Chapitre 6 : Alain - Mes daddy issues et mon athlète adoré

« Je sens des boums et des bangs
Agiter mon cœur blessé
L’amour comme un boomerang
Me revient des jours passés
À pleurer les larmes dingues
D’un corps que je t’avais donné »

Comme un boomerang, Serge Gainsbourg

 

Comme je te le disais petite sœur, j’ai repris contact avec Herman au mois de juin 2016. J’ai recommencé à penser à lui quand les choses ont dégénéré avec Louis. En visitant son compte Instagram, j’ai vu qu’il était passé à Paris très peu de temps avant que j’entre en formation à HEC. Je l’ai sollicité également pendant ma Summer School pour l’interroger sur ce qui le motivait à acheter des montres de luxe. Il avait suggéré que je pouvais le remercier en couchant avec lui. Comment pouvait-il croire que j’allais monnayer mon corps pour des réponses à dix questions ? On en revenait toujours au même. Mais vas savoir pourquoi je m’accrochais encore et toujours à lui. Au fond, ne dit-on pas que parfois c’est juste une question de timing ? Ne dit-on pas que tout est possible si on y croit ? Notre timing n’était peut-être pas encore arrivé, alors je continuais à y croire. Au mois d’août, j’ai voulu l’inciter à venir à Paris et il m’a répondu : « Il faudrait que je sois sacrément excité pour que je vienne à Paris ». J’ai laissé tomber. De toute manière, j’avais besoin de faire une pause dans mes relations sentimentales. Louis m’avait épuisé et Herman ne semblait toujours pas disposé à être sérieux.

Je continuais de l’épier sur Instagram quand au milieu de l’été une jeune femme a fait des apparitions répétées dans ses publications. Cette fois-ci, ce n’était pas des commentaires, ou des j’aime laissés sur le compte d’une autre, non c’était des photos d’elle qu’il postait. Elle posait avec lui et ses amis, il la prenait en photo de dos, il faisait une story sur elle en train de faire du skateboard sur de la moquette. Bon, c’était l’été et je me suis rassurée en me racontant que c’était peut-être sa sœur. Deux mois plus tard, ça a été des photos d’elle en visite chez lui à l’autre bout du monde avant de partir en vacances tous les deux dans un pays exotique.
Je ne pouvais plus avoir de doute, il était engagé dans une relation avec elle et c’était officiel, il la montrait à tout le monde. J’étais désabusée. Obligée de l’oublier pour de bon.

C’est dans un moment de vide au travail, que j’avais entrepris de « checker »[2] où il en était de sa vie et que j’avais eu la désagréable surprise de découvrir tout cela. Je suis rentrée chez moi et me suis cachée sous mon lit. Aussi ridicule que cela puisse paraître pour une jeune femme de 28 ans. Lourde de honte et d’affliction, je me suis laissée tomber sur mes genoux pour lentement ramper sous mon lit où je me suis retrouvée nez à nez avec quelques une de mes lectures de ces deux dernières années. Les Règles, sa suite Not your mother’s rules, Soyez femmes, mais pensez comme un homme, Pourquoi les hommes préfèrent les chieuses, Ce que veulent les hommes. Tous ces livres étaient réunis, là à prendre la poussière et servaient désormais de cale de soutien central pour mon sommier. Je me sentais pathétique.
Pour m’accompagner dans mon désespoir sentimental, je me repassais en boucle La Rupture, extrait de la bande originale du film Gainsbourg, Vie héroïque. Et quand le piano démarrait précisément à 1,15 minutes sur l’air de Initials BB, à chaque fois mon cœur se resserrait un petit peu plus dans une légère douleur amère. Déchirée.

Mais la vie continue n’est-ce pas ? J’avais honte de tout ce temps passé à essayer de le séduire, à croire que je pouvais lui faire changer d’avis. Quand il disait que nous ne pouvions pas être ensemble et qu’il ajoutait « Je n’ai pas l’intention de venir vivre France et encore moins à Paris », il n’était pas totalement sincère. En réalité, il ne voulait pas d’une relation à distance avec moi particulièrement. Ce qu’il disait implicitement c’était « Je n’ai pas l’intention de venir vivre en France et encore moins à Paris pour toi ». Il n’était pas prêt à faire cela pour moi, mais un an plus tard il était capable d’avoir une relation à distance avec une autre. Il fallait que je me rende à l’évidence, que je l’accepte, je n’avais pas gagné son cœur.
Je ne pouvais m’empêcher de me demander où est-ce que je m’étais plantée. Était-ce parce que nous avions eu des rapports sexuels dès le premier rendez-vous et donc il ne m’avait pas prise au sérieux ? Était-ce parce que je témoignais beaucoup trop de ma volonté d’être en couple ce qui lui a permis de me manipuler affectivement pour coucher avec moi, autrement j’étais sans intérêt pour lui ?

Il ne me restait plus que mon travail. Je m’y suis consacrée entièrement, même si je n’y étais pas totalement épanouie. Encore une fois, les missions que j’exécutais ne me correspondaient pas, j’avais la sensation de tourner en rond et perdre petit à petit mes compétences. Je rêvais d’une nouvelle opportunité. Fin novembre, comme une réponse à mes prières, mes collègues et moi avons tous été licenciés pour motif économique. Ce n’est jamais agréable d’être licencié, mais au début je voyais ce licenciement comme une opportunité. J’allais avoir du temps libre pour chercher l’emploi de mes rêves. Plus question de me cacher derrière la sécurité d’un CDI. J’espérais retrouver un nouvel emploi dans les deux mois qui suivraient. Malheureusement, il n’en a pas été ainsi.

En février 2017, j’ai reçu une demande de contact très intéressante sur LinkedIn. Il s’agissait du directeur marketing d’une entreprise très médiatisée, Alain. Étant donné que j’étais toujours en recherche d’emploi, j’ai immédiatement accepté.
J’espérais qu’il ait repéré mon profil dans un but professionnel et j’étais prête à lui vendre mon parcours. Il n’a pas tardé à m’écrire pour me remercier de l’avoir accepté et en profiter pour me complimenter sur ma photo. Beaucoup de femmes n’hésitent pas à afficher publiquement les hommes qui se servent de LinkedIn pour draguer. Elles ont raison de dire que LinkedIn n’est pas un site de rencontre et que l’on est là dans un but professionnel. De mon point de vue, on peut tout à fait rencontrer quelqu’un sur LinkedIn et plus tard, lorsqu’on se connaît bien, se trouver des affinités, mais je suis d’accord pour dire que c’est exaspérant. Ce n’est pas ce que l’on attend de ce site. Ce n’est pas ce pourquoi on est là.
Alain l’avait bien compris et c’est pour cela qu’il a pris soin de formuler son message de telle sorte que je ne lui en tienne pas rigueur. « Je sais que je ne devrais pas le dire, mais je vous trouve ravissante. » Il faut être honnête, il avait le bon statut pour se permettre ce type de démarche. J’étais en recherche d’emploi, je n’allais pas envoyer bouler le directeur marketing d’une grande entreprise comme la sienne.

