Chapitre 8 : L'insoumission

Par Isapass

Chapitre 8 : L’insoumission

 

Flore

 

Encore des tintements de fers sur les pavés. Flore s’enfonça pour la centième fois dans l’ombre d’une porte cochère pour laisser passer les cinq pélégris qui patrouillaient à cheval. Ce serait plus facile quand elle aurait quitté les beaux quartiers dont les rues étaient parsemées de lanternes. Elle sortit de son abri et continua vers l’ouest en évitant les halos de lumière. Contre sa hanche, elle sentait la lame du couteau qu’elle avait dérobé dans les cuisines du château. Elle l’avait enveloppé dans un torchon pour ne pas se couper avant de l’attacher tant bien que mal à sa ceinture. Si elle était attaquée, elle ne donnait pas cher de sa peau : en attendant qu’elle déballe ce semblant d’arme, n’importe quel truand aurait dix fois le temps de l’égorger. Pourtant le poids de l’ustensile qui battait sur sa cuisse la rassurait.

La lune dépassa le Mont de Cordelle au moment où Flore doublait le dernier fanal, délayant la nuit noire en un violet profond. Un beau croissant très lumineux qui éclairait les rues presque aussi bien que les lanternes, sans distinction géographique. La jeune fille pesta en poursuivant la descente vers la porte d’Avrin, longeant au plus près les façades qui demeuraient dans l’ombre. À son grand soulagement, les pavés cédèrent la place à la terre battue : la ville était si silencieuse qu’elle avait l’impression que les talons de ses bottes allaient alerter toutes les patrouilles. Elle dut encore se cacher à trois reprises pour éviter des pélégris. Il n’y avait pas à dire : le commandant des troupes de Terce — celui qui lançait des sourires à Elvire — remplissait parfaitement sa mission. Ses soldats quadrillaient la capitale en mailles serrées. Le réveil de Themerid avait détourné son attention, d’ailleurs, mais il faudrait qu’elle revienne sur le sujet. Comment sa sœur connaissait-elle cet homme ? Flore trébucha sur une pierre qui affleurait la chaussée et se rétablit de justesse, mais son chapeau avait glissé en libérant sa longue natte. Elle devait rester concentrée ou elle allait finir à la prison du fleuve — dans le meilleur des cas.

Elle hésita un instant sur le chemin à prendre. Elle était déjà venue par ici, quand Johan l’avait accompagnée au-delà de la porte d’Avrin, mais elle s’était laissée guider. Elle ne se souvenait de l’entrepôt que parce qu’elle avait remarqué qu’il ne contenait presque rien. Il appartenait aux marchands de fruits qui alimentaient les marchés de Terce, mais les fruits se faisaient rares, comme toutes les denrées. Quelle bécasse ! Elle se voulait indépendante — de quel droit Themerid lui avait interdit d’entreprendre ce que bon lui semblait ? —, mais elle n’était pas capable de se rappeler un itinéraire. À sa décharge, la ville de la nuit ne ressemblait en rien à celle du jour. Les rues désertes paraissaient démesurées. Et les premières volutes de brouillard montaient du fleuve, lourdes d’une vapeur qui collait à la peau comme de la sueur. Flore essuya ses joues moites sur sa manche et opta pour une longue artère qui se perdait dans la brume. À défaut de la mener à son objectif, elle l’en rapprocherait sûrement.

Peu après, le souvenir des tonneaux de pommes qu’on remplissait pour l’hiver à Arc-Ansange lui traversa l’esprit. Elle inspira une goulée d’air humide. Oui, c’était bien ça : l’odeur acide et sucrée des fruits croquants, rougis par le soleil d’automne. Elle accéléra le pas. En face d’elle, la silhouette de la porte d’Avrin se découpait sur l’opacité des remparts. Elle se repérait maintenant : l’entrepôt se trouvait sur la droite. Elle bifurqua dans une ruelle assez loin des sentinelles qui gardaient l’entrée de la ville. Bientôt, le long bâtiment apparut devant elle. Il était divisé en quatre parties, chacune desservie par une immense porte cochère trouée par une ouverture à taille d’homme. Allait-il falloir qu’elle les visite toutes pour localiser la cachette des devineurs ? Non, l’entrepôt était construit dans le sens de la pente. S’il y avait bien des caves, elles se trouvaient probablement sous les sections aval.

Flore rejoignit la troisième porte. Lorsqu’elle tira le petit battant, les ferrures rouillées émirent des gémissements stridents malgré ses précautions. Elle se glissa à l’intérieur en laissant entrebâillé et s’avança à tâtons dans l’obscurité. Les pommes qui l’avaient guidée par leur parfum devaient se trouver tout près d’elle : l’air embaumait le jus tout juste fermenté. Le clair de lune filtrait par les ouvertures rondes situées sous la charpente et par les interstices de la haute porte en planches. Après quelques instants, elle vit assez pour se déplacer entre les piles de tonneaux et de sacs. Au fond, Flore découvrit un escalier. Au bas des marches, le passage était bloqué par un panneau vermoulu mais épais dépourvu de serrure. Elle fit jouer le loquet, pesa de tout son poids sur le battant, mais il ne bougea pas d’un cheveu. Elle n’insista pas : l’humidité avait gonflé le bois et personne n’était entré ici depuis longtemps. Il ne lui restait plus qu’à visiter le quatrième hangar.

Elle avait presque atteint la sortie lorsque des voix faillirent lui arracher un cri. À peine s’était-elle accroupie derrière un tonneau qu’elle entendit le couinement du vantail de l’entrée. La lueur d’une lanterne découpa des ombres allongées tout autour d’elle.

– Tu vois, je t’avais dit qu’il y avait eu un grincement ! prononça une voix de garçon.

– Et alors ? Elles ferment mal, ces portes, répondit un autre. J’ai déjà remarqué qu’elles s’ouvraient au moindre souffle. Pas la peine d’en faire toute une histoire.

Pouce après pouce, Flore se pencha pour jeter un coup d’œil aux intrus. Des pélégris ! Probablement les sentinelles de la porte d’Avrin.

– Regarde ! s’écria le second en pointant un doigt dans sa direction. Là !

Le cœur de Flore s’emballa tandis qu’elle se serrait dans l’ombre des barriques. L’avaient-ils vue ? De toute façon, elle ne pouvait pas fuir sans leur passer sous le nez, autant s’économiser une course inutile. Elle retint sa respiration en entendant des pas qui s’approchaient. Une soudaine envie de pleurer lui empoigna la gorge. Qu’allaient-ils lui infliger quand ils l’extirperaient de sa cachette ? Violence ? Humiliation ? Prison ? Mais qu’est-ce qui lui avait pris !

– Au moins, on ne se sera pas déplacés pour rien ! entendit-elle en même temps qu’un raclement de bois.

La voix était toute proche, mais les pas s’étaient arrêtés. Que fabriquaient-ils ?

– Oh, des pommes ! s’exclama le garçon. Mets-en dans mes poches, aussi.

Un tonneau ! Ils avaient ouvert un tonneau de fruits ! De soulagement, Flore sentit son estomac s’alléger tout à coup, comme si elle allait s’envoler. Un énorme soupir menaçait de s’échapper de ses lèvres, mais ce n’était pas le moment : les deux soldats se tenaient encore à quelques pas. Elle attendit en frémissant qu’ils aient dérobé tous les fruits qu’ils pouvaient, jusqu’à ce qu’enfin, le halo de leur lanterne s’éloigne, puis disparaisse avec le grincement de la porte.

Quand ses jambes arrêtèrent de trembler, elle rejoignit la sortie. Elle aurait parié que les pélégris ne se déplaceraient pas une seconde fois en entendant le gémissement des charnières, mais elle choisit la solution rapide : elle écarta d’un coup le battant, puis courut vers le quatrième entrepôt qui lui livra passage plus discrètement. Une forte odeur de salpêtre assaillit ses narines et lorsque son regard put percer l’obscurité, elle constata que la pièce était entièrement vide, à l’exception de morceaux de bois, de quelques tonneaux éventrés et d’autres déchets impossibles à identifier. Cette fois, elle se dirigea directement vers le fond, longeant le mur pour trouver l’escalier. Elle trébucha sur un tas de chiffons moisis et dut se retenir à terre pour ne pas s’écraser dans la poussière. Elle se relevait en pestant à voix basse lorsqu’elle fut empoignée par les épaules. Une main lui couvrit la bouche et le nez tandis qu’elle était ceinturée avec rudesse. Son chapeau tomba en libérant sa tresse. Paniquée, bâillonnée, elle sentit ses poumons réclamer l’air qui lui manquait et tenta d’arracher de son visage la paume de l’attaquant. Mais celui-ci la plaqua contre lui avec une force qu’elle ne pouvait contrer. Il leva devant ses yeux un poignard effilé pour qu’elle voie bien la lame brillante, puis l’appuya contre son cou. Malgré la peur qui ordonnait à son corps de se débattre, Flore s’immobilisa.

