Chapitre 9 : La salle de musique

Par Mary

Chapitre 9

La salle de musique

 

 

 

 

Trois semaines se sont écoulées depuis la visite d’Iris. Stone et moi, à force de travail, sommes presque arrivés à la fin de la bibliographie. Le plus dur reste devant nous. Il va falloir reprendre tous les calculs de Le Verrier et des autres, les adapter à la situation, bâtir les équations, et ensuite… c’est vertigineux. Le tableau du bureau est déjà couvert d’idées écrites à la va-vite et jetées pêle-mêle pour qu’on ne les oublie pas. Avec l’aide de Wellington et de Miss Cherry, nous avons dactylographié la majorité des feuillets. Toutes les parties mathématiques, en revanche, seront rédigées à la main.

Stone s’est également chargé des démarches administratives pour le concours. L’accusé réception de mon formulaire d’inscription nous est parvenu il y a quelques jours. Comme prévu, pour tout le monde, je ne suis que A. Langley. Cette solution me convient, je la trouve prudente. De plus, elle évite qu’on me relie directement à mes parents. Je pourrais tout aussi bien être un neveu éloigné plutôt que leur fille.

Ce midi, Stone arrive au déjeuner avec une mine sombre que je ne lui connais pas. Il s’assoit et annonce :

— J’ai le grand déplaisir de vous faire part de la visite de Lord Bancroft en début d’après-midi.

Adrian se crispe et Kenneth, terminant de servir une purée de brocolis, demande inopinément :

— Dois-je empoisonner le thé ou voulez-vous attendre encore un peu ?

Interdite, je me retourne vers l’aristocrate qui m’adresse un maigre sourire :

— Nous vous inquiétez pas, Agathe, c’est une vieille blague qui court entre nous depuis l’université.

— J’en conclus que vous ne l’aimez pas ?

Il installe posément sa serviette de table sur ses genoux avant de joindre les mains :

— Connaissez-vous Lord Bancroft, Agathe ?

— De réputation, seulement. Mon père est son notaire, il gère ses biens immobiliers et ses placements. Il a même été invité à son mariage, il y a trois ans.

— Les Bancroft sont nos plus puissants voisins avec les Rutherford. Peter et moi nous sommes croisés durant toute notre enfance sans jamais vraiment nous entendre. Nos relations ont fini de se dégrader définitivement à l’université. Il occupe désormais la chaire du département de sciences physiques qui me revenait avant que je renonce à l’enseignement et possède de nombreux appuis au Parlement. Dans la lettre qui m’annonçait sa venue, il me fait également part de son propre parrainage pour un de ses étudiants. Notre rival s’appelle Mark Selby et travaille à un projet de biologie. La thématique est on ne peut plus d’actualité depuis les découvertes de Darwin, je ne vous apprends rien. On découvre de nouvelles espèces de plantes et d’animaux tous les jours. Je pense que Lord Bancroft a eu vent du dossier que nous avons déposé et qu’il a deviné qui se cache derrière A. Langley.

— Croyez-vous que cela devienne un problème ?

Je vous en prie, dites-moi que non.

— Non. Sa visite ne s’éternisera pas. Le connaissant, il vient fanfaronner et glaner quelques renseignements. Ça ne lui rapporterait rien de faire courir le bruit que vous êtes une femme. Les règles du concours ne l’interdisent pas.

Pas officiellement, du moins.

— Quoiqu’il en soit, poursuit Stone après une bouchée de poulet, même s’il ne voit pas en vous une menace, je vous intime la plus grande prudence. C’est un fin politique. Il ne parraine pas cet étudiant au hasard.

— Vous songez à un arrangement ? Un pot-de-vin ?

— Cela ne m’étonnerait guère.

Alors c’est ça, la communauté scientifique ?

Il se sert un verre de vin, les yeux rivés sur Adrian qui a l’air absent. Ma déception doit se peindre sur mon visage, car Stone soupire :

— Qu’on le veuille ou non, la science marche main dans la main avec la politique. J’espère que cela changera un jour, mais le cœur des hommes est corruptible par essence, aussi noble que soit son but.

