Chapitre 6 - Naissance - Kaya

Notes de l’auteur : TW : Torture, viol

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Voici la suite, bonne lecture :)

Ils continuèrent leurs séances de supplices encore un mois à peu près. Notre seul repère restait l'ordinateur de cette folle. Son surnom lui avait été attribué lorsqu'elle m'arracha un deuxième ongle, juste pour le plaisir. Leur nouvelle lubie pendant un temps fut de passer le cran au-dessus, en inversant les soupapes. Les lumières poussées au max nous empêchaient encore parfois de dormir, mais de façon moins récurrente. Ils étaient passés d'un stade continu au stade espacé, ayant remarqué que nous finissions par nous endormir, tant nous avions atteint nos limites. C'était maintenant tous les trois ou quatre jours, mais à défaut de chaleur, c'était le froid qui s'était invité ! Si mordant que le bout de nos doigts gelait rapidement. Ils s'amusaient ainsi avec le thermostat se foutant bien des conséquences sur notre corps. Ils laissaient ce froid intense et glacial, une quinzaine de minutes, parfois moins, selon nos réactions. Ils ne s'amusaient pas autant qu'avec les lampes étouffantes, tant l'effet du froid se faisait sentir. Il nous arrivait même de convulser par moments, tant notre corps supportait difficilement ces changements de températures...

Le fait que nous soyons deux, augmentait nos chances de ne pas céder à la folie due au manque de sommeil. J'avais fini par avoir des hallucinations sur les derniers jours et je tenais difficilement debout. Je disais même des choses sans queue ni tête et je ne savais même plus quel jour nous étions, ni ce qu'on faisait ici. C'était vraiment perturbant de me remémorer dans cet état. Caden lui, se montrait plus solide et me ramenait à moi chaque fois que je perdais le contrôle. Je devais admettre que sa présence m'aidait fortement à ne pas perdre la tête dans ce mouroir et pourtant, j'aurais aimé le savoir loin d'ici. J'ignorais ce qui le faisait tenir, mais je lui rendais grâce de ne pas craquer comme moi.

Chaque matin, ils nous réveillaient en nous entraînant dans une salle où d'autres prisonniers subissaient comme nous, une douche collective. Et chaque matin, je regardais si jamais je ne les voyais pas. Par chance, cela ne semblait pas être le cas et je soupirai de soulagement encore une fois. Les imaginer subir un sort semblable au nôtre me faisait horreur. Je pensais à Josh, ce petit blond aux yeux rieurs sous lesquels se cachait quelqu'un de sensible et qui manquais de confiance en lui. Comment pourrait-il tenir dans cet endroit sans se briser ? Leur séance de lavage, ressemblait elle aussi, à de la torture. Ici, l'intimité n'existait pas et ces fumiers se rinçaient l’œil constamment.

Debout, nu comme des vers, les uns alignés à côté des autres contre le mur, ils nous arrosaient d'un puissant jet d'eau et attention si l'on tombait. Il n'y avait pas meilleur moyen pour se faire rouer de coups. Cela m'était arrivé une fois et ma lèvre, encore tuméfiée, me le rappelait dès que ma langue passait dessus. Caden avait tenté de me protéger de leur déferlement de violence, mais le pauvre en reçut plus que nécessaire, lui aussi. Je me demandais ce qu'ils pouvaient bien vouloir faire de nous et ce que tout ça leur apportait. Ils nous prodiguaient les soins minimums nécessaires pour survivre, stoppant les séances si l'on montrait des signes de maladies. Mais dans quel but nous maintenaient-ils vivant ? Encore des questions sans réponses. Chaque fois que l'on présentait des symptômes, ils nous inoculaient une espèce de produit qui accélérait la guérison. J'ignorais ce qu'ils mettaient dans leur cocktail, mais c'était diablement efficace. Au début, on comptait dessus, faisant exprès de se rendre mal pour échapper à tout ça, mais la rapidité de leur potion pour nous guérir, nous ramenait à la réalité. Ils semblaient avoir pensé à toutes les éventualités...