– Si tu cries, je t’égorge, murmura l’homme à son oreille en écartant lentement la main de sa bouche.

La jeune femme inspira plusieurs goulées d’air, les yeux écarquillés sur le vide. La pression des bras qui la retenaient se relâcha un peu.

– Qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que tu fais ici ?

Flore réfléchit à toute vitesse. Si c’était un voleur ou un fuyard, elle serait déjà morte. Son assaillant protégeait quelque chose, sinon il ne lui aurait pas posé ces questions.

– Je cherche le fils de Marthe, enfermée à la prison du fleuve, répondit-elle en tordant le cou pour l’apercevoir. C’est par elle que j’ai su où vous vous cachiez.

L’homme était grand, d’une carrure peu commune ; ses cheveux bruns striés de blanc, sales et emmêlés tombaient jusqu’aux épaules. Il émettait une odeur âcre de vieille sueur. Il s’écarta d’elle, mais il l’empoigna par le bras et la traîna vers l’auréole de lumière coulant d’une des fenêtres rondes.

– Je ne vous veux aucun mal ! protesta Flore à mi-voix. Je vous cherche depuis longtemps.

Il la tourna vers le clair de lune pour la dévisager. Son visage buriné se relâcha quand il regarda ses prunelles. Il soupira en laissant retomber la main qui tenait Flore.

– D’accord, céda-t-il en lui indiquant l’escalier.

Suivie par le gardien, Flore descendit les marches et poussa une porte qui, cette fois, s’écarta sans effort. Elle déboucha dans une petite pièce obscure où ses yeux furent attirés par un rai de lumière rasante qui filtrait sous une autre ouverture. L’homme la dépassa et frappa quatre coups, puis trois, avant de pousser le battant et de livrer passage à la jeune fille qui s’arrêta sur le seuil.

La cave occupait une surface supérieure à celle de l’entrepôt au-dessus. Elle devait correspondre au sous-sol des deux hangars que Flore avait visités, si bien qu’elle n’en distinguait pas le fond, entre les épais piliers de soutènement qui la ponctuaient. Très basse de plafond au point que Flore pouvait tout juste s’y tenir droite, éclairée de rares lanternes, la salle donnait une impression de grotte oppressante, d’autant que les effluves de corps mal lavés prenaient à la gorge. Partout où elle posait les yeux, des gens — hommes, femmes, enfants, vieillards — assis ou allongés sur des chiffons ou des paillasses moisies semblaient évoluer au ralenti, ou pas du tout. Ils produisaient si peu de bruits que Flore se demanda un instant si elle avait perdu son ouïe. Lorsqu’elle s’avança sous la voûte, guidée par la sentinelle qui marchait courbée, quelques regards mornes et harassés se tournèrent vers elle comme par réflexe, ne montrant aucun signe de curiosité. Sans pouvoir déterminer sa provenance, elle entendit les pleurs d’un nourrisson. Elle manqua bousculer un gamin aux yeux aussi pâles que les siens. Il était livide, apathique, des cernes noirs creusaient ses joues et sous sa tunique crasseuse, ses clavicules saillaient sous la peau diaphane. Il y avait donc ici de ces « faux-devineurs », comme elle ? Ça expliquait pourquoi le gardien l’avait laissé entrer : il avait dû penser qu’elle voulait se cacher, elle aussi.

Il s’arrêta non loin d’un pilier et désigna un homme dans la vingtaine, les yeux perdus dans le vague, qui serrait dans ses bras une fillette endormie en la berçant.

– C’est lui, le fils de Marthe. Vous aviez quelque chose à lui dire, non ?

Flore acquiesça en soupirant. Elle s’agenouilla sur le tas de chiffons et sans attendre, expliqua la raison de sa présence.

– Elle n’est pas morte seule, ajouta-t-elle. Une de mes amies se tenait à ses côtés.

Le jeune père hocha simplement la tête. Son balancement s’amplifia, il se pencha vers la petite et lui murmura d’une voix éraillée :

– Nous allons partir, ma fille. Il n’y a plus rien pour nous ici.

Son regard se perdit de nouveau et Flore le laissa à son chagrin.

– Combien êtes-vous ? demanda-t-elle au gardien qui l’avait attendue.

– Une centaine, répondit le guide.

– Il n’y a pas que des devineurs, il y a des gens… comme moi ?

– En effet. Vos yeux vous expédient tout droit à la potence, et vous n’avez même pas nos dons. Nous n’allions pas vous laisser à la porte. D’autant qu’il y a des « yeux clairs » dans des familles de devineurs.

– Ah bon ? s’exclama Flore, saisie par cette information. Il y a donc un rapport entre les yeux clairs et les devineurs ?

L’homme haussa les épaules en signe d’ignorance.

– Et vous, pourquoi vous cachez-vous ? Tout le monde croit que le seul signe pour vous reconnaître, c’est la couleur de vos prunelles. Ils ne vont pas vous arrêter.

– Ce n’est pas si simple, jeune fille : la plupart d’entre nous ont vécu des années dans la ville. Leurs voisins soupçonnent souvent la vérité, quand ils ne sont pas carrément au courant. Ils se sont toujours tus parce que c’est bien pratique d’avoir un devineur sous la main. Mais aujourd’hui, c’est trop dangereux. Alors ils parlent, ils dénoncent pour quelques sacs de blé supplémentaires. Et puis surtout, parmi les nôtres, quelques-uns se sont vendus à l’Ordre en échange de protection. Ils savent comment nous repérer.

Les mots tombaient de sa bouche comme s’ils ne pesaient pas. Il vivait avec le danger depuis tellement longtemps que c’était devenu banal. Chaque jour devait apporter son lot de disparitions, d’exécutions. Parmi ses proches, peut-être. Flore avait la nausée.

– Les premiers d’entre nous à nous réfugier là voulaient fuir la ville. Certains ont réussi à sortir. Depuis, le Haut-Savoir a posté des devineurs avec les sentinelles, aux portes de Terce. Moi, je suis resté pour aider : trouver des moyens de quitter Terce, de survivre. La plupart de ces gens attendent la fin, mais…

– La fin de quoi ? coupa Flore. De la tyrannie ?

– Ou de cette vie qui n’en est plus une. Crever de faim, ne plus voir la lumière du soleil, craindre la mort à chaque instant…

Le guide tendit la main à Flore avec un sourire amer.

– Je m’appelle Marden. Vous avez bien fait de venir. Qui sait si un jour, l’existence ne redeviendra pas plus vivable ? Même pour nous… En attendant, vous êtes la bienvenue. Trouvez-vous un coin libre, j’essaierai de vous fournir des chiffons pour dormir. Et si vous avez faim… il va falloir prendre votre mal en patience. Moi et quelques autres, nous parvenons encore à trouver des choses à manger, mais pas tous les jours et pas pour tout le monde.

Il était temps de le détromper sur sa présence et de lui expliquer pourquoi elle était venue. Peut-être pourrait-il l’aider ?

– Je ne cherche pas de refuge. Je m’appelle Flore de Hénan, je suis la fille du gouverneur de Listène. Je réside aux Cimiantes où je suis en sécurité malgré la couleur de mes yeux.

Marden fronça les sourcils. Il lui laissait apparemment le bénéfice du doute mais elle avait intérêt à être convaincante, car sa condition privilégiée ne semblait pas ravir son interlocuteur. Cependant, elle devait rester prudente et choisir avec soin ce qu’elle pouvait révéler. Ne venait-elle pas d’apprendre qu’il y avait des traîtres même parmi les persécutés ?

– Il y a, au château, quelqu’un qui nécessite la présence d’un devineur.

Le guide parut encore plus soupçonneux.

– Qui ?

