Chapitre 8 - Retour au bercail

T’échapper de prison pour y retourner aussitôt. Sans déconner, j’ai jamais vu un looser pareil. Si t’avais un peu plus de couilles, t’aurais pu les battre sans soucis. Mais nan ! Môsieur est trop gentil ! Regarde le résultat ! Tout ça à cause d’une voix que tu as bêtement écoutée. Blaireau va.

C’était précisément le genre de chose qu’aurait pu dire Etel en cet instant. Venzio gisait dans une cellule de fortune. Une petite alcôve très sombre et humide, où seuls les rats venaient lui rendre visite. Le mercenaire les sentait parfois lui frôler les jambes, ou fouiller dans ses poches à la recherche de nourriture. Des barres de métal grossièrement soudées et fixées au mur faisaient office de grille de cellule.

Etel ne se serait pas gêné pour faire connaitre son avis. Venzio lui aurait alors répondu que quand il ne l’écoutait pas lui, ce dernier s’abstenait de ce genre de remarques concernant les voix que l’on suit aveuglement. Etel aurait renchéri en affirmant que cela n’avait rien à voir.

Le mercenaire soupira. L’humidité des égouts lui collait à la peau, et il commençait sérieusement à avoir faim. Il avait voulu discuter avec ces « révolutionnaires », comme ils se faisaient appeler, mais leur chef – le fameux Obéron – n’avait rien voulu entendre et l’avait jeté ici sans le moindre état d’âme.

Révolutionnaires de quoi d’abord ? Ils étaient le genre de groupe à vouloir renverser la couronne ? Non pas que Venzio désapprouve totalement l’idée, mais à seulement cinq ? Six, si on comptait le fameux « Masqué ».

Je suis définitivement maudit. A quel moment est-ce que ça a mal tourné ?

Des pas résonnèrent soudain sur la pierre. Vu la manière dont ils la martelaient, ils étaient assez pressés et énervés. La porte de sa prison de fortune s’ouvrit alors. Venzio reconnut la jeune femme aux cheveux roux qu’il avait combattu la veille. Elle avança jusqu’à lui, une arme à la main.

– Debout ! Tu m’accompagnes. Et gare à toi, le prévint-elle.

Venzio se montra le plus coopératif possible, décidé à prouver qu’il n’avait rien d’une menace. Malheureusement, la pression de la pointe de l’épée sur son dos lui indiqua qu’il faudrait du temps pour instaurer la confiance.

            – Assomme la ! Profite en pour t’tirer !

            Non. Etel l’aurait fait sans hésiter, parce qu’il répondait trop facilement à la violence et ne supportait pas d’être rabaissé. Mais pas Venzio. Il décida d’ignorer la voix imaginaire de son ami et de faire ce qu’on lui demandait. 

            La rousse (Elise ? Eliane ? Impossible de se rappeler son nom) lui fit traverser deux tunnels remplit d’eau stagnante et malodorante. Il trouva cela curieux que les cellules soient si loin de leur quartiers. Jusqu’à ce qu’il se rende compte que tous les accès annexes avaient été condamnés, ou rendu impossible d’utilisation. Sans doute y avait-il aussi quelques pièges de leur invention. 

            Ils débouchèrent sur une vaste salle, haute de plafond, où se réunissaient plusieurs tunnels d’égout. La femme le dirigea vers la droite, dans un autre accès, avant de pénétrer dans une petite salle dissimulée aux regards curieux. Une table entourée de chaises dépareillées y avait été installée.   

            Les membres du groupe étaient rassemblés tout autour. Obéron se tenait en bout de table, accompagné par le gamin qui semblait disposer de capacités particulières. Un autre homme, au visage en partie dissimulé par de longues mèches noires, se tenait sur la chaise la plus proche de l’entrée de la pièce.

            Seule une jeune femme ne se trouvait pas en leur proche compagnie. Elle était assise en retrait sur un canapé, une tasse de thé chaud dans les mains. Son visage fermé était pale et creusé. Elle fixait le sol sans dire un mot, ses yeux cernés emplis d’une profonde tristesse. Elle semblait avoir vécu de terribles épreuves.

            On fit asseoir Venzio face à Obéron. Ce dernier se contenta d’abord de le jauger sans dire un mot.

            – Qui es-tu ? demanda-t-il soudain.

            Le mercenaire décida de jouer la carte de la franchise la plus totale. Il ne pouvait de toute façon pas autrement à cause du gamin qui cherchait la moindre hésitation dans ses propos.

            – Je vous l’ai dit. Je m’appelle Venzio Salomon.

            – Je ne t’ai pas demandé ton nom. Je veux savoir qui tu es. Ce que tu fais. D’où tu viens.

            Venzio sentit le poids de nombreuses paires d’yeux posées sur lui.

            – Je viens de Pont-Rouge. Certains ont peut-être déjà entendu parler de moi. J’étais le mercenaire de la princesse Carminia.