Pour l’anecdote, quand j’étais encore stagiaire, j’ai participé à l’organisation d’un événement en présence de personnalités politiques. Quand la personnalité la plus importante de cet événement est arrivée, je devais exécuter certaines tâches qui m’amenaient à le croiser au fur et à mesure qu’il saluait les invités. Au bout d’un moment il m’a dit « La prochaine fois que je vous croise, je vous embrasse ». Ma maître de stage et une directrice de service étaient témoins. J’ai souris avec gêne et j’ai continué mes affaires. Vu son statut, il ne m’a pas traversé l’esprit de le remettre à sa place, ni même d’être offusquée. Les journalistes présents auraient peut-être adoré un scandale. J’étais terriblement embarrassée mais je gardais le sourire parce que c’est que l’on attendait de moi, petite stagiaire que j’étais. Sauf que, garder le sourire pour sauver les apparences laisse penser à ce type de personne qu’il n’y a pas de problème …

Alain s’est intéressé à mon parcours professionnel de manière très superficielle, me demandant de lui raconter ce que j’ai fait en quelques mots. J’ai bien senti qu’il me posait cette question un peu comme une formalité, histoire de dire qu’il s’est intéressée à moi à titre professionnel avant d’aborder des sujets plus personnels. J’ai compris qu’il n’avait pas d’opportunité professionnelle pour moi, mais j’étais déterminée à gagner son amitié car un contact comme lui pouvait potentiellement m’ouvrir des portes dans une démarche réseau. Le courant est bien passé entre lui et moi. Avec un métier comme le sien, il n’était pas surprenant qu’il ait le contact facile. Tout comme Herman.

Nous avons rapidement basculé sur WhatsApp pour faciliter nos échanges. Il m’écrivait tous les jours et petit à petit il me parlait de manière plus personnelle. J’apprenais qu’il était deux fois divorcé et il m’envoyait des photos de lui avec sa fille. Il m’envoyait aussi des photos sans intérêt de son bureau avec ses pieds posés dessus. Enfin, il m’a proposé que l’on se rencontre en semaine car le vendredi soir il observait shabbat. Nous nous sommes donc rencontrés pour la première fois un jeudi en fin de journée dans un café près de chez lui dans les beaux quartiers de Paris.

C’était un homme d’une cinquantaine d’année, ses cheveux étaient à un stade très avancé du poivre et sel. Je n’ai jamais su son âge véritable. Quand je le lui ai demandé, il m’a retourné la question en me demandant combien je lui donnais :

« Je ne sais pas trop, comme tu as une fille assez jeune, je dirai que tu as 49 ans quelque chose comme ça.

- C’est ça, tu as vu juste » me dit-il en me regardant droit dans les yeux.

Quelques temps plus tard, en recherchant son nom sur Google, je découvrirais sur son profil Copain d’Avant qu’il avait en réalité 54 ans. Pour autant, même en l’ayant confronté sur le fait de m’avoir menti, il n’a jamais confirmé si cette information était vraie ou fausse.
Il portait des lunettes de vues épaisses qui lui donnaient un air intello. Je lui trouvais beaucoup d’allure. Il dégageait une assurance très attrayante, notamment à la manière qu’il avait d’occuper l’espace en posant son bras sur le dossier de ma chaise alors que nous étions assis côte à côte. Je n’oublierais jamais son regard et cette impression d’être caressée par ses yeux dont les paupières tombaient. Il avait un regard tendre et sécurisant. Peut-être que déjà, inconsciemment, je voyais dans ses yeux un regard paternel. Notre rendez-vous n’a pas duré très longtemps, peut-être moins d’une heure le temps de boire un thé à la menthe. Il m’a raccompagné au métro en me promettant de nous revoir bientôt. Il a continué à m’écrire tous les jours et je me suis rapidement attachée à lui. Avec le recul, je comprends qu’il comblait un vide dans ma vie. J’étais sans emploi, je passais mes journées toute seule, sans personne à qui parler, mais lui était là et me témoignait de l’intérêt.

Nous nous sommes revus quelques semaines plus tard. Il m’avait invité chez lui un soir en semaine. Je pensais que nous dînerions ensemble. J’avais mis une jupe, un jolie haut en dentelle, une veste et des talons. Du fait de son statut de directeur marketing, je me sentais obligée de m’habiller de manière élégante et féminine pour être acceptable à ses yeux, pour avoir l’air femme. Quand je suis arrivée chez lui, il portait un costume et une cravate. Il m’a fait visiter son appartement et a ouvert une bouteille de champagne dans le salon. J’étais très intimidée par lui. C’était quelqu’un de brillant, ce qu’il faut évidemment pour être au poste qu’il occupait, mais j’ai pu aussi le constater au travers de vidéos de ses interventions dans des conférences et tables rondes. J’ai pu le constater également au nombre impressionnant de livres qu’il avait chez lui. J’avais de l’admiration pour lui. Il était une sorte de modèle pour moi, un but à atteindre.

Je me suis toujours imaginée être une professionnelle experte dans mon domaine, brillante comme mes professeurs de droit et confiante sur mes compétences, connaissances et capacités. Je rêvais d’une belle carrière dans une grande entreprise. Il représentait ce rêve, j’avais envie de lui ressembler. Je l’admirais et en même temps il m’intimidait, au point que je ne savais pas de quoi parler et j’avais du mal à être moi-même. Je n’avais pas envie de paraître creuse, mais rien ne me venait, absolument aucun sujet à aborder avec lui. Dans ces circonstances, je peux donner l’impression de ne pas avoir de conversation et souvent les gens finissent par se désintéresser de moi, surtout si je suis habillée de manière aussi féminine, j’ai vite l’air d’un joli pot de fleurs. Mon silence a laissé involontairement à Alain une porte ouverte. Il a commencé à me toucher et à m’embrasser, puis sans prévenir il a déboutonné son pantalon pour que je lui fasse une fellation. Il a fait ça comme si c’était une suite logique et que j’allais plonger sans hésiter.
Je me suis figée. J’ai même commencé à paniquer intérieurement, à me demander qu’est-ce que je faisais là ? Que va-t-il m’arriver ? Ce n’était pas ce que j’attendais de la soirée. Je pensais que l’on dinerait ensemble, on parlerait, on ferait connaissance de vive voix, on plaisanterait. Je ne m’attendais certainement pas à ça.
Je l’ai repoussé. Il s’est agacé et m’a dit que si je ne voulais pas coucher j’aurais dû le dire avant de venir.

À ton avis petite sœur, que dois-je déduire de cette remarque ? Que si un homme m’invite chez lui c’est pour coucher obligatoirement ? Et donc si je ne veux pas, je dois d’abord rédiger un contrat qui stipule toutes mes conditions pour lui laisser la possibilité de me rejeter plutôt que d’être frustré ? Aujourd’hui je m’en veux de constater que sa remarque m’a fait culpabiliser au point de me faire céder et lui faire sa fellation comme une sorte de politesse. Pourquoi ? Pour qu’il m’apprécie. Le schéma était le même qu’avec Herman, si je lui donnais ce qu’il voulait, peut-être qu’il m’aimerait. J’avais encore du travail à faire sur mon estime de moi.
Alain était satisfait. Il m’a commandé un Uber, m’a dit merci et est parti s’acheter des sushis pour dîner. Je suis rentrée et me suis sentie très mal pour le reste de la nuit. Je m’en voulais.

