Chapitre 9

Notes de l’auteur : Bonsoir à tous :)

Pour ce chapitre, le narrateur change de point de vue, je vous laisse deviner lequel ;)

N'hésitez pas à venir faire un tour sur mon Instagram : https://www.instagram.com/_didi_vendrick/ pour en savoir plus sur mon univers !

À très bientôt j'espère et bonne lecture :D

Il a passé l’après-midi à poncer ces satanés volets. Ses mains sont couvertes d’ampoules, de crevasses. Le point positif, c’est qu’avec le beau temps, il peut profiter de faire ça en extérieur. Ça lui évitera d’avoir à nettoyer toute la sciure et les résidus de peinture. Il frotte le bois avec son papier à gros grains abrasif comme un damné et une écharde vient se planter dans sa main. « Merde ! » jure-t-il, énervé et fatigué. La vieille peinture est bien plus difficile à faire disparaître qu’il ne l’avait prévu, avec les années elle semble s’être imprégnée dans le bois, ce qui met, doucement, mais sûrement, le jeune homme à bout de nerfs.

Liam lève les yeux de son ouvrage, distrait par du mouvement un peu plus haut dans sa rue. C’est elle : Elena, sa jeune voisine. Il la voit régulièrement dans la rue partir ou revenir du travail ou de l’université, il ne sait pas vraiment. Elle vit, a priori, avec ses parents. Il les voit, eux aussi, de temps en temps, dans le quartier. Le père surtout, qui a l’air plutôt investit dans la communauté. Il le voit régulièrement discuter avec une voisine, en aider un autre dans ses petits travaux de jardinage ou de bricolage… La mère, en revanche, a l’air plus sauvage. C’est à peine si elle dit bonjour quand il la croise. Cette femme a toujours l’air tendue. Comme si toute la responsabilité du pays reposait sur ses épaules.

Elena est accompagnée d’une amie aux cheveux bariolés. Il parierait que c’est une artiste. Il ne comprend pas bien ce qu’elles font. De loin, il les voit coller des affichettes aux arbres, aux réverbères, aux panneaux de signalisation. En tous cas, pour une fois, il la voit sourire. Il en était venu à douter que ce soit possible. Cette pauvre fille a l’air tellement triste. Casque sur les oreilles, elle paraît être inaccessible, dans son monde bien à elle. Elle a cette grâce, particulière et inexplicable, qu’ont ces gens dont le regard reflète l’expérience de vie, qui leur donne l’air d’avoir vécu mille vies. Sa mélancolie, le charme, pense-t-il. Pourtant, il ne la connaît pas vraiment. Peut-être se fait-il des idées. Peut-être n’est-ce qu’un fantasme. Sans qu’il comprenne vraiment pourquoi, cette petite brindille brune le fascine. Il n’est pourtant pas habitué à ce genre d’émoi, lui, le célibataire endurci, réputé incasable dans son entourage. Lui qui ne s’attache pas, qui ne trouve guère de femmes dignes d’intérêt. Il a bien eu deux ou trois histoires, mais aucune n’a duré plus de quatre mois et chacune d’elle lui a laissé un goût d’ennui profond. Il avait fini par se résigner, sans grand regret, au célibat, qui lui garantissait liberté et tranquillité d’esprit. Malgré tout, allez savoir pourquoi, ce petit bout de femme là, qu’il ne connaît que de vue et de « bonjour », retient toute son attention.

Lorsqu’Elena lui retourne son regard, suivi de près par son amie, Liam réalise qu’il les fixe depuis un certain temps, papier abrasif à la main, avec un air profondément idiot. Son sang gagne ses joues. Il est gêné comme un enfant que l’on surprend la main dans le sac en train de faire une bêtise. Il secoue la tête pour reprendre ses esprits et se remet à son ouvrage. Il est exaspéré de lui-même. Comment est-ce possible, à son âge, de se retrouver dans ce genre de situation ridicule ? Cette fille le perturbe. Il ne peut s’empêcher d’avoir cette sensation de proximité avec elle, bien qu’il ait encore assez de lucidité pour se raisonner.

Il se remet à poncer et se plante à nouveau une écharde, dans le doigt cette fois. Il s’agace et laisse tomber son matériel à terre. Il consulte sa montre : 17h55. « Kylian va me tuer… ». Il avait promis à son ami de le rejoindre au pub près du garage pour 18h00, et il est loin d’être près. Il doit encore se doucher, se changer et se préparer un minimum. Et ranger.

Liam souffle. Il n’a clairement pas envie de voir du monde ce soir. Mais une promesse est une promesse. Il range son matériel dans son garage et abaisse la lourde porte coulissante avant de rentrer chez lui se préparer.

Il prévient son ami : « suis en retard. Je paie ma tournée, promis. »

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Vous lisez