Chapitre 7

Le corps d’Imes s’était engourdi. Sa conscience flottait, dépourvue de point d’ancrage. Un vertige terrible le saisit. Il contemplait un abysse, et c’était son âme tout entière qui basculait dedans.

Au-delà de l’effondrement de son univers, le temps continuait de s’écouler.

— … sais que c’est tôt, disait Laomeht à Cléodine, secouant la tête d’un air navré. Mais j’ai fait les calculs, Maman. J’ai déjà effectué plus de sorties que toi pendant toute ta vie. J’ai condensé une carrière entière en quelques milliers de jours. Pas mal, non ?

Il tenta un sourire maladroit, mais cela ne dissipa pas la stupéfaction qui avait saisi l’assemblée. De mémoire d’hôte, jamais un chasseur n’avait annoncé prendre sa retraite aussi jeune sans avoir souffert une blessure majeure. Seul Sidon resplendissait, au comble du bonheur. Le grand vide lui avait pris sa femme et son fils aîné, et voilà qu’il les avait tous deux libérés de ses chaînes. C’était tout ce qu’il voyait.

Natesa vint au secours de Laomeht.

— Il n’aurait pas pu suivre un tel rythme éternellement. C’est viable pour un jeune homme, pas pour un père de famille.

Sidon acquiesça avec enthousiasme. Il s’interrompit lorsque Cléodine le foudroya du regard, livide. L’estomac d’Imes se retourna. Il dut ravaler la bile brûlante qui lui monta à la gorge. Peiné par l’échange de leurs parents, Laomeht murmura le nom de sa fiancée. Il ne réfuta pas pour autant ses mots.

Il n’était pas en désaccord avec elle. Bien sûr que non. Toute son enfance, il avait constaté de ses propres yeux ce qu’une autre décision aurait pu lui coûter.

Natesa l’ignora. Elle paraissait s’adresser exclusivement à Jebellan. Elle dressa le menton vers le chasseur, son ton plein de défi.

— Je refuse d’attendre le jour où il perdra un membre pour qu’il réalise qu’il n’a plus la résistance de son adolescence. Ce n’est pas faute de t’avoir prévenu qu’il était temps que tu deviennes raisonnable. Tu n’écoutes jamais rien.

En effet, Jebellan ne donna aucun signe qu’il l’avait entendue. Son attention était rivée à son partenaire. Son visage était figé en un masque de rage et de trahison. Laomeht osa croiser son regard, mais ne put le soutenir.

— Tu n’étais même pas fichu de me le dire en face, dit Jebellan. Je ne sais pas pourquoi je suis surpris. Tu es le pire couard que j’ai jamais rencontré.

— Tu as un sacré culot ! explosa Natesa. Comme si tu l’aurais écouté…

Elle voulut s’interposer lorsqu’il s’avança, mais Jebellan écarta sa silhouette menue d’un revers de la main.

— Jebellan, allez… Pas devant tout le monde, le pria Laomeht avec un sourire tremblant.

— Ça te plairait que je ne fasse pas d’esclandre, hein ? Tu t’imagines que je n’ai pas compris que c’est exactement pour ça que tu as organisé tout ce cirque ? Oh oui, tu m’as bien eu ! s’écria Jebellan, la couleur montant à ses joues. Devant un charognard, ça c’est sûr, tu en imposes, mais quand quelque chose ne se passe pas comme tu veux dans ta vie, tu préfères mettre des œillères et te persuader que rien n’est de ta faute. Tu me traînes jusqu’à Port Ouest et tu m’abandonnes entre le fromage et le dessert, et moi je suis censé fermer ma gueule bien gentiment ? Tu te fous de moi ?

Natesa se mit à vociférer à son tour et Sidon tenta de s’insérer entre les deux chasseurs, murmurant des incitations au calme que personne n’entendit sous les cris. Laomeht secouait la tête sans oser regarder quiconque dans les yeux. Il ouvrait et refermait la bouche sans qu’aucune parole se décide à franchir ses lèvres.

Tout tournait autour d’Imes. La cacophonie résonnait entre les parois de son crâne, dissolvant ses pensées et jusqu’à son identité.

N’y tenant plus, il se leva brusquement. Sa chaise se renversa sur la terre battue de la cour.

