Chapitre 6 - Les épingles

Par Soah
Notes de l’auteur : Bonjour bonjour ! Ca fait déjà quelques temps que le dernier chapitre est sorti... Mais je me suis dit qu'il fallait bien poster la suite c: J'espère que ça vous plaira !

Comparée à ma semaine d'isolement et d'enfermement, l'épreuve du tailleur de la Reine était bien pire. Debout depuis de longues heures sur un tabouret, le dos droit, la tête haute et avec l'interdiction de bouger, je n'avais pas d'autre choix que d'attendre que le couturier royal ait terminé son ouvrage. La fête qui était organisée pour que nous recevions nos nouveaux noms approchait à grand pas. Lady Noïra avait décidé qu'il serait plaisant que la cérémonie soit le point d'orgue d'un bal costumé. Depuis, tout le château était en effervescence. Les nobles de la cour rivalisaient les uns avec les autres pour trouver le costume qui serait le plus impressionnant. 

Je n'avais pas besoin de me creuser la tête pour me trouver un costume, comme toutes les autres novices de ma classe : les tenues que nous porterions seraient choisies par l'intendante et les futures marraines. Mon regard glissa doucement vers le coin droit de la pièce. Près du feu crépitant, assise à son bureau et la mine fermée, la Reine des Corbeaux supervisait distraitement la confection de mon costume. La tradition nous interdisant d'incarner quelconque symbole de vie, lady Agn avait repoussé toutes les premières idées qui étaient venues à l'esprit du couturier. Une fois qu'ils avaient réussi à se mettre d'accord, elle avait abandonné sa surveillance sévère pour se plonger dans un gros tas de parchemins.

 

— Aïe ! glappis-je en me tortillant un peu sur le tabouret. 

Une épingle venait de se planter dans la chair tendre de ma cuisse. Un bourgeon de sang remonta le long de la tige de métal pour éclore à la surface de ma peau. Le couturier avait aussitôt glissé un morceau de coton crème contre la petite plaie, pour éviter que la robe qu'il était en train de faire ne soit maculée de sang. 

— Ca n'arriverait pas si vous ne bougiez pas autant, mademoiselle ! commenta-t-il en mettant son mètre-ruban entre ses lèvres. 

— Je suis désolée. 

— Ce n'est pas de vos excuses dont j'ai besoin, mais de votre parfait maintien !

— Allons, maître Karm ne soyez pas si aigre, commenta la sombre souveraine en reposant sa lecture, peut-être qu'une pause dans le petit salon vous ferait le plus grand bien ? 

— Volontiers ma reine ! 

Le couturier déplia son dos qui craqua d'une manière sinistre. Jusqu'alors je n'avais pas fait attention à son âge, mais je réalisai combien il était vieux. Sa colonne vertébrale formait une voûte tordue et ses jambes semblaient pouvoir se briser au moindre souffle du vent. Il laissa tomber son gros monocle le long de son costume. Pendant quelques secondes, il me considéra silencieusement avant de pousser un petit soupir et d'aller dans la pièce d'à côté. Lady Agn se leva de son bureau et s'approcha de moi, m'offrant son bras pour que je puisse descendre de mon perchoir. La toucher aussi familièrement agita mon cœur, comme si on le secouait dans ma poitrine dans tous les sens.

— Ne t'en fais pas, ce n'est pas contre toi. Il a toujours été... Grognon avec les jeunes personnes, murmura-t-elle en me conduisant vers le canapé. 


Je lui adressai un sourire timide. C'était la deuxième fois que nous parlions rien que toutes les deux. La première ayant été pour me punir. Autant dire que je n'étais pas spécialement sereine. Mais lady Agn, elle, semblait tout à fait calme. La Reine s'installa à côté de moi et me servit une petite tasse de thé. 

— As-tu hâte de recevoir ton nouveau nom ? 

— Je suppose, oui. 

— C'est une bien drôle de réponse que tu as là. 

— C'est juste que... Ne le prenez pas mal mais j'ai l'impression que depuis mon arrivée ici, tout a filé si vite. J'ai encore du mal à réaliser ma chance d'être ici. 

— Je pense que c'est une bonne chose. 

— Que voulez-vous dire ? 

— Il est facile et tentant de se laisser entraîner par de sombres pulsions induites par la nouveauté et l’opulence de la vie de château. Beaucoup de jeunes filles en arrivant ici succombent à ce genre de choses et apprennent rapidement à abuser de leur status. 

— Oh, je vois. 

Quelques visages de personnes de ma classe me vinrent en tête. Quelques filles avaient beaucoup changé depuis leur arrivée. Claire la première. Même si mon amie n'était pas une mauvaise personne, je savais qu'elle comptait tirer partie de sa situation pour mener une existence à laquelle, elle n'aurait jamais pus rêver auparavant. 

— J'ai été agréablement surprise de voir que ce n'était pas ton cas.

— C'est peut-être un peu étrange mais... Je suis juste contente d'avoir trouvé ma place. Je ne demande rien d'autre. 

— Non, je te comprends. Malheureusement pour nous, en tant que porteuse du sang sombre, nos vies ne sont pas toujours faciles. Surtout lorsque l'on vit loin d'être grande ville ou de la capitale. Dans certaines provinces reculées où beaucoup de filles porteuses viennent au monde, les habitants préfère parfois tuer leurs petites filles à peine sortie du ventre de leur mère. 

