Chapitre 7 : Simon - Art et addictions

« When you feel my heat
Look into my eyes
It's where my demons hide
It's where my demons hide
Don't get too close
It's dark inside
It's where my demons hide
It's where my demons hide »

Demons, Imagine Dragons

 

La roue finie toujours par tourner. Chaque situation, positive ou négative, est éphémère mais tout se passe bien du moment que l’on agit et que l’on s’accroche. Alors que tout me semblait perdu, deux opportunités de travail se sont présentées à moi. Après une année passée à chercher et à essuyer refus sur refus, deux entreprises me voulaient : deux écoles, une école d’ingénieurs et une école de formations artistiques. J’ai choisi cette dernière qui me proposait un poste plus qualifié qui plus est en CDI. Mon contrat a débuté vers la mi-décembre, deux semaines avant les congés de Noël. Chose que je te déconseille de faire petite sœur, si tu ne veux pas te retrouver à devoir poser des congés sans solde, parce que tu viens d’arriver et que tu n’as pas encore cumulé de congés payés.

J’étais heureuse, j’avais enfin trouvé un poste qui sur le papier correspondait à ce que je recherchais. Je me suis tout de suite bien entendu avec le graphiste de l’équipe, Simon ; tandis que l’une de mes collègues, Ursule, avait mis en place une stratégie d’évitement pour ne pas déjeuner avec moi et ne pas me dire bonjour le matin alors que nous étions assises l’une en face de l’autre. Manifestement, mon arrivée dans l’équipe ne l’enchantait pas. Voyant cela, Simon a tout fait pour que mon intégration se passe au mieux et m’a prise sous son aile.

Le dernier jour avant les congés de Noël, nous avons passé l’après-midi ensemble. Nos collègues de bureau avaient posé leur journée pour partir en congés plus tôt, et les étudiants de 1ère année présentaient des réalisations que nous devions juger. En parallèle, je devais prendre des photos pour les publier sur les réseaux sociaux. J’ai pu remarquer que Simon était très tactile avec moi. Il lui arrivait de plaisanter et de se laisser tomber sur moi en riant comme si nous étions de vieilles connaissances. Il était adorable avec moi, mais je n’étais pas intéressée par lui. Je n’étais pas attirée par son style jeans baggy, sweat-shirts sans forme et ses cheveux rasés très courts avec seulement quelques pics coiffés au gel sur le dessus de la tête. Le cliché du supporter de foot. Il avait 4 ans de moins que moi et c’était un ancien fumeur qui était passé à la cigarette électronique. Tout cela sans compter le fait que je venais d’arriver dans cette entreprise dans laquelle je voulais faire mes preuves, je n’étais pas du tout dans l’optique de me mettre dans une relation avec quelqu’un, ni même de flirter. En revanche, j’avais envie de tisser des liens amicaux avec lui. Je ne connaissais encore que peu de monde à Paris, et contrairement au sud où il était facile d’être amis avec ses collègues, ici à Paris c’est différent. Le rythme métro, boulot, dodo est de rigueur pour tout le monde, laissant peu de place aux afterwork. Je voulais que ça change. Alors en sortant du bureau, j’ai proposé à Simon d’aller prendre un verre et il a accepté. C’était agréable de discuter avec lui et d’apprendre à se connaître. Ce qui était étrange en revanche, c’est que j’ai passé les vacances de Noël à penser à lui et à surveiller mon téléphone au cas où il m’aurait envoyé un message. Je n’ai rien fait de mon côté car encore une fois c’était mon collègue et je ne voulais pas que ce soit mal interprété, mais quelque chose dans la perception que j’avais de lui avait changé.

À notre retour de congés, Ursule continuait de m’ignorer et faisait des commérages dans mon dos. Simon avait donc renforcé son soutien envers moi. Il a commencé à m’envoyer des messages le soir et à m’inviter à sortir le weekend pour se balader dans Paris. À défaut de me plaire, je le trouvais intéressant. C’était quelqu’un de curieux qui aimait poser des questions, débattre, écouter les opinions des autres et c’était stimulant de passer du temps avec lui. J’ai rarement rencontré des gens qui avaient envie comme lui de discuter et écouter dans le but de grandir sans jamais essayer de démonter mes croyances ou tenter d’avoir le dernier mot.

Un samedi après-midi, nous marchions dans un beau quartier de Paris et qui vois-je en train de marcher en sens inverse ? Alain avec sa kippa sur la tête. Il m’a vu, a failli s’arrêter, mais voyant que j’étais accompagnée il a continué sa route. Visiblement, il n’était toujours pas prêt à inclure une tierce personne dans notre relation, sauf si bien sûr c’était pour un plan à trois dans lequel il serait le seul homme. Bref.

Simon et moi sommes montés au Centre Georges Pompidou pour admirer Paris au niveau des toits. Ma vue préférée. Il voulait savoir où j’en étais sentimentalement et je lui ai parlé de mes derniers traumatismes avec Herman et Alain, en lui précisant que justement nous avions croisé ce dernier un peu plus tôt. Il n’en revenait pas.

Il m’a invité à dîner et après, en nous dirigeant vers le métro, il s’est approché de moi pour me faire un câlin. Assez naturellement et sans sous-entendu, j’ai passé mes bras autour de lui, et d’un coup il s’est éloigné. J’ai trouvé sa réaction très étrange, mais je n’ai rien dit. Une fois sous terre, au moment de nous séparer pour prendre chacun nos lignes, il m’a proposé de venir chez lui. J’étais un peu abasourdie, cinq minutes plus tôt il s’était rapproché de moi pour finalement stopper net ce qui était en train de se passer et voilà qu’il m’invitait chez lui. J’ai décliné son invitation et je suis rentrée chez moi. Ce rapprochement n’avait rien changé. Je ne me sentais pas véritablement attirée par lui, mais je commençais à le voir comme un ami, un confident peut-être. Certainement pas comme un amant, même si je sentais que je lui plaisais. Et puis, avec l’expérience, j’ai fini par comprendre ce que signifiait ce type d’invitation après 23h. Quand plus tard nous reparlerons de cette soirée, il m’avouera qu’il s’était retiré parce qu’effectivement je lui plaisais mais il ne voulait pas aller trop vite, mais qu’après son invitation n’était qu’un test que j’ai passé haut la main.

Simon m’a témoigné de plus en plus d’intérêt et nous sortions toutes les semaines. Nous nous sommes découvert de nombreux points communs, comme notre passion pour le sport et les arts martiaux qu’il avait longtemps pratiqué, mais aussi notre amour pour le bien boire et le bien manger. D’ailleurs, nous déjeunions ensemble tous les jours et Simon était toujours curieux de goûter ce que j’avais apporté. Je me faisais une joie de piquer un morceau de mon plat avec ma fourchette et de le faire manger. Nos collègues avaient bien évidemment remarqué notre complicité et se moquaient de nous en propageant des rumeurs à notre sujet.

Nous nous entendions très bien. En quelques semaines, nous avions développé une grande complicité. Je ne me voyais pas en couple avec lui, et pourtant j’ai fini par me demander pourquoi pas ? C’était quelqu’un de gentil, et je lui trouvais quelques qualités. Cela faisait deux ans qu’il ne fréquentait personne. Il préférait rester seul plutôt que d’enchaîner les conquêtes. Il voulait être avec quelqu’un qu’il pourrait potentiellement présenter à sa famille, mais il avait du mal à trouver une jeune femme qui lui plaise, qui ne soit pas vulgaire et creuse. Moi qui en avait bavé avec des hommes qui ne voulaient rien d’autre que coucher avec moi, Simon était tout le contraire. C’était le genre d’homme que Laurent m’avait suggéré de considérer davantage. À moi de voir si je voulais tenter ma chance ou passer à côté de lui et peut-être m’en mordre les doigts plus tard.

