Chapitre 7 : Ça se mange, le renard ?

Notes de l’auteur : Nouveau chapitre du mercredi, merci beaucoup pour votre lecture

Na fut absente du lycée jusqu'au week-end et pas moyen pour les trois amis d'aller à la bergerie afin de tenter d'obtenir des informations, malgré la proposition de Mehdi. En effet, Claude se déplaçait tous les jours en Deux-Chevaux pour retirer les devoirs à rattraper à l'accueil du lycée et les évitait autant que possible. 

 

Officiellement, la Sorcière était malade et était rentrée chez elle pendant l'alerte incendie. L'équipe éducative pesta et Valentine ainsi que Camille eurent le plaisir de rejoindre Amadeus en colle le samedi suivant pour avoir menti sur le fait que leur amie ait été évacuée. En effet, difficile d'expliquer pourquoi Na s'était évaporée alors qu'elles avaient garanti aux enseignants que la nouvelle se trouvait dans le groupe d'élèves. 

 

Évidemment, tous les trois subirent des remontrances supplémentaires. Madame Labaky priva son fils de jeux vidéo pour une semaine, le père de Camille l'obligea à ranger le garage avec lui tout le dimanche et les parents de Valentine retournèrent sa chambre à la recherche d'alcool, ou de cigarettes, ou d'une preuve que leur fille virait délinquante.

 

Le lundi suivant, après un week-end plus qu'éprouvant, ils se retrouvèrent dans un coin de la récré, près des toilettes, la mine basse. Lorsqu'ils aperçurent un éclat de soie vert pomme, surmonté d'un chapeau à voilette, ils ne parvinrent pas à feindre l'enthousiasme. Malgré toute leur inquiétude envers leur nouvelle amie, la punition leur restait encore en travers la gorge. 

 

D'ailleurs, Na elle-même n'en menait pas large. Une fois devant eux, elle baissa la tête, concentrée sur le serpent des rubans de ses chaussures. À la voir si mal à l'aise, Amadeus n'en éprouva qu'un surcroît de rancune. Lui aussi était triste et il lui en voulait de réveiller sa sympathie pour elle, avec son air défait. Il avait envie de lui jeter les reproches au visage et en même temps lui dire que tout était pardonné, juste pour la revoir sourire à nouveau. 

 

— Inare est rentré à votre Village ? demanda-t-il simplement. C'est bon ?

 

Na tritura l'ourlet en dentelle de ses manches, embêtée. Puis, elle montra le toit du lycée.

 

— Claude l'a chargé de me surveiller, murmura-t-elle. Pour éviter que je me mette en danger. 

 

Effectivement, quand Amadeus plissa les yeux vers le ciel plombé par la grisaille, il remarqua Inare juste derrière la rambarde. Le garçon-renard attrapa son regard au vol et lui répondit avec un majeur bien appliqué. Il redisparut ensuite vers le centre de la plateforme, où il ne pourrait pas être vu des élèves en pause. 

 

— Charmant, commenta Camille avec froideur. Mais pas autant que celle qui laisse ses amis dans la merde.

 

— Et surtout sans une explication, bougonna Valentine. Qu'au moins on sache pourquoi. Amadeus nous a dit que l'ancien surveillant, c'était ton frère, et qu'il était sur le toit d'en face lors de l'histoire avec Inare. Mais si c'est ton frère, pourquoi il te fuit ?

 

Na se laissa tomber à leur côté dans un soupir. 

 

Devant eux se pressait la marée d'enfants en manteaux noirs. Quelques couleurs perçaient de temps à autre, mais la majorité arborait une grisaille déjà adulte. La plupart des lycéens discutaient en petit cercle. Ils attendaient tout simplement que quelque chose arrive, comme l'agriculteur guetterait le ciel dans l'espoir d'y voir poindre la pluie. 

 

Certains se jetaient des coups d'oeil en biais, d'autres ricanaient ou s'esclaffaient franchement. Une jeune adolescente pleurait la dispute avec son amie, sans savoir qu'elle rirait plus tard de ces larmes pour un garçon.

 

Puis il y avait aussi les solitaires, engoncés dans des parkas trop petites. Ils se dispersaient aux points cardinaux avec leurs livres et marmonnaient parfois des idées à voix basse. Il n'aurait plus manqué qu'un pentacle pour que ces esprits songeurs invoquent Satan.

 

Amadeus grimaça quand passa devant eux un groupe qui parlait fort. Ils avaient les cheveux soyeux, mais surtout un sourire incroyable, qui leur mangeait la moitié du visage. Leurs yeux se plissaient en éclat rieur alors qu'ils se pensaient beaux sans même songer à la splendeur de leur jeunesse. 