Orelle sursauta et tourna un regard catastrophé vers lui. Elle parut sur le point de dire quelque chose, mais Imes s’éloignait déjà. Personne d’autre ne remarqua son départ.

 

La membrane palpitait comme un cœur. Aussi régulière qu’un métronome, lente comme la respiration d’un géant, elle hypnotisait l’esprit. Face à elle, le temps s’effaçait. La frénésie du quotidien disparaissait. L’éternité se déroulait, tranquille et sereine.

Un bruit de pas dans le couloir tira Imes de sa transe. Il ignorait depuis combien de temps il se tenait là. Ses yeux le brûlaient d’être restés trop longtemps ouverts sans ciller.

Il aurait préféré ne pas se réveiller. Il voulait retrouver ce vide en lui, cet endroit où plus rien n’avait d’importance, où il ne ressentait rien. La réalité faisait bien trop mal.

— Ah, c’est là que tu étais !

Kriis.

Elle pénétra dans la salle du sas et alla fureter du côté de la table. Les bacs étaient à nouveau pleins, remarqua scrupuleusement un coin de l’esprit d’Imes. Il y avait eu une sortie.

— J’aurais dû m’en douter. Tu aimes bien traîner par ici. Mais ça fait longtemps que tu es là ? L’équipe précédente m’a dit qu’ils ne t’avaient pas vu arriver. J’ai voulu t’appeler, tu sais, pour vérifier que tu ne serais pas en retard après ton repas de famille, mais tu n’as pas répondu.

Il avait laissé Pan à la ferme. La réalisation mit un temps à le frapper. Le chucret l’avait cherché à l’appel de Kriis et ne l’avait pas trouvé. Il devait être complètement affolé.

La culpabilité le poignarda. Le reste de la torpeur qui l’habitait se déchira comme un voile. La crue de ses émotions se rua hors de son lit.

— Imes ? s’écria Kriis lorsqu’elle aperçut les larmes qui dévalèrent ses joues.

D’abord incrédule, elle se reprit et se précipita pour claquer la porte. Imes tomba à genoux. Des sanglots déchirants lui secouèrent le corps. Kriis se jeta au sol près de lui et l’entoura de ses bras. Il enfouit son visage dans son épaule.

— Je ne peux plus… balbutia-t-il. C’est trop… Je ne peux pas…

Kriis le berça en murmurant des paroles sans queue ni tête. Vic se lova sur les cuisses d’Imes et se frotta contre son estomac. Il plongea ses mains dans la fourrure douce.

Des questions sans réponse fusaient en lui comme des escarbilles. Il n’avait pas le temps de les déchiffrer avant qu’elles s’éteignent, avalées par l’obscurité. Leur langage lui était inconnu. Il ne se reconnaissait plus. Cette personne qui pleurait ainsi comme un enfant, ça ne pouvait pas être lui. Le chaos l’engloutissait. Il se noyait. Seule la sensation des doigts de Kriis caressant patiemment ses cheveux lui rappelait de respirer.

Les mots jaillirent. Il eut à peine conscience de les prononcer.

— Je ne me suis jamais plaint. J’ai toujours fait ce que j’avais à faire, même quand ça me déchirait en deux. Mais est-ce que c’est mal de vouloir être heureux ? Juste un peu ?

Kriis le serra plus fort.

— Oh, Imes, non. Non, non, tu as le droit d’être heureux. Tu as le droit d’être égoïste, de temps en temps. Je voudrais tellement que tu sois plus égoïste.

Imes ferma les yeux. Aujourd’hui, il avait envie d’être égoïste.

— Je veux être un chasseur.

Kriis s’écarta pour croiser son regard. Ses yeux s’étaient écarquillés.

— J’aurais dû naître chasseur, dit encore Imes.

Les mots avaient un pouvoir, une force. Retenus prisonniers si longtemps dans sa poitrine, leur libération était presque une violence. Sa voix enfla.

— Toute ma vie, c’est tout ce que j’ai voulu. Fermier, armurier, quelle importance ? Quelle importance si je ne peux pas être là-bas, dehors, dans le grand vide ? Je dois me contenter de ces rebuts de sensation, de cette liberté de seconde main, arrachés au compte-goutte à un autre. Et lui… il abandonne ? Il en a assez, alors il jette ça à la poubelle. Juste comme ça. Je donnerais tout pour être à sa place, et lui il…

Il se plia en deux, le visage enfoui dans ses mains, pour ravaler un cri d’agonie.

