Chapitre 8 : La proposition

Par Mary

VIII

LA PROPOSITION

 

 

 

 

 

Alban s’avança, ne sachant pas à quoi s’attendre. Une révélation ? Un aveu d’échec ? Il ignorait ce qu’il redoutait le plus. L’autre se redressa :

— Tu es matinal, dis-moi.

— Que voulez-vous ? le coupa-t-il.

— Direct, efficace. Mon garçon, pour un peu, tu m’impressionnerais. À propos de notre affaire, si cela tient toujours, j’aurais peut-être quelque chose pour toi.

— Je vous écoute.

Alban avait prononcé ces mots l’air de rien, mais il avait du mal à empêcher sa voix de trembler.

— Bien, et tu vas m’écouter jusqu’au bout. Tu poseras tes questions ensuite, mais sache que je n’y répondrai peut-être pas.

Le jeune homme hocha la tête.

— L’autre soir, tu étais prêt à t’engouffrer la tête la première dans les difficultés pour retrouver le Yann, quelles qu’en soient tes raisons. Une telle détermination, c’est peu commun de nos jours, et ça fait partie des qualités que nous recherchons. Alors, il se trouve que j’ai parlé au Capitaine du Lotus Noir, qui comme tu le sais sans doute, n’est pas ce qu’on pourrait appeler une personne facile à aborder. Nous aurions peut-être une proposition pour toi, qui nous serait bénéfique à tous. Personne n’a rien pu me dire au sujet de ton oncle. D’un autre côté, je ne suis pas le mieux placé pour faire ce genre de recherches. Voilà notre offre. Tu embarques avec nous, et tu cherches ton oncle toi-même, en échange de quoi, nous gagnons une paire de bras supplémentaire. Le Capitaine accepte de te prendre à bord, à certaines conditions. Premièrement, une obéissance aveugle et entière, peu importe ce qu’on te demandera de faire, ce qui rejoint la deuxième condition. Tu apprendras le métier de marin, et crois-moi, ce ne sera pas facile. Si tu deviens un poids, que tu crées des problèmes, ou quoi que ce soit d’autre, on te débarque au premier port venu— et ça, mon gars, c’est la meilleure option. En aucun cas, tu ne fais partie de l’équipage, pour le moment du moins. On appareille demain matin, le temps de terminer le ravitaillement. Sois sur les quais à l’aube.

            Alban ne répondit pas. Rien ne lui venait à l’esprit, comme si ta tête avait décidé d’aller se promener sans emmener le reste de son corps.

— Tu n’es pas obligé de me donner ta réponse immédiatement.

Alban trouva enfin la force parler.

— À qui devrais-je obéir ? À vous, au Capitaine ? Je ne connais rien à la navigation.

— À tout le monde. Nous avons chacun notre spécialité, tu seras donc aux ordres de l’équipage. Ce sera le principe de ton apprentissage.

— Et où part-on ?

— Je ne peux pas répondre.

— Je ne sais pas me battre.

— Tu apprendras.

— Ai-je une garantie de revenir ?

— Cela dépendra de toi.

Alban hésita. Il avait conscience des dangers de cette proposition, après tout, rien n’indiquait qu’il puisse leur faire confiance, à lui, à son équipage ou à son capitaine. Sans certitude de retour de surcroît. En acceptant, il pourrait questionner les marins et employés des comptoirs en personne, où le navire fasse escale dans les îles. Trouver son oncle était sa seule chance d’obtenir des informations sur ses parents, sur l’incendie, et sur l’homme à l’étoile. Un détail l’intriguait, cependant :

— Pourquoi cette proposition soudaine ? Vous me connaissez à peine.

— Tu refuses ? s’étonna le maître d’équipage en levant un sourcil.

— Je trouve seulement que c’est un peu facile.

— C’est toi qui vois. Sache pour ta gouverne qu’une opportunité comme celle-ci ne se représentera sans doute jamais. Sois sur les quais à l’aube, répéta-t-il en voyant son trouble. Ou n’y sois pas.

Le maître d’équipage ne répondrait pas à sa question et ne lui faisait pas cette offre uniquement par bonté d’âme, mais Alban n’avait guère le choix. Perplexe, il vit l’homme commencer à repartir, lassé d’attendre. Il ne sut ni comment ni pourquoi, mais il s’entendit lui crier, alors qu’il tournait au coin de la rue : « J’y serai ! ».

 

Alban fila à l’auberge. Il entra en trombe et s’assit en face à Roger qui essuyait une assiette.

— T’es tout pâle, gamin. T’as vu un fantôme ?

— J’ai vu le maître d’équipage du Lotus Noir.

— Alors, il a une réponse pour toi ?

— On peut dire ça, oui. Je peux être sur les quais demain. Je pars chercher moi-même mon oncle, et en échange je travaille à bord.