– Je… je suis désolée, mais je ne peux pas vous le dire. C’est quelqu’un d’important, susceptible de faire bouger les choses.

Marden recula d’un pas. Son visage était complètement fermé à présent, les yeux roulants sur les côtés comme s’il soupçonnait un piège. Elle devait trouver autre chose.

– Faites-moi confiance : je ne crains certes pas pour ma vie aux Cimiantes, mais je n’ai pas le droit d’en sortir. Croyez-vous que je prendrais le risque de parcourir les rues après le couvre-feu si ce n’était pas crucial ? Si je suis arrêtée, pensez-vous que les pélégris attendront de connaître mon identité avant de me pendre à un échafaud ? Je n’accepte pas cette vie non plus !

L’homme se relâcha un peu, mais haussa les épaules.

– Qu’espérez-vous ? Que l’un de nous se présente au château, la bouche en cœur, pour une consultation sur l’avenir d’un ministre ? ironisa-t-il.

– Bien sûr que non. Il faudrait une jeune femme qui veuille bien se faire embaucher comme servante, par exemple.

– Et qui habite aux Cimiantes ? À côté des casernes de pélégris et de ce monstre de régent ? Pourquoi ferait-elle ça ?

– Elle serait bien plus à l’abri là-bas qu’ici, j’en suis sûre. Je me porterai garante pour elle et s’il y a bien un endroit où les soldats ne viennent pas fouiner, ce sont les couloirs du château.

Marden n’était toujours pas convaincue, mais Flore sentait qu’il ne manquait pas grand-chose pour qu’il lui fasse confiance.

– Si vous m’aidez, je m’arrangerai pour faire sortir de la ville ceux qui le souhaitent, lâcha-t-elle en regardant ses pieds.

Elle redressa la tête pour observer le gardien. Elle avait réussi à retenir son attention. Il réfléchissait à sa proposition sans la quitter des yeux.

– Attendez, dit-il enfin.

Il revint peu après avec une femme guère plus âgée que Flore. Ses traits portaient la même fatigue que les autres visages, mais ses pupilles brillaient d’une lueur de défi. Sa figure avenante et ses longs cheveux blonds convaincraient le vieil intendant du château, si besoin.

– Voici Aénor, annonça Marden. Elle est d’accord pour suivre votre plan.

– Tout plutôt que rester enfermée ici, souffla la jeune femme en se penchant vers Flore.

Celle-ci sourit ; elle-même avait prononcé cette phrase un peu plus tôt dans la journée. Aénor lui plaisait déjà.

– Tenez-vous à l’entrée de la grande cour à sept heures, après-demain, dit-elle. Je m’arrangerai pour vous faire engager.

 

***

 

Flore leva les yeux vers les tours des Cimiantes. Le brouillard qui recouvrait la ville chaque nuit jusqu’au pied des murailles du château rendait son cheminement plus discret, mais la plongeait aussi dans un flou incertain. Elle estima sans conviction avoir parcouru la moitié du trajet de retour. Contrairement à l’aller, pas une seule fois elle n’avait été contrainte d’interrompre sa marche pour se cacher d’une patrouille. Sans doute qu’elles étaient moins nombreuses à cette heure de la nuit. Quoi qu’il en soit, elle se glisserait bientôt dans la tour de la lune, au chaud. L’effort de son ascension vers les hauteurs de Terce ne suffisait plus à contrer l’humidité de la brume ; elle frissonnait de plus en plus souvent et ses doigts étaient glacés.

Allait-elle réveiller Elvire pour lui raconter sa réussite ? Et Themerid, qu’en penserait-il ? Elle allait le mettre au défi : puisqu’elle avait pris des risques en dénichant une devineuse, il pourrait au moins essayer d’écouter ses conseils. De toute façon, Aénor se trouverait aux Cimiantes, alors autant en profiter. Il faudrait convaincre la jeune femme de rester discrète. Ou l’empêcher de sortir du château. Ou encore, lui mentir… Peu de gens savaient que les héritiers du trône avaient été séparés. Pour le peuple de Cazalyne, ils étaient tous deux malades, alités. Avec un peu de chance, elle ne reconnaîtrait pas le prince.

La fierté d’avoir réussi la mission qu’elle s’était fixée s’atténua : elle mentait souvent en ce moment. Ça devenait comme un réflexe. Elle avait menti à Marden, d’ailleurs, en lui racontant qu’elle pouvait faire sortir clandestinement les devineurs de Terce. Elle ne voyait même pas comment faire. Elvire et Themerid auraient peut-être une idée, eux… Il fallait qu’ils trouvent un moyen : elle ne voulait pas que Marden et tous ces pauvres gens terrés sous les entrepôts la prennent pour une traîtresse. Elle ne mentirait plus, elle se le promettait. Enfin… là, elle l’avait fait par nécessité. Pour Themerid, et pour Venzald. Elle sentait que c’était important. Themerid pouvait bien supporter la douleur si c’était dans l’intérêt du royaume.

À nouveau, elle leva le regard pour évaluer son avancement. Surprise, elle dut tordre le cou pour distinguer le haut des tours qui se trouvaient presque à sa verticale. Elle avait progressé plus vite qu’elle l’espérait, perdue dans ses pensées, sans même remarquer les lanternes des beaux-quartiers. Quelle imprudence ; elle avait eu beaucoup de chance de ne pas être repérée, à arpenter la ville l’esprit ailleurs ! Deux rues encore et elle aurait rejoint le puits et le tunnel vers les souterrains du château. Elle accéléra le pas.

Soudain, un choc métallique lui parvint de la gauche. Du coin de l’œil, elle aperçut un cavalier masqué. Elle venait de se précipiter dans un carrefour sans même jeter un œil à l’angle ! Le souffle court, elle fit demi-tour jusqu’à un renfoncement entre deux murs, se plaqua tout au fond, dans l’ombre, et attendit en tendant l’oreille. Les tintements des fers sur les pavés se rapprochèrent avant de s’interrompre à quelques pas de sa cachette. Un grincement de cuir, des claquements de semelles, le pélégri mettait pied à terre. Flore s’empêcha de respirer malgré les battements frénétiques de son cœur. Une voix dans sa tête hurlait au soldat de s’éloigner, mais resta sans effet : les pas venaient vers elle. Depuis l’ombre, elle vit la silhouette passer le coin, le casque, les armes et la grille de métal scintillant sous la lune à son apogée. Il lui fit face et se pencha pour scruter l’obscurité. Flore sentit la panique la gagner : il se tenait à deux toises à peine ! Son corps pétrifié lui faisait mal, ses jambes allaient se dérober, elle allait se trahir !

Enfin, le garde se redressa, hésita encore un instant, puis recula d’un pas. L’air que Flore retenait s’écoula entre ses lèvres tremblantes et ses épaules se relâchèrent. Cela suffit à faire tomber du mur sur lequel elle s’appuyait une pluie de sable arraché au torchis qui bruissa discrètement sur l’herbe au pied de la jeune fille. Le pélégri s’immobilisa, le visage à nouveau tourné vers le fond de l’alcôve. Il avança d’un pas décidé, mains tendues vers l’avant, droit vers Flore qui sentit son sang se glacer. Les gantelets percutèrent rudement sa poitrine en lui arrachant un gémissement, glissèrent vers ses bras qu’ils empoignèrent pour la tirer vers la lumière. Les violents tremblements qui la secouaient menaçaient de la jeter à terre. Elle n’arrivait même plus à réfléchir. La tenant toujours fermement, le garde fit tomber son chapeau d’une claque et lâcha un « Ah ! » triomphant en voyant la tresse dégringoler dans son dos. Puis il tira dessus pour la forcer à regarder la lune.

– Une bouchevreuse… siffla-t-il à travers sa grille. Charogne ! Je t’emmène, tu seras pendue avant l’aube. À force, on arrivera bien à vous éliminer.

Une bouffée de haine pure se répandit dans les membres de Flore. Les tremblements cessèrent et elle se souvint tout à coup du couteau sur sa hanche. De sa main libre, elle trouva le nœud du torchon.

– Lâchez-moi ! cria-t-elle en s’efforçant de le défaire. Vous ne savez pas qui je suis.