— Ce n’est pas suffisant que je sois défectueux ? Il fallait qu’il me reprenne ça aussi ?

Kriis empoigna sa tunique à pleines mains. Ses yeux à elle aussi débordaient soudain de larmes. Ses lèvres tremblaient.

— Tu n’es pas défectueux, dit-elle sauvagement. Ni toi ni moi ne sommes défectueux. Ne dis plus jamais ça, Imes !

Elle jeta ses bras autour de son cou et l’étreignit.

— Pourquoi est-ce que tu ne me l’as jamais dit, espèce d’imbécile ? sanglota-t-elle.

Il ferma les yeux et se laissa aller contre elle. Les larmes coulaient librement sur son visage. Il avait si mal qu’il aurait pu en mourir, mais le fardeau était plus léger ainsi. Partagé avec cette personne qui comprenait intimement ce qu’il vivait, il devenait presque supportable. Pourquoi ne le lui avait-il jamais dit ? Il était incapable de s’en souvenir.

Ils restèrent un long moment ainsi, prostrés sur le sol froid. Leurs larmes finirent par se tarir, mais ils ne bougèrent pas tout de suite. Ils ne dirent rien non plus. Il n’y avait rien à dire. Au-delà de cette pièce, les personnes qu’ils étaient réellement étaient des impossibilités. La robe de Kriis ne suffisait pas à changer ce qu’elle était aux yeux des autres. Quant à Imes, même s’il choisissait de se déclarer chasseur, jamais personne ne le laisserait endosser ce rôle.

Parfois, Imes détestait l’hôte.

Il tressaillit. Ce n’était pas la première fois qu’il avait cette pensée, mais elle ne manquait jamais de l’horrifier.

On toqua au battant.

— Il y a quelqu’un ? demanda la voix hésitante de Dala, étonnée de trouver porte close.

— Ah ! Une seconde, une seconde !

Kriis bondit sur ses pieds. Elle s’empara de l’un des bacs et le glissa dans l’entrebâillement. Il y eut une courte conversation à laquelle Imes ne trouva pas la force de prêter attention. Il caressa machinalement Vic. La douleur avait cessé de hurler en lui. Elle n’était plus qu’une pulsation sourde, engourdie par ce vide qui suivait toujours après une longue séance de pleurs.

Il releva la tête lorsqu’il entendit la porte se refermer. Pas étonnant que Dala ne se soit pas laissé congédier facilement : Kriis avait les yeux rouges et enflés. L’apparence d’Imes ne devait pas être beaucoup plus reluisante.

Comme si elle avait lu dans ses pensées, elle dit avec un pauvre rire :

— Regarde-nous ! On a l’air fins.

Imes se releva avec difficulté. Il ne savait pas combien de temps ils étaient restés là, mais ses jambes s’étaient assoupies.

— Quelle heure est-il ? murmura-t-il.

Elle secoua la tête.

— Honnêtement, on n’est pas en état de travailler.

Imes marqua une pause, mais dut se ranger à son avis. Jamais il ne parviendrait à se concentrer aujourd’hui.

— J’ai dit à Dala qu’on prenait tous les deux notre journée.

Il grimaça. Cette absence soudaine ne ferait rien pour restaurer le peu de confiance que leurs collègues avaient en lui grâce à ses retards à répétition. Cela ne réussit qu’à le faire se sentir plus lamentable encore. Il était si occupé à se prendre pour ce qu’il n’était pas qu’il ne parvenait même pas à remplir son véritable rôle. Pathétique.

Kriis récupéra Vic et sourit.

— Allez, viens. Je te raccompagne à la ferme.

Imes se raidit. Il n’avait aucune envie de retourner là-bas.

Il le fallait, pourtant. Il devait retrouver Pan. Et puis, il ne pouvait pas découcher.

