Chapitre 7 Partie II - Émergence - Kali

Notes de l’auteur : TW : Il contient toujours des passages de torture et de meurtre.

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Lorsque les lignes de dialogues seront en italique, c'est que c'est en espagnol.

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Enfin ! Bordel, que j'en avais marre de la voir geindre ! Elle ne s'était même pas rendu compte qu'ils nous avaient donné ce qu'il fallait pour quitter cette merde. J'ignorais ce qu'ils mettaient dans leur sérum, mais c'était d'une puissance à vous faire tourner la tête. Je le sentais parcourir chacune des veines de notre corps. Cela m'électrisait, ravivant mes envies de meurtre comme jamais. Comment avait-elle pu refuser mon aide jusqu'ici après tout ce qu'ils nous avaient fait subir ? Cela m'échappait complètement. Si pathétique... Je relevai légèrement la tête et vit où l'arme avait glissé. Caden continuait à me supplier de répondre à leurs exigences. Lui aussi, il me foutait les nerfs à vifs.
— Ferme-la !
Non, j'ai une promesse à tenir hermana, et si je dois la tenir en sacrifiant ma vie alors soit.

Son ton résigné me donnait envie de le frapper si fort, qu'il ne pourrait plus prononcer aucun son. Je le fusillais du regard et visiblement cela le fit redescendre tout de suite. Il avait remarqué le changement.
— Kaya... Tes... ton œil.
— Ta gueule ! Si tu crois que je vais te laisser crever ici, tu te trompes !

Tout semblait se passer si lentement durant cet instant de leur côté, que j'eus le temps d'attraper le scalpel, me relever et sauter sur Hécate qui s'effondra au sol sous la surprise. Sonnée et sans avoir le temps de réagir, je lui enfonçais l'outil dans le même œil qu'elle m'avait pris, tandis que je voyais la terreur remplacer sa putain de joie, dans celui qui lui restait. Ils savaient de quoi j'étais capable quand je prenais le dessus, mais visiblement, ils n'avaient pas jugé bon de prévoir quoi que ce soit malgré la situation. Était-ce volontaire ? Dans l'immédiat, je m'en fichais. J'enfonçais l'arme dans l'autre alors même que ces cris résonnaient dans la pièce. Les siens et ceux de Caden qui répétait son nom en boucle et me demandait d'arrêter. Dommage pour toi mon cher petit frère, tu te trompes de personne.

La voir souffrir ainsi n'était qu'une mince rétribution pour tout ce qu'elle nous avait fait, il m'en fallait plus, mais le temps manquait. Je devais d'abord supprimer les autres avant qu'ils n'appellent du renfort. Je plantais rapidement la lame juste sous la poitrine, lui arracha le collier de Kaya que je glissais dans la poche de notre pantalon avant de lui chuchoter :

— Mauvaise idée d'avoir touchée à ça.

Puis, je l'envoyai valser contre le mur. Je glissais vers le pistolet, défit le cran de sûreté si rapidement qu'une balle se logea entre les deux yeux du premier garde et enchaînait avec le deuxième avec une autre dans le genou. Ah ! Putain que ça fait du bien !

Caden me regardait, horrifié, il ne comprenait pas. Normal... Mais je m'en fichais, dans l'immédiat, je devais sauver son cul, et le mien par la même occasion. Hors de question de rester dans ce trou à rat une minute de plus. Notre survie était plus importante que mon envie de leur trouer la peau.

L'autre soldat, toujours blessé, avançait vers moi sans laisser sa jambe le ralentir. Il puait la haine. Je ne lui laissai pas le temps de faire un pas de plus et fondit sur lui en lui donnant un coup dans son membre endolori. Il s'effondra sous la douleur, je choppai son arme et lui enfonça la canon dans la tempe. La substance poisseuse gicla sur mes vêtements. C'en était jouissif, mais l'appel à l'aide de l'autre grognasse me rappela à l'ordre. Je lui tirai dans l'épaule et elle arrêta de parler pour mieux gémir. Comment pouvait-elle trouver la force de bouger après ce que je lui avais fait ? Elle devrait s'écraser comme l'insecte qu'elle était, mais non, elle l'a ramenait encore ! Putain que j'avais envie de faire couler son sang encore plus !

