Chapitre 7 : Le Mépris - Ancienne version

— Tout va bien ? murmura Agrippine. Je peux aller redemander de l'eau. 

La jeune enfant se trouvait debout près de son siège curule, le front soucieux. Eskandar secoua la tête. Il ne voulait pas d'eau et, surtout, il ne voulait pas d'aide. Pas ici. Du bout des doigts, il frotta le visage d'un pan de sa toge pourpre, sans ignorer que cela ne ferait qu'aggraver la situation. Peu lui importait. Tout son corps s'était gonflé et sa peau lui semblait prête à éclater au contact de la moindre aiguille maniée d'un peu trop près. 

Ses yeux se trouvaient dans un état bien pire, rouges, veineux encore de larmes. Et ses lourdes paupières, déjà assombries par le labeur, se noircissaient des cernes de la nuit passée. Jusqu'à son coeur qui se délabrait, saisi par cette touchante fébrilité du chagrin. Son prochain souffle pourrait être le dernier, celui qui épuiserait cette pauvre chose qui battait en lui, que cela ne l'étonnerait pas. Pire, il en venait à souhaiter le soulagement de cette mort. La veille, après la fuite du Marionnettiste et les retrouvailles de Leukophaios, Eskandar s'était effondré. Son masque s'était effrité derrière la porte close de sa chambre. De poussière il redevenait poussière. Pas un seul de ses esclaves ne devait apercevoir ses larmes au risque que cet aveu de faiblesse de l'Incorruptible soit répandu dans Romazia, ou pire encore, porté aux oreilles de Farbod le Perse, son père. Alors, le juge avait sangloté en silence.

Dillia Messor était morte, et il l'avait tuée. Il avait ravagé par son incompétence la vie d'une innocente et les perspectives de bonheur de Germanicus. Pourquoi échouait-il sans cesse ? Pourtant, ce n'était pas bien compliqué, arrêter quelqu'un, le juger, l'exécuter, mais non. Occupé par sa détresse, le magistrat n'avait pas fermé l'oeil de la nuit. Il avait repassé chaque noeud, chaque carrefour de sa vie où, s'il avait fait les choses différemment, Germanicus aurait épousé Dillia. Dès que son esprit lui murmurait de s'apaiser, son coeur s'agitait à exciter la plaie, comme si le moindre repos était devenu synonyme de crime.

Épuisé, claquemuré derrière la honte de son effondrement, Eskandar pinçait les lèvres dans le tablinum de l'affranchi Lucullus. Heureusement, la consule Aspasie, drapée dans ses soieries blanches, faisait face pour deux devant le bureau où s'affaissait leur hôte. 

— Je vois, marmonna Lucullus. Vous êtes en effet dans une position bien délicate, chère consule.

Il gratta son crâne chauve, constellé de taches brunes qui se répandaient en-dessous de sa tunique. Son teint avait conservé le hâle du soleil et bien qu'il ne soit pas gros, toute sa peau s'effondrait en une multitude de rides prématurées, jusqu'à son ventre rebondi par la vieillesse. L'affranchi Lucullus faisait planer le mystère sur son âge, mais Eskandar savait qu'il était plus jeune que les apparences le laissaient à deviner. Une vie de labeur comme esclave auprès d'un maître cruel l'avait prématurément usé, même si sous sa tournure de vieillard se cachait une vigueur peu commune quand il s'agissait de l'appât du gain. Le bureau tout entier reflétait le mauvais goût de ce parvenu, qui comme chaque membre de cette caste méprisable, essayait d'imiter le raffinement des prétoriens sans y parvenir : cela revenait hélas à comparer une copie en plâtre bon marché à un véritable bronze héllène.

