Chapitre 6 : L'apesanteur ne diminue pas le poids de la bêtise

Aussitôt, Amaterasu se précipita sur Inare. L'Esprit de feu flamboya si fort que la neige fondit sur son passage. Juste derrière, Na rugit : 

 

— Je t'ai dit de te taire ! Ne parle pas de Suhei COMME ÇA !

 

Mais Inare ne flancha pas. À la place, il soupira et un air de tristesse se peignit sur ses pommettes pâles. Il baissa la tête et souffla : 

 

— Tu ne peux rien me faire, Na. Tout ce que je fais, je le fais pour toi.

 

Amaterasu rebondit alors à quelques centimètres du garçon et disparut dans un tas de feuilles humides. Très vite, il s'en échappa une fumée et Na se précipita dans sa direction. 

 

Amadeus n'avait toujours pas bougé. Les pièces du puzzle s'assemblaient peu à peu dans son esprit encombré. Les mots de Claude et Mehdi lui remontèrent en mémoire, avec toute leur étrangeté. Le soir où ils avaient apporté les devoirs à Na, Claude avait signifié qu'être persuadé d'agir pour autrui n'était pas systématiquement bénéfique.

 

L'éclat fou dans les yeux d'Inare le lui confirma bien vite. Le Sorcier avait perverti la règle de la Nature. Ou plutôt, l'affirmait en un absolu effarant. 

 

— Elle te demande de te taire, s'entendit soudain dire Amadeus. Pourquoi tu continues ? 

 

Inare se frotta les joues. Derrière, sa queue s'agita un peu plus, signe de son irritation. À sa gauche, Na avait récupéré Amaterasu et serrait la flamme presque éteinte contre elle. Si ses yeux pouvaient tuer, Inare aurait été crucifié au toit du lycée.

 

D'ailleurs, les bruits de pas des élèves de retour dans leurs classes se rapprochaient. Amadeus frissonna : s'ils ne voulaient pas de problème, ils n'avaient plus beaucoup de temps pour agir. Après, ce serait les heures de colle, surtout s'il se ramenait en cours avec ses affaires boueuses. 

 

Et puis Na... Elle semblait vraiment hors d'elle. Elle avait besoin de tout sauf d'une remontrance d'un professeur. Et puis, comment Inare réagirait face à un enseignant ? 

 

— Na est là pour retrouver son frère, cracha Inare. Tu croyais qu'elle était venue dans ce trou perdu par plaisir ?

 

— Inare ! reprit Na. Arrête !

 

Amadeus aurait voulu se boucher les oreilles, mais pourtant il en fut incapable. À la place, il se contenta de serrer un peu plus fort les poings. Il avait une profonde envie de casser ce joli nez un bon coup et ainsi obliger le Sorcier à arrêter de torturer son amie.

 

— Son frère, poursuivait Inare, qui est donc un traître. Il a fait un Dernier Souhait, perdu ses pouvoirs, quitté le Village sans un mot et est recherché par la Rotonde car il aurait attaqué une Sorcière après son départ. 

 

— On n'en sait rien! protesta Na. Je suis là pour l'écouter se justifier! Suihei n'est pas comme ça !

 

— Suihei, réalisa soudain Amadeus. C'était le nom d'un surveillant ici. C'était ton frère ?

 

Na baissa la tête et serra Amaterasu un peu plus fort. Amadeus avait donc sa réponse. Sans trop savoir pourquoi, il se sentait profondément blessé par toutes ces cachotteries. Pourquoi Na ne leur avait pas dit ? Pourquoi dissimuler ça après leur avoir confié le secret de sa nature de Sorcière ?

 

Et surtout, pourquoi cet Inare était au courant ? 

 

— Il a forcé la Nature, s'esclaffa Inare sur un ton sinistre. Il a violé son serment d'altruisme pour un égoïsme primaire. Puis, plutôt que d'assumer son méfait, il a essayé de voler les pouvoirs d'une autre Sorcière afin de tenter de retrouver les siens.

 

Na se prit la tête entre les mains. Son chapeau se décrocha et ses longs cheveux noirs coulèrent sur ses épaules. Tout son corps se trouva agité de sanglots.

 

— Arrête, hoqueta-t-elle. Tu mens. On n'en sait rien. 

 

— Je fais confiance à Na, moi, répondit alors Amadeus en levant le menton. Je ne te connais pas, mais je vais te demander de partir. 

 

Inare secoua la tête et se laissa retomber au sol. Il bâilla, sans pour autant se départir de cette mine triste et rageuse qui se disputait son visage. 

 

— Tu ne peux rien faire pour Na, dit-il. Tu ne peux rien. 