— C'est affreux... 

— C'est compréhensible. 

Je haussai les sourcils à la fois outrée et surprise de la déclaration de la Reine. Son sourire s'étira un peu plus. Son expression habitait seulement de la bienveillance. 

— Élever un enfant n'est pas une chose facile. C'est une lourde tâche. Tous les parents n'ont pas le courage d'investir autant de ressources dans l'éducation d'un petit être qui pourrait leur être enlever. Le fait d'être oublié dévore bien des cœurs et pousse à certaines folies que tu ne peux pas encore comprendre.

— Je crois que si... Enfin, je veux dire... Je crois que je comprends un peu. Lorsque la chamane m'a dit que je ne pouvais pas continuer ma vie à Sessrùn, j'étais dévastée. Tout ce que je voulais, c'était resté là parce que c'était beaucoup plus simple. Je crois que je suis assez couarde : je n'aime pas vraiment les imprévus. 

Je me mis à rire doucement devant le constat de mon défaut le plus vilain. J'aimais que les choses soient toutes tracées, organisées, prévues... L'absence de cadre me terrifiait. Même si je jouissais de beaucoup de liberté lorsque je vivais encore avec ma mère, je savais que je pouvais la trouver en cas de problème. Je n'avais rien à décider par moi-même, sauf des choses insignifiantes et cela me convenait tout à fait. C'était peut-être pour cela que j'avais réussi à m'adapter rapidement à ma nouvelle vie : elle n'était faite que de règles et d'horaires à respecter. L'expression de lady Agn changea un peu, basculant dans une teinte que je ne connaissais pas. Son regard, d'ordinaire toujours sévère, sembla habité par une lueur aussi belle que triste avant de s'envoler. 

— Je crois que nous devrions reprendre la confection de ta robe. Plus vite elle sera terminée et plus vite tu pourras retourner te consacrer à tes études. 

Elle se leva, lissa sa robe d'un geste mesuré de la main puis, alla chercher le tailleur dans la pièce adjacente. Le vieil homme bougonna un peu à mon encontre avant de reprendre sa place devant le tabouret. Lady Agn m'aida à y remonter. 

— Avec une peau aussi jolie, je suis consterné d'avance devoir habillé cette petite en noir ! commenta le couturier. 

— Alors faites en sorte que les dernières couleurs qu'elle portera soient les plus belles qui soient.

La reine des Corbeaux détacha son regard du mien avant d'adresser un sourire presque narquois au costumier. Loin d'être offensé par la remarque, le vieil homme sembla s'animer d'une passion dévorante pour le défi qui venait de lui être lancé. Quant à moi, je croisais ma silhouette grossière dans un miroir de la pièce. Malgré l'ébauche de la robe qui pendait sur mon corps, je me trouvais banale. Cruellement, définitivement, tristement banale. 

 

 

*

 

 

— Alors, en quoi vas-tu être costumée pour le bal ? Il ne reste plus beaucoup de temps à peine deux semaines... Mais le couturier est venu me voir aujourd'hui et à prit mes mesures ! J'espère que ma tutrice aura choisi quelque chose de bien ! Je n'aimerais pas être oubliée à peine sortie de l'ombre ! 

Tout en disant cela, Claire rongeait avec soin la viande qui était encore attacher à un os. Toutes mes camarades ne parlaient plus que de la fête à venir. Le bal masqué serait pour nous la dernière occasion d'être des enfants normales. Après cela, nos visages et nos noms seraient connus comme faisant partit des Corbeaux. Je songeais à Trystan, serait-il à la fête ? C'était fort probable, après tout, il était un résident permanent du château... Que se passerait-il lorsqu'il me verrait aux côtés de Lady Agn ? Me pardonnerait-il de ne pas lui avoir dit la vérité ? Je n'avais pas eu beaucoup l'occasion de le revoir, ainsi à chaque fois que nous nous voyions, nous préférions nous occuper de Basile tout en discutant de choses bien plus plaisantes que mes mensonges. 

— Quelque chose ne va pas ? me demanda mon amie en posant sa main sur mon épaule. 

— Tout va bien, pourquoi ? 

— Tu as l'air distraite, je n'ai pas l'impression que tu m'écoutes ! déclara Claire avec une mine boudeuse. 

— Si, si, je t'écoute ! Excuse moi. Cette histoire de bal me fait juste un peu peur. 

— Je te comprends, moi aussi j'ai la trouille ! Je n'arrive pas à mémoriser les pas de danse ! Et puis je n'ai pas encore choisi mon Ombre ! 

— Ton Ombre ? Pourquoi ça ?

L'horloge indiqua que la période qui nous était allouée pour déjeuner était terminé. Comme une seule entité notre groupe se leva. J'abandonnai mes couverts dans mon assiette et rangeai mon coin de table. Claire passa son bras sous le mien et m'entraîna vers la sortie. 

— C'est vrai que tu n'étais pas là lorsque lady Ùln nous en a parlé. En plus de recevoir nos noms, notre première action en tant que Corbeau sera de choisir quelqu'un parmi la garde du palais pour devenir la personne en charge de notre sécurité. 

— Oh je vois... Dans ce cas, ne t'en fais pas, je n'ai pas encore choisi non plus. 

