Chapitre 9 : La Cité Miraculeuse

Notes de l’auteur : Bonne lecture ! ^^

 

— Tu ne veux vraiment pas venir sur le pont ? Je suis sûre que ça te fera du bien.

Debout devant la porte verrouillée de la cabine d’Ariette, Mathilde faisait de son mieux pour la convaincre, en vain. Une voix faiblarde s’éleva derrière le panneau de bois, à peine audible.

— Désolée Mathilde… Je ne me sens pas très bien. Je préfère ne pas trop… m’éloigner de mon lit… et de ma bassine.

La musicienne piétina sur le pas de la porte, tiraillée entre son envie de passer plus de temps avec sa toute nouvelle amie et celle de la laisser en paix. Elle était pourtant persuadée qu’un grand bol d’air, sur le pont, aiderait à réduire son mal de mer. Mais la voix d’Ariette avait vraiment des intonations nauséeuses. On l’aurait crue sur le point de vomir à tout moment. Mathilde ne pouvait que compatir : elle s’était découvert le pied marin avec ce voyage. De peur de se froisser avec la Roturière, dont les nerfs étaient mis à rude épreuve, elle n’insista pas. Dans ce genre de situation, la patience est souvent réduite à néant. Elle lui souhaita un bon rétablissement le plus chaudement possible et en fut réduite à vagabonder sur le pont sans sa compagnie.

Elle ne s’ennuya pas néanmoins. Jusqu’au soir, elle reçut beaucoup de compliments des marins qu’elle croisait, et discuta même avec quelques matelots. Plusieurs jouaient d’ailleurs d’un instrument : harmonica, banjo ou encore accordéon. Sur le bâtiment, la musique constituait parfois leur seule distraction lors des longs trajets en mer.

Elle passa le gros de la journée en compagnie d’un mousse particulièrement bavard, du nom de Beathan Mc Ceallaigh. À peine plus âgé qu’elle, il avait l’air d’un gringalet dans son uniforme de marin qui bâillait de partout et sa dégaine d’adolescent dégingandé. Son visage et ses bras blancs étaient couverts de taches de son, et sa chevelure rousse bouclait dans tous les sens. Un bandana rouge dégageait son front, révélant une paire d’yeux plus bleus et vifs que l’océan lui-même. Agile comme un singe, il passait son temps à escalader les cordages tout autour de Mathilde, qui s’asseyait sur le bastingage pour l’écouter. Il semblait ne pas pouvoir rester en place plus de cinq minutes, tant il débordait d’énergie. Le seul moment où il parvenait à maintenir un minimum d’immobilité était lorsqu’il racontait des histoires. C’était un merveilleux conteur, et Mathilde flâna tout l’après-midi à ses côtés, à l’écouter raconter légende après légende. Originaire de Tarmax, il réalisait son rêver de voyager à travers le monde.

— Tu vois, Mathilde, lui expliqua-t-il en secouant ses boucles rousses. Ma famille est Noble, mais désargentée depuis bientôt deux générations. Je n’avais pas envie de devenir maître d’un domaine isolé dans les landes Tarmaxiennes. Mon frère cadet s’en chargera, s’il le souhaite, mais pour moi, rien ne vaut la vie au large.

Il avait l’air si heureux, si épanoui, que la violoniste grimaça, piquée par la jalousie.

— Ça doit être agréable de vivre son rêve…

Beathan lui adressa un sourire plein de fossettes et de taches de rousseur.

— Absolument ! C’est une liberté tellement enivrante ! Parfois je me sens si léger que je pourrais m’envoler avec les albatros.

Il fit quelques pas agiles, en équilibre sur le bastingage, puis se suspendit à un cordage, tête en bas. Son regard se porta vers la hune, en haut du grand mât, où la vigie effectuait son quart.

— Ça te dit d’aller faire un tour là-haut ?

Toujours ce même sourire enthousiaste… Mathilde n’avait jamais vu quelqu’un sourire autant. À part George peut-être. Oui, tout compte fait, ce Beathan lui rappelait son frère. C’était sans doute pourquoi elle appréciait tant sa compagnie.

— Ce n’est pas un peu dangereux ?

— Mais non ! Pas si tu fais ce que je te dis. Il suffit de bien s’accrocher aux cordages.

— Certes. Une tâche aisée.