            Obéron se tourna vers son Séraphin. Celui-ci hocha la tête.

            – Je savais bien que je l’avais déjà vu quelque part ! s’exclama Eloïse.  

            Venzio s’étonna de ce fait. Il avait également vu la manière dont elle se battait. Ses prouesses avaient de quoi faire rougir les soldats les plus expérimentés. Où une femme avait-elle dont bien pu apprendre à se battre ainsi ? Ce n’était pas comme si on autorisait les femmes à entrer dans l’armée. Elles n’avaient accès à ce genre de formations que dans une certaine mesure, pour apprendre quelques techniques de défenses en cas d’agression. Mais cela restait relativement rare. Qu’elle connaisse son visage parut donc étrange à Venzio.

            Les révolutionnaires échangèrent des regards intrigués. Sans doute ne savaient-ils pas comment aborder la nouvelle. Obéron se décida finalement :

– Tu as dit « étais ». Pourquoi ?

Le mercenaire eut un rire nerveux.

– Disons qu’il y a de fortes chances pour que je sois actuellement renvoyé. Et recherché par la garde royale.

Cette fois-ci les visages se firent inquiets.

– Pourquoi ? insista Obéron.

– Vous avez entendu parler de Maranola ? Pas de la ville en elle-même, mais de ce qui s’est passé récemment.

Ils firent signe que non. Venzio leur raconta tout. La mission confiée par la princesse, les androïdes, la destruction de la ville, l’affaire étouffée par la couronne, sa fuite puis enfin sa capture. En revanche, il ne précisa pas que la personne qu’il devait chercher était une enfant avec des pouvoirs surpuissants. Ni qu’elle était aussi la cause du ravage de la ville. Il leur parla également du mystérieux cube retrouvé dans sa cellule, et de la voix qui l’avait mené jusqu’ici. Voix qu’il n’entendait d’ailleurs plus depuis sa rencontre avec les révolutionnaires.

– Ce fameux cube… tu l’as toujours ? demanda Obéron.

Venzio le sortit d’une des poches de son pantalon. Puis il le donna à Jonas qui le passa à son chef. Ce dernier parut contrarié. Il inspecta l’objet sous tous les angles, le secoua, le toucha.

– Qu’est-ce qu’il y a Obéron ?

– C’est avec le même genre de cube que le Masqué me donne des ordres. Il les dépose dans une cachette secrète dans les égouts, puis sa voix sort du cube et parle dans ma tête. Ça ne prouve rien mais… Ce n’est pas tout le monde qui sait ça. (Puis après un instant de réflexion :) De toute façon, Séraphin sait qu’il ne ment pas.

            » Je veux bien accorder du crédit à ton histoire, au moins le temps que je contacte le Masqué, ou que lui le fasse. En attendant tu peux rester avec nous. Mais il y aura certaines règles à respecter. Enfreins-en une et je te descends moi-même d’accord ?

            Venzio hocha la tête. Il était soulagé de voir sa vie prolongée. Obéron se leva de sa chaise. Puis il s’adressa de nouveau au mercenaire :

            – Viens avec moi. Je dois te montrer quelque chose.

            Il s’enfonça dans les égouts. Venzio le suivait de près, Eloïse toujours sur ses talons, la main sur le manche de son épée. Le regard venimeux qu’elle lui adressa quand il se retourna lui appris qu’elle ne lui faisait absolument pas confiance. Du moins, pas temps que le Masqué n’annonçait pas clairement le contraire.

            Le trio déboucha rapidement dans une nouvelle salle. Elle servait visiblement de débarra. Des caisses étaient empilées les unes sur les autres, renfermant vivres et eau, mais également armes et matériel de campement. Il n’y avait que très peu d’espace pour circuler. Au centre, se dressait une table sur laquelle reposait une forme longue recouverte d’un drap. Venzio reconnu le mystérieux objet récupéré par le groupe l’autre soir.

            Obéron s’avança jusqu’à cette table. Il fit signe au mercenaire de s’approcher. Eloïse resta en retrait devant la sortie. Le révolutionnaire se saisit du drap par les coins, comme s’il répugnait à l’idée de le toucher, et dévoila ce qui se cachait en dessous.

            Seule une grande maitrise empêcha Venzio de partir loin d’ici. Par réflexe, il avait mené ses mains près de ses lames, oubliant que les révolutionnaires ne les lui avaient pas rendus. Il fit toutefois un pas en arrière. Ce métal luisant. Cette silhouette. Il lui manquait une jambe, et une partie du torse avait été arrachée, mais c’était bien l’un des androïdes qui s’en étaient pris à lui.

            Et merde.

            – C’est l’un d’eux n’est-ce pas ? fit Obéron.

            – Ouais. Mais… bon sang il ne devrait en rester que des cendres ! Comment l’avez-vous eu ?

            – C’est le Masqué qui nous a dit où le trouver, expliqua Obéron. Il était gardé par des moines, dans des sous-sols secrets, situés à proximité du palais et de la cathédrale.