 

Na n'avait toujours pas répondu. Ses phalanges blanchissaient contre son jupon. Amadeus fut tenté de lui dire que ce n'était pas grave et qu'elle n'avait pas à se justifier, mais la Sorcière le prit de court. 

 

— Très bien, capitula-t-elle. Je ne voulais pas vous le dire, mais je vous dois bien ça. C'est vrai que la semaine dernière, je n'ai pas pu intervenir lorsque Mehdi m'a embarquée de force.

 

La neige avait d'ailleurs fondu sur le béton. Désormais, elle n'était plus que mare d'eau glacée. Ses bruines humides s'infiltraient dans le moindre interstice des chaussures des enfants et gelaient leurs orteils. Amadeus lui-même commençait aussi à avoir froid. 

 

— Suihei est venu vivre chez mes oncles, débuta-t-elle, mais pour une raison que j'ignore. Je pensais à ce moment qu'il voulait juste mettre un peu de distance avec la famille. Prendre l'air quoi. 

 

Camille hocha la tête avec gravité pendant que Valentine se mordillait la lèvre, son truc quand elle réfléchissait. 

 

— Il est venu ici, poursuivit Na, puis a trouvé un emploi comme surveillant dans cet établissement. Il y est resté trois mois puis, du jour au lendemain, Claude reçoit un appel du lycée : Suihei ne s'est pas présenté. Ils l'ont cherché, ils l'ont attendu, mais rien. Et à chaque fois qu'ils pensaient l'apercevoir, la silhouette s'envolait avant qu'ils ne puissent l'atteindre. 

 

— Tes parents ont dit quoi ? fit Amadeus. Puis, si ça se trouve, il a été enlevé. Ou peut-être même pire.

 

Il couina lorsque Valentin le punit pour son manque de tact en lui tirant sur un poil de bras. Cela ne parut nullement perturber la narratrice. Cette dernière balançait son sac avec la régularité d'un navire parti sillonner ses propres souvenirs. 

 

— Je suis venue ici une première fois avec mes parents pour le chercher, dit Na avec les yeux dans le vague. Puis, ma scolarité devait se poursuivre, alors ils ont renoncé et ont laissé les forces de la Rotonde mener l'enquête. Surtout que nous avons des preuves à ce sujet. Nous savons qu'il a dû devenir fou après avoir foutu en l'air son existence de la pire manière pour un Sorcier. 

 

— C'est quoi ? s'inquiéta Valentine. Le Souhait dont vous aviez parlé à la bergerie ? 

 

— Oui, glissa Na. Le Dernier Souhait.

 

Elle replia les jambes contre son torse. La Sorcière cala son dos contre le mur de béton humide, de manière à se dissimuler, davantage de sa mauvaise conscience que du regard extérieur.

 

— Un Sorcier peut faire un unique souhait égoïste, poursuivit-elle à voix basse. La Nature ne peut être forcée qu'une seule fois, après la confiance est brisée. Le pacte est rompu et le Sorcier en est définitivement exclu.

 

— Quel rapport avec ton frère ? demanda Camille. Tu penses qu'il aurait fait une chose pareille ?

 

Amadeus ne dit rien. À la place, il se remémora les images qu'il avait conservées du passage de Suihei au lycée. C'était un grand type taiseux, pas spécialement apprécié des élèves et qui appliquait toujours le règlement à la lettre. Autrement dit, pas le genre de personne qu'il aurait imaginé poursuivi par une quelconque justice. 

 

L'adolescent tira son cahier de sciences de son sac, non pas pour consulter ses notes, mais pour feuilleter ses pages. Quelque part, il était certain de s'être essayé au portrait du surveillant pendant une heure de permanence longue et peu palpitante. 

 

Il ne lui fut que quelques secondes pour retrouver l'oeil perçant du Suihei qu'il connaissait.
 

Maintenant qu'il fixait les traits au critérium, esquissés dans une marge, il voyait davantage la ressemblance avec Na. Pourtant, si le frère avait les traits fins, le visage rond de la jeune fille n'avait pas éveillé d'échos chez lui de prime abord. L'air de famille ne ressortait à présent que parce qu'on l'avait mis sur la piste pour le chercher, sans quoi il n'aurait peut-être jamais fait le rapprochement. 

 

— C'est lui ? fit-il en tendant le cahier à Na. J'ai fait ça rapidement, mais au moins, on sera sûrs. 

 

La Sorcière fronça les sourcils avant d'acquiescer d'un geste de la tête. Aucun mot ne pouvait exprimer le trouble qui brouilla son visage alors qu'elle revoyait son frère. 