— Hoho. T’as décroché le gros lot dis-moi. Et tu as accepté, je suppose.

— Si ça se trouve, je suis en train de me fourrer dans un pétrin pas possible ! J’ai entendu les marins me raconter les tempêtes et les combats, je ne suis pas prêt pour ça ! Tout ce que je connais des navires, c’est comment les remplir ou les vider. Je ne suis pas marin !

— Doucement, du calme, fit l’aubergiste en s’appuyant contre le bois. Tu as envie d’y aller ?

— Oui. Non. Je n’en sais rien du tout. Ce n’est pas comme si j’avais d’autres solutions. Je ne pensais pas que ça irait jusque-là, mais j’ai besoin de savoir.

— Je comprends tout ça, mais demain, si tu montes sur ce bateau, tu devras être sûr.

Alban hocha la tête, et tenta de s’apaiser. Trop d’émotions à gérer d’un coup, c’en était douloureux, il commençait à paniquer.

— D’un côté, reprit Roger, c’est une opportunité formidable, mais de l’autre, tu ne sais pas si tu en seras capable, c’est bien ça ? Si tu veux tant retrouver ton oncle, si c’est vraiment important pour toi, fais-le, mais personne ne t’en voudra si jamais c’est au-dessus de tes forces. Je te le répète une dernière fois, vis ta vie. Tu n’as de compte à rendre à personne. Tu décides de partir ? Bien, je serai le premier à t’encourager. Tu préfères rester ? Tu as du travail et des amis, et aussi, si j’en crois ce qu’on m’a dit, une très bonne amie.

Alban sentit un frisson glacé lui parcourir l’échine. S’il partait, il devrait laisser Nora. Le souffle court, il se passa la main sur le visage. S’il ne revenait pas ? Si elle ne comprenait pas son départ, s’ils se quittaient fâchés ? Il ne la reverrait pas avant des mois. Plus de discussion sur la plage, plus de sauge ni de savon blanc, plus de ruban dans les cheveux. Mais l’assassin de ses parents courait toujours. Serait-il capable de mener sa vie comme si de rien n’était ? Il repensa à son cauchemar du matin, l’odeur du tissu qui brûle, aux flammes qui lui léchaient le bras et à sa terreur quand il avait ouvert les yeux. Non, il fallait en finir, quel qu’en soit le prix.

— Moi, je m’en voudrais, murmura Alban. Vous dites que personne ne m’en voudra si je baisse les bras. Moi, je m’en voudrais, et je ne pourrais pas vivre avec ça.  

Il prit une longue inspiration, mais ses poumons refusaient de se remplir en entier. Il sauta de son tabouret, s’excusa auprès de Roger, et sortit. La poitrine sur le point d’exploser, il retourna vers la Porte Saint-Vincent et descendit les quais, sans la moindre considération pour les bateaux qui y étaient amarrés. Il dépassa la Grand’ Porte, en essayant de ne pas gêner le passage des ouvriers du port. Ses yeux finirent par se poser sur le Lotus Noir. Ils devaient être en train de le ravitailler, car il reconnut Milo de loin portant une petite caisse pour la donner à un des marins. Alban examina le navire, de la proue à la poupe. Il laissa courir son regard sur le gréement, les cordages, le bastingage, la dunette, au-dessus du gaillard arrière. On voyait distinctement la coque, à marée haute. Le bateau ondulait paisiblement. Le vent se levait, et une bourrasque s’engouffra dans une venelle derrière Alban. Elle lui balaya le dos de son air froid, se frayant un chemin dans chaque interstice de ses vêtements, avant d’aller se perdre vers le large.

Il savait ce qu’il lui restait à faire.

            Le jeune homme passa la matinée dans les rues de la cité. Il dépensa presque tout son salaire du port et s’acheta une chemise supplémentaire ainsi qu’un pantalon de toile épaisse. Il fit également aiguiser son couteau sur la place du marché, par l’artisan qu’il avait aperçu lors de son escapade avec Nora.

Il revint à L’Hermine et La Herse aux environs de midi. Roger et son fils discutaient près du comptoir. Milo l’accueillit avec une tape dans le dos :

— Alors, vieux frère ! Il paraît que t’as eu une proposition ce matin ?

— Tu t’es décidé ? demanda l’aubergiste.

— Oui. J’embarque.

— À la bonne heure ! Mon petit, c’est ma tournée !

Il se retourna pour attraper trois verres qu’il remplit largement. Sans un regard pour les clients de la salle et Madenn qui les servait, ils allèrent s’asseoir dans un coin, à une table ronde.

— Sage décision, approuva Milo en reposant son verre. Moi, je n’aurais pas hésité un instant !

— Qu’est-ce qui t’a convaincu ?

— Je dois retrouver cet homme au manteau brodé, et mon oncle est la seule piste qu’il me reste. Je n’ai pas d’autre choix.