            Venzio en resta sans voix.

            L’androïde était aux mains de l’église ? Qu’est-ce que cela signifiait ?

            – Je… je ne sais pas quoi dire, avoua-t-il. Je crois que je commence à être un peu dépassé par ce qui m’arrive.

            Obéron ne dit rien. Il continuait d’observer le mercenaire. Après un moment, ce dernier avança sa main vers l’armure de métal. Celui-ci était encore tiède. Il s’était pourtant imaginé qu’il serait froid, comme le cadavre d’un personne.

            Sauf que ce n’est pas une personne, lui souffla une petite voix. C’est juste du métal. Contrôlé à distance par un soldat.

            Venzio fit glisser sa main le long du torse, remontant vers le visage de la créature. Des images se formèrent dans son esprit. Il imagina sans peine celui qui s’était glissé dans cette peau d’acier. Ou celle. Oui, cette armure-là avait été contrôlée par une femme. Concordium laissait les femmes combattre. Elle avait mis un casque sur sa tête. S’était connectée à… une interface. Quoique ce mot veuille dire. Elle avait tout ressenti au travers de l’armure. Et même si son poste le lui interdisait, elle avait même été émerveillée par ce continent si différent du sien, où seuls le béton et l’acier recouvraient désormais le sol.

            – Monsieur Salomon ?

            Elle avait souffert quand la rafale de l’enfant l’avait arraché de force au réseau. Mais ce n’était rien comparé aux souffrances de ses deux collègues et amis, qui avaient techniquement subit une « mort virtuelle ». Encore un terme étrange.

            – Monsieur Salomon ! Vous allez bien ? Répondez !

            Être reliés tous ensembles pouvait être éprouvant pour qui n’avait pas reçu l’entrainement adéquat. Tout le monde pouvait se connecter au réseau, mais y partager ses sensations était encore réservé au domaine militaire. Bientôt cela changerait. On parlait déjà du 12ème art. Vivre au travers de l’Interface.

            – Qu’est-ce que vous faites ! Enlevez votre main !

            Il se sentit alors violemment arraché au souvenir. Son corps subit une pression au niveau de la poitrine. Il se sentit déséquilibré et bascula en arrière. Son dos heurta l’une des caisses en bois de la réserve, achevant de le ramener pour de bon à lui.

            Une vive lumière bleutée pulsait autour de l’androïde. Elle envahit la salle au point que ses occupants durent fermer les yeux. Venzio sentit un fourmillement intense dans sa tête, puis un liquide chaud couler le long de son menton. Plus tard, il se rendrait compte qu’il avait saigné du nez.

            Tout comme dans la prison la veille, la lumière disparut sans prévenir. Il s’écoula un instant de silence durant lequel la confusion régna.

            – ‘chier. Ça fait mal aux yeux putain !

            Venzio se mit à trembler. Cette voix. Désagréable au possible. Et pas une phrase sans une insulte aux autres ou juste pour la forme.

            – Etel ?

            – Venzio ? Enfin ça y est tu m’entends !

            Le mercenaire sentit une joie sincère chez le démon. Mais comme le naturel revient toujours au galop :

            – Qu’est-ce que t’as branlé espèce de crétin ?! Si tu t’étais enfui au lieu de…

            Un violent coup de poing au visage interrompit les charmantes retrouvailles entre les deux amis.

            – C’était quoi ça ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ?!

            Obéron était penché au-dessus de Venzio, le visage déformé par la rage. Le mercenaire ne put lui fournir de réponse. Il fixait tour à tour le révolutionnaire et l’androïde, à la recherche d’une réponse à fournir.  

            Cela ne fit qu’accentuer la colère d’Obéron. Ce dernier attrapa le mercenaire par la nuque pour le forcer à se relever. Eloïse vint le seconder, avant de piquer à nouveau le dos de Venzio avec sa lame. Il se laissa faire, encore lui-même étourdi par ce qui venait d’arriver. Ils s’empressèrent de le ramener à sa cellule. Juste avant de refermer celle-ci, Obéron se pencha sur l’oreille du mercenaire.

            – Si tu nous as mis en danger, je te tue sans hésiter.

            Il poussa Venzio contre le mur et referma la grille d’un claquement sec.

            – Il se la joue grand méchant mais il crève de trouille.

            – Etel ! J’avais pas rêvé alors ! Mais bon sang où étais-tu ?

            – Toujours au même endroit. Je pouvais toujours partager tes sens et émotions. Mais c’était disons… étouffé. Comme une nana trop grosse à qui on aurait mis un corset serré au maximum. Et impossible de te parler.    

            – Tu… Tu étais là ? demanda un Venzio perplexe. Je ne ressentais pourtant plus rien. Comme si tu avais été complètement effacé.

            – Je sais pas quoi te dire mon vieux. Mais t’avais raison sur deux points : j’aurai bien foutu le feu à Maranola et tu es bel et bien un blaireau.

