plumes de paons.

— Si votre gracieuse altesse pouvait avoir la bonté de me dire la source de ses soucis, peut-être pourrais-je lui dire si je suis apte ou pas à la satisfaire, répondis-je lentement en choisissant bien tous mes mots.

— Ma foi, la réputation de votre maîtresse n’est plus à prouver et la vôtre est parvenue jusqu’à nos oreilles. Nous supposons que malgré cette apparence dégingandée, vous êtes parfaitement capable. Vous tous, laissez-nous. Vous y compris mesdames.

Les nobles dames se regardèrent presque surprises de cette déclaration avant de s’exécuter non sans une courbette de circonstance. Après qu’elles furent parties, les serviteurs quittèrent également les lieux et il ne resta plus qu’un dragon aux traits patibulaires, sans doute le garde du corps de la reine. Katrionna se leva, abandonnant sa tasse de thé, les petits gâteaux et son éventail sur la persane et m’invita à la suivre dans la galerie adjacente. Son bras enroulé autour du mien me parut affreusement fin, mais pareillement lourd.

— La couronne a besoin d’une personne pour une chasse, souffla-t-elle après quelques mètres parcours en silence.

— Votre majesté n’a-t-elle pas déjà un ou plusieurs Chasseurs à sa disposition, ici, au château ? m’enquis-je en l’observant au travers des miroirs de la promenade.

— Si, bien sûr. Nous avons les meilleurs de tout le royaume. Nous avons même tout d’abord fait appel à l’un d’entre eux avant de vous faire mander. Cependant, cela fait plus d’un mois que nous sommes sans réponse de sa part. Nous craignons le pire.

— Pardonnez-moi ma reine, mais si cette personne n’a pas pu résoudre votre problème, comment puis-je être en mesure d’y parvenir ?

— Nous savons pour votre… Condition. Nos conseillers nous ont informés de la situation. Si nous n’avons pas encore jeté la Chasseresse d’Astigny en prison, cela n’est pas pour rien, glissa-t-elle avec pondération.

Son bras se sépara du mien alors que je demeurais immobile.

— Voyons, ne faites pas cette tête. Il est tout naturel pour un monarque de connaître les petits secrets de certains de ses sujets. Surtout dans notre position.

J’osais lever les yeux vers elle alors que je m’attendais à croiser un sourire presque moqueur sur son visage, ses traits n’exprimaient que de la compassion. Comme bien des citoyens de Catelune, j’avais tendance à oublier que notre souveraine n’était pas originaire de nos contrées, qu’elle était une étrangère et une veuve. Sa considération me fut d’autant plus douloureuse.

— Votre gracieuse majesté peut-elle me parler plus en détail de la tâche qui m’attend ? demandai-je en détournant le regard.

Son bras se glissa de nouveau sous le mien. Le lendemain, je préparais mes affaires pour un voyage dans l’Ouest du pays.

 

 

(1) - Snus : poudre de tabac humide que l’on place entre la gencive et la lèvre supérieure pour plusieurs minutes ou heures.

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Nyubinette
Posté le 21/04/2021
Ton univers me semble ultra intéressant. Des personnes qui semblent riches en couleur et un environnement étonnant. Les marques, les chasseurs, je veux en apprendre plus. A la base, je lisais juste pour m'intéresser à ta technique pour parler de Novem mais en lisant j'ai même fini par oublier mon objectif principal. Je ne suis pas une grande fan des récits à la première personne, mais ton écriture est fluide et le "Je" m'a permis de me mettre vraiment à la place du personnage (surtout dans son ennui :P).

J'ai juste été un peu surprise de la réaction de la mère qui s'écarte brutalement de son enfant. J'aurais pensé qu'elle aurait plutôt tendance à vouloir l'aider corps et âme. Mais j'imagine que dans ton univers ce genre de "possession" arrive régulièrement, alors en tant qu'habituée sa réaction devient sans aucun doute normale !

PS : j'adore la reine !

Merci pour le partage :)
Soah
Posté le 30/04/2021
Merci beaucoup de ton retour Nyu ! :)
Ca me fait très plaisir ce que tu me dis là et j'espère que malgré les maladresses du texte, tu trouveras des choses intéressantes.
Des bisous et à bientôt, j'espère :D
HarleyAWarren
Posté le 08/04/2021
J'aime bien l'idée d'un personnage non-binaire. Même sans rentrer dans des considérations de réprésentations, tout ça, d'un point de vue de rédaction, ça offre quelque chose d'assez inédit sur le plan formel. Là, la narration à la première personne fait qu'il y a finalement "peu" de différence avec un personnage binaire, et je me demandais comment tu allais gérer les accords, vu que c'est quasi mission impossible en français. Finalement, le tout reste fluide, on a jamais vraiment de moment où on sent que la narration tourne autour du pot pour éviter une tournure qui ferait bizarre, ce qui, j'imagine était tout l'intérêt de l'exercice. Limite, ce ne serait pas dit dans le résumé que Novem est non-binaire, on a pas de moyens de le savoir, ce qui est chouette, à mon sens, puisque du coup, la narration n'appuie pas inutilement dessus et avance l'idée que c'est juste... ben... normal.