Lors de chaque douche, ils en profitaient pour faire le ménage derrière nous. La cellule sentait les produits de nettoyage à s'en arracher les poumons et pourtant, les traces de sang restaient bien là, profondément incrustées dans ce sol terne et déprimant. Les premiers jours cela nous faisaient tousser comme si nos poumons cherchaient à sortir de leur cage thoracique. C'était si irritant, que même mes yeux me brûlaient dès que je pénétrais dans la pièce. À force, nous avions repéré les lieux, les chemins que nous empruntions, etc... Quatre caméras dans les couloirs, deux portes inutilisées au bout du corridor de gauche, des ouvertures à détection automatique devant et un ascenseur à droite. Pour l'instant, nous n'étions parvenus à obtenir aucune autre information.

Je me demandais encore comment l'on arrivait à supporter tout ça. Avant-hier, ils passèrent un cran au-dessus et changèrent de tactique en installant un sonomètre et dès que celui-ci bipait pour signifier que nous dépassions un certain nombre de décibels, un troupeau de gardes entrait et nous rouait à nouveau de coups. Message reçu, plus d'échange verbal possible. Qu'à cela ne tienne, on trouverait un autre moyen pour se soutenir. Dussions-nous inventer la télépathie pour ça !

J'ignorais toujours pourquoi nous avions été amenés ici, mais d'après les bribes que nous avions pu capter, les sévices qu'ils nous faisaient subir servaient apparemment à tester notre capacité à résister psychologiquement à leurs attaques. Dans quel but ? La réponse nous échappait encore. Pour nous, notre objectif était clair : nous échapper d'ici, ensemble et vivants si possible. Ils voulaient tester jusqu'où nous pourrions aller ? Ils allaient en avoir pour leur temps !

La porte s'ouvrit et elle arriva encore avec son sourire qui me donnait des envies de meurtre. Elle semblait hésiter un instant avant de se lécher les lèvres d'une façon trop perverse à mon goût et vissa son regard sur moi.
— Félicitation sujet n° 3754, vous êtes choisie pour un nouveau test !

Pour toute réponse, je crachai dans sa direction. Caden l'air contrit me fit comprendre que je ne devrais pas trop chercher à la provoquer. Elle m'avait déjà arraché trois ongles la dernière fois que je l'avais mordu avant d'être à nouveau perforée par sa machine aux tentacules aiguisés et il n'avait aucune envie qu'elle recommence. Pour être honnête, à ce stade, je m'en fichai de mes ongles. Je voulais juste défigurer cette pute. Bien sûr pour l'affront qu'elle subit, elle ordonna d'un geste qu'ils me frappent violemment dans le ventre, mais je ne lui pas le plaisir de lâcher ne serait-ce qu'un gémissement. À force, on arrive à encaisser certains coups dans le silence.
— Bien, maintenant que vous êtes calmée, vous allez me suivre.

Ils m'entraînèrent à nouveau hors de ma cellule, mais cette fois, le chemin fut différent. Nous nous dirigeâmes vers l'ascenseur et lorsque celui-ci arriva à notre niveau, deux gardes étaient déjà présents avec un prisonnier qui avait le regard aussi vide qu'un mort. Qu'ont-ils prévu cette fois ? Qu'on se batte entre nous ?

Sur mes gardes, j'observais tout de l'ascenseur et de ce qui se trouvait au-delà. Je pouvais déjà voir qu'il possédait cinq étages et que nous étions situés au -1. Niveau déco, on était sur un mélange rétro et futuriste en même temps. Les couleurs cuivrées et les rouages qui couraient sur les murs en grinçant, contrastaient fortement avec l’interface gérant le déplacement ainsi que l'hologramme qui s'occupait de répondre aux demandes.

Il se stoppa brusquement au deuxième étage et nous fument emmenés dans une salle plus grande avec une grille au centre à laquelle étaient accrochées deux paires de menottes. Ils m'y installèrent et déshabillèrent l'autre mec, toujours dans sa bulle. Et là, à cet instant précis, je compris. L'horreur de la situation me frappa, je sentais mon sang se glacer et le bout de mes doigts être parcouru par un frisson qui remontait le long de mes bras et de mon dos.. Je me demandais s'il pouvait faire pire, visiblement, ils avaient trouvé... Que n'auront-ils pas osé ?

