Chapitre 6

Par Flammy

Laurine me tient fermement la main tandis qu’elle tente de fendre la foule qui s’amasse sur la grande place d’Yseult du septième étage du quatrième niveau, celui des divertissements. Aujourd’hui, tout le monde est dehors pour fêter le huit centième anniversaire de la création de Néo-Knossos par Yseult, véritable héros et fondateur de la ville qui, le premier, a repoussé un Yokai.

 

Pour cette raison, toutes les routes ont été coupées pour les rendre piétonnes et permettre aux festivités de s’étendre partout. Cela implique donc de traverser ces étages-là à pied, sans transports en commun. Laurine s’arrête jamais de travailler, elle tente malgré tout de remplir sa fonction de femme d’Intendant, même si tous les habitants se liguent contre elle. Sans moi, elle aurait probablement réussi beaucoup plus facilement, mais entre les passants qui me repoussent en arrière sans même y prêter garde ou moi-même qui essaie de me faire la malle pour explorer de mon côté, c’est pas simple.

 

Un festival comme ça, j’en reverrai peut-être jamais de ma vie. Autant en profiter. Pour l’occasion des dizaines de projecteurs supplémentaires ont été installés pour éloigner les dababs. Il n’y a absolument aucune volute de brumes entre les habitants, c’est une nouveauté pour moi. Je… Je crois que j’aime pas ça. Des sourires ravis s’épanouissent partout, mais moi, ça me laisse juste une sensation de malaise désagréable. Je me sens nue.

 

D’un coup, toutes les télévisions géantes de la place se mettent à afficher en même temps la même émission. La foule sautille, hystérique, et quelqu’un percute le bras de Laurine qui me lâche. J’en profite immédiatement pour filer et me rapprocher pour tenter d’observer les écrans. Les habitants sont tous beaucoup trop grands, mais, heureusement, un homme m’aperçoit et, sans rien dire, tout à son excitation, il me prend sur ses épaules. Les enceintes géantes vibrent au loin mais j’arrive quand même à les entendre.

 

Il s’agit d’une sorte de rétrospective sur une idole célèbre, Key. Même moi j’ai écouté ses musiques. Enfin… Maintenant, a priori, il faut l’appeler Katarina. On voit différents concerts du chanteur, ainsi qu’un présentateur qui indique que sa transition étant finie, Katarina fera sa première apparition publique pour le festival. La foule est de plus en plus surexcitée et mon porteur saute sur place, me secouant dans tous les sens. Un décompte occupe tout l’écran et des centaines de voix le reprennent ensemble.

 

Les chiffres restent bloqués sur le trois. Le silence retombe d’un coup, aussi surprenant qu’assourdissant et tous se regardent, un peu perplexes. Le malaise s’installe. Couper les festivités, ça n’augure rien de bon. L’image télévisée se floute puis est rapidement remplacée par un journaliste en costume noir, un air lugubre accroché au visage.

 

— Le Palladium Aristide Langlois, chef de la famille Langlois, est aujourd’hui décédé de Dégénérescence à l’âge de quarante-trois ans. Il avait consacré sa vie à Néo-Knossos et en raison de tous les services rendus, une minute de silence sera observée, qui commence maintenant.

 

Toute la joie de la place s’est envolée d’un coup, les éclairages semblent moins forts. Je comprends pas trop. L’homme qui me portait me dépose doucement au sol et baisse la tête, le visage fermé. Tout le monde réagit de la même façon et l’ambiance devient pesante. Presque personne ne bouge, les enceintes se sont tues. Ce silence est surréaliste pour le quatrième niveau, celui qui ne dort jamais. J’imite les autres sans trop m'interroger.

 

Les Palladiums sont primordiaux pour la survie de Néo-Knossos, surtout les hommes qui peuvent repousser les Yokais. Malheureusement, ils sont aussi sensibles à une maladie qui ne touche qu’eux, la Dégénérescence. Atteindre quarante-trois ans, c’est déjà un bel âge pour eux. Passé un certain âge, il ne reste que les femmes, qui gèrent la ville sur le long terme.

 

Alors que je me recueille sans trop savoir à quoi je dois penser pour honorer la mémoire d’une personne que je connaissais pas, j’entends des bousculades près de moi. Je redresse la tête quand les excuses de Laurine deviennent distinctes. Complètement paniquée, elle avance péniblement dans la foule sans respecter la minute de silence, récoltant les regards noirs par dizaines. Me faufilant sans difficulté entre les jambes des fêtards, je trottine tranquillement vers elle.

 

Lorsqu’elle m’aperçoit, elle me chuchote durement à l’oreille des reproches, je dois pas m’éloigner sans rien dire, sinon je vais me perdre. Je la fixe sans trop comprendre son inquiétude, c’est pas comme si je risquais grand-chose. Devant mon manque de réaction, elle soupire et m’attrape la main, avant de recommencer à fendre la foule. Même si un Palladium meurt, même si sa minute se transforme en quart d’heure, une Intendante doit continuer à travailler coûte que coûte. Il y a trop de choses à gérer pour que la vie des habitants se déroule sans accrocs.

 

Alors que Laurine se dirige vers l’ascenseur central qui nous permettra de gagner le sixième niveau, celui réservé à l’alimentation, le silence est toujours total, seuls les bruits de talons claquant sur le sol le perturbent. Insensible au recueillement, je lui pose la question qui me trotte en tête depuis l’émission d’un peu plus tôt.

