Chapitre 6. (partie 3)

Par dcelian

Il tourne à droite.
Une ruelle, plus étroite et sombre que les précédentes, s'étend devant lui. La dernière ligne droite. Le dernier obstacle sur le parcours de son destin. Soa s'y engouffre rapidement.
Après quelques pas, pourtant, le jeune homme distingue une ombre dans le lointain, une ombre au bout de la rue qui se rapproche calmement de lui. L'obscurité est presque totale, il n'est probablement pas repéré. Il est encore temps de faire demi-tour, de contourner.

C'est alors qu'une grosse main le saisit par la nuque et le soulève sans difficulté à quelques centimètres du sol. Trop concentré sur ce qui se passait devant lui, Soa n'a pas pris la peine de surveiller ses arrières. Pour le reste, l'orage a couvert les bruits de pas de son agresseur.
Un poing serré vient alors s'abattre violemment contre sa mâchoire. Sa tête tangue et la nuit perd de sa clarté, il se sent perdre l'équilibre alors même qu'il ne touche pas le sol, tout se mélange dans une mélasse informe et, l'espace d'un instant, il pourrait presque s'évanouir.

C'est la pluie drue qui le replonge brutalement dans son corps. Les sens toujours brouillés, il voit d'abord floue la silhouette d'en face qui s'approche toujours à pas lents. Puis sa vision se précise à nouveau, et les éclairs laissent entrevoir son expression totalement neutre, presque absente.
Rafraîchi, il palpe discrètement le poignard dissimulé dans son manteau sombre. Il pourrait le dégainer, trancher d'un mouvement vif la main qui l'immobilise et attaquer l'individu qui n'est plus qu'à cinq mètres de lui maintenant. Il pourrait enfoncer sa lame dans sa chair, en faire s'écouler le sang chaud pour le mêler à la pluie ruisselante et...
Il est parcouru d'un frisson étrange, comme un rappel à l'ordre de sa propre conscience. Il est bien incapable de déterminer d'où lui sont venues ces pulsions.
Il doit garder son pacte en tête. Son pacte comme une ancre au vrai monde, une ancre à ce qui est juste.

La deuxième silhouette à trois pas de lui maintenant, il va falloir agir. Vite, et intelligemment. Ses promesses ravivées, Soa se meut à nouveau.

Il se balance légèrement d'avant en arrière, pour prendre de l'élan, toujours suspendu en l'air par une poigne de fer. Soudain, il pivote et projette son genou dans le ventre de celui qui le tenait fermement. Aussitôt, l'agresseur le relâche et se replie un instant sur lui-même. Un instant, c'est suffisant. Soa se retourne pour constater que l'autre est déjà sur lui : il a mal calculé son coup. Une charge de l'épaule le propulse brutalement sur le côté, et son corps déjà meurtri frappe le sol sans compassion. Ses yeux se ferment alors et son esprit se replie sur lui-même, il se rétracte et se voile pour échapper à la réalité. Il ferait tellement plus doux s'endormir.
Mais ici, alors que la nuit noie tout, il n'est pas encore temps de s'oublier aux songes.

Lentement, difficilement aussi, il réactive ses muscles las et douloureux, il regroupe ses forces et se redresse sous les cieux inconsolables. Face à lui, les deux silhouettes se sont figées côte à côte, attendant mystérieusement qu'il se réveille pour poursuivre leur besogne. Le contraste entre leurs proportions n'échappe pas à Soa : l'une est bien plus frêle, donc possiblement plus vive, tandis que l'autre est lourde et puissante. Leurs visages impassibles, leurs mouvements saccadés, et puis ce silence, surtout, pas une parole, pas un cri... quelque chose d'étrange est à l'oeuvre ici. Qu'il s'agisse d'un maléfice ou d'autre chose, en revanche, il est bien incapable de le dire. Est-il vraiment possible de contrôler un corps humain de la sorte ? Soa frissone à nouveau.