Hécate me toisait avec délectation et je voyais dans ses yeux toute la perversité qui s'y trouvait. La folle avait vraiment craqué cette fois ! Hors de question que je me laisse faire ! Que j'y perde tous mes ongles s'il le fallait, mais hors de question que ce pantin me touche ! Elle lui susurra quelques mots à l'oreille et comme un robot, il s'avança vers moi en chancelant. Une part de moi trouvait ridicule qu'il parvienne encore à tenir debout.

Il se trouvait maintenant à quelques centimètres de moi et tenta d'accomplir la tâche qu'on lui avait confiée, sans aucune délicatesse. Mais que pouvait-on attendre d'une coquille vide ? Il s'y prenait gauchement en plus le con ! Il me faisait mal et essayait de me pénétrer, tandis que je me tordais dans tous les sens, en insultant l'autre pute. Ça n'avait pas manqué, Hécate réagit au quart de tour, ordonna à sa marionnette de s'éloigner et elle actionna un bouton qui électrisa toute la grille. Putain, je ne m'étais toujours pas habituée à ça ! Et elle augmentait la dose à chaque fois. Si j'arrivais à sortir d'ici, je lui ferais payer au centuple ce qu'elle me faisait subir à cette salope !

Résignée et pour ne pas subir son courroux encore plus fortement, je me laissais faire. J'avais pris l'habitude sans savoir comment, lorsque je ne voulais pas supporter tout ça, de m’enfermer dans mes souvenirs avec Matthew, Jessee et leur rire. Je m'imaginais dans notre tipi au fond du jardin sous l'arbre à faire cramer nos brochettes pendant qu'ils regardaient les étoiles dans le télescope. Je sentais leur odeur, j’entendais leur voix, tant et si bien que j'avais parfois tendance à croire que c'était la réalité. Jusqu'au moment où tout me rattrapait, peu importe ma volonté à fuir ce monde horrible qu'était devenu le mien. Tout roulait à merveille jusqu'à ce qu'au moment où je sentis le goût du sang dans ma bouche, teintant le décor agréable d'une angoissante pluie vermeille, me forçant à refaire surface.

L'homme gisait maintenant au sol et son liquide vital s'échappait de sa carotide à grande vitesse, tachant le sol un peu plus à chaque goutte qui s'écoulait. La saveur métallique glissait sur mes lèvres, mais aussi sur ma langue avant de venir s'enfoncer dans ma gorge, me faisant tousser au passage. C'est quoi ce bordel ? Que c'est-il passé ? Ce n'est... quand même... pas moi... qui ai fait ça ? Si ?

Ça me donnait la nausée et je dus me faire violence pour ne pas rendre mon repas de ce matin. L'inconnu se tenait le cou en tremblant. Des larmes s'échappaient de ses yeux pour couler sur son visage pâle, tandis qu'elle pestait contre lui et sa faiblesse en le rouant de coups de pied. Est-ce que c'était moi qui l'avait mis dans cet état ? Comment ?

Tandis que ces questions m'obsédaient, une part de moi se réjouissait que son gars soit devenu incapable d'agir. Elle ne pourrait plus s'amuser comme elle l'entendait et malgré-moi, je jubilai de la voir enrager face à cet échec. Que je sois responsable ou pas de cette atrocité, quelque part, je me sentais soulagée de ne pas subir ce qu'il s’apprêtait à me faire et quitte à me refaire griller une énième fois, autant que ça en vaille la peine. Au final, je ne me sentais même pas désolé pour ce mec qui agonisait au sol et cela me fit encore plus peur que le reste. Comment pouvais-je me réjouir de la mort de quelqu'un ? Surtout si j'en étais responsable ? C'était comme une part de moi qui laissais la haine dirigée ses pensées. Comme si quelque chose prenait possession de moi sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Je sentais cette violence qui s'insinuait dans tous les recoins de mon esprit, me pourrissant un peu plus chaque seconde. Qu'est-ce qui m'arrive ?
— Bon, ce n'est pas grave, on va juste changer de plan, reprit-elle en s'approchant de moi avec un bâillon à la main qu'elle me fixa malgré ma résistance, là, maintenant, tu ne devrais plus poser de problèmes. 701, remplacez-le !
— Pardon ? s'exclama l'un des gardes, posté devant la porte.
— Vous êtes devenu sourd ? Faites le boulot de ce bon à rien, ici et maintenant !
— Mais, madame, ce n'est pas à moi de...