Cette fois, il sentit l’ironie qui imbibait ses mots.

— Tu ne me fais pas confiance ?

Mathilde sourit, un peu amère. La hune se balançait avec le vent, toute petite vue du pont.

— Peut-être. Au bout de trois heures de discussion, je crois qu’on peut nous considérer comme proches.

— Tant mieux ! Alors, suis-moi.

Elle retint un petit rire. Il avait beau être un Noble déchu, il n’avait aucun instinct mondain, et presque tous ses sarcasmes lui passaient au-dessus de la tête. Sa naïveté avait quelque chose de rafraîchissant après avoir passé une semaine dans des réceptions guindées. Mathilde considéra sa proposition. Elle avait ses côtés alléchants, peut-être n’aurait-elle plus jamais l’occasion de monter sur la hune d’un bateau, après cela. Il n’y avait qu’un léger vent frais et la houle dorlotait tranquillement le navire. Aucune raison d’avoir peur. Elle céda.

— Enlève tes chaussures, remarqua Beathan en pointant ses souliers, tu auras plus de prise sur les haubans.

Prudente, Mathilde grimpa à la suite du mousse, s’agrippant solidement à l’échelle de corde. Plus elle montait, plus le vent forcissait, ébouriffant ses longs cheveux pâles et piquants de froid ses phalanges. Rien d’insurmontable, cependant. En gardant les yeux rivés sur les gestes de Beathan, elle réussit à atteindre la hune sans trop de difficulté. Sam Sulley, la vigie, les accueillit avec un petit grognement agacé.

— Qu’est-ce que vous fichez là, les mioches ? Vous avez rien de mieux à faire que de venir m’enquiquiner ?

— Bonjour M’sieur Sulley ! entonna joyeusement Beathan, toujours aussi insensible à la mauvaise humeur d’autrui. Je montre seulement à la violoniste de quoi a l’air la mer, vue de haut.

— T’aurais pas des tâches en retard ? Du genre cirer le pont ? Passer un coup de main au maître coq ?

Beathan prit un air offusqué.

— J’ai terminé mes corvées, et le maître coq n’a pas fait appel à moi. Le bosco m’a permis de faire visiter le navire à la Filleule.

La vigie haussa les épaules, secouant son grand corps maigre et tanné.

— Si le bosco l’a dit… Par contre, vous m’excuserez mam’zelle, mais je préfère que vous mettiez une longe de sécurité. Je me ferais écorcher vif si l’Ambassadeur vous retrouvait aplatie sur le pont.

Il mangeait tellement ses mots que Mathilde eut du mal à le comprendre. Elle passa tout de même sans rouspéter le harnais de sécurité improvisé autour de sa taille. Avec la hauteur vertigineuse du mât et les secousses des vagues, il la rassurait peut-être plus que la vigie. Les deux compagnons allèrent ensuite s’asseoir sur le bord de la plateforme, les pieds dans le vide, laissant la vigie à ses observations entrecoupées de grommellements.

Le soleil déclinait lentement à l’ouest, irisant de biais les vagues, qui n’étaient plus qu’étincelles. Quelques nuages moutonneux assombrissaient le large par pans entiers, donnant l’illusion d’une multitude de gouffres au milieu de l’eau. Beathan pointa à Mathilde l’horizon, juste en dessous du soleil.

— Tu vois cette ligne violette embrumée, au ras de l’eau ? C’est Impera. Nous l’atteindrons demain, dans le courant de la matinée.

— Ça paraît encore si loin… On dirait même qu’elle s’éloigne.

Elle baissa les yeux sur les remous écumeux qui ourlaient la coque du navire. Soudain, une forme grise effilée jaillit de l’eau pour replonger gracieusement dans le bouillon.

— Regarde ! qu’est-ce que c’est ?

Beathan avait les yeux plus brillants que jamais.

— Des dauphins.

— C’est bon signe, ça, acquiesça Sulley dans son coin. Ils se dirigent vers le Nord, on aura du beau temps.

— Savais-tu, reprit Beathan, qu’ils sont les gardiens des villes englouties ?

Mathilde secoua la tête, intriguée. Quelle nouvelle légende lui raconterait-il ? Il ne semblait jamais à court d’histoire. Son excitation se voyait à des kilomètres. Lorsqu’il commença à raconter, il s’immergea tellement dans son récit que sa voix semblait peindre des images sous les yeux de Mathilde.