Le déjeuner demeure sinistre jusqu’à la fin. Je peine à terminer mon assiette tant cette situation m’écoeure — et ma naïveté par la même occasion. Je ne sais pas ce que je m’étais imaginé. Apparemment, la recherche devient une marchandise. Au lieu de rassembler les hommes, de les réunir pour les faire tendre vers un idéal de connaissances, elle diviserait ? Elle les monterait les uns contre les autres, serait aussi esclave de la cupidité et des petits jeux de pouvoir ? L’hédonisme ambiant de Rosewood Manor me fait parfois oublier le monde extérieur.

Le fiacre arrive à 14 heures précises. Son occupant n’est pas encore entré que l’attendons tous les trois dans le vestibule. Stone affiche une placidité à toute épreuve et Adrian se tient derrière, droit comme un I. J’ignore ce qui s’est passé entre la famille de Stone et Lord Bancroft, mais la rancune a l’air sévère. Kenneth ouvre la porte sur un homme grand et massif d’une cinquantaine d’années, aux yeux renfoncés et aux favoris grisonnants :

— Bonjour, Stone.

— Lord Bancroft, le salue simplement Stone en redressant la tête.

Bancroft pose son regard sur chacun d’entre nous et confie son gros manteau de laine brune à Kenneth d’un geste empressé.

— Je constate que tout le monde est là. Adrian. Et voici donc votre nouvelle petite protégée, à ce qu’on raconte. Miss A. Langley, si je ne me trompe pas ?

Le dédain dans sa voix me fait grincer des dents, mais je parviens tout de même à m’incliner légèrement :

— C’est exact. Ravie de faire enfin votre connaissance, Lord Bancroft. J’ai beaucoup entendu parler de vous.

Le coin de ses lèvres réprime un rictus :

— Votre père se fait un sang d’encre à votre sujet. 

— Si nous passions dans mon bureau, Lord Bancroft, intervient Stone. Nous y serons plus à l’aise.

Il entraîne son hôte à sa suite et en s’éloignant, celui-ci nous toise une dernière fois. Quand ils sont hors de vue, je me dirige vers la bibliothèque à grands pas :

— Qu’il est désagréable ! Et hautain ! Papa m’avait dit qu’il n’avait pas toujours le caractère facile, mais quel rustre ! Adrian, que diriez-vous d’un thé dans la bibliothèque ? Et sans strychnine, de préférence.

Je me retourne, mais Adrian s’est volatilisé. Je hausse les épaules et m’enferme au milieu des livres.

Miss Cherry m’apporte avec gentillesse une minuscule théière solitaire, ornée de grosses pommes rouges, avec une tranche de citron. Je me replonge dans la Femme en blanc de Wilkie Collins, dont j’ai du mal à me détacher. Je me suis découvert un goût pour la littérature à suspense. N’ayant pas retrouvé d’autres lettres dans les livres que j’ai empruntés ou qu’Adrian m’a conseillés, j’ai abandonné l’idée de lever le voile sur ce mystère. Je voulais demander à Stone, mais l’occasion ne s’est jamais présentée malgré toutes nos heures passées dans le bureau. Son côté professoral ressort de plus en plus, il semble y prendre beaucoup de plaisir et moi aussi : il a le don d’expliquer les notions complexes et mes progrès sont spectaculaires.

Le nez dans mon roman, au moment où Marian se rend compte de l’influence désastreuse du Comte Fosco sur Sir Percival, j’entends du bruit derrière la cloison et me lève en maugréant :

— Lancelot, tu es agaçant à la fin…

Ce chat me fait sursauter chaque fois qu’il gratte, c’est-à-dire une à deux fois par jour. Depuis qu’il a compris que je lui ouvrais systématiquement, c’est à croire qu’il a décidé que cette porte était l’unique sortie de la maison. Souvent, il demande à rentrer pour au final rester planté là, la queue élégamment enroulée autour de ses pattes, juste pour la satisfaction de constater que son issue de secours est toujours disponible.