Les lampes suspendues luisaient d'or et de pierreries à la lueur du petit matin. Chaque meuble se trouvait affublé de motifs léonins incrustés d'ivoire et Eskandar pouvait sentir sous ses semelles le moelleux d'un tapis d'Orient. Même les murs attestaient de la volonté d'impressionner du propriétaire : on lisait sur les peintures le couronnement de Lucullus par le dieu Hercure, ainsi qu'une exagération de ses bienfaits sous la forme d'un cortège divin distribuant des cornes d'abondance à la populace. Dans le jardin, derrière la silhouette momifiée de l'affranchi et les rideaux doublés de soie, on entendait grogner quelque animal exotique tandis qu'au centre se prélassait paresseusement un étrange arbre aux longues feuilles aplaties qu'Eskandar supposa être un dattier, pour ce qu'il en jugeait depuis son siège. 

Lucullus piocha un morceau de fruit dans un plat en forme de balance où s'affichait son nom avec le poids en argent que représentait l'objet. Quand Eskandar aperçut cela, les yeux lui piquèrent, et il fut à deux doigts de verser une nouvelle larme. Comment pouvait-il être passé d'un dîner avec Leukophaios, Germanicus et Dillia la veille à fréquenter pareil individu ce matin ? 

Ah oui, se souvint-il, c'était parce qu'il avait échoué. 

De l'autre côté de la pièce, accoudé négligemment contre un buste du propriétaire en marbre, Orazio lui jeta un drôle de regard pétillant. Le prisonnier se trouvait bien trop à l'aise au goût d'Eskandar et il soupçonnait fort que cette visite chez Lucullus n'était pas sa première. Et les yeux rougis du juge ne devaient pas lui avoir échappé. Gêné, le magistrat croisa les doigts et se tourna vers Aspasie. 

— Si je récapitule, démarra Lucullus en jouant avec ses bagues, le sénateur Spurius a rejoint la coalition contre vous, consule Aspasie. Suite à la mort de sa fille survenue cette nuit. 

Aspasie soupira, les bras croisés. Le fard plaqué sur ses joues peinait à dissimuler les marques de la longue veille. Sa peau faisait granuleuse, presque plâtrée. Elle fixa le jardin et répondit, sans croiser le regard de son interlocuteur, perdue dans ses calculs : 

— S'il n'y avait que cela. La rumeur faisait écho des doutes du sénateur Spurius quant à ma capacité à honorer ma charge. On le disait prêt à me lâcher. On murmure aussi que Dillia est morte sur mon ordre, en représailles pour la trahison de son père. Et que le Marionnettiste est un innocent sur lequel je décharge ma culpabilité. 

— Est-ce le cas ? 

Face aux pépiements de la consule, Lucullus conservait un ton rauque et égal, comme si toutes ces considérations terrestres ne lui parvenaient que portées par un lointain écho. Aspasie ignora la question d'un élégant geste de la main.

— J'ai besoin de vous, reprit-elle. Eskandar va attraper le Marionnettiste avec les preuves qui attestent de sa culpabilité. Je m'occuperai de nettoyer mon nom à l'Urbs pendant son absence. 

Eskandar jeta un regard à Agrippine, sévère, et le front dur dans sa tunique grège d'enfant. Parfois, il se demandait ce que la petite pensait des innombrables voyages que son travail lui imposait : n'était-elle pas lasse d'une existence vagabonde ? Malgré le temps passé à ses côtés, l'être intime d'Agrippine lui échappait. Elle restait une énigme. Même son obstination à demeurer près de lui ne revêtait guère de sens. Ce n'était pas faute de lui avoir proposé des apprentissages auprès de forgerons ou de potiers, où son avenir aurait été préservé.

— Comme précisé dans mon courrier, poursuivait Aspasie, je sollicite votre invitée. 

— Oui, bien sûr, mon invitée. Il n'empêche, quelle fascinante histoire, que ce Marionnettiste... 

Le vieillard attrapa un calame sur son bureau et se mit à le frotter, songeur. Une brise chargée d'un parfum de fleurs monta depuis le jardin, gonflant la voilure des rideaux. 