Un rire s'échappa de la gorge de Claire. Gênée, j'essayais tout de même de lui sourire. Je ne pouvais pas m'empêcher de me demander pourquoi elle ne m'avait pas prévenue. Elle avait probablement oublié, mais je sentis tout de même mon cœur se pincer un peu dans ma poitrine. 

— D'après lady Ùln nous ne sommes pas supposées choisir quelqu'un sans nous êtes concertée avec notre tutrice. La tradition veut que l'on annonce sans prévenir la personne choisie. Mais Mira et Ewa ont déjà demandé à des gardes de devenir leurs Ombres. 

— Ont-ils accepté ? 

— Ils n'ont pas donné leurs réponses, penses-tu sinon on en aurait déjà entendu parlé ! Mais je crois qu'ils ont fait savoir qu'ils étaient intéressés. 

J'essayai de me souvenir du visage de tous les gardes du palais que je connaissais. Mais Bromn revenait toujours en premier dans mon esprit. Néanmoins, lady Agn n'avait pas fait de commentaires à ce sujet les dernières fois que nous nous étions vues pour la confection de la robe. Peut-être avait-elle déjà une opinion arrêtée sur le sujet ? L'absence de réels choix était une facette de mon rôle qui commençait à me peser. 

— Je pense que j'aimerais bien demander à Gald, mais je suis sûre que d'autres filles l'ont déjà fait. 

Un soupir rêveur quitta ses lèvres. Je n'étais pas réellement certaine que le choix de son Ombre était motivé par les meilleures attentions. Mais pouvais-je vraiment critiquer cette manière de faire, puisque la mienne était uniquement basée sur le capitale sympathie de Bromn. Heureusement pour moi, la conversation ne reprit pas car nous entrâmes dans la petite salle de réception du château. Le bal approchait à grand pas et l'intendante avait bien l'intention de faire de nous de parfaites cavalières avant l'échéance fatidique.

Lady Noïra nous attendait, son assistante n'était pas loin derrière elle. Son corps noueux vêtu de noir, ressemblait presque à l'ombre de l'intendante. L'adolescente posait son regard sur nous avec un détachement presque inquiétant. Lors des cours de danse, elle prenait des notes en silence, décryptant le moindre mouvement, le moindre geste de chacune afin que Lady Noïra nous fasse part de conseils personnalisés. Les bavardages qui animaient la salle se turent. Le bâton dont la Corbeau se servait pour battre la mesure venait de frapper le sol par trois fois, signe que le cours commençait. 
  
Je me mis face à Claire et lui offrit ma main dans un mouvement que je voulais le plus délicat et gracieux possible. Elle accepta mon geste avec la même révérence avant de positionner ses paumes sur ma taille et mon dos. À tour de rôle nous étions cavaliers et cavalières, afin de pouvoir au mieux appréhender l'art complexe qu'étaient les danses de la cour. Lady Noïra se plaça derrière un piano – où était-ce un clavecin ? Et commença à laisser courir ses doigts sur l'instrument. Aussitôt, tous les duos se mirent à se mouvoir. Jupes et jupons s'enroulèrent autour de nos jambes, tantôt dans une corolle délicatement fermée tantôt dans un déploiement avenant. Malgré les nombreuses répétitions, je n'étais toujours pas très douée pour danser : je marchais souvent sur les pieds de Claire ou me trompais dans les pas. Quant à ma partenaire, elle avait beau dire qu'elle ne connaissait pas la chorégraphie, je trouvais qu'elle remplissait à merveille son rôle. Elle se mouvait avec légèreté et son sourire sincère transformait l'exercice en un moment agréable. 

La musique s'arrêta doucement, brisant par la même occasion la petite bulle qui nous liait. Lady Noïra fit signe à son assistante de venir la voir et prit ses notes. Son regard parcouru rapidement la feuille et elle commença à émettre des avis et critiques sur chacune. Claire fut félicitée pour ses progrès, moi pas. Je devais faire plus attention au rythme de la musique, à ma posture, mais aussi à la façon dont mes pieds circulaient sur le sol. Bref, tout était à revoir. Quelques sourires en coin se dessinèrent sur les visages des autres filles. Je les ignorai du mieux que je pus en gardant la tête haute malgré le feu de la honte qui brûlait les joues.

— Tu vas y arriver, murmura Claire. 

— Franchement, je n'en serais pas si sûre si j'étais toi, bougonnai-je. 

— C'est parce que tu es trop tendue ! Ne pense pas aux critiques, amuse-toi. 

— Mouais...
  
— Je t'assure ! Et puis essaie de te dire que tu es la plus belle, la plus forte et que tu t'en tamponnes des avis des autres ! Moi, c'est ce que je fais et ça fonctionne plutôt bien. 

La canne frappa à nouveau le sol, alors je ne lui répondis qu'avec un sourire avant d'échanger nos postures. Cette fois-ci, c'était moi qui guidais. J'inspirai profondément et bombai un peu le torse. La musique reprit et je restai pétrifiée pendant quelques secondes, parfaitement incapable de bouger ou de sentir le rythme du morceau. Ma gorge se noua et Claire due le remarquer, puisqu'à voix basse, elle se mit à compter pour moi. Un, deux, trois. Un, deux, trois. Après une nouvelle inspiration, je trouvai finalement le courage de me lancer. Les débuts n'étaient guère plus brillants que ma danse précédente. Je levai le nez vers Claire qui affichait un sourire ravi malgré mes maladresses. Son expression déverrouilla quelque chose, quelque part en moi. Mes pieds se mirent à bouger d'eux-mêmes alors que la musique m'emportait dans son tourbillon. Les critiques à la fin de cette danse n'étaient guère plus élogieux que les précédentes, mais on nota tout de même un changement dans mon attitude qui fut qualifié 'd'encourageant' par Lady Noïra. 