Les deux mecs qui se trouvaient à l'extérieur pénétrèrent dans la pièce en lançant une bombe fumigène vers nous. Ça brûlait la gorge et piquait les yeux cette connerie. Je décelai leur viseur qui parcourait la pièce sans me voir. Arrachant un bout de ma chemise, je me l'attachai sur le visage pour me protéger un minimum. Ils voulaient jouer ? Très bien ! Je profitai du silence qui s'était imposé dans la pièce pour arriver près de Caden et le détacher au niveau des chevilles.
— Qu'est-ce que tu fous ? chuchotait-il, mais je plaquai ma main sur sa bouche avant qu'un autre son n'en sorte.

Je lui fis signe de se taire et il acquiesça. Je lui attachai un tissu autour du visage avant de repartir dans la fumée. Ils avaient dû m'entendre peu après, car une salve de tir se fit entendre dans ma direction. Quelques projectiles me blessèrent. Un dans le bras et un sur le côté droit. Comme si ça suffisait ! L'adrénaline couplée au sérum bloquait toutes les sensations de douleur. D'ailleurs, je sentais le sang qui pulsait sous ma paupière depuis tout à l'heure. Les cellules s'activaient j'avais l'impression de faire partie intégrante de leur fonctionnement. Aucun doute, il guérissait. Encore un effet secondaire du sérum dont je profitai allègrement. Cela m'emmerdait royalement de n'avoir qu'un œil pour réagir correctement. Plutôt utile d'avoir cette espèce de potion magique dans le sang en fait. Petit à petit, il reprenait sa place et quand la sensation de picotement disparut, la scène qui se déroulait s'offrait dans son intégralité à ma vision.

Je me rapprochai d'un des gardes gisant au sol dans le but de m'en servir comme bouclier, et me jetai sur celui qui me frôla sans s'en apercevoir. Un hurlement retentit, puis le calme. Un calme qui me faisait trépigner d'impatience. Où était ma proie ?
— Sors de ta cachette que je te troue la peau sale pute, lança le dernier sans se rendre qu'il m'indiquait sa position de fait.

Toi mon gars, tu aurais dû te taire. Je me glissai derrière lui, choppa son couteau à cran d'arrêt et le plaça pile au niveau du cou. Il déglutit.
Qui c'est la pute maintenant ? ricanais-je en lacérant sa gorge. Il tomba en sol parcouru de soubresauts, s'étouffant dans son propre sang.

Je regardais mes mains dans un état second. Elles tremblaient, non pas de douleur, mais de plaisir. Mon corps tout entier brûlait sous cette puissance qui parcourait mes veines. Je soufflais, il fallait que je me calme avant que les autres n'arrivent. Je finis de détacher Caden et lui criai de courir en l'entraînant dans le couloir. Pas à gauche, cela nous ramenait à notre cellule, à droite ou tout droit ? Le bruit de l'ascenseur ne me permettait pas d'y réfléchir plus. Ce sera tout droit, tant pis, à droite, ils nous verraient trop rapidement.

Je poussai la porte qui nous faisait face sans me retourner, le souffle erratique de Caden me confirmait sa présence derrière moi. Le couloir qui s'étendait devant nous était aussi gris et sale que les autres. De pâles lumières bleues l'éclairaient et j'entendais les râles des autres détenus. Pas le temps de m'occuper d'eux. Je bifurquai sur la gauche, une sortie avec un panneau « EXIT » sur le dessus m’indiquait le chemin à suivre. Elle s'ouvra devant nous, laissant apparaître des escaliers. Nous aurions pu monter, mais leur pas résonnait déjà. Ils descendaient vers cet étage alors pas d'autres choix que de descendre.

J'avalai les étages en sautant une marche sur deux et enjambai la rambarde sur les dernières pour gagner du temps. Il tentait d'en faire de même, mais se rattrapait difficilement encore groggy par les effets du tranquillisant. Je sentais l'euphorie redescendre et tous mes membres commençaient à crier leur douleur. Sans avoir mal, je sentais pour autant qu'ils se raidissaient à chacun de mes mouvements. Je chassais cette sensation en me concentrant sur mon objectif. Avoir le contrôle nous donnait une assurance de survie que Kaya n'assurait pas. Elle n'avait même pas conscience de comment se servir de cette force.

Nous avions atterri sur un énième couloir. Celui-ci, plus sombre cette fois, empestait la mort. Par réflexe je me bouchai le nez. De gros ventilateurs sous lesquels couraient des tuyaux étaient placés çà et là. Ils décoraient les murs dépourvus de tout autre objet. Plus aucun son ne se faisait entendre. Ils ne nous courent plus après ? Impossible de les avoir semés, qu'est-ce qu'ils préparent ? Avançant prudemment à cause de l'obscurité, je remarquai une porte au bout à droite. Je me précipitai dessus pour l'ouvrir, mais l'absence de poignet rendait la tâche complexe. Visiblement, c'était une ouverture automatique par empreinte digitale. Je cherchai rapidement une autre sortie quand Caden prit la parole, rompant le silence qui nous encerclait.
— Comment tu as fait ça ?
— Quoi ?
— Tes yeux ! Les gardes ! Comment tu as fait ? Ils ont changé de couleur Kaya ! Et ton œil, il... il a guéri ! Comment c'est possible ?