— Excusez-moi, intervint soudain Orazio, j'ai quelque chose à dire...

Au moment où Eskandar tenta de l'interrompre, Aspasie lui jeta l'une de ses oeillades piquées de colère, capable de glacer les volcans. Le juge se tut de peur d'aggraver le courroux de sa supérieure : elle ne lui avait pas pardonné l'échec de cette nuit.

— ... Je vous entends dire "le" Marionnettiste, mais je l'ai vu, hier, moi. Et c'était une femme. C'est compliqué de suivre quelqu'un si déjà on fait erreur là-dessus.

— C'est un homme, grogna Eskandar. Je me répète, mais j'en suis certain. Je l'ai vu sans masque et je l'ai assez poursuivi pour savoir cela. 

Aspasie chassa l'intervention du bout des lèvres, à la manière d'une mouche quelque peu bruyante.

— Je rejoins Eskandar, Orazio. Je peux le confirmer aussi. Le sujet est clos. 

— Mais...

Le prisonnier récolta le même regard que le juge un instant plus tôt. Cela suffit à lui faire entendre que le temps accordé à ses impertinences venait de s'écouler : toute nouvelle tentative de relancer le sujet risquait de se finir en exécution anticipée. Il se renfrogna et, boudeur, commença à gratter la peinture derrière le socle du buste. 

Orazio portait encore les stigmates de la nuit. Sa peau se marbrait de vert, de nuances purpurines et de bleu sombre. Sa lèvre fendue semblait avoir éclaté d'elle-même, comme un fruit trop mûr. Il traînait également la patte, Eskandar l'avait remarqué quand Crassus avait amené le prisonnier. S'ils devaient repartir tous les deux sur les routes, il aurait mieux valu qu'il n'ait pas un os fracturé. Un chirurgien saurait peut-être les éclairer à ce sujet, Agrippine pouvait en faire mander pour l'examiner un sitôt ce rendez-vous terminé.

Eskandar songea avec une certaine mélancolie qu'il devrait peut-être un jour exécuter cet Orazio. Aspasie manquait cruellement de compassion pour ainsi le laisser apprendre à connaître quelqu'un dont elle lui demanderait la tête ensuite. Le juge ne possédait pas le sang-froid de la consule, elle l'oubliait souvent. Ou bien s'en moquait-elle. Eskandar penchait pour la seconde option. On ne grimpait pas à son poste par les bons sentiments.

Derrière le rideau qui les séparait de l'atrium, on se racla la gorge. 

— Qu'y a-t-il, Crassus ? fit Aspasie d'un ton sec. J'espère que c'est important. 

Le légionnaire leva le rideau, la bouche pincée et la mine sombre sous ses sourcils épais d'un pouce. Il se crispa face à la consule et salua l'affranchi d'un "Ave" froid, mais poli. Orazio se redressa, visiblement soudain intéressé par la tournure des événements. Un peu de poussière était tombée sur le sol, là où il avait gratté les peintures murales. Le juge ne dit rien lorsqu'il les dispersa du bout de sa sandale derrière le socle du buste. 

Car Crassus se dirigeait vers lui.

— Je viens pour toi, Eskandar. Germanicus Iuncinus l'attend dehors. Il souhaite te rencontrer au sujet de Dillia Messor. 

Eskandar eut soudain le coeur au bord des lèvres. Il se rembrunit de manière à garder son masque imperturbable en place et scruta Aspasie. Elle comprit et baissa la tête en guise d'assentiment. Il n'y avait guère besoin de mot. Elle le laissait gérer cette affaire. 

— Dis-lui que je suis occupé, jeta le magistrat avec froideur. Je le verrai plus tard.

— Qui est-ce ? demanda Lucullus de sa voix traînante. Un ami à vous ? Il peut entrer s'il le souhaite. 

— Ce n'est pas un ami. Crassus, congédie-le. Ce n'est pas le moment. 

