Chapitre 9. On dit que la nuit porte conseil

Par dcelian
Notes de l’auteur : Bonsoir !
Me revoilà après cette lonnngue semaine d'attente. En plus, ce chapitre est court...désolé ! Je tâcherai de me rattraper par la suite ;)
Et puis, le chapitre est certes court, mais je viens d'avoir une couverture pour le livre !!!! Et ça c'est pas rien ! Je ne remercierai jamais assez mon frère pour son boulot de dingue <3

Elles brillent tout autour de lui, comme le soir où il a affronté la sorcière, comme ce soir qui marque le début de tout. Il se rappelle nettement les avoir vues, il se rappelle aussi ne pas y avoir prêté attention, avoir cru à de simples lucioles ou autres insectes luminescents.
A en juger par le regard de Gaëlle, pourtant, c'est sans doute autre chose, c'est sans doute bien plus que cela.
Il détourne le regard vers la forêt. Ils se sont mutuellement sauvé la vie à plusieurs reprises pour ça ? Pour ce résultat, pour cette tension dans l'air ? Il a du mal à y croire. Et pourtant.
Lentement, Gaëlle tâche de reculer tout en tentant de saisir la faux attachée dans son dos le plus discrètement possible. Soa le remarque, du coin de l'œil, alors qu'il fixe toujours l'horizon, qu'il fixe le plus loin, l'ailleurs.
Il aimerait tellement s'y rendre. Il donnerait cher pour ne pas être là. Là, c'est douloureux, ça appuie où il a déjà mal.

Son cerveau pragmatique retourne le problème dans tous les sens, examine la situation sous toutes ses coutures, mais rien, strictement rien ne lui vient à l'esprit. Il ne sait pas parler aux autres, il ne sait pas quoi leur dire, il a peur de mal faire.
Alors il ne dit rien. Cette fois ne fera pas exception.
Il a trop peur d'envenimer les choses, de les détériorer un peu plus encore. Il se tait simplement. Le silence parle pour lui.
Mais le silence ne dit pas grand-chose.

Alors il la regarde à nouveau. Il la fixe droit dans les yeux, parce que c'est tout ce qu'il sait faire, ou du moins c’est ce qu’il fait de mieux. Il lit l'incompréhension sur le visage de Gaëlle, il lit une forme de peur et d'appréhension, de colère aussi. Il lit, qu'est-ce qu'il prépare comme sale coup ce traître ? Peut-être un peu plus que traître encore.

"Qui es-tu vraiment ? Ou plutôt, "qu'es-tu vraiment" ?"

Qui il est vraiment ? Il serait bien incapable de répondre. Il ne le sait pas. Il n'en a même aucune idée. C'était pour y répondre qu'il est venu ici. Il pourrait le lui dire, tenter d'expliquer. Il ne le fait pas. La question tourne en boucle dans sa tête, qui es-tu vraiment, qu'es-tu vraiment, ça résonne fort, ça brouille sa vision, brouille ses perceptions, brouille un peu tout.
Il lève un instant les yeux vers le ciel. Tout là-haut, une multitude de nuages gris ont rejoint le soleil, le ciel d'automne est de retour, l'atmosphère se fait plus sombre et froide. Et puis son regard redescend pour se planter sur ses mains jointes devant lui. Les étranges lucioles planent toujours tout autour de lui, paisibles, imperturbables.
Que représentent-elles, ces lueurs ?

Et s'il était vraiment le monstre que Gaëlle semble voir ?

"Tu n'as rien à dire ? Même pas une explication à me donner ? Tu peux me dissimuler la vérité, Soa, mais les lueurs ne mentent jamais."

Il la fixe à nouveau.
Elle semble avoir besoin d'extérioriser sa douleur, il voit nettement la tristesse et la déception sur son visage mais n'en comprend toujours pas véritablement la cause. Est-ce réellement de sa faute ? Soa croit percevoir une blessure plus intime, quelque chose d'enfoui dans son regard que la situation a visiblement fait remonter à la surface.
Une fois de plus, il ne sait pas comment réagir, les mots lui échappent, se cognent et se déforment à l'intérieur, ne veulent pas sortir dehors, là où c'est risqué, là où ils pourraient blesser. Il manque de contexte, manque d'informations, il est en terrain inconnu et glissant. Et Gaëlle a toujours la main sur sa faux, la moindre erreur se paiera au prix fort.
Alors il n'avance pas, c'est encore le meilleur moyen de ne pas faire de faux-pas et d'apaiser les tensions.

"Les créatures comme toi sont celles que j'ai juré d'entraver, Soa, pas de sauver ! Tu devrais pourtant le savoir !"