Dans le chaos qui avait suivi l’annonce de Laomeht, personne ne se serait inquiété de sa disparition. Sidon devait s’imaginer qu’il avait été appelé au hangar ; il devait être bien trop euphorique pour songer un seul instant que quelque chose n’allait pas dans son monde devenu parfait. Mais s’il ne le trouvait pas dans la grange demain matin, il finirait par s’en apercevoir. Malgré son épuisement émotionnel, Imes ne voulait pas être celui qui crèverait la bulle de bonheur dans laquelle nageait son père.

Il acquiesça sans mot dire. Il ne protesta pas non plus lorsque Kriis prit sa main dans la sienne. Ils quittèrent la salle du sas et traversèrent le hall sans faire de bruit, peu disposés à attirer l’attention des résidents de la salle d’entretien.

Même une fois dehors, Kriis ne le lâcha pas. Ils devaient ressembler à un jeune couple à marcher ainsi, épaule contre épaule, main dans la main. Imes supposa qu’on les vît et que l’histoire ferait bientôt le tour du village, mais il ne pouvait pas en être sûr. Ses yeux étaient rivés à ses chaussures. De toute façon, leurs absences conjointes au hangar suffiraient déjà assez bien à lancer le moulin à ragots.

La lumière de la voûte céleste avait commencé à baisser, les ombres se fondaient les unes dans les autres. Ils dépassèrent les dernières maisons et entamèrent l’ascension des collines. Dans son hébètement, Imes n’avait pas pris le temps d’atteler Plume. Il était venu à pied. Il en fut soulagé. Cela rallongeait d’autant le trajet, et puis la marche était plaisante. La brise du soir rafraîchissait son front brûlant. Le chant des temides s’éleva des hautes herbes, meublant le silence.

Un trille aigu retentit soudain. Pan dévalait le chemin de toute la vitesse de ses petites jambes. Imes sépara sa main moite de celle de Kriis et se baissa pour le réceptionner. Le chucret lui envoya des impressions confuses d’absence et de peur.

— Je suis désolé, pauvre vieux.

Pan accrocha ses petites pattes à son col et tira avec insistance. Soupirant, Imes le laissa se faufiler dans sa tunique et noua ses bras autour de sa taille pour qu’il ne tombe pas. C’était une habitude que Pan avait acquise lorsqu’il était petit et dont Imes avait eu beaucoup de mal à le défaire, mais si cela pouvait l’aider à se faire pardonner…

— Ça m’en rappelle, des souvenirs, dit Kriis, les yeux pétillants. À une époque, mes cousins t’appelaient « Imes au gros ventre ».

Imes exprima d’un regard ce que ce trait d’esprit lui inspirait. Elle riait toujours lorsqu’ils parvinrent en vue de la ferme.

Les pas d’Imes ralentirent et s’immobilisèrent. Jebellan et Viviabel gravissaient le chemin dans leur direction.

Sa poitrine se contracta douloureusement. Vu la scène qu’il avait laissée derrière lui à son départ, il pensait qu’ils auraient vidé les lieux plusieurs heures auparavant. Kriis tira discrètement sur sa manche. Suivant son exemple, il se remit en marche en prétextant l’indifférence.

Quelle que soit la raison pour laquelle Jebellan s’était attardé à la ferme, ce n’était pas pour se réconcilier avec Laomeht. Son visage exprimait toujours le même orage brut. Le vent porta les mots que Viviabel lui adressait jusqu’à leurs oreilles.

— … sais que tu t’entendais bien avec lui, mais ce n’est pas la fin du monde. D’accord, il t’a fait une crasse. La belle affaire. Ça se saurait si on pouvait faire confiance aux gens.

Kriis cilla, surprise par tant de cynisme.

— Qui est-ce ? murmura-t-elle.

Imes haussa les épaules. Il n’avait pas la réponse qu’elle cherchait. Si elle était de la famille de Jebellan, elle ne lui ressemblait pas. Si c’était une amante, elle n’en avait pas l’attitude. Mais elle paraissait si naturellement morose que ses mots ne l’étonnèrent pas.

— Et que proposes-tu que je fasse ? gronda Jebellan. Que je retourne dans un plus grand port seul ? Ou avec toi, peut-être ? À dos de loron, je perdrais des jours de voyage.

— Port Ouest n’est pas non plus le fin fond de la cambrousse. Tu dois bien pouvoir trouver un nouveau partenaire ici, quitte à ce que ce soit un partenaire temporaire.