— Alors, passons aux choses sérieuses, déclara Roger en croisant les bras. J’espère bien que tu nous tiendras au courant. Ne nous dis rien qui puisse te valoir des ennuis, mais si tu dois rentrer, n’hésite pas à envoyer un message.

Alban sauta sur l’occasion :

— Puisqu’on parle de ça, qu’est-ce que vous fabriquez tous les trois ? Nora m’a bien raconté deux ou trois choses, mais ça n’explique pas tout. Comment tout cela a-t-il commencé, et pourquoi ? Pourquoi avoir demandé à Nora de me prendre avec elle ? Qu’est-ce que je viens faire là-dedans ? Et le Père Louis ? Déjà lorsque je suis arrivé, quand je vous ai dit que je venais de sa part, votre attitude a radicalement changé. Qu’est-ce qui se passe ici ?

Père et fils échangèrent un regard amusé.

— On te racontera ça une autre fois, petit, mais j’ai connu La Grenouille quand on était jeunes, et nous avons… bricolé pas mal de temps en ville. On traînait à droite à gauche, tu vois. Et puis un jour, on a dû la jouer plus finaud. Disons simplement que quand Louis nous envoie quelqu’un, c’est en souvenir du bon vieux temps. Il ne t’aurait pas adressé à moi si tu n’avais pas été digne de confiance.

— Comme te l’a sans doute expliqué ma cousine, les douces manigances, ça nous connaît un peu, c’est tout. Rien de bien méchant, mais très instructif, poursuivit Milo d’un ton énigmatique. Tu sais écrire ?

— Oui, à peu près.

— Si tu devais avoir, disons, besoin d’un service, tu peux envoyer un message via un navire qui rentrerait avant toi. Tu vas être sur le bateau le plus mystérieux du port, à mon avis, tu risques d’en voir de belles…

— Nous verrons, concéda Alban d’un air entendu en terminant son verre. Vous êtes de sacrés intrigants. Quand je rentre, je veux toute l’histoire.

— Marché conclu !

Roger apporta deux assiettes garnies de jambon, de saucisse fumée, ainsi qu’un gros pain et une épaisse motte de beurre frais. Milo jura de garder le secret de son embarquement sur le Lotus à ses collègues jusqu’au lendemain.

— Alban, que penserais-tu de fêter ton départ dignement ce soir ? Je connais une taverne tranquille, et je suis sûr que mon ami Loïc se joindra volontiers à nous.

Alban mâcha longuement son bout de jambon pour se donner une contenance. Comment leur dire qu’il devait absolument se rendre à la plage ce soir ? Durant ces derniers jours, il avait culpabilisé de se laisser aller à penser à Nora alors que son enquête n’avançait pas. Maintenant qu’il avait fait son choix, il s’en voulait de partir, et surtout, elle allait terriblement lui manquer. 

— Je crois qu’il a d’autres projets, déclara Roger avec un air entendu. 

— Ah ? Oh oui, bien sûr, comprit Milo. Ouh, je n’aimerais pas être à ta place quand tu vas lui annoncer que tu t’en vas.

Alban les regarda avec l’air d’un gamin pris en faute.

— Désolé, mon vieux, mais ça se voit comme le nez au milieu de la figure.

Alban ne répondit pas. En fait, il était resté sur la première remarque de Milo. Il ne voulait pas blesser Nora, c’était la dernière chose qu’il souhaitait, mais il devait finir ce qu’il avait commencé. La décision qu’il avait prise était la plus difficile, et la plus dangereuse, il en était conscient. Il espérait qu’elle comprendrait.

Mais si Milo avait dit cela, ça signifiait forcément que Nora avait plus que de l’amitié pour lui. Était-ce possible ? Il avait l’impression de flotter. Il devait lui dire, il devait trouver un moyen de lui dire ce qu’il ressentait. Ce n’était pas un projet plus fou que de s’embarquer sur un navire corsaire pour partir à la pêche à l’oncle.  

Il fit comme si de rien n’était le reste du repas, et les deux hommes en face de lui eurent la courtoisie de ne pas s’épancher sur le sujet de ses amours.

Le soir, il arriva le premier à la plage. Alban réfléchissait, appuyé contre un rocher, en écoutant le bruit des vagues. Comment annoncer pareille nouvelle ? Nora allait sûrement lui en vouloir.

Florent et Mathurin déboulèrent, aussi énergiques qu’à leur habitude, emmitouflés dans des tricots épais avec chacun un bonnet rayé sur la tête. Ils passèrent devant Alban sans faire attention à lui et se mirent à tournicoter sur le sable en se courant après. Il se retourna pour voir apparaître Nora, vêtue de sa robe verte et d’une capeline assortie, et eut soudain la bouche toute sèche.

Elle le gratifia d’un magnifique sourire.

— Bonsoir.

— Bonsoir, Nora.