Alors que la situation avec Ursule ne s’arrangeait pas malgré mes efforts, j’ai décidé d’en parler à ma direction. Elle a été convoquée et nos relations se sont arrangées, elle a fini par se montrer plus ouverte et de ce fait j’ai commencé à mettre un peu de distance avec Simon. Je voulais casser ce jeu de séduction qu’il avait instauré entre nous, et j’essayais de le garder à distance en le taquinant par des petites vannes pas bien méchantes. Une situation qu’il a mal supporté.

Il m’a invité à dîner le 13 février 2018 pour que l’on discute. Il m’a avoué que je lui plaisais. Il aimait bien la relation qui s’établissait entre nous, et il avait envie de voir ce que ça pourrait donner. J’avais du mal à me l’avouer, mais j’en avais envie moi aussi. Pour une fois, je me suis dit qu’il fallait que je donne sa chance à quelqu’un qui justement ne m’a pas plu au premier regard. J’aime bien cette réplique de Mr Big dans Sex and the city où il dit : « Il y a beaucoup de superbes femmes dans cette ville mais le fait est …au bout d’un moment on veut être avec celle qui nous fait rire. » On rencontre pleins de gens attrayants en milieu urbain. Le physique a son importance, mais il ne fait pas tout, il ne fait pas une conversation, il ne fait pas grandir intérieurement. Il était évident qu’il y avait quelque chose à explorer. Cependant, nous étions d’accord sur le fait que c’était quelque chose de risqué. Nous avons passé le dîner à dresser la liste des pour et des contre une relation entre nous.

Contre.
Travailler dans le même bureau : nous passerions tout notre temps ensemble et si on avait des désaccords personnels il ne fallait pas que cela impacte notre travail. D’un autre côté, nos employeurs étaient un couple avec trois enfants et certains de nos collègues étaient en couple également, donc nous ne serions pas une exception.
Notre différence d’âge : j’étais plus âgée que lui de 4 ans et c’était un peu problématique pour lui. Toutefois, avec un si faible écart ce n’était pas insurmontable.
Notre différence culturelle : ce n’était pas un problème pour lui que je sois métisse, au contraire, il me trouvait d’autant plus belle. Ce qu’il craignait, c’était la réaction de sa famille.
Sa manie de ne pas répondre aux SMS : je comprenais qu’il choisisse d’être très peu connecté, mais de là à ignorer les messages, je trouvais cela gênant de la part de quelqu’un qui disait s’intéresser à moi.
La cigarette électronique : mais il disait que son objectif était d’arrêter totalement.

Pour.
On s’entendait merveilleusement bien, on riait tout le temps.
Nous avions de nombreux points communs et on était déjà très complice.
On avait tous les deux envie d’une relation sérieuse.
Nous partagions les mêmes goûts et les mêmes valeurs.

Oui, la liste des pour est moins longue que la liste des contre, mais tu remarqueras que ce qui nous freinait venait de l’extérieur, alors que ce qui nous rapprochait venait de ce que l’on éprouvait à l’intérieur. Il n’y a pas besoin d’une liste exhaustive pour dire que l’on se sent bien avec une personne. C’est d’ailleurs parce que c’est inexplicable, indémontrable et incompréhensible que c’est magique.

Le lendemain pour la Saint Valentin, Simon m’a proposé de passer à nouveau la soirée ensemble. Une attention que j’avais apprécié, car ce soir-là le PSG jouait un match de Ligue des Champions contre le Real Madrid. En tant qu’amoureux du foot, c’était une belle marque d’affection de sa part que de ne pas regarder le match pour passer la soirée avec moi. Nous avons d’abord été prendre un verre ensemble dans un café où nous avons repris notre liste de pour ou contre. Un autre contre pour lui, c’était le décalage dans nos styles vestimentaires. Quel soulagement ! Il avait conscience d’avoir l’air d’un adolescent à côté de moi, mais il avait la volonté de renouveler sa garde-robe. J’allais me faire un plaisir de l’emmener faire les boutiques.

Après la fermeture du café, nous sommes allés faire une balade, et pour la première fois, il m’a pris par la main. Plusieurs pensées ont traversé mon esprit. J’ai tout de suite constaté qu’il avait les mains moites. Serai-je capable de m’y habituer ? Ensuite, je trouvais la situation très étrange, tenir la main de mon collègue. N’étais-je pas en train de commettre une erreur ? Enfin, ma dernière réaction a été de penser que pour la première fois un homme me prenait la main avant même de m’embrasser. Je me sentais rassurée.

J’ai réalisé que jamais ça ne m’était arrivée. À chaque fois que j’ai fait une nouvelle rencontre, le premier baiser se passait toujours avant que l’on ne se prenne par la main pour marcher ensemble dans la rue et ainsi afficher publiquement que nous sommes en couple. En cet instant, nous ne savions même pas si nous étions en couple, mais par son geste, Simon me communiquait déjà son affection et son engagement. S’embrasser sur la bouche, avec la langue, c’est quelque chose de très intime, c’est pour ainsi dire le début du sexe. On embrasse de cette manière quelqu’un que l’on désir sexuellement et d’ailleurs ce désir augmente avec le mélange des salives. On s’échange de nombreuses informations biologiques, et accessoirement près d’un milliard de bactéries, ce n’est donc pas un acte à prendre à la légère (regarde un épisode du Bachelor, tu comprendras où je veux en venir). Depuis Fred, j’avais déjà décidé de ne plus embrasser quelqu’un avec qui je n’étais pas engagée dans une relation amoureuse, et le geste de Simon n’a fait que me conforter dans cette position. Avant d’essayer de me pénétrer d’une quelconque manière, je veux que l’homme avec qui je suis me prenne la main pour me dire qu’il est avant tout mon ami.  Simon a su instaurer une relation de confiance, un partenariat affiché aux yeux de tous qui allait bien au-delà d’une attirance physique. Je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas besoin de s’embrasser pour se montrer que l’on se plaît. De nos jours, on s’embrasse très facilement, très rapidement, c’est devenu très banal et sans conséquences. C’est dommage. Quand on est capable de distribuer des baisers à n’importe qui, que reste-t-il pour la personne que l’on aime ? C’est pourtant meilleur quand on a autant de sentiments que d’attirance pour la personne que l’on embrasse. Ne préfères-tu pas privilégier la qualité à la quantité ?

Après une longue marche main dans la main, nous nous sommes installés au bar d’un hôtel restaurant. Nous avons commandé des cocktails, puis nous nous sommes installés côte à côte sur une banquette. Je ne me souviens plus de quoi nous avons parlé, nous avions toujours une multitude de sujets de conversation. Je me souviens cependant de la manière avec laquelle il a posé sa main sur ma cuisse. C’était comme s’il commençait à conquérir mon corps, poser son empreinte sur moi pour me signifier que je lui appartenais. Il n’y avait pas de sous-entendu sexuel dans son geste, juste de la tendresse et surtout c’était fait avec respect.
Nous nous sommes arrêtés de parler, le temps a semblé s’arrêter alors que nous nous regardions dans les yeux, et nous nous sommes embrassés. Ce n’était plus étrange entre nous, c’était tendre.
Chacun est rentré chez soi après. Chaque chose en son temps, nous ne voulions pas brûler les étapes. Je me sentais bien et j’étais heureuse de laisser une chance à cette relation. J’avais évolué depuis Herman et Alain, j’étais beaucoup plus sereine. Je savais déjà un peu plus ce que je voulais et ce que je ne voulais pas, mais aussi ce que j’attendais d’une relation.