L’homme éclata de rire en se tournant vers elle. Pour détourner son attention de sa ceinture, elle cracha sur son masque. Le rire s’interrompit, il essuya les entrelacs de métal, puis la frappa au visage. L’acier du gantelet lui coupa la pommette, elle crut que son œil éclatait. Elle se plia en deux, mais la douleur se dissipa vite.

– Tu l’as bien mérité, sale teigne ! répondit-il à son gémissement.

Il agrippa sa tresse pour l’obliger à se relever. Elle résista d’abord, puis se redressa brusquement, en portant un coup de couteau à la gorge du garde. La lame affûtée s’enfonça profondément dans les chairs. Flore tira sur le manche, arrachant au blessé une plainte liquide. Elle frappa encore, à la poitrine, puis de nouveau au ventre, plusieurs fois. À chaque nouvel impact, l’homme émettait un grognement sourd, comme surpris. Il s’écroula contre le mur, mais Flore continuait à abattre son arme, animée d’une rage animale. Elle voulait tuer, déchiqueter, lacérer. Elle s’acharna sur le blason du Haut-Savoir, cousu sur la poitrine du pélégri. Elle était folle, l’odeur de sang lui donnait la nausée, mais il fallait éradiquer le mal, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus nuire.

En frappant près du cou, elle accrocha le masque dont les brides n’étaient pas bien ajustées. Il bascula en découvrant la figure du soldat. Flore suspendit son geste, le souffle court et le cœur affolé. Le visage était lisse, imberbe ; des mèches blondes qui bouclaient devant les oreilles rajeunissaient encore les traits poupins. Le garçon ne devait même pas avoir son âge.

Flore laissa tomber son couteau dans un tintement qui se prolongea comme un glas. Elle eut à peine le temps de s’écarter qu’un spasme lui retourna le ventre ; elle vomit jusqu’à la bile, agitée de tressaillements incontrôlables. Elle s’écroula à terre, elle étouffait, les yeux rivés sur le cadavre détrempé de sang. Elle entendit quelqu’un courir, mais elle fut incapable de réagir. Si on la trouvait là, tant pis. Elle ferma les paupières.

Des mains caressèrent sa joue, la secouèrent tendrement tandis qu’une voix familière et inquiète murmurait :

– Demoiselle ! Demoiselle ! Vite, levez-vous, venez !

Johan, oh oui, Johan, merci.

Il la remit sur pieds, enveloppa ses épaules de son bras chaleureux et l’entraîna dans la rue. Il la força à courir vers le puits, l’encourageant à mi-voix. Ils atteignirent la porte vermoulue qui se referma derrière eux. Ils étaient en sécurité, mais Johan ne s’arrêta pas pour autant. Portant Flore à demi, il l’emmena jusqu’aux quartiers des domestiques et la fit asseoir sur la paillasse de sa propre cellule. Il s’absenta quelques instants, revint avec un baquet d’eau et une tunique propre, et commença à laver les mains de Flore.

– Demoiselle, parlez-moi, implora-t-il tandis qu’il frottait ses poignets.

Mais elle ne pouvait pas. Les mots restaient coincés avec les larmes, tout au fond de sa gorge, brûlants. L’image du jeune pélégri ensanglanté continuait de flotter devant ses yeux tandis qu’elle fixait ses mains meurtrières.

– Vous tremblez. Vous avez froid ?

Oui, elle était gelée, jusqu’aux os, elle ne se réchaufferait jamais. Johan l’enveloppa dans une couverture et lui frotta le dos. Puis il lui releva le menton pour lui nettoyer la figure. Le regard de Flore s’agrippa aux yeux bruns pleins de sollicitude. Elle prit conscience des mains sur son visage, de la peau dorée qu’elle entrevoyait par son col, de la tiédeur de son souffle. Elle caressa sa joue du bout des doigts. Johan cilla mais ne recula pas.

– Demoiselle… chuchota-t-il, implorant.

Une envie dévorante de chaleur, de douceur enfla dans le ventre de Flore. Elle se coula entre ses bras, l’enlaça, le visage dans son cou. Le froid la torturait toujours. Elle ôta sa tunique tachée qu’elle laissa tomber sur le sol en ignorant le gémissement douloureux de Johan. Elle s’agenouilla pour lui enlever sa blouse.

– Il ne faut pas… dit-il d’une voix tremblante en retenant le vêtement.

Elle l’embrassa pour le faire taire, regardant sans pitié les larmes au coin de ses paupières. Elle tira à nouveau sur la chemise ; cette fois, il leva les bras et se laissa déshabiller.

Ne pas penser, ne pas se souvenir

Flore se plaqua contre lui aussi fort que possible. Le contact de sa peau contre la sienne lui donna un frisson. Encore un ; mais celui-ci répandait dans son corps une onde de volupté et annihilait ses pensées. Quand elle trouva sa bouche, il referma les bras sur elle.

N’exister qu’à travers sa peau et la mienne, faire fuir la peur…

– Serre-moi, je t’en prie, murmura-t-elle se débarrassant de ses derniers habits. Réchauffe-moi. Tout entière.

S’offrir pour s’oublier...

Ils se donnèrent l’un à l’autre complètement, enlacés à se fondre. Flore se laissa porter par les lents mouvements, la moiteur, la tendresse, les mains solides et douces qui la tenaient, rivée aux prunelles brunes pour ne pas se noyer. Les palpitations de son cœur s’apaisèrent enfin et le froid recula. Elle laissa ses paupières se fermer. Le visage de Venzald s’imposa à la place de celui de Johan. Elle rouvrit les yeux aussitôt, mais sentit que le jeune homme avait perçu son trouble.

Ils restèrent enlacés longtemps. Flore finit par se détacher de lui et la main sur sa joue, elle chuchota :

– Pardon.

Il rendit la caresse en s’efforçant de sourire.

– Merci, murmura-t-il.

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Luna
Posté le 21/01/2021
Wahou mais il dépote ce chapitre ! J'ai adoré y suivre Flore et sa prise de pouvoir sur elle-même. Enfin elle s'affirme franchement par ses actes.

Je vois que les réactions sont très partagées quant à la scène de fin et j'ai moi-même été un peu surprise, je ne m'y attendais pas du tout ! Mais finalement, je trouve que c'est dans le ton du chapitre, Flore s'émancipe et nous révèle ses failles : elle ment pour parvenir à ses fins, elle montre toujours aussi peu d'empathie pour Themerid, elle en vient au meurtre (bon évidemment c'est de la légitime défense, mais elle insiste bien quand même) et elle se sert de Johan pour oublier le traumatisme qu'elle vient de vivre. C'est un peu violent, mais fort intéressant à mon sens. Elle passe d'un personnage trop "blanc" (dans le sens du côté des gentils) à une nuance plus grise. Et les personnages gris sont quand même toujours plus intéressants ! Bref, Flore évolue et c'est normal compte tenu de tout ce qu'elle traverse. Et puis, qu'elle en vienne au sexe ne me choque pas tant que ça : qui sait comment on réagirait après ce qu'elle vient de vivre ? Ça démontre au moins qu'elle réalise la violence de son acte.

Je pressens par contre un petit conflit avec Themerid suite à tout ça. Mais peut-être qu'il va justement falloir secouer un peu ce garçon pour qu'il prenne les choses en main ! Bref, ça promet de la tension dans les prochains chapitres et ça c'est chouette !