J’appuie sur le loquet et tire le pan de mur vers moi, mais pas de Lancelot. À la place se trouve…

— Adrian ?

Il met un doigt sur ses lèvres et s’enfonce un peu plus loin dans l’obscurité. Intriguée, je le rejoins dans un recoin en refermant soigneusement la cloison derrière moi. Sans savoir pourquoi, je ressens le besoin de baisser la voix et chuchote :

— Que faites-vous ici ? Est-ce que Stone est au courant ?

— C’était son idée, me répond-il au creux de l’oreille. Maintenant chut.

C’est bien la première fois que nous nous retrouvons aussi proches et à mon grand étonnement, je dois reconnaître que cela ne me déplaît pas. Un mince filet de lumière filtre à travers une longue porte entrouverte et je réalise que nous ne sommes pas derrière les placards muraux du bureau, nous sommes à l’intérieur. Adrian s’appuie contre la paroi et écoute, concentré.

— Alors, Stone ? fait la voix de Lord Bancroft. Comment vont les affaires ? Vous songez à vous diversifier ? Vous pourrez bientôt ouvrir un orphelinat.

Je serre les poings, mais Adrian recouvre ma main de la sienne. Une brève vague de chaleur remonte le long de mon bras alors que Stone rétorque :

— Que me vaut le plaisir, Peter ? Vous n’êtes pas ici pour conseiller mes investissements. Allez droit au but.

— Au sujet de Miss Langley, son père fait tout pour éviter le scandale, mais la rumeur commence à se répandre qu’elle aurait quitté le giron familial. J’avais donc deviné juste, elle est bien votre candidate pour le concours de la Royal Society.

— En effet.

— Vous ne vous refusez rien.

— Cela ne vous regarde pas.

Au ton que Stone emploie, je comprends une chose cruciale : il hait cet homme. D’une haine froide et viscérale.

— Mark Selby est un jeune homme brillant avec un énorme potentiel. Vous auriez aimé l’avoir dans vos classes.

Et Bancroft le hait aussi.

— Que vous a promis sa famille en échange de votre nom sur le formulaire d’inscription ? demande calmement Stone en faisant racler sa chaise sur le parquet.

— Oh, voyons, je pensais que nous avions dépassé tout ça.

— Vous voulez l’appui de son oncle, Lord Cavendish, pour le nouvel amendement sur les lois du commerce avec l’Inde. Cela vous exonérerait d’une grande partie des taxes sur vos imports.

Il ajoute, après un temps de silence :

— J’ai moi aussi mes relations. Il m’a suffi d’un seul coup de fil.

— Je vous mets au défi de prouver vos allégations.

Stone soupire :

— Y a-t-il autre chose ? Je suis un homme très occupé.

— Je n’en doute pas. Je venais en réalité vous faire partager mon bonheur : mon épouse Jane attend un heureux évènement pour le début du mois de mai.

En quoi cela concerne-t-il Stone ?

— Les félicitations sont de rigueur, déclare-t-il.

À côté de moi, Adrian se laisse glisser lentement le long du mur, atterré.

— Merci beaucoup. Vous savez à quel point c’est important d’avoir un héritier lorsque l’on dirige un domaine aussi important. Vous n’êtes toujours pas marié, Stone ?

— À l’évidence.

Bancroft se lève de son fauteuil dans un froissement de tissu.

— Je dois malheureusement vous quitter. Vous saluerez vos deux petits protégés de ma part ?

— Je n’y manquerais pas. Ne m’en voulez pas si je ne vous raccompagne pas, vous connaissez le chemin.

Adrian se redresse, le visage fermé, me bouscule presque et m’entraîne plus loin dans le passage sans prononcer le moindre mot. Nous rejoignons un vieux couloir pour les domestiques poussiéreux qui, après trois angles abrupts, nous fait déboucher dans le petit salon dont les portes-fenêtres sont grandes ouvertes. Kenneth, un minuscule arrosoir à la main, inspecte la floraison prochaine du jasmin dans le jardin d’hiver. En nous voyant débouler de l’intérieur du mur, il s’interrompt :

— Bancroft est parti ? Je vais faire du thé.