 

— Je peux tout ! répondit Amadeus sans même réfléchir. Moi, je la fais pas pleurer ! T'es qui pour débarquer, déballer ses secrets et encore penser que tu l'aides ?

 

Le lycéen s'approcha, prêt à en découdre. Inare fit de même et leva son menton pointu. Alors, Amadeus sentit la poigne chaude de Na sur son bras. Comment pouvait-elle brûler à ce point au beau milieu de la neige et du vent ? Il retint son désir de se battre pour l'aider à se relever. 

 

Une fois debout, les joues rougies et gonflées, elle tapota sa jupe.

 

— Merci, souffla-t-elle à Amadeus. Mais c'est mon histoire. Je dois l'accepter.

 

Il baissa les yeux et eut soudain une violente envie de pleurer à son tour. La Sorcière lui frôla le bras comme pour un adieu tandis qu'Inare se mit à rire. Tout son visage pétillait d'une joie absurde.

 

— C'est ça, fit le Sorcier. Rentrons tous les deux !

 

Na esquissa un pas dans sa direction. 

 

— Je suis désolée, murmura-t-elle. Vraiment. 

 

Amadeus entama un geste pour la retenir. Peine perdue, le poing de la Sorcière fusa et s'écrasa en un craquement sourd sur la pommette d'Inare. Le Sorcier roula à terre, trempant ses vêtements blancs dans la neige. Très vite, sa joue se mit à virer écarlate. 

 

— Encore à compter sur la Nature, fit alors Na à la stupéfaction d'Amadeus. Je ne peux peut-être pas t'attaquer avec des Esprits, mais rien ne vaut une bonne beigne pour les gamins impertinents de ton genre. 

 

— Tu ne rentres pas avec moi ? gémit Inare. Non, je pensais...

 

— Rentrer avec toi ? Sans Suihei ? Je devrais te frapper une deuxième fois pour avoir suggéré une aberration pareille. 

 

Inare se recroquevilla. Pendant un instant, Amadeus eut peur qu'il réponde, mais le Sorcier se contenta de replier ses jambes dans la neige. Les larmes gonflaient ses paupières, mais il les retenait avec plus ou moins de succès. 

 

— Ton frère ne te mérite pas, ajouta-t-il. Tu n'as pas à pourrir ta vie pour la sienne.

 

— Merci pour le conseil, persifla Na. Mais je dispose de mon temps comme une grande.

 

— On ne doit pas traîner, s'inquiéta Amadeus à mesure que les bruits des élèves se rapprochaient. Il faut que l'on y aille avant qu'on remarque qu'on est pas là.

 

— Pas tout de suite, rétorqua la Sorcière. Je n'en ai pas fini avec ce stalker. Depuis combien de temps tu me surveilles ? 

 

— Quelques semaines, avoua Inare. Je reste sur le toit du lycée la plupart du temps.

 

L'étrange éclair blanc qu'Amadeus avait aperçu au cours de leur match de foot, le jour où Na avait commencé le lycée, lui remonta en mémoire. Le lycéen avait pris cette hallucination pour une sorte de fantôme tiré de son imagination. Il n'était donc pas fou : il avait bien vu quelque chose, et c'était Inare. 

 

— Et ensuite ? interrogea Na avec virulence. Quand je ne suis pas au lycée, qu'est-ce que tu fabriques ? 

 

— Na, tenta Amadeus pour la calmer. Il ne faut pas que les profs nous voient dans cette situation. 

 

— Laisse-moi ! se dégagea-t-elle avec brutalité. Tu n'as aucune idée de ce que c'est que perdre son frère ! Tu n'y connais rien !

 

Blessé, le lycéen recula d'un pas avant de revenir à la charge. Il mit de côté toute sa sensibilité écorchée pour tenter au moins de lui faire entendre raison. Et surtout d'éviter un scandale dans l'école si un enseignant surprenait cet étrange manège sur le toit de l'établissement. 

 

— S'il te plaît, appuya-t-il d'une voix plus douce. Camille et Valentine vont s'inquiéter. 

 

Il lui prit la main au même instant et s'attendit à ce qu'elle la retire en le traitant de tous les noms. À la place, elle serra ses doigts un peu plus fort. Il pouvait sentir son poul battre près de son pouce et l'incroyable tièdeur de sa peau malgré la neige, sans doute une faveur de Sorcière. Quand elle recommença à attaquer Inare, il remarqua un flocon fondre le long de ses pommettes. Il avait l'éclat d'un fragment d'étoile.

 

Un flocon chaud. Salé. Il se surprit à vouloir tendre le doigt pour le recueillir, certain qu'il serait éternel dans sa main. 