Les danses s'enchaînèrent ainsi pendant une grande partie de l'après-midi. À la fin de la journée, mes pieds me faisaient un mal de chien, mais je m'étais sentie progressée. Pendant ces longues heures, j'avais lutté contre ma crispation, contre mes à-priori et ma maladresse. Mais maintenant je devais affronter le couturier et cela risquait d'être bien plus désagréable. Cependant, lorsque je passais la porte des appartements de Lady Agn, je fus surprise de constater que nous n'étions que toutes les deux. L'ombre du costumier tyran ou de sa maudite pelote d'épingles était complètement absente de la pièce. 

— Pardonnez-moi, madame, Maître Karm n'est pas là ? Nous devions... 

— Continuer ta tenue ? Ma chère enfant, malgré les râleries de ce vieux grigou il semblerait que tu l'aies inspiré et elle est déjà prête, déclara-t-elle avec un petit sourire, les yeux rivés sur la montagne de papier qu'elle lisait. 

— Voulez-vous que je vous laisse tranquille dans ce cas ? demandai-je prête à déguerpir si on m'en donnait l'ordre. 

— Non, nous allons profiter de ce laps de temps pour discuter de choses importantes. Je termine de lire ceci et je suis à toi.

 

D'un geste de la main, elle désigna le canapé. En passant devant la cheminée je rajoutai une bûche dans l'âtre mourant. La pièce devint muette, ne laissant que le feu de cheminée s'exprimer au travers de divers craquements et grincements. Les silences de Lady Agn pouvaient avoir deux visages. Le premier était terrifiant et dévorant, symbole de sa colère. Le deuxième était apaisant et rassurant, une invitation à la méditation. Aujourd'hui, j'avais affaire à ce dernier ce qui me laissait une fantastique occasion de spéculer sur les sujets que nous allions aborder. 
Finalement, le bruissement du papier sur son bureau me tira de mes rêveries. La reine s'approcha de moi et prit place juste à mes côtés. 

— Comment c'est passé la leçon de danse d'aujourd'hui ? demanda-t-elle d'une voix posée. 

Parmi toutes les questions auxquelles je m'attendais, celle-ci était sans doute la dernière à laquelle j'avais songé. Il y avait presque une aura maternelle dans cette interrogation, quelque chose que je n'aurai jamais cru apercevoir chez elle à mon encontre. Mes joues me parurent soudainement un peu plus chaude tandis que je me raclais la gorge. 

— B... Bien, je suppose ? Je ne suis pas vraiment douée pour la danse, avouai-je. 

— Danser n'est pas quelque chose d'évident pour tout le monde, surtout à vos âges. Rassure-toi, personne ne s'attendra à ce que vous soyez déjà des cavalières accomplies lors de cette soirée. On attendra de vous d'autres choses autrement plus importantes. Surtout de toi, à vrai dire. 

Je savais très bien ce qu'elle voulait dire : en tant que sa future apprentie, j'allais être bien malgré moi au centre de l'attention et j'avais cela en horreur. Parfois, je me demandais pourquoi la reine n'avait pas jeté son dévolu sur une autre fille, quelqu'un comme Mira semblait tout indiqué pour rayonner en société. Moi, je n'en étais pas capable. 

 

— Je voulais savoir si tu avais une idée de qui tu souhaitais nommer comme Ombre. 


— Pas vraiment... Je pensais que vous choisiriez pour moi. 


— Je peux te recommander des personnes qui pourraient être tout à fait capables d'accomplir ce rôle, mais en aucun cas je ne prendrais cette décision à ta place, affirma-t-elle d'une voix douce mais sévère. 


— Dans ce cas... Croyiez-vous que Bromn ferait un bon choix ? 


— Ma foi, c'est un choix. Qu'est-ce qui te pousse à le faire ? 


— Eh bien... Ne riez pas, mais c'est lui qui m'a accueilli ici. Il m'a même proposé de venir le trouver si j'avais besoin de lui. Ça m'a plut. 


— Je vois. 


— Comment aviez-vous choisi la personne qui est devenue votre Ombre ? D'ailleurs, je ne la vois jamais... 


Un sourire mélancolique s'invita sur les lèvres de Lady Agn. Elle croisa les mains devant elle, sur ses genoux, signe qu'elle était en train de réfléchir aux prochains mots qu'elle prononcerait. 


— Je suppose que votre professeur d'Histoire n'a pas encore évoqué avec vous tous les détails du passé récent du royaume, finit-elle par dire en tournant la tête vers moi. 


Je répondis d'un mouvement négatif de la tête. Je n'avais pas très envie de dire quelque chose qui pourrait briser son explication. 


— Le prédécesseur du roi qui gouverne actuellement notre pays, n'était pas aussi bon que notre souverain actuel. On le surnommait Teodor le Boucher. Beaucoup de Corbeaux ont été prises en otage par les différents pays avec lesquels il avait des contentieux. Je ne fus pas une exception. Mon Ombre a donné sa vie pour me sauver. Je n'ai jamais voulu choisir quelqu'un d'autre qu'elle. Mysha était bien plus qu'une amie pour moi.

