Chapitre 6 – Un arbre de légende

Par jubibby

Édouard et la voleuse s’enfoncèrent dans la forêt en suivant la route qui quittait Castelonde. La jeune femme avait proposé de le guider jusqu’à Chênevert, la deuxième plus grosse ville de la région située au sud du palais royal. Le prince avait immédiatement accepté, sachant qu’il n’aurait aucun mal à y trouver des gardes pour le ramener ensuite auprès de son père. Il faudrait une journée de marche et une halte pour la nuit aux deux jeunes gens pour atteindre les portes de la cité. À n’en pas douter, les soldats de son père seraient bientôt prévenus de sa fuite et se mettraient à sa recherche : les villages avoisinants et la forêt seraient fouillés en premier. Mais Édouard disposait d’un peu d’avance qu’il comptait bien mettre à profit. Pour la première fois de sa vie, il avait du temps pour n’être que lui, Édouard, loin du palais et de ses obligations. Bien plus de temps qu’il n’en aurait espéré.

Ses yeux se tournèrent vers celle qui l’accompagnait et il ne put s’empêcher de l’observer. Elle se tenait sur sa gauche, son sac en bandoulière en travers du dos, le regard fixe et impassible. Elle semblait savoir exactement ce qu’elle faisait, contrairement à Édouard qui était en terrain inconnu. Que pourrait-il apprendre d’elle ? Il devait trouver un moyen d’entamer la conversation, si possible d’une meilleure manière qu’il ne l’avait fait après l’avoir heurtée dans la ruelle. Soudain, il eut une idée.

– Je me rends compte que je ne connais pas même votre nom.

La voleuse se tourna vers lui, surprise. Elle portait sur lui toujours ce même regard à la fois curieux et méfiant. Elle sembla s’ouvrir un peu et sourit.

– Emma. Et comment dois-je appeler le fugitif qui m’accompagne à travers ces bois ?

– Édouard.

Emma étouffa un rire.

– Qu’y a-t-il donc de si drôle à se prénommer ainsi ?

Elle reprit son sérieux.

– Rien, si ce n’est que j’aurais pu m’en douter. Je crois que tous les hommes de votre âge doivent se prénommer ainsi.

Édouard sourit. Il était vrai que nombre de petits garçons avaient reçu le même prénom que lui après sa naissance. Cela avait été une façon pour le peuple de célébrer la venue au monde de ce nouvel héritier à la couronne et de remercier le roi et la reine pour leurs efforts dans la reconstruction du royaume. Édouard, toutefois, avait été le premier à recevoir ce nom. Il sourit un peu plus en songeant que la jeune femme ignorait qui il était.

– Vous avez raison. Mais j’ai l’impression que vous auriez pu vous aussi vous nommer ainsi si vous n’aviez été une femme.

– Impossible, non. Je suis née peu de temps avant la Grande Guerre. Je suis donc l’aînée de tous ces jeunes Édouard. Vous compris.

Elle lui adressa un fugace sourire avant de reprendre son sérieux et de revêtir une nouvelle fois son masque d’impassibilité. Ils continuèrent d’avancer ainsi, dans le silence. Édouard ne comprenait pas la voleuse qui lui souriait tantôt et se refermait l’instant suivant. Avait-il dit quelque chose qui aurait pu la contrarier ? Non, ils n’avaient fait qu’échanger des banalités, il ne pouvait pas l’avoir blessée. Peut-être n’aimait-elle tout simplement pas parler ? Il espérait que non, ou la journée risquait d’être bien plus longue qu’il ne l’avait imaginé.

Le soudain silence fit prendre conscience à Édouard à quel point il était harassé. Sa nuit blanche et la course dans les ruelles de Castelonde l’avaient épuisé en dépit du petit déjeuner qu’il avait avalé à la taverne. Son corps était à la peine mais son esprit, lui, était plus éveillé que jamais. Attentif au moindre son, à la moindre odeur, au moindre rayon de soleil qui transperçait la frondaison des arbres, il se sentait vivant.

Quelques mètres plus loin, il vit Emma ralentir le pas et regarder tout autour d’eux. Édouard s’arrêta à son niveau tandis que la voleuse s’approchait du sous-bois. Elle passa la main sur le tronc d’un arbre qui avait l’air d’avoir souffert lors des précédentes saisons. Ses branches étaient frêles, son écorce arrachée par endroit et il était le seul dont les feuilles n’étaient pas réapparues.

– Nous y sommes, il est temps de quitter la route. Suivez-moi.

Elle s’exécuta sur ces paroles, traversant le sous-bois et disparaissant derrière les premiers troncs. Regardant à son tour autour de lui, Édouard la suivit avant de l’interpeller.

– Attendez ! Ne devrions-nous pas continuer de suivre la route ?

