Chapitre 8

Notes de l’auteur : Bonjour ! Voici le huitième chapitre ! J'espère qu'il vous plaira :) Je compte sur vous pour me lire et me donner votre avis ! :)

C'est l'heure du départ et mon amie n'a toujours pas voulu me dire où nous nous rendons. Je ne sais pas si c'est un moyen de me faire payer mon excès d'agacement mais je n'aime pas ça. En plus de cela, j'ai dû subir un interrogatoire de dernière minute par Thommy et une vérification de mon sac. Vous pensez que c'est parce qu'il a peur que je ramène de l'alcool ? Non, non. Il n'y a pas de contrôle de la tenue, juste voir si je n'ai pas oublier le nécessaire pour ma sécurité. 

Je déteste mentir sur ce que sont réellement mes projets. Je suis devenue une experte en omission d'informations. Ce qu’ils ne comprennent pas c’est quand voulant autant me protéger et en me donnant autant de restrictions, je risque encore plus d’être en danger en déguisant des informations. 

Ce n'est pas un manque de confiance envers moi mais envers les autres, c'est comme lorsque l'on regarde trop de séries télévisées comme Esprits Criminels et des enquêtes sur des meurtres, on développe des réflexes et l'on devient plus prudent. 

S'il y a une chose sur laquelle on ne rigole pas à la maison, c'est ma sécurité. Vérification du spray au poivre et de l'emplacement du porte-clé de la mort qui tue. J'ai tout ce qu'il faut pour me défendre ou même pour combattre une armée de zombies. Que ce soit l'alarme de sécurité pour prévenir les personnes à 150m de moi que j'ai besoin d'aide. Si ce n'est pas assez efficace, j'ai bien entendu mon sifflet qui me permet de me transformer en arbitre à mes heures perdues. Je vous passe tous les détails inutiles, les objets les plus utiles ici sont la lampe de poche, le bâton anti-loup qui peut honnêtement faire très mal, j'ai réussi à marquer une statue du jardin avec. Je dirais bien décapiter une statue du jardin mais c'est un petit peu exagéré. Et enfin, si jamais je décide de laisser ma voiture et de prendre un Uber et que je n'ai pas enregistré l'un des fameux sons qui circule sur TikTok, je suis en possession d'un brise-vitre. Celui-ci pourrait d'ailleurs briser des cou ou même des os je pense. Tout cela est bien entendu accompagné d'un merveilleux porte-clés pompon qui rend le tour beaucoup plus adorable.

Mon sac est prêt, validé par l'un des sergents majors. Je glisse la balise GPS dans mon sac et promets de l'activer si je me sens en danger. La paranoïa ? Ce n'est pas un mot assez fort je trouve pour parler de l'état de panique qui envahit tous mes frères quand je ne suis pas proche d'eux et en sécurité à leurs yeux. 

Dans la voiture, mon amie daigne enfin rentrer l'adresse dans son téléphone. En regardant par dessus son épaule, je remarque un grand parc autour de notre destination. C’est le seul indice que je vais avoir, je le sais. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose, autant éviter le sujet qui nous ramènerait à notre dernière conversation.

Malgré le petit accrochage, qui est totalement de ma faute, elle ne semble pas m’en vouloir plus que cela. La route se fait dans la même ambiance que d’habitude, les ragots, les rires et les chants sont au rendez-vous. Dès que le silence revient nous nous lançons dans les jeux que nous apprécions tant, cela passe par inventer une histoire en suivant les lettres de l’alphabet, faire un alphabet-song ou des devinettes en présentant des maladies.  