Le weekend qui a suivi, nous avons été faire les boutiques ensemble. C’est moi qui ai choisi toutes ses tenues. Adieu les jeans baggy, les sweat-shirt informes et les bombers, bonjour les pulls ajustés, les jeans droits et la parka d’hiver. Le voir essayer des vêtements était l’occasion de découvrir un peu son corps. Simon avait un corps très sec et élancé. Je me sentais très épaisse par rapport à lui. Ses muscles étaient dessinés et il n’avait pas un pète de graisse, nulle part. Je n’étais pas sûre d’aimer son corps à première vue et je voyais qu’il cherchait dans mon regard s’il me plaisait. J’étais un peu gênée. Jusqu’ici, je n’avais fréquenté que des hommes bien plus grands que moi et baraqués, cependant, il était temps que je change pour découvrir un autre genre. J’ai décidé de ne pas m’arrêter à son physique, il faisait déjà beaucoup d’effort pour adopter un look plus adulte. Je voulais continuer à découvrir la personne qu’il était.

En suivant mes conseils, il s’est laissé pousser les cheveux et la barbe et je lui ai offert une visite chez le barbier. Coiffé avec un dégradé américain et une barbe proprement coupée, il se révélait être un très beau jeune homme. Il était gentil et doux, mais il avait aussi une certaine virilité en lui que je n’avais pas perçu jusqu’ici tellement je lui trouvais des allures d’ado. J’ai même commencé à me sentir en sécurité avec lui. Je voyais en lui une force et une présence très séduisantes. Les regards sur lui ont immédiatement changé, que ce soit au bureau ou dans la rue, mais aussi mon propre regard. Il recevait de nombreux compliments et j’aimais qu’il me dise que tout ça c’était grâce à moi.

Nous avons gardé cette relation pour nous au bureau, mais notre complicité ne laissait pas beaucoup de place au doute. Ursule n’a pas pu s’empêcher de se mêler de ce qui ne la regardait pas. Arrivé au bureau un matin, Simon prenait un café sur la terrasse comme à son habitude. Elle l’a rejoint, et tel qu’il me l’a raconté, elle a eu le culot de lui demander si lui et moi étions ensemble. Il a répondu par l’affirmative et visiblement cette nouvelle ne l’enchantait pas, elle s’était renfrognée devant lui. En même temps, si elle n’avait pas passé son temps à m’éviter et m’isoler dès mon arrivée, Simon et moi ne nous serions pas rapprochés l’un de l’autre. Qu’est-ce que cela pouvait lui faire de toute façon ? Plus tard, au détour d’une conversation elle m’avouera qu’elle aime bien être courtisée, même si elle n’est pas intéressée. J’en ai conclu que ma relation avec Simon l’avait simplement blessée dans son orgueil. Simon m’avait raconté que lorsque j’ai été embauchée, elle lui aurait dit : « C’est une black qui a eu le poste ». Comment moi, « la black », je pouvais arriver à un poste plus qualifié que le sien et en plus gagner le cœur du mec avec qui elle travaillait depuis un an et qui n’avait jamais rien tenté avec elle ? En définitive, ce qu’elle en pensait n’avait pas d’importance pour moi, bien que j’aurais voulu qu’elle cesse de faire des commérages dans mon dos. Bien sûr nous en avons parlé avec Simon. Il n’a jamais été intéressé par elle, d’ailleurs, il parlait avec elle parce que c’était sa collègue, mais en réalité il la trouvait très ennuyeuse au-delà de ne pas la trouver attirante.

Plus le temps passait et plus j’estimais la chance que j’avais d’être avec Simon. Nous avions fini par passer à la vitesse supérieure et notre entente sexuelle était la cerise sur le gâteau. Chaque moment passé ensemble était un pur moment de bonheur partagé à rire pour des bêtises, à parler de tout et de rien. Par exemple, je me moquais de lui parce qu’il n’avait pas de deuxième prénom en disant qu’il s’appelait « Juste Simon », lui embrayait avec les répliques du film Le dîner de cons (encore une fois je sais … regarde-le tu comprendras) et on partait ensemble dans un délire. Pour la première fois, je me sentais libre d’être moi-même, libre de plaisanter, d’être folle, de dire ce qui me passait par la tête, de danser devant lui, de chanter faux et à tue-tête sans craindre de me faire rabaisser ou critiquer. Il me disait que lui-même ne voulait pas perdre son âme d’enfant et qu’il aimait être libre avec moi. Aussi loin que je me souvienne, je ne m’étais jamais comportée ainsi avec un homme. J’avais commencé à me débloquer et me permettre de plaisanter avec Louis jusqu’au jour où il a décidé que c’était très enfantin de ma part. Avec Simon, je ris, je suis authentique et spontanée, je ne me pose pas la question de savoir si je suis ridicule ou pas. Je suis moi. Quiconque est capable de dire que je suis une femme drôle a vu mon vrai visage. Et au contraire, je sais que les personnes qui me trouvent timide et introvertie sont en fait celles avec qui je ne me suis pas sentie suffisamment à l’aise pour être moi-même.

« Je suis complètement folle », dis-je à Simon après avoir inventé avec lui nos « bisous de poule.

- C’est pour ça que je t’aime. »  

La première fois qu’il me disait qu’il m’aimait. J’étais moi-même et c’est ce qu’il aimait. C’était réciproque.

Quand nous étions ensemble, il était là à 100%. Il prenait toujours soin de moi. Chez lui, il voulait que je me mette à l’aise pendant qu’il s’occupait de tout, chez moi il voulait absolument m’aider en cuisine. Dès que j’avais besoin de quoi que ce soit, il me trouvait des solutions. Si j’étais en difficultés financièrement, il me payait mon déjeuner le midi. On prenait une demi-heure tous les jours pour jouer en équipe à Clash Royale. Nous avions aussi atteint un niveau d’intimité digne d’un vieux couple. Je n’avais absolument aucun doute sur l’amour qu’il me portait. Il pouvait sortir avec des amis, je savais qu’il ne déconnerait pas. Comme il le disait avec fierté, j’étais « sa femme ». Et il était mon homme.

Il me rappelait beaucoup Alexandre par certains côtés. Il voulait une relation exclusive avec moi, il faisait en sorte que je sois heureuse et ne manque de rien. Il me couvrait d’affection. Pour toutes ces raisons, je n’avais pas envie de le perdre, comme j’avais perdu Alexandre. J’avais une seconde chance. Comme dit Tracy McMillan « La vie ne vous donne pas ce que vous demandez, elle vous donne les personnes, les lieux et les situations qui vous permettront de développer ce que vous demandez. Si vous ne l’obtenez pas la première fois, la vie vous le donnera encore, parce que la vie est très généreuse en ce sens. »[1]

Début avril, Simon a posé des congés et est parti voir sa famille dans l’est. Il me donnait régulièrement de ses nouvelles, m’appelait le soir pour savoir comment c’était passée ma journée, et m’envoyait des photos de temps en temps.
Il avait prévu de revenir sur Paris le vendredi soir afin de passer le weekend avec moi avant de revenir au bureau. Pressée de le retrouver, je suis rentrée du travail, j’ai enfilée une tenue sexy pour lui faire une surprise et je l’ai attendu, toute la nuit.