— Il y a bien longtemps, sur une île au large de l’Archipel, un royaume dépérissait. Il ne pouvait rivaliser avec la puissance de ses voisins et son peuple sombrait peu à peu dans une pauvreté dévorante. Jalouse de la réussite de ses concurrents, Myriam Hudad, la fille du roi, se tourna vers une obscure magie pour remédier à la décadence de son île.

Beathan baissa le ton et la tête, pour se donner l’air grave.

— Myriam en appela aux Sylphes pour qu’ils lui viennent en aide, et recouvrit son pays d’une bénédiction éternelle. En échange, elle offrit la déchéance des royaumes voisins. En quelques années, son commerce fleurit, sa richesse augmenta. Les années passant, son île devint la plus puissante de toutes. De l’autre côté, l’Empire et la Finkadie rencontraient de plus en plus de difficulté à se maintenir à flot et les îles périphériques de l’Archipel sombrèrent dans la misère. C’était un temps de désolation où seule brillait cette île comblée de bienfaits. Non seulement elle s’enrichissait, mais son peuple se voyait doté de pouvoirs extraordinaires. On surnomma leur royaume « l’île miraculeuse ».

Il gesticulait en parlant, pour mettre l’accent sur ses paroles, une manie que partageait Mathilde lorsqu’elle était passionnée.

— Pendant cent ans, elle prospéra tandis que les autres pays déclinaient. Bientôt, il ne resta plus d’eux qu’un lointain souvenir de leur grandeur passée. La vengeance de la princesse était totale. Grâce à ses pouvoirs, elle était restée aussi jeune et belle que le jour où elle avait lancé son sort, et elle régnait en maîtresse incontestée sur son royaume, indétrônable. La Finkadie supplia l’Archipel de bien vouloir s’allier avec elle, une unique fois, pour vaincre leur ennemi commun.

Mathilde haussa les sourcils.

— L’Empire et la Finkadie, unis ?

Beathan hocha la tête avec un petit sourire entendu.

— C’est ce que raconte la légende, mais ce n’est qu’une histoire bien sûr. C’est probablement pour ménager un effet de surprise.

— Ça fonctionne… rien que l’idée d’une alliance entre nos îles et le continent me fait rire, tant elle est absurde.

Beathan, sans se départir de son sourire, lui donna un petit coup de coude.

— Je peux continuer ?

Mathilde leva les mains, amusée.

— Oui, bien sûr, vas-y.

— Bon, où en étais-je… ah oui, l’alliance ! Donc les deux éternels rivaux se réunirent en secret pour établir un plan. Comment vaincre l’île miraculeuse ? Leurs armées, même conjuguées, ne viendraient pas à bout de l’armada constituée par celle qu’ils appelaient « la Sorcière Hudad ». Il leur fallait trouver autre chose. Le représentant de l’Empire eut alors une ingénieuse idée. Si la force n’en venait pas à bout, la ruse y parviendrait.

Prise par l’histoire, Mathilde buvait ses mots et le garçon, conscient de l’attention qu’il recevait, n’en devenait que plus expressif encore.

— Ils choisirent un espion talentueux et l’infiltrèrent sur l’île. Cet homme, un dénommé Longrad, était passé maître en manipulation et tromperie, et la nature lui avait accordé un physique particulièrement avantageux. Une fois sur l’île bénie, il s’arrangea pour rencontrer par hasard la princesse Myriam, et cela à plusieurs reprises. Il se fit remarquer par elle, la charma et entra peu à peu dans son quotidien. Après de nombreuses rencontres, la princesse tomba amoureuse de Longrad et finit par lui ouvrit les portes les plus secrètes de son palais. Longrad, prudent, ne lui forçait pas la main et la laissait faire le premier pas pour chaque étape de leur relation.

— Pas très recommandable, comme bonhomme, commenta Mathilde.

— Je te l’accorde. Mais il n’empêche qu’il réussit à la persuader de l’amener au centre de son palais, là où le sort avait été jeté, et où résidait le cœur du pouvoir de son pays. Longrad sut alors que l’heure était venue. En secret, il fit pénétrer sur l’île des soldats de l’Empire, pendant qu’il distrayait la Sorcière Hudad. L’escouade s’infiltra dans le château et détruisit la pièce centrale, qui emprisonnait les pays avoisinants dans la malédiction.