Le lendemain, Alain m’a écrit pour me demander comment j’allais. Il a continué à m’écrire tous les jours. Il avait un certain talent pour m’amadouer, me faire oublier ce sentiment de dégoût que j’avais eu suite à notre dernière soirée. En m’écrivant tous les jours, il me faisait croire à une relation suivie entre lui et moi. Je me sentais réellement dans une relation exclusive avec lui. Alors, j’y suis retournée et je savais à quoi m’attendre.
L’ennui, c’est qu’une fois satisfait, après m’avoir fait venir avec des bas et un porte-jarretelles, m’avoir fait prendre des positions qui l’excitait au milieu de son salon, encore une fois il me commandait un Uber et me mettait à la porte. Pas de conversation, pas de câlins, pas de tendresse. Pas le temps, sa fille arrive. J’avais peut-être passé une heure chez lui et encore une fois il m’éjectait dès lors qu’il n’avait plus besoin de moi. Arrivée chez moi, je m’effondrais, me sentant profondément sale et humiliée.

C’est un scénario qui s’est répété cinq ou six fois sur une période de cinq mois. Cette sensation d’être utilisée, salie et déshonorée était à chaque fois un peu plus dégradante.  À chaque fois je rentrais chez moi en larme, je prenais la décision de ne plus lui écrire, mais il revenait vers moi systématiquement. Je le soupçonne même d’avoir mis en place cette tactique pour ne pas perdre son emprise sur moi. Comme s’il savait qu’en laissant passer trop de temps sans me parler, j’aurais le temps de trop réfléchir pour décider de ne plus le revoir définitivement.
Il avait l’art de se faire apprécier et de me faire croire qu’il avait de l’estime pour moi, que nous avions une relation spéciale sans pour autant que ce soit une véritable relation amoureuse. Pourtant, on ne se voyait pas en dehors de chez lui, nous n’avons jamais partagé un repas ensemble et je n’ai jamais été dans sa chambre, sauf une fois où il m’a laissé m’allonger dix minutes à côté de lui avant de m’éjecter encore. Il était évident que je faisais partie de son jardin secret.

Je lui ai dit que tout cela ne m’allait pas, que je voulais une vraie relation amoureuse, que sa manière de me traiter me donnait l’impression d’être une call-girl. Ce à quoi il répondait qu’il n’était pas un vieux pervers et qu’il m’aimait bien. Toutefois, notre différence d’âge et notre différence de religion rendaient toute relation officielle inconcevable pour lui. Personne ne devait connaître mon existence, et il ne fallait pas risquer que l’on nous voit ensemble.

Il voulait continuer à me voir, il m’envoyait des photos de lui, accompagnées de messages du type : « Tu as le bonjour d’un gars qui t’aime bien ». Et ça suffisait à m’attendrir le cœur et lui laisser le bénéfice du doute. Quand j’étais de nouveau sous son charme, il revenait à la charge avec ses obscénités. Parce que derrière tout ce cinéma, la vérité est que je ne lui inspirais que du désir sexuel et qu’il profitait de moi pour réaliser ses fantasmes. Il a même essayé de me convaincre de faire un plan à trois avec une autre fille qu’il disait avoir « baisé » pendant un temps, une métisse elle aussi. J’étais choquée qu’il puisse parler de cette fille ainsi et surtout qu’il ait gardé une photo d’elle en tenue légère pour me la montrer.

« Baiser » Je déteste cette expression. Elle renferme tellement de violence et de brutalité. Il y a derrière une idée de domination de la part de l’homme avec une volonté d’humilier la femme. Ne dit-on pas justement « Tu t’es fait baiser » pour signifier à quelqu’un qu’il s’est fait avoir, qu’il a été victime d’une arnaque ?

C’était aussi ce qu’il faisait avec moi.
Je refusais sa proposition et il osait se plaindre en disant que lui il acceptait de me voir seule autant que je voulais. Sauf que même ces rendez-vous seul à seul ce n’était pas moi qui les sollicitais. C’était lui qui m’embobinait et arrivait à me faire revenir. Il oubliait, que j’avais protesté de nombreuses fois contre cette situation. Je subissais ses désirs. Je n’allais pas en plus m’empêtrer dans un plan à trois que je ne désirais pas uniquement pour son plaisir à lui.

En toute logique, si ce qu’il me proposait ne me convenait pas et qu’il n’était pas disposé non plus à s’ajuster à ce que je voulais, la solution était de stopper cette relation. Mais, ce n’était pas si simple. En vérité, j’éprouvais des sentiments pour lui et j’avais l’impression qu’il était malgré tout attaché à moi, notamment lorsqu’il m’écrivait : « Comment vas-tu bb ? », « Qu’est-ce que tu fais bb ? ».

Je me sentais parfois assez en confiance pour lui demander conseils. Par exemple, un jour j’ai reçu une invitation de la part de Jean, ma relation commune avec Herman. Il m’invitait à une soirée qu’il organisait sur Paris. Deux ans auparavant, j’aurais sauté sur l’occasion sans réfléchir, mais j’avais compris qu’avec les hommes rien n’était gratuit, alors je trouvais cette invitation très suspecte. Mes tripes se tordaient à l’idée d’y aller. Pourquoi voulait-il que je vienne à cette soirée ? J’étais sans emploi et je n’avais rien à apporter pour son business. J’en ai parlé à Alain et sa réponse ne s’est pas faite attendre : « Il veut te baiser » me dit-il. Alain était direct, et aussi violent que cela puisse être à lire, je pense qu’il avait raison. Jean n’avait aucun intérêt à me voir sur Paris à moins d’avoir une idée derrière la tête. En fréquentant Herman puis Bertrand, je m’étais faite une mauvaise réputation malgré moi.

Avec le temps, j’ai désacralisé Alain. Ça change la perception le fait d’être intime avec une personne que l’on trouvait impressionnante au premier abord. Voir Alain, sortir de la douche, enfiler un vieux peignoir marron, puis venir s’assoir sur le canapé les jambes écartées, les boules ballantes pour vérifier ses mails sur son smartphone, ses lunettes posées sur le bout de son nez, n’était pas un spectacle des plus glamour. Tout d’un coup, il en imposait moins. Je me disais que ses 4000 abonnés sur Instagram étaient loin de s’imaginer ce qu’il était sans filtre et sans mise en scène. Comme me disait Martin encore une fois : « Tout le monde fait caca ».

Je refusais de poursuivre une relation dans laquelle je me détestais. La construction d’une bonne estime de soi est un processus permanent, et il faut souvent se rappeler à l’ordre pour revenir à ce qui est important : soi-même et la valeur que l’on se donne. J’étais toujours dans ma quête éperdue de l’amour. Alain et moi avions une relation secrète centrée uniquement sur le sexe et éventuellement un peu d’amitié or je voulais de l’amour et du partage. Il m’a laissé prendre mes distances. Il a cessé de m’inviter chez lui, mais il a continué à prendre de mes nouvelles et à suivre mes démarches dans ma recherche d’emploi. Voyant que j’étais bloquée, déprimée et que je n’arrivais pas à obtenir d’entretiens, il a de lui-même proposé de jeter un œil à mon CV. Ses retours ont fait une belle différence sur la suite de ma recherche. Il m’a fallu six mois de plus pour retrouver un emploi, mais au moins j’ai passé des entretiens durant cette période. C’est un service dont je lui suis profondément reconnaissante, mais ça ne fait pas tout. J’aurais aimé qu’il soit mon mentor. Encore une fois je voulais être comme lui professionnellement parlant. Il n’en a jamais été ainsi, il ne s’est jamais positionné comme un mentor. En même temps, je ne lui ai jamais demandé, je voyais bien qu’il ne voulait pas mélanger sa sphère privée avec sa sphère professionnelle. Il pouvait se vanter d’avoir placé son neveu dans une entreprise du CAC40, mais en attendant, moi j’étais toujours sans emploi, célibataire et j’avais passé cinq mois à lui servir de réceptacle à sperme. Ça faisait trop sur ma liste comparée à la sienne, il était à un poste très bien placé, célibataire, et avait pris avantage de mon corps. Il s’était servi de son statut pour avoir mon corps, obtenir des faveurs sexuelles, mais il n’allait pas s’en servir pour m’aider à accéder à une meilleure situation. Je ne voulais pas qu’il me trouve un poste, hors de question que l’on puisse dire que j’ai eu tel poste parce que j’ai couché avec un tel, non, mais au moins qu’il me donne des conseils, qu’il me fasse part de son expérience. Quand je lui demandais, il me répondait en quelques mots, jamais il ne prenait le temps d’approfondir les sujets. Les sujets sérieux et importants pour moi étaient toujours balayés de manière superficielle. En bref, j’aurai voulu qu’il se comporte en ami bienveillant.