Il était injoignable, son téléphone m’envoyait directement sur messagerie. Je n’ai pas compris ce qu’il se passait. Pourtant, à midi il m’écrivait qu’il arriverait chez moi vers 19h, mais le soir pas de Simon à l’horizon. Ce n’était pas une situation cohérente par rapport à tous les contacts que nous avions eu durant la semaine. Plus les heures passaient et plus l’inquiétude me gagnait. Je n’en ai pas dormi de la nuit. C’est seulement le lendemain, en fin de matinée, qu’il m’a envoyé un message pour me dire qu’il était resté chez son frère pour travailler sur un projet. J’étais sidérée par la légèreté avec laquelle il réapparaissait. Comme si tout était normal. Il avait changé ses plans sans m’en informer au préalable et c’est tout ce que j’avais comme explication. Je ne lui ai pas répondu et je n’ai pas tenté de le joindre de tout le weekend.

Il est revenu travailler le lundi, m’a demandé comment j’allais et je n’ai pas pu contenir ma colère. Visiblement, il ne se rendait pas compte de ce qu’il avait fait. Il ne montrait aucune gêne vis-à-vis de moi, aucun remords pour m’avoir posé un lapin.
Voyant que j’étais très contrariée, nous avons fini par en parler en milieu de semaine. Il était désolé, et en même temps sa seule excuse était que ça ne lui était pas venu à l’esprit de me prévenir. Il n’avait pas pensé que je pouvais être en train de l’attendre et il ne se doutait pas que ça pouvait me blesser de ne pas avoir de nouvelles. Il disait qu’il était comme ça avec tout le monde, y compris sa famille. Quand il se met quelque chose en tête, concernant le travail ou un projet personnel, il ne pense à rien d’autre. Son manque d’empathie face à ce que je pouvais ressentir me choquait. Comment pouvait-il agir ainsi dans des situations où les gens comptent sur lui ? Je le trouvais égoïste dans sa vision et irrespectueux du temps des autres. Il m’a demandé pardon, et il m’a promis de faire des efforts.

La semaine qui a suivie, alors que je sortais de la salle de sport un jeune homme brun d’une trentaine d’année est venu m’aborder. Il s’appelait Douglas. Il était un peu gêné et haletant, mais il avait eu le courage de me rattraper pour me dire qu’il me trouvait « canon ». J’étais vraiment flattée. J’étais en sueur, dans ma tenue de sport, en train de manger une banane et ce mec me trouvait « canon ». Nous avons discuté cinq minutes, puis il m’a proposé de nous revoir autour d’un verre. Malheureusement pour lui, j’ai décliné son invitation en lui expliquant que j’étais en couple et que je ne voulais pas semer le trouble dans ma relation. Même si on avait eu une sérieuse discussion avec Simon, ce n’était pas pour autant que j’avais envie d’aller voir ailleurs. J’ai vu la déception sur le visage de Douglas et j’ai ressenti un petit pincement au cœur. Mais tu vois petite sœur, je pense qu’à un moment donné il faut être capable de renoncer à toutes les possibilités que nous offre le marché amoureux, et prendre le temps de travailler sur ce que l’on a déjà. Il aurait été trop facile de prendre son numéro comme un plan de secours au cas où ça ne marcherait pas avec Simon. Ça n’aurait pas été honnête. Avec les applications de rencontre et les nombreuses tentations que l’on peut rencontrer en ville, on a trop tendance à passer à autre chose dès la première contrariété. On est devenu hyper exigeant. On ne prend plus le temps de surmonter les difficultés et concilier avec nos différences. Dès que ça se complique, on passe au suivant. Puis on se plaint que l’on ne trouve pas la bonne personne. Sauf que la relation dans laquelle il n’y aura jamais de désaccords n’existe pas.

Toutefois, je tiens à saluer Douglas pour sa démarche qui est de plus en plus rare, d’autant plus avec #metoo et #balancetonporc. Depuis beaucoup d’hommes n’osent plus aborder les femmes. Mais lui l’a fait et j’en suis vraiment enchantée. Un jeune homme poli et beau m’abordait dans la rue, pour la première fois depuis Francesco, et malheureusement je n’étais pas disponible. J’adore ce type d’initiative quand c’est fait par des personnes qui le font avec élégance et respect, ce qui n’a rien à voir avec le fait de se faire importuner. Que ce soit pour la personne qui aborde ou celle qui se fait courtiser, quand les bonnes manières sont respectées, discuter avec un étranger dans la rue c’est se laisser une chance de faire une belle rencontre. À tous les Douglas de la Terre, continuez à nous aborder avec élégance et respect.

Un mois plus tard, alors que nous faisions le pont et que nous devions passer ce long weekend ensemble, Simon a d’abord annulé nos projets pour aller à une soirée avec ses amis le vendredi. Je détestais qu’il annule nos projets à la dernière minute, mais je ne voulais pas me l’accaparer et l’empêcher de voir ses amis alors je le laissais faire. Ce soir-là, j’avais pris mes affaires pour dormir chez lui, j’ai dû finalement rentrer chez moi bredouille. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire par message que j’aimerais au fond de moi que sa soirée l’ennuie et qu’il me rejoigne à la place. Ce message ne lui a pas plu, et il a disparu pendant quatre jours sans donner de nouvelles. Malgré les tensions que nous avions traversées en avril, il avait continué à disparaitre le weekend sans prévenir. On se quittait le vendredi soir après le travail en se donnant rendez-vous le samedi, mais après plus nouvelles jusqu’au lundi au bureau. Je tentais de le joindre, il ne répondait pas et je devais faire avec, me trouver une occupation en gardant ma frustration pour moi. Là, il dépassait les bornes.

Ces quatre jours de silence étaient vraiment abusés de sa part. J’en étais malade. Je n’ai rien trouvé de mieux à faire que lui rapporter au pied de sa porte les affaires qu’il avait laissé chez moi. C’était le seul moyen de lui communiquer quelque chose puisqu’il ne répondait ni aux messages ni aux appels. Il n’était même pas chez lui ! Au bout de ces quatre jours, il est réapparu et m’a proposé de se voir pour discuter. Il n’avait pas supporté que je lui rapporte ses affaires. Alors je lui disais que lorsqu’il agissait ainsi, j’avais envie de lui mettre une gifle, et que le retour de ses affaires était cette gifle.
Je l’écoutais me dire qu’il avait le sentiment de ne pas pouvoir être complètement lui. Ça m’a brisé le cœur de l’entendre dire ça, la dernière chose que je voulais c’était l’empêcher d’être lui-même ou le priver de liberté. Il m’a avoué qu’il avait fumé un joint durant la soirée et qu’il avait besoin de le faire. Il se considérait comme un artiste et fumer lui permettait de voir le monde autrement et par conséquent d’être plus créatif. 
Il était très talentueux, il perdait même son temps dans l’entreprise où nous travaillions. Je ne voulais pas être celle qui l’empêcherait de se réaliser, sachant pertinemment que son art était important pour lui et qu’il voulait en tirer une reconnaissance. Il m’avait montré une interview de Jacques Brel dont les mots faisaient écho en lui : « Je crois qu’un homme est un nomade, il est fait pour se promener, pour aller voir de l’autre côté de la colline et je crois que par essence la femme l’arrête ». Je ne voulais pas l’arrêter, loin de là.
En revanche, je ne voulais pas qu’il me manque de respect et j’estimais que dès lors qu’il voulait s’enfermer pour travailler il devait me prévenir. Il ne pouvait pas ne pas me donner de nouvelles, me laisser au pied du mur pour que je comprenne par moi-même, face à son silence, qu’il ne serait pas là. En tant que couple, nous devons communiquer. Il pensait qu’en ne me disant rien il n’aurait pas à se justifier et s’épargnerait des conversations interminables, sauf qu’il aggravait les choses et me blessait en faisant cela. Ce n’était pas du tout une réaction mature. Au contraire, en agissant ainsi il serait obligé d’en parler, car il était hors de question que je le laisse prendre cette habitude de me planter sans me prévenir et que je m’y fasse. Cette attitude n’était ni normale, ni acceptable. On a mis au point un système pour trouver un compromis entre mon besoin d’être informée et son besoin de parler le moins possible. Lorsqu’il voulait rester chez lui pour travailler alors que nous devions nous voir, il devait me prévenir en m’envoyant un emoji fantôme pour me signaler qu’il ne serait pas disponible. Il l’a fait, une fois, puis il est revenu à ses vieilles habitudes. Il disparaissait sans prévenir, abandonnant nos projets et moi.