– Si vous souhaitez vous faire arrêter par les gardes, c’est sans nul doute le meilleur chemin à emprunter, répondit-elle. Je connais un raccourci, un sentier qui n’est plus emprunté depuis très longtemps. Nous y serons tranquilles et il nous mènera à Chênevert demain matin.

Édouard devait se rendre à l’évidence : la voleuse semblait savoir de quoi elle parlait. Il pouvait soit la suivre, soit rebrousser chemin. Il avait cependant renoncé à cette éventualité en acceptant qu’elle le guide à travers la forêt : il était temps de lui faire confiance, au moins pour cela. Il lui adressa un signe de tête et la rejoignit dans les bosquets. Ils serpentèrent entre les arbres quelques moments avant que ceux-ci ne s’écartent peu à peu, laissant place à un sentier à peine visible qui semblait venir du sud de Castelonde. Emma paraissait dire vrai en affirmant que ce chemin n’était plus emprunté : les abords n’avaient pas été nettoyés et le humus recouvrait le sol en quantité. Personne n’était passé par là depuis bien avant l’hiver.

Édouard profita de ces instants précieux, de cette quasi solitude en plein air : chaque respiration était l’occasion pour lui de s’emplir de toutes les senteurs de la forêt ; chaque bruit lui rappelait qu’il y avait une vie dans ces lieux. Il sentait la légère brise qui agitait la frondaison des arbres, tournait la tête au moindre son. Peu à peu, un sourire se dessina sur ses lèvres. Il se sentait libre. Plus libre qu’il ne l’avait jamais été.

– Vous étiez enfermé au palais de Castelonde, c’est bien cela ?

Le prince réprima un soudain sursaut en entendant cette question. Emma s’était exprimée sans détours, comme elle l’avait toujours fait jusqu’à lors. Elle ne s’embarrassait pas d’une formule de politesse, elle ne cherchait pas à le ménager dans ses paroles et, par-dessus tout, elle s’adressait à lui avec une familiarité à laquelle seul Charles l’avait habitué. Cela ne le dérangeait nullement, bien au contraire, mais ce malentendu sur le palais dont il se serait enfui le mettait mal à l’aise. Si le château de Castelonde avait bien été désigné sous le terme de palais au temps où la famille royale y régnait, qui pouvait bien appeler l’édifice de cette manière maintenant ? Lever ce malentendu ne semblait toutefois pas être une très bonne idée : la voleuse aurait tôt fait de faire le lien entre un jeune homme répondant au nom d’Édouard et le prince qui résidait dans le palais perdu au milieu de la forêt.

Il finit par acquiescer, espérant que la jeune femme n’ait pas remarqué son moment d’hésitation.

– On dirait que vous y avez passé plus de temps que vous ne semblez le dire.

Édouard soupira : Emma semblait ne se douter de rien. Mais une fois encore, elle avait misé dans le mille. Des années. Voilà des années qu’il n’était pas sorti de l’enceinte du palais, qu’il y était resté cloîtré sur ordre de son père. L’amertume qu’il avait développée pendant tout ce temps, était-ce ce que pouvaient ressentir des prisonniers enfermés dans une geôle ?

– Trop longtemps, c’est certain. J’avais oublié ce que c’était que se balader librement dans la nature.

– Je crois que c’est ce qui me tuerait. Être enfermée, précisa-t-elle. La liberté de pouvoir se déplacer où bon nous semble, c’est mon bien le plus précieux.

– Vous voyagez toujours seule, n’est-ce-pas ?

La jeune femme acquiesça.

– Cela ne vous manque-t-il pas parfois ?

– Quoi donc ?

– De la compagnie. Quelqu’un à qui parler.

Elle sembla hésiter. Son masque d’impassibilité se craquela, laissant entrevoir une certaine fragilité. Aurait-il sans le vouloir touché un point sensible ?

– Vous pourriez croire qu’une vie de vagabonde vous empêche d’être seule : vous rencontrez davantage de monde en vous déplaçant qu’en restant toute votre vie au même endroit. Mais au bout du compte, c’est vous qui finissez toujours par quitter les autres et qui vous retrouvez seul à la fin de la journée. Alors à quoi bon tisser des liens si c’est pour les rompre ensuite ? À quoi bon rechercher de la compagnie quand on n’est pas prêt soi-même à en offrir ?

Édouard observa la jeune femme. Elle se tenait droite, regardait devant elle en sachant exactement où elle allait, sans un regard en arrière. Elle dégageait une certaine assurance et, pourtant, il sentait un vide derrière cette apparence. Il se demanda alors quelle image il renvoyait de lui-même. Il avait passé les sept dernières années enfermé au palais, à côtoyer du matin au soir les mêmes personnes. Certains, comme Charles, s’étaient peut-être rapprochés de lui mais se sentait-il moins seul pour autant ? Il avait le sentiment que la perte de sa mère avait laissé en lui un vide qui ne serait jamais comblé. Il en avait tant souffert qu’il avait peur à présent de s’attacher. Qu’il pensait ne plus en être capable. Était-ce ce que ressentait la jeune femme ? Avait-elle elle aussi perdu quelqu’un par le passé ? Étrangement, il se sentit soudain plus proche de cette inconnue que de toutes les personnes qu’il pouvait croiser chaque jour au palais.