J’ai entrepris une démarche réseau en participant à des soirée réseautage organisées via Meetup. Un soir de juin, je me suis rendue à un afterwork non loin de chez Alain.  J’y ai fait la connaissance d’un jeune entrepreneur. La soirée était barbante, il s’ennuyait autant que moi. Après avoir bu un verre ensemble il m’a proposé que l’on aille dîner pour parler de nos métiers au calme. Nous étions dans le quartier d’Alain et inévitablement nous nous sommes croisés. Il marchait avec sa fille. Je les trouvais adorable à marcher ensemble doucement côte à côte. Alain m’a vu et m’a souri discrètement. Je ne m’attendais pas de toute manière à ce qu’il m’interpelle et fasse les présentations. Cependant, de voir Alain sortir dîner avec sa fille, j’ai ressenti de la jalousie envers elle.

Alain était à mes yeux le professionnel que je voulais devenir, la réussite que je voulais atteindre, mais manifestement il était aussi le père que je voulais avoir. Cette jeune adolescente avait beaucoup de chance à mes yeux. Elle avait un père qui s’occupait d’elle, qui lui avait aménagé une chambre, qui l’emmenait en vacances dans leur résidence secondaire en Israël, qui lui consacrait du temps et lui offrait des moments privilégiés entre père et fille. Elle avait un père qui avait réussi à se construire une carrière et qui aujourd’hui avait les moyens de lui offrir ce qu’il y a de meilleur pour son avenir. Je n’ai pas eu cette chance.

Mon père n’a pas eu de carrière professionnelle, il a été mis en invalidité avant ses 40 ans. Toute ma vie ou du moins tout le temps où mes parents étaient mariés, mon père n’a jamais cessé de répéter cette phrase : « Nous n’avons pas les moyens » tel un mantra. Rien n’était possible. Sortir au restaurant ? Pas les moyens. Faire une grande école ? Pas les moyens. Voyager ? Pas les moyens. J’aurais voulu que mon père se batte pour nous offrir la meilleure vie qui soit au lieu de se laisser aller et de devenir un enfant de plus à charge pour Maman. J’aurais voulu avoir un père qui soit prêt à péter la gueule au mec qui s’aviserait de me briser le cœur. J’aurai voulu avoir un père qui me valorise au lieu de me dénigrer, de m’insulter, et qu’il m’aide à assumer ma féminité tout en m’apprenant à me protéger. Quand j’ai quitté la maison à 18 ans, cela faisait 5 ans que mes parents étaient divorcés donc je ne le voyais déjà plus quotidiennement, mais mon départ n’a fait qu’accentuer l’éloignement entre nous.
J’ai longtemps pensé que mes relations avec les hommes échouaient à cause de ma relation déplorable avec mon père, mais Greg, mon ancien psychologue, m’a fait comprendre que je n’avais pas besoin de m’entendre avec mon père pour avoir une relation saine avec un homme. En revanche, il me restait à comprendre que pour avoir une relation saine avec un homme, je ne devais pas chercher en lui le père que je rêvais d’avoir. Ce qui m’éviterait de me retrouver, involontairement et inconsciemment, dans une position d’obéissance sexuelle comme je l’étais avec Alain.

J’ai cessé de voir Alain, et j’ai fait la connaissance de Fred par le biais d’Instagram. C’était un mannequin d’une cinquantaine d’années. J’avais aimé plusieurs de ses photos sur lesquelles je le trouvais très classe. C’était un parfait spécimen de silver fox[3]. Je ne m’attendais pas à ce qu’il aime certaines de mes photos en retour. Il a ensuite engagé la conversation. Le courant est passé entre nous immédiatement et nous n’avons pas tardé à nous rencontrer. Il avait trois filles, et passait son temps à voyager pour son métier. Je le trouvais très bohème dans sa façon d’être et de penser. Il avait galéré pour en arriver là où il était, mais il avait appris à prendre la vie avec philosophie. Il riait beaucoup et ne se laissait pas perturber par la négativité et le stress de la vie parisienne. Il se moquait de son propre métier, il disait que c’était un métier très bête qui consiste juste à porter des vêtements et prendre des poses qu’il mimait devant moi. Fred ne se prenait pas du tout au sérieux, c’est ce qui le rendait très attachant. Et contrairement à Alain qui ne voulait pas se montrer avec moi, Fred m’avait proposé que l’on se revoit, que l’on sorte se balader main dans la main dans Paris. Nous avons même passé un weekend ensemble en Allemagne. Il devait y aller pour un shooting et y rester deux nuits, il m’avait donc proposé de l’accompagner. Pendant qu’il était à son shooting, j’ai visité les alentours, toute seule de mon côté. À la fin de la journée, nous nous sommes retrouvés à l’hôtel et dans un moment d’intimité Fred a eu envie de me faire une révélation. Il disait qu’il se sentait assez en confiance pour me révéler qu’il essayait d’avoir un fils avec une autre femme. Il avait déjà trois filles, mais il rêvait d’avoir un garçon et cette femme en question rêvait tout simplement d’avoir un enfant. Il voulait me rassurer sur le fait qu’ils n’étaient pas engagés sentimentalement, mais à vrai dire ça n’enlevait rien à ma stupéfaction. En cet instant, j’ai compris que Fred n’était pas à la recherche d’une relation sérieuse. Il était clair que je n’étais qu’une distraction.

J’avais l’impression de nager dans des eaux troubles. Rien ne faisait sens, mis à part le fait que la vie de cet homme n’était pas compatible avec les aspirations que j’avais pour la mienne. Je souhaitais plus que jamais une relation amoureuse sincère, sérieuse et stable. Pas être la jeune poulette d’un cinquantenaire qui a fait sa vie et qui vit au grès de ses désirs. Je voulais envisager un avenir avec quelqu’un, avoir un partenaire de vie avec qui faire des projets. N’étant qu’une part de bon temps pour Fred, je me suis éloignée de lui petit à petit et j’ai cessé toute communication. Je lui ai quand même annoncé que j’avais retrouvé du travail six mois plus tard et il m’a invité à prendre un verre pour célébrer cette nouvelle. Avant de se quitter il avait essayé de m’embrasser sur la bouche, mais je l’en ai empêché. J’avais pris la décision que seul un homme avec qui je serais engagée dans une vraie relation pourrait m’embrasser. Face à la frustration, tout ce qu’il trouvait à dire c’était de me reprocher d’être trop exigeante, mais c’était comme ça dorénavant.