J’ai fait une grève de l’amour. J’espérais quand le privant de sexe pendant trois semaines il se souviendrait de cette frustration pour ne pas recommencer.
Si je devais citer le pire défaut de Simon, je pense que c’était bien celui-ci, plus que sa consommation d’alcool quasi quotidienne. En rentrant du travail, il ne pouvait pas s’empêcher de prendre une bière ou d’ouvrir une bouteille de vin blanc que l’on buvait ensemble en mangeant de la charcuterie et du fromage. On buvait et mangeait beaucoup ensemble, nous étions des bons vivants. Alors, je ne m’alarmais pas. Vraiment, quand il était là il n’y avait pas de problème, tout était parfait, mais quand il décidait de s’enfermer plus rien n’existait autour de lui. C’était insupportable. Je m’accrochais malgré tout à cette relation. Je croyais tellement en nous, que j’arrivais à me convaincre que l’on finirait par vivre ensemble, et que les choses seraient différentes. Ses qualités valaient la peine que je supporte ce défaut aussi exaspérant soit-il. Au moins, chaque 14 du mois, il se consacrait à nous et nous sortions pour marquer les échelons de notre relation. Ça, c’était le rendez-vous qu’il n’avait pas intérêt à manquer car c’était devenu notre rituel.

En juin, nous sommes partis en weekend dans le sud. Je craignais qu’il ne me laisse tomber à la dernière minute, mais nous avons passé un weekend incroyable qui nous a lié plus que jamais. Je l’ai vu se projeter avec moi, même à imaginer que nous ayons des enfants ensemble. Nous avions vu une famille mixte avec un petit garçon métisse aux yeux bleus et quelques jours plus tard il y repensait et me demandait si notre enfant serait aussi beau que lui. J’en étais encore plus amoureuse quand il parlait comme ça. Je n’avais pas rencontré beaucoup d’hommes capable de se projeter ainsi.

Je lui ai montré tous les lieux que j’aimais, nous sommes allés à la campagne, puis à M’as-tu vu Plage. À cette époque, mon rêve était de revenir vivre dans la région et y fonder ma famille. Je ne rêvais plus que cela se fasse avec un ancien athlète, je voulais juste que ça se réalise avec quelqu’un que j’aime et qui m’aime également. J’espérais profondément que Simon ait un coup de cœur pour la région et décide de partager mon rêve. Quand nous sommes rentrés à Paris, Simon commençait à regarder les maisons à acheter dans la région. J’étais plus que ravie. Cependant, même si ce voyage avait resserré nos liens, cela n’avait rien changé à ces mauvaises habitudes y compris le jour de son anniversaire.

Alors que nous avions un événement organisé au travail dont j’avais la charge et qu’il était prévu que l’on rentre ensemble chez lui après la soirée, il a décidé dans l’après-midi qu’il voulait passer sa soirée d’anniversaire tout seul. Rien de ce que je pouvais lui dire ne le faisait changer d’avis. Je pouvais râler, être en colère, être triste, il campait sur sa position quitte à me blesser. Je ne comprenais pas qu’il puisse me proposer de faire quelque chose et annuler sur un coup de tête. C’était devenu humiliant pour moi, encore plus lorsqu’il le faisait alors que nous devions dîner avec des amis à moi.

Début juillet, nous avons passé des entretiens individuels à l’issue desquels la direction m’a annoncé qu’ils passaient Ursule au poste de responsable communication comme moi. Dans le même temps, Simon qui demandait une grosse augmentation est passé responsable graphiste. On avait déjà deux directrices communication, deux personnes au même poste pour gérer un service de trois personnes et maintenant je devais partager mon intitulé de poste avec une personne qui sur le papier avait des missions différentes des miennes, et beaucoup moins recherchées sur le marché, et qui en plus, à mon arrivée, n’avait pas accepté ma position. Cette promotion n’avait rien à voir avec ses compétences ni son travail. C’était un gros coup dur à encaisser.

Le lendemain de cette annonce, le 14 juillet, Simon et moi devions nous voir pour nos cinq mois, mais pour la première fois nous n’étions pas ensemble un 14. Pour se rattraper il m’a proposé de venir chez lui pour regarder la finale de la Coupe du Monde de Football. J’ai littéralement accouru chez lui le plus vite possible de peur qu’il ne change d’avis. Je lui en voulais de m’avoir laissé tomber une fois de plus et je lui en voulais de m’obliger d’être à l’affut de la moindre disponibilité qu’il voulait bien m’accorder. Ce n’était pas comme ça que j’envisageais une relation. J’étais exaspérée de devoir me plier à son bon vouloir : j’en étais stressée et dans le doute en permanence. Je n’aimais pas ce qu’il était en train de faire de moi. Petit à petit, j’avais une mauvaise image de moi-même alors qu’encore une fois je travaillais dur depuis 3 ans pour me bâtir une solide estime. Je l’aimais, mais je commençais à ne plus m’aimer.

J’étais heureuse de regarder le match avec lui. Nous étions très confiant sur la victoire de la France et nous allions vivre ce moment historique ensemble. Dans 20 ans, on pourrait se souvenir de ce que l’on faisait et avec qui on était le soir de la victoire de la France en 2018. Après le match nous sommes sortis célébrer la victoire dans Paris. L’ambiance était folle dans le métro et dans toutes les rues. Nous avions bu beaucoup d’alcool avant et pendant le match et nous avons continué après pour arroser la victoire.
Simon a commencé à fatiguer. J’étais moins alcoolisée que lui, c’est donc sous ma vigilance que nous sommes rentrés chez lui. Je nous ai réchauffé de quoi manger et nous avons regardé ensemble les commentaires du match sur la chaîne de l’Équipe.

Alors qu’il était toujours sous l’emprise de l’alcool, il a eu envie de moi. Je n’y étais pas opposée, mais je n’ai pas manqué de lui signaler qu’avoir un rapport non protégé était très risqué, mais l’euphorie de la soirée le poussait juste à plaisanter en disant que nous appellerions notre fils Kylian. Il est passé derrière moi, et dans ses va et vient, il m’a sodomisé. Ce n’était pas volontaire de sa part. Je le pense et je le crois toujours. D’autant plus que nous en avions déjà parlé, j’étais contre. Je ne voulais pas que nous pratiquions la sodomie et il l’avait parfaitement intégré.