– N’avez-vous jamais eu envie de vous poser ? finit-il par demander. D’avoir quelque part quelqu’un qui pense à vous et qui vous attend ?

– J’ai perdu cela il y a bien longtemps, répondit-elle après une hésitation. J’ai fini par l’accepter et c’est ainsi que j’ai choisi de vivre. La solitude peut avoir du bon, vous savez ?

– Ah oui ?

– Comment vous aurais-je rencontré si je menais la vie dont vous parlez, bien au chaud dans une chaumière ?

Pour la première fois depuis qu’ils avaient quitté la route, le prince vit Emma sourire. Ainsi donc sa compagnie à lui ne devait pas la déranger, du moins pour une journée. Cela le satisfaisait, il n’en demandait pas plus. Il lui rendit son sourire et ils continuèrent leur route dans le silence.

Emma suivait la trace du sentier avec une telle aisance qu’Édouard l’enviait. Lui qui était resté enfermé si longtemps peinait à distinguer l’étroit chemin qui se dessinait entre les arbres. Qu’importe que son guide soit une voleuse, le prince s’estimait chanceux d’être tombé sur elle. Ils marchèrent ainsi plusieurs heures durant, à l’ombre de la végétation foisonnante. La faim les rattrapa au milieu du chemin et Emma partagea quelques oranges avec Édouard. Plus que le goût, c’était l’odeur de l’agrume et de la peau qu’on retire qui avait contenté le prince. Son père n’était pas friand du fruit et voilà des années qu’il n’en avait pas goûté. Aucun mot ne lui semblait suffisant pour remercier la jeune femme des souvenirs qu’elle ravivait en lui.

Ils finirent par atteindre une petite clairière surplombée par un imposant arbre. Édouard le reconnut immédiatement car il ne ressemblait à nul autre. Son tronc torsadé se séparait à plusieurs mètres du sol en deux larges branches qui partaient dans des directions opposées. Il donnait l’impression de deux arbres qui auraient grandi l’un autour de l’autre au point, avec le temps, de ne plus faire qu’un.

Édouard s’était arrêté à l’entrée de la clairière, stupéfait par ce spectacle de la nature. Emma ne le remarqua pas tout de suite aussi dut-elle revenir sur ses pas pour le tirer de sa contemplation.

– Si j’avais su que ce détour vous mettrait dans un tel état, je crois que j’aurais préféré longer la route dans le sous-bois.

– C’est l’arbre des amoureux.

– L’arbre des amoureux ? demanda la jeune femme, dubitative.

– Oui, celui de la légende. Tous les enfants du royaume la connaissent.

– Vraiment ? Je dois être la seule à n’en avoir jamais entendu parler dans ce cas.

Emma était restée à bonne distance d’Édouard, comme si toute proximité avec lui lui était difficile. Elle continuait de lui cacher son profil gauche comme depuis leur départ de Castelonde. Lui dissimulait-elle quelque chose ? Édouard n’avait rien remarqué, trop concentré qu’il était sur tout ce qui les entourait. La voleuse lui sembla tout à coup mal à l’aise. Son corps, tourné entièrement vers le sentier qui repartait de l’autre côté de la clairière, indiquait qu’elle ne souhaitait pas faire de halte. Et pourtant, Édouard pouvait lire dans ses yeux qu’elle aurait souhaité en savoir davantage.

– C’est une très belle histoire, répondit-il, essayant de piquer sa curiosité au vif.

Elle sembla hésiter, regardant tour à tour le prince et l’arbre. Puis ses muscles semblèrent se relâcher et elle demanda :

– Que raconte-elle ?

Édouard sourit.

– C’est l’histoire de deux jeunes gens qui vivaient dans le royaume il y a des générations de cela. À l’époque, chaque village était dirigé par son propre chef et il arrivait que certains se fassent la guerre. Le jeune homme appartenait au clan d’Aigueforte et la jeune femme à celui d’Ormevent. Ils s’étaient rencontrés au cours d’un des nombreux affrontements entre leurs deux villages.

« Contrairement à leurs aïeux, ils trouvaient ces querelles futiles et rêvaient d’un royaume réuni autour d’un seul chef. Alors ils commencèrent à se retrouver, la nuit, dans ces bois, à l’ombre d’un puissant chêne qui se dressait sur la route qui séparait leurs villages. Peu à peu, ils tombèrent amoureux et décidèrent de ne plus se quitter. Ils entreprirent de se construire une cabane dans le chêne qui les avait si souvent vus réunis, à l’abri des regards.