— Je vous demande pardon, je ne savais pas... 

— C'est pour cela que je ne veux pas intervenir dans ton choix. La personne que tu choisiras aura sa vie liée à la tienne jusqu'à ce que l'un de vous pousse son dernier soupir. T'imposer une personne ne me paraît pas juste. Ni approprié. Tous les gardes du palais sont de bons guerriers, la seule différence qui existe entre eux et la façon dont tu les perçois. 

— Alors, je choisirai Bromn. 

— Très bien. Je voulais également te parler de quelque chose... 

Soudain, on toqua à la porte. La reine suspendit sa phrase et recentra son attention sur l'entrée de la pièce, les yeux légèrement plissés et les lèvres presque froncées. Ces deux indices me dirent qu'elle n'avait pas prévu une autre visite que la mienne en cette fin de journée. D'une voix sonore, la souveraine sombre invita la personne à entrer. Deux gardes royaux s’engouffrèrent dans la pièce, suivis d'une femme que je n'avais encore jamais vu. Pourtant, elle me semblait familière. Vêtue d'une robe bleu pâle richement décorée de fils d'argent et de perles, elle portait de nombreux bijoux de la même teinte. Sa chevelure blonde-rousse était retenue par une résille et d'élégant ornements en métal clair qui circulaient autour de sa tête. Lady Agn se leva et salua la nouvelle venue d'une révérence. Aussitôt, je me levai également pour mimer les gestes de mon aînée. 

— Bonsoir votre Altesse, que puis-je pour vous ? 


Je baissai un peu plus la tête, réalisant que la femme devant moi était l'épouse du roi, Joanna d'Ys. Je n'avais jamais encore eu l'occasion de croiser le couple royal, ni même leurs deux fils et les quelques nobles de la cour que j'avais aperçus pouvaient se compter sur les doigts d'une main. Mon cœur se mit à battre la chamade, c'était la première fois que je me tenais face à une personne aussi importante. Je devais faire de mon mieux pour ne pas embarrasser lady Agn. 


— Le salut à vous également Madame. Le roi m'envoie pour que nous discutions des festivités à venir, surtout de la liste des invités les plus importants. 


Son accent roucoulait à mes oreilles, roulant comme la houle de la mer qui bordait Sessrùn. Lady Agn releva le buste et je fis de même quelques secondes plus tard comme le voulait le protocole. 


— Fort bien, répondit lady Agn, nous disposons encore de quelques cartons d'invitation pour le bal si vous avez des recommandations de dernières minutes à ce sujet. 


La reine de couleurs s'avança dans la pièce d'une manière que je trouvais bien grossière. Mais après tout, l'entièreté du château était à elle grâce à l'anneau de mariage qu'elle portait à son petit doigt. Après une moue légèrement boudeuse, elle sembla réalisé que j'étais là et m'adressa alors un regard presque surpris. La souveraine s'approcha dangereusement de moi. Ses yeux me parcoururent de la tête aux pieds et malgré ma lourde robe noire, j'avais l'impression d'être complètement nue.

 

— La rumeur disait donc vrai, vous avez pris un oisillon sous votre aile, commenta-t-elle une lueur intéressée dans la pupille.

— Oui. Elle sera officiellement présentée en tant que tel lors du bal, comme la coutume l'exige, répondit lady Agn avec un sourire aimable, mais figé.

J'avais le sentiment que les deux femmes ne s'appréciaient guère. Mais compte tenue de leurs rangs respectifs, elles n'avaient pas d'autres choix que de coopérer. 

— Laisse-moi te regarder de plus près ma colombe, déclara la reine en se penchant pour se mettre à mon niveau. 

Mon regard dériva vers lady Agn, qui silencieusement m'indique que je pouvais – et surtout devais, me plier à la requête de sa majesté l'épouse du roi. Je m'avançai donc de quelques pas, assez pour pouvoir observer les détails chatoyants de sa robe, mais aussi de son maquillage. Un sourire à l'apparence sincère anima les légers plis de son visage. Cependant ses yeux étaient aussi froids que la glace des fjords hivernaux. 

— Après ce qui est arrivée à la jeune Ki, je n'aurais pas songé que vous auriez prit une nouvelle pupille, commenta-t-elle d'une voix légère. 

— Vous avez aussi bien que moi, Joanna, que nous ne sommes pas éternelles, votre altesse. Les traditions de notre organisation doivent persister pour le bien du royaume.

— Bien évidemment... 

Un silence s'installa, creusant un peu plus la sensation lourde qui me grignotait déjà le ventre. La souveraine avança sa main vers moi et caressa ma joue. Un frisson me traversa toute entière. Je fis de mon mieux pour rester immobile avec un léger sourire sur les lèvres. 


— En tout cas, vous avez déniché un oiseau rare, on dirait. Elle me semble très... Exotique cette petite. Ça change de toutes ces filles pâles aux cheveux blonds. 
  
— Il est vrai que je place beaucoup d'espoirs en elle, répondit lady Agn, cela dit je pense qu'il est temps pour elle de prendre congé. Il commence à se faire tard et elle a encore beaucoup à faire pour demain.

— Comme c'est dommage. Je suis impatiente de voir son costume pour le bal. Je suis sûre que tu feras des débuts remarquables. 