 

— Ne t'énerve pas pour lui, reprit-il. Pas ici. Après, promis, je t'aiderai à te faire un manteau avec la fourrure de sa queue. Un beau manteau en renard. Tout chaud et tout doux.

 

Il ne sut pas pourquoi il avait sorti cette bêtise, mais Na se tut. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire nerveux et Inare profita de la brève accalmie pour se remettre debout. Le Sorcier avait les traits défaits et il aurait pu se briser en éclats de glace sous leurs yeux qu'Amadeus n'aurait pas été plus surpris que cela. 

 

— Rentrons, insista le lycéen. Ne te mets pas dans des galères pour ça.

 

— Je confirme, fit une voix grave depuis la porte du toit. Heureusement que Camille avait notre numéro depuis cette histoire de devoirs. 

 

Tous les trois sursautèrent et aussitôt, Na lâcha la main d'Amadeus, comme une enfant prise en flagrant délit de vol dans une confiserie. Là, au bord de la rambarde, bien trop loin de la porte d'accès pour pouvoir y être passés, Claude et Mehdi avançaient dans leur direction. Claude, les bras croisés, jetait des regards noirs aux environs. Même Mehdi, d'ordinaire plutôt jovial, arborait un air grave. Camille et Valentine ne semblaient pas les accompagner, alors par où les deux hommes avaient-ils pu entrer ?

 

Une fois devant le trio, les adultes s'arrêtèrent. D'un geste de la main, Mehdi balaya l'air. À quelques mètres, la porte d'accès au toit claqua et le son d'un verrou se fit entendre. Visiblement, ils n'allaient même pas pouvoir compter sur l'arrivée inopinée des élèves et professeurs pour échapper au savon.

 

Amadeus déglutit et en vint à se demander depuis quand récupérer son sac de cours aboutissait à des conséquences aussi délirantes. Il s'était lancé dans cette mission pour éviter les représailles des Labaky le soir venu et voilà qu'il allait se prendre une volée de Claude et Mehdi et de ses parents en plus quand ils découvriraient l'état de ses affaires. 

 

— Comment, hoqueta-t-il, par où... d'où...

 

— Un peu de magie, souffla Mehdi en captant son incompréhension. Vive la téléportation avec une nièce pareille.

 

Na s'apprêta à répliquer, mais Amadeus lui balança un léger coup de pied dans le tibia. Les Sorciers avaient déjà fait assez de dégâts comme ça pour la journée. 

 

— J'ai le droit d'être là, clama Inare. Je dois protéger Na ! C'est à moi de le faire !

 

Claude s'approcha de lui et le saisit sur ses épaules à la manière d'un paquet de viande. Aussitôt, Inare se mit à gesticuler et à frapper le dos musclé.

 

— Lâche-moi ! beugla-t-il si fort qu'Amadeus eut peur que les élèves l'entendent. Pour qui tu te prends ? Déviant ! Traître ! 

 

Claude ne broncha pas. À la place, toujours aussi muet de rage, il jeta un regard si noir à Na que la Sorcière baissa la tête et comprit enfin qu'il était temps pour elle de faire profil bas. 

 

— Oh, tu m'entends, vieux débris ? poursuivit Inare. C'est du kidnapping, de l'enlèvement de mineur ! Pervers ! Déjà quand on voit ton choix d'époux ! Un détraqué pareil !

 

Si l'oncle de Na n'avait jusqu'alors pas bronché, la dernière phrase l'amena visiblement à son point de rupture. Il fit basculer Inare et accomplit une clef de bras si violente que le Sorcier lâcha une exclamation de douleur.

 

— Insulte-moi, gronda Claude. Peu importe. 

 

Il se baissa de manière à mettre ses yeux à la hauteur du Sorcier qui avait soudain blêmi et perdu l'usage de sa langue. Sans doute réalisait-il qu'il avait sorti la provocation de trop. 

 

À côté de Na, Amadeus ne comprenait pas ce à quoi Inare faisait allusion. Mehdi était un Sorcier comme eux pourtant, alors pourquoi cette haine ? Le visage fermé de Na lui confirma que quel que soit ce secret, c'était quelque chose d'assez grave pour condamner Inare à ses yeux. Seul Mehdi parut peu affecté, en dehors d'un rapide rictus qui s'effaça bien vite derrière son air concentré. 

 

— Mais reparle de Mehdi comme tu le fais, reprit Claude, et je ferai en sorte que tu retournes sur-le-champ à Brocéliande et que tu sois puni jusqu'à la fin de ta scolarité. La Rotonde entendra même parler de ton harcèlement envers Na. Tu ne veux pas ça, non ?