Heureusement que nous sommes seules dans la voiture, la plupart des personnes ne pourrait supporter nos vocalises et nos conversations qui ont ni queue ni tête. Cela parle des professeurs et des suspicions que nous avons envers des relations peu professionnelles avec certains élèves, les derniers clashs entre les associations, les relations qui n’arrêtent pas de se terminer et de recommencer… La vie étudiante est digne de la plus grande des télé-réalités ou des feux de l’amour. Il ne manque que le pop corn, pour être informé, il n’y a rien de mieux que Chri-Chri, c’est une mine d’informations à elle seule. Sa gentillesse et sa sociabilité, lui permettent d’être amie avec tout le monde et de se voir confier les plus grands secrets en seulement quelques minutes. Je pense que son record est de trois minutes. En trois minutes, elle a réussi à savoir qu’une fille, qu’elle venait de rencontrer, avait trompé son copain lors de la dernière soirée étudiante. En soit, on peut le raconter à n’importe qui, si tu assumes… Je ne suis pas d’accord avec ce genre de comportement mais ce n’est que mon avis. Mais ici, son copain n’était pas au courant… D’où tu te confies à quelqu’un, que tu ne connais pas, sur la tromperie que tu as fait ? Bien entendu, mon amie était arrivée en courant pour me raconter tout ce qu’elle venait d’apprendre. 

Si elle me transmet autant tous les potins, c’est qu’elle sait que je m’en fiche. Cela me fait rire et j’aime bien entendre tout ça, je vis ma vie par procuration. Mais dans aucun cas, je n’irais répéter ce que j’ai entendu. De toute manière, je ne prends pas la peine de retenir les noms et les personnes concernées. Je peux en retenir quelques uns mais cela relèverait du miracle, j’ai une bonne mémoire, encore heureux quand on fait médecine. Mais c’est parce que je la travaille, les informations que l’on me donne ne me semblent pas assez importantes pour réduire ma zone de stockage.

J’avance en suivant les indications du GPS, le temps nous rapproche de l’arrivée. Les heures passent et je quitte Paris pour me diriger vers la campagne. Plus je roule et plus je sens la pression montée et l’excitation quitter mon corps. La petite voix que j’entendais lors de l’annonce de ce projet refait doucement surface et me chuchote de faire demi-tour. Les battements de mon cœur commencent doucement à s’accélérer, Christine semble aussi recevoir un coup. 

L’abattement est total et le silence glaçant lorsque la voix féminine qui nous guide, nous indique que nous sommes arrivées.

- On est vraiment arrivé là ? Tu as noté la bonne adresse ? 

Christine prend son téléphone rapidement et le déverrouille avec son empreinte.

- Regarde c’est bien l’adresse que l’on m’a envoyé. 

Elle me tend son portable et même si j’ai une confiance aveugle en elle, je me dois de vérifier. Je regarde l’adresse et retourne sur l’onglet du GPS, il s’agit d’exactement la même, à la virgule près, aucune erreur n’est possible. 

- Ok, on se gare un peu plus loin. Tente de trouver une place un peu reculée et pendant ce temps-là j’appelle Johan.

Je ne lui réponds pas et me concentre pour trouver une place, j’avance pendant quelques centaines de mètres et trouve des habitations, ce qui est un peu rassurant. J’attends, elle répond, pose des questions. Les réponses se font très simples. Je cherche dans son regard si elle a des réponses, je tends l’oreille pour écouter Johan et ce qu’il a à lui dire. Une fois qu’elle raccroche, je capte son regard et je perçois tout le calme et le positivisme qu’elle tente de me transmettre. 

Si elle tente de m’apaiser et c'est un très mauvais signe. La plupart du temps, je suis très optimiste et je n’ai pas peur de foncer pour obtenir ce que je veux. Le seul problème qui pourrait avoir lieu, c’est que les plans ont changé. Sauf que si cela ne me convient pas je vais lui dire et nous allons directement rentrer. 

- Alors, on s’est trompés d’adresse ? 

- Non, c’est le bon endroit. Johan m’a dit qu’on était en avance, ils viennent de terminer d’installer pour la projection et la soirée.

- Le truc en ruine qu’on a vu il y a quelques mètres est le bon endroit ? 

- Oui, exactement. 

Mon cerveau met du temps à faire la connexion logique, toute la voiture peut entendre les rouages s’activer pour arriver à cette conclusion. 

- Putain c’est de l’urbex. Je ne fais pas d’urbex, c’est illégal, il faut une bonne condition physique et c’est dangereux. 

- J’ai demandé, c’est très facile d’accès, il faut juste être discrète, sinon les voisins vont appeler la police et on veut éviter ça. 

- Sans blague, c’est illégal ! On devait juste regarder un film, pas faire de l’urbex. Ils auraient pu louer une boîte de nuit, un cinéma, un château et même un cimetière, je m’en fiche mais on reste dans la légalité.