Fred et Alain m’avaient vacciné contre les hommes en âge d’être mon père. Je reconnais avoir recherché en Alain une figure paternelle et je reconnais que c’était malsain vu le contenu de notre relation. Cette prise de conscience a été douloureuse mais bénéfique. Depuis je ne suis plus du tout intéressée par les hommes plus âgés que moi.
Je m’amuse en repensant à un souvenir d’enfance qui m’avait particulièrement choquée. J’avais 12 ans et Le Masque de Zorro venait de sortir au cinéma. Alors que j’étais en admiration devant la beauté de Catherine Zeta-Jones, - qui avait 29 ans à l’époque, l’âge que j’avais en fréquentant Alain et Fred - j’ai été totalement secouée d’apprendre qu’elle fréquentait Michael Douglas. À l’époque, je ne savais pas qu’ils avaient 25 ans d’écart, mais rien qu’en regardant les photos je pouvais constater qu’il y avait une grande différence d’âge entre eux, sans compter qu’à seulement 12 ans j’avais une perception beaucoup plus accentuée de la vieillesse. Toute personne qui avait des cheveux gris était vieille à mes yeux. Ça me retournait littéralement l’estomac de voir que cette jeune femme magnifique était en couple avec ce qui pour moi avait tout l’air d’un vieux, sans vouloir être péjorative. Pour l’enfant de 12 ans que j’étais, c’était perturbant.
Et me voilà aujourd’hui. Il y a des couples qui fonctionnent très bien malgré une grande différence d’âge, c’est pour certains ce qui fait leur force. Mais pour ma part, j’ai pris la décision que je voulais faire ma vie avec un homme de ma génération qui, s’il doit être plus âgé, aurait au maximum 5 ans de plus, serait prêt à construire une relation sérieuse et faire sa vie avec moi.

C’est ainsi que Herman est redevenu l’objet de mes désirs. J’avais pris mes distances avec Herman car il était en couple, cependant, il n’a jamais quitté mes pensées. Nous ne nous sommes pas parlé pendant près de 10 mois, mais j’avais continué à observer ce qu’il faisait sur Instagram et j’avais remarqué qu’il en faisait autant. En effet, il ne manquait pas une seule de mes stories. Il les regardait toutes, systématiquement. Pendant tout ce temps j’avais entrepris de revoir ma marque personnelle sur cette application. Je publiais des photos de mes sorties dans Paris pour lui montrer que je ne restais pas enfermée chez moi, de ma healthy food[4] pour lui montrer que je faisais attention à mon alimentation en plus de mes stories en tenue de fitness, et de temps en temps un joli portrait de moi glamour mais pas provocant pour qu’il voit que j’étais toujours belle, mais que je ne faisais pas étalage de mon corps comme beaucoup de jeunes femmes sur ce réseau social. J’avais compris que montrer mon corps de manière trop sexy pouvait être perçu comme de la disponibilité sexuelle, or ce n’était pas l’image que je voulais renvoyer.

Quand j’observe les photos publiées par certaines utilisatrices, je me dis que s’exposer ainsi au milieu d’autres jeunes femmes qui en font autant donne un peu l’impression de faire partie d’un catalogue semi-pornographique. C’est triste à dire mais en se montrant à moitié nue, une femme laisse penser qu’elle est en recherche de sexe, alors que pour la plupart, il n’y a pas nécessairement de volonté d’aguicher ; se faire prendre en photo dans le plus simple appareil est une manière de profiter de sa jeunesse et l’immortaliser. Un peu comme Mireille Darc qui posait nue pour Francis Giacobetti (oui je sais, tu ne sais pas de qui je parle, tu as tes références et j’ai les miennes). Mais le revers de la médaille c’est que beaucoup d’hommes en voyant cela n’ont qu’une envie, c’est d’en consommer un maximum et ne pas se fixer sur une personne puisqu’on leur montre toutes les possibilités qui s’offrent à eux. Tu n’as pas connu ça petite sœur, mais c’est comme quand enfant je prenais les catalogues de jouets à l’approche de Noël et je cochais sur tout ce qui me faisait envie. Ce n’était pas forcément des jouets dont j’avais besoin, et je n’allais peut-être pas m’amuser avec très longtemps, mais ils étaient attrayants alors je les désirais.

J’avais constaté sur le compte Instagram de Herman que les photos de sa copine avaient disparu. J’ai pensé qu’il était de nouveau célibataire, en plus d’être à présent à la retraite et d’être plus souvent en France. Les choses semblaient finalement jouer en ma faveur pour commencer une histoire avec lui. Voyant qu’il était passé à Paris, j’ai saisi cette occasion pour reprendre contact avec lui :

« La prochaine fois que tu passes à Paris ne fais pas ton timide, lui avais-je écrit.

- Je ne suis pas timide »

Il n’a pas tardé à détourner la conversation sur le sexe. Cette fois-ci, je décidais d’entrer dans son jeu. Si c’était le seul moyen de l’intéresser, j’allais tenter le coup et le faire miroiter en essayant de trouver le bon dosage. J’avais toujours l’espoir que j’arriverais à gagner son cœur d’une manière ou d’une autre. Il fallait que ça marche, c’était lui que j’avais choisi. En deux ans, je n’avais pas pu l’oublier. J’avais fréquenté d’autres hommes, ça n’avait pas marché et à chaque fois j’en revenais à lui. De son côté, il semblait tout de même s’intéresser à moi puisqu’il aimait certaines de mes photos et regardait toutes mes stories sans exception. Il n’en manquait pas une seule. Comprenant cela, j’avais alors bloqué l’accès de mes stories à tous mes abonnés sauf à Herman. Mes stories allaient devenir mon outil pour avoir son attention et le séduire, pour lui envoyer des messages subliminaux auxquels personne d’autre que lui n’aurait accès.

Plus il me regardait, plus je voulais qu’il me regarde et plus je publiais. C’était comme une drogue. Tous les jours, j’avais besoin de publier une story et de voir apparaître le petit icone de l’œil avec le chiffre 1 à côté. Je vérifiais toutes les deux minutes mon téléphone pour voir s’il avait ouvert ma story. Tant qu’il n’avait pas vu j’étais sous tension, à me poser une multitude de questions.  Que faisait-il pour ne pas être sur Instagram en cet instant ? Est-ce qu’il avait vu que j’avais publié mais avait choisi de ne pas regarder ? Est-ce que je ne l’intéressais plus ? Puis enfin j’avais une vue. Je savais que c’était lui, j’étais heureuse et apaisée.

Je ne me suis jamais droguée, mais j’étais véritablement devenue addict à ses vues à lui. Avoir d’autres vues ne m’intéressait pas, c’était les siennes que je voulais. Une trentaine de j’aime sur mes photos pouvait m’apporter un peu de réconfort en cas d’ennui, mais ça ne me stimulait pas.
Je me rendais compte que ça ne me rendait pas heureuse, que je n’étais pas comblée et que ça me faisait plus de mal que de bien en définitive puisque j’avais ses vues, son attention, mais je ne l’avais toujours pas lui. J’ai fait plusieurs tentatives pour arrêter et reprendre une vraie vie, mais le sevrage était trop difficile. Alors je replongeais, même si je savais que le plaisir était de courte durée. J’avais besoin de ma dose dès que j’étais en manque d’attention de sa part.