— J’ai entendu dire que le Lotus avait été ravitaillé aujourd’hui. Il part demain.

— J’ai appris.

— Pas de nouvelles du maître d’équipage ?

La gorge nouée, il se força à prononcer un « si » étranglé, et la jeune fille le scruta, l’air inquiet.

— Qu’est-ce qu’il y a ? Il ne sait pas où est ton oncle, c’est ça ?

— Ce n’est pas ça. Enfin si. Il ne sait pas où est mon oncle, mais j’ai peut-être un moyen de le retrouver.

C’était si difficile. Alban continua.

— Ils m’ont proposé de partir avec eux, de partir le chercher. En retour, je travaille sur le navire. J’ai accepté.

Les pupilles de Nora rétrécirent. Elle se mordit la lèvre inférieure et ne répondit pas. Elle détourna les yeux et observa ses frères s’amuser à chasser les goélands, venus chercher leur pitance avec la marée descendante.

— Nora ? Dis quelque chose.

Il l’avait blessée, et se sentait misérable. Elle rabattit une mèche de cheveux derrière son oreille.

— C’est inattendu, déclara-t-elle à mi-voix.

— Je suis désolé, je n’avais pas le choix.

Nora semblait bouleversée.

— Je comprends. C’est important pour toi, je le sais. Tu dois le faire, tu as la chance de pouvoir le faire, tu as eu raison d’accepter. J’espérais juste que tu n’aies pas à partir. Ou que ce ne soit pas si soudain. Ou si dangereux.

Elle s’approcha de lui et le cœur d’Alban s’accéléra lorsqu’elle lui prit la main.

— Promets-moi de faire bien attention à toi. Tu vas me manquer, Alban. Et je…

« Dis-le, dis-le », implora le jeune homme dans sa tête. Mais Nora lui lâcha la main, et c’était comme si elle lui arrachait un bout d’âme en même temps.

— Non, rien.

Il ne pouvait pas rester comme ça, il devait lui dire. Qui sait quand il la reverrait ?

— Tu es la seule à comprendre pourquoi c’est aussi vital pour moi. Tu es la seule à qui j’en ai parlé. En fait, tu es la seule tout court.

Ce qu’il disait n’avait aucun sens. Il n’y avait pas assez d’intensité dans ces mots. Alban voulait que ce soir, Nora comprenne qu’il l’aimait, qu’il comptait bien revenir, et qu’une fois que tout serait terminé, il espérait être avec elle.

La jeune fille le coupa dans ses tergiversations intérieures.

— Trouve ton oncle, trouve l’homme qui t’a sauvé la vie. Tu m’as tout dit à propos de tes parents, de tes angoisses. Je sais ce que ça fait. Tu peux y mettre fin, alors fais-le.

— Tu m’as raconté les tiennes, aussi.

— Moi, je ne peux rien y faire. Je n’ai pas d’assassin à retrouver, je ne peux pas changer de peau, et je ne peux pas changer ce que les gens en penseront.

— Pour ça, je peux t’aider.

— Je ne vois pas comment.

— Quand je reviendrai, quand toute cette histoire sera finie…

C’était pire que de dire oui au maître d’équipage du Lotus, pire que tous les capitaines mystérieux du monde, pire que tous les cauchemars et les incendies. Pourtant, s’il terminait cette phrase, il ne craindrait plus rien ni personne.

— Je suis peut-être idiot, mais je ne suis pas méchant. Avec ou sans tache de naissance, je te trouve parfaite. Alors, si tu veux de moi…

Pas plus. Alban n’y arrivait pas, rien à faire. En désespoir de cause, il attrapa la main de Nora, qui le regardait, immobile, les yeux brillants. Il l’attira à lui, et déposa un baiser sur sa joue.

— Tu n’es pas idiot, imbécile.

Ils rirent doucement. Alban sentit une agréable chaleur se répandre de sa nuque jusqu’au bout de ses orteils et la tête lui tourna. Il serra Nora dans ses bras. La jeune fille cala sa tête au creux de son épaule, et le temps s’arrêta. Il huma son parfum, caressa ses cheveux, c’était tellement parfait. Tout simplement parfait.

            Ils se détachèrent l’un de l’autre quand les premières gouttes de pluie commencèrent à tomber. Les deux garçonnets accoururent auprès de leur sœur.

— Nora ! Nora ! Il pleut !

— Je sais, j’ai vu.

— T’es toute rose, et ils sont bizarres tes yeux.

Nora s’éclaircit la gorge.

— Venez les garçons, on va rentrer. Toi, remets ton bonnet.

Elle se retourna vers Alban, qui flottait encore bien au-dessus de la plage.

— Reviens vite, et reviens entier. Oh, et une dernière chose.

Devant les exclamations étouffées de Mathurin, et Florent qui se cacha les yeux, Nora embrassa doucement Alban. Un baiser tout en légèreté et si délicat qu’il en paraissait fragile.