« Mais leurs parents eurent vent de ce projet et ils ne partageaient pas leur vision du monde. Pour la première fois de leur vie, ils s’allièrent dans le but de séparer les deux jeunes gens. On dit qu’une nuit où tous deux ne s’étaient pas donné rendez-vous, ils vinrent près du chêne et l’abattirent.

« Lorsque les deux amoureux réalisèrent ce qui avait été fait, ils quittèrent leurs familles et leurs villages, préférant vivre loin de ceux qui avaient fait preuve de tant de haine. Ils se retrouvèrent sur le tronc scié du vieux chêne et tombèrent dans les bras l’un de l’autre. Le lendemain, deux arbres enroulés l’un autour de l’autre seraient apparus à l’emplacement précis de la souche laissée par le vieux chêne. Les deux amoureux s’étaient changés en arbre pour que leur étreinte et leur amour demeurent éternels.

« Leurs familles furent bouleversées par leur disparition. Ils les pleurèrent pendant des jours au pied de cet arbre majestueux. Peu à peu, ils prirent conscience de la futilité de leurs querelles et ils se firent la promesse que leur sacrifice ne serait pas vain. C’est à la suite de ces événements que le royaume tel que nous le connaissons aujourd’hui aurait été fondé. »

Édouard s’était approché de l’arbre en contant cette histoire. Instinctivement, il posa sa main sur l’écorce pour s’imprégner de son essence. Toute cette histoire était-elle seulement possible ? Son éducation lui avait appris comment le royaume s’était construit autour de son aïeul et il savait bien qu’une légende n’avait rien de réel. Et pourtant, il aimait à croire que la volonté de deux êtres avait pu être plus forte que les coutumes d’alors. Cela lui donnait le sentiment qu’il était possible de faire une différence dans ce monde. De changer les choses.

Emma l’avait suivi et elle étudiait à son tour le tronc torsadé de l’arbre. Il avait été gravé d’initiales en de nombreux endroits et elle semblait suivre ces inscriptions du bout des doigts.

– C’est en effet une très belle histoire. Peut-être devrait-elle être rappelée à certains de nos souverains, murmura-t-elle dans un souffle à peine audible.

Édouard l’observa. Elle se tenait toujours à bonne distance de lui mais quelque chose avait changé. Son visage si inexpressif jusque-là s’était fendu d’une légère ride à peine visible entre ses deux sourcils. Il prit alors conscience que ce conte pour enfant l’avait émue au-delà de toute attente.

 – Nous devrions reprendre notre route, finit-il par dire à contrecœur.

Elle releva son regard vers lui et acquiesça.

– Vous avez raison, nous avons encore beaucoup de chemin à faire et il nous faudra trouver un abri pour la nuit. Par ici.

Elle contourna l’arbre des amoureux par la gauche et lui montra le sentier qui continuait de l’autre côté de la clairière. Édouard se remit à son niveau et ils reprirent leur marche. La suite de leur trajet se fit dans le silence, chacun perdu dans ses pensées. Le prince avait le sentiment que la carapace de la jeune femme s’était refermée aussi vite qu’elle s’était entrouverte. Aurait-il encore l’occasion de lui parler franchement et de lui demander ce qu’elle avait voulu dire à propos de leurs souverains ? Plus ils s’enfonçaient dans la forêt et plus le mystère qui entourait la jeune femme s’épaississait. Édouard commençait à regretter de ne disposer que d’une seule journée en sa compagnie, une seule journée alors qu’il avait tant de choses à apprendre.

Ils marchèrent ainsi encore un long moment. Le soleil était haut dans le ciel et des heures s’étaient écoulées depuis leur rencontre au marché. Le sentier qu’ils suivaient depuis leur départ de la clairière était dégagé, plus large et plus net que le précédent, quoique trop étroit pour que des charrettes puissent s’y croiser. C’était un soulagement pour Édouard : ils ne risquaient pas de voir des marchands en route vers la Foire.

Alors que le chemin amorçait un virage, Emma attrapa la manche du prince et le stoppa net.

– Arrêtez-vous.

La jeune femme s’était figée, tendant l’oreille aux bruits qui l’entouraient, balayant son regard de toutes parts. Édouard l’imita mais il ne remarqua rien. Pourquoi s’était-elle arrêtée tout à coup ? Qu’avait-elle vu ou entendu ? Alors qu’il allait demander ce qu’il se passait, il entendit des pas derrière lui et tourna la tête dans cette direction. Des hommes armés à l’air menaçant venaient d’apparaître là où le sentier tournait. Édouard fit volte-face vers la jeune femme et constata que deux autres hommes venaient vers eux.

Ils étaient cernés.

– Des brigands, murmura Emma en serrant les dents.

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