Orazio haussa les sourcils, visiblement surpris, tandis qu'il pouvait sentir Agrippine se tendre à ses côtés. Crassus se crispa, une ombre voila son visage. Le commandant sembla sur le point de dire quelque chose, puis se ravisa. Il sortit dans un claquement de cape, laissant Eskandar nerveux et Lucullus visiblement songeur. 

L'affranchi se racla la gorge et reprit : 

— Au sujet de mon invitée...

Des éclats suivis d'exclamations l'interrompirent. On criait depuis la porte de la demeure, et le cliquetis des armes renforçait le dramatique de l'écho. 

— ESKANDAR ! hurla une voix familière. ESKANDAR ! 

Lucullus se mordit l'ongle et se redressa sur le plateau de marqueterie de son bureau. Visiblement, l'idée d'attirer le scandale jusqu'à son porche ne lui plaisait guère. Il frotta l'une des taches brunes sur son bras. Il devait hésiter à faire intervenir sa propre milice envers cet inopportun. 

Eskandar ne cilla pas. Son attitude devait demeurer de marbre. Face à Orazio dont le visage portait une question sur le sens de cette cruauté, il ne renvoya qu'un vide sans réponse. 

Au loin, Germanicus reprit ses exclamations. Sans doute Crassus tardait exprès à intervenir pour mieux faire durer le supplice du juge. Quelle mesquinerie, songea Eskandar. 

— POURQUOI ? TU AS TUÉ DILLIA ! POURQUOI TU L'AS LAISSÉE MOURIR ? 

Puis, avec le trémolo d'un sanglot dans la voix : 

— JE L'AIMAIS, CONNARD ! JE L'AIMAIS ET T'AS RIEN FAIT ! 

Enfin, plus rien. 

Eskandar ferma les paupières pour chercher dans l'obscurité quelque réconfort. Une nuit sans existence. Les prémices de la mort. Le repos, enfin.

— Effectivement, soupira Lucullus, si les gens commencent à tous réagir comme ce jeune homme, vous risquez de vous trouver dans une posture bien délicate, consule Aspasie. 

Il ajouta, picorant un raisin pioché dans son présentoir en argent :

— En tout cas, votre commandant est efficace. Pauvre jeune homme, un coeur brisé est une lourde peine à porter face au monde. "La majesté et l'amour n'habitent pas la même demeure" comme disait notre cher Ovide.

— Il s'agit d'un cas isolé, intervint Eskandar. Je tiens à vous rassurer, il ne représente pas la majeure partie du problème.

Sa manière à lui de limiter les dégâts vis-à-vis d'Aspasie. Déjà il observait chez la consule le renfoncement d'une ride de mauvais augure. La mort de Dillia, la fuite du Marionnettiste, et maintenant cela. Dans ce cocon ouvert sur la félicité du jardin intérieur, un air empoisonné de colère mal contenue se déversait. Quand le magistrat chercha à jauger la réaction d'Orazio, ce dernier se détourna, le front orageux. Seule Agrippine voulut bien déposer sa menotte chaude sur son épaule, en signe de réconfort. Elle seule savait. 

Non, Aspasie savait. 

Agrippine était plutôt la seule à le comprendre. À l'accepter.

Un esclave se glissa alors depuis l'embrasure du jardin pour murmurer quelques mots à l'oreille de Lucullus. Le vieillard branla du chef, la lippe pendante, et le renvoya dans un scintillement de bagues. 

— Notre invitée est là. Laissons ici nos histoires un instant. Puisque vous tenez à lui demander un service, accueillez-la comme il se doit. 

— Je peux me présenter seule, merci Lucullus. 