D’un coup, Beathan sauta sur ses pieds, faisant sursauter Mathilde.

— Au moment où le sceau magique fut détruit, l’île entière trembla. Les Sylphes, mécontents de la rupture du pacte, déchaînèrent leur courroux sur les habitants. Une tempête effroyable déferla sur les terres et les dévora avec violence. L’île coulait, et avec elle toutes ses richesses et ses habitants.

Les yeux tournés vers le large, Mathilde pouvait presque voir les propos de Beathan prendre vie sous ses yeux. Longrad fuyant le palais de la princesse, puis se réfugiant à bord d’un bateau pour échapper aux flots tumultueux. Elle imaginait sa peur panique de la colère des Sylphes, sa tristesse d’abandonner Myriam, de qui il avait fini par tomber amoureux lui aussi. Et puis elle vit surgir la princesse parmi les vagues, dressée sur le sommet le plus haut de l’île. Elle portait une longue robe blanche qui lui donnait l’air d’un fantôme dans l’obscurité. Désespérée, elle tendait les bras vers son aimé en l’appelant au secours. Le cœur de Longrad se brisa et il abandonna le navire de ses acolytes. À bord d’une barque, il brava la tempête pour la rejoindre.

« Montez, princesse. Sauvez votre vie ! »

Loin derrière, étouffées par le rugissement des vents, Mathilde entendait les voix des soldats qui le suppliait de revenir, de laisser la Sorcière à son sort. Mais Longrad, pris de folie, n’écouta que sa passion et tira la princesse des flots à la dernière seconde. Puis, il se débattit pour retourner au vaisseau, qui s’éloignait toujours plus, disparaissant parfois complètement derrière les vagues gigantesques. Plus il ramait, plus ils s’éloignaient. Leur embarcation s’emplissait peu à peu d’eau, ils coulaient. La princesse, ignorant qu’elle avait devant elle le responsable de ses malheurs, le prit entre ses bras.

« Rien ne sert de lutter, mon ami. Les flots ne retrouveront pas la paix tant que je vivrai. Les Sylphes veulent leur vengeance. »

« Je ne te laisserai pas mourir »

« Tu es revenu me chercher, serait-ce donc que tu veuilles périr à mes côtés ? »

« Tu ne mourras pas ! »

« Je meurs déjà. Mon pays est perdu, mon peuple noyé… »

Les vagues titanesques montaient autour d’eux, telle une muraille prête à les engloutir. Longrad, impuissant et plein de remords, embrassa la princesse une dernière fois.

« Alors mourrons ensemble. »

Les flots se refermèrent sur eux, et ils disparurent à jamais dans les profondeurs.

Beathan s’arrêta, laissant à ses mots le temps d’imprégner l’atmosphère. Peu à peu, Mathilde revint à la réalité, et posa ses yeux sur le mousse. Il soufflait d’avoir tant parlé, mais ses prunelles azur scintillaient toujours autant.

— Une fois les amants engloutis, acheva-t-il, la mer retrouva son calme et les soldats purent rentrer sereinement sur l’Archipel, tristes de la perte de leur chef, mais soulagés d’avoir pu vaincre la malédiction de la Sorcière Hudad. Depuis ce jour funeste, les marins passant au large de l’Archipel entendent parfois la plainte d’une femme lors des jours de tourmentes et gare à celui qui, en scrutant trop la mer, apercevra une femme en blanc debout sur les eaux. On raconte qu’elle vous enlace alors dans une étreinte mortelle pour vous emmener au fond de l’eau, rejoindre son pays englouti.

Mathilde réprima un frisson et applaudit Beathan, qui s’inclinait.

— Bravo ! C’est une belle légende, bien qu’un peu triste, et tu la racontes très bien.

Flatté, le garçon se rassit à côté d’elle.

— Elle est très connue sur Tarmax, tu ne la connaissais pas ?

Mathilde secoua la tête, agitant ses longs cheveux fluides.

— J’en ai peut-être entendu des versions, mais jamais aussi bien racontées. On l’appelle la Cité Miraculeuse, non ?

— Oui, c’est ça.

Il se pencha au-dessus du vide. Les dauphins sautaient toujours dans l’écume, profitant du sillage du bateau pour faire des cabrioles.