J’attends qu’il ait quitté la pièce avant de demander enfin :

— Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi écoutez-vous aux portes ? Qu’est-il arrivé entre Stone et Bancroft ?

Entre un ficus aux proportions généreuses et une grosse azalée en pot, Adrian regarde fixement un point au-delà de la verrière et reste silencieux.

— Adrian ?

Sa voix est encore plus grave que d’habitude lorsqu’il répond :

— Je ne suis pas le cousin de Stone.

— Je vous demande pardon ?

— À vrai dire, je n’ai même aucun lien de parenté avec lui.

— Je ne vous suis pas.

— Je suis le fils de Lord Bancroft. Ou plutôt, sa punition.

Je m’assois lentement dans un fauteuil en osier. Comment peut-on être la punition de quelqu’un ? Adrian se retourne vers moi ; ses yeux brillent et je crois bien qu’il serre les mains dans son dos pour masquer leur tremblement.

— Que voulez-vous dire ?

— Ma mère était domestique chez les Bancroft. Je suis un bâtard. Quand je suis arrivé, le patriarche a ordonné à son fils de m’entretenir, pour qu’il ne fasse plus jamais l’erreur d’engrosser une servante et qu’il se souvienne de la leçon. Mon père n’a pas eu d’enfant de son premier mariage, on m’a donc fait comprendre que je serais l’ultime recours des Bancroft. Je suis devenu un investissement comme un autre ; c’est uniquement pour cette raison que j’ai eu droit à des études. À la mort de sa première femme, il a choisi d’en épouser une autre, bien plus jeune, capable de lui donner un héritier. Si le bébé s’avère être un garçon, il sera enfin débarrassé de moi.

Son amertume me déchire. Kenneth arrive avec le thé et je m’entends souffler la pire des réponses possibles, faute de mieux :

— C’est horrible.

— Pardonnez-moi, Agathe. J’ai besoin d’être seul un moment.

— Adrian…

Il traverse le jardin d’hiver en quelques pas rigides et croise Stone dans le petit salon qui s’avance en rajustant son gilet. J’ai les larmes aux yeux quand il se laisse tomber sur la banquette en face de moi et nous sert une tasse de thé à tous les deux :

— J’en déduis qu’Adrian vous a informé de sa situation.

— Comment peut-on faire ça ? C’est odieux.

Stone ajoute un morceau de sucre dans sa tasse. Pendant quelques instants, le tintement de la cuillère contre la porcelaine se répercute dans la pièce. La véranda baigne dans la lumière pâle et triste de l’après-midi. Au-dessus de nous, les nuages hésitent à faire tomber la pluie.

L’aristocrate prend enfin une longue inspiration :

— Sa mère était une fille du village dont la tante œuvrait ici en tant que femme de chambre. C’est comme ça que j’ai eu vent de l’existence d’Adrian. Il se trouve que j’ai moi-même des griefs particuliers contre Peter, dont je ne vous parlerai pas maintenant. Quand la mère d’Adrian est morte l’année dernière, je lui ai proposé de s’installer ici, c’était plus sûr et ça me donnait un avantage contre Peter. Et maintenant que sa nouvelle femme est enceinte… Légalement, Adrian n’aurait aucun droit sur le titre et la fortune même si son père le reconnaissait officiellement. Cela dit, avec les bonnes personnes, il est aisé de concevoir un faux contrat de mariage daté de quelques mois avant sa naissance. Ce ne serait pas une première.

Pour être honnête, je n’écoute qu’à moitié. Je trouvais Adrian taciturne, je le pensais d’un caractère timide, mais j’étais loin d’imaginer un tel désastre. Comment se construire quand depuis le début de votre existence, vous n’êtes qu’un enfant de secours ? Celui qu’on oublie jusqu’au jour où on en a besoin ? Comment se reconnaître quand on vous fait comprendre que vous n’avez jamais été désiré, aimé ? Pire, que vous n’êtes qu’un fardeau destiné à punir quelqu’un d’autre ? Cela me retourne l’estomac. Je repose ma tasse de thé, la gorge serrée.