Tous se levèrent au son de la voix claire et limpide, un ton qui n'admettait guère de contestation. Une brise froufrouta les palmes du dattier et un instant, ce fut comme si l'on entendait résonner le bruissement des vagues. En un chuchotis de brocart mêlé au cliquetis des lourds bijoux d'or, l'invitée entra. Chacun courba légèrement la nuque, assez pour payer le respect dû à une reine, mais pas trop au risque de parjurer son allégeance à la glorieuse et immortelle Romazia. Seul Orazio conserva son maintien droit, remarqua Eskandar du coin de l'oeil. Sans doute ignorait-il à qui il avait affaire. 

— Reine Amelda, fit la consule d'une voix onctueuse, j'ose espérer que votre séjour ici se déroule au mieux. Vous me voyez navrée de guère avoir pu pour proposer un asile plus propice à votre repos.

La souveraine avança de ses bottes de cuir doublées de motifs d'aigle en fils d'argent.

— Relevez-vous. J'ai bien reçu votre missive, Aspasie. Juste après celle du juge Eskandar. 

La consulte tressaillit, puis parut se détendre. Eskandar fut ravie que la reine Amelda souligne ce point, mais n'en montra rien. Aspasie devait penser qu'il avait perdu la main, qu'il n'avait plus ses éternels coups d'avance après le fiasco de l'arrestation d'Orazio. Voici qui lui prouverait qu'Eskandar demeurait aussi affûté, capable d'anticiper la moindre de ses actions. Sans doute devait-elle s'en trouver rassurée, à observer la tension relâcher quelque peu ses épaules.

— Comme vous le savez, poursuivit la reine Amelda, je repars bientôt avec mes guerriers. Le départ a été arrêté pour demain. Nous allons rejoindre mon nouveau mari au Nord. 

Elle se tourna vers Eskandar, un fin sourire aux lèvres : 

— Vous êtes bien entendu les bienvenus dans notre convoi. C'est un honneur pour moi d'accueillir parmi les miens l'Incorruptible, fils de Farbod le Perse. Votre père est un grand homme jusque dans ma patrie. Vous serez à l'abri de vos ennemis parmi mon peuple. Je dois bien cela à Aspasie. 

Les yeux tombants de la souveraine s'éclairèrent d'un éclat amusé. Son visage long pendait sous ses tresses couleur paille. Malgré ses joues roses, le bleu de ses iris et le miel de sa chevelure, ses traits reflétaient une étrange mollesse qui la rendait quelconque, n'eût été le bandeau d'or serti de grenats qui ceignait son front étroit. Amelda évoquait par sa forme une goutte d'eau.

— L'honneur sera sur votre invité, glissa Lucullus. Je me permets également de recommander Orazio à votre protection. C'est un bon garçon, solide et fiable, il voyagera avec le juge. Je le connais depuis plusieurs années, il mange à ma table. Je me porte garant de son bon comportement, traitez-le bien. 

Eskandar fronça les sourcils tandis qu'Orazio lui adressait une vague grimace moqueuse. Ainsi donc son intuition s'avérait juste : Orazio et Lucullus se connaissaient, sans doute avaient-ils fait affaire avant l'arrestation du premier larron. Cela n'intéressait guère le juge. En revanche, Aspasie n'avait pas bronché. Comment pouvait-elle savoir qu'ils se fréquentaient ? La consulte lui cachait un secret d'envergure et le magistrat se promit de prendre le temps nécessaire pour découvrir la supercherie. Après tout, n'était-il pas la personne en qui elle avait le plus confiance au monde ? 

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Le Saltimbanque
Posté le 18/04/2022
Après Orazio, c'est maintenant Eskandar qui, excusez mon langage fleuri, en chie un max.

Une nouvelle dimension psychologique. Eskandar paraissait être un magistrat inflexible, voire sociopathe, mais il se flagelle tellement quant à la mort de Dillia qu'on dirait un problème psychologique plus important. J'en ai vu, des histoires d'enquête où les flics se sentent coupables de ne pas avoir pu empêcher telle ou telle mort... mais Eskandar pousse la culpabilité à un tel point qu'on dirait un martyr. Il y a un problème là-dessous.