— Je vous remercie votre grâce, répondis-je en articulant du mieux que je le pouvais. 

— Même sa voix est ravissante. 

— Nous reprendrons notre conversation un autre jour, tu peux t'en aller, déclara la souveraine sombre. 

J'effectuais une révérence, le cœur battant, avant de prendre congé des deux reines. Une fois en dehors de la pièce, je poussai un profond soupir de soulagement. Mes mains étaient moites et légèrement tremblantes. Sans que je ne le sache vraiment, avec la venue impromptue lady Joanna d'Ys, j'avais fait mes premiers pas dans les inextricables jeux de pouvoirs qui se jouaient à la cour du royaume des Os. 


 

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Zig
Posté le 16/04/2020
"Je crois que je suis assez couarde : je n'aime pas vraiment les imprévus." : Ah bah... bienvenue dans la troupe ma petite ! Je l'aime bien ce perso principal... on n'a pas vraiment le même âge, mais je m'identifie facilement, et je la trouve incroyablement attachante !

Et voici un premier antagoniste qui entre dans ta trame ? Elle m'a l'air bien dangereux, cette reine (et comme beaucoup, je tique sur sa couleur de cheveux, et celle de Trystan !)

Je continue sans perdre de temps **
Soah
Posté le 17/04/2020
Han, je suis contente que tu t'attaches à Nayla, ça me fait super plaisir ! >--<"
Le premier adversaire entre sur le ring, en effet ! :p...
L.A Marin
Posté le 10/04/2020
Ce chapitre m'a décoché un sourire; j'avais mes doutes et ils ont été confirmés lorsque la couleur des cheveux de son Altesse a été révélée... Aïe ça promet pour la suite !
Soah
Posté le 11/04/2020
Haha, je suis contente que plusieurs d'entre vous aient des doutes ! Certains pensent à d'autres choses à propos de Trystan, mais du coup je me dis que ce petit flou fonctionne :p
Merci !
Alice_Lath
Posté le 06/04/2020
Haha, ces Corbeaux me font vraiment penser au principe des geishas, je ne sais pas si tu t'en es inspirée avec la dichotomie femme de lettres et d'ombre/femme porteuse et côté lumière. Sinon, j'apprécie toujours autant ma lecture, on est vraiment happé dans l'univers, les décors et les personnages. Je suis aussi super curieuse d'en savoir plus sur ces intrigues de Cour huhu j'adooore les jeux de pouvoirs et les intrigues et les manipulations (goûts bizarres quand tu nous tiens hahaha)
Soah
Posté le 07/04/2020
Comme je parle japonais et que c'est une culture qui me plaît beaucoup, je m'en suis pas mal inspiré pour les Corbeaux en effet ! c: Avoir un nouveau nom lorsque l'on a une personne pour veiller sur soi, ce genre de choses etc, ça vient de là ! ^--^

Mais y a pas de soucis, c'est normal :p C'est même fait pour ! xD Toute la partie 1 me sert uniquement à mettre en place mes pièces pour l'échiquier politique par la suite :'
Autrement dit, c'est beaucoup de mots pour pas grand chose.
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 04/04/2020
Hello Soah !

Et bien ! Je suis très intriguée par ces jeux de pouvoirs :D

Je trouve que tu fais très bien ressortir les différentes personnalités de tes personnages au travers des mots que tu utilises et la construction de tes phrases. Ce n'est pas caricaturale, c'est juste comme il faut et même pour des personnages moins importants. Par exemple, je me suis sentie trop vexée quand le couturier a dit :
"— Ce n'est pas de vos excuses dont j'ai besoin, mais de votre parfait maintien !"
Alors que ce n'est même pas à moi qu'il s'adresse lol Mais ça montre le tempérament du gars. c'est très réussi ;)

A très vite pour la suite :)
Soah
Posté le 04/04/2020
Poui !

Tant mieux, c'est le but ! La Reine des Corbeaux est avant tout un livre avec de la géopolitique ^--^/ Toute la partie une me sert à bâtir l'ordre établi pour plus tard, héhéhé ! :>

Ton compliment me fait très plaisir, je suis ravie que chaque personne t'apparaisse comme étant unique même ceux qui ne sont pas très récurrents ! :)
oh non, il faut pas se vexer pour ce vieux hiboux voyons !! xD

A bientôt et merci beaucoup pour cette avalanche de commentaires <3
Litchie
Posté le 27/02/2020
Helloooo me voici de retour pour la suite !

Je ne l’ai pas encore dit parce que ce n’est pas l’objet du chapitre en lui-même, mais j’aime beaucoup l’idée du “nom d’adulte”. Je trouve que c’est un super concept, j’ai hâte de voir comment tu vas exploiter la cérémonie en elle-même et les répercussions que ça aura sur Nayla :D