Juste un petit détail rikiki : j'ai également trouvé que l'arrivée d'Aénor était un peu trop facile. Flore semblait mal partie pour arriver à ses fins et en l'espace d'un instant Marden lui trouve pile la personne qu'il faut. Mais bon, c'est vraiment pour chipoter ;)
Isapass
Posté le 21/01/2021
Ca me fait plaisir que ce chapitre t'ait plu : c'est un de ceux que je préfère. Effectivement, Flore prend une nouvelle ampleur avec un "petit" changement de voie ! Tu dis qu'il te semble violent, mais est-ce que c'est crédible ? J'ai quand même essayé de l'amener de manière un peu visible : à la fin du tome 1, Flore est celle qui trouve la situation le plus inconfortable quand elle, Elvire et Renaude sont consignées au château. Et puis elle est très impliquée émotionnellement parce que l'Ordre s'en prend aux femmes, mais aussi aux bouchevreux de qui elle se sent très proche à cause de ses yeux. Mais je devrais peut-être rendre la progression plus visible ? Ceci dit, l'interdiction de Themerid est vraiment le déclencheur de sa "révolte".
Je note ta remarque pour le passage avec Aénor. Tu n'es pas la première à avoir trouvé ça rapide, en effet.
Quant à la dernière scène, comme tu l'as vu, les avis sont partagés XD Mais comme c'est une scène que j'adore et que j'ai réussi à écrire à peu près comme je le voyais dans ma tête, tant pis si elle choque un peu XD
Merci pour ce nouveau commentaire. Dans le prochain chapitre, changement d'ambiance complet !
Luna
Posté le 22/01/2021
Oui bien sûr je trouve que ce changement crédible ! Quand je disais "violent", c'est qu'elle a une réaction assez forte. Mais vu ce qui vient de lui arriver, ça ne me semble pas disproportionné, indépendamment même de son évolution. Et cette évolution est déjà bien visible, à mes yeux de lectrice en tout cas. Je vois que toutes les plumes ne sont pas du même avis, alors peut-être qu'il faudra y réfléchir, mais c'est à toi de voir. À mon sens, ce n'est pas nécessaire. Je trouve même qu'un passage à l'acte qui surprend complètement le lecteur peut aussi être intéressant. C'est un moyen pour Flore de se révéler pour de bon, de "briser ses chaînes" allons-y carrément !

Donc oui, tant pis si cette scène choque un peu ! Je l'aime aussi beaucoup cette scène. Et le dialogue de fin entre les deux est très touchant ❤
Notsil
Posté le 26/06/2020
Oulàlà, que d'émotions !!!

Bon, elle est assez débrouillarde, la miss ! Et elle a eu beaucoup, beaucoup de chance ^^

"Et puis surtout, parmi les nôtres, quelques-uns se sont vendus à l’Ordre en échange de protection. Ils savent comment nous repérer." -> ah ah, tout s'explique ! Des traitres de partout, bien ! Ne plus savoir à qui se fier...

"– Attendez, dit-il enfin.
Il revint peu après avec une femme guère plus âgée que Flore. Ses traits portaient la même fatigue que les autres visages, mais ses pupilles brillaient d’une lueur de défi. Sa figure avenante et ses longs cheveux blonds convaincraient le vieil intendant du château, si besoin.
– Voici Aénor, annonça Marden. Elle est d’accord pour suivre votre plan.
"
-> Là, j'ai trouvé la transition trop rapide. Enfin, j'aurais aimé qu'on perçoive que Flore attende / soit impatiente, plutôt qu'un simple "peu après", surtout que le "elle est d'accord" semble indiquer une discussion et je pensais que personne n'était vraiment volontaire ^^

Enfin, c'est un détail ;)

Flore révèle ses talents de combattantes ! Sous l'effet de la peur et de la panique, certes. J'aime beaucoup qu'elle découvre la jeunesse de l'ennemi, ça rajoute à son trouble.
Johan, preux chevalier. Il tente de résister, mais difficile, hein ? ^^ Et puis avec le choc, la pauvre, elle a bien besoin de réconfort. Même si elle s'en veut déjà, même si elle ne pense pas encore aux conséquences potentielles d'un tel acte...
En tout cas on sent bien que Johan est amoureux et conscient que c'est à sens unique :(
Isapass
Posté le 27/06/2020
Oui, on monte un peu en tension, là :)
Je note pour ta remarque sur la rencontre avec Aénor. Tu as complètement raison !
Si tu as la curiosité de lire les commentaires ci-dessous, tu verras que les galipettes de Johan et de Flore ont fait débat XD Elle a perdu des points auprès de certaines lectrices, la pauvre Flore ! Mais je maintiendrai cette scène car je trouve que ça lui correspond bien. Et tu as parfaitement cerné ce que je voulais faire passer avec mes petits mots de la fin : Johan est amoureux, ce n'est pas partagé, et bien qu'il en soit conscient, il la remercie de s'être donnée à lui. Comme ce n'était pas clair pour tout le monde, j'ai fait une petite explication de texte dans un chapitre suivant.
Personnellement, j'adore ce chapitre. Tant mieux si tu l'as trouvé riche en émotions : c'était le but !
Notsil
Posté le 27/06/2020
J'ai lu les commentaires après, oui, et en effet, les réactions sont multiples ^^ C'est un personnage que j'imagine plutôt libéré donc, à voir dans la suite les répercussions éventuelles (sa relation avec Johan va-t-elle évoluer entre gêne / amitié / culpabilité ? ^^).
Cocochoup
Posté le 19/04/2020
Quoiiiiiiiii
Flore vient d'offrir sa fleur ???? Alors mademoiselle a un petit coup de stress et Bam elle s'envoit en l'air avec le domestique. Ah bravo !
Je t'avoue qu'elle vient de descendre dans mon estime... J'espère au moins qu'elle réussira à faire engager la servante....
Isapass
Posté le 19/04/2020
Ah ah ! Si tu lis les comm en dessous, tu verras qu'en effet le comportement de Flore fait débat XD Par contre, ça choque personne qu'elle ait trucidé un gars de 50 coups de couteau XD
Alors moi je vois aucun problème à ce qu'elle fasse des mignonnes galipettes avec Johan qui est un amour, c'est pas comme si elle lui mettait un couteau sous la gorge, hein ;)
Cocochoup
Posté le 19/04/2020
C'est surtout qu'elle a toujours paru être une petit chose délicate et la Bam. La pulsion, le flot des hormones, l'urgence de vivre... Ca transforme la Flore qu'on connaissait.
Et puis elle avait l'air tellement à fond sur venzald que ça me donnait l'impression qu'elle s'était déjà engagée. Et la... Limite j'ai l'impression qu'elle le trompe XD alors que non mais bon. J'avais tellement pas vu le coup venir !
Isapass
Posté le 19/04/2020
Oui elle est toujours à fond sur Venzald, mais bon, il a qu'à pas être à 20 000 bornes, aussi, sérieux ! #auteureamorale
AudreyLys
Posté le 09/03/2020
Coucou ! J'ai lu les deux derniers chapitres d'une traite ! Je t'avoue que je n'ai pas grand chose à dire sur le précédent, à part que je l'ai trouvé très bien. Généralement moins j''en ai à dire, plus j'ai aimé XD.
Pour celui-ci, en revanche j'ai (avais) quelques petites remarques mais Tac t'a déjà fait part de la plupart (notamment sur les détails). Mais y a quand même un truc que je dois relever et qui n'est pas du détail, c'est la partie de jambes en l'air. Jusque là, j'étais à fond avec Flore et je la comprenais sans souci. La scène avec le pélégris m'a fait beaucoup stresser jusqu'au moment où elle le poignarde, là j'étais super contente (oui du coup j'ai eu du mal à me mettre à sa place quand elle se rend compte qu'elle l'a tuée mais je comprends sa réaction). ET APRES. NAN MAIS... je comprends qu'elle ait besoin de réconfort et tout mais cette dernière scène m'a sortie du truc. 1) on peu être réconfortée sans avoir besoin de faire l'amour 2)elle passe de totale traumatisée à chaude bouillante un peu trop vite à mon goût 3) où sont-ils ? ça se passe trop vite j'ai pas tout compris, ils sont dans les couloirs ? Où est-ce qu'ils font ça ? Ca a beau être au milieu de la nuit, y a du monde dans un château, et des serviteurs qui circulent la nuit. Enfin bref. En soit l'idée que Flore déraille et se serve de Johan pour se réconforter, j'aime bien (le dernier dialogue est super bien d'ailleurs). Mais là je trouve que c'est beaucoup trop rapide. Je verrais plus quelques heures ou plus entre le meurtre et la partie de jambes en l'air, le temps qu'elle reste traumatisée. Admettons elle va se morfondre dans son lit toute la journée/nuit, Johan vient la voir et là paf, elle le chope. Je réécris l'histoire oui XD Je suis désolée mais cette partie je l'ai trouvée abusée. Elle a jamais fait tactac alors pour moi c'est pas la première chose à laquelle elle pense quand elle est en état de choc... C'est bon j'arrête d'argumenter.