À cet instant, elle leva les yeux et les aperçut. Kriis la salua d’un geste de la main amical. À retardement, Imes se rendit compte qu’il tenait toujours son « gros ventre » remuant. Il soupira. Il était vain d’espérer encore garder sa dignité face à Jebellan.

— Tiens, lui, par exemple.

Il fallut à Imes un laps de temps absurde pour réaliser que c’était lui que Viviabel désignait.

Il s’arrêta brusquement. Kriis et Jebellan l’imitèrent.

Imes attendit, le cœur battant, que quelqu’un informe Viviabel qu’elle se trompait. Il n’était pas un chasseur. Kriis ouvrit la bouche, tourna un regard écarquillé vers Imes, la referma. Parce qu’elle était son amie, elle était aussi incapable que lui de prononcer ces mots.

Une colère irrationnelle se mit à enfler en Imes. Que faisait Jebellan ? Pourquoi les laissait-il tous plantés là, dans ce silence maladroit qui n’avait aucun sens ? Le chasseur fixait sa compagne comme s’il ne l’avait jamais vue. N’avait-elle pas le droit de faire une bête erreur ?

— Quoi ? finit par aboyer Viviabel, sa patience épuisée par leur attitude à tous les trois.

— Imes n’est pas un chasseur, dit lentement Jebellan.

Les entrailles d’Imes choisirent de s’émouvoir de l’entendre prononcer son nom pour la première fois. Il souffla, excédé. Bien sûr que Jebellan se souvenait de son nom. Laomeht avait dû lui rebattre les oreilles avec ses histoires de famille depuis leur rencontre.

— Évidemment que c’en est un, déclara Viviabel, avec toute l’assurance de quelqu’un annonçant la couleur du ciel.

Cette fois, Imes vacilla comme si elle l’avait giflé. Il dut pâlir mortellement, car Kriis le saisit vivement par l’épaule.

— Non, grinça-t-il d’une voix rouillée. Je n’en suis vraiment pas un.

Ses bras se relâchèrent. Sentant son malaise, Pan accrocha ses minuscules griffes dans sa tunique et pointa sa tête par le col.

Viviabel tourna un regard noir vers Imes, puis vers Jebellan.

— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Je sais encore reconnaître un chasseur quand j’en vois un. Je croyais que j’avais plus que fait mes preuves, dit-elle sans parvenir à tout à fait masquer que le scepticisme de son compagnon la blessait. Quand je dis quelque chose, j’ai raison. J’ai toujours raison.

Elle croisa les bras sur sa poitrine, les défiant de la contredire.

Une information remonta dans la mémoire d’Imes comme une bulle de savon : Viviabel était une prêtresse.

Mais un prêtre avait généralement besoin de plus qu’un simple coup d’œil pour identifier la caste des gens avec qui il interagissait. N’est-ce pas ?

Imes ne savait plus, tout à coup. Il réalisa qu’il n’avait jamais assisté à la cérémonie de caste d’un nouveau-né.

Jebellan le dévisagea. Imes ne parvint pas à lire son expression, mais elle lui donna la nausée.

— Elle n’a pas tort, dit-il. Elle ne se trompe jamais.

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MbuTseTsefly
Posté le 26/12/2020
Même si on sait depuis le premier chapitre qu'Imes voudrait être chasseur, il l'exprime à peine que la solution arrive - pour moi ça va un peu vite. Finalement, plus besoin pour Imes de se rebeller contre son système de caste, il aspire à ce qu'il est. Je trouve aussi un peu dommage de passer cette occasion d'y parvenir par ses propres moyens, sans être désigné. En revanche, on ouvre sur une partie différente du roman - on va j'imagine aussi aller dans le vide et observer comment Imes s'y prend avec Jebellan.

La scientifique m'intéresse aussi beaucoup - elle pourrait faire changer pas mal de choses par sa curiosité.
Dragonwing
Posté le 08/01/2021
Je t'ai répondu dans le chapitre 5 au sujet du système de castes, mais tu as raison que ça va un peu vite, ici. La pauvre Kriis ne doit plus savoir sur quel pied danser. XD
Cléo
Posté le 22/11/2020
Ah ben enfin quelqu'un qui a le cerveau d'allumé ! Merci Viviabel !

