Chapitre 7 : Rêve et réalité

Par Ayunna
Notes de l’auteur : Et l'histoire commence véritablement ici !
Bonne lecture :)
Merci à Feydra pour son œil avisé et à Art of you pour son aide !

Je déambulais dans le salon joliment décoré. Le sapin, les guirlandes, la crèche annonçaient les fêtes de Noël. Cette ambiance chaleureuse me réjouit et me donna envie de faire des bonhommes de neige – j’en façonnais des après-midis entiers en compagnie de ma chienne Mina. Ma fidèle compagne adorait se rouler dans l’herbe verglacée, puis courait tout autour de moi en s’ébrouant. Son pelage blanc parsemé de tâches beiges s’accordait parfaitement à la pureté des flocons. Je lui lançais gentiment des boules de neige qu’elle tentait de rattraper. Quelle surprise pour elle lorsque mon projectile se mettait à fondre au contact de ses babines !

Ma mère remarqua que j’avais maigri. Nous y remédiâmes en préparant de délicieux pains d’épices. J’avais besoin de m’activer, de me concentrer sur quelque chose pour me sentir mieux. Le conservatoire étant fermé pendant les vacances, pas de cours pour me changer les idées. Je pouvais au moins jouer du piano et danser dans le salon, au milieu des guirlandes lumineuses.

Olivier rentra d’une cession de concerts. Il passa du temps avec moi pour écrire des chansons, les mettre en musique au piano. Sijia chantait avec nous, la guitare à la main, au coin de la cheminée. J’étais très bien entourée ; mes parents faisaient tout pour m’aider.

Créer de nouvelles compositions devint un passe-temps efficace pour surmonter cet événement. Toute ma colère et ma frustration passaient dans la musique.

Décidément, les arts sont propices à l’acceptation des choses et au dépassement de soi dans les épreuves, réalisai-je intérieurement.

J’étais retournée plusieurs fois au chêne pour essayer d’entendre à nouveau cette curieuse voix, en vain.

 

Ce soir-là, en allant me coucher, je songeai à toutes ces révélations. Elles tournaient en boucle dans ma tête. Je m’endormis enfin grâce au ronronnement d’Haku, mon joli chat roux, roulé en boule à mes pieds. Il partageait mes nuits en hiver, mais découchait au printemps et en été pour chasser les souris – souvent des musaraignes, en fait.

 Je rêvai qu’un oiseau gigantesque, provenant du chêne, m’attirait vers lui. J’entendais une voix lointaine m’appeler : « Nêryah… Nêryah ! Viens à moi… viens… je t’attends. »

J’avais presque envie de répondre à cet appel.

Je me réveillai en sursaut, mon front en sueur, le cœur battant.

Je jetai un coup d’œil à mon réveil. Trois heures du matin. Ne parvenant pas à me rendormir, je décidai de me lever, non sans trembler un peu en m’habillant d’un gros pull. Mon chat s’étira en miaulant, l’air de dire : « tu m’as réveillé ! Et où vas-tu, comme ça ? ». Je lui répondis par quelques caresses. Il se mit à ronronner, posant son adorable petite tête sur ses pattes.

Je descendis les escaliers sur la pointe des pieds, ouvris doucement la porte d’entrée pour ne pas réveiller mes parents. Ma chienne Mina se leva d’un bond, galopant jusqu’à moi.

– Parfait, on va se promener ma belle, lui chuchotai-je.

Elle dressa les oreilles et battit de la queue, tout enjouée.

Il fallait que je regarde, c’était plus fort que moi. Comme si une force étrange me poussait à sortir au beau milieu de la nuit.

Encore somnolente, je marchai en direction du chêne, prenant garde à ne pas glisser sur le verglas. Je n’entendis pas la voix. Pourtant, tout avait commencé ici, au pied de cet arbre.

Mina cavalait devant la mare, ravie de cette promenade nocturne. Elle revint vers moi. Ses yeux semblaient me remercier. Je lui adressai un regard tendre.

Je fis un petit tour près du point d’eau pour me réchauffer : j’avais oublié de prendre mon manteau – encore une fois. Je me fis violence pour réfréner mon envie de patiner. La neige recommençait à tomber. Mina jouait avec les flocons, essayant vainement de les attraper. Je pouffai de rire en l’observant.