Il le sait pertinemment. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que de simples et paisibles lucioles le rangeraient dans la même catégorie qu'une sorcière ou un gobelin.
Il sent une grande lassitude s'emparer de lui, comme si l'illusion dans laquelle il s'était bercé venait de se briser. Comme le dur retour à la réalité après une chute vertigineuse.
Peut-être aurait-il pu anticiper ces accusations, y prévoir une meilleure parade ? Ou peut-être n'aurait-il pas dû l'aider, en fin de compte, la laisser en-haut de ces immenses remparts, seule, loin des lueurs qui l'interpellent tant.
Mais elle l'a quand même sauvé. Deux fois, avec ça. Pourtant, on dirait qu'elle n'en a plus aucun souvenir, maintenant qu'elle le dévisage avec méfiance.

Ça valait donc si peu ?

Il avait enfin la sensation de trouver quelqu'un qui le comprend, qui comprend ses silences et ses indécisions, une amie, peut-être ? Un peu comme Cléa, mais en humaine, en chair et en os, en un peu plus véritable.
Soa secoue la tête. Il se sent bête d'avoir pensé ça. L'étrange nature de Cléa fait sans doute qu'elle est la seule à même d'entendre ce qu'il a à dire. Et à ne pas dire. Il ne peut pas se montrer aussi injuste avec elle.
Pourtant, une fois de plus, il est seul. Seul face à sa déception et ses petites souffrances qui s'accumulent un peu trop, qui débordent presque.
Il est fatigué. Tellement fatigué.

Une lueur traverse alors son regard, toute différente de celles qui l'entourent, une lueur qui montre qu'une idée a germé, qu'un choix difficile a été fait.
Car c'est décidé. Si la quête de son identité doit se faire au prix de ses futures rencontres, ainsi soit-il. Les derniers événements ont soulevé trop de questions pour ne pas y apporter de réponses. Il a une soif de connaissance qui dépasse sa soif d'en faire de nouvelles.
Si c'est sans aide qu'il faut avancer, il est prêt à l'envisager.

Si c'est dans l'ombre qu'il faut chercher, il aime autant s'y rendre seul.

***

Gaëlle ne comprend pas. Elle ne comprend rien. Dans son esprit tournent en boucle les derniers événements. C'était logique, pourtant. Elle aurait dû s'en rendre compte avant. Elle se mord la lèvre inférieure. Elle se mord au sang parce qu'elle en a bien conscience. Elle a bien conscience qu'elle savait depuis le début, trop d'éléments pointaient le jeune homme du doigt de façon équivoque, mais elle a préféré ne rien voir, faire semblant, faire comme si.
Il avait l'air tellement normal. ... D'ailleurs, il a toujours l'air tellement normal.
Il se tient en face d'elle, sans un bruit, sans une parole. Il n'y a que sa respiration, calme en apparence mais légèrement plus forte que d'habitude, comme s'il cherchait à contenir des émotions contradictoires. Son silence est lourd de reproches, mais aussi... de confusion ? Il semble réfléchir à toute allure, réfléchir au plus profond de lui-même. A quoi peut-il bien penser dans une situation pareille ?
Ça l'intrigue, Gaëlle.
Aurait-elle appuyé sur un point douloureux, avec ses questions ? Un tel mutisme, c'est le signe d'une grande souffrance qu'on ne parvient pas à extérioriser, c'est l'indice qu'il bouillonne de l'intérieur.

Elle baisse les yeux.
Mais elle aussi, elle bouillonne ! Elle aussi, elle souffre ! De fatigue, de colère, de sa blessure dont elle ne vient pas à bout. Elle souffre d'un véritable déchirement interne, surtout, mais ça, elle a du mal à en prendre véritablement conscience, elle ne le ressent qu'à-demi, parce que tout d'un coup ça ferait trop mal, parce qu'elle n'est pas prête à l'encaisser complètement.
Parce que c'est pas possible.
Parce que lui revient sans cesse le silence de l'église, à son réveil, quelques jours auparavant, ce silence presque douloureux, ce silence qui fait mal parce qu'il dit, mais il est passé où ce foutu gobelin, il dit, mais pourquoi il m'a pas achevée ?
Il dit ça et bien plus encore. Alors là, maintenant, alors qu'elle est à nouveau face à une "créature" qui vient contredire ses croyances, c'est tout son monde qui s'écroule un peu, qui s'écroule lentement, qui s'écroule sous le poids de sa négligence. Et ça, elle ne peut pas l'accepter, pas maintenant, c'est trop lourd à porter, c'est tout bonnement impossible.