En tout cas, je ne sais pas dans quel pétrin Novem va réussir à se fourrer, mais ça sent la bonne embrouille comme on les aime.

Petit pinaillage orthographique, par contre : j'ai remarqué que tu mettais souvent de l'imparfait au lieu du passé simple dans les incises quand c'est Novem qui parle, contrairement aux répliques à la troisième personne.
Et chose promise, chose due, j'ai vu un ch'ti accord au masculin, là : "Janus fronça le nez, mais ne sembla pas s’inquiéter plus que cela du fait qu’ils m’aient vu". Je ne sais pas si c'est de ce genre d'accords dont tu parles dans le résumé, mais au cas où...
Soah
Posté le 10/04/2021
Honnêtement, on ne se rend pas compte de tout ce qui est genré dans la langue française et même à la première personne, c'est un défis. Au début, j'avais beaucoup de mal à écrire (parce qu'il faut trouver beaucoup d'astuce pour faire des détours pour utiliser des adjectifs par exemple) mais maintenant, ça coule tout seul !
J'ai précisé dans le résumé que Novem était non-binaire juste au cas où j'aurais malencontreusement laissé traîner des choses et aussi pour savoir si ça "fonctionne" : j'ai envie que chacun puisse s'imaginer "son" Novem.

Ah, oui, comme c'est mon premier jet que je publie, je dois laisser traîner des carabistouilles qui sont passées inaperçues lorsque j'ai fais une relecture rapide ! Je suis navrée.
Merci pour l'accord ! Si jamais ce n'est pas du masculin "neutre", il faudra que je change la phrase pour évité d'en avoir un ! ;3
La Bagousse
Posté le 05/04/2021
Ce premier chapitre est très réussi. Tout est fluide et rien ne semble superflu. Sans presque rien savoir du personnage, je le trouve déjà attachant, ce qui est étonnant mais témoigne bien du fait qu'il a vraiment pris vie. Je ne trouve encore une fois aucune critique à faire sur le fond ni sur la forme, je me permets donc de signaler quelques coquilles qui semblent avoir été oublié.
1. Remuer (une) la viande dans la poële
2. dire(nt)-ils
3. vous avez bien dormi (?)
4. Quelques mètres parcour(u) en silence

Beaucoup d'encouragement !!
Soah
Posté le 06/04/2021
Merci beaucoup de ton retour et des coquilles ! c:
J'espère que le reste te plairas également.
Drak
Posté le 30/03/2021
Éveiller la curiosité du lecteur dès le début pour garantir son attention est selon moi quelque chose d’important… Et ce début remplit parfaitement cette condition ! Je suis empli de questionnements !

Et petit détail : tu as fait le choix (osé) d’avoir un personnage principal non-binaire… or tu le traites comme un personnage tout à fait normal, ce que je trouve très bien ! Je m’attendais à ce que ce soit souvent sous-entendu, pointé, référencé : mais non. Donc je suis agréablement surpris, félicitations !
Soah
Posté le 30/03/2021
Tant de compliments, ma foi : merci ! :D
J'essaye de garder pas mal de mystères autour des choses jusqu'à un certains point, en espérant que mes mises en place payent !