— J’ai toujours aimé cette histoire. Elle a un côté irrésistiblement dramatique.

— Tu as toujours évoquée l’île en la qualifiant d’une multitude d’adjectifs mais sans jamais dévoiler son nom, en possède-t-elle un ? l’interrogea Mathilde.

— Cela fait si longtemps que son nom s’est perdu, si bien que tu ne la trouveras presque que sous l’appellation « d’île miraculeuse », ou encore « bénie ». Il n’y a que dans de vieux livres de contes sur Tarmax que je l’ai vu nommée « Yslanta ».

— Joli nom. Je ne l’ai jamais entendu.

— Je te l’ai dit, il est très rare. De toute façon, quelle importance ? Ce n’est qu’une légende.

Mathilde hocha la tête, ne pouvant malgré tout s’empêcher de penser à ce que le conte disait des Sylphes. Dans cette histoire, on les prendrait facilement pour des esprits malfaisants, tout puissants, vengeurs. Quelle était la part de vérité dans ces paroles ? Y en avait-il seulement une ? Peut-être se creusait-elle trop la tête pour rien. Machinalement, elle songea qu’elle devrait jeter un coup d’œil dans le carnet de son père à propos d’Yslanta. Complet comme était son recueil de notes, il y avait sûrement quelque chose à en tirer. Perdue dans ses pensées, elle n’écoutait plus que d’une oreille les babillages de Beathan, les yeux perdus dans le vague. Le soleil se couchait à présent et la mer avait viré au gris, striée d’un orange vif sur les crêtes des vagues. En bas, on sonna la cloche du souper. Ce carillon sortit brusquement Mathilde de sa rêverie.

— Oh ! Je vais être en retard !

Elle bondit sur ses pieds. Une bourrasque secoua le mât et Mathilde bascula avec un cri d’horreur. D’un geste vif, Sulley agrippa sa longe et la retint, presque à l’horizontale au-dessus du vide. Doucement, il la ramena à lui et lui saisit fermement le bras. Mathilde était blême, les jambes flageolantes.

— Ça suffit avec vos petits jeux, les mioches, gronda la vigie. Beathan, fais-la redescendre illico avant qu’elle n’aille rejoindre tes deux tourtereaux de pacotille au fond de la mer. Et qu’elle garde sa longe jusqu’en bas ! Je serais plus tranquille.

Le mousse acquiesça, un peu choqué, son sourire effacé. Échelon après échelon, ils s’en retournèrent par les haubans. Mathilde éprouva un immense soulagement une fois qu’elle retrouva le pont et ses souliers. Beathan, mal à l’aise, lui demanda.

— Tu manges avec nous ce soir ? Pas vrai ?

À l’intonation hésitante de sa voix, Mathilde devina qu’il craignait que cet accident l’en dissuade. Mathilde s’empressa de le rassurer. Elle avait eu très peur, certes, mais elle n’avait pas vraiment risqué grand-chose, juste de se balancer au bout d’une corde avec une grosse frayeur. Cette sensation s’émoussait déjà, la laissant débordante d’adrénaline. Elle était si fébrile que ses doigts tressautaient contre son pantalon de tweed.

— Bien sûr que je viens ! Je ne manquerai ça pour rien au monde. Laisse-moi juste le temps d’aller chercher mon violon et j’irais vous rejoindre sur l’entrepont.

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Blanche Koltien
Posté le 19/01/2021
Mon dieu, ce chapitre m'a donné des frissons! L'histoire de la cité miraculeuse est si bien racontée! La transition entre la narration de Beathan et l'imagination de Mathilde est impeccable, et c'est un vrai plaisir!!
Si j'ai bien compris, les Sylphes n'ont pas l'air d'être très commodes, et quelque chose me dit qu'il vaut mieux éviter de se les mettre à dos...

A suivre!
Emmy Plume
Posté le 19/01/2021
Eh oui, cette histoire dégage une atmosphère tragique, qui met en garde contre l'utilisation irraisonné des Sylphes.

ça me touche que ce passage t'ai plu, parce que j'ai passé beaucoup de temps à réfléchir sur la manière de raconter cette histoire à l'intérieur même du chapitre ^v^'

Emmy
sOfie
Posté le 11/01/2021
Bonjour,
J'aime beaucoup ton histoire, elle est très prenante ! je suis préssée de voir la suite.