Aussi... pourquoi on lui en veut à ce point à Eskandar ? D'accord pour l'accuser d'incompétence, mais c'est quand même celui qui se bouge le plus le cul à arrêter le tueur. Que Spurius et Germanicus lui en veuillent, d'accord, ils sont endeuillés... mais de là à rejoindre le camp adverse ou à gueuler dans la rue, j'ai du mal à y croire. Je percevais ton monde comme très violent, donc avec des personnages assez endurcis : la réaction de ces deux-là me parait excessive. Je pense que tout cela aurait fait plus de sens si Eskandar était plus directement responsable de la mort de Dillia, parce que là...

La description de la "reine", très bizarre, j'ai mal compris que c'était une reine d'une autre nation. Je pensais plus qu'elle venait juste d'une autre faction. Peut-être plus de précision aurait été mieux, une introduction plus fournie.

Et surtout (et là c'est TRES personnel), j'ai du mal avec ton tic d'écriture qui consiste à détailler le physique des personnages assez en retard. Ça me rappelle l'introduction d'Inare dans "Elle s'appelait Na" : un personnage débarque, fait forte impression, et pourtant tu détailles son physique plusieurs paragraphes après. Dans ma logique de lecteur, je considère qu'on est censé découvrir le physique au moment où les autre personnages le découvrent, comme si on était dans la scène avec eux.

Enfin, DERNIER défaut (promis, j'arrête), je suis très frustré que la discussion quant au Marionnettiste n'a pas pu aller plus loin. Je pense que c'était le moment parfait pour une discussion plus longue quant à la double identité du Marionnettiste, qu'est-ce qui est arrivé aux soldats à la porte, de plus amples détails quant à la réaction de l'Empereur, la conspiration de Pollonus... On est tout de suite interrompu par Germanicus, puis par Amelda, j'ai été déçu.
Le Saltimbanque
Posté le 18/04/2022
Bon, je me rend compte que mon commentaire est surtout négatif, alors que je trouve que le chap est excellent. Il y a plein de qualités que je n'ai pas mentionnées, et les voilà :
- l'affranchi Lucculus, ambigu, intéressant, son passé d'esclave le rend fascinant et aussi contribue à enrichir ton univers.
- les petites magouilles entre Aspasie et Eskandar. Je l'ai dit et je le redis, j'adore ce côté "intrigue de cour", et c'est très réussi ici.
- l'écriture, toujours aussi réussie, et pourtant plus fluide que les précédents chapitre je trouve. Je pourrais facilement faire un top 10 des passages que je trouve super bien écrits ici.
- la description physique d'Amelda. Trop tardive à mon gout, mais sinon très bonne.
- Agrippine et Eskandar, très touchant, et sans en faire trop. Je n'ai juste pas très bien compris le passage (pourtant très bien écrit) de "Non, Aspasie savait. Agrippine était plutôt la seule à le comprendre. À l'accepter." De quoi parle-t-il exactement ?
- la fin. Partir avec une reine barbare dans le nord, ça promet !

voili voilou
Nyubinette
Posté le 02/03/2022
Salut !

J'ai bien aimé ce chapitre. Il ne possède pas la même lourdeur que les autres. Et même s'il m'a moins projeter dans l'environnement, il apporte des éléments improtants et des questions qui me titillent le clique "suivant" :P

J'ai eu quelques difficultés pour comprendre par contre l'état dans lequel se trouvait Eskandar. La manière dont tu décris ses symtômes physiques me font penser à une pathologie, alors que j'ai l'impression que c'est juste la tristesse et l'abattement ? Ce gonflement parait presque excessif, est-ce qu'il a un soucis particulier ? Sinon, je trouve ça presque dommage, ça allourdi un peu et enlève de la fluidité alors que tu décris après parfaitement tout son état psychologique. Cet effondrement que tu dresses tout au long du chapitre (effondrement physqiue au début puis son effondrement social).