De temps en temps il réagissait à mes stories, là j’étais en extase, comme la fois où j’ai posté une photo de moi assise sur mon lit dans la pénombre. On pouvait distinguer mon dos dans une nuisette noire coupée en V. J’avais volontairement très assombrie la photo pour que cela reste suggestif, presque artistique.

« C’est un appel au péché cette photo », m’avait-t-il écrit.

Cette réaction de sa part était très satisfaisante, d’autant plus qu’il m’a reproché de partager plus avec la communauté qu’avec lui. Pour moi c’était évident, il était jaloux et il me voulait que pour lui. J’arrivais à me convaincre de cela. Je ne supporte pas les hommes jaloux et possessif, l’exemple de Louis en témoigne, mais avec Herman je la tolérais, je la recherchais, et même qu’elle m’excitait parce qu’elle venait d’un homme qui me plaisait mais qui ne voulait pas de moi. S’il était jaloux, c’était donc le signe qu’il s’intéressait à moi et qu’il ne voulait pas me partager.

Je me mentais à moi-même.

Ce sentiment de compter pour lui s’est accentué quand il m’a souhaité mon anniversaire pour la première fois en 2 ans. Il en a profité pour me dire qu’il venait à Paris à la fin du mois et m’a proposé de choisir un cadeau. J’ai choisi un dîner avec lui. Je lui ai envoyé une photo d’une table dressée avec la Tour Eiffel en arrière-plan. Sa réaction a été de me dire :

« Ça c’est une table pour gens en couple

- On jouera au couple alors » lui ai-je répondu et il n’a plus rien dit.

La date de son séjour à Paris arrivée, je n’avais toujours aucunes nouvelles de sa part. J’ai tenté une approche en lui proposant d’aller prendre un verre, mais il a réussi à détourner ma proposition en invitation à venir coucher avec lui. Au départ, il était partant pour me retrouver dans Paris, puis il a commencé à me dire qu’il avait passé la journée en réunion, qu’il était fatigué et préférait que je le rejoigne à l’appartement d’un de ses amis, athlète professionnel lui aussi. Je n’ai pas cédé. Ce n’était pas ce que je voulais. Je voulais passer du temps avec lui, discuter, créer du lien, et passer un moment de qualité sur le plan humain. Au lieu de cela, il essayait de me faire passer pour une call-girl qui vient sur commande à l’adresse qu’on lui donne. J’avais déjà donné avec Alain. Je méritais mieux. J’étais déterminée à obtenir mieux, mais je n’allais pas me soumettre à ses désirs, ça c’était fini. Soit il se pliait à ce que je voulais, soit il n’obtiendrait rien de moi. Nos échanges ont été tendus, il insistait pour que je vienne, je refusais, il clôturait la conversation. Puis il revenait à la charge une demi-heure plus tard :

« T’es vraiment con, osa-t-il m’écrire

- Et bien comme ça on est deux.

- Ah ouais ? Et bien si tu veux jouer au plus con, je vais aller coucher avec une autre nana.

- Vas-y, ne te gêne pas.

- Ok

- Je t’apprécie bien Herman, mais je pense que je mérite mieux comme traitement. Bonne soirée. »  

J’étais frustrée de ne pas le voir et surtout de voir qu’il ne voulait pas me consacrer de temps si je ne couchais pas avec lui, mais j’étais fière de lui avoir résisté en restant fidèle à mes valeurs et ce que j’attendais d’une relation.
Nous avons cessé toute communication, mais je continuais à regarder ce qu’il faisait sur Instagram et il faisait de même avec mes stories.

L’automne est arrivé, l’affaire Weinstein a éclaté et les femmes ont commencé à parler. Durant cette période, j’ai commencé une thérapie avec un nouveau psychologue, Laurent, qui pratiquait également l’EMDR[5]. L’année 2017 arrivait à sa fin, je n’avais toujours pas retrouvé d’emploi, mes relations avec les hommes étaient désastreuses et affligeantes. J’avais besoin d’aide pour comprendre ce dont j’avais réellement besoin dans une relation et identifier la source de mes difficultés à trouver quelqu’un qui me corresponde.

De cette thérapie, il en est ressorti que j’étais toujours attirée par des hommes avec une bonne situation, souvent des hommes ayant du pouvoir. En effet, je voulais partager ma vie avec un homme qui avait une situation stable et confortable, non pas parce que je voulais qu’ils m’offrent de belles choses, mais parce que je refusais et je refuse toujours de revivre l’enfance que j’ai eue avec les huissiers qui venaient saisir nos biens pour rembourser les dettes de mes parents. Je ne veux pas que mes enfants soient privés d’opportunités ou galèrent comme moi j’ai pu galérer pour trouver un prêt pour financer mes études ou pour trouver un logement sans avoir de garants. Ce sont des raisons qui sont compréhensibles, des inquiétudes partagées par beaucoup de monde, néanmoins j’ai compris que je ne devais pas attendre des hommes qu’ils mettent en place pour moi les conditions de mon épanouissement et de ma réussite professionnelle. Si je veux quelque chose, je dois travailler dur pour l’obtenir et ne compter que sur moi-même. Dorénavant c’était ancré en moi, rien n’est gratuit avec les hommes.

La preuve. Pour garder le moral et de la combativité, j’avais recontacté le coach de Muay Thaï, en lui expliquant que j’avais envie de prendre des cours mais qu’étant sans emploi, je voulais voir s’il était possible d’étaler le paiement en petites mensualités. Il m’a répondu : « Pour toi, ce sera gratuit ». Je n’en demandais pas tant. Comprenant très bien ce que cela cachait, j’ai décliné son offre et je n’ai pas pris de cours.

Laurent m’a conseillé de m’intéresser à des hommes qui ont moins bien réussis que Herman et Alain, et qui envoient moins de paillettes, car la réussite donne du pouvoir mais trop souvent les hommes s’en servent de manière égoïste pour obtenir des faveurs sexuelles. Un jeune homme avec la même ambition que moi aurait moins de difficultés dans une démarche réseau, alors qu’en tant que jeune femme dans la fleur de l’âge j’ai plus de risques de me faire draguer et détournée de mon objectif initial. 
Toutefois, en y réfléchissant j’essaye de me mettre à la place d’Alain. J’ai vu des photos de lui quand il avait mon âge et je dois admettre que c’était un beau jeune homme. Ça me rappelle une conversation que Fred m’avait raconté entre lui et un homme plus âgé que lui qui disait que : « Le plus difficile avec la vieillesse, c’est de voir le regard des femmes changer sur soi ». Je peux comprendre, c’est quelque chose qui me guette aussi plus tard, le changement dans le regard des hommes. Ce n’est que grâce à son statut qu’Alain peut encore savourer quelques chairs trentenaires, sans cela, il faudrait qu’il redouble d’efforts et de patience, ou qu’il finisse par accepter les effets du temps qui passe. Je ne lui trouve pas d’excuses, mais j’essaye de comprendre.