Alors elle relève les yeux vers Soa. Mais Soa n'est plus là.
Soa est parti depuis un moment, déjà.

Il s'en est allé dans les ténèbres.

Gaëlle a beau tendre l'oreille, elle ne perçoit rien, ne perçoit plus rien ni personne. Il est parti. C'est sûr. Et maintenant ? Elle ne sait plus. Elle se perd en elle-même, se perd en réflexions sans queue ni tête, elle se laisse aller aux vents, se laisse bercer par la forêt. Elle s'allonge dans l'herbe encore humide.
Elle ferme les yeux.

***

Les lueurs ne l'ont pas suivi, elles l'ont laissé s'échapper plus loin, à l'abri des regards, sous le feuillage des immenses sapins. Il ne sait pas combien de temps il a couru, mais le soleil est nettement descendu derrière les nuages, et la nuit enveloppera bientôt les lieux.
On dit qu'elle porte conseil. Soa l'espère de tout cœur.
Il se laisse glisser au sol, adossé contre le tronc d'un arbre massif. La faim commence à se faire ressentir, et une lourde fatigue physique vient peu à peu s'ajouter à l'épuisement moral qui l'accable depuis qu'il a quitté la plaine. Depuis qu'il a fui les complications, ne peut-il s'empêcher de penser. Depuis qu'il a fui l'étrange tournant que prenait ce face à face, qu'il s'est échappé et qu'il a rejeté toute responsabilité.
Il n'a pas dormi ni mangé depuis son infiltration à Grimard, la veille, et ça lui semble soudain très lointain.

Le visage de Gaëlle fait alors son apparition dans ses pensées. Il s'en veut d'être parti sans rien dire. Aurait-il dû s'excuser ? Mais de quoi ?
Et puis, il chasse cette idée en secouant la tête, non, il a d'autres affaires à régler. Pour l'instant, il faut songer à rentrer. Grégor est sûrement inquiet, et il va falloir se ressourcer. Parce que le prochain voyage risque d'être plus long encore.

Lentement, il se redresse. Il a récupéré son souffle, il va maintenant falloir récupérer des forces. D'un regard, il balaie les environs, il patiente en silence et sans bouger. Ça dure plusieurs minutes, il n'y a bientôt plus aucun mouvement dans les environs, tout est calme et immobile. Soa est à l'affût du moindre geste, du moindre indice d'une présence quelle qu'elle soit.
Et soudain voilà. Voilà que des buissons nus s'agitent sur sa droite. Au ralenti, le jeune homme tourne la tête. Il ne bouge plus d'un pouce, repère simplement sa cible. C'est un gros lièvre au pelage brun. Soa le regarde avec compassion, l'air de dire, désolé petite chose, pas le choix, c'est toi ou moi. Il se rue alors sur la bête, l'attrape et lui brise le cou.
Bon.
Il tâche de rassembler un peu de bois sec et, après plusieurs minutes d'efforts vains, il parvient à en faire un feu.
Transi, épuisé par sa solitude, par le rejet de Gaëlle, mais aussi par la noyade, par cette sinistre silhouette du haut des remparts de Grimard, mille questions en tête, il finit par sentir une fatigue absolue s'emparer de tout son être.

On dit que la nuit porte conseil.
Alors Soa laisse la nuit le prendre, il la laisse l'emporter au loin, il s'envole, happé par les nuages, les étoiles et leurs lueurs envoûtantes.

***

Lorsqu'elle ouvre les yeux, le soir est déjà là. Tout paraît plus calme, reposé, doux. Il est loin, le chaos de la veille, le chaos de la tempête. Même la forêt s'est tue, à l'exception de quelques oiseaux nocturnes qui bercent les autres animaux.
Gaëlle a une pensée pour les gens de Grimard, ces voix qu'elle a cru percevoir, ces pauvres gens qui ont tout perdu, même leur propre corps, qui ont disparu et qu'elle n'a plus entendus depuis les longues apnées silencieuses, depuis qu'elle et Soa ont fait le grand saut, depuis que...
Elle se demande s'ils ont vraiment pu en réchapper, ce qu'ils comptent faire maintenant, comment on se remet d'un tel choc.
Tout bien réfléchi, ils ont probablement pris la direction de Rune, c'est une grande ville, c'est plus moderne qu'ici, ça sonne comme un nouveau départ. Mais c'est loin, aussi, et elle espère sincèrement qu'ils trouveront la force de s'y rendre. S'ils ont vraiment pu en réchapper.
La Traqueuse en elle a aussi une brève pensée pour le mage, probablement noyé dans la ville. Elle secoue la tête. Pour lui, la seule alternative, c'était de finir dans un cachot, et elle se garde bien de déterminer laquelle des deux options est pire.