— Y a-t-il quelque chose à faire ?

— Rien en notre pouvoir, pour le moment.

Son ton m’intrigue. Me cacherait-il quelque chose ? Quelles sont les raisons de cette haine qu’il porte à Lord Bancroft ?

— Venez avec moi, Agathe.

Il se lève et je le suis dans le couloir, devant la salle de musique d’où s’échappent quelques notes assourdies. Jusqu’à présent, je ne m’étais pas rendu compte à quel point la pièce était insonorisée. J’ai déjà entendu parler de ce procédé : on rembourre un espace entre les murs de tissu compacté, de vieilles couvertures et autres bouts de laine. Stone tourne le bouton de porte en s’efforçant de faire le moins de bruit possible et le son se répand soudain dans tout le couloir.

Le dos tourné, penché sur le piano, Adrian joue. Je reconnais cette musique qui me reste parfois en tête depuis plusieurs semaines, sans que je parvienne à savoir d’où elle vient. Une mélodie qui aurait pu être joyeuse si elle n’était pas jouée avec tant de mélancolie, qui me fait néanmoins chavirer le cœur. C’est donc ici qu’il disparaît tous les après-midi ?

— Splendide, n’est-ce pas ? souffle Stone derrière moi, de la tristesse plein la voix. C’est ce qui arrive quand un homme de lettres n’arrive pas à mettre des mots sur sa propre douleur.

L’aristocrate s’éloigne, me laissant seule spectatrice. Je regarde Adrian déverser sa souffrance, effleurant, appuyant, caressant le clavier. Son corps, d’habitude si raide, ondule au rythme du mouvement de ses grandes mains sur les touches. La nuance des noires, l’intransigeance des blanches ; l’instrument prend vie sous ses doigts. La musique vibre dans ma poitrine, résonne, avec une telle intensité que je prendrais presque peur.

Je recule d’un pas, puis de deux. Je remonte à ma chambre, le ventre noué, et éclate en sanglots dès la porte fermée. Je n’ai aucune raison de pleurer, pourtant les larmes ne s’arrêtent pas et roulent sur mes joues sans que j’aie la moindre emprise sur elles.

Une fois calmée, je rallume le feu dans la cheminée. La nuit tombe doucement sur Rosewood Manor et les premières étoiles apparaissent déjà. Le mince sourire d’un croissant de lune se dessine par-dessus les cimes des arbres. Dans mon fauteuil tourné vers la fenêtre, je guette les premières constellations, perdue dans mes pensées. L’horloge tinte 18 heures et après m’être repoudré le visage pour présenter un teint correct, je descends pour dîner.

Dans le couloir, je croise Tillie qui porte une énorme et appétissante daurade au fumet citronné et lui ouvre la porte de la salle à manger. Stone arrive un instant après, suivi par Adrian quelques minutes plus tard. Nous devons tous les trois faire peine à voir. Je songe aux évènements de cet après-midi ; je préfère me taire plutôt que de tenter des paroles réconfortantes. J’en ai pourtant très envie, mais je ne formule jamais les choses comme il le faudrait et je ne veux pas blesser Adrian. De plus, je présume qu’il ne souhaite pas s’appesantir sur le sujet.

Sans surprise, Stone aborde des banalités et lance quelques plaisanteries pour détendre l’atmosphère, sans grand succès. Pour finir, il se tapote les lèvres avec sa serviette de table :

— Afin de terminer cette journée sur une note plus joyeuse, je vous annonce que Kenneth, Martha et moi avons décidé de commencer dès maintenant les préparatifs du bal de l’automne.

J’en laisse tomber ma fourchette :

— Le bal de l’automne ?

Je n’ai jamais aimé les bals.

— On le dit de l’automne, mais en réalité, il a toujours lieu début décembre. C’est une délicieuse tradition à Rosewood Manor depuis trente ans. Pour l’occasion, nous réunissons toute la noblesse de la région et dansons jusqu’à l’aube. Certainement un de mes évènements préférés de l’année !