Petit coquille : de quel droit Themerid lui avait interdit d’entreprendre ce que bon lui semblait ? -> c'est une question directe donc je mettrais lui avait-IL

Voilà^^ bisouilles ! (si j'ai été trop méchante t'as le droit de me taper)
Isapass
Posté le 09/03/2020
Salut Audrey !
Non, tu n'as pas été méchante, d'autant que ce que tu as mis dans ton commentaire est une opinion, pas une vérité. Je m'attendais à ce que les réactions soient différentes et c'est tout à fait ce qui se passe. Si tu as lu le commentaire de Tac, tu as dû t'en rendre compte, d'ailleurs.
Je vois que tu es choquée par ce que fait Flore (tu n'es pas la seule), mais de mon côté, si je n'excuse pas le fait qu'elle néglige les sentiments de Johan (mais elle ne le force pas non plus, hein), en revanche ça ne me pose aucun problème qu'elle ait envie de sexe pour se réconforter et à mon avis, ça ne fait pas d'elle une "chaude bouillante". Je vais essayer de t'expliquer pourquoi. D'abord, dans l'intrigue, c'est justement parce qu'elle est sous le choc et que le meurtre du pélégri vient de se passer qu'elle le fait. Elle cherche à s'oublier en remplaçant les pensées et les souvenirs par des sensations beaucoup plus reptiliennes, primaires (et accessoirement, nouvelles pour elle). Si elle faisait ça des heures plus tard comme tu le suggères, elle ne serait plus sous le choc, ce serait plus réfléchi et je voulais qu'on le ressente comme une espèce de réaction de sauvegarde pour ne pas devenir folle (comme si elle cherchait l'amnésie).
Et de manière plus générale, je pense que le sexe n'est pas forcément synonyme d'érotisme, de plaisir, de luxure ou de facilité. C'est aussi ce qu'on peut partager de plus intime avec quelqu'un. Quand le/la partenaire est quelqu'un de confiance, qu'on respecte et qui nous respecte, qu'on aime (ou pour qui on a de l'affection, au moins, comme c'est le cas ici), et avec qui il y a une attirance physique, ça peut devenir une véritable communion, non seulement charnelle, mais aussi spirituelle parce qu'on se donne à l'autre et on prend ce qu'il offre. C'est une autre façon de communiquer et de partager des choses. C'est ça que cherche Flore. Elle ne cherche pas le plaisir ou les acrobaties, elle cherche le réconfort dans le partage (d'ailleurs, ils n'ont quand même pas l'air de prendre un pied gigantesque, hein). Johan le comprend très bien et c'est d'ailleurs pour ça qu'il lui dit "merci", alors qu'il a compris qu'elle ne l'aimait pas : merci d'avoir partagé ça avec moi, merci pour ce moment de confiance et d'abandon...
Du coup, oui, tu as raison, on peut se réconforter sans sexe, bien sûr, mais c'est ce dont Flore a envie à ce moment-là, et elle le prend.
Voilà ma vision sur le sujet ;)
Mais en effet, si le sexe ne représente pas ça pour toi, je comprends que le passage de "traumatisée" à "envie de sexe" te choque un peu, et j'étais consciente du risque :)
Pour te répondre sur la question plus pratique : ça se passe dans la chambre de Johan ("Portant Flore à demi, il l’emmena jusqu’aux quartiers des domestiques et la fit asseoir sur la paillasse de sa propre cellule.")
Pour la coquille, j'avais fait exprès de ne pas mettre le -il parce que je trouvais que ça alourdissait la phrase, mais tu as raison : c'est une tournure familière, du coup. Pas grave !
Merci pour tes compliments sur le chapitre précédent :), pour ta double lecture et tes retours !
A+
AudreyLys
Posté le 10/03/2020
Je comprends ce que tu as fait de cette scène et je suis tout à fait d’accord pour ce qui est de la vision de partage du sexe, ce n’est juste pas comme ça que je l’ai perçu. Je suppose que c’est trop subjectif, même avec tes bonnes explications cette scène me dérangera toujours.
Ah oui la chambre ! J’ai oublié mais sur le coup je m’étais fait la remarque : pour les domestiques dorment dans des chambres communes. Je t’avoue que je ne connais pas toutes les époques mais à partir du XIVe siècle c’est comme ça dans beaucoup de châteaux.
À peluche !
Tac
Posté le 06/03/2020
Yo !
Que tu commences direct avec ce passage sur Flore qui a pris une arme mais ne sait pas trop s’en servir m’a fait entrer direct en empathie avec elle. Je pense que si tu dois couper dans le chapitre, ça devrait peut-être être plus au niveau des indications géographiques qui s’ensuivent. Et en même temps, personnellement, je trouve que le début est nécessaire, mais tu me connais, j’aime bien les introspections. Que sa natte se libère dès le début, ça paraît cohérent qu’après avec le pélégris elle se détache également. Ça montre qu’elle l’a mal fixée, plutôt que ça fasse artifice de « il fallait qu’il s’aperçoive que c’est une fille ».
Lorsque les pélégris ouvrent le hangar de pommes, je trouve étrange qu’ils sécrient « regarde, là ! » comme s’il n’y avait qu’un petit tonneau de pommes sur un côté. A l’inverse, Flore a été capable de sentir les pommes quasiment avant même de rentrer dans le hangar. Je veux bien croire que les soldats n’y aient pas prêté autant attention qu’elle mais tel que tu le décris, j’ai quand même l’impression que l’odeur de pommes devrait les frapper dès qu’ils entrent. Alors qu’ils attirent l’attnetion sur un détail précis me fait bizarre, j’ai l’impression qu’ils captent les pommes littéralement deux minutes après les avoir eu sous le nez. Surtout avec l’autre pélégri qui s’exlame « oh des pommes ! ». peut(être préciser qu’ils ont vu un tonneau ouvert ? genre « oh, un tonneau déjà ouvert ! » plutôt que « oh des pommes », ou le préciser après, enfin je le laisse à ta convenance. C’est vraiment juste le détail qui, selon moi, fait que la scène fonctionne à 98%, parce que sinon il y a déjà tous les autres ingrédients.
« Elle manqua bousculer un gamin aux yeux aussi pâles que les siens. Il était livide, apathique, des cernes noirs creusaient ses joues et sous sa tunique crasseuse, ses clavicules saillaient sous la peau diaphane. Il y avait donc ici de ces « faux-devineurs », comme elle ? » : Je ne comprends pas comment Flore parvient à cette déduction.
« Son regard se perdit de nouveau et Flore le laissa à son chagrin. » : je trouve le mec n’a pas l’air très chagriné, il a surtout l’air de s’y attendre, il est blasé d’avance. Ça rejoint exactement ce que tu dis ensuite : la mort fait tellement partie de leur vie, tu ne sais pas si le chagrin est un état constant ou s’il ne les affecte plus.
Comment l’homme qui guide Flore sait-il qu’elle n’est pas bouchevreuse ? Si tu dis quelque part que les bouchevreux captent direct qui en est et qui n’en est pas, je l’ai oublié et je m’en excuse. (si c’est par rapport au chap de Venzald, alors je trouve que ce n’est pas cohérent car la confrontation Venzald/bouchevreux en liberté montre bien que la maîtrise de leurs dons et de cette espèce de télépathie n’est pas innée). Mais alors, pourquoi Abzal est infichu de reconnaître les bouchevreux ? Ne soupçonne-t-il pas ses neveux d’en être ? Est-ce que la concentration des bouchevreux cachés dans un même endroit ne les rend pas plus susceptibles d’etre découverts par un bouchevreux qui entendrait leurs pensées ? Je veux bien savoir comment ça fonctionne précisément cette affaire de « reconnaissance automatique de bouchevreux ». je ne sais pas si c’est vraiment moi qui suis nulle ou s’il manque effectivement quelque chose dans le texte :/
« – Ou de cette vie qui n’en est plus une. Crever de faim, ne plus voir la lumière du soleil, craindre la mort à chaque instant… » : j’adore, on dirait presque qu’avant larrivée de l’Ordre, la vie des gens aux yeux clairs et des bouchevreux était une sinécure ! Je trouve que ça fait un peu trop « vision du monde en noir et blanc. Avant l’Ordre, nous étions libres, après, plus du tout, alors que ton T1 s’ouvre quand même en chap 2 sur une exécution sommaire d’un prétendu bouchevreux.
Le coup de la proposition de faire sortir de la ville les bouchevreux qui le souhaitent, c’est vraiment un truc de roman d’aventures, ça colle tellement au caractère de Flore ! L’audace et l’aspiration à la liberté, qu’elle montre une nouvelle fois. Elle fait vraiment contrepoint avec les autres personnages. Je suis pour qu’elle devienne reine ! (oui j’m’en fous de Themerid et Venzald actuellement, j’assume)
« a figure avenante et ses longs cheveux blonds convaincraient le vieil intendant du château, si besoin. » : ça passe ! ;)
« Themerid pouvait bien supporter la douleur si c’était dans l’intérêt du royaume. » : Je l’imagine vraiment dit sur un ton de « ah il ne va pas nous emmerder, cette petite nature, hein », c’est hilarant
La scène avec le cavalier me fait teeellement stresser, même en sachant ce qui va se passer ! Mais il y a un truc qui me tracasse c’est que je ne peux pas m’empêcher de me dire que si Flore a vu le pélégri, alors lui aussi l’a certainement vue. Surtout qu’elle avait l’air bien engagée dans le carrefour. M’enfin ce n’est que mon ressenti, vraiment n’hésite pas à le laisser de côté.
D’ailleurs… le garde n’a pas une côte de maille ?
Ça rend trop bien la fin ! (bon j’ai juste commencé à rire parce que j’avais le souvenir des chuchotis au creux de l’oreille mais franchement je trouve que tu coches les cases que tu voulais cocher avec cette scène !)
Bravo pour ce chapitre ! Qui m’a provoqué autant d’émotions que lorsque tu me l’as lu. C’est un peu le chapitre où Flore prend, arrache sa liberté de force, j’ai un peu peur du retour de bâton… Je veux la suiiiiiiite ! (ou pas, peut-être vaut-il mieux rester dans l’ignorance ?) (nan je blague je la veux)
D'ailleurs quand j'ai dit plus haut que Flore tranche vraiment avec les autres persos, c'est même avec les femmes de ton récit : Elvire est forte mais très dans les clous, malgré tout. Flore, c'est une femme à la Virginie Despentes, en fait. Je fais ce que je veux, y compris coucher quand je veux avec qui je veux. Elle veut être libre sur vraiment tous les plans, et ce n'est pas parce u'elle est amoureuse de Venzald qu'elle va l'attendre sagement avec une ceinture de chasteté à faire des broderies toute sa vie : non, elle l'attend, et en attendant elle vit sa vie comme elle l'entend. (au-delà du fait qu'elle couche avec Johan parce qu'elle se sent seule etc, c'est vraiment comme ça que je le vois : parce que ça ne lui pose aucun problème de coucher avec quelqu'un sur le simple critère de "j'en ai envie là maintenant")
Plein de bisous !
Isapass
Posté le 09/03/2020
Tu as tout à fait raison pour les pélégris qui découvrent les pommes. C'est du tuning, je m'en occuperai en correction, mais n'empêche que c'est bien noté et ça mérite effectivement d'être modifié.
Pour la question des vrais devineurs/faux devineurs, Flore sait depuis le tome 1 que les yeux bleu très clair ne sont pas l'apanage des devineurs (qui n'ont les yeux clairs que quand ils utilisent leurs pouvoirs). Du coup, ça répond aussi à ta question sur son guide : il sait qu'elle n'est pas devineuse parce qu'elle a les yeux clairs, justement.
Mais tes questions me montrent qu'il faut que je récapitule cette histoire et que je précise tout ça.
Idem pour l'histoire des bouchevreux qui "détectent" les autres bouchevreux pour le compte de l'Ordre : en fait, on sait aussi depuis le tome 1 que la très grande majorité des devineurs doivent toucher les gens pour lire les pensées, ou au moins se trouver tout près d'eux. Ceux qui travaillent pour l'Ordre doivent donc toucher les gens qui entrent et sortent de la ville, ou encore vérifier s'ils portent la quatrième ligne dans la main.
Donc Abzal ne peut pas savoir qu'il y a d'autres devineurs dans le château (d'autant qu'il ne sait pas utiliser ses pouvoirs, il n'a que des visions sporadiques et incontrôlées).
Il faut que je profite du chapitre de Venzald chez les esperites pour remettre tout ça à plat.
Tu as encore raison pour la vie des bouchevreux avant l'Ordre : je nuancerai !
La scène du cavalier : bien sûr qu'il l'a vue aussi, c'est d'ailleurs pour ça qu'il descend de cheval et qu'il la cherche. Elle a juste eu le temps de revenir en arrière et de se cacher dans son coin obscur.
A priori, les pélégris n'ont pas de cote de maille mais des broignes (sorte de tunique en cuir épais avec des clous). Donc un couteau peut transpercer, on va dire. Mais tu as raison, il faudrait que je l'évoque.
Flore, une femme à la Virginie Despentes ? XD Je n'aurais pas pensé à cette association mais en effet, c'est l'idée. Comme elle a cessé depuis assez longtemps de croire à ce que lui apprenaient ses parents, son pouvoir d'émancipation est important. Pour Elvire, c'est plus compliqué.
Ta vision de Flore est exactement celle que je voulais donner (merci !). D'ailleurs, je ne suis pas loin de penser comme elle... sauf si ça fait des dégâts (comme là avec Johan qui risque de ne pas très bien le vivre). Mais vu les commentaires ci-dessous, c'est à double-tranchant : soit Flore devient plus attachante, soit c'est le contraire :) Mais ça me va très bien d'avoir un personnage qui peut faire polémique !)
Encore un énorme merci pour ce commentaire en plus de ton avis à chaud ! Plein de bisous ♥
Sorryf
Posté le 04/03/2020
Si elles avaient la naiveté de croire qu'elle pouvait agir contre ce gâchis, tant mieux pour elle -> les elles devraient être au pluriel (c'est dans le chap précédent)