Je m'avançai dans un rai de lumière faisant fi de ses questions. Pas le temps pour ça. Devant nous, un gouffre plus noir encore que le reste nous bloquait la route. Je m'approchai du bord lorsqu'il m'attrapa par le bras, m'empêchant d'en observer davantage.
— Qu'est-ce que tu fous ?
— Réponds-moi hermana, comment tu fais ?

Je me rapprochai de lui, à tel point que je sentais son souffle chaud sur mon visage.
Ce. N'est. Pas. Ton. Problème, articulais-je, lâche-moi avant que je ne te pète la main.

Il recula de quelques pas et l'air blessé qu'il affichait la réveilla. Je la sentais qui s'agitait en moi pour reprendre le contrôle, mais hors de question de la laisser faire.
— Bien, maintenant cherche une sortie.
— Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?

Je soupirai, il commençait vraiment à me taper sur le système, il voulait quoi ? Que je lui explose la cervelle sur le sol ?
une putain de sortie Caden, ne me fais pas répéter ! Tu me fous vraiment les nerfs là ! On aura sûrement pas d'autre chance !

Je repris mon observation près du trou lorsqu'un bruit métallique se fit entendre.
— Magne ! hurlais-je en resserrant ma poigne sur l'arme que j'avais dérobée à l'un des morts.

Il provenait de la crevasse et j'entendis des pas monter sur l'échelle qui en remontait. Lorsque je me rapprochais pour évaluer la situation, la lueur bleue qui croisa mon regard me fit tressaillir sur place avant de laisser place à un vert clair. Tom. Putain ! Il n'avait pas échappé à cette horreur lui non plus, mais s'il est là, les autres aussi ? Kaya ne me laissera pas partir sans eux ! Cela ne fit que renforcer sa volonté à reprendre le contrôle et une douleur fulgurante me saisit. Je serrai ma tête entre mes mains, accroupie et haletante. Tant qu'on est pas sortis d'ici, tu la fermes et tu me laisses gérer ! Je la repoussai un peu plus loin dans notre esprit, la bloquant avec des chaînes mentales de mon cru, en espérant que ça suffise à la calmer quelque temps.

Elle faisait remonter la peur, l'inquiétude et toute la faiblesse qui allait avec. Même si tout ça m'était inaccessible, cela imprégnait chaque parcelle de mon corps, le gangrenant comme une vieille plaie qui pourrissait depuis le jour de notre arrivée. Cela me rendait hésitante, mais moi, ce qui me perturbait encore plus, c'était ce frisson qui couvrait chaque centimètre de notre corps. Ce n'est pas Tom.

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ModesteContesse
Posté le 07/04/2021
Petite question/remarque : "Je m'avançai dans un rai de lumière faisant fi de ses questions. Pas le temps pour ça. Devant nous, un gouffre plus noir" dans ce passage j'ai eu du mal à visualiser la scène ! Elle s'approche d'un rai de lumière... mais en fait c'est tout noir ? Ce n'est pas très logique, je crois que tu as sauté une étape ^^ Peut-être, précise que derrière le rai de lumière il y a une sorte de puits qui s'enfonce dans les profondeurs ? Parce que là on est un peu perdu ^^ J'ai dû relire plusieurs fois les phrases pour reconstituer les étapes des actions.

Sinon, j'ai beaucoup aimé le duel Kaya/Kali ! Je ne sais pas si j'ai le droit mais... bon ok je le dis quand même, voilà : je préfère Kali (oops) xD Les pensées de Kali, notamment par rapport à Kaya sont très intéressantes et effectivement, on comprend dès les premières lignes que ce n'est pas Kaya qui parle (le titre du chapitre aidant) et à la deuxième ligne on comprend tout de suite que c'est une seconde personnalité qui est née ! Je trouve l'idée extrêmement pertinente et bien exploitée pour l'instant !

Qui est ce Tom-qui-n'est-pas-Tom ? That is the question...
Sklaërenn
Posté le 07/04/2021
Oui, je comprend ce que tu veux dire. En fait dans le couloir, il y a un rai de lumière qui filtre du toit et en même temps cet espèce de puits très sombre. Je vais creuser de ce côté. Merci !