Le coup de grâce.

— Maintenant, Alban Taleg, tu me dois un baiser !

Totalement muet, le jeune homme la regarda s’éloigner, un petit frère de chaque côté, et l’entendit très distinctement les menacer :

— Si vous racontez ça à qui que ce soit, je vous taille les oreilles en pointe et je les mange en vinaigrette !

Alban eut du mal à reprendre ses esprits. Il était sobre, néanmoins ivre comme s’il avait avalé un tonneau entier de rhum. Chaud, froid, envie de rire aux éclats, peur du départ, l’odeur de ses cheveux, les gouttes sur son visage, la clé autour de son cou, le ruban de Nora. Tout se confondait et il en resta pétrifié un long moment.

La pluie eut raison de lui. Détrempé, il rentra à l’entrepôt pour rassembler ses affaires. En une journée, son monde avait été mis sens dessus dessous. Entre l’excitation mêlée d’appréhension, le baiser, ce qui l’attendait une fois à bord du Lotus Noir, il ne parvint pas à fermer l’œil de la nuit ou presque.

Le lendemain à l’aube, Alban était sur le quai.

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Jowie
Posté le 23/02/2020
Awww, ce chapitre est parfait ! Mon petit coeur a ressenti chaque retournement de situation !
Au début, je me suis dit que, même si c'est génial qu'Alban ait l'occasion d'embarquer sur le Lotus Noir, l'offre était "trop facile". Mais finalement, après avoir compris toutes les conditions et les dangers auxquels Alban devrait se soumettre, je vois que l'équipage du Lotus Noir n'a rien à perdre en comparaison avec les risques que devra prendre Alban. Je suis contente qu'il ait accepté, même si naturellement, c'est dur de se séparer de Nora... J'ai hâte de partir en voyage avec lui et j'espère que les amoureux se reverront bientôt !
J'ai beaucoup apprécié le fait que le dilemme d'Alban (partir chercher son oncle / laisser Nora) soit finalement le révélateur de son courage ! Il fait le pas malgré sa timidité, pour "faire ce qui est juste" et ne pas laisser Nora sans lui éclairer ses sentiments. Alban, t'es un si bon type <3 Perso, je le respecte ! La révélation, bien sûr, fait avancer l'histoire, mais elle est faite de manière si authentique, si "à la Alban" qu'elle est particulièrement émouvante. Par sa maladresse et ses hésitations, elle ressemble à ce qui se fait dans la réalité et non pas ä ces grosses déclarations à la hollywoodienne. Bref, on se sent tout proche d'Alban et de Nora à ce moment-là et c'est ça qui rend ce moment génial.
J'ai trop ri quand Nora a menacé ses frères et j'aime bien l'idée du baiser qui est dû. A voir quand Alban pourra le lui rendre :D

Remarque: c'est sûrement un beug de FPA mais jai vu que la phrase "Alban sauta sur l'occasion" était tracée ;)