 

Ensuite, le cahier fut passé à Camille et Valentine, toujours dans un silence de mort. 

 

Amadeus aimait le critérium pour les traits acérés que le crayon lui permettait. Ses pommettes de Suihei saillaient autour de ses petits yeux perçants. À ce moment, il se laissait pousser les cheveux jusqu'aux épaules et Amadeus s'était échiné à rendre la lueur un peu grasse de sa mèche de devant. 

 

Le tout n'avait qu'une vague ressemblance avec la réalité objective et pourtant capturait l'essence de ce frère malconnu. D'ailleurs, Na tendit les mains pour récupérer le cahier après que Valentine l'eût examiné et ne le rendit à Amadeus qu'après de longues minutes à redessiner dans sa tête le visage de son frère bien-aimé. 

 

L'adolescent fixa le contour trouble de ses pupilles alors qu'elle observait sans voir le croquis. À la place dansaient devant ses yeux les fantômes heureux de goûter dans les bois et la couleur sombre des mûres d'automne sur les lèvres lors des concours de cueillettes annuels. Bien sûr, les lycéens ne savaient rien de tout cela, mais Amadeus en devinait le bonheur simple à la manière qu'avait Na de rembobiner encore et encore la boîte à musique des mélodies de son enfance.

 

— Très bien, fit Camille à Na. Maintenant qu'on sait que c'est bien lui, et qu'il a perdu tous ses pouvoirs, pourquoi tu peux pas le retrouver ? Par exemple avec Amaterasu ou en demandant à la nature ?

 

Valentine voulut intervenir et embraya sur un : 

 

— Peut-être que...

 

Mais Na la coupa aussitôt. 

 

— Car la Nature n'écoute pas les souhaits égoïstes tout d'abord, s'expliqua la Sorcière. Ensuite, je ne pense pas qu'il ait fait le Dernier Souhait. Parce que tu as raison sur ce point : il est impossible à localiser. Et s'il était devenu un humain ordinaire, il n'aurait pu échapper à la Rotonde. Je pense donc que le pacte est toujours maintenu dans son cas. Cette histoire de Dernier Souhait n'est qu'une rumeur. 

 

Personne n'osa rien ajouter, principalement car les trois humains n'avaient aucune idée de quoi répondre. Après tout, aucun d'entre eux n'avait le moindre contact avec les Esprits, en dehors d'Amaterasu lorsque ce dernier était de bonne humeur. Autrement dit, pas très souvent.

 

La cloche sonna et chacun retourna en classe, la tête semblable à une ruche de pensées. Des abeilles d'hypothèses bourdonnaient à leurs oreilles, et dans le cas d'Amadeus, ce dernier regarda Na s'éloigner avec l'impression qu'il n'avait pas été à la hauteur en tant qu'ami.

 

Pour cette amertume sur sa langue, il aurait voulu pleurer. 

 

Il se contenta de baisser la tête et de dessiner des sorcières heureuses sur son cahier de sciences tout le reste de la matinée. 

 

Ce furent ses ex-voto à Na.

 

Puis les jours passèrent en paquet pour s'agglutiner en semaines. Peu à peu, Na semblait oublier l'apparition de son frère, même si une barre soucieuse fissurait son front en permanence, même quand elle riait. Amadeus dessinait plus que jamais, toujours des yeux en amande perdus sur un visage de Lune couleur ambrée. Camille et Valentine étaient celles qui s'essayaient à maintenir une dynamique optimiste à leur petit groupe. Sans trop de succès, il fallait l'avouer, et l'ombre d'Inare sur le toit n'améliorait en rien leur bonne volonté. 

 

D'ailleurs, plus d'une fois Valentine suggéra d'investir dans des pistolets à bille pour mitrailler le Sorcier, comme un pigeon indésirable. Na ne dit pas non, Amadeus se proposa de financer le projet et Camille dût y mettre la holà. Malgré tout, le fait de cette surveillance constante à chacune de leurs pauses pesait sur leur inconscient. 

 

Les punitions furent levées et tous les trois reprirent leurs entraînements. Le trio d'humain se retrouvait au foot et Amadeus et Camille allaient voir Valentine à la boxe, à l'escrime ou au kendo. Après tout, puisque leur amie voulait devenir une guerrière accomplie, autant l'encourager.

 

De même, les chutes de neige se firent de plus en plus fréquentes. Bientôt, tous les jardins et toitures s'emmitouflèrent d'un manteau blanc permanent et les élèves marchaient avec précaution le matin sur les trottoirs gelés. Les jours se raccourcissaient. Désormais, ils quittaient leur domicile dans le silence de la nuit pour ne revenir qu'au clair de Lune. 