Novem est une personne non-binaire et pour moi, il était hors de question que ça soit une curiosité. C'est une chose naturelle, qui fait partit d'iel mais je ne veux pas que ça soit la chose seule qui lea caractérise. Puisque je raconte son histoire, dans un monde que je créé, je souhaitais avant tout que sa "norme" est "la" norme et que tout l'univers du roman soit "safe" :)
Je suis une autrice queer, certes, mais je suis une femme cis-genre. Parler des problèmes liées à la non-binarité, ce n'est donc pas à moi de le faire mais je tiens à être une alliée en proposant un personnage dans laquelle des personnes non-binaire pourront se projeter, se peut-être même, se reconnaître et ce, d'une manière confortable !
Drak
Posté le 30/03/2021
je t'en félicite et t'encourage d'autant plus
Amusile
Posté le 17/03/2021
Toujours un agréable moment de lecture, avec des personnages que l'on découvre et apprend à apprécier. Le style est très bon, les descriptions soignées, les dialogue vivants. On a hâte d'en savoir plus sur cette fameuse chasse dans l'Ouest...
Soah
Posté le 24/03/2021
Merci beaucoup Amusile, ça me fait très plaisir ! :)
J'espère que le reste de cette histoire te plairas tout autant !
Amusile
Posté le 24/03/2021
J’en suis certaine. Je compte lire le chapitre 3 bientôt !
dodoreve
Posté le 12/03/2021
Coucou Soah ! J'ai adoré ce premier chapitre. "Le parfum du thé que l’on boit à l’heure du goûter me revint en mémoire. Cette odeur s’accordait parfaitement avec celle de la pluie." Si ça, ce n'est pas un beau début <3 Et tu me prends par les sentiments, surtout si tout de suite après il est question de café malaimé ! ahahah (oui j'aime mon ventre et les goûters)
On sent vraiment la tension qui grandit avec la découverte du Rancura. Et les dialogues, le rythme avec lequel tu écris ce qui se passe, la part de mystère que tu laisses... C'est super bien écrit, bravo ! D'ailleurs, je trouve que le prologue ne se justifie que mieux à la lecture de ce premier chapitre. On a bien conscience de ce qui se passe, même si on n'a pas encore tous les éléments pour comprendre l'histoire de Novem. "L’ennui et la fatigue me grignotaient les paupières." Et ça aussi j'ai beaucoup aimé. Et l'ambiance aussi, il ne faudrait pas que je l'oublie ! On se projette très bien aux côtés de tes personnages, et surtout de Novem qu'on observe avec énormément de curiosité et d'attente. Hâte de lire la suite :D !

J'ai relevé quelques petits passages avec des suggestions de correction :
"Ma tournée, pour sûr, puisque vous avez reçu du courrier et puis profité de votre compagnie" : "profiter" plutôt, s'il s'agit de la raison de sa visite ? (sa tournée en est une, profiter en est une autre ?)
"je réfutais sa proposition et quittai la demeure" : Je mettrais plutôt réfuter au passé simple !
"livré mauve" (livrée)
"permettez-moi de vous présenté Novem" (présenter)
"j’en revenais immédiatement à la réalité." : Plutôt au passé simple, là encore ?
"si je suis apte ou pas" : Ce n'est qu'une suggestion, mais j'aurais plutôt écris "ou non"... mais voilà, ce n'est pas moi qui écris, et c'est un petit détail.
Soah
Posté le 13/03/2021
Coucou Dodo !
Merci beaucoup de ton retour, ça me fait extrêmement plaisir ! c: Je suis ravie que ce premier chapitre t'accroche et que tu trouves que je réussi à cocher les petites cases de mes objectifs ! J'avais peur que tout se passe trop vite ou trop lentement, c'est difficile à doser.
Je te remercie également pour les suggestions de corrections : pour l'instant, je ne touche pas au texte (sauf coquilles très bizarres ou mots manquants.) mais cela me sera très utile lors de mes corrections et d'une éventuelle réécriture :)
A bientôt ! <3
Flowrale
Posté le 11/03/2021
On peut dire que rien qu'avec ce premier chapitre, on est dans l'ambiance et dans l'histoire ! Bravo pour ce beau premier chapitre.
Je m'attache déjà peu à peu à Novemb et j'ai hâte de découvrir plus le personnage. (moi aussi je fais attention à mes accords de genre ! =) ). Tu gères très bien aussi cet aspect, les phrases sont tournées de façon à éclipser les problèmes que tu pourrais avoir d'accord, bien vu !
Soah
Posté le 13/03/2021
Merci ! Ca me fait très plaisir, d'autant plus que le premier chapitre c'est toujours un peu particulier ! Je suis contente que tu t'attaches à iel et j'espère que ton affection demeura malgré la suite ainsi que son lot d'évènements ! :p
C'est assez compliqué d'écrire sans genré un personnage à la première personne, je me creuse bien la tête ! Mais maintenant c'est presque devenu une mécanique bien huilé, si j'ose dire xD
sifriane
Posté le 11/03/2021
Salut
L'univers de ce premier chapitre est riche et très intéressant, on n'apprend beaucoup de choses. je n'ai vu ni coquilles ni carabistouilles, mais comme tu as pu le remarquer, la grammaire n'est pas mon fort.
Vraiment pour faire la chipoteuse, j'ai noté ce passage :
« — Septem et Aug ont pris la salle de bain d’assaut ? En même temps, ça ne m’étonne pas. Les jumeaux étaient particulièrement grognons que tu te prélasses dans un bain jusqu’à minuit, hier, après notre retour ». Cela se sent trop que tu t'adresses au lecteur, ce n'est pas très naturel dans la conversation. Novem sait quand son bain a été pris. 
Pour la question de la non binarité, ça fonctionne très bien.
Soah
Posté le 13/03/2021
Hey,
Merci de ton retour sur cette ligne de dialogue, je me pencherais dessus lors des corrections ! Ca me sera bien utile ;3
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