Bravo pour ce superbe chapitre !
Mary
Posté le 23/02/2020
Merciiiii beaucoup ! Je crois que c'est un des chapitres les plus cutes, j'ai adoré l'écrire, même s'il fallait bien faire attention de pas tomber dans la niaiserie totale. Ca me fait très très plaisir ce que tu me dis sur Alban <3 Pour moi il est resté longtemps assez...insaisissable et tellement tourmenté ! Merci !
Keina
Posté le 22/09/2019
Eh ben, Alban qui embarque sur le Lotus Noir, en même temps je le sentais gros comme une maison, hein... xD Ils sont mignons en tout cas, Nora et Alban et leur promesse à peine formulée ! J'aime vraiment beaucoup Nora, ses manigances et son caractère bien trempé, et je suis triste d'avance parce que j'imagine qu'on ne va plus la voir avant un moment si on suit Alban sur le Lotus Noir. J'ai espéré un moment que tu allais réussir à nous la mettre sur le bateau, elle aussi, mais j'avoue que je ne vois pas trop comment. C'est déjà un miracle qu'Alban y soit convié alors qu'il n'est pas du tout marin ! C'est d'ailleurs très mystérieux, ce marché soudain avec le capitaine du bateau. Je suis sûr que lui et le maître d'équipage en savent plus qu'ils ne le disent sur le passé d'Alban et sur son lien avec l'homme en noir. Est-ce que d'ailleurs, l'homme en noir ne serait pas le capitaine, carrément ? Bref, je vais continuer ma lecture. Tu piques ma curiosité... ^^
Mary
Posté le 22/09/2019
Aaah que de suppositions, mouhahaha. T'inquiète, certaines choses vont se fixer d'elles-mêmes.
Oui, ben évidemment qu'Alban va monter à bord du Lotus, sinon, mon histoire je la mets où? XDD
Nora, grande histoire, je ne sais pas si tu l'as lu dans mon JdB ou dans les commentaires des chapitres précédents, mais dans toutes les autres versions du Lotus, elle n'existait pas. Mais oui, tu ne la verras pas avant un bon moment, même si Alban la garde en tête, of course ! Bonne continuation :D
Isapass
Posté le 09/07/2019
Au risque d'être lourde, je vais répéter un peu ce que j'ai dit dans mon commentaire précédent : je suis un peu frustrée de ne pas connaître les émotions et réactions d'Alban par rapport à ce qui concerne le Lotus. Autant je trouve que toute l'évolution de la relation avec Nora est hyper géré, très jolie, pleine d'émotion et de délicatesse, autant je n'arrive pas à savoir ce qu'il ressent par rapport à la proposition du maître d'équipage. 
Quand il lui propose d'embarquer, Alban n'a pas l'air surpris. Il hésite sur sa réponse, mais ça n'a pas l'air de l'étonner. Bon, honnêtement, en tant que lectrice, je le voyais venir, mais en principe, pas lui, si ? Il devrait être sur le cul (excuse-moi l'expression) : il n'est pas marin, il y a tout ce mystère autour du bateau et de son équipage... C'est une proposition hors du commun ! Ensuite, entre cette scène et la fin du chapitre, il hésite encore (mais on sent bien qu'il est presque décidé), il pense à Nora, etc... mais tu ne dis toujours rien de ce qu'il ressent à propos de l'aventure qui l'attend : est-il inquiet, a-t-il peur ? Si oui, de quoi ? De ne pas savoir travailler sur un bateau ? De la mer ? De se noyer ? De l'équipage ? Ou alors est-ce que finalement, il est excité ? Est-ce que ça remue à une espèce de fantasme d'aventure qu'il a au fond de lui ?... Je dis n'importe quoi mais je pense que ce genre d'introspection pourrait me rapprocher, moi lectrice, de ton héros.
D'autre part, je suis surprise qu'Alban ne demande pas au maître d'équipage s'il devra se battre. J'imagine que les corsaires livraient bataille pour confisquer les cargaisons à l'ennemi ? Et ça devait être sanglant ? A sa place, c'est une des premières choses que je demanderais ;) ! Et même s'il ne pose pas la question, il devrait y penser pour prendre sa décision. Nora devrait peut-être en parler, avoir peur pour lui ?....
Encore une dernière chose : à moins que le maître d'équipage ne lui donne pas la vraie raison qui incite le capitaine à l'embaucher (il y en a peut-être une autre que tu donneras plus tard ?), je trouve que l'explication qu'il donne à Alban est un peu ténue pour un équipage qui semble trier ses membres sur le volet. Je veux dire, Alban avait effectivement l'air résolu, mais ils ont discuté cinq minutes à la taverne. Du coup, ça m'a semblé un peu trop... pratique. S'il s'était passé quelque chose de plus significatif au Tonneau brûlé, la proposition m'aurait parue plus convaincante, mais là, ça donne l'impression qu'ils ont besoin de n'importe quel clampin pour renforcer l'équipage et que ça tombe sur Alban. Du coup, ça enlève un peu à l'aspect mystérieux.  Ils pourraient se disputer et Alban tiendrait tête au maître d'équipage. Ou il pourrait se défendre ensemble contre des voleurs... Un truc qui fasse plus paraitre Alban hors du commun, quoi. 
Bon, je vais peut-être trop loin dans mes propositions, je ne veux pas m'immiscer ;) Mais ce que je veux dire c'est que pour l'instant, à part son passé mystérieux et éventuellement sa détermination, je ne vois pas Alban comme un héros. Et j'ai l'impression qu'il ne se voit pas non plus comme ça. Peut-être qu'il pourrait se passer quelque chose dans les derniers chapitres qui montrerait qu'il est quand même un peu au-dessus de la moyenne ?