 “ La tradition nous interdisant d'incarner quelconque symbole de vie” C’est tellement dur ! J’adore l’idée, hyper sombre ! Mais finalement assez dur pour une gamine de 11/12 ans :’D
 “Une épingle venait de se planter dans la chair tendre de ma cuisse.” C’est pas un peu bizarre de qualifier sa propre cuisse de “chair tendre” ?
 “pour éviter que la robe qu'il était en train de faire ne soit maculée de sang. “ alors je suis vraiment nulle à ce niveau, mais je pense que “soit” n’est pas le bon temps. C’est du subjonctif présent, or ton récit est au passé, donc je dirais que ça doit être un truc du genre “ne fût” mais il faut vérifier avec quelqu’un de plus compétent :’D
 “c'était resté là parce que c'était beaucoup plus simple.” Rester
 « Avec une peau aussi jolie, je suis consterné d'avance devoir habillé cette petite en noir !” je pense qu’il manque un “de” et c’est habiller ;)
 “le couturier est venu me voir aujourd'hui et à prit mes mesures !” a pris
 “la viande qui était encore attacher à un os. “ attachée
 “nous occuper de Basile tout en discutant de choses bien plus plaisantes que mes mensonges. “ il y a encore un e qui traîne ;)
 “allouée pour déjeuner était terminé.” Terminée
 “sur le capitale sympathie de Bromn.” Capital
 “Son corps noueux vêtu de noir, ressemblait presque à l'ombre de l'intendante.” Je dirais qu’il manque soit une virgule avant vêtu, soit il n’en faudrait pas du tout. Là elle coupe la phrase de manière curieuse.
 Claire commence à être louuuuche, elle est trop parfaite, ça va devenir une peste, je le sens !
 “Ma gorge se noua et Claire due le remarquer » dut ?
 “ Comment c'est passé la leçon de danse “ s’est passée
 “quelque chose que je n'aurai jamais cru apercevoir chez elle à mon encontre. “ le mot encontre me paraît bizarre, j’ai l’impression que c’est négatif encontre, alors que là dans le contexte ça ne l’est pas. Mais c’est peut être aussi moi qui connaît mal la définition du mot ^^;
 “mais c'est lui qui m'a accueilli ici.” Je dirais accueillie
 “Son accent roucoulait à mes oreilles, roulant comme la houle de la mer qui bordait Sessrùn. » la comparaison est joliiiie
 “elle sembla réalisé que j'étais là” réaliser
 “Mon regard dériva vers lady Agn, qui silencieusement m'indique que je pouvais” je pense qu’il y a une faute de frappe à m’indiqua ;)

Tant que j’y pense aussi, j’aime le concept des double-reines ! Et tous les jeux politiques que ça implique :D
Soah
Posté le 27/02/2020
Coucou ♥
Merci ! :D Comme ça je peux utiliser plein de prénoms sans jamais faire de répétition, mouhahahhaha (et puis, les caractères spéciaux sont faciles à faire sous mac, alors j'en profite :x :x)

Merci pour les coquilles ! >w< je ferais de mon mieux pour corriger tout ça lors de la V2 de la partie 1 !
:'D et une des deux est pas très contente de pas être la seule avec une couronne sur la tête...
Flammy
Posté le 27/11/2019
Coucou !

J'étais vraiment contente de me replonger dans cette histoire =D Mine de rien, malgré le temps, c'est passé tout seul, on se remet bien les événements en tête ^^

Je suis très intriguée par le costume de Nayla ! J'espère qu'il sera cool, même si elle risque de se faire encore moins aimer par les autres corbeaux parce qu'à mon avis, elle aura le plus beau ^^ D'un point de vue politique, ça me paraît "normal" de la placer devant les autres ^^ J'espère que Claire ne le prendra pas trop mal. D'ailleurs, ça m'a surpris que Claire parte dans la pente superficielle, mais pourquoi pas ^^ Après tout, c'est sûr que de passer de rien à la vie de château, ça doit changer une personne.

Pour le choix de l'Ombre, je trouve ça super que Agn laisse le choix à Nayla, parce que mine de rien, c'est vraiment une décision importante (un peu comme un mariage au final) et que c'est une preuve qu'elle lui fait confiance. Par contre, la suite avec l'épouse du roi... Je sens que ça va chauffer ='D En même temps, cette situation cheloue avec deux femmes ultra importantes sans qu'il y ait forcément de hiérarchie et où elles ont des rôles bien différents, c'est sûr que ça doit créer des étincelles.

Et du coup, Nayla est pas la première élève de Agn ? Je suis très curieuse de savoir ce qui lui est arrivé ! Bon, elle doit être morte, mais comment ? Les intrigues du palais doivent être violente, et je me demande du coup si ça vient pas de l'épouse du roi. Après tout, elle peut penser que c'est bénef pour elle si ya plus de reine et qu'elle peut récupérer le titre.

Bref, j'apprécie vraiment beaucoup <3 J'espère la suite arrivera bientôt !

Pluchouille zoubouille !
Soah
Posté le 27/11/2019
Coucou Flammy ! :D
Je suis contente de te voir par ici, vraiment !

:> Nayla sera un peu chouchoutée pour sa tenue, oui ! Faut bien que ça soit un peu "fun" d'être l'héritière d'Agn ! Pas que des corvées et des leçons en plus ! xD

Je suis ravie de voir que tu apprécies l'univers et que tu le comprennes aussi bien malgré les longues coupures entre les publications ! :)
L'épouse du roi est un personnage ma foi fort sympathique avec lequel écrire, je pense que c'est le genre de femme que l'on apprécie détester ! x')

Et en effet, Nayla n'est pas la première... Quant à ce qu'il est advenu d'elle, mystère ! :p

J'essayerais de poster la suite plus rapidement ! Je devrais avoir un peu de temps pour faire ça dans la semaine prochaine ! :D