Elle se mit à sa hauteur, un pied posé sur ses parties intimes et même si elle me tournait le dos, je sentais toute sa folie d'ici. Je ne partirai pas d'ici tant qu'elle n'aura pas eu ce qu'elle voulait, peu importe qui devait se charger du sale boulot. Cela me noua une fois de plus l'estomac. J'ignorais ce qui s'était passé quelques minutes plus tôt, mais impossible de recommencer maintenant. J'avais beau fermer les yeux à m'en faire mal, essayer d'imaginer à nouveau leur visage pour fuir la réalité, rien n'y faisait. Je restais irrémédiablement consciente de ce que j'allais subir.
— Faites-le où vous la rejoindrez sur la grille. Que préférez-vous ?

Le garde me regarda d'un air rempli de dégoût et se résigna sous la menace. Fumier ! Tu n'as donc aucun respect pour toi ? Je le fusillais du regard, mais cela ne changeait rien. Cette fois, je n'étais pas sûre de pouvoir y échapper. Je tirai vainement sur les menottes jusqu'à m'en entailler à nouveau les poignets, mais impossible de les faire céder. Je tentai de me replonger dans mon monde imaginaire, en vain. Pourquoi cette fois ça ne fonctionne pas ? Je ne veux pas me rappeler de ça !

Après avoir enlevé et poser son arme au sol, ce sont ses habits qu'il posait sur la chaise. Je vis cet enfoiré se rapprocher de moi, pendant que mon cœur battait à tout rompre. J'avais beau réfléchir à toutes les options possibles, rien ne me venait à l'esprit ! Cette garce avait réussi à trouver un autre amusement et cette fois, je n'étais pas sûre d'en ressortir aussi indemne que les autres fois. Caden ou pas.

Ce bâtard ne cherchait pas à y aller par quatre-chemins, il ne prit même pas le temps de bien faire les choses, à peine avait-il commencé à bander, qu'il me pénétra sans sommation. La douleur fut telle que je me cambrais malgré-moi, lui arrachant un gémissement. Cet enculé prenait son pied ! Ces allers-retours incessants me donnaient la nausée et je gardais difficilement conscience. Tentant vainement un coup de tête, il m'attrapa les cheveux et me les tira en arrière avant de repartir de plus belle. Je sentais la bile qui remontait dans ma gorge, mais avec son entrave, impossible de laisser sortir quoi que ce soit. J'avais l'impression d'étouffer sous son corps qui puait la transpiration.

Une fois qu'il eut fini, elle demanda à l'autre de s'y mettre et celui-ci ne chercha même pas à s'opposer. Elle m'enleva le morceau de tissu de la bouche et baissa la grille en me détachant les pieds. Tremblante et couverte de sueur, je n'arrivais même pas à les bouger pour lui rendre la monnaie de sa pièce. L'odeur du sperme mélangé au goût du sang encore présent dans ma bouche me donna la nausée et je vomis le peu de nourriture que contenait mon estomac.
— Dégoûtant, fit-elle en me donnant un coup de pied dans le ventre, puis elle m'injecta quelque chose dans le cou.

Ah... ça aussi, c'était devenu une habitude depuis l'expérience du tube. D'après ce que j'avais entendu, il s'agirait d'un sérum expérimental et nous étions les parfaits cobayes avec Caden. À chaque injection, je me tordais de douleur, ma peau me brûlait et ma tête me paraissait comme prise dans un étau qui se resserrait de plus en plus. Elle notait mes réactions comme à son habitude et je l'entendais maugréer quelque chose comme « Capacité de régénération accrue – Début positif de TDI* » sans y comprendre quoi que ce soit. Cette pétasse posa son calepin, se tourna vers l'autre et lui hurla de finir le travail.