Alors, j'ai commencé par mes remarques et suggestions, mais encore une fois, globalement, j'aime vraiment énormément ton histoire. Il y a une vraie ambiance, c'est intéressant, le rythme est entraînant, ton style est vraiment fluide et agréable... et j'adore la façon dont tu as traité la relation Alban-Nora : c'est joli, délicat et tout à fait crédible. J'aime beaucoup le personnage de Nora, d'ailleurs.
A+ 
Mary
Posté le 09/07/2019
Quand tu dis *à part son passé mystérieux et éventuellement sa détermination, je ne vois pas Alban comme un héros.* tu as parfaitement cerné mon principal problème.  Je vais me répéter aussi, mais je vais te répondre sur le JdB pour la personnalité d'Alban. Tes commentaires appellent de laaarges réponses ! (Pavé alert)
Et pour le maître d'équipage, il faudrait que je souligne que oui, ça paraît trop facile. Alban accepte parce que ça l'arrange, mais il faut que je le DISE (ça a toujours été mon problème). Je ne peux pas en dire plus sans spoiler. Et qu'Alban soit surpris, qu'il ait peur, tout cela est parfaitement justifié. Pareil pour la baston, il faut qu'il craigne ça aussi, parce que oui, les corsaires ça se bat beaucoup et ça fait pas dans la dentelle. Je vais d'office le prévoir dans les corrections, surtout qu'un peu plus loin, Alban va effectivement apprendre à se battre. 
J'aime beaucoup tes propositions en fait. Je crois que tu verras ce que je veux dire, mais quand on a la tête dans la guidon, un éventail entier de possiblités alternatives nous échappent. Toutes ces nouvelles idées m'encouragent à voir les choses (et à envisager leur effet) différemment et tes commentaires me font une bouffée d'air frais par rapport à ça. 
Merci de tes compliments par rapport à Nora, c'était tout nouveau pour moi :) autant la relation que le personnage en lui-même. Je ne me serais jamais cru capable d'écrire une histoire d'amour comme ça en fait (alors que pourtant, Noctis, mon prochain projet, repose sur une histoire d'amour...) Je me suis bien amusée à construire Nora haha. 
 A bientôt et merci beaucoup pour tes retours qui me font beaucoup de bien - au manuscrit et au moral :p 
Rachael
Posté le 30/03/2019
Je trouve que dans ce chapitre, on est vraiment dans les pensées d’Alban, avec ce choix difficile à faire, des regrets s’il part, et d’autres s’il ne part pas. On comprend son choix, son dilemme, on est vraiment avec lui et ça fonctionne bien.
La scène d’adieu est très réussie, là on sent vraiment les sentiments des deux jeunes gens. Je pense que ce qui manque à cette histoire d’amour, c’est un petit quelque chose pour qu’on comprenne son déclenchement, le déclic des sentiments d’Alban (chapitre 6 ?). Parce que si on a ça, le reste sera plus compréhensible et naturel, la scène entre eux au chapitre précédent et les adieux dans ce chapitre.
Détails
Tout en proie à sa perplexité : un peu lourd. « En proie à la perplexité » est déjà une expression complexe, « perplexe » pourrait même suffire…
Ils passèrent devant Alban sans faire attention à lui se mirent à tournicoter sur le sable : manque un « et » ?
observa ses frères s’amuser à faire s’envoler les goélands venus chasser leur pitance : ça fait beaucoup de verbes à la suite…
Devant les exclamations étouffées de Mathurin, et Florent qui plaqua ses deux mains contre ses yeux : de Mathurin et de Florent ?
du bout des lèvres : c’est une expression plutôt négative habituellement.
Mary
Posté le 30/03/2019
Effectivement le déclic des sentiments ressort beaucoup dans les commentaires. Il faut que je fasse ça de manière plus progressive, et que je mette aussi l'accent sur l'ellipse (le temps où Alban attends le retour du Lotus). Je vais pas m'ennuyer dans les corrections XD ! 
La scène d'adieu a été un cauchemar à écrire, j'avais tellement peur de tomber dans le cliché sirupeux... Ton commentaire me rassure :) 
Merci beaucoup, comme toujours.  
Litchie
Posté le 29/03/2019
Me voici de retour ! :D
Haha, ça se précise on dirait ! J'ai hâte de rentrer dans le vif du sujet sur le bateau. En qualité sur cette petite partie, j'aime bien l'initimité que tu as réussi à installer entre Nora et Alban, même leur rencontre est finalement assez brève. J'imagine qu'on reverra la brave Nora ? :p Du coup je trouve qu'on ne retrouve plus du tout le défaut que j'avais souligné au début, je commence vraiment à voir qui est Alban. 
Le seul défaut que je vois pour le moment, c'est que tu utilises toujours beaucoup de "être" et "faire", surtout dans les descriptions. Je comprends le vocabulaire simplifié pour la jeunesse, mais dans le chapitre 5 j'ai trouvé la description du Lotus un peu faible. 
Dans les réflexions, je me disais que tu n'utilisais pas beaucoup de patois ou juron dans les dialogues. Peut-être par la suite chez les pirates, mais tout le monde me paraît assez gentil, j'imagine par exemple que Roger parle avec un accent ? Des expressions locales ? Bref :D