Le retournement de situation (enquêteur du marionnestiste à assassin) m'a vraiment surpris. J'ai dû louper des choses, car je ne le voyais pas venir qu'on puisse l'accuser d'être l'assassin de Dillia.

J'aime bien cette tension finale, ce questionnement par rapport à Aspasie : que sait-elle d'Ozario, quels sont ses liens. Ce personnage est intéressant, j'aimerai en apprendre plus sur cette consulte (consule ? ou les deux ? j'y connais rien en rome antique).

Encore merci du partage :D
Alice_Lath
Posté le 09/03/2022
Ouaaais, j'ai tendance à alléger mon style à mesure que j'avance dans une histoire haha :') une sorte de défaut que j'ai

Alors, je vais voir, mais pour l'effondrement d'Eskandar, je me suis appuyée sur mes effondrements à moi quand jsuis au bord du gouffre. Et ouais, je gonfle ptdr, le chagrin me rend bouffie. Mais je retaperai tout cela !

Disons qu'Eskandar est accusé de pas vraiment chercher à arrêter le Marionnettiste, à laisser traîner les choses, ce qui a abouti à cette mort

Consule, oui !

Merci à toi encore pour tes gentils mots et pour ta lecture <3 Du love sur toi
Louison-
Posté le 17/02/2022
Coucou :)

Très chouette chapitre, dans lequel la psychologie d'Eskandar est un peu plus développée. C'est sympa de le découvrir un peu plus vulnérable, et de voir que sous son masque de froideur, il y a un être sensible. Il faut dire qu'il a de lourdes responsabilités sur le dos et que, pour le moment, c'est plutôt un échec. Entre la mort de Dillia et le fait que le/la Marionnettiste a fui... On éprouve de la compassion pour lui :) Pitit mimi chouchou <3

Je rejoins l'avis de Jeannie au sujet des majuscules et du connard : enfin les majuscules me gênent moins peut-être que l'insulte que je trouvais étrange dans ton contexte, mais je sais pas :) D'une certaine manière ça crée aussi un peu de décalage, de surprise, donc à toi de voir ce que tu préfères ^^

Quant à l'arrivée de la reine Amelda, elle fait son petit effet hihi <3

Voili, toujours un plaisir de passer par chez toi.

Bisou à bientôt ! :-)
Alice_Lath
Posté le 19/02/2022
Je vais voir pour retravailler le passage de l'insulte dans ce cas, c'est bien noté haha

Et oui, Eskandar est plus complexe qu'il en a l'air, on est qu'au début de la découverte du perso, mais il en aurait du chemin à faire dans le cadre d'une thérapie contemporaine haha

Merci encore Louison et très très bon week-end à toi !
JeannieC.
Posté le 23/01/2022
Hey hey ! Me revoilà =D
Toujours un plaisir de passer par ici, et ce chapitre est particulièrement émouvant, tu as une super gestion des changements de tons d'un chapitre à l'autre, une excellente palette d'atmosphères.

Quelques chipotages :
>> "Du bout des doigts, il frotta le visage d'un pan de sa toge pourpre" Il ne manque pas un mot là ? "il se frotta le visage" ?
>> "saisi par cette touchante fébrilité du chagrin." Belle formule <3
>> "Les lampes suspendues luisaient d'or et de pierreries à la lueur du petit matin." Petite lourdeur, "luisaient / lueur"
>> JE L'AIMAIS, CONNARD ! > C'est peut-être personnel mais je ne suis pas hyper fan des lettres capitales dans un dialogue - ailleurs en fait que sur des inscriptions, dans de l'écrit ou éventuellement onomatopées. Et "connard" pour un contexte antiquisant, ça me fait un peu bizarre aussi.
>> "La consulte lui cachait un secret" > coquille ? "La consule" ?