Il ne se fit pas prier et s'approcha de moi rapidement avec un sourire carnassier. Il était déjà nu ce fils de pute et j'eus à peine le temps d'observer ces tatouages qu'il me fourra sa bite dans la bouche avec une violence si forte que je crus m'étouffer. On était loin du plaisir que je ressentais avec Matthew. Cela n'avait rien d'agréable ! C'était juste un supplice de plus dans leur jeu de merde ! Je voulais la mettre en morceaux pour qu'il la sorte de ma bouche, mais la vérité, c'est que je n'arrivais plus à rien. C'était à ce moment-là, je crois, que mon esprit s'éteignit petit à petit et que quelque chose se brisa vraiment en moi. Je n'entendais et ne voyais plus rien. Les odeurs immondes avaient disparu, tout comme les douleurs qui me tiraillaient le corps quelques secondes plus tôt. Mon esprit était comme hors de mon corps et cela me faisait un bien fou. Je me sentais libérée, enfin, j'y étais de nouveau !

Toute cette horreur fut remplacée par la douce odeur de la cannelle, son rire et le chatouillis de ses cheveux sur mon visage qui effaçait toute la peine qui trouait mon cœur et souillait mon âme. Jessee riait aux éclats et je courrai derrière lui entre les champs de blé pour l'attraper. Le soleil me réchauffait de ses doux rayons et je vis Matthew qui courait avec nous. La joie m'envahit et je riais de bon cœur avec eux. Que ces sons m'avaient manqué. Je courrai encore et encore jusqu'à n'en plus pouvoir afin de profiter de cet instant comme si c'était le dernier. Au bout du chemin, je me stoppai un instant pour reprendre mon souffle en demandant une pause, mais je les vis continuer dans le champ sans regarder derrière eux. Je les appelais, les suppliant de m'attendre, mais rien n'y faisait. Une angoisse sourde s'empara de moi et un rideau de pluie s'abattit sur eux. Ils se retournèrent vers moi et une ombre se glissa sur leur visage d'ange. Une ombre si menaçante que cela me fit frémir.

L'angoisse, la peur, la nausée, le corps endolori, tout me revint comme une claque au milieu de la figure. Le son si agréable de leur voix et leur présence si réconfortante furent teintés d'un gris terne et maintenant, une averse froide s’abattait sur moi. Leurs corps glissèrent sur le sol comme deux poupées de chiffon et ils s'effritaient sous les piétinements de cette présence terrifiante.

Je revins brusquement à la réalité en hurlant si fortement que cela me déchira la gorge et fit sursauter Caden qui me regardait d'un air encore plus douloureux que d'habitude. Des larmes roulaient sur son visage, j'aurais voulu les essuyer, lui dire que tout allait bien, mais ils nous avaient de nouveau attachés à ses chaînes meurtrières.

Je sentais le liquide blanc couler entre mes jambes et cela me donnait de nouveau la nausée. Ayant déjà recraché le peu qui me restait, je n'arrivai à rien de plus que des hauts le cœur. Impossible de parler ou de pleurer sans quoi, ils nous frapperaient encore. Je me décidai à me glisser sous la couette de mon lit dans un silence encore plus étouffant que les jours précédents. Ma poitrine me faisait tellement mal que j'avais l'impression qu'elle allait s'écarteler sur sa prison osseuse.

Je ne voulais pas affronter son regard, c'était plus fort que moi. Ça me crevait de l'intérieur, m’écartelait encore plus que le souvenir de ce que je venais de subir. Alors du bout des doigts, je caressai le collier encore présent en fermant les yeux à m'en faire mal pour tenter de fuir cette réalité de plus en plus horrible à supporter. Pour la première fois, je me demandais s'il ne valait mieux pas que je me laisse mourir pour échapper à tout ça. Me laisseraient-ils seulement le choix ?