La plus imposante se sépare alors de son accolyte pour accélérer progressivement dans sa direction, manifestement déterminée à finir ce qu'elle avait commencé. Soa fléchit les genoux et inspire un grand coup, abimé par la pluie. Il n'a plus le temps et ses gestes sont malhabiles, ses poings seront bien insuffisants. Il extirpe la dague des pans de son manteau et tâche de contenir au mieux ses pensées sombres. Le pacte. Toujours gravé. Dans la peau.

Prenant appui sur son pied droit, il évite la charge maladroite de son assaillant et dirige le manche de l'arme vers sa tempe avec une précision redoutable. Son bras fend l'air à la recherche du corps ennemi, et il se crispe en prévision du choc qui résonnera en lui lorsque les secondes finiront leur course. Sous ses yeux, dans son crâne, les vents dansent et les Ombres dansent au même rythme, incisives, grâcieuses, meurtrières.

La silhouette massive frappe le sol après une chute raide, face contre eau. L'autre se ranime soudain et se précipite à son tour, mais les Ombres dansent toujours, et Soa laisse faire, il laisse la nuit l'engloutir, et alors que les souffles s'enchaînent et que les gestes se succèdent, le deuxième opposant s'effondre et la valse brusquement s'achève.

Ses pensées éparpillées s'assemblent en un battement de paupières, et c'est comme s'il découvrait la scène qui se déroule sous ses yeux pour la première fois, presque...choqué ? Il ne saurait dire. Victorieux. Voilà au moins une certitude. Il dresse ses mains tremblantes devant lui, range précieusement sa lame et se fixe un instant comme on fixerait un étranger qu'on ne parviendrait pas réellement à comprendre. Les eaux du ciel toujours battant sa peau. Pour lui rappeler qu'il faut déjà repartir. Ce qu'il fait sans plus de questions.

Pourtant, alors qu'il allait s'éclipser dans la ruelle sombre, il pivote et regarde les deux corps qui gisent dans l'eau. Rapidement, il s'approche d'eux, les redresse et les cale délicatement contre un mur. Pour éviter qu'ils se noient, pour se donner bonne conscience, parce qu'il prie secrètement de ne pas les avoir tuées et qu'il ne se sent pas le coeur à vérifier, il ne sait pas vraiment.

Une fois les deux ombres hors de danger, Soa repart aussi vite qu'il est arrivé, se dissimulant dans la nuit noire et dans le chaos ambiant. Tout autour de la scène flottent trois points lumineux, les mêmes qu'au soir de Yana, particules étranges que ni la nuit ni les flots n'ont su engloutir. Il porte une main à sa mâchoire qui le fait encore souffrir : tout a l'air en place. Un nouvel éclair illumine alors la ville endormie, dévoilant la sinistre silhouette d'une haute bâtisse au bout de la ruelle. Il est arrivé.
Reste à trouver comment entrer.

S'approchant prudemment, il constate qu'elle est encore plus impressionnante qu'il ne l'aurait cru. Située au beau milieu de la grand-place, elle est entourée de quelques arbres malmenés par la tempête. Haute de trois étages, large comme deux maisons et ornée de créatures plus terrifiantes les unes que les autres, on peut difficilement la rater, et c'est probablement le but.
Soa entreprend alors d'en faire le tour, pour l'examiner, pour repérer ses failles, pour trouver un moyen d'y pénétrer discrètement. Il constate que tous les versants sont semblables, mais surtout que les nombreuses fenêtres ne sont barricadées que par de vieux volets aux gonds grinçants violentés par le vent.