 

Malgré tout, cette période n'avait pas de que des inconvénients. Après tout, chez les Labaky on avait sorti la poudre de chocolat et Amadeus était autorisé à prendre un grand bol de chocolat chaud brûlant pour le goûter. À la bergerie, Mehdi s'était plongé davantage encore dans la pâtisserie et Na leur rapportait régulièrement des biscuits de Noël enveloppés dans des bandes de tissu. 

 

C'était une période paisible, qui sentait les sucreries, les confidences enroulés dans des couettes et offrait l'occasion de voler des plateaux à la cantine afin de dévaler les pentes sur ces simulacres de luge une fois la cloche sonnée. 

 

Mais toujours aucune trace de Suihei. 

 

— Amadeus ! s'exclama Valentine. Je suis là !

 

Heureusement pour eux, le football était maintenu. Sous les projecteurs aveuglants, Amadeus serra les dents et tira dans le ballon en direction de son amie. L'onde de choc remonta dans les muscles de ses jambes et les sortit de leur tétanie. Une grimace de douleur lui échappa. Il se remit aussitôt à courir. 

 

L'entraîneur surveillait en effet ses élèves depuis le banc de touche et le lycéen préférait éviter les séries de pompe dans le froid.

 

D'ailleurs, dans les cages, Camille étirait ses triceps histoire de ne pas trop se refroidir. Elle avait été la première des trois à s'inscrire au foot, par curiosité avant tout puis avait converti ses deux amis. 

 

Depuis, Valentine faisait la fierté de l'entraîneur malgré son peu de temps de présence, avec ses compétitions de sports de combat. Amadeus de son côté n'avait jamais vraiment tissé de lien avec lui, mais appréciait regarder les matchs et surtout affronter ses amies.

 

Après un moment, un long coup de sifflet perça la couverture de la nuit. 

 

— C'est fini, annonça l'entraîneur. Allez vous changer et surveillez vos messages pour le match de la semaine prochaine. 

 

Dans le même temps, il tapait des mains, engoncé dans une doudoune rectangulaire qui lui tombait aux genoux. 

 

— Cyril, poursuivit-il, tu viens me voir. Pour tous les autres, bonne soirée à vous et on se retrouve dans deux jours. 

 

Ses élèves ne demandèrent pas leur reste. Les plots et chasubles furent récoltés et remisés en un temps record. Les longues jambes grêles d'adolescent coururent en direction du bâtiment afin de récupérer leurs sacs. La plupart se changeraient chez eux plutôt que de se mettre à nu dans les salles carrelées où coulissait un courant d'air glacé. 

 

Le trio se dirigea vers leur arrêt de bus après avoir salué leurs amis, dont la plupart habitaient à Piquelles.

 

Ils se retrouvèrent dans la structure de verre, à grelotter au gré de la bise. Camille et Valentine vivaient toutes les deux dans un village situé à l'opposé de Sainte-Marie du Calvaire, mais par un coup de chance, leurs deux lignes de bus passaient toutes les deux par la gare centrale de Piquelles. 

 

Autour d'eux, la neige avait cessé de tomber. Il régnait un silence de mort à peine troublé par le bruit de voitures au loin. Parfois, un résident tirait péniblement une poubelle dans la rue, mais la vie s'était retranchée derrière les murs chauffés. 

 

Tous les trois restèrent cois. Ils n'avaient rien à dire, juste envie d'une douche chaude et d'un repas. De temps à autre, Amadeus s'asseyait sur le banc avant de se relever quand le métal froid griffait ses cuisses. Il passait devant la haie mal en point derrière, celle qui menait à un bâtiment administratif régional, puis retournait s'appuyer contre une paroi de l'abribus pour mieux échapper au vent. 

 

Aucune trace de Na, que Claude et Mehdi avaient interdit d'assister aux entraînements de football en semaine pour des raisons de sécurité. La Sorcière avait capitulé, de toute façon peu encline à les regarder jouer pendant plus d'une heure, seule dans des gradins humides. 

 

— Y'a un truc qui a bougé, trancha soudain Valentine d'une voix rauque. Vous avez entendu ? 

 

Camille haussa un sourcil et essuya le verre de ses lunettes à l'aide de son pull, histoire d'enlever un peu de sueur qui y avait perlé. Amadeus ne broncha pas. Il hésitait plutôt entre demander des pâtes à la bolognaise ou des pâtes au pesto pour son dîner et ne voyait aucune issue à ce dilemme cornélien. 