Sinon, vraiment, un moment plein d'émotion. J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour Eskandar, que l'on découvre dans un de ces moments de fragilité qui font toute l'humanité des personnages <3 Sa douleur face à l'échec, ses doutes, sa culpabilité... Lucullus aussi est touchant, quand est évoqué son douloureux passé entre les mains d'un maître dur.
Belle entrée de la reine Amelda enfin, après une attente bien maîtrisée. Et cette dernière réplique, j'aime bien le "c'est un bon garçon" xD :3

A plus !
Alice_Lath
Posté le 30/01/2022
Coucou Jeannie,

Merci pour ton gentil com haha ! J'suis ravie que les changements de tons marchent <3
Je note pour les coquilles, je vais pouvoir repasser dessus

Oui, Eskandar est choupi quand il ne mord pas hahahaha... haha (c'est à dire, pas forcément très souvent, j'en conviens)

Merci pour tout encore et du love sur toi !
Hastur
Posté le 17/11/2021
Hello !

Ah ! C'est un tout autre visage d'Eskandar que l'on découvre dans ce chapitre. On rentre en empathie tout du long je trouve, grâce à ce nouveau contraste du personnage, qui nous permet de le voir autrement qu'en schtroumpf à lunettes ! :p

J'ai trouvé le sentiment d'attente très palpable pour l'invitée royale. Du coup son entrée en scène fonctionnait très bien !

Ah pauvre Germanicus :/ ...

Ah ah j'ai hâte de voir où tu vas nous emmener avec les deux compères en voyage :) !

A bientôt !
Hastur
Posté le 17/11/2021
Oh et j'oubliais, bon rétablissement ;).
Alice_Lath
Posté le 19/11/2021
Yoo ! Et merci pour le bon rétablissement haha, ça va mieux

Niiiice, tant mieux si la profondeur se dévoile un peu plus du coup haha, jsuis ravie que l'effet marche
Et Amelda, DA QUEEN ! Il lui fallait des paillettes et du Britney Spears, mais faute de la bonne époque, j'ai fait avec les moyens du bord
Ouais, Germanicus, c'est tout pote trop pipou qui prend tout...
Ravie de t'embarquer dans leurs bagages en tout cas et au plaisir !
Edouard PArle
Posté le 12/10/2021
Coucou !
Un chapitre intéressant pour développer la psychologie d'Eskandar qui ne m'avait pas trop tapé dans l'œil jusqu'ici. J'aime bien la culpabilité qui l'habite après la mort de Dilia. Sa relation avec Aggripine est aussi assez cool.
"C'est un bon garçon, solide et fiable, il voyagera avec le juge. Je le connais depuis plusieurs années, il mange à ma table. Je me porte garant de son bon comportement, traitez-le bien. " Ca m'a fait sourire ^^
Une petite remarque :
"Ah oui, se souvint-il, c'était parce qu'il avait échoué." je mettrai' "c'est parce que j'ai échoué" (ah oui marque d'oral donc c'est logique d'utiliser "je" après.) Ou bien : il se souvint que c'était parce qu'il ...
Toujours un plaisir de te lire,
A bientôt !
Alice_Lath
Posté le 12/10/2021
Hello Edouard ! Tant mieux si ça te permet de raccrocher un peu avec les deux zouaves d'Eskandar et d'Agrippine, c'est vrai qu'avec l'action, les pauvres étaient un peu passés à la trappe hahaha
Qui te dit que Lucullus a pas une définition autre d'un bon comportement hahaha ? Bon, okay, effectivement, niveau fiabilité, on repassera peut-être
Je note pour ta remarque, je vais méditer là-dessus, c'est un bon point !
Merci pour ton passage encore et pour tes gentils coms qui motivent !
Edouard PArle
Posté le 12/10/2021
"Merci pour ton passage encore et pour tes gentils coms qui motivent !" Tant mieux s'ils sont utiles (= Autant lier l'utile à l'agréable.
Bonne soirée et bon courage pour tes prochains chapitres (=
Vous lisez