Sur le coup, j’ai ressenti une immense douleur qui m’a fait bondir. Je me suis recroquevillée sur le sol en pleurant, je ne pouvais même plus respirer. Il s’est assis sur le canapé, alors que j’étais par terre en souffrance :

« Bah alors ? m’a-t ’il dit en me poussant avec son pied 

- Bah alors ? Tu m’as fait mal ! »

Je me suis éloignée de lui, mais je ne pouvais toujours pas respirer et la douleur était insoutenable. Je suis restée à genoux par terre le temps de me calmer. Je l’ai regardé, il avait remis son caleçon et sans s’occuper de moi il répondait à la télévision en fumant sa cigarette électronique. Sidération totale. Avec le choc, tout se mettait bout à bout dans ma tête : cette scène devant moi, son indifférence glaçante, ses disparitions répétées. Je ne voyais qu’une seule issue à tout ça. C’était terminé.

Ivre ou pas ivre, il était hors de question que mon homme me fasse mal physiquement et ne réagisse pas alors que je suis par terre en train de pleurer en me tenant le cul. Je lui en voulais déjà tellement pour ses absences, j’étais arrivée au bout de ma patience.

Je me suis relevée, j’ai remis mes vêtements et je lui ai dit que c’était terminé. J’ai récupéré tout ce que j’avais laissé chez lui, il continuait à regarder la télévision et je suis partie en claquant la porte. J’ai commandé une voiture et je suis rentrée chez moi. Il m’a envoyé des messages pour me dire que s’il m’avait fait mal je n’avais qu’à le dire plutôt que de partir comme ça. Il ne s’était pas rendu compte que c’était plus grave que cela. Il m’avait fait mal et il m’avait négligé au lieu de s’occuper de moi, et c’est exactement ce qu’il faisait depuis des mois à chaque fois qu’il disparaissait. Cette fois c’est l’intégrité de mon corps qui était atteinte et ma dignité. Et ça, petite sœur, c’est impardonnable.

Le lendemain matin, je devais me lever plus tôt que d’habitude pour aller au travail. J’ai mis toutes ses affaires dans un sac, pour la deuxième fois, et les ai déposés à son bureau. Il n’est pas venu travailler ce jour-là, il n’est revenu que le mardi. Nous n’avons pas échangé une seule fois sur ce qu’il s’était passé. Je ne pouvais pas le regarder en face et lui agissait comme si de rien n’était.

Alors que nos collègues étaient parties, et qu’il ne restait plus que nous deux dans le bureau, je me suis approchée de lui pour lui proposer de parler :

« Parler de quoi ? Il n’y a rien à discuter, me dit-il agressivement.

- Tu ne peux pas faire comme si de rien n’était. Il faut qu’on en parle.

- Non ! Tu es partie en claquant la porte. C’est trop tard pour en parler, maintenant tu assumes. »

Je ne le reconnaissais pas. Je ne l’avais jamais vu aussi sombre, jamais il ne m’avait parlé aussi mal. Il m’était impossible d’envisager de continuer à travailler avec lui dans ces conditions s’il n’était pas disposé à en parler et surtout à s’excuser. Je suis revenue à la charge le vendredi par message et il a enfin accepté de me parler pendant quinze minutes après le travail. Nous sommes allés dans le parc à côté du bureau. Il ne se souvenait plus de ce qu’il s’était passé. Il disait qu’il était désolé car il ne s’était rendu compte de rien. Ce n’est que le lendemain matin en voyant que mes affaires avaient disparues de chez lui et le retour des siennes qu’il a compris que c’était sérieux.

« Il faut que tu saches que ce n’est pas par manque d’amour que je te quitte. Au contraire, je t’aime de tout mon cœur Simon, mais je ne peux plus supporter tes disparitions et je ne peux pas accepter que mon homme ne réagisse pas alors qu’il vient de me faire mal. Avec ou sans alcool, à la seconde où tu m’as vu par terre tu aurais dû réagir.

- Moi aussi je t’aime, je m’en veux et je t’en veux. C’est dur, mais avec le temps j’apprendrais à ne plus t’aimer.

- Je sais aussi que par rapport à tes absences tu ne changeras pas.

- Non, je suis un homme libre. »

Il a passé son bras autour de moi et m’a embrassé dans le cou.

En quittant le parc, nous nous sommes embrassés pour la dernière fois. Même si les choses étaient claires, ça n’a pas été si simple après.
Son attitude a totalement changé. Il semblait surexcité, on aurait cru qu’il exagérait sa bonne humeur et je me suis demandée s’il n’avait pas pris de la drogue. Il m’avait avoué qu’il en avait déjà pris auparavant, mais qu’il n’y touchait plus. Je n’ai aucun moyen de vérifier, mais quand il faisait des erreurs et qu’une directrice lui faisait remarquer, il plaisantait en mimant un reniflement. Était-ce un aveu déguisé ?

Pendant les deux semaines de congés qui ont suivies, nous sommes partis chacun dans nos familles. Nous avons échangé quelques messages, presque comme avant, les mots d’amour en moins.

« Ma grand-mère adore la combinaison que tu m’as offerte.

- Tu es canon dans cette combinaison. Ma mère m’a demandé comment ça allait avec toi. Elle m’a dit « c’est dommage, tu avais l’air plus heureux qu’avec ton ancienne femme »

- J’aurais beaucoup aimé ta mère je pense, lui répondis-je

- Elle t’aurait beaucoup aimé aussi. »

Je me suis demandée si on ne pourrait pas se redonner une chance. Je lui ai posé la question et il m’a dit qu’il préférait aller de l’avant, mais qu’il serait toujours là pour moi. Ce n’était qu’un moment d’égarement où je me sentais seule et il me manquait.

Au retour des congés, j’ai eu la désagréable surprise de découvrir que Ursule avait eu un nouveau bureau plus grand pour améliorer sa posture. Alors que nous faisions la même taille, et que je me plaignais également de mon inconfort.
J’étais très occupée par l’organisation d’un événement pour la rentrée. J’étais doublement sous pression avec la promotion d’Ursule au même poste que moi. Je me sentais décrédibilisée et les moqueries de mes collègues ne rendaient pas les choses faciles. J’essayais de faire abstraction de tous ces bruits, et de Simon qui avait recommencé à fumer de vraies cigarettes. Je me sentais coupable de cela. Je me sentais concernée par son bien-être et je savais que la rupture était la cause de cette rechute. Je le trouvais amaigri déjà qu’il n’était pas très épais. Mes soupçons sur une éventuelle prise de drogue se sont intensifiés quand il a changé de numéro de téléphone. Quelques mois auparavant, il m’avait dit qu’il voulait bloquer les dealers qui le relançaient. J’étais donc inquiète pour lui, mais je ne pouvais rien y faire. Ça me faisait mal de le voir s’autodétruire comme ça.