- Je suis d’accord avec toi, je n’étais pas au courant. Je pense que ça ne sert à rien de se prendre la tête, dans la soirée nous avons un objectif, c’est de trouver Alex et d’obtenir tes explications. Tu es d’accord ? 

- Oui.

- C’est le seul but de la soirée donc le plan n’a pas changé. Nous ne savions pas où nous allions et pourtant nous avions toujours envie de nous y rendre. Ne prenons pas en compte ce changement de programme et tâchons de réussir cette soirée. 

- Non mais tu ne vas pas réussir à m’influencer. Je ne suis pas d’accord avec ça, ce n’est pas dans mes principes ni même ceux de ma famille. Imagine que mes frères l’apprennent !

- Je ne cherche pas à t'influencer, je t’explique tout simplement la situation. Tes frères ne doivent pas entrer dans l’équation, tu ne vis pas pour eux mais pour toi. Je respecte tes décisions et je ne vais pas te forcer à y aller si tu ne le souhaites pas. Si tu as trop peur pour y aller, tu me dis et on peut abandonner ce plan.

- Je n’ai pas peur.

Si je suis terrifiée, je n’aime pas tout ce qui est dans l’esprit des urbex et des fantômes. Cependant, ma fierté est beaucoup trop élevée pour l’avouer, je décide donc de nier et de me focaliser sur mes objectifs. 

- Ta décision ? 

- On rentre à la maison.

- C’est stupide. 

- Et tu fais quoi de ton discours de je ne t’influence pas, on fait comme tu le dis. 

- Ton jugement est totalement tronqué par des frères et ta peur de l’inconnu. Je trouve ça bête de partir alors que ton objectif est à quelques mètres. Donc non, je ne vais pas être d'accord avec toi et te suivre dans l'abandon. 

- Je n'abandonne pas, je modifie simplement mes projets. Je vais trouver d'autres moyens de me rapprocher d'Alex. 

- Si tu me présentes un plan qui me semble qui peut fonctionner pour Alex alors ok j'accepte de te laisser partir. 

- De me laisser partir ? Tu veux y aller toute seule ? 

- Oui, tu ne risque rien, tu es dans ta voiture avec 96 GPS et sûrement une patrouille qui nous a suivi. Tu as zéro risque et je ne vais pas me priver de cette soirée. 

- Mais pourquoi ? Elle a quoi cette soirée ? Qu'est-ce qu'elle a de si spécial ? Tu n'as aucune raison de t'y rendre. 

- J'ai envie de m'y rendre et j'aime tout ce qui est autour des fantômes… Analyser la peur des personnes, comment ils vont y réagir. Je n'ai pas d'autres opportunités qu'une soirée fantôme.

Si je ne le connaissais pas, je pense que j'aurais eu peur de son discours et de son expression. Elle me regarde avec un sourire et à les yeux dans le vide. 

- Tu fais peur Chri-Chri…

- Mais non, c'est comme toi et ta fiche. Tu souhaites rencontrer Alex pour parler avec lui et mieux comprendre tes cours, non ?

- Pour une fois que tu ne parles pas de mon crush !

Merde ! Je ne voulais pas dire ça, c'est sorti tout seul. Mon inconscient vient de parler ou elle vient de me faire un truc de psychologie que je ne comprends pas. Le sourire qui monte jusqu'à ses oreilles me montrent qu'elle apprécie beaucoup ce lapsus révélateur. 

- De ton crush ? 

Elle ne peut s'empêcher d'exagérer et de faire monter et descendre ses sourcils. 

- Ne change pas de sujet, on se disputait je te rappelle. 

- Je n'appelle pas ça une dispute, c'est une conversation civilisée entre deux personnes matures qui expriment leurs opinions.

- On s'embrouille, appelons un chat un chat. Mais il est hors-de-question que je te laisse rentrer seule et que tu ailles à cette soirée sans moi. 

- Tu me laisses souvent sortir toute seule, ça ne change pas de d'habitude. 

- Si, ça change tout. Là je suis avec toi, je suis donc responsable de toi. Tu es sous ma surveillance, je suis ton Sam et ton amie. 

- Très bien dans ce cas, c'est réglé !

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