Après un long moment passé assise dans l'herbe, entourée par la nuit et son atmosphère si particulière, entourée par la nuit et son silence mystérieux, son silence qui semble cacher de profonds mystères, Gaëlle finit par se relever.
Il va falloir se mettre en route, rentrer au bercail. Peut-être même prendre quelques jours de repos, quelques jours loin de la Traque, loin des villes mornes, de tout ça. Quelques jours loin de Soa. Loin des Ombres et des lueurs, loin des questions, loin.

Alors elle part.

On dit que la nuit porte conseil.
Elle aura toute la sienne pour le vérifier.

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Louison-
Posté le 10/04/2022
Holààà ^^ Heureuse de retrouver tes petits personnages hihi <3

C’est hypra chouette ce chapitre parce qu’il est très axé sur l’introspection des personnages, et tu sais comme j'aime l'introspection ;) On passe de Soa qui essaie de pas être affecté par la méfiance de Gaëlle, on sent toutefois qu’il est bessé, et Gaëlle qui se retrouve avec toutes ces certitudes mises en branle…
Déjà quand j’ai lu ça « Lentement, Gaëlle tâche de reculer tout en tentant de saisir la faux attachée dans son dos le plus discrètement possible. » J’étais aïe, ça commence mal, bien que sa réaction soit très naturelle, j’auras réagi pareil !

"Tu n'as rien à dire ? Même pas une explication à me donner ? Tu peux me dissimuler la vérité, Soa, mais les lueurs ne mentent jamais." Certes les lueurs ne mentent pas, mais faut que tu détaches des préjugés que tu as sur les créatures de l’Ombre Gaëlle, Soa te prouve depuis le départ qu’il n’est pas doué de mauvaises intentions… Mais justement vers la fin du chapitre, elle remet en question ce qu’elle connaît sur les Ombres, elle ramène aussi le souvenir du Gobelin qui ne l’a pas achevée, elle dit que que Soa a l’air normal… Elle souffre de ce déchirement interne, on le ressent bien, c’est cool pour son évolution !

Et sinon, pour revenir à Soa, sa réaction est très touchante aussi ! Il réagit par le silence. (« Mais le silence ne dit pas grand-chose » >> <3). Et ça fait comme un tas de non-dits entre Soa et Gaëlle.

Il se questionne sur ce qu’il est vraiment :
« Et s’il était vraiment le monstre que Gaëlle semble voir ? » >> Moh non bibou, crois pas ça !

ET aussi qqch qui m’a beaucoup touchée, c’est qu’il pose la question si se sauver la vie mutuellement vaut donc si peu que ça ? Comme les lueurs semblent évincer tout ce qui s’est passé avant… En tout cas, on le sent déçu de perdre Gaëlle, lui qui la considérais comme une amie.
Coup dur pour lui !

Et hop hop, je file lire la suite. Merci pour ce beau chapitre qui analyse bien l’intériorité de tes persos ! J’adore <3
dcelian
Posté le 15/04/2022
Coucou !!!
Toujours aussi ravi de te revoir par ici c:

Ton commentaire : adorable <3
Tant mieux pour tout ce que tu dis, ça a l'air d'avoir véhiculé exactement ce que je voulais jusqu'à toi donc c'est parfait-top. Je m'étais déjà dit que je trouvais ce chapitre chouette et qu'il méritait pas trop de retouches, ta réaction me le confirme encore.
Et surtout : tant mieux si on arrive bien à se mettre dans la peau des deux et que l'un ne paraît pas injuste ou incompréhensible dans sa réaction. C'est trop chouette. Merci <3

Comme tu le soulignes, ça fait tout plein de non-dits et de choses à régler ! Si tant est qu'ils y arrivent... Ah cette sacrée paire de boulets, vraiment ;-;

"ET aussi qqch qui m’a beaucoup touchée, c’est qu’il pose la question si se sauver la vie mutuellement vaut donc si peu que ça ? Comme les lueurs semblent évincer tout ce qui s’est passé avant… En tout cas, on le sent déçu de perdre Gaëlle, lui qui la considérais comme une amie.
Coup dur pour lui !"
>> Halala mais t'es trop chou de t'identifier comme ça <3

A toute sur le prochain com' hehe
Raratralala
Posté le 28/02/2022
Coucou !

Alors, pour résumer, ce chapitre est BEAU. Juste ce qu'il faut, ni trop ni trop peu.