Ça promet.

À voir la tête qu’il fait, Adrian a l’air tout aussi emballé que moi.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Pluma Atramenta
Posté le 22/06/2020
Miam ! Ton livre est un régal !
Et ce bal... Hâte de savoir à quoi cela consiste, j'ai comme le pressentiment que l'intrigue va se ramifier avec cette cérémonie... Bravo ! Tu as vraiment du talent pour écrire !
Puisse le vent de l'inspiration te souffler au visage ^^
Pluma.
Mary
Posté le 22/06/2020
Merci beaucoup à toi pour tes commentaires <3
Ah oui, le bal, il va y avoir pas mal d'avancées oui. Forcément.
Hinhinhin

À bientôt !
Eulalie
Posté le 14/05/2020
Voilà un chapitre engagé ! Science sans conscience tout ça tout ça...
J'aime de plus en plus voir apparaître les liens entre les personnes comme un réseau d'araignée. Comme c'est terrible pour Adrian. Je crois que tu as su trouver les mots justes pour transmettre ce qu'il faut d'émotion et de drame sans trop en faire.
Ce Lord Bancroft m'intrigue beaucoup plus que Stone. J'espère qu'il n'est pas trop méchant et que Stone n'est pas tout blanc en face. J'aime bien les personnages un peu gris.
Un bal ! C'est toujours lors d'un bal que l'intrigue prend sa vraie ampleur. J'ai hâte de savoir avec qui chacun va danser ! (mode groupie activé)
Mary
Posté le 14/05/2020
Voilà :D Le passage de Monsieur au CNRS a laissé des traces de mon côté (et du sien aussi).