Je n’étais pas encore prête à renoncer à Herman et me laisser l’opportunité de rencontrer quelqu’un de plus « simple ». Mon obsession pour Herman était encore trop forte, je le voulais lui et personne d’autre. « Selon Freud la libido est une énergie qui n’est pas que sexuelle, c’est une énergie créatrice. Vous devriez investir votre libido dans une activité créative, histoire de ne plus vous focaliser sur Herman » m’avait dit Laurent. Plus facile à dire qu’à faire, pendant deux ans j’avais mis ma créativité au service de mon plan pour séduire Herman. Trouver de quoi m’occuper sans que cela n’ait un rapport avec Herman allait être très compliqué, mais je n’allais pas tarder à trouver une raison de ne plus penser à lui.

Pendant ce temps, Herman était parti en vacances à New York. J’étais tellement jalouse. Je rêvais d’aller à New York depuis si longtemps, idéalement avant mes 30 ans ou pour fêter mes 30 ans, seule ou avec quelqu’un qui partage ma vie. J’enviais énormément Herman pour la vie qu’il menait. Toujours parti quelque part dans le monde, toujours entouré, toujours occupé. Cette fois, il était à New York et il partageait des photos des lieux qu’il visitait et des stories de ses activités, un concert du groupe Imagine Dragons, un match de basketball, une balade en vélo sur le pont de Brooklyn. Tiens, mais que vois-je ? Qui est cette fille en train de pédaler devant lui ? Mais je la reconnais ! C’était elle. Cette jeune femme qu’il avait déjà emmené en vacances l’année précédente et dont toutes les photos avaient disparu. En réalité, elle faisait toujours partie de sa vie. J’ai tenté de le confronter, j’ai répondu à sa story en lui demandant si c’était sa copine. Il n’a pas daigné me répondre, en revanche, il a par la suite posté une photo d’eux ensemble comme pour me narguer.

Comment avait-il pu me le cacher ? Comment avait-il pu essayer de coucher avec moi lors de son dernier passage à Paris alors que de toute évidence il était toujours en couple ? Je comprenais soudainement pourquoi il ne voulait pas dîner avec moi dans un lieu qu’il jugeait trop romantique, il était en couple avec une autre à qui il réservait ce genre de privilèges. Je comprenais pourquoi nos échanges étaient toujours portés que sur le sexe. Je comprenais pourquoi il ne s’intéressait pas à moi et ne me posait jamais de questions sur ma vie.

J’étais profondément meurtrie et sidérée en découvrant la supercherie. Je le trouvais infâme d’avoir agi ainsi. J’avais terriblement honte d’avoir cru pendant tout ce temps qu’il était disponible. Je n’en revenais pas qu’il puisse être capable d’une chose pareille. Toutes les conversations que nous avions eues, ses invitations au sexe alors qu’il était toujours en couple, tous les messages repassaient dans ma tête. Mes émotions se bousculaient, la désillusion, la colère, l’humiliation. J’ai fondu en larmes. Je ne m’arrêtais plus de pleurer. J’étais dégoutée et en même temps j’étais triste pour elle, car il lui manquait totalement de respect à elle aussi. Sauf si elle était au courant de ses infidélités et dans ce cas je n’ai rien à dire, ni de pitié à avoir pour elle. Parfois, les femmes savent que leur partenaire est infidèle et elles restent avec malgré tout. Dans Ce que veulent les hommes, les auteurs expliquent que les hommes trompent les femmes qu’ils aiment simplement pour la variété sexuelle. Ça reste un manque de respect que je ne peux pas accepter. L’homme qui ose trahir ma confiance, m’humilier en allant dans les bras d’une autre, cet homme n’a pas compris ma valeur et ne mérite pas de m’avoir dans sa vie. Je n’en ai rien à faire qu’il veuille de la variété sexuelle. Un homme qui multiplie les partenaires sexuelles est un collectionneur qui cherche désespérément à affirmer sa virilité. Plus il a de conquêtes plus il renforce son identité masculine, or plus il a de partenaires et moins il s’attache émotionnellement. Si c’est vraiment ce qu’il veut, il n’a qu’à rester un éternel célibataire, pourquoi faire souffrir une femme qui s’investie dans la construction d’une vie stable avec lui ?

Herman est détesté professionnellement, il est régulièrement insulté sur les réseaux sociaux pour son irrespect et sa prétention, mais il a des amis qui viennent prendre sa défense. Il est exactement le même avec les femmes, irrespectueux et prétentieux, mais même en amour il ne sera jamais seul et il le sait. À mes yeux, Herman c’est quelqu’un qui n’a pas d’honneur, aucun sens moral, et il s’autorise à se comporter comme si tout lui était dû, y compris sexuellement alors qu’il n’a pas le consentement libre et sans équivoque d’une femme. Comme pour notre première fois.

Était-ce propre à Herman, ou est-ce quelque chose de très répandu dans le monde du sport professionnel ? On ne va pas se mentir, il y a énormément de machisme dans le sport et certains athlètes professionnels sont bien connus pour leurs infidélités quand ce n’est pas pour des accusations de viols. Même la série 13 Reasons Why dépeint parfaitement cette sensation de toute puissance qui anime les sportifs, et encore dans la série il s’agit d’adolescents, mais transférons cette mentalité sur un homme adulte et millionnaire. Bien sûr, il y a des exceptions, mais ceux qui mènent une vie de famille tranquille et exemplaire ne font pas les gros titres.

J’étais blessée au plus profond de moi, mais j’ai fini par admettre que Herman n’était pas digne de mon amour, ni de mon respect. Nous n’étions pas compatibles tout simplement, je pouvais essayer de le prendre par tous les côtés ça ne marcherait jamais et encore moins après ce qui venait de se produire.

Sortie de l’aveuglement du coup de foudre et de l’obsession nourrie par les réseaux sociaux, qu’est-ce que je lui trouvais au juste ? Une extrême confiance en lui que je trouvais certes séduisante mais que je rêvais d’avoir moi-même. Une vie richement remplie de voyages, de fêtes, d’amis, de travail, de pouvoir. J’étais secrètement attirée par le pouvoir qu’il dégageait.
Le philosophe Charles Pépin a raison : « Nous ne rencontrons jamais le réel directement : nous rencontrons d’abord ce qu’il symbolise pour nous. »[6] En vérité, ce n’est pas Herman dans sa réalité que j’ai rencontré et dont je suis tombée amoureuse, mais ce qu’il représentait pour moi. J’étais amoureuse de tout ce que je projetais sur lui et que je voulais faire refléter sur moi. Sa réussite, sa confiance en lui, sa légèreté face à la vie, cette puissance qui l’ancrait dans le monde, toutes ces choses me fascinaient, m’avaient rendue addict et même jalouse de lui. Dans ma tête, si je parvenais à être avec lui, toutes les qualités que je lui trouvais m’appartiendraient par ricochet. Il m’aura fallu 2 ans pour comprendre que je souhaitais davantage être sa place que je ne le désirais lui. Ce qu’il était humainement, dans sa vérité, dans sa réalité, me déplaisait et était loin de me correspondre.