Il inspire un grand coup. Il prend la pluie qui s'abat sur son visage ruisselant, il prend le vent glacé qui le frigorifie jusque dans ses entrailles.
Il prend l'orage. Il est temps.
Alors il monte les marches du perron et se plante face à la grande porte et au heurtoir de fer. Il lève le regard vers le premier étage, environ deux mètres au-dessus de lui. C'est faisable. Il prend appui sur la poignée de fer qui plie et grince sous son poids. Il grimace et place rapidement ses deux pieds dans le heurtoir comme si c'était un étrier, fléchit les jambes et bondit.
Sa main attrape de justesse le rebord glissant de la fenêtre. S'aidant de ses jambes contre le mur, il entreprend de se hisser à bout de bras, ce qui n'est pas une mince affaire car la pluie l'a considérablement alourdi. Il y parvient finalement et s'adosse un instant contre le volet de bois pour reprendre son souffle, pour reprendre ses esprits, pour repartir sur de bonnes bases.
Délicatement, Soa entreprend de sortir le battant de ses gonds en utilisant son poignard. Il sourit en entendant un clac et le retire avec des gestes précis. Il se trouve maintenant face à la fenêtre de verre que protégeait le volet.
L'intérieur est visiblement très sombre, car il n'en perçoit presque rien sinon une légère source de lumière, sans doute une bougie. Il prie intérieurement pour que la pièce sur laquelle donne cette fenêtre soit vide, pour qu'il ne soit pas repéré.

Soa se retourne un instant, fait face à la tempête. En contrebas, le torrent dans les rues ne cesse de gagner en intensité. Il se rappelle très nettement avoir lu que Grimard était fréquemment sujette aux inondations, à cette période de l'année.
Il est parcouru d'un frisson. Il n'a jamais nagé, mieux vaudrait-il que son premier cours ne se fasse pas dans ces conditions.

A force de faire jouer sa dague dans l'interstice entre les deux battants, il parvient finalement à faire céder le dernier obstacle, assez discrètement pour que l'orage le couvre. Il inspire un grand coup et saute à l'intérieur.
Il chute de plus haut que prévu et atterrit environ trois mètres plus bas sur un immense tapis rouge qui semble traverser la pièce. Soa regarde brièvement autour de lui.
Enfin... si on peut appeler ça une pièce.
Il se trouve dans un vaste corridor haut de cinq mètres et long d'une quinzaine environ. L'endroit n'est pas chauffé mais bien isolé, car il y fait une température bien plus douce que sous le déluge. Tout est très sombre. Une bougie manque de se noyer dans sa cire, seule sur un meuble en bois disposé de façon assez incohérente au milieu du couloir.
Seul au milieu de l'immense, le jeune homme ne sait même pas par où commencer tant la proportion des lieux le dépasse. Et puis, il faut dire que le couloir a beau être gigantesque, il n'est que pauvrement décoré.
Alors, par instinct sans doute, il fait quelques pas. Il s'approche lentement de la bougie, comme un insecte fasciné par sa lueur et puis, rapidement, la souffle. Un trait de fumée s'élève lentement, dernier souvenir de la flamme, dernier instant de lumière.

L'obscurité prend place.

Soa inspire profondément. Voilà. Voilà qu'il se sent mieux, qu'il peut enfin réfléchir et qu'il prend pleinement conscience de l'endroit dans lequel il se trouve.
Le mur à sa gauche est entièrement vierge, il n'y a que la pierre froide et de nombreux socles de torches, tous vides. Sur celui de droite, en revanche, sont régulièrement disposés des tableaux pompeusement ornés d'hommes de toutes morphologies. Les anciens prêtres.
Maintenant que le noir est total, il aperçoit une lueur à l'autre bout du corridor, une lueur au loin. Pas à pas, il avance, il s'approche discrètement, puis s'immobilise.
Depuis les ombres, il distingue nettement les contours d'une énorme porte de bois. De l'autre côté, une lueur vive et vibrante semble se mouvoir. "Un feu", il comprend. Par instants, l'éclat des flammes est recouvert, comme si elles s'éteignaient et se rallumaient indéfiniment.
Comme si une silhouette ne cessait de faire des aller-retours devant.