            La remarque fit rire Venzio. D’abord de manière nerveuse, avant de partir dans un fou rire incontrôlé. Le stress de ses derniers jours, la perte et les retrouvailles avec Etel, les séjours en prison… Son corps réagissait de manière imprévisible. Sa voix se répercuta sur les murs des égouts. Si les révolutionnaires l’entendaient, ils le prendraient sans aucun doute pour un fou. Tant pis pour eux.    

            – Du calme. Tu vas faire une attaque.

            Au prix d’un immense effort, Venzio parvint à se maitriser. Ses côtes lui faisaient mal et la tête lui tournait. Mais il se sentait mieux que jamais.

            Les deux compères discutèrent durant de longues heures. Etel reprocha à Venzio chacune de ses décisions, tandis que le mercenaire l’ignorait royalement ou dégainait un argument qui clouait le bec au démon.

            Finalement, vaincu par la fatigue et l’émotion, le mercenaire s’endormit en plein milieu d’un monologue d’Etel. Ce dernier l’insulta copieusement, mais Venzio n’eut pas le temps de l’entendre.

 

            Ce fut le grincement de la grille qui le réveilla. Ainsi que l’odeur alléchante de ragout à la viande. Obéron apparut sur le seuil, tenant le bol d’où l’agréable fumet se dégageait. Le mercenaire sentit l’eau lui monter à la bouche. Il réalisa soudain qu’il n’avait rien mangé depuis presque vingt-quatre heures.

            – C’est pour toi, fit Obéron en lui tendant le bol. Dépêche-toi de manger, je t’attends dehors.

            Venzio s’interrogea sur ce soudain revirement. Mais il laissa rapidement tomber pour se concentrer sur la nourriture qui n’attendait que lui. Il savoura chaque bouchée, nullement perturbé par Obéron qui lui jetait des coups d’œil impatients depuis l’extérieur de la cellule. 

            – Ignore le. Ça lui fera les pieds à ce morveux. C’est vrai quoi, il a quel âge ? Vingt-deux ? Vingt-trois ?

            – On ‘en ‘iche, fit Venzio entre deux bouchées.

            Obéron lui lança un regard suspicieux lorsqu’il l’entendit parler tout seul. Le mercenaire lui sourit et agita la main. Le révolutionnaire leva les yeux au ciel, exaspéré.

            Venzio l’informa de la fin de son repas en passant son bol vide au travers des barreaux. Obéron s’en saisit et ouvrit la grille.

            – Suis-moi, ordonna-t-il.

            – Où est-ce qu’on va ?

            – Le Masqué est là, laissa tomber le révolutionnaire. Il veut te voir.

            Venzio resta silencieux. Etel en fut incapable.

            – Tu paries sur qui ? Moi je suis sûr qu’il est du genre masque et cape.

 

            Lora posa la tasse en tremblant.

            Quelques gouttes de café encore chaud tombèrent sur sa main. Elle essuya rapidement celle-ci sur sa jupe, oubliant par la même occasion que cette dernière était de couleur claire.

            – Tout va bien ?

            La jeune femme sursauta lorsque le Masqué s’adressa à elle. Elle n’entendait clairement sa voix que pour la première fois. Celle-ci était grave et profonde, presque apaisante.

            – Oui… ce n’est rien, bredouilla Lora.

            Elle était incapable de le regarder en face, et n’aimait pas la sensation de son regard posé sur elle. Si tant est qu’il ait des yeux. La jeune femme n’en avait aucune idée, à cause des épais vêtements sombres et surtout du masque en ivoire qui recouvrait son visage. L’objet était de couleur blanche, avec des traits mimant ceux d’un démon dessinés avec de la peinture bleue. Il n’y avait aucun trou, juste deux ovales de tissus noir tendus devant ses yeux. Lora ignorait par quel moyen il pouvait voir au travers.

            L’homme repoussa sa lourde cape d’un geste du bras et s’empara de la tasse. La jeune femme sentit alors qu’il attendait quelque chose. Elle comprit soudain qu’il souhaitait qu’elle se tourne pour le laisser boire.

            Elle obéit et fixa le mur face à elle. La mère de famille repensa à l’arrivée soudaine de cet homme ce matin même. Elle venait de se réveiller après une nuit très agitée, revoyant en rêve l’homme qu’elle avait tué. Impossible alors de fermer l’œil sans revoir son visage déformé par la douleur. Renonçant à un sommeil réparateur, Lora s’était levée et s’était dirigée vers les parties communes, encore engourdie par la fatigue.

Par conséquent, ses réflexes et sa capacité à réfléchir n’étaient pas ce qu’il y avait de plus performant à ce moment précis. Aussi n’avait-elle pas pris immédiatement garde à la silhouette encapuchonnée qui se tenait dans la cuisine. Ce n’est qu’après sa troisième gorgée de thé que Lora avait poussé un cri de terreur. L’intrus avait alors ramassé la tasse et s’était présenté comme le Masqué. La jeune femme se demandait encore par quel tour de force il avait pu échapper aux pièges mis en place par le groupe.