Septembre est arrivé, et je suis repartie en congés pour fêter mes 30 ans. Je suis rentrée chez Maman et nous sommes parties sur la côte d’azur toutes les deux. Nous avons dîné dans un restaurant brésilien en bord de mer où un groupe jouait en live. C’était magnifique, l’ambiance était comme je les aime. J’avais le sentiment d’être de l’autre côté de la planète. Malgré tout, au fond de moi, je n’étais pas heureuse. Ma tête était lourde. Je n’imaginais pas célébrer mes 30 ans avec autant de tristesse. Je n’arrivais pas à me réjouir et montrer de l’enthousiasme. Je ne me sentais pas accomplie. J’avais le sentiment d’avoir tout perdu, de ne pas être là où j’étais censée être. Alors que Martin m’avait toujours faire croire que j’étais quelqu’un de spécial, avec une aura incomparable, le jour de mes 30 ans je me suis dit que c’était faux. Je n’étais qu’une personne parmi tant d’autres, une petite cellule quelconque dans l’univers, et j’avais raté l’opportunité d’être quelqu’un.

Sur l’année qui venait de s’écouler, j’avais été déçue sentimentalement par Herman et Alain, j’avais été sans emploi, puis le travail était revenu, l’amour aussi, et en un clin d’œil j’avais perdu cet amour. J’étais pourtant en bonne santé, mais je n’avais pas d’argent de côté, et j’avais toujours l’impression de vivre comme une étudiante. Je rêvais de mieux. Je voulais un projet qui me prenne aux tripes et qui ait du sens et une véritable utilité pour les autres. Je ne voulais être entourée que d’amour, et côtoyer de bonnes personnes humbles et brillantes. Je voulais voyager, croquer le monde et être à l’abri du besoin. J’étais incapable de dire de quoi j’étais fière, de quoi j’étais passionnée. J’étais figée, gelée, désabusée. Je réalisais que mon travail ne me menait nulle part et les personnes avec qui je travaillais étaient toxiques, détestables et perfides, avec une politique de management foncièrement douteuse.

À mon retour, l’une de mes chefs avait décidé d’adopter une attitude passive agressive à mon égard. À la fin de la semaine j’ai été convoquée pour recevoir un lot de reproches plus absurdes les uns que les autres et des attaques dévalorisantes. Je n’en suis ressortie qu’avec plus de frustration, de la haine envers cette femme et surtout le sentiment de devoir me soumettre, me réduire en esclavage, travailler sans broncher et me comporter en robot sans émotions. Tout cela allait à l’encontre de mes valeurs et de ma vision du travail au quotidien.

J’ai commencé une thérapie avec une psychologue du travail. J’avais besoin de comprendre d’où venait mon mal être au travail, et surtout apprendre à me détacher émotionnellement. Mes relations avec Simon étaient entre amicales et cordiales et notre rupture ne me pesait pas autant que mes conditions de travail, même si j’avais remarqué qu’il mettait de la distance entre nous. En évoquant le décès de Charles Aznavour, parti le 1er octobre 2018, Simon disait que sa chanson préférée était Désormais. C’est très égocentrique de ma part de penser cela, mais je l’ai pris comme un message qui m’était adressé, même si je sais que cette chanson peut faire écho chez toute personne ayant connu une rupture. Écoute-la petite sœur.
Il m’avait prévenu dans le parc, il apprendrait à ne plus m’aimer.

Un jour nous sommes partis déjeuner avec le service IT et devant moi il a ouvertement mâté les fesses d’une fille qui passait dans la rue et en a ri. C’était très déplacé de sa part de faire ça devant moi, je restais son ex, même si j’étais sa collègue « désormais ». Nous avons passé le reste de l’après-midi sans nous parler. À la fin de la journée, nous sommes allés au pot de départ d’un collègue et en sommes partis quasiment en même temps. Il marchait comme s’il ne me voyait pas, changeait de trottoir ou me passait à côté sans me regarder. J’ai pris les devants et je l’ai confronté. Il ne s’était même pas excusé pour son attitude, il considérait qu’il était « un homme libre » et que c’était moi qui me faisait du mal toute seule. Il n’a même pas pris la peine de s’arrêter pour me parler. Son visage sombre et fermé est réapparu, il me méprisait, me parlait avec agressivité. Il ne s’arrêtait pas de marcher. Il a continué jusqu’à entrer dans le métro. Il considérait que ce que je pouvais ressentir ne le concernait pas et qu’il était un homme libre. Un lâche. C’est tout ce qu’il était devenu à mes yeux. Un lâche qui se mentait à lui-même. « Un homme libre » qu’il disait, s’il était si libre que ça il ne continuerait pas à travailler dans cette entreprise qui ne lui apporte rien et ne fait que l’exploiter parce qu’il ne dit rien. Il était incapable de me faire face et assumer ses erreurs. Il préférait ignorer plutôt que de devoir reconnaître ses fautes.

« Désormais, je garderais ma porte close » chante Aznavour. Fini les déjeuners. Fini les parties de Clash Royale, il avait supprimé son compte. Fini les sorties. Fini les blagues privées. Fini la complicité. Fini même les rares réponses à mes messages. Nous n’avions plus rien commun.

Le lundi suivant, il m’a rapporté le dernier vêtement que j’avais oublié chez lui. Il m’a proposé d’aller prendre un verre pour parler. Tout d’un coup, il était revenu à la normale. En vérité, j’étais épuisée par ses changements de personnalité. Je l’ai tout simplement ignoré à mon tour. Je ne savais pas qui j’aurais en face de moi et le mal était fait. Rien de ce qu’il pouvait me dire aurait arrangé quoi que ce soit.

Peu de temps après, il a été en arrêt maladie puis il est resté deux semaines en télétravail. Par amitié, je lui ai écrit que s’il avait besoin de quelque chose il pouvait me le demander. Il n’a pas répondu et le plus regrettable c’est qu’il ne répondait pas non plus quand j’avais besoin de le joindre pour le travail. De quoi me faire culpabiliser, mais aussi me mettre en difficultés dans mes projets. Je savais qu’il évitait tout contact avec moi volontairement. Mettre de la distance entre nous à titre personnel c’était une chose, mais j’avais du mal à accepter qu’il me freine dans mon travail en évitant de communiquer avec moi. Il mélangeait les deux sphères alors que cela n’avait pas lieu d’être.

Pendant ce temps, Ursule avait repris son attitude du début, à m’ignorer, ne pas me dire bonjour, ne jamais déjeuner avec moi et ne communiquer que par mail alors que j’étais juste en face d’elle.
À son retour, Simon m’annonçait qu’il avait décidé d’arrêter la cigarette et l’alcool. Il m’a proposé d’aller voir un film qui ne sortait qu’en décembre. Une proposition qui ne s’est jamais concrétisée, car lorsque je le relançais il se défilait sans arrêt, alors que c’était son idée au départ. Comme si sortir avec moi voir un film était dangereux. J’avais le sentiment d’être fuis comme la peste. C’était décevant, mais je n’attendais pas après lui. J’étais sous pression dans le travail, l’une de mes directrices était tout le temps sur mon dos. Je ne savais plus comment prendre d’initiatives, chaque chose que je faisais ou disais était remise en cause. J’étais moralement épuisée. Je dormais très mal et venir travailler était une corvée. Je pleurais matin et soir dans les transports. Tout cela s’est soldé par une mise en arrêt maladie. J’étais dans un état dépressif et ma thérapie ne faisait pas son effet, non pas parce que ma thérapeute n’était pas efficace, mais parce que pour aller mieux il fallait que je renonce à qui j’étais. Pendant mon arrêt, personne n’a pris de mes nouvelles. C’était assez blessant et en même temps ça voulait dire beaucoup. Petit à petit, j’ai vu Simon se joindre à Ursule dans ses manœuvres pour m’isoler. Il ne déjeunait plus qu’avec elle. Ils parlaient ensemble quand je quittais le bureau et se taisaient quand je revenais. Il faisait tout son possible pour ne pas se retrouver seul avec moi, ni déjeuner à la même table que moi. Tout cela a précipité ma chute.