Collant l'oreille contre le battant de la porte, Soa entend nettement le claquement de bottes, feutré par l'épaisseur du bois. Il n'y a plus qu'à espérer qu'il s'agisse du mage. Sinon... il préfère ne pas y penser. Tous les éléments tendent à cette conclusion, c'est impossible qu'il en soit autrement.
Mais... et si Cléa s'était trompée ? S'il surgissait brusquement dans le salon du prêtre et se retrouvait nez à nez avec lui ?
Dans ce cas, il ne donne pas cher de sa peau. Au mieux, il serait envoyé aux cachots. Au pire, il serait peut-être livré à l'Inquisition... Il frissonne à cette pensée.
Pourtant, il a besoin de savoir. Qui il est, d'où il vient, et bien plus encore. Or cette grande pièce semble être le seul chemin vers la réponse à ses questions.

C'est la deuxième fois, ce soir, que Soa compte mettre à l'œuvre un plan imparfaitement réfléchi. Mais il n'a pas le temps. Il n'a plus le temps. Alors il va falloir constater par soi-même, il va falloir faire preuve d'initiative et improviser.

Sa main se tend vers la poignée.
L'attrape.
La fait pivoter.
Ça grince légèrement. Il grimace.

Soudain, le silence est rompu par un fracas titanesque qui semble jaillir des entrailles mêmes de la maison. Au même instant, un coup de tonnerre fait vibrer les murs de la bâtisse.
Soa lâche aussitôt la poignée et se réfugie discrètement dans un coin d'ombre, derrière le meuble en bois qui porte la bougie désormais éteinte. Des bruits de pas résonnent alors, et leur provenance est incertaine, comme le grand vacarme. Le jeune homme est persuadé qu'ils montent des marches, qu'ils se rapprochent, lentement mais sûrement.
Oui, c'est certain, le claquement s'accentue, quelqu'un va surgir à tout moment maintenant. Mais d'où ?

Il n'a pas le loisir d'y réfléchir : dissimulée dans le mur, une porte qu'il n'avait pas repérée est ouverte en grand, laissant place à une silhouette que Soa distingue vaguement depuis son recoin.
C'est une silhouette qu'il juge féminine, de taille et de corpulence plutôt moyennes. Il ne distingue pas son visage.
Brusquement, elle pivote et se positionne de dos par rapport à lui. Il n'est pas repéré. D'un pas assuré, elle avance la tête haute vers la grande porte en bois, au bout du couloir. Elle marque une pause, comme réfléchissant à un plan, puis, d'un coup de pied maîtrisé, elle ouvre brutalement le battant, faisant jaillir la lumière dans le long corridor, projetant son ombre démesurée sur le tapis rouge au sol.
Soa n'en est pas sûr, c'est probablement à cause de l'obscurité... pourtant, il jurerait que sa peau, comme la nuit tout autour, est complètement noire.

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Louison-
Posté le 19/03/2022
RE.

L’agression au début : ooouh. Et malin le petit Soa, j’aime bien il est assez débrouillard et arrive assez bien à s’extirper de n’importe quelle situation :) Et là, les descriptions de l’attaque sont assez cools, dynamiques, mais peut-être je donnerais plus de fil à retordre à Soa ? Il s’en sort presque « trop » facilement, d’autant plus que tu dis les possédés sont plus puissants qu’un être humain qui n’est sous aucune emprise, donc je me dis ça peut être chouette d’allonger un peu le moment, le complexifier. MAIS peut-être est-une volonté de ta part de montrer que Soa gère vachement bien les combats rapprochés et qu’il est lui-même puissant ? As you want, je lâche juste une pensée comme ça. L'agression était très chouette à lire quoiqu'il en soit.

« la pluie qui noie le sol. » >> <3 <3

« Un éclair déchire le ciel, dévoilant les deux agresseurs de Soa qui se redressent mécaniquement de toute leur hauteur » >> Si je puis me permettre une mini remarque (subjective bien évidemment, donc tu en fais ce que tu veux), la phrase me sonne un brin bancal. 1) j’ai d’abord pensé que le « qui » reprenait Soa donc j’ai dû relire la phrase 2x pour la comprendre, et 2) je crois c’est aussi le « mécaniquement de toute leur hauteur » qui me gêne ? MAIS bon c’est du chipotage hein, et encore une fois, juste mon ressenti subjectif. Fais-en ce que tu veux <3

Sinon, quand Soa part mais revient pour redresser ses deux assaillants : mouh. C’est si caractéristique de son personnage, un petit détail comme ça qui compte beaucoup et le rend tout de suite plus attachant.