Eloïse, Jonas et Séraphin étaient partis vérifier l’état de ces derniers, tandis qu’Obéron était allé chercher Venzio, dont le Masqué avait réclamé la présence, laissant Lora seule avec leur mystérieux chef. Ils n’avaient pas échangé un mot jusqu’à ce que la jeune femme ne lui propose à boire, comme si elle était encore chez elle et recevait une amie à l’improviste.

Elle s’était dit que c’était alors une image d’elle bien pitoyable. Le fait que l’homme accepte l’avait donc encore plus dérouté.

Le bruit d’une tasse vide que l’on reposait lui indiqua que le Masqué en avait terminé. Au même moment, des pas résonnèrent dans le couloir. Obéron surgit, suivi de près par Venzio.

– Laissez-nous, ordonna le Masqué.

Obéron et Lora se regardèrent, avant de se diriger vers la sortie et de fermer le rideau qui dissimulait la pièce. Venzio s’avança et s’assit face à l’inconnu.

– Pari gagné, intervint Etel.

Venzio ne répondit pas à son ami. D’ordinaire, la présence d’autres personnes ne l’empêchait pas de parler à voix haute. Mais cet homme le mettait mal à l’aise. Il sembla au mercenaire que le mieux était de ne rien laisser paraitre. Mais l’accoutrement de l’inconnu était effectivement très étrange.

– Venzio. Je suis ravi de te rencontrer enfin. Avant toute chose, peux-tu me rendre mon cube ?

Le mercenaire chercha l’objet dans sa poche et le posa sur la table. Le Masqué s’empressa de le récupérer et de le faire disparaitre dans une sacoche à sa ceinture.

– C’est quoi ce masque ? Pour quelqu’un qui se veut discret c’est raté vous ne croyez pas ?

            Venzio entendit l’homme rire sous son déguisement.

            – C’est ma petite fantaisie à moi, admit-il. Avec ça, je suis sûre de marquer l’esprit des gens que je rencontre. 

            – Donc… vous vous prenez pour une sorte de justicier ? Mais qui, en plus de ça, tourmente le peuple en se faisant passer pour un démon ?

            – Je ne dirais pas que je vais jusqu’à me faire passer pour un homme exceptionnel. Mais ce « déguisement » comme tu dis, à d’autres avantages. Si je suis surpris en pleine opération, les gens se diront que je ne suis qu’une sorte de fou perdu dans ses délires, et non le chef d’une résistance qui se fait de plus en plus grandissante.

            Ce fut au tour de Venzio de lâcher un rire.

            – Parlons-en un peu de votre résistance. Recruter des gamins et des mères de familles effrayées, c’est cela votre plan ?

            – Il ne faut pas voir les choses de cette manière. Qu’importe l’âge ou le milieu social, du moment que l’on croit en une cause, on est à même de se dévoiler là où personne ne nous attendait.

            – Et moi ? En quelle cause je crois d’après vous ?

            – Je crois que tu en as assez de ne pas pouvoir t’exprimer, répondit le Masqué d’un ton grave. Que la princesse use de toi comme bon lui semble, alors que tuer des gens qui veulent parfois simplement survivre te dégoute, et ce, dans le seul but de satisfaire les caprices des têtes couronnées.

            Venzio se mordit la lèvre. Une boule se forma dans son ventre. Il ignorait quoi penser de cet homme, qui semblait en savoir long à son sujet.

– Que me voulez-vous ? Pourquoi toute cette mise en scène pour me conduire aux souterrains de la ville, plutôt que de venir me voir directement ?

– M’aurais-tu seulement cru ? Je voulais que tu vois cet endroit de tes propres yeux.

– Et qu’était-il d’ailleurs ? Pourquoi des moines possèdent-ils un androïde ? Je crois aussi avoir vu des… machines ? C’est comme ça qu’on dit ?

Le Masqué opina du chef.

– Répondre à cette question est encore trop prématuré. Certains secrets nécessitent des preuves pour être dévoilés.

– Qu’attendez-vous de moi ? demanda Venzio après un silence.

– Que tu nous rejoignes. Que tu nous aides à renverser le pouvoirs que les Magisners se sont attribués sans aucun mérite. De toute façon tu n’as pas d’autre endroit où aller je me trompe ?

– J’ai du mal à comprendre en quoi je vous serai plus utile qu’un autre. Je suis un ancien prisonnier ! Et un déserteur ! Qu’est-ce qui vous fait croire que je ne vais pas vous trahir à la première occasion ?

Venzio aurait juré que l’homme souriait sous son masque. Impression confirmée par le ricanement amusé qui s’échappa de ses lèvres. A cet instant, le mercenaire sut qu’il connaissait cette voix. Mais impossible pour lui de se rappeler où il l’avait déjà entendu.