Plus sérieusement, tu maîtrises vraiment bien les émotions de tes personnages et comment les transmettre. Ce moment de communion entre les "défectueux" était vraiment fort et touchant. Dans mes textes, j'essaie également de passer le temps qu'il faut sur les émois de mes personnages, et je dois admettre que je suis admirative de ton travail sur ce point, et notamment dans ce chapitre.

J'aime toujours autant l'amitié inconditionnelle entre Imes et Kriis. Et puis toujours attendrie par les chucrets. Je lis ça avec un minuscule chat noir sur les genoux, c'est assez immersif ^^

Je me demande également à quoi ressemble effectivement une cérémonie de caste d'un nouveau-né. Si ça se trouve les prêtres ont des quotas à remplir et ils font un peu au pif genre : "ah celui-là est robuste, il sera cultivateur, voilà voilà!".
Dragonwing
Posté le 04/12/2020
Merci ! Les scènes émotionnelles comme celle-là sont vraiment très complexes à écrire, je trouve. Ça me demande toujours une immersion de fou, et même si c'est très satisfaisant d'en voir le bout en sentant qu'on y a mis toute ses tripes, c'est aussi épuisant.

En vrai, je n'ai pas la moindre idée d'à quoi ressemble une cérémonie de caste xD (autrice fainéante, bouuuh) mais la très grande majorité des prêtres fait leur taff sérieusement, hein. Ils n'ont pas besoin de se soucier de quotas vu que c'est l'hôte qui les remplit tout seul. :p
Eryn
Posté le 15/11/2020
Je ne sais pas pourquoi, j’imagine les chucrets un peu comme la bestiole dans Nausicaa de la vallée du vent…
Haha cette pincée de jalousie… qu’on connaît tous…
Je me demande un peu pourquoi Imes s’inquiète tant de la réaction de tous, est-ce si mal vu que ça de stopper sa carrière ? Ce n’est pas comme si il ne pouvait rien faire d’autre de sa vie ? À moins qu’il soit par la suite considéré comme une sorte de paria parce qu’il a changé de profession ?
Ah j’adore la réaction de Jebellan ! Il ne l’avait pas vu venir, c’est pas cool pour lui de lui balancer ça sans l’avoir prévenu… Jebellan se sent juste trahi ou bien il y a autre chose ? Ou alors c’est juste qu’il est véner de ne pas l’avoir su avant les autres… Mais en même temps, ça laisse la place pour Imes…

«  Tu n’es pas défectueux, dit-elle sauvagement. Ni toi ni moi ne sommes défectueux. Ne dis plus jamais ça, Imes !
— Pourquoi est-ce que tu ne me l’as jamais dit, espèce d’imbécile ? Sanglota-t-elle »
Encore une fois, j’ai le sentiment que quelque chose m’échappe : défectueux fait allusion au fait qu’il « n’a pas ce qu’il faut » pour devenir chasseur ? // OK, la réponse est juste après !
"Tu dois bien pouvoir trouver un nouveau partenaire ici, quitte à ce que ce soit un partenaire temporaire." = Oui ouii oui ouiiiiii !!
Bah c’est quoi cette histoire ? Il y a eu une erreur de caste pour Imes ? Bon on s’en fout, faut qu’il aille avec jebellan !!
Eryn
Posté le 15/11/2020
Ah oui et moi aussi j'ai capté qu'Imes semble attiré par Jebellan, qui lui de son côté n'a pas forcément l'air de quelqu'un qui laisse facilement les gens entrer dans sa "bulle"... Alors ça me donne vraiment envie de connaître la suite, pour savoir ce qui va se passer entre eux... :-D
Dragonwing
Posté le 15/11/2020
La bestiole de Nausicaa, pourquoi pas ! Je les imagine plus ronds et duveteux, mais comme ça c'est mignon aussi. Et oui, Jebellan n'apprécie pas du tout de se faire lâcher par son collègue comme ça, entre le fromage et le dessert. ^^
VavaOmete
Posté le 11/10/2020
Oh pu... cet ascensceur émotionnel !
C'est une habitude de faire des chapitres qui agitent autant ton lectorat ?? =D