« Il prend l'orage. Il est temps. » >> <3

« Il prie intérieurement pour que la pièce sur laquelle donne cette fenêtre soit vide, pour qu'il ne soit pas repéré. » >> à mon avis le « pour qu’il ne soit pas repéré » n’est pas nécessaire, tu peux t’arrêter à vide parce que ça nous semble assez évident qu’il ne souhaite pas être repéré :)

« Il se rappelle très nettement avoir lu que Grimard était fréquemment sujette aux inondations, à cette période de l'année. » >> On avait parlé du fait que chacune de tes villes avait un caractère différent, là on découvre un aspect particulier de Grimard et ça rejoint pile poil ce dont on parlait, je trouve cool ! Tout de suite dans ma tête je vais associer Grimard à la pluie maintenant, c’est cool <3

« Alors il va falloir constater par soi-même, il va falloir faire preuve d'initiative et improviser. » >> Haha j’ai comme l’impression qu’il improvise souvent Soa x)

Et la fiiiiiin. Gaeeeeeeeeeelle. J’aime super beaucoup que tu la décrives juste physiquement et que le lecteur tout de suite la reconnaisse. Ca donne un chouette sentiment de satisfaction, et j’ai super hâte de lire la suite pour enfin voir comment tes deux personnages vont interagir !!

Voiliii. Tout gros zoubi Célian, trop un plaisir de te lire et suivre les aventures de tes personnages <3
dcelian
Posté le 21/03/2022
RE!

Wé, Soa est bien débrouillard comme tu dis, et tant mieux si l'action était bien décrite ! Je vois carrément ce que tu veux dire pour la difficulté de l'affrontement, et oui je suis d'acc avec toi. Soa est certes doué, mais faut pas non plus qu'il paraisse invincible, ça me plairait pas. J'essaierai de changer ça !
De toute façon, d'une manière générale, je pense que c'est Grimard qui a le plus besoin d'être retapée, pour des petits détails comme celui-là notamment. C'est l'entre deux, juste après ce que j'ai réécrit et amélioré parce que c'était abject, et juste avant ce que je trouve suffisamment cool pour ne pas trop le retravailler. Donc c'est meh. Mais bon, c'est chouette que t'aies quand même trouvé des petits bouts qui te plaisent et parlent !

Merci pour tes suggestions, je suis d'acc avec tout et je vais corriger ça !

Tu me diras si la rencontre est à la hauteur de tes attentes !!!

En tout cas, merci de continuer ta lecture, et merci pour cet enthousiasme perpétuel. ça me fait beaucoup de bien <3
Raratralala
Posté le 07/02/2022
Coucou

Je te rassure, pas besoin de m'inciter à continuer de te lire. C'est avant tout un plaisir de lire ton livre, et puis en plus j'aime bien lire aussi tes réponses, alors tout va bien.

Alors alors. Une attaque, bien bien, je me demande comment va s'en sortir Soa sans faire appel au trou noir et à la bestialité, suspens.
Et il s'en sort très bien ! Bon visiblement céder au côté obscur n'est pas (encore ?) si tentant que ça, à voir comment il va faire évoluer sa personnalité et ses pouvoirs.

Quand j'ai vu que Soa regardait la façade en se demandant comment entrer discrètement je me suis dit : Ah non, il va pas encore grimper ! Mais si !
Hypothèse de lectrice :
- la première grimpe (chez la sorcière) sert à poser le personnage et ses compétences
- la seconde est une forme de test pour le personnage noir flottant
- et cette dernière et bien, une continuité ?
N'empêche je suppose qu'on peut trouver moyen de varier les plaisirs.