Themerid pouvait bien supporter la douleur si c’était dans l’intérêt du royaume. -> Certes... Mais c'est pas à toi d'en décider, ma grande è.é

une plainte liquide -> j'adore

Flore a complètement craqué ! Entre son absence de sympathie pour Themerid, ses mensonges a des malheureux, son meurtre et sa partie de jambes en l'air, woaaah ! mais qui est cette jeune fille ? Tout ce que je sais c'est que j'adore cette Dark Flore ! c'était passionnant de lire tout ça et ça promet pour la suite !
J'espère qu'elle va sérieusement tenter de faire évader les bouchevreux (sans que ça tourne au désastre si possible), ou bien que sa promesse en l'air va lui retomber dessus.
J'aime beaucoup aussi l'attitude de Themerid, plus posé que son frère, et son conflit avec Flore dans lequel on comprend bien les deux persos.
Contente de retrouver la Renaude... je la soupçonne toujours mais je lu pardonne, va xD
J'ai bien aimé la jalousie de Them pour Johan ! Et que Flore couche avec lui a la fin, je m'y attendais pas du tout, mais j'ai adoré ! mon âme de midinette espère que ça va déboucher sur une histoire d'amour, tant pis pour Venzald, une de perdue 10 de retrouvées ! mais je n'y crois pas trop... je sais pas. Je trouve bizarre que Jojo dise "merci" a la fin. Merci de quoi ? Il avait pas l'air hyper chaud au début. A mon avis il avait envie mais il avait très conscience du danger (j'imagine que c'est interdit, d'autant plus avec leur différence de rang social). Il aurait pu dire "c'est pas grave" (OMG xD) ou "tout le plaisir était pour moi" (c'est encore pire xDD) mais merci comme si c'était lui qui avait demandé ? Ou alors il la remercie de lui demander pardon ? il "s'efforce" de sourire, en plus, donc il doit pas avoir kiffé tant que ça, en tout cas pas au point que ça lui enlève la peur des conséquences... donc il devrait pas dire merci, si ?