 

Inare secoua la tête. Apparemment, lui non plus ne voulait pas cela.

 

— Je te laisse boucler le tout ? fit Claude à Mehdi. J'emmène ce mariole à la bergerie pour qu'on ait une petite discussion. 

 

Dans le même geste, il attrapa le jeune Sorcier par l'épaule et l'obligea à avancer droit devant. Mehdi n'avait pas répondu, mais l'éclat de ses yeux accusait réception. Claude adressa un signe de tête grave à Amadeus et disparut dans le vent sans que le lycéen ne puisse esquisser un geste. 

 

Là où Inare et l'oncle de Na s'étaient tenus dans la neige, seules leurs traces de pas attestaient de leur présence un instant plutôt.

 

— C'est génial, murmura Amadeus malgré lui. C'est dingue de pouvoir faire ça.

 

— Bien, soupira Mehdi, on a du pain sur la planche. Déjà, dans l'immédiat, on va récupérer tes fournitures.

 

Na n'avait pas bougé. Amadeus se courba un peu vers elle ce qui doucha l'enthousiasme d'avoir assisté à une téléportation. La Sorcière semblait défaite et il retira la main au moment de frôler sa tête. Il n'avait pas le droit. Il le sentait dans chacune des fibres de son être. Aussitôt, son bref pic de gaieté disparut comme il était venu. La morosité revint et avec le souvenir d'Inare. Le Sorcier lui était vraiment antipathique et il espéra que Claude le renverrait chez lui pour de bon.

 

Dans le même temps, Mehdi esquissa une chorégraphie lente. La neige avait recommencé à tomber. Elle tombait en duvet blanc que le vent balayait. La surface s'envolait alors en une pluie de sucre cristal pour s'essouffler un peu plus loin. Le ciel affichait une pâleur de mort et la terre une douceur de lit. Et entre les deux, Mehdi frissonnait. Amadeus fronça les sourcils quand au sol, une de ses feuilles s'envola pour se ficher dans son cahier.

 

Ce qu'il avait pris pour un phénomène simplement curieux ne s'arrêta pas là. Il vit Na se lever pour aller fixer la rue, accoudée à la rambarde, mais les mimiques de Mehdi retenaient toute son attention. À ses gestes, la boue se détachait des pages et tout respirait le flambant neuf. Ses stylos volaient depuis le trottoir désert, glissaient le long des murs pour échapper à l'oeil des élèves et regagnaient sa trousse, recousue pour l'occasion.

 

Il aurait pu penser les objets dotés d'une volonté propre s'il ignorait que Mehdi avait demandé à la Nature, pour récompenser le lycéen, de lui rendre ses affaires comme neuves. Il fallait croire que la Nature avait accédé à une requête aussi tirée par les cheveux. Le pourquoi du comment de cette relation "magique" lui échappait.

 

La punition d'Amadeus s'éloignait et il aurait pu s'en réjouir si un cri viscéral n'interrompit pas immédiatement le rituel de Mehdi. Le sac retomba en un clac lourd, tout juste refermé. Sauf qu'Amadeus n'eut pas la tête à le récupérer.

 

Ce cri, c'était celui de Na.

 

Aussitôt, le lycéen se précipita vers la Sorcière, avant même que Mehdi n'esquisse un geste. 

 

— SUIHEI ! hurla Na avant de se tourner vers eux. Il est là ! Je le vois !

 

Lorsqu'Amadeus rebondit contre la rambarde, faute de freiner à temps, le souffle lui manqua. À sa droite, la jeune Sorcière se mit à s'égosiller vers une silhouette sur le toit d'en face : 

 

— Je suis là ! Suihei !

 

Amadeus plissa les yeux. Difficile à dire avec la distance, mais il semblait bien que son ancien surveillant de lycée se trouvait de l'autre côté de la rue. Alors, il joignit ses mains en porte-voix pour soutenir Na dans ses exclamations : 

 

— Ta soeur est là ! Viens !

 

Mehdi se cala juste derrière eux et Amadeus l'entendit grogner : 

 

— La présence d'Inare l'aura attiré... Inutile de venir nous narguer s'il ne compte pas rentrer.

 

Et effectivement, malgré leurs hurlements qui avaient rameuté les élèves à la fenêtre de l'établissement, la silhouette s'effaça entre deux bourrasques de neige. De l'autre côté du toit, des coups résonnaient contre la porte d'accès. Juste en dessous d'eux, les murmures et exclamations des lycéens dans les classes montaient jusqu'à leurs oreilles.