Le lendemain, après la douche, c'est Caden qu'ils vinrent chercher. Il se débattit non sans mal et je me sentais bouillir de rage de ne pouvoir intervenir. Je comprenais que trop bien ce qu'il ressentait quand je partais avec eux. J'avais beau les provoquer, les supplier de me prendre, cela ne changeait rien. Ils l'emmenèrent en me laissant dans cette pièce froide et lugubre malgré la forte luminosité ambiante.

Les cris résonnèrent dans les couloirs, mais ce n'étaient pas les siens. On n'entendait pas ceux qui provenaient de deux étages au-dessus et je savais que c'était là qu'ils allaient, car j'avais vu dans son putain de regard de dégénérée qu'elle lui avait réservé la même chose. Ces gémissements suffisaient à me tordre l'estomac et me lever le cœur. Imaginer qu'il puisse subir ne serait-ce qu'un quart de ce que j'ai vécu hier me tuait.

Je me sentais sale et meurtrie, comme si je pourrissais dans ma chair. Depuis hier, quelque chose en moi avait changé. Quelque chose qui m'effrayait encore plus que leur torture et qui échappait à mon contrôle. Des pensées que je ne me reconnaissais pas envahissaient constamment mon esprit. Des images plus sordides les unes que les autres s'imposaient à moi dès que je fermais les yeux. Oui, cette fois, ils avaient réveillé un truc et j'étais à peu près sûre que c'était ce qu'ils cherchaient depuis le début. Derrière ma souffrance, était née une noirceur qui me sommait de la laisser prendre le contrôle.

Lâche prise, répétait la voix en boucle. Je peux te protéger, lâche prise.

Je me bouchai les oreilles et me serrais en boule sur mon lit. Cette volonté de tuer dans laquelle se confondait un incroyable sentiment de plaisir m'effrayait encore plus que leur torture. Je devenais quelqu'un d'autre. Ils étaient en train de me bousiller au sein même de mon âme et j'avais beau me raccrocher au souvenir de Matthew, à celui de mon fils, cela ne suffisait pas à la faire taire. Son rire sordide couvrait celui de mon fils, sa présence déchirait mes souvenirs et les peignait en une scène horrifique qui me faisait trembler d'effroi. Je me renfrognai encore plus sous ma couette en tentant de retenir mes sanglots pour ne pas déclencher le sonomètre. Va-t-on seulement sortir vivant d'ici ? Tom, Josh, Ellie ou encore Matthew, est-ce que vous nous cherchez ? Pourquoi personne n'est venu ? Ces questions sans réponses me hantaient aussi et ne faisaient que donner du poids à cette chose qui torturait mon âme.

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TDI = Trouble dissociatif de l'identité.

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ModesteContesse
Posté le 07/04/2021
J'AI COMPRIS ! Ils les torturent pour qu'ils fassent une dissociation d'identité pour qu'ils puissent torturer à leur tour (ou faire d'autres trucs pas cool, genre tuer)! C'est ce qu'a fait Hécate pour Kaya : elle a compris que la simple torture ne suffirait pas donc elle a passé le cran au dessus en sachant que viol serait quelque chose qui la briserait d'une manière que nul autre chose ne peut le faire. La description des sentiments de Kaya après le viol est à mon sens très proche de la réalité également.

Si je puis me permettre, je glisse une autre théorie : je pense qu'Hécate est passée par là elle aussi. Elle a fait cette dissociation de personnalité et c'est comme ça qu'elle s'est retrouvée là ! D'où cette impression de Kaya d'être face à une folle !

D'ailleurs petite suggestion : ne dis pas quelle est la signification de TDI ! En tout cas pas tout de suite ! Tu écris que Kaya n'a aucune idée de ce que ça veut dire, donc nous qui sommes dans sa tête, on doit rester dans le flou aussi ! C'est presque une question d'égalité finalement ^^ Moi je te conseille de balancer cette info plus tard, ça maintiendra un peu plus le mystère sur ce que recherche Hécate. On a déjà beaucoup d'infos avec l'expérience et la "crise de folie inconsciente" de Kaya ;)
Sklaërenn
Posté le 07/04/2021
J'adore tes théories. Je ne prends pas trop de risque en confirmant ta théorie pour Hécate, mais ils ne sont pas torturer pour finir par faire comme elle cela dit. Ton autre théorie cela dit s'en rapproche pas mal :)

Je note pour TDI, c'est que je n'aurais pas l'occasion de le glisser plus tard. Ça ne reviendra pas sur le tapis en fait.