En notes triviales, je remarque que tu évoques la question de la disparation du prêtre et de celle des habitants, là aussi dosage nickel, ça répond à mes questions même si ça n'y répond pas (ça va tu me suis ? xD)

J'avais commencé à relever les passages que je trouve jolis, comme j'aime bien faire, puis j'ai supprimé en m'appercevant que je copiais collais la moitié du chapitre.
Donc, je n'ai RIEN À DIRE. Nada. Niet. Walou.
Une fois n'est pas coutume (Champagne !)
J'ai passé un bon moment, merci. ^^
dcelian
Posté le 01/03/2022
Coucouuu :D
Wahhhh, dis donc alors là je suis pas peu fier !! Un chapitre entier sans RIEN qui cloche ? Trop chouette.

"Alors, pour résumer, ce chapitre est BEAU. Juste ce qu'il faut, ni trop ni trop peu."
>> Roh merci...
J'en ai profité pour le relire et c'est effectivement l'un des rares chapitres que je ne compte pas spécialement retoucher en réécriture, content que tu partages ce sentiment. C'était hyper intéressant d'écrire leurs deux points de vue et de les opposer si drastiquement, ça leur permet à tous les deux de reprendre la route de leur côté et de faire visiter de nouveaux endroits/de retrouver des visages plus familiers (big up à Grégor)

Tant mieux si ça répond aussi à certaines de tes questions sans y répondre (d'ailleurs j'ai réalisé que je parlais de la mort du mage ici, en fait, comme quoi je suis cohérent avec moi-même parfois, c'est une bonne chose !)

"J'avais commencé à relever les passages que je trouve jolis, comme j'aime bien faire, puis j'ai supprimé en m'appercevant que je copiais collais la moitié du chapitre."
>> Hahaha <3 merci beaucoup, vraiment

"J'ai passé un bon moment, merci."
>> Tu peux pas me faire + plaisir que ça !!
Ta lecture me touche toujours autant, et c'est vraiment cool de voir ça comme quelque chose qu'on "partage" plutôt que comme moi qui vous donne un truc. J'aime bien cette idée :)
D'autant que c'est a minima une co-construction, cette histoire, vu comme vous m'aidez et me guidez tous avec vos remarques tellement géniales.
Encore merci, et à bientôt <3
AnatoleJ
Posté le 08/05/2021
Hello :D

Je crois que c’est mon chapitre préféré pour le moment, Soa est un mood entier. J’avais commencé comme d’habitude à noter les phrases que j’aime bien, mais au final j’avais des paragraphes entiers dans ce fichier word, ça n’allait pas du tout ça ! ! (enfin si, ça allait très bien, vu que ça veut dire que la lecture était très plaisante, mais ça n’aide pas à la cohérence de ce commentaire, tu vois mon problème)

Mention spéciale à ce paragraphe :
« Il détourne le regard vers la forêt. [...] Là, c'est douloureux, ça appuie où il a déjà mal. »
A cette phrase dont j’apprécie tout particulièrement la formulation :
« Une fois de plus, il ne sait pas comment réagir, les mots lui échappent, se cognent et se déforment à l'intérieur, ne veulent pas sortir dehors, là où c'est risqué, là où ils pourraient blesser. »
Et à ce petit paragraphe qui est définitivement tout un mood, j’étais en train de lancer le four à cookies pour Soa dans le seconde après ça :
« Pourtant, une fois de plus, il est seul. Seul face à sa déception et ses petites souffrances qui s'accumulent un peu trop, qui débordent presque.
Il est fatigué. Tellement fatigué. »

En fait, je pense que j’ai particulièrement aimé ce chapitre parce que la fluidité de ton écriture et de sa ponctuation étrange colle parfaitement à la thématique des mots qui ne sortent pas. On est à la fois dans la tête de Soa mais aussi dans son silence, j’avais autant envie de lui dire « mais parle gamin ! » que d’hocher la tête sans rien dire avec lui. Bref c’était très cool.