 

Sauf que toute cette urgence ne les concernait plus. 

 

Amadeus ignorait pourquoi Suihei avait décidé de se montrer maintenant pour s'échapper ensuite. Il ne savait pas non plus pourquoi son ancien surveillant avait démissionné et quitté son village.

 

Tout ce qu'il savait dans l'immédiat, c'est qu'il le haïssait. Il baissa les yeux vers son amie. Elle hoquetait de douleur et crispait les doigts sur sa poitrine, comme si son coeur sur le point de se briser. Ses cheveux mouillés collaient à ses joues.

 

Na pleurait à gros sanglots et la neige détrempait ses jupons. Elle sanglotait et gémissait. Mehdi tendit le sac neuf à Amadeus, et attrapa Na comme une princesse dans ses bras.

 

— Tu sauras, fit-il au lycéen sur le toit. On te racontera tout. Dans l'immédiat, Na a besoin de repos. Viens à la bergerie avec Valentine et Camille à l'occasion. 

 

Puis, il disparut à son tour, comme si une partie du décor avait été découpée. Le vent portait encore un peu l'odeur de cannelle de Na.

 

Amadeus resta donc là, avec son sac, hébété, jusqu'à ce qu'un enseignant le trouve sur le toit. Il passa le samedi suivant en colle et fut privé de sorties une semaine, faute de pouvoir fournir une explication vraisemblable à sa présence à cet endroit. 

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Le Saltimbanque
Posté le 01/02/2021
Et rebonjour !

Très bon chapitre, qui pour moi a même corrigé certains défauts (pour moi) des chapitres précédents. J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire.

Claude et Mehdi deviennent plus attachants et intéressants je trouve. Avant ils étaient juste "les oncles sympas de Na", et maintenant j'arrive vraiment à plus les distinguer, à plus savoir qui ils sont. La sévérité de Claude est aussi bien retranscrite que le côté plus doux de Mehdi. L'amour très fort entre eux est touchant tout en restant dosé comme il faut.

Inare, que j'ai bien plus apprécié dans ce chapitre. Enfin non, je le déteste, mais je le trouve bien mieux écrit. Je pense que c'est du à une caractérisation plus juste. Le côté "grand méchant" a été enlevé et maintenant il est écrit comme il est réellement : un gamin immature, jaloux et égoïste mais qui a des pouvoirs bien trop dangereux pour lui et les autres. La beigne qu'il se prend est ma foi fort réjouissante. Rien à dire, Inare est bien plus réussi dans ce chapitre je trouve.

Je trouve aussi que la relation entre Na et Amadeus décolle enfin ici. Avant, je ne ressentais rien de spécial dans leurs relations (Amadeus est in love, mais Na avait l'air de ne pas avoir grand chose à faire de lui). Leur rapprochement est ici cohérent, bien écrit, bien dosé. Je commence maintenant à distinguer leur relation très forte du prologue, et c'est cool !

Mes deux reproches ici sont trèèèèèèès personnels, mais j'aurais aimé garder encore un poil de mystère sur le sort de Suihei. Dire qu'il a violé le serment de la Nature était suffisant : apprendre qu'il a fuit après avoir "tuer" quelqu'un... bon, je devine que rien n'est aussi simple, mais je trouve que c'est un poil trop rapide. Après, j'adore avoir les révélations au compte-goutte : et là, j'ai plus eu un grand verre d'eau d'un coup.

Suihei tiens. C'est un nom quand même assez particulier, surtout dans un village français sans histoire : je trouve alors un peu gros qu'Amadeus n'ait tiqué que maintenant. C'était son surveillant ? C'est si facile ? Mais alors pourquoi Na en a-t-elle pas plus appris ? Je veux dire, son enquête en était alors très simplifiée : elle pose des questions dans l'école, "vous connaissez un Suihei ?", et c'est impossible que des gens ne se soient pas souvenu de lui !

Voili voilou
Vivement la suite
Alice_Lath
Posté le 02/02/2021
Aaah, bon parfait haha, j'avais peur de ton retour sur ce chapitre, j'étais en mode : "la bouuuulette, jme suis encore prise les pieds dans ltapis jvous jure, jme fatigue"
Pour Suihei, tout est très loin d'être dit hahaha et je note pour le prénom et l'enquête, en effet, c'est un excellent point que je soulève, de toute façon, je vais réfléchir à modifier des noms dans l'histoire, tu avais soulevé un très bon point sur ma trop fort volonté de faire des clins d'oeil dans ton com sur le chap précédent, donc j'ai prévu du recalibrage !
Merci encore beaucoup beaucoup pour ton aide !
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