 

— Tu deviens folle, souffla Camille après plusieurs secondes. C'est le vent. 

 

Sauf que cette fois, un crissement résonna distinctement derrière eux. Amadeus se tourna aussitôt vers la haie. Camille recula d'un pas tandis que Valentine s'approcha. 

 

— C'est sans doute un animal, fit-elle pour rassurer ses amis. Ça sent la fourrure mouillée. Peut-être un lapin. 

 

Elle fit glisser la lanière de son sac de sport. Il tomba sur le béton en un bruit métallique, avec la gourde à l'intérieur. Tout en douceur, elle s'approcha des feuillages cristallisés par la neige. Ses doigts les frôlèrent avec précaution et des flocons perlèrent sur ses gants. 

 

Puis, lorsqu'elle passa la tête, Valentine laissa échapper un cri de frayeur.

 

— Qu'est-ce qu'il se passe ? réagit aussitôt Amadeus en s'approchant à son tour. Tout va bien ? 

 

— Il n'y a pas d'ours ou de loups à Piquelles, se rassura Camille à voix basse. Il n'y a pas de danger. C'est forcément un écureuil. 

 

Un regard d'Amadeus suffit à lui faire comprendre qu'ils se trouvaient désormais tous les trois dans un problème infiniment plus compliqué qu'un simple écureuil errant. 

 

L'ombre s'épaississait autour de leur trouvaille et Valentine se pencha à nouveau pour évaluer les dégâts.

 

— Merde, jura Amadeus, merde, merde, merde. Camille ? Viens voir. Et tu appelles Claude et Mehdi.

 

Cette dernière tressaillit et s'approcha à son tour de la haie. Une fois qu'elle aperçut la source du trouble, elle blêmit et recula de quelques pas avant de se cogner contre la baie vitrée de l'abribus. 

 

Ils étaient trois, dans la neige, dans la nuit, mais surtout dans une galère sans nom. Amadeus aurait voulu avoir peur, mais le choc était si grand qu'il ne parvenait même pas à se sentir terrifié. Juste un esprit blanc, sans pensée. 

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Le Saltimbanque
Posté le 06/02/2021
oooooooooooh tu ne peux pas finir comme ça !!!!!! Qu'est-ce qu'il y a derrière cette maudite haie ?

Mon hypothèse va vers un cadavre. Parce que je suis d'une humeur assez bonne en ce moment.

Encore une fois, très bon chapitre. Je dirais pas qu'il se passe vraiment grand chose en soi, mais c'est là que réside la grande qualité du chapitre. C'est une période de (relatif) calme dans la vie des protagonistes. Le temps passe plutôt tranquillement, la vie continue, et c'est ma foi assez bien rendu.

Voire les retombées du chapitre précédent, puis le retour et les explications de Na, le comportement maintenant bien plus prudent de Claude et Mehdi, la surveillance d'Inare, l'hiver... tout cela rend le monde ici assez crédible, vivant. J'étais vraiment plongé dans le truc.

Tu mets plein de détails, mais tout parait très fluide. Je mentionne surtout la description de la cour de récré, très vivante, très drôle, ou encore les différents punitions des protagonistes.
Aussi plein de personnages gagnent des petites "caractéristiques" assez sympas qui me permettent d'en apprendre plus. Valentine est la méga-sportive, Camille est la plus raisonnée et mature du groupe, Amadeus est un DIEU du dessin à la mémoire quasi-photographique (j'étais sûr que dessiner des hentaï allait servir plus tard).

Je n'ai pas grand chose à te reprocher. Pour chipoter, je dirais peut-être qu'il y a des fois TROP de détails. Par exemple, la description de la cour de récré est un poil trop longue (en plus elle vient au milieu d'un dialogue, donc j'étais un peu "bon, c'est bien joli tout ce décor, mais je veux continuer la discussion moi !"), et je ne comprends pas pourquoi tu fais mentionner à ton prof "Cyril, vient ici." Je pensais que Cyril allait être important, mais non. Pourquoi le mentionner ?

OMG PARCE QUE C'EST SON CADAVRE QU'ON RETROUVE, C'EST ÇA ???

Enfin voilà. C'est toujours du bon. Continue, et voili voilou
Alice_Lath
Posté le 09/02/2021
Je note bien tes retours, ça va être méga cool pour les corrections haha, j'ai hâte de boucler la réécriture pour m'y mettre et voir le résultat post-correcs !
Pour le cadavre, qui sait hahaha c'est vrai que j'aime bien les morts
Bref, merci encore pour tes retours et ton soutien, ça me chauffe vraiment de ouf pour continuer à taffer dessus
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