Moi aussi j'aime déjà beaucoup Aénor ! hate de la rencontrer !
Isapass
Posté le 05/03/2020
Oui, Flore commence à prendre pas mal de liberté avec la morale, sans parler des règles et lois en place. C'était l'objet (entre autre) de ce chapitre ! Je comprends que tu aimes Flore comme ça, ça a un côté un peu jouissif, mais les répercutions sont à voir...
En ce qui concerne Themerid, il est certes plus posé que son frère mais il n'est pas complètement rationnel non plus (pour preuve : sa jalousie par procuration envers Johan, par exemple). En fait, il est grave déprimé, mais ça ne s'exprime pas comme pour Venzald dans le tome 1. Normal : il réagit en retard, puisqu'il dormait XD
En ce qui concerne la fin, j'aime beaucoup les réactions qu'elle provoque : Jowie (ci-dessous) a été outrée par "Dark Flore" sur ce sujet ! Et en effet, c'est indéfendable : Flore profite carrément de l'affection de Johan pour elle, elle se sert de lui pour se réconforter, mais elle est quand même rattrapée par sa conscience et par l'image de Venzald. D'où le "pardon".
Quant au merci, je pense qu'il faut que je guide plus le lecteur, mais je ne suis pas contre le fait qu'il y ait plusieurs interprétations possibles. Dans ma tête, il n'est pas chaud pour faire des galipettes parce que 1) il pense que ce n'est pas le bon moment vu que Flore est en état de choc, 2) il se doute qu'elle est plus ou moins attirée par lui mais pas amoureuse alors que lui, il l'est. Il finit par céder parce que, bon ben, il en a très envie et qu'il comprend aussi que Flore a besoin de réconfort à tout prix et qu'elle pense que ça, ça peut lui en donner. Sur ce, il perçoit son trouble quand elle pense à Venzald, et sans qu'il sache que c'est parce qu'elle aime Venzald, ça lui confirme qu'elle va regretter d'avoir couché avec lui. Du coup le "merci" à la fin, c'est pour montrer qu'il ne lui en veut pas, qu'il est capable de beaucoup d'abnégation pour elle, qu'il la remercie de lui avoir fait confiance et de s'être donnée à lui même pour de mauvaises raisons (et accessoirement, qu'il a aimé le moment). Evidemment, tout ça, c'est très dur à faire passer puisque je suis en pov Flore et non en pov Johan... Je retravaillerai un peu. Pour répondre à ta question, c'est selon l'avis de chacun de savoir s'il devrait ou non le dire :)
Merci pour ta lecture et pour ton commentaire !
Jowie
Posté le 01/03/2020
Qu'est-ce qu'on tremble dans ce chapitre ! Flore qui se fait attaquer de tous côtés... et la FIN !

Je ne pensais pas qu'autant de gens se cachaient sous cet abri ! Ils doivent mourir de faim... la situation est en train de dégénérer...
Ahhh, je savais que Flore n'avait aucun moyen d'honorer son contrat avec le gardien. Flore, je sais que tu veux aider THemerid, mais tu viens de faire un énorme faux espoir à beaucoup, beaucoup de gens... J'ai peur des conséquences...
Aénor est-elle donc si désespérer pour se porter volontaire pour le plan de Flore ? J'aurais pensé que la faim l'avait poussée, mais on dirait plutôt que c'est son idéalisme, son envie d'aventure et de faire changer les choses.

La scène de la fin ! Je t'avoue que je ne l'ai pas du tout vue venir. Tout se passe si vite ! J'ai conscience que c'est un acte de désespoir mais j'ai du mal à m'imaginer comment on peut passer de froid à chaud aussi vite ? J'ai vraiment eu de la peine pour Johan, qui est toujours là pour l'aider et voilà qu'il devient son instrument... J'ai bien peur qu'il se fasse des idées et qu'il soit blessé. Ils sont tellement en décalage, les deux dernières répliques, le soulignent superbement, d'ailleurs. Elles sont géniales: Pardon vers merci, ça veut vraiment tout dire. C'est bref, minimaliste, et si violent que ça en devient poétique, wow !
Et FLore qui s'imagine Venzald à la place de Johan... Arg! C'était vraiment trop dur pour moi. Emotionnellement, je n'ai pas réussi à suivre Flore. Je ne la comprends pas. Si Venzald était mort, si elle n'était pas dans une position de privilège (relative), si elle n'avait pas eu sa soeur; j'aurais compris son impuissance et sa solitude extrêmes, mais là je suis en état de choc ! Je n'arrive pas à entre en empathie avec elle après ça. Bon, c'est peut-être juste moi; j'ai lu un autre livre où l'héroïne faisait quelque chose de fort similaire et j'ai eu la même réaction.
Bon bah, c'est le moment de se faire un thé, quoi xD

Je suis curieuse de voir les réactions de tes autres lecteurs par rapport à la fin !

À tout bientôt !
Isapass
Posté le 02/03/2020
Comme je te le disais dans mon commentaire précédent, Flore commence à prendre des libertés avec les règles établies, et ce chapitre, en plus du précédent, avait pour but de le montrer.
D'où le mensonge qu'elle fait à Marden en prétendant pouvoir faire sortir les bouchevreux.
D'où, surtout, la scène de la fin. Je sens qu'elle t'a beaucoup fait réagir (combien de tasses de thé pour te remettre ? XD). Je ne m'attendais pas forcément à ce que ça choque autant, mais ta réaction me convient : Flore agit de manière tout à fait égoïste, elle n'a pas d'excuse. Éventuellement des circonstances atténuantes, tout au plus. Certes, elle est complètement sous le choc de ce qu'elle vient de faire (qui n'est pas terrible non plus, hein, elle aurait pu moins s'acharner sur le pelegri) et certes, Johan lui plaît quand même. Mais elle sait très bien qu'elle n'est pas amoureuse de lui alors que lui, il l'aime. Elle obéit simplement à son envie parce qu'elle sait qu'il ne la repoussera pas. Venzald qui s'impose devant ses yeux, c'est le rappel à l'ordre qui lui fait prendre conscience qu'elle préférerait être dans les bras d'un autre et qu'elle est en train de faire n'importe quoi.
A titre personnel, je n'ai aucun problème à séparer le sexe des sentiments et je ne condamne pas, sauf que là, en effet, elle prend le risque de faire du mal à Johan et elle se sert de lui. Et accessoirement, c'est sa première fois, alors ce serait quand même mieux pour elle si elle alliait sexe ET sentiments...
Globalement, Flore est une intuitive : elle ne réfléchit pas, elle suit ses émotions. Parfois ça donne de bons résultats et parfois, pas du tout. Reste à voir comment ça va évoluer...
Pour ce qui est du "pardon" et du "merci", je ne cherchais pas tant que ça à montrer un décalage. Johan sait plus ou moins qu'elle n'est pas amoureuse de lui, c'est pour ça qu'il essaye vaguement de résister. En plus, il perçoit son trouble quand elle pense à Venzald. Et enfin, au cas où il n'aurait pas compris, elle lui dit "pardon" (qui, pour moi, doit se comprendre comme "pardon de m'être servie de toi"). Donc, il dit son "merci" en pleine conscience : pour moi ça veut dire, "merci, parce que je choisis de voir ça comme un cadeau même si je sais que tu ne m'aimes pas" et/ou "merci de m'avoir fait assez confiance pour ça"... bref, quelque chose qui montre l'abnégation de Johan, son dévouement et le fait qu'il a tellement aimé ce qu'ils ont partagé qu'il accepte de souffrir ensuite si c'est le prix à payer.
Voilà comment moi je voyais les choses, mais j'ai aussi fait exprès d'être minimaliste pour laisser d'autres interprétations possibles :)
Moi aussi je suis curieuse de voir les réactions des autres lecteurs !
Question subsidiaire : tu n'as pas trouvé de longueurs dans le chapitre (notamment lors des trajets aller ou retour de Flore dans les rues de Terce ou dans les entrepôts) ?
Merci beaucoup pour ta lecture et tes commentaires (ta façon de réagir toujours si sensible et spontanée est si encourageante !)
Jowie
Posté le 03/03/2020
J'ai dû mettre du miel SUPPLÉMENTAIRE dans mon thé nom mais tu t'imagines? xD

Oui, je l'ai vraiment vécu comme ça: comme un acte égoïste de Flore. Et j'ai aussi senti qu'elle se défoulait un peu sur ce pauvre pélégri. Je suis rassurée que ma réaction te convienne ! Ouiii je suis vite scandalisée, moi xD Mais je pense que c'est surtout parce que je ne l'aurais jamais imaginée faire ça.

Perso, je ne savais pas que Johan savait que Flore ne l'aimait pas, ni qu'il acceptait consciemment de souffrir. Ce n'est pas quelque chose que j'ai ressenti à la lecture. Mais si tu es ouverte à plusieurs interprétations sur ce passage, c'est cool, parce que tout le monde peut y voir différentes choses :)

Non, je n'ai pas rencontré de longueurs dans le texte; j'étais bien accrochée ;)
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