Des bisous ^v^
AudreyLys
Posté le 25/11/2019
Coucou !
Ça fait plaisir de retrouver Nayla. Ce chapitre est tout en nuance avec une Claire qui apparaît plus humaine et qui fait moins « side-kick classique ». J’aime bien aussi la confrontation des deux reines, ça lance tout un tas d’intrigues possibles.
J’ai repéré quelques coquilles, rien de bien grave. En fait le seul reproche que j’aurais à faire concernant ce chapitre, et c'est la première fois que je le remarque sur un de tes écrits, c’est un peu trop de « tell » et pas assez de « show ». Plusieurs fois dans le chapitre tu nous expliques ce que tu nous montres. J’ai noté trois fois où j’ai trouvé ça gênant : 1)Quand Nayla nous explique qu’elle n’est pas bonne en danse - on le voit très bien pendant le cours 2)Quand on toque à la porte, dans la dernière scène, et qu’on nous dit que le reine corbeau ne s’attendait pas à recevoir de la visite - décrire l’expression de son visage suffit 3)Quand on nous dit que les reines s’affrontent - c’est obvious, et tu nous le montres très bien.
Sans transition, les coquilles :
>je savais qu'elle comptait tirer partie de sa situation pour mener une existence à laquelle, elle n'aurait jamais pus rêver auparavant. ->pu
>Surtout lorsque l'on vit loin d'être grande ville ou de la capitale. -> Je ne comprends pas cette phrase
>Tous les parents n'ont pas le courage d'investir autant de ressources dans l'éducation d'un petit être qui pourrait leur être enlever. -> enlevé
>comme faisant partit des Corbeaux -> partie
>j'avais aperçus pouvaient se comptaient -> compter
elle sembla réalisé que j'étais là et m'adressa alors un regard presque surpris. -> réaliser
>Mon regard dériva vers lady Agn, qui silencieusement m'indique que je pouvais -> m’indiqua
Vous avez aussi bien que moi, Joanna, que nous ne sommes pas éternelles, votre altesse. -> mettre deux fois le nom/titre de son interlocuteur quand on s’adresse à lui n’est pas très naturel, d’autant que « Joana » est très familier au contraire de « votre altesse »
>Je vous remercie votre grâce, répondis-je -> Il me semble que « votre grâce » doit être avec majuscules
Voilà c’est tout ^^ je suis très curieuse de savoir quel sera le nom de Nayla, j’espère qu’on le connaîtra dans le prochain chapitre :D
Bisouilles !
Soah
Posté le 27/11/2019
Coucou !
Désolée d'avoir tardé à répondre, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour moi dernièrement ;n;

Je suis content que le chapitre t'ai plus et surtout que tu aies vu ce que j'essaie de faire avec Claire. J'essaie de faire de mon mieux pour que tous les personnages secondaires ne soient pas que des personnages classico-classiques ! ><

Je vois tout à fait ce que tu veux dire avec le "show" et le "tell" je pense que j'ai un peu eu le syndrôme de l'escargot de l'idée qui s'enroule sur lui même. A force de bien vouloir montrer tel truc, j'insiste trop dessus.
Merci beaucoup d'avoir relever ça et pour les coquilles ! Ca m'aidera beaucoup quand je ferais des grosses relectures plus tard ^-^/

Poutoux !
Sorryf
Posté le 22/11/2019
Toujours un plaisir de retrouver cette histoire \o/
je commence par un HS : je me rappelle plus si je te l'avais dit mais la couverture est vraiment sublime <3 !!

J'aime bien ce chapitre qui a l'air un peu transitoire mais contient plein de petits détails importants.
On voit une nouvelle facette de Claire, un peu plus "calculatrice", plus "superficielle" que ce qu'on imagine pour la seule amie de l'héroïne. ça m'a beaucoup plu ! parce qu'elle reste sympa malgré ses petits défauts qui la font ressembler aux autres (avec qui l'héroïne ne s'entend pas). ça donne a Claire un côté normal, et vivant, je trouve ça vraiment chouette et je l'aime encore plus !
Choisir une Ombre... ça me plait aussi ! va pour Bromn (dont je me rappelle vaguement mais c'est ta faute aussi, tu postes trop lentement xD) et j'espère que Claire aura le BG xDDD
Et a la fin, la confrontation des deux reines, ça fait monter la tension ! tout en politesse et apparences... brrr, je ne suis pas sure que Nayla soit armée pour ce genre de manigances. Je note que ça a mal fini pour sa prédécesseuse... intriguant tout ça!
Soah
Posté le 27/11/2019
Coucou ! :D
J'ai enfin un peu de temps pour moi donc, je peux répondre aux commentaires ! youhou !
Déjà, merci pour la couverture ! :D J'ai pas trop de mérite, ce n'est pas moi qui ait fait l'image dessus vu qu'elle est libre de droit - juste la mise en page, le choix typo et quelques modifications ;3

Je suis contente que tu aimes ce chapitre ! A partir de là, les informations et la mise en place vont être un peu plus "dense" du coup j'espère que ça sera toujours plaisant °//°
Promis, j'essayerais de poster plus souvent pour que tu n'oublies plus les personnages (xD) mais je ne garantis rien !... Surtout que la réécriture de Givre est en route ! J'alterne un chapitre de Givre, un chapitre des Corbeaux ! :D

Bref, merci d'être passé ici, ça me fait toujours super-méga-giga plaisir ! ♥
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