Soudain, je l’entendis : le même cri, mais cette fois, plus puissant. Je me retournai en sursautant, incapable de bouger, la bouche entrouverte. Je me rendis compte que cela provenait bien du chêne, comme si quelque chose se trouvait à l’intérieur. Exactement comme dans mon rêve. J’attendis. Rien de suspect ne se produisit. Quelques minutes passèrent, puis, encore le bruit. Rugissant dans le silence de la nuit, le vent souffla si fort qu’il provoqua des chutes de neige. Mina se plaça instinctivement à mes côtés. Elle retroussa son museau pour montrer ses crocs, grognant devant cet ennemi invisible.

Mauvais signe.

Le son résonnait encore dans ma tête, en un écho sourd. Soudain, tout le paysage se brouilla, je ne voyais plus rien. Le néant m’entourait. Je voulais rentrer ma chienne à la maison, la protéger. Impossible. Une puissante rafale s’abattit sur moi, m’obligeant à me recroqueviller sur mes jambes, les genoux pliés, pour ne pas m’effondrer.

Redressant mon buste, je recouvrai un instant ma vue et découvris avec horreur une lumière rouge sortir du chêne. Elle se dirigeait droit sur moi. Mina aboyait. J’étais pétrifiée de peur, la respiration haletante, bloquée là, tremblante, à regarder ce rayon qui me faisait atrocement mal aux yeux. Incapable de courir, j’entendis une voix venant de nulle-part prononcer mon nom à plusieurs reprises, comme dans mon rêve.

J’aperçus alors une ombre imposante. Elle se déplaçait vers moi. J’étais sur le point de perdre connaissance. Le sentiment de terreur m’envahissait au point de m’empêcher de m’enfuir ou de bouger d’un pouce. Je voulais hurler, mais n’y parvenais pas. Mon cœur cognait incroyablement fort dans ma poitrine. Je sentis mon corps se glacer, basculer en arrière. La neige amortit ma chute. Je me retrouvai allongée sur le dos, paralysée par ma propre angoisse.

Arrivée à mon niveau, l’ombre se pencha pour saisir mes bras. Elle me traîna jusqu’au chêne. Impossible de m’échapper. Mes réflexes d’escrimeuse semblaient avoir disparu. J’entendais Mina glapir bruyamment. Au moins, mes parents allaient certainement se réveiller. Je crus un instant que ma chienne avait planté sa mâchoire dans le bas de mon pantalon. Elle essayait vainement de me tirer en arrière pour me sauver de mon agresseur.

Aucun son ne sortait de ma bouche.

Tétanisée, je fus prise de vertiges. Ma vue se troubla. Je me sentis défaillir, entourée par le néant.

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filoutem
Posté le 07/02/2023
Coucou Ayunna,

Ouhla j'ai hâte de savoir ce qu'on va découvrir de l'autre côté de cet arbre portail ! très chouette en tous cas le concept de l'arbre qui fait la passerelle entre deux mondes. Jusque là il était plutôt sympathique et chaleureux, mais là il devient carrément flippant !

Je pense que tu peux changer la dernière phrase : quand on s'évanouit on ne pense pas "je m'évanouis", on a la vue qui se trouble, on se sent tomber en arrière, on a le vertige... etc. Mais dire "je m'évanouis" ça fait un peu spectatrice de sa propre vie plutôt qu'actrice.

À très vite pour la suite :)
Ayunna
Posté le 09/02/2023
Coucou Filoutounette,

Merci de m'avoir lue !
J'ai changé ma dernière phrase, effectivement tu as raison ^^ c'est mieux de reformuler ainsi