– Je sais que tu ne nous trahiras pas. Tu tiens enfin ta chance de faire le bien. Mais si je fais ça, c’est surtout pour rendre service à quelqu’un.

La stupeur s’afficha sur le visage de Venzio.

– Que voulez-vous dire ?

Le Masqué balaya sa question d’un revers de main. Le mercenaire comprit qu’il n’obtiendrait rien de plus à ce sujet.

– J’ai besoin de ton aide pour une mission.

– Quoi donc ? demanda un Venzio un peu méfiant.

– Retrouver l’enfant.

Le mercenaire serra les poings.

– Quel enfant ?

– Tu sais très bien de quel enfant je parle. La petite fille que la princesse t’a envoyé chercher. Elle avait trouvé refuge chez moi et j’étais sur le point de la rejoindre. Mais les androïdes sont arrivés.

– La maison au bord du lac, devina Venzio.

            – Oui. L’une de mes nombreuses cachettes. Mais j’aimais particulièrement celle-ci.

            Le Masqué joua quelques instants avec sa tasse de café. Il faisait courir son doigt le long du rebord. Le cuir de son gant frottant contre la céramique produisit un bruit désagréable.

            – Dis-moi, reprit-il, que sais-tu de cette enfant ? Je parle de ta version des faits, et de celle, un peu bancal, que t’a donné Carminia.

            Venzio releva que l’homme avait appelé la princesse par son prénom. Il nota ce détail dans un coin de son esprit. Un proche de cette dernière ?

            – Elle n’a rien d’une enfant illégitime, répondit le mercenaire. Je ne sais pas d’où elle vient exactement, mais ce qui est sûr, c’est que la couronne veut s’en servir comme d’une arme pour enfin remporter cette guerre. Je ne les laisserai pas faire.

            – Je sais d’où elle vient, laissa tomber le Masqué. Elle est originaire de Concordium.

            Le doute assaillit Venzio. Une enfant avec des pouvoirs magiques qui viendrait de… Concordium ? Quelque chose ne collait pas dans cette histoire. Un détail échappait au mercenaire, mais il était pour l’heure incapable de mettre le doigt dessus.

– Vous voulez que j’aille la chercher… Mais qu’est-ce qui me fait croire que vous n’allez pas vous aussi vous servir d’elle ?

– Je t’assure que je ne désire que la protéger. Sauf si bien sûr elle souhaite se joindre à nous.

– Evidement, cela tomberait bien, ajouta Venzio sur un ton sarcastique. Comment comptez-vous la retrouver ? Elle s’est enfuie lors de l’attaque de Maranola.

            – Ne t’inquiète pas. Je sais comment la retrouver.

            Le Masqué se leva soudain sans prévenir.

            – Je reviendrais demain, ajouta-t-il. Il faudra que je te présente quelqu’un.

            Il abandonna Venzio sur cette mystérieuse phrase. Le mercenaire resta seul avec ses nombreuses interrogations. Il se laissa tomber en arrière sur sa chaise en poussant un profond soupir.

– Tu as été bien silencieux Etel. Qu’est-ce que tu penses de tout ça ?

Silence.

– Etel ?

– Oui oui je suis là. Je réfléchis. Je ne sais pas quoi te dire.

– Toi réfléchir ? se moqua Venzio. Est-ce que tout va bien ?

– Oui oui.

C’était bien la première fois en plus de vingt ans de vie commune qu’Etel ne lui répondait pas avec un langage fleuri et raffiné. Le mercenaire ne pouvait pas s’empêcher de trouver son ami étrange depuis son retour. 

– Lâche-moi tu veux ?

Le corps de Venzio fut comme soudain parcouru d’un fourmillement. Etel était énervé. Mais pas comme d’ordinaire, où il était simplement ronchon. Il était plutôt question d’une sorte de colère sourde. Peu envieux à l’idée de subir ses émotions négatives, Venzio décida qu’à l’avenir il ferait en sorte de bloquer ses pensées concernant le démon.  

 

*

 

– Cette mascarade est-elle vraiment nécessaire ?

La princesse observa le déluge interminable des préparatifs de la fête à venir depuis son balcon. Les décorateurs se bousculaient sans ménagements dans la grande salle de bal, faisant de leur mieux pour s’accorder avec les maitres d’hôtel qui commençaient à installer la vaisselle sur les tables.

– Il s’agit de nos fiançailles Carminia, reprocha le duc DeSabror.

– Ce n’est pas une raison pour me faire passer pour une fille légère qui cherche la moindre excuse pour s’amuser.

Elle désigna d’un geste de la main les nombreuses bouteilles de grands crus qui patientaient dans des seaux de glace.

– Pourquoi faut-il toujours que vous rameniez tout à vous ? s’agaça le duc. Il s’agit de l’image de la couronne.

– Je m’apprête à vous épouser et vous me parlez d’image ?