Aaah ça me rassure, honnêtement, j'ai craint un long moment de tomber dans le mélodrame dégoulinant.
Tu verras ça :p En attendant, il y a un bal à préparer haha.
À bientôt pour la suite !
Sorryf
Posté le 28/04/2020
Ohh pauvre Adrian :-( J'aime beaucoup cette révélation sur son passé, inattendue et originale. Comme Alice, je note maintenant qu'on peut shipper Adrian et Stone xDDD
Je me demande ce qui se passera si le bébé a naitre est une fille ? Qui est le plus fardeau, poids et inutile entre un batard et une fille, dans cette société ? T.T
Je suis intriguée par Selby le rival, et aussi un peu par Euphemia, je me demande si elle apparaitra tot ou tard, j'adore toujours avoir des infos sur elle.
Iris, au chapitre précédent, m'a beaucoup plu ! elle a l'air super !
Mary
Posté le 28/04/2020
Hahaha je crois que Léthé revendiquera la création du ship Stone x Adrian (et d globalement tous les ships possibles incluant Stone XDD)
Il n'est pas prévu qu'Euphemia apparaisse vraiment, désolée de te décevoir. Il faut dire qu'Agathe et elle n'ont pas grand-chose en commun et discutent peu.
Merci de ton retour, j'avance lentement mais sûrement sur le chapitre 10 !
Alice_Lath
Posté le 26/04/2020
DONC, shiper Adrian et Stone, c'est donc pas de l'inceste... Intéressant... Nan, je dis seulement ça pour une amie huhu enfin, je sens qu'Agathe le trouve fort intéressant le bonhomme, c'est vraiment mignon. Sacré Adrian La Chaleur, il les fera toutes tomber. Très bon chapitre à nouveau en tout cas, et j'ai hâte de voir ce bal, surtout que si Stone est excité à cette idée, c'est qu'il doit vraiment être très cool à vivre.
Mary
Posté le 27/04/2020
J'ai un vague souvenir d'avoir eu une discussion à ce sujet, oui...>< Je suis heureusement que ce soit mignon. J'espère réussir à ne pas tomber dans le niais.
On dirait pas comme ça, mais Stone adore les grandes fêtes, en vrai ;)
Merci de ton commentaire et à bientôt pour la suite !
Isapass
Posté le 26/04/2020
Aaaaaaah on en sait enfin plus sur le bel Adrian ! Pauvre vieux ! C'est vrai que c'est pas un super départ dans la vie, tout ça, même si il a quand même pu bénéficier d'une éducation universitaire.
D'abord, j'ai cru, que l'annonce de Bancroft concernait l'épouse, Jane. Je me suis demandée s'il ne l'avait pas piquée à Stone (Adrian aurait accusé le choc par empathie). Or, comme je suis persuadée que Stone est gay, ça remettait en question toutes mes hypothèses :) Mais finalement, elles tiennent toujours !
Il y a quand même un petit truc qui m'a marquée : Stone dit à Agathe qu'il a recueilli Adrian "pour avoir un avantage sur Bankroft" (ou un truc comme ça). Même si je ne doute pas que c'est avant tout par humanisme, c'est quand même pas terrible d'instrumentaliser encore ce pauvre garçon !
Bon sinon, chapitre riche en émotions et qui finit sur cette curieuse annonce : je ne m'attendais pas du tout à ce que Stone donne un bal ! Surtout en invitant toute la noblesse du coin avec laquelle il ne semble pas très en conformité... Voilà qui laisse augurer encore de belles surprises.
Détails :
" Son occupant n’est pas encore entré que l’attendons tous les trois dans le vestibule." : il manque un "nous"
"Miss Cherry m’apporte avec gentillesse une minuscule théière solitaire, ornée de grosses pommes rouges, avec une tranche de citron." : j'enlèverais la virgule après "solitaire" (yep : surpinaillage)
"Sans savoir pourquoi, je ressens le besoin de baisser la voix et chuchote :" : comment ça "sans savoir pourquoi" ? Ben, Adrian vient de lui faire signe de se taire, quand même ;)
"Nous rejoignons un vieux couloir pour les domestiques poussiéreux" : je conseillerais "un vieux couloir poussiéreux pour les domestiques", sinon, on croit que ce sont les domestiques, qui sont poussérieux. D'ailleurs, est-ce nécessaire de dire que c'est pour les domestiques ? Tu l'as déjà dit dans un chapitre précédent et en plus, s'il est poussiéreux, j'imagine que les domestiques actuels ne l'utilisent plus, non ?
A+
Bisous !
PS : comment tu as fait pour que ton chapitre s'affiche sur toute la largeur de l'écran ?! O_o
Mary
Posté le 26/04/2020
Hello !

Tu soulèves plein de points trèèès intéressants, sur lesquels je ne peux malheureusement pas te répondre pour le moment :p