Sinon, j'ai hésité plusieurs fois à savoir si les civils dormaient aussi ou simplement se trouvaient chez eux mais les indices m'ont parrus contradictoires, du coup je ne sais pas, des petites phrases comme : "C'est beau, une ville qui s'endort. C'est la lueur vacillante des bougies aux fenêtres, c'est les volets qui grincent, c'est les rues qui se vident.
C'est un ciel étoilé qui s'éteint.
Ce soir, alors que le déluge bat son plein et que des torrents délavent les pierres au sol, la ville ferme les yeux calmement."
Me font penser qu'ils sont éveillés et simplement tous rentrés chez eux, mais d'un autre côté ça me semblerait plus logique qu'ils soient aussi endormis, car il y a toujours quelqu'un pour traîner dans les rues, même chez les pantouflards de Grimmar !

Grimmar sujette aux inondations... Ça me laisse perplexe. Ai je loupé la description qui précisait qu'une rivière passait au milieu ? Si tel n'est pas le cas, pourquoi ne pas aménager des rigoles d'évacuation pour les périodes pluvieuses ?
Dans la même veine : il me semble avoir compris que Grimmar vit assez repliée sur elle-même. J'en conclus qu'il y a peu de commerce avec l'extérieur, peu de voyageurs... Et de mémoire pas de château, la tour du prêtre étant amenée comme le plus haut bâtiment. Ma question : qui paye pour de telles défenses ? Il y a de nombreux exemples historiques de villes très actives puis les voies commerciales se détournent ailleurs, ce qui pourrait expliquer les énormes portes et fortifications... Mais de telles garnisons jour et nuit sur les remparts, sans noble pour expliquer une armée régulière et sans commerce florissant qui expliquerait la richesse de la ville ?
Oui tout à fait, je me pose ce genre de questions en lisant...
En tout cas je n'ai pas vraiment besoin de réponses, mais quand je lis j'aimerais avoir le sentiment que les réponses existent, et qu'elles ne sont pas "parce que ça m'arrangerais pour le scénario". :p

J'ai bien rigolé quand il atterrit sur le tapis rouge à son arrivée. Et ça me plaît le meuble seul au milieu du couloir. Ça me fait l'étrangeté qui se manifeste au travers d'un détail de la vie courante, j'aime ce paradoxe.
Je trouve aussi intéressant que Soa ressente le besoin de souffler la bougie. Je ne m'y attendais pas et ce détail m'intrigue, me rappelle ses particularités Ça me rappelle que je ne les connais pas encore, du reste ! Ni lui non plus d'ailleurs. Un peu de nictalopie ? Mais la lumière du jour ne le dérange pas vu qu'il a fait le voyage de jour ? Le fait d'avoir utilisé sa magie contre la sorcière à fait l'effet de déclencheur sur ce qui jusque là était en sommeil ?
Aaah, que de questions à élucider !
En tout cas c'est bien amené, comme il commence à deviner les lumières à travers les portes, tes descriptions sur ces passages sont jolies et mystérieuses.

"soudain, le silence est rompu par un fracas titanesque" Hahaha ! De nouveau l'effet de surprise fonctionne, je pense reconnaître là le style de Gael.
Juste après : "silhouette que Soa distingue vaguement depuis son recoin.C'est une silhouette" (comme tu m'as dis de relever, je m'exécute)

"Elle marque une pause, comme réfléchissant à un plan, puis, d'un coup de pied maîtrisé, elle ouvre brutalement le battant"
Dingue, ils ont le même plan ! xD Enfin, Soa en version moins brutale...