Du coup tant qu’on en est à parler de fluidité, je te laisse les deux phrases qui marchaient un peu moins bien pour moi :
« Il la fixe droit dans les yeux, parce que c'est tout ce qu'il sait faire, ou du moins est-ce ce qu'il fait de mieux. »
J’ai un peu buggé sur le « est-ce ce », je me demande si faire un parallèle de structure avec la proposition précédente marcherait mieux ? (et du coup ça donnerait « du moins c’est ce qu’il fait de mieux »)
« Il a une soif de connaissance qui dépasse sa soif de faire de nouvelles connaissances. »
J’aime bien l’idée, mais je ne suis pas très convaincu par la répétition du mot « connaissance » (je n’ai pas de suggestion de remplacement par contre)

Ensuite pour en revenir au fond, tu vois à la fin du chapitre précédent je me demandais comment ils allaient résoudre la tension pour partir à l’aventure ensemble quand même, et finalement, la réponse c’est qu’ils ne partent pas à l’aventure, et... c’est une excellente réponse aussi ? Mais je ne doute pas qu’ils se recroiseront quand même, et que ça risque fortement d’être de plus en plus compliqué. Au moins, si Soa retourne voir Grégor, il va pouvoir payer pour son crime odieux de ne pas avoir dit au revoir, le vil malotru !
Rien à voir, mais j’aime bien aussi le fait que finalement, Gaëlle a l’air de plutôt bien l’entendre, le silence plein de confusion de Soa (comme quoi c’est pratique d’avoir une audition très sensible !).

(et du coup je découvre avec ta note de début de chapitre que la raison pour laquelle personne ne savait qu’il était blond c’est juste parce que la couverture n’était pas encore là pour aider haha)

Voilà pour ce commentaire beaucoup trop long, je m’arrête là pour cette fois, et à bientôt sur le prochain chapitre :D
dcelian
Posté le 10/05/2021
Ohh, merci ça me fait super plaisir <3
Je me souviens aussi que ce chapitre avait été rudement frustrant à écrire, parce que je suis plutôt tout l'inverse de Soa socialement parlant, et j'avais vraiment du mal à ne rien lui faire dire tout du long. Mais je suis content que tu trouves le rendu réussi, ça donne un sens à tout ça, merci !
Tes remarques sont carrément pertinentes, je note la première et j'essaie de trouver une solution pour la seconde.
Effectivement, l'heure est à la séparation. C'est peut-être un peu soudain et inattendu, mais ça me paraissait totalement impossible qu'ils résolvent un tel conflit en un simple dialogue plein de bonne intelligence et de compréhension. C'est rare que ça fonctionne comme ça avec nous, alors je voulais que ce soit fait de façon 'humaine' pour eux aussi !
Pas de souci pour ton commentaire, j'adore toujours autant lire vos réactions et remarques, ça me fait tellement plaisir.
Merci :D
Salut Les Confi
Posté le 25/04/2021
Oh non il ne faut pas qu'ils brisent leur début d'amitié, ça commençait bien 😭 Pourquoi Soa n'a pas répondu un truc au pif ? Ça aurait fait l'affaire. Par contre il y a un avantage à être réservé comme Soa, c'est qu'il est très observateur et, rien qu'en fixant le regard de son interlocuteur, il peut savoir ce qu'il ressent. Sinon tu maîtrises bien les transitions entre Gaëlle et Soa, ce qui d'habitude est assez compliqué. On peut voir leurs points de vues séparés, ce qui facilite la lecture. Et donc si j'ai bien compris les lueurs sont signes de monstres, comme la sorcière et le gobelin, d'où Gaëlle qui a peur car les lueurs tournent autour de Soa.
dcelian
Posté le 27/04/2021
C'est précisément ça, oui ! Mais comme Gaëlle l'expliquait y a un moment maintenant, les lueurs sont encore assez mystérieuses, et malgré les recherches, personne n'a vraiment réussi à comprendre ce qu'elles sont.
Et je comprends que tu sois triste, moi aussi ça m'a un peu brisé le cœur de les séparer comme ça :c
Mais bon, j'espère qu'on comprend quand même pourquoi ça arrive, et que rien ne te semble incohérent !
Merci encore pour ta lecture :)
HarleyAWarren
Posté le 22/02/2021
D:
Oh la la, comment c'est trop triste, j'adore
D'un côté, je suis un peu dégoutée qu'ils se séparent si vite alors qu'ils étaient partis pour bien s'entendre (du moins, tant qu'ils ignoraient tout l'un de l'autre), mais d'un autre, j'ai hâte de savoir ce que trouveras Soa en revenant chez lui.
Vivement la suite :D
dcelian
Posté le 23/02/2021
D:
Effectivement c'est pas joyeux joyeux (je vous avais prévenus !) pour le moment. Je ne dis pas que la suite sera toute fleurie et guillerette, je dis juste que je vais tenter d'équilibrer les choses parce que sinon on va rapidement tous mettre fin à notre vie et là n'est pas mon objectif !
Eh oui, déjà la séparation. Mais rien n'exclut qu'ils se retrouvent par la suite...qui sait ?
dodoreve
Posté le 16/02/2021
Yes, enfin une couverture !
"Elle semble avoir besoin d'extérioriser sa douleur, il voit nettement la tristesse et la déception sur son visage mais n'en comprend toujours pas véritablement la cause. Est-ce réellement de sa faute ? Soa croit percevoir une blessure plus intime, quelque chose d'enfoui dans son regard que la situation a visiblement fait remonter à la surface." J'aime bien ce passage, parce qu'il oriente notre lecture de la "douleur" que tu associes à tes personnages dans cette situation. En revanche, je dois avouer ne pas tellement comprendre pourquoi ils en semblent si affectés, ensuite, parce qu'après tout, ils n'ont pas vraiment eu le temps de s'attacher l'un à l'autre. À moins que la confiance qu'ils se sont accordée ait créé un appel d'air qui les rendent si vulnérables ? Je ne sais pas, mais Soa se sent "épuisé par la dispute avec Gaëlle autant que par la noyade" : je trouve ça étonnant que ce soit désigné comme une dispute (puisqu'en plus il n'a rien dit) et qu'il en soit épuisé (l'épuisement c'est lieu au fait de s'investir émotionnellement pour moi...).
Pour autant, j'ai beaucoup aimé la tension entre eux lorsqu'ils se font face : Gaëlle qui recule lentement tout en cherchant sa faux discrètement, Soa qui le voit bien mais ne dit rien... Je ne réitère pas mes commentaires liés au rythme et liés à la manière d'écrire ces deux points de vue (j'aime toujours et j'ai assez papoté).
Ça m'étonnerait que ces deux personnages ne se recroisent pas, et j'ai hâte de voir quels seront/seraient leur ressenti avec ce souvenir en tête et le parcours qu'ils auront fait entre temps. Et avec son mauvais pressentiment, je m'attendais à ce que Soa ne puisse pas revenir près de Gregor, mais ce retour (s'il a lieu !) m'intrigue, autant que les retrouvailles avec ce personnage qui me semblait très attachant et vrai. Vivement la semaine prochaine pour la suite alors !