Moi aussi, j'aime beaucoup kali. Mais j'avoue que moi je l'aime autant que Kaya. Mais pour Kaya, c'est le côté maternel qui fait que j'ai un attachement particulier avec elle.

Ah ah, pour Tom qui n'est pas Tomal, la réponse dans la suite 😈
ModesteContesse
Posté le 07/04/2021
Ah oui d'accord, justement cette précision aurait été bienvenue dans le chapitre à ce moment-là ahah
Ah moi j'avoue avoir très peu d'attachement pour le côté maternel alors avec Kali je suis aux anges, je me sens chez moi xD

Je m'en doute ;) Je lis la suite prochainement !
Sklaërenn
Posté le 07/04/2021
Bah à la base, j'ai pas d'attachement comme ça, puis j'ai eu mon fils et bizarrement, je suis devenue beaucoup plus sensible à ce genre de texte 😅

D'accord 😊
ModesteContesse
Posté le 07/04/2021
Ah d'accord je comprends mieux le revirement dans ce cas 😅 Moi j'avoue que je ne peux pas réfléchir de la même manière : je ne veux pas d'enfant et je pense que je n'en aurai jamais ^^
Sklaërenn
Posté le 07/04/2021
Je n'en voulais pas à la base 😅 il s'est en quelque sorte imposer malgré nos précautions. ( pilule, capote + pilule du lendemain 😂) mais je ne regrette pas. Par contre, je n'aurais qu'un seul enfant. Clairement. Pour plein de raison. Et j'ai entrepris les démarches pour que ça aille en ce sens. Mais je comprends totalement ton ressenti.
ModesteContesse
Posté le 07/04/2021
Ahah dans ce cas je te souhaite du bonheur avec cet enfant qui restera ton seul enfant ! Donc le côté maternel de Kaya c'est un peu une partie de toi finalement ^^ Moi je suis très heureuse toute seule :)
Sklaërenn
Posté le 07/04/2021
Totalement ! Ça transpire même énormément dans le chapitre 1 dans les moments où elle est avec Jessee ahah.
ModesteContesse
Posté le 07/04/2021
Aaaah je vois ;) Voilà donc la petite étincelle de vraie vie qui a animé le personnage de Kaya ^^ Je trouve que chaque personnage a une petite parcelle de l'auteur en lui et je trouve amusant d'essayer de mettre le doigt dessus :)
Sklaërenn
Posté le 07/04/2021
Bah en fait cette histoire m'est venu d'un cauchemar qui me concernait personnellement. Outre 2.3 détails maintenant elle ne ressemble plus à l'histoire que j'avais vécu de base en cauchemar donc ( et heureusement ! ) et ça a tourner ainsi :) Clairement dans cette histoire, y'a plus qu'une parcelle de moi ahah.
ModesteContesse
Posté le 07/04/2021
Ah ! utiliser les rêves comme inspiration c'est toujours une bonne idée je trouve ;) Je vois je vois ^^
Sklaërenn
Posté le 07/04/2021
C'est la première fois et bizarrement ( ou pas du coup ahaha) c'est l'histoire la plus aboutie que j'ai écrite jusqu'à aujourd'hui. Et pour le coup, je ne ressens pas le besoin de la réécrire dès le chapitre 8 comme d'autre alors même que je n'ai pas fini d'écrire le 1er jet. C'est vraiment différent. Tempest, c'est vraiment devenu THE projet pour moi alors que je ne pensais pas que ça irait aussi loin ^^"
Belara
Posté le 24/01/2021
Que de rebondissements dans ce chapitre ! C’est vraiment intéressant cette bataille constante entre Kaya et Kali. Je ne me suis pas encore fait d’opinion sur la dernière mais il faut dire qu’elle a le mérite d’essayer de les sortir de cauchemars !
J’ai de gros doutes quant à leur évasion mais en tous cas, tu m’as tenue en haleine du premier au dernier mot :)
Sklaërenn
Posté le 24/01/2021
Aww je suis contente de lire ton message 😍! Dur dur de ne pas perdre quelqu'un entre kaya et kali. Ça me rassure que tu ai réussi à t'y retrouver.

C'est vrai que Kali n'a pas sa langue dans sa poche et essaye à sa manière de sauver Kaya. Quant à leur évasion, la réponse arrive dans le chapitre suivant !



Belara
Posté le 24/01/2021
Oui justement, je pense que le risque de ce genre de switch est de perdre le lecteur mais les personnalités sont tellement différentes qu’il n’y a aucun risque de méprise.
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