Comment peut-on être tout pour une personne, être la personne la plus importante et soudain n’être plus rien, ne plus avoir aucune valeur à ses yeux ? Se sentir rien, comme si un « nous » n’avait jamais existé. Comment peut-on redevenir l’ordinaire ? Ne devrait-on pas garder un statut spécial à la hauteur des sentiments partagés autrefois ? Ces sentiments qui faisaient de nous quelque chose d’à part, de différent du reste du monde, n’ont-ils pas de l’importance pour le simple fait d’avoir existés ?

Il a tellement changé, je ne le reconnaissais plus. Il n’avait plus rien à voir avec l’homme que j’avais aimé. L’homme que j’avais aimé était mort, et avait laissé place à quelqu’un d’autre pour qui je n’étais rien. C’était devenu un inconnu avec qui je n’ai pas eu d’histoire. Ce n’est pas le deuil de notre relation que j’ai dû faire, j’y avais déjà renoncé, je devais faire le deuil de Simon et m’adapter à cet inconnu qui un jour semblait se rapprocher de moi et le lendemain ne me regardait même plus pour me souhaiter une bonne soirée avant de quitter le bureau.
Simon était mort. Et il ne reviendrait pas.

Fatiguée par l’attitude de mes collègues et les persécutions de mes chefs, j’ai demandé une réunion pour que l’on mette cartes sur table. J’en avais plus qu’assez d’être isolée par toute l’équipe et que Ursule me traite comme si j’étais invisible. J’en avais été malade tout de même. Il a été convenu que l’on se réunirait le lundi suivant, en attendant, je devais récupérer mes heures supplémentaires jeudi et vendredi.
Le vendredi 14 février 2019, je recevais une lettre m’annonçant le lancement d’une procédure de licenciement. Alors que j’étais en repos, mes collègues se sont réunis et ont organisé mon licenciement. J’ai été virée brutalement, alors que je demandais à parler, mais eux avaient décidé qu’ils ne voulaient pas. Je n’ai eu aucunes nouvelles de Simon pendant toute la procédure. Ce n’est que lorsque ça a été officiel qu’une nuit à 3h17 du matin j’ai reçu un message de sa part.

« Salut Petra. Difficile d’écrire ce message mais je tiens à ce que tu le saches. Je sais que la période a été dure, sûrement qu’elle l’est toujours. Je voulais juste te dire que si tu veux qu’on parle ou qu’on se voit je suis d’accord. Ça ne pourra rien changer sur ce qu’il s’est passé mais si je peux t’aider … Bonne soirée bisous ». Je n’ai jamais répondu à ce message. À quoi bon ? Maintenant que j’étais hors de son champ de vision, il était prêt à être présent pour moi et me soutenir moralement. C’était trop tard. J’avais besoin de son soutien quand j’étais en arrêt maladie, quand je lui ai dit que Ursule agissait comme si j’étais invisible. Quand il voyait les abus d’autorité dont j’étais victime de la part de la hiérarchie. J’avais besoin qu’il reste mon ami. Mais là encore, c’était impossible puisque celui qui aurait pu rester mon ami était mort. À ce moment-là, tout ce qu’il pouvait faire ne comptait plus. Il n’était définitivement plus rien à mes yeux. Aujourd’hui, tout ce qu’il reste c’est de la douleur, de la haine, de la rancœur, du mépris. Quand je pense à lui, je suis déchirée de l’intérieur. L’homme que j’ai aimé me manque, mais comme je disais, il est mort et il ne reviendra pas. Celui que j’ai vu pour la dernière fois au bureau me dégoûte, et je le hais.

Tu vois petite sœur, nous aurions pu faire notre vie ensemble. Tout était si bien parti. Cependant, Simon avait ses propres démons et malgré toute ma bonne volonté et mon amour, je ne pouvais pas les combattre à sa place. Plusieurs indices auraient dû me mettre la puce à l’oreille, entre sa consommation excessive d’alcool, son passé avec la drogue, ses cauchemars très violents qu’il faisait toutes les nuits. Autant d’éléments qui témoignaient d’une part très sombre en lui. Jamais je n’aurais imaginé qu’il puisse avoir deux visages. À moins qu’en réalité il n’ait toujours eu qu’un seul visage qu’il cachait sous un masque et que je ne pouvais découvrir que sous l’effet d’un désinhibant.

J’avais appris à l’aimer pour tout ce qu’il était. Au début, je n’étais pas attirée par lui, mais je me suis focalisée sur la manière dont je me sentais avec lui. Je me sentais libre d’être moi, je me sentais valorisée et bien dans ma peau. À partir du moment où Simon a cessé de me respecter au point que je me sente négligée et peu respectée, c’est ainsi qu’il a commencé à me perdre. Il ne s’attendait pas à ce que je le quitte car il me croyait acquise, or même si je l’aimais, je ne l’aimais pas de manière inconditionnelle. Je pense que l’amour inconditionnel entre un homme et une femme n’existe pas. J’estime qu’il y a au moins une condition, c’est de respecter son partenaire. Pour ce qui me concerne, avec toutes mes expériences, je ne peux aimer qu’à la condition d’être respectée. 
Plus que tout petite soeur, ne laisse jamais ton partenaire te faire du mal physiquement. Il n'y a pas d'amour qui tienne, ne minimise pas un tel geste. C'est impardonnable, et tu te sors de là si ça t'arrive.

Dans son livre Pourquoi l’amour fait mal ? Eva Illouz nous dit que « si l’amour devient une source de souffrance, cela signifie qu’il est une erreur ». Je crois effectivement que ça ne sert à rien de s’accrocher à une relation qui te fait davantage pleurer que sourire. Peu importe les bons moments des débuts, les belles promesses d’avenir, il faut savoir renoncer et accepter que ce qui te fait souffrir ne changera pas. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas combattre les démons de son partenaire, on ne peut pas effacer ses névroses. C’est un travail qu’il doit faire lui-même. D’autant plus, que chacun mène déjà un combat contre ses propres tourments.

Nous avons connu la grâce amoureuse avec Simon, mais même si cette relation n’a pas marché, je sais qu’elle m’a permis de grandir, et de me rapprocher un peu plus de la personne avec qui je partagerai ma vie.
Maintenant, laisse-moi te parler un peu de cette personne.

 

*****

 

[1] Tracy McMillan, TEDxOlympicBlvdWomen, « The person you really need to marry ».

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Cocochoup
Posté le 13/02/2020
Oh je fond, Mister Big dans sex and the city, toute ma jeunesse :)
Arf, j'y ai cru à ce mec, à votre histoire. Mais je veux croire que chacune de ses expérience t'a permis de mieux te connaître, savoir ce que tu veux et ce que tu ne veux plus. Et te permettront de vivre LA vraie relation sincère que tu mérites !
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 14/02/2020
Coeur Coeur plus plus pour Mr Big :D
Merci pour ton commentaire Corinne !

Je suis contente que tu me dises que tu y as cru, j'avais peur que ce soit trop évident que ça n'a pas marché et qu'en lisant on attende juste le moment où ça éclate.
J'espère que le dernier chapitre sera à la hauteur ;)
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