(Une petite remarque formelle : "c'est tout ce qu'il sait faire, ou du moins est-ce ce qu'il fait de mieux" Je ne crois pas qu'il y ait besoin de tiret puisque ce n'est pas une question.)
dcelian
Posté le 17/02/2021
Ouiii vive la couverture !
Mhh, je vois ce que tu veux dire, concernant l'épuisement. Mais je vois plutôt ça comme un tout qui se mélange, ces derniers jours ont été éprouvants sur de nombreux points, et cette discorde, ça arrive un peu comme la goutte qui fait déborder le vase. C'est vrai que les deux personnages ne se connaissent pas encore réellement, mais ils se sont tout de même sauvé la vie mutuellement, ils ont créé un lien assez indicible qui semblait les unir face à un destin funeste. Pourtant, les voilà qui se séparent...
La fatigue de Soa vient du fait qu'il pensait enfin s'être fait une amie -en chair et en os, contrairement à Cléa- qui le comprendrait, alors qu'en fait non. La douleur de Gaëlle, elle, est plutôt liée au fait que ses croyances s'effondrent peu à peu. Pour l'un comme pour l'autre, ce moment de tension intense a ravivé la flamme de blessures pas tout à fait cicatrisées, c'est pour ça, toute cette fatigue, tout cet épuisement !
Merci pour les compliments, ils font toujours autant plaisir ;)

Quant aux retrouvailles avec Grégor, effectivement, elles semblent plus simples que Soa ne les avait envisagées. Mais il n'est pas encore rentré au bercail. Il peut s'en passer beaucoup, des choses, d'ici-là...héhé

Pour ta petite remarque, je suis pas certain. Je crois que c'est une formule grammaticalement correcte de dire "Du moins est-ce blablabla" sans que ce soit une question. Je me renseignerai !

Merci encore pour ta ponctualité et ta lecture bienveillante :)
dodoreve
Posté le 17/02/2021
Ce n'est que mon avis, mais je me persuade malgré tout que ce que tu m'expliques des douleurs respectives de Soa et Cléa pourrait davantage se manifester et nous affecter par le texte. Enfin, je vois le potentiel, et je trouve qu'on pourrait avoir plus conscience encore de ces enjeux. :)
J'ai commencé à m'offusquer que tu ne sois pas d'accord pour l'orthographe (je rigole hein ahah, c'est ma réaction naturelle, mais pas moins bienveillante, donc autant s'en moquer) et finalement je pense que tu as raison ! En retournant voir la phrase (que j'ai CITÉE en plus) je m'aperçois que je devais m'emmêler les pinceaux entre le "c'est" et le deuxième "ce", si bien que je ne la lisais pas vraiment correctement. Comme quoi on peut vraiment aller au bout de son aveuglement tant qu'on s'en persuade.
Fausse alerte :')
dcelian
Posté le 17/02/2021
Hahah, aucun souci ! Et je vais retourner sur ce chapitre, histoire de le peaufiner, de voir un peu ce que j'aurais pu mieux faire, parce que je pense que t'as raison, il y a quelque chose à creuser et je n'ai pas été assez loin dans ma réflexion !
Sklaërenn
Posté le 16/02/2021
J'adore ta nouvelle couverture !