Je l'ai lu d'une traite depuis le premier chapitre ! Comme tu peux le remarquer je ne suis pas un pro de l'orthographe (c'est plutôt l'inverse) donc de ma part aucun conseil d'écriture.

Je voulais juste te dire qu'en tant que dévoreuse de livre je suis pressé de lire la suite! j'aime bien ta manière de décrire, de nous faire rentré dans la physiologie du personnages et de présenter se monde intriquant !

Bonne journée,
SOphie
Emmy Plume
Posté le 11/01/2021
Merci beaucoup SOphie pour ton commentaire ^^

Ne t'inquiète pas, je n'attends pas de mes lecteurs qu'ils corrigent toutes les erreurs que je sème derrière moi (il ne manquerait plus que ça ! XD). Pour moi, le simple fait que vous lisiez et appréciez ce que je lis me réjouie.

Tu as donc lu 9 chapitres d'un coup ?! Merci pour ta persistance (je sais que certains de mes chapitres sont longs ^^').

J'espère que la suite du voyage te plaira autant que le début ^^
A bientôt pour la suite =^v^=
sOfie
Posté le 12/01/2021
Oh non pour moi ce n'était pas trop long du tout ! J'vais plutôt envie que cela ne s'arrête pas ! J'attends avec impatience la suite !! Je suis nouvelle sur Plume d'argent du coup je ne sais pas encore si quand on mets un livre dans sa plie on est prévenue quand y a la suite mais je vais essayer d'être vigilante pour avoir la suite :) EN tout cas clairement ton histoire est prenante, j'ai pas arrêté d'y pensé depuis ;) bonne écriture ! et bon courage !
Emmy Plume
Posté le 12/01/2021
Je suis seulement sur Plume d'Argent depuis quelques mois (novembre je crois) donc j'en sais à peine plus. Je peux tout de même te confirmer que lorsque tu suis quelqu'un ou met un livre dans ta PAL, tu as des notifications à chaque update, donc don't worry.
Merci pour ton enthousiasme, ça me donne du courage pour écrire ! A la prochaine ^^^
Emmy
Hastur
Posté le 11/01/2021
Hello ! Ah c'était encore une fois un super moment de lecture !

Un chapitre tout calme quelque part qui nous emmène à la découverte du folklore de ton univers. La légende est particulièrement bien racontée :).

Pendant la lecture, je me suis fait la réflexion que ton approche des Sylphes, tels que tu nous les présentes et les mentionnes depuis le début de l'histoire me rappelle d'une certaine manière la façon dont sont traités les Chandrians dans Le Nom du Vent de P. Rothfuss. J'ignore si tu la lu, mais en tous les cas, cette manière de cultiver le mystère en mêlant les mentions qui ont l'air d'avoir un lien avec le réel et d'autres avec le légendaire, créer une atmosphère tout à fait intrigante autour des Sylphes qui fonctionne vraiment bien !

Ah quel plaisir de savoir que Mathilde a emporté son violon ! J'ai hâte de lire la suite :).

Mes petites notes:
"l’échelle de corde"
cordes dans la mesure où c'est un dénombrable ?

"piquants de froid ses phalanges"
piquant ?

"Je serais"
Je serai

A très vite pour la suite j'espère :).
Emmy Plume
Posté le 11/01/2021
Merci pour ton commentaire ^^

Je n'ai pas lu le livre dont tu me parles, je ne le connais même pas XD
Il me donnerait envie, maintenant que tu en parles, mais je vais m'abstenir pour le temps que j'écrirais cette histoire, pour éviter de puiser inconsciemment dans son univers. Si je ne le connais pas je risque moins de tomber dans des ressemblance trop gênante ^v<

Sinon, je suis contente que tu apprécies ce chapitre, et que lire la suite te donne envie =^v^=

Je m'en vais corriger toutes ces petites erreurs qui se sont glissées dans mon manuscrit (non mais! elles se croient où?), merci de me les avoir soulignées ^^

A bientôt pour la suite =>
Emmy Plume
Posté le 11/01/2021
MEA CULPA
il manque un chapitre... je me disais aussi, c'était bizarre... bref, je corrige ça tout de suite, désolé de t'avoir embrouillé >_<'
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