J’ai pris la décision de supprimer mon compte Instagram définitivement, considérant que tout n’est que mensonge sur les réseaux sociaux. L’authenticité n’y existe pas. J’ai joué ce jeu, je n’ai pas toujours été vraie. Il m’arrivait de faire croire que j’étais en balade nocturne sous la Tour Eiffel avec une vieille photo alors que j’étais chez moi en pyjama en train de binger[7] une série. En supprimant mon compte Instagram, je voulais retourner dans le réel, retrouver des relations humaines vraies et sincères. Parce qu’au final, tout ce qui m’importe ce sont les relations d’amour qui m’entourent, ma famille et mes vrais amis, et ces relations ne sont pas sur les réseaux sociaux. J’ai gardé mon compte Facebook pour conserver un moyen de communication avec les personnes que j’ai connues à l’étranger, j’ai un compte Twitter pour rester informée des tendances de mon métier, un compte LinkedIn pour ma visibilité professionnelle, mais sur tous ces réseaux je ne suis qu’une observatrice. Je ne partage plus rien de ma vie et je ne commente rien de la vie sur-embellit des autres. Quand je veux des nouvelles de mes amis, je les appelle, parfois ils répondent, parfois non et ne prennent pas la peine de me rappeler ; mais ce n’est pas grave, c’est comme cela que l’on distingue les vrais amis. Crois-moi petite sœur, je suis plus heureuse ainsi.

C’est comme ça que j’ai soigné mon addiction à Herman. Le sevrage s’est fait très rapidement et je n’ai plus jamais ressenti le besoin incontrôlable d’être en contact avec lui et surveiller ses faits et gestes sur les réseaux sociaux. Mais que faire à présent ? J’étais seule et démunie.

Un soir de novembre, j’ai pris des nouvelles de Alain. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas échangé. Même si je refusais dorénavant de coucher avec lui, je gardais toujours de l’affection et de l’amitié à son égard :

« Comment il va ?

- Il est heureux.

- Qu’est-ce qui te rend heureux ?

- J’ai rencontré quelqu’un. »

Comment ? Lui aussi était dans une relation ? Lui qui avait profité de moi, sans jamais m’offrir ce que je demandais, avait rencontré quelqu’un et il était « heureux » ? Il avait dans sa vie une femme avec qui il sortait et se montrait en plein jour, alors que pendant des mois il m’avait gardé dans l’ombre. Je n’étais qu’une distraction dans son jardin secret. Une position dans laquelle il m’avait mise de manière insidieuse. À aucun moment, il ne m’a dit explicitement que notre relation ne serait que sexuelle et secrète, je ne l’ai compris qu’avec le temps, à force de me faire éjecter de chez lui et de ne jamais le voir dehors. S’il me le disait clairement, il me perdait. Du coup il créait l’illusion en m’appelant « bb » tous les jours. Jusqu’à ce qu’il me devienne insupportable de me détester parce que je me laissais faire.

Ce que j’ai surtout envie de te dire petite sœur c’est que dans toute relation, qu’elle soit sérieuse ou pas, si on ne dit pas ce qu’elle est dès le début, si on n’annonce pas ce que l’on veut, on ne peut pas savoir ce dont il retourne. Si la première fois qu’on s’est vu il m’avait dit : « Petra, je te trouve ravissante et j’aimerais que l’on se voit de temps en temps pour une partie de jambes en l’air. Nous ne serons pas un couple, nous ne sortirons pas dîner ensemble, mais nous serons exclusifs. Qu’en dis-tu ? » J’aurai pu lui donner mon consentement  sans être sous l’influence de son statut et en connaissance de cause, de manière libre et éclairée, ou choisir de décliner son offre. Il aurait été honnête et m’aurait respecté. Comme le chante Aretha Franklin : « All I’m askin’ is for a little respect »[8]. Oui, tout ce que je demande c’est un peu de respect.

En lisant ces mots, tout s’est arrêté autour de moi. Une envie de vomir m’a prise et j’ai couru dans ma salle de bain rejeter le contenu de mon estomac pour finir par pleurer sans pouvoir m’arrêter. J’avais envie de disparaître, m’enfuir, être introuvable. Partir et commencer une nouvelle vie loin de tout en ne gardant avec moi que des choses simples, de la musique, des livres et quelques vêtements. J’avais envie que l’on efface de ma mémoire ces deux dernières années pour oublier toutes ces relations qui ont échouées et qui ne m’ont rien apportées d’autres que désillusion. Comme dans le film Eternal sunshine of the spotless mind, je voulais oublier les moments passés avec eux, les mots que nous nous sommes échangés, les émotions que leur souvenir m’évoquait que ce soit l’amour que j’ai pu ressentir, la tristesse ou le dégoût, je voulais que rien n’ait existé.

Pourquoi je n’avais pas cette chance de dire que j’avais rencontré quelqu’un et que j’étais heureuse moi aussi ? C’était injuste. Comment se faisait-il qu’il ait rencontré quelqu’un après avoir profité de moi pendant près de six mois et que moi j’en étais toujours au même point ? Je n’avais pas plus avancé. J’étais en recherche d’emploi depuis un an, je n’avais personne avec qui partager ma vie, j’étais seule et je me sentais inutile. J’avais un toit sur la tête, une famille aimante, j’étais en bonne santé, dans la meilleure forme de ma vie et j’avais quand même cette sensation de n’avoir rien, de n’être rien. J’avais touché le fond. C’était comme si les piliers de ma vie s’effondraient tous un à un, ne me laissant que des ruines sur lesquelles je ne pouvais rien bâtir de solide. J’étais inconsolable.

Ce n’est qu’après une séance d’EMDR avec Laurent que j’ai pu me calmer et cesser de pleurer. Ils ne se sont pas effacés de ma mémoire, mais tu vois petite sœur, si je regarde le bon côté des choses, c’est bien parce que je les ai connus que je ne reproduirai pas les mêmes erreurs à l’avenir. C’est parce que j’ai eu toutes ces expériences que je suis capable de déterminer avec quel genre d’homme j’ai envie de partager ma vie. Plus on fait de rencontres, plus on affine ses besoins et moins on perd de temps avec des personnes qui ne nous correspondent pas.

 

*****

[1] Daddy issues dans le titre du chapitre se traduit littéralement par problèmes paternels

[2] Vérifier, dérivé du verbe « to check » en anglais.

[3] Se dit d’un homme âgé et séduisant, dont les cheveux sont gris et qui est souvent désiré par des femmes plus jeunes.

[4] Nourriture saine en anglais.

[5] « Eye movement desentization and reprocessing » pouvant être traduit par « désensibilisation et reprogrammation par mouvement oculaire »

[6] Psychologie Magazine Aout 2018.

[7] Anglicisme qui traduit le fait de regarder tous les épisodes d’une série à la file.

[8] Respect par Aretha Franklin

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Cocochoup
Posté le 13/02/2020
Arf tellement de souffrance dans ce chapitre, de désillusion
Je me suis bien habituée à ta plume que je trouve très agréable à lire. J'espère dans les prochains chapitres lire que tu as rencontré des hommes plus stables, que tu auras enfin reconnu ta valeur intérieur.
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 13/02/2020
Je te remercie pour ton commentaire CorinneChoup. Je suis ravie que mon écriture te plaise. Je vais arrêter de me stresser sur mon style et juste laisser mes doigts retranscrire mes pensées, même si on peut toujours s'améliorer (dit la perfectionniste qui s'agite dans ma tête).

J'ai repris le tout début sous forme de lettre comme tu me l'avais suggéré (et je t'en suis reconnaissante encore une fois) et je pense que ça fonctionne beaucoup mieux maintenant.

Il n'a pas été facile à écrire ce chapitre, et encore moins à publier. Mais bon, je me concentre sur les leçons à en tirer et que je souhaite partager :) J'espère que je ne passe trop à côté dans mon récit.

Il reste deux chapitres. On se rapproche de plus en plus du présent !
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