Mary
Posté le 29/03/2019
Oui, on reverra Nora :p 
Ah les verbes faibles.... C'est mon grand problème. Pourtant, j'essaie au maximum de tourner mes phrases pour ne pas à m'en servir à toutes les sauces, mais entre le temps au passé et les nombreuuuuses descriptions qui me sont utiles par la suite, c'est pas toujours évident. 
La description du Lotus, par contre...C'est fait exprès, au départ. J'ai besoin qu'il ne paye pas spécialement de mine au premier abord, qu'il apparaisse comme un bateau presque comme les autres - j'espère que çe ne le rendra que plus unique. Est-ce que j'ai raté mon effet ? 
J'ai évité les jurons, trop d'alcool, etc volontairement. J'essaie de faire du 12-14 ans, et même si je suis persuadée qu'ils sont beaucoup moins naïfs que je l'étais, c'est pas la peine d'en rajouter non plus. C'est vrai que dans ma tête, chacun a sa propre voix, sa propre élocution, mais pas toujours évident à rendre sur le papier tout en restant du bon français. Je vais y réfléchir :) 
Merci de ton retour !  
Elia
Posté le 27/03/2019
re !
Et bien ce chapitre promets plein de supers choses (et des ennuis en perspective aussi) ! Le maître d'équipage reste super mystérieux et j'ai eu envie de le secouer lorsqu'il s'adresse à Alban par énigme ! Je ne savais pas que les corsaires pouvaient se montrer si stricts, notamment quand le maître d'équipage insinue qu'Alban pourrait un sort pire qu'être débarqué dans un port...
M'est avis que ce voyage va beaucoup faire évoluer Alban !
Par rapport à ce que je te disais au commentaire précédent, je continue à trouver ça dommage, car la scène de l'aurevoir entre Nora et Alban sonne juste et pourrait vraiment faire plus d'effet (cf mon com' précédent).
J'attends la suite ! 
Mary
Posté le 27/03/2019
Oui, le maître d'équipage est pas vraiment limpide dans ses explications XD Globalement, tout la marine, pirates inclus, étaient assez stricts sur les conditions de vie à bord. Les voyages étaient longs, et un petit accrochage de rien du tout peut vite dégénérer. C'est pour ça que les jeux d'argents étaient interdits à bord, que les conflits se réglaient à terre, etc.
Pour le Lotus, rajoute tout le mystère autour du capitaine, et...voilà :)  
Si cette scène d'adieux est bien c'est déjà ça :D C'était une des plus importantes, tout de même - et j'ai mis une bonne après-midi pour l'écrire, j'en ai un peu ch*** XD
La suite arrive bientôt ! 
Sorryf
Posté le 26/03/2019
OUAIIIIS ! A L'ABORDAGE !! Trop contente que Alban se soit fait recturer sur le bateau ! Bon ça m'a fait de la peine pour Nora... leurs adieux étaient émouvants et je suis déjà impatiente de leurs retrouvailles !
Juste, je trouve un peu dommage qu'il ne pense a elle que quand l'aubergiste la mentionne et pas avant - et pas immédiatement, dès que le quartier maitre lui parle de lever l'ancre. Il a passé les derniers jours a penser à elle, qand meme.
Et maintenant, en avant pour  l'aventure ! j'ai TROP HATE de rencontrer l'équipage, qui a l'air super mystérieux 
Mary
Posté le 26/03/2019
"Juste, je trouve un peu dommage qu'il ne pense a elle que quand l'aubergiste la mentionne et pas avant - et pas immédiatement, dès que le quartier maitre lui parle de lever l'ancre. Il a passé les derniers jours a penser à elle, qand meme."
 Alors j'y ai déjà beaucoup réfléchi, mais même si Nora est importante, il cauchemarde toutes les nuits, il a plus de pistes pour trouver les réponses qu'il cherche, du coup il a pas besoin de beaucoup réfléchir. C'est vraiment vital pour lui. 
Il réalise le problème Nora avec Roger parce qu'on lui met sous le nez, mais si tu y regardes bien, il ne pense plus qu'à ça jusqu'à la fin. 
Je prends malgré tout note de ta remarque, parce qu'avant que j'en arrive là, j'ai pas mal tourné le problème dans ma tête. Je suis contente que la scène des adieux soit jolie, je voulais pas tomber dans le cliché mielleux. 
A très vite pour le début de l'aventure ;) 
PS: Je te conseille de t'asseoir pour lire le chapitre 9 alors XD 
peneplop
Posté le 28/05/2019
J'ai beaucoup aimé ce chapitre ! Rien à redire ! Je me suis rendue compte ici que tu as avais faut du bon boulot pour tisser l'univers d'Alban (bon, il doit partir ! :D). Les relations entre les personnages sont vraiment crédibles. C'est bizarre comme remarque mais c'est pour te dire : je crois en ton histoire. Je trouve que l'aventure commence vraiment ici pour moi. Jusque là j'avais du mal à bien cerner Alban et ça y est, il évolue. Enfin je trouve ! 
Mary
Posté le 28/05/2019
Coucou Peneplop ! 
Mercii beaucoup !
J'essaie de distiller au fur et à mesure tout plein de choses, pour donner un effet naturel à l'évolution des persos, apparemment ça marche youpiiii !
C'est pas bizarre du tout comme remarque, puisque pour Alban aussi, l'aventure commence véritablement ici, entre son départ, ses sentiments pour Nora,...
 Encore merci pour ton commentaire, ça me fait très plaisir ! 
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