Enfin terminé ce chapitre !!! J'ai hâte d'attaquer la suite nomdediou, à force de ramer j'en suis toujours au début ! (Et ça irait plus vite si j'écrivais des commentaires plus courts...)
dcelian
Posté le 09/02/2022
Coucou ! Tant mieux si t'inciter n'est pas nécessaire, je préfère de toute façon que vous lisiez sans contrainte, c'est quand même plus agréable pour tout le monde ^^'

Tu sais que c'est drôle parce qu'avant tes commentaires je ne m'étais jamais rendu compte que Soa grimpait autant. Enfin, je veux dire, j'écris ces passages donc je m'en souviens forcément, mais j'avais pas tellement fait attention, ça m'est venu de façon assez automatique. Soa vers les hauteurs. Si ça peut te rassurer : je crois bien que c'était la dernière fois qu'il grimpait où que ce soit. Du moins avant un bon moment. J'ai tendance à penser que les plaisirs varieront en effet, et puis, comme tu le soulignais, tu n'en es encore qu'au début ! Que de surprises à découvrir encore ? héhéhé

Tes questions sur l'argent sont tout à fait pertinentes et bienvenues, encore une fois, c'est un point de vue que je n'avais jamais eu jusqu'à présent, et c'est intéressant. Le fait est que j'aime beaucoup me poser des questions assez similaires, donc ça me choque pas plus que ça, t'en fais pas ;)
Et vu que je me les pose, j'aime aussi y remédier quand j'écris, forcément ! Le but de cette histoire est qu'un maximum de "pourquois" trouvent une réponse autre que "parce que j'en avais envie, nah"
En l'occurrence, je pense que je vais devoir revenir sur un petit bout des chapitres précédents. Grimard n'est pas une ville repliée sur elle-même, c'est ses habitants qui le sont ! Si je pouvais vous montrer ma carte, ce serait beaucoup plus pratique, mais Grimard se situe en réalité en plein milieu du Comté, donc elle est tout à fait stratégique pour les marchants car elle relie les routes menant aux deux autres villes principales du Nord (Pryven, la ville de Soa, et Lundwal, celle de Gaëlle dont je reparlerai).
Donc je dirais que Grimard subsiste grâce à ça, des droits de passage et les commerçants qui la traversent tous les jours. L'église a la mainmise absolue sur la ville, donc c'est avant tout elle qui s'occupe des aspects monétaires ce qui explique l'absence de nobles et le repli des gens à la fois : elle les effraie du monde extérieur. Voilà, je sais pas si tout ça est très clair, merci d'avoir soulevé ce point en tout cas ! Je verrai ce que je peux modifier par la suite pour rendre ça plus évident.

Tant mieux si t'as bien aimé l'arrivée de Soa dans la bâtisse, après tout ce sont les derniers instants avant la rencontre alors je me devais de les soigner un minimum :D
Effectivement, Soa est plutôt nocturne, mais il reste capable de voyager durant le jour. Il y est d'ailleurs souvent contraint pour pouvoir arriver sur place une fois la nuit tombée.

Pour ce qui est des inondations : la ville est effectivement loin de toute rivière ou cours d'eau, mais il n'est pas rare que s'abattent sur elle des pluies torrentielles, or elle est enclavée au milieu du Comté, dans une sorte de caveau de la terre, si bien que l'eau s'y accumule facilement. Grimard est effectivement pourvue de voies d'évacuation, mais elles se montrent rapidement inefficaces quand les cieux se déchaînent vraiment. Par ailleurs, d'un point de vue plus "moral" peut-être, c'est aussi une ville peuplée de gens très religieux qui tendent à craindre le changement. Je ne m'y suis pas projeté à ce point, mais cet état d'esprit de "les inondations sont nécessaires car c'est Dieu qui nous les envoie" ne me paraît pas absurde.
Et je parle de petites inondations, bien sûr, rien de trop extrême qui justifierait une solution plus drastique !

Bravo d'être venue à bout de ce chapitre, bravo et surtout merci ! Aucun souci pour la vitesse, je me répète mais je préfère largement que tu lises à ton rythme que de te forcer à quoi que ce soit !! Pareil pour les commentaires : prends le temps que tu veux, et donne leur la taille que tu veux. C'est toi qui est aux commandes !

A bientôt :D
Vous lisez