Ravie que cette fin de chapitre te donne envie de découvrir la suite

A bientôt sur nos jolies planètes ;)
Art of You
Posté le 08/10/2022
Je viens de faire un long commentaire, et tout s'efface en me disant que je dois être connecté (ce que j'avais fait) tout est perdu... Pfff bref, je recommence !
Cet arbre semble être un (des) portails qui relient nos deux mondes.
C'est maintenant que tu vas quelque peu élucider la façon dont les deux "Terres" sont connectées, impatient d'apprendre tout ça !
Ton style est très agréable à lire, et l'histoire nous emporte au gré de ton imagination fertile, bravo !
Ayunna
Posté le 08/10/2022
Merci ! Je suis ravie que ce début te plaise autant et te donne envie de savoir la suite. J'ai le même problème que toi pour les déconnections : du coup, je fais copier coller du commentaire que j'écris, comme ça, si tout s'efface, j'ai juste à me reconnecter et faire "coller". Voilà !!
Art of You
Posté le 08/10/2022
Je le ferai aussi, merci.
MayaAubray
Posté le 22/08/2022
Les choses sérieuses commencent définitivement maintenant !
J'ai l'impression que ce chêne et le portail qui mène vers son monde d'origine, à voir :D je sens qu'on arrive au passage du prologue, j'ai l'impression que c'est à ce moment là, qu'elle a ressentit cette inertie du début
Sinon, les parents sont des personnages que tu as bien écrits, ils sont présents. J'ai énormément aimé le passage où elle parle de l'art qui libéré, je n'ai pas pu m'empêcher de mettre ta chanson "Namida no chinmoku" à ce moment là :)
Ayunna
Posté le 22/08/2022
rhô t'es chou ! Avec la chanson en plus, héhé ^^
Ton intuition est bonne, pour l'arbre, et aussi pour le prologue qui arrive juste après. Bravo d'avoir si bien mémorisé ! J'espère que la suite te plaira
Makara
Posté le 14/08/2022
Coucou Ayunna ! Me revoilà ! Je mettais arrêtée au moment clé de l'histoire ;). En tout cas, je n'ai eu aucun mal à replonger dans ton roman ! Ce chapitre est très fluide, les descriptions sont efficaces et on se représente bien la pièce. J'aime bien que le portail avec le monde "inconnu" soit un arbre, je trouve que c'est assez logique et cela donne un effet un peu mystique.
Bon, les mystères vont se lever et l'aventure va commencer pour ton héroïne ! Hâte de découvrir tout ça :p
A bientôt <3
Makara
Posté le 14/08/2022
correction de faute : "Je m'étais"
Ayunna
Posté le 14/08/2022
Hihi, merci Makara, et tellement ravie de te retrouver ! (C'est fou comme on s'attache aux petite plumes qu'on ne connaît même pas vraiment !!)
Merci pour ton commentaire. Ce retour positif m'encourage, cela signifie que ce chapitre est fluide et bien construit.
<3
Feydra
Posté le 11/06/2022
Bravo ! C'est très prenant. Ta façon de raconter est très fluide et en même temps tu arrives à mettre en valeur l'étrangeté de la scène et la terreur de Nêryah. Quand j'ai lu, j'entendais les aboiements de la chienne, je voyais la lumière rouge, la silhouette noire, je sentais la neige et le froid.
Il y a quelques maladresses d'expression, mais une bonne relecture réglera tout ça.
Ayunna
Posté le 12/06/2022
Ah c'est drôlement gentil ça, Feydra ! Merci ^^
Est-il possible de me dire quelles sont les maladresses d'expression afin que je puisse travailler dessus ?
Feydra
Posté le 12/06/2022
De rien.
Alors voici ce que j'ai relevé ...
- "J’étais retournée plusieurs fois au chêne pour essayer de réentendre cette curieuse voix, en vain." ==> plutôt "entendre encore ou à nouveau"
- "le soir en allant me coucher" ==> Plutôt "ce soir-là" ou "un soir"
- "Mon chat me lança un « miaou ! »" ==> miaula ou roucoula plutôt ?
- "la porte de dehors" ==> la porte d'entrée, la porte menant à l'extérieur ?
- "Le vent souffla si fort qu’il provoqua des chutes de neige, rugissant dans le silence de la nuit." ==> plutôt "rugissant dans le silence de la nuit, le vent souffla si fort"
- "Une puissante rafale s’abattit sur moi, m’obligeant à me recroqueviller sur mes jambes, les genoux pliés, pour ne pas ployer." ==> elle est justement en train de ployer... Pour ne pas tomber, m'effondrer... ?
- "Je crus un instant que ma chienne planta sa mâchoire dans le bas de mon pantalon." ==> avait planté
- A la fin plutôt "Tétanisée, je m'évanouis"
- "Terrifiée, je ne pus m’en soustraire " ==> me soustraire à son emprise, lui échapper ?
Ayunna
Posté le 13/06/2022
Merci Feydra, c'est vraiment sympa d'avoir pris le temps de relever les maladresses. Je vais améliorer tout ça :)
Ayunna
Posté le 13/06/2022
Feydra, je mentionne ton pseudo dans la note du début pour te remercier. Si ça te gêne je l'enlève aucun souci :)
Feydra
Posté le 13/06/2022
C'est très très gentil. Merci beaucoup. 😊
Ayunna
Posté le 13/06/2022
Welcom, c'est normal !
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