Virgil ne lui adressa pour toute réponse qu’une moue pincée. Il redressa le menton, digne malgré l’insulte, et reporta son regard sur la foule de domestiques un étage plus bas. La princesse pouvait bien l’humilier tant qu’elle le voulait, cela n’empêcherait pas le mariage d’avoir lieu. Bientôt, il la dominerait totalement.

– Je me retire dans mes appartements. Ne vous avisez pas de me déranger.

Carminia partit sans attendre de réponse. Elle traversa les couloirs à toute allure, faillit heurter un domestique chargé de fleurs qui bredouilla des excuses confuses, et s’enferma dans sa chambre en claquant la porte.

            Elle cria à Sergio de lui amener de quoi grignoter, avant de se laisser tomber dans un fauteuil. Autant pour la grâce et l’élégance. Elle avait besoin de faire passer sa frustration.

La jeune femme ne décolérait pas de devoir épouser ce rustre. C’était tout juste si elle y mettait du sien. Hors de question pour elle de participer de quelque manière que ce soit, le duc n’avait qu’à se débrouiller tout seul ! Tant pis si l’image de la couronne, qu’elle entretenait depuis tant d’années en souffrait. La seule chose à laquelle la jeune femme accordait de l’importance était son apparence. Quitte à être mariée de force et devoir se pavaner comme un oiseau exotique devant une foule d’invités hypocrites, autant être la plus irrésistible qui soit !

            Sergio finit par lui apporter un plateau chargé d’une théière et de petits fours, dont une grande partie échoua bien évidemment sur le sol. Quant à ceux qui avaient pu être sauvés, ils ne restèrent pas longtemps sur la table. Tant pis, Carminia ferait un effort pour rentrer le ventre lors de l’essayage de sa robe tout à l’heure.

            Elle comptait profiter au maximum de son dernier jour de célibataire. Ce qui impliquait de ne pas se préoccuper de la fête, ni des dégâts que Panabe avait engendrés dans les rues. Les festivités avaient beau être achevées depuis hier, il restait fort à faire pour rendre les rues aussi propres qu’avant.

            D’autant qu’elle avait d’autres soucis en tête. Comme l’évasion de Venzio Salomon. Comment ces imbéciles de gardes avaient-ils pu se laisser aller ainsi ? Allez dont savoir où le mercenaire se terrait, et ce qu’il avait l’intention de faire des informations qu’il avait en sa possession ?

            Maudissant Virgil et ses conseillers, et son incapable de mercenaire, Carminia réclama d’autres petits fours. Et pour la première fois de toute sa vie remplie d’une éducation et d’un comportement irréprochables, la princesse Carminia Lisabelle Séléna Magisnia D’Aquilion proféra un juron.

            – Qu’ils aillent tous se faire foutre.

 

 

            L’horloge sonna dix-huit heures.

            Le duc allait se présenter d’une minute à l’autre. Mais cela, Carminia n’en avait cure. La princesse se dévisageait sous tous les angles dans le miroir en pied face à elle, espérant ainsi retarder son arrivé aux festivités. La moindre petite mèche dépassant de sa coiffure, un bijoux finalement mal assorti ou une partie de la robe mal ajustée, tout était prétexte pour faire attendre le duc le plus longtemps possible.

            L’une des femmes de chambres achevait de replacer la jupe de soie verte de la robe quand Sergio fit son apparition.

            – Votre Altesse… Le duc s’impatiente.

            – Et bien dis-lui de ne pas le faire, rétorqua-t-elle sur un ton léger.

            Le visage du serviteur se fendit d’une grimace d’appréhension. Sans doute imaginait-il la colère du duc, qu’il allait subir à la place de la princesse.

            La servante annonça qu’elle avait terminé. Carminia était amplement satisfaite, mais décida finalement que sa rivière de diamant n’allait pas avec sa tenue. Il fallut donc la remplacer par un autre collier, cette fois ci d’or et d’aigues-marines. Le manège dura pendant encore près d’un quart d’heure. Les bonnes, ayant compris le jeu de la princesse, se permettaient de petits sourires en imaginant le duc tapant du pied dans le couloir. Elles n’ont plus n’aimaient pas Virgil DeSabror, préférant largement leur princesse capricieuse, surtout depuis que celle-ci ne les traitait plus comme des larbines mais des personnes à part entière. Là où la dame les aurait ignorés quelques semaines plus tôt, cette dernière les gratifiait désormais d’un « bonjour » et s’enquerrait de leur santé. Une transformation qui les avait décontenancés mais dont personne n’allait se plaindre.

            – Cela sera suffisant ! annonça Carminia. Les invités attendent.

            Les invités et non le duc !

            Fière d’elle-même comme d’une enfant qui aurait vu sa farce fonctionner, la princesse releva le menton et gagna la sortie de ses appartements avec toute la grâce princière dont elle était capable. Le regard noir que lui décocha le duc à son arrivé n’entama en rien sa bonne humeur.

            – Et bien Virgil ? Que vous arrive-t-il ? Vous avez l’air de mauvaise humeur !