Le passage où Imes explose... ça m'a prise aux tripes. On sent tellement, tellement sa souffrance... ça m'a rappelé l'adolescence et les moments où j'ai souffert de la même façon. Cette partie est juste géniale, pile entre la douleur, l'explosion et parfaitement sans pathos excessif ni misérabilisme. Du bonheur !
Et la fin... la fin !
Qu'est ce que kwaaaaaaaaaa???? Imes a changé de caaaaste ,???
Dragonwing
Posté le 13/10/2020
Ben écoute, quitte à publier chapitre par chapitre, hein... XD
Merci beaucoup pour ton retour sur cette scène, c'est vraiment important pour moi qu'elle fonctionne !
LauLCas
Posté le 03/10/2020
La colère de Jebellan m'a un peu surprise pour être honnête. Je ne sais pas ce qu'il se cache derrière sa relation avec Laomeht mais on dirati qu'il y'a beaucoup de non-dits.

Le moment entre Imes et Kriis où Imes dit enfin ce qu'il veut vraiment été très bien retranscrit ! J'avais mal au coeur pour Imes.

Je l'aime bien cette Viviabel XD. Elle nous fait avancer l'intrigue dans la bonne direction en un dialogue, yeah ! Bravo !
Dragonwing
Posté le 04/10/2020
C'est vrai qu'il y a un passif entre Jebellan et Laomeht (ce n'est pas la première fois que la personnalité de Laomeht lui fait des coups un peu douteux), mais là il a quand même fait très fort. Imagine : ton collègue te traîne à l'autre bout de l'Europe et démissionne sans prévenir (alors qu'il savait depuis des semaines qu'il allait te lâcher), t'abandonnant dans un trou paumé sans voiture. Tu en penserais quoi ? ^^;

Je suis contente que Viviabel plaise, tiens !
JuneZero
Posté le 26/09/2020
Ooooooooooooooooooooooooooooooooooh oui oui oui oui !
Allez Imes, tu le mérites ! Tu le mérites tellement ! Et avec Jebellan qui plus est <3
Par contre le début du chapitre m'a fait pleurer. Maintenant ça va mieux. C'est fou le niveau d'empathie c'est très rare que je m'attache autant à des personnages... mais ils sont tellement vivants, ton univers est tellement maîtrisé !
JuneZero
Posté le 26/09/2020
Attends, pourquoi je peux pas cliquer sur suivant ??? ahaaaarg je veux pas attennnnnnnnnnnnnnnnndre o_o
Dragonwing
Posté le 27/09/2020
Tu me vois navrée de te faire patienter. XD En tout cas merci beaucoup, ça m'a fait très plaisir de voir cette déferlante de commentaires arriver ces derniers jours. Je me sens un peu coupable de t'avoir fait pleurer dans ce chapitre, quand même... mais soyons honnête, j'ai pleuré en l'écrivant. i_i La suite jeudi, promis !
Dodonosaure
Posté le 17/09/2020
Saisi ta chance Imes !
Cette Viviabel me rappelle quelqu'un... J'en connais bien une autre qui a 'toujours' raison.

Y aurait-il une concession faite à la naissance d'Imes, pour protéger un père de la solitude ? (Ce n'est qu'une hypothèse mais...)
Dragonwing
Posté le 27/09/2020
Qui donc, Dinu ? Ah, c'est donc pour ça que Viviabel n'est pas contente, j'ai oublié d'en faire une déesse...
Dodonosaure
Posté le 27/09/2020
Tu as manqué à tous tes devoirs !

Je crois surtout que j'aime ce genre de personnage, un peu fonceur, qui met les pieds dans le plat sans délicatesse et l'air confiant du "mes pieds sont exactement là où ils doivent être".
Viviabel m'a apporté une satisfaction immédiate rien qu'à lire ses quelques répliques. Je croise les doigts pour en découvrir plus à son sujet dans les prochains chapitres.
Après la tristesse d'Imes, et Kriis qui semble être aussi incertain que lui quant à sa place dans cet univers, ces deux-là m'ont bouleversée. L'arrivée de Viviabel...
Les montagnes russes ! C'est exactement ce que tu as fait subir à mon petit coeur tendre.
Dragonwing
Posté le 04/10/2020
Ooh, bon à savoir ! Je suis contente que Viviabel ait un tel succès, ça fait plaisir pour elle.
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