J'ai vraiment apprécier leur différent ressenti. La détermination de Soa à découvrir qui ou ce qu'il est. De venir à bout de ce questionnement qui le hante en quelque sorte. Son silence vaut bien plus que mille mots ( comme toujours ) et pourtant, on comprends. Son choix de partir, son choix de se taire, son besoin de trouver des réponses.

Quant à Gaëlle, elle enchaîne les déconvenues ( si l'on peux dire ça ainsi ) entre Soa qui n'est pas ce qu'elle pensait qu'il était, son silence trop pesant qui ne l'aide pas à y voir claire, sa blessure qui la travaille encore, le gobelin qui la laisse en vie pour une raison qu'elle ne parviens pas à définir. On sent qu'elle voit ces certitudes tomber une à une. Qu'elle perd pied. Je le redis, mais dans un cas, comme dans l'autre, on rentre immédiatement dans la peau du perso.

Comme Belara, ce chapitre sonne comme une pause. Une pause bienvenue après tous ces événements qui nous ont transportés avec eux, chamboulés, inquiétés. Un moment de lecture, un peu hors du temps qui permet de remettre les choses à plat en quelque sorte.
dcelian
Posté le 17/02/2021
Merci !!!

Et tant mieux si on se met à la place des deux personnages. Je voulais créer cette opposition sans pour autant que l'un d'entre eux paraisse "gentil" et l'autre "méchant", je voulais que ce soit un peu plus complexe que ça, tant mieux si c'est réussi !
Effectivement, Gaëlle et Soa sont dans un moment de creux, un moment un peu vide. Ils ont dépensé tellement d'énergie en si peu de temps que le retour à la réalité, à son calme irréel, ça les déstabilise un peu.

C'est vrai que ce chapitre sonne comme un interlude, une petite pause. C'était aussi mon idée ! Je pense pouvoir dire qu'on va commencer à rentrer dans le vif du sujet, dans le vif de l'intrigue. Oui, "enfin", oui ! Il était temps, haha ^^'
Belara
Posté le 15/02/2021
Hello !
Bon, je n’ai pas attendu tant de temps pour rien :p Dans le chapitre précédent, je disais qu’on ne s’ennuyait jamais avec toi. La plupart de tes parties contiennent des scènes d’action haletantes, voire même à couper le souffle. En ce qui concerne celle ci, je la prends un peu comme un interlude. Même si ta narration est toujours est toujours très « équitable » (dans le sens où, selon moi, il y a juste le bon mélange entre description et dialogues), ici on retrouve une partie exclusivement introspective.
Je m’imagine enchaîner d’une traite ton histoire et ce chapitre, c’est la pause. Je peux réfléchir à ce que j’ai vécu avec Gaëlle et Soa a Grimard, inventer des théories... et c’est très agréable.
Je ne vais pas revenir sur ta plume et son rythme si particulier parce que tu sais à quel point je l’admire et ce, davantage à chaque chapitre.
Bref, je crois que tu me surprendras toujours :p

PS : j’ai deconné, j’ai lu le chapitre le jour de la sortie. Tu veux pas nous pondre une petite partie à la Silas histoire de patienter ? Ahahah
dcelian
Posté le 17/02/2021
Salut !!
Hahaha, comme je te comprends. Patiennnnce, patience. Si tu veux que la suite soit réussie, il faut bien me donner ce temps ;)
C'est drôle que t'aies employé le mot "interlude", parce que c'est exactement par ce terme que j'ai qualifié le chapitre, en réponse au commentaire de Sklaërenn !! C'est exactement ça, oui. C'est un petit instant d'introspection et de doute, c'est une pause dans le rythme effréné de l'action et une ouverture (voire une incitation !) à la réflexion et à tout ce qu'elle engendre.
Merci encore pour tous tes compliments sur le rythme et le style, ça me touche énormément.
Et désolé, mais pas d'interlude pour cette fois, il va falloir s'accrocher x)
Bon courage !

PS : normalement je m'attaque à ton chapitre ce soir !
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