            – Profitez tant que vous le pouvez encore Carminia, menaça-t-il.

            L’intéressée ne lui donna pour toute réponse qu’un reniflement méprisant. Le duc lui offrit cependant son bras pour la conduire. La princesse accepta, mais ne le saisit que du bout des doigts, comme si ce contact pouvait suffire à la tuer. Elle ne prit même pas la peine de cacher son dégout. Virgil la détestait, alors autant s’exprimer sans limites.

            Sergio les guida jusqu’à la salle de bal. Une volée de marche les y conduisit directement. Carminia sentit alors le poids de centaines de paires d’yeux rivés sur elle.  

            Au fur et à mesure que la princesse descendait les marches, elle reconnut diverses expressions inscrites sur leurs visages. Pour la plupart il s’agissait de soulagement. La lignée royale allait enfin se poursuivre, évitant ainsi au royaume de se retrouver sans dirigeant. Certaines jeunes filles bien nées ne se gênaient en revanche pas pour afficher ouvertement leur jalousie de n’avoir pu mettre la main sur le duc DeSabror, l’homme le plus puissant du royaume après la famille royale et ses cousins. Mais le plus exaspérant restait sans aucun doute les mines satisfaites des membres du Conseil. Si l’élément ne lui imposait pas de faire preuve de bienséance, la princesse leur aurait volontiers écrasé les pieds avec ses escarpins – « par accident ». 

            Carminia jugea bon de les ignorer et de se concentrer sur la décoration autour d’elle. Elle devait admettre que celle-ci était splendide. Le chef décorateur avait choisi un thème exotique, très à la mode en ce moment. Des plantes aux couleurs vives parsemaient les tables et les rebords de fenêtres. Une estrade avait été installée dans le fond pour y accueillir des musiciens et danseuses exotiques. La princesse aperçu même des perroquets perchés sur les guirlandes du plafond, de même que des paons qui se baladaient librement parmi les invités.

Le décorateur avait même poussé le vice jusqu’à remplacer la traditionnelle vaisselle de porcelaine par des ustensiles en bambous sculptés. Un bouleversement des codes qui émerveilla les invités.

La princesse et le duc traversèrent la salle pour se diriger vers l’estrade. Ils furent ralentis par les nombreux baisemains et courbettes que voulurent leur accorder les nobles pressés de se faire remarquer.

            Le regard de Carminia croisa soudain celui d’Elsa Montarginaud. Une profonde tristesse marquait la visage de cette dernière, à tel point qu’elle ne put regarder sa princesse plus longtemps. Les deux jeunes femmes s’étaient fait leurs adieux durant Panabe. Un crève-cœur pour Carminia, qui commençait à développer des sentiments pour la jeune noble. Et au vu des sanglots qui avaient secoués Elsa, l’attirance était de toute évidence réciproque. Malheureusement, impossible de poursuivre leurs escapades sans encourir le risque de se faire prendre. D’autant que les parents d’Elsa venaient de lui trouver un potentiel futur fiancé.

            La princesse se rendit alors compte qu’ils étaient arrivés au pied de la scène. Les musiciens et danseuses cessèrent leurs activités lorsque le couple royale eut terminé de monter les marches. Le duc se racla la gorge et s’adressa aux convives :

            – Mes chers amis. Son Altesse Carminia et moi-même vous remercions de votre…

Carminia n’écouta pas le reste du discourt. Sa bonne humeur avait été mise à mal par ses retrouvailles avec Elsa. La jeune femme lui manquait. Cette dernière cherchait le regard de la princesse par-dessus les têtes des invités. Carminia refusa de le lui accorder. Elles se torturaient toutes deux inutilement. La princesse chassa rapidement les larmes qui commençaient à se former dans ses yeux.

Les applaudissements soudain de la foule lui indiquèrent que le duc avait achevé de parler. La jeune femme se força à reprendre contenance et se laissa conduire vers la place qui lui avait été attribuée à table. Les convives les imitèrent. Les serveurs n’attendirent pas plus longtemps pour apporter les plats.

Les invités complimentaient la finesse du repas à y qui voulait les entendre. Carminia aussi apprécia le fumet dégagé par la viande délicatement rôtie, et l’onctuosité de la crème à la noix de coco. Mais sans Elsa à ses côtés, tout ce qu’elle mangea lui parut désespérément fade.

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arno_01
Posté le 08/09/2020
J'aurais bien apprécié je crois, un peu plus de combattivité dans la garde du pouvoir Par Carmina.

La fin du chapitre ou Carmina est tout entièrement tourné vers Elsa et son absence permet de faire passer tout un tas de contexte de manière fluide et agréable à lire.
Benebooks
Posté le 09/09/2020
Je ne souhaitais pas faire trop durer le "combat" afin de ne pas faire trop traîner le récit. Mais si tu penses que c'est vraiment nécessaire pour rendre le tout plus crédible, je réfléchirai à une solution
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