Je suis contente que la retranscription des sentiments de Kaya se rapprochent de la réalité. C'est toujours compliqué de décrire comme il faut quelque chose du genre quand on ne l'a pas vécu soit même. Après, je n'aurais pas envie de le vivre pour comprendre le truc clairement. Je me suis principalement servie de ce que j'avais pu lire jusque là de témoignage de personne ayant pu vivre une telle chose.
ModesteContesse
Posté le 07/04/2021
Ahah yes, je suis trop contente que tu aimes mes théories :D Hâte d'en apprendre plus sur Hécate.

Ah d'accord, tu n'en reparles pas, c'est embêtant... Mais vraiment, moi je te conseille d'enlever la note de bas de page quand même ^^ On comprend très bien avec le comportement de Kaya et avec ce qui se passe dans les chapitres suivants qu'il y a une dissociation de personnalité de toute façon :) Mais à ce stade, ce serait cool de pas encore trop savoir tu vois ? Au pire, t'auras toujours des petits malins qui chercheront l'acronyme sur internet donc si les gens veulent vraiment l'info ils l'auront ^^

Oui c'est très compliqué c'est sûr ! Mais les témoignages sont souvent assez parlants, et d'après ce que j'en sais je trouve ça réaliste !
Sklaërenn
Posté le 07/04/2021
Oui, je vois. Je note la remarque pour la réécriture. Merci en tout cas pour toutes ces remarques / theories 😍
dodoreve
Posté le 13/02/2021
Bon, quand j'ai vu l'avertissement, je me suis dit que je n'allais pas lire, mais voir tes échanges avec Belara à propos des changements etc m'intriguait trop. Du coup j'ai lu en diagonale, parce qu'effectivement ça commençait à me mettre mal à l'aise... Du coup je me disais, peut-être que tu pourrais faire un résumé à la fin du chapitre, comme quand tu mets des notes, pour les personnes qui ne se sentent pas de lire ces passages ? Comme ça ça ne spoile pas les autres... C'est une idée comme ça, pour faire suite aux discussions qu'on a eues sur la question des avertissements etc, mais je comprends qu'elle puisse ne pas te sembler très intéressante !
Sklaërenn
Posté le 13/02/2021
Ça peux effectivement être intéressant. Je note l'idée pour le faire dès que j'ai un moment.
Belara
Posté le 18/01/2021
Bon décidément tu n’es vraiment pas tendre avec Kaya... mais c’est très intéressant de commencer à entrevoir le changement qui se passe en elle. J’ai un peu peur de ce que ça va donner ahah
Je suis aussi hyper intriguée par ces TDI, je m’imagine que ça va avoir une grande importance, peut être même la raison pour laquelle ils sont torturés ?
En tous cas je ne vois pas du tout où tu veux en venir et ça c’est top !
Sklaërenn
Posté le 19/01/2021
Contente que le flou soit encore présent, même si certaines personnes ont déjà compris certaines choses à partir du chapitre 9 ahah. Mais bon, ils ignorent encore à quoi ça va servir de faire ça au final, donc j'ai pas tout faut non plus xD. En tout cas, j'aime beaucoup ton hypothèse à laquelle la lecture répondra bien assez vite ( toujours au chapitre 9 minimum ahah )

Pour faire cette transition, je ne pouvais pas être tendre avec elle et encore je n'ai pas tout détailler, elle y reviendra elle même plus tard dans des flashback ( pas encore écrit XD ) sur des moments que je n'ai pas décrits, d'autre que j'ai décrits, mais voilà, il fallait que ça soit assez horrible pour qu'elle ai ce changement qui s'opère. Je suis contente de voir que cette transition que j'amorce à ce chapitre, la concernant, te plaise. Même si tu as toute les raisons de flipper xD

Merci pour ton passage en tout cas et j'espère que la suite te plaira tout autant !
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