Le bal, c'est plus par tradition que par conviction, mais Stone aime bien faire de grandes fêtes de temps en temps.
J'ai hésité à mettre l'annonce maintenant, puis finalement je me suis dit que la surprise n'en serait que plus grande et que ça allégerait le texte niveau émotion vu que l'histoire d'Adrian est pas vraiment drôle.
Merci pour les pinaillages ! Pour le texte, c'est un bug que j'arrive pas à corriger. En fait, pour chaque chapitre, j'écris sur Scrivener, je copie dans Word pour passer à Antidote, et puis je recolle depuis Word dans Scrivener et dans FPA pour la version finale. Je pense que c'esr un problème de compatibilité des marges, mais j'arrive pas à faire autrement (ou alors faut que je refasse toute la mise en page).
Bisous et merci de ton retour !
Isapass
Posté le 26/04/2020
C'est bizarre, je fais exactement comme toi et ça ne m'a jamais fait ça. Quand tu colles dans FPA, tu copies à partir de word ou de scrivener ? Moi je copie à partir de Word.
Ceci dit, ce n'est pas désagréable de lire sur toute la largeur de l'écran, hein !
Mary
Posté le 26/04/2020
À partir de Word. C'est très bizarre, surtout qu'au début, ça ne le faisait pas.
En soi ce n'est pas gênant quand tu lis sur ordi, mais sur téléphone t'es obligé de dézoomer au max.
peneplop
Posté le 24/04/2020
Hello !
Je prends toujours beaucoup de plaisir à te lire. Je lis Soeurs sorcières en ce moment, et je retrouve un univers similaire au tien. D'ailleurs, il y a un passage qui fait écho au rapprochement des corps d'Agathe et d'Adrian... Hi hi. Je me suis demandée pourquoi ce garçon si en retrait choisissait tout à coup de partager son secret avec Agathe ? Cela doit demander du courage.
J'ai adoré le passage dans le salon de musique, ce qui explique cette mélodie qui tourmente Agathe ;) C'était très bien écrit, je comprends qu'Agathe soit aussi touchée.
L'annonce des préparatifs d'un bal me plaît bien, contrairement à Agathe et à Adrian !
Concernant l'intrigue, je me questionne toujours. Je ne sais pas si je dois m'attendre une aventure basée sur la quête d'une reconnaissance du féminin, d'une histoire d'amour ou bien peut-être d'une histoire fantastique avec une maison révèle d'autres secrets... J'ai hâte !
Mary
Posté le 24/04/2020
Re :p
Merci ! Je connais pas du tout Soeurs Sorcières, je regarderai.
Pour Adrian, ben, vu la scène à laquelle elle vient d'assister, je pense qu'il vaut mieux lui expliquer. De toute façon, elle aurait fini par l'apprendre. Et puis...je pense aussi qu'Adrian n'a pas envie de lui cacher.
Les intrigues, tu verras, mais c'est vrai elles sont très entremêlées ;) Par contre, je le dis d'emblée, il n'y aura pas de fantastique - même si le lieu s'y prêterait.
On en rediscute quand tu veux !
À bientôt pour la suite !
Mary
Posté le 24/04/2020
Re :p
Merci ! Je connais pas du tout Soeurs Sorcières, je regarderai.
Pour Adrian, ben, vu la scène à laquelle elle vient d'assister, je pense qu'il vaut mieux lui expliquer. De toute façon, elle aurait fini par l'apprendre. Et puis...je pense aussi qu'Adrian n'a pas envie de lui cacher.
Les intrigues, tu verras, mais c'est vrai elles sont très entremêlées ;) Par contre, je le dis d'emblée, il n'y aura pas de fantastique - même si le lieu s'y prêterait.
On en rediscute quand tu veux !
À bientôt pour la suite !
Prudence
Posté le 23/04/2020
Je n'ai pas commenté les chapitres précédents parce que je n'avais rien à dire. Je n'ai toujours rien à dire, mais bon, quand même. La fin est, juste, ben, tellement drôle ! Je veux la suuuiiite ! XD
A big big bravo ! X))

Petite remarque (mais alors minuscule) : la transition entre "les sanglots" et "le retour au calme" (je m'exprime très mal mais c'est compréhensible, hein?) est, selon moi, un peu trop brutale. Mais c'est tout.

A bientôt ! :-D
Mary
Posté le 23/04/2020
Hello ! Merci de ton retour et des compliments <3
Pour moi aussi, c'est un peu court, mais je n'ai pas trouvé mieux pour le moment - je pense que j'avais aussi un peu la flemme de chercher XD
À bientôt !
SalynaCushing-P
Posté le 23/04/2020
Coucou !
Juste une petite remarque, il serai peut etre plus juste de dire "Monsieur Darwin" que Darwin uniquement.
Sinon balance ta pique à la science mercantile et compétitrice! Et je suis d'accord avec toi ;).
Pas de grosse surprise pour Adrian en fait, il portait forcement quelque chose de peu banal. Au moins, c'est un bâtard "reconnu" qui en a profité. Mais c'est sur que c'est triste pour lui !
Mary
Posté le 23/04/2020
Coucou ! Hmm, je vais réfléchir à cette question du Monsieur.
Et pour la pique, bon, ça rejoint ce que je te disais l'autre jour ^^#
Oui, fallait bien que je vous explique qui était vraiment Adrian à un moment, hein. C'est compliqué, son affaire.
Merci de ton retour, à très vite !
Vous lisez