 

— Dis, c’est quoi un « trans » ?

 

Ma demande, pourtant chuchotée, porte au loin dans la place. Des centaines de regards se tournent vers moi, à la fois accusateurs et amusés. Laurine, complètement écarlate d’être ainsi au centre de l’attention, se contente de bafouiller qu’elle m’expliquera plus tard.

 

Pourquoi une telle réaction ? La minute de silence est finie, non ? J’y comprends rien… D’un coup profondément fatiguée, je me laisse aller contre Laurine, surprise que, pour une fois, je cherche plus de contact.

 

Pourquoi parfois, j’ai l’impression d'appréhender parfaitement la ville puis, la seconde suivante, d’être totalement démunie ? C’est tellement crevant…

 

~0~

 

Une fois qu’on pénètre dans le hangar principal produisant du soja, Laurine a retrouvé son calme et semble totalement dans son élément. Même avec ses talons, ses ongles manucurés et sa jupe moulante, elle paraît totalement à sa place au milieu des installations de cultures. C’est ça que je dois apprendre. Le boulot de femme d’Intendant. C’est le seul métier où le couple est obligé de travailler ensemble, pour des raisons de sécurité. Les Palladiums préfèrent ça que de nommer plus d’Intendants, au moins ça quitte pas la famille. Les informations sensibles restent regroupées.

 

Du coup, vu qu’il s’agit de tâches qu’on étudie pas à l’école, deux jours par semaine, Laurine m’emmène avec elle pour m’enseigner le rôle d'une parfaite Intendante. Glenn fait pareil avec son père. Même si je trouve ça super intéressant et que le métier est cool, je déteste ça. J’ai envie de hurler à chaque fois que je repense à l'idée que je deviendrai Intendante juste parce que j'épouse Glenn, pas parce que je suis compétente.

 

Dans les longues allées, des étagères en métal se succèdent à perte de vue. Sur chaque plateau, une substance nutritive marron s’étale partout, un peu étrange avec une forte odeur, ainsi que des lampes et des capteurs. Absolument tout est contrôlé, luminosité, hygrométrie, température, pour que les pousses de soja se développent au mieux. À grandes enjambées, Laurine parcourt le hangar, vérifiant aléatoirement des détails avec minutie, posant des questions aux personnes travaillant là. Elle regarde tout, avec un soin qui tend vers la maniaquerie.

 

Les Intendants ont la responsabilité de gérer la production et les stocks de tout ce qui est nécessaire pour vivre. Nathan et Laurine ont un statut particulièrement important, ils s’occupent de la nourriture, de la dispatcher entre ceux qui en ont besoin et surtout, d’anticiper assez pour éviter les pénuries. Vu le nombre de nuits blanches passées là-dessus, même si les habitants de Néo-Knossos ne s’en rendent pas vraiment compte, ça doit vraiment être compliqué à faire. Un seul vol d'envergure par la mafia ou un attentat orchestré par les écolos, et c’est la famine assurée.

 

C’est la première fois que je pénètre dans une installation de production. Avant mes fiançailles, ça aurait été inenvisageable, et même maintenant, mes yeux ont été bandés à mon arrivée au sixième niveau pour que je connaisse pas l’emplacement exact du hangar. Deux hommes armés jusqu’aux dents me suivent au cas où. J’ai dix ans, mais on rigole pas avec la sécurité. Ça serait vraiment dramatique si j’essayais de voler un plant de soja, la société s’effondrerait. Franchement, ils se rendent pas compte qu’ils en font tellement que ça devient ridicule ? Il croit quoi, que je cache un Yokai ou une Lame de Sang dans mon sweat ?

 

Je m’arrête devant une étagère, détaillant avec curiosité la plante qui surgit de l’étrange pâtée marron derrière sa vitre de protection. C’est la première fois que j’observe quelque chose du genre. La plupart des habitants de Néo-Knossos ne verront jamais un arbre ou un légume pousser de leur vie. Ça se limitera à quelques vidéos et des photos sur écran, avec un cours théorique sur leur cycle de vie. Rien que pour m'être approchée de ça, je pourrai me vanter pendant des semaines à l’école. Ça étouffera peut-être les rumeurs plus dérangeantes.

 

Laurine s’éloigne de moi sans même y prendre garde et les deux gardiens m’indiquent d’un geste de la main de reprendre ma marche. C’est vrai que je pourrai les attaquer et voler les pousses pour la gloire de provoquer la panique dans le hangar. Énervée, je repars. J’en profite pour donner un coup de pied dans un gravier qui traîne là. Immédiatement, l’un des hommes sort un pistolet et le deuxième me plaque par terre, sans ménagement.

 

Au début, la surprise fige mon esprit. Le sol rugueux sous ma joue, le poids qui m’écrase la cage thoracique… J’ai du mal à comprendre. Est-ce qu’on vient vraiment de m’agresser pour un caillou ?! La rage m’envahit d’un coup et je crie, tandis que j’essaie de me débattre pour le libérer. L’autre idiot appuie plus fort pour me maîtriser et je commence à étouffer.

 

J’ai mal et mes côtes vont pas tarder à éclater. Je tente de reprendre mon souffle sans y parvenir et, rapidement, entre la panique et le manque d’oxygène, ma vue se brouille et je me sens partir.

 

Je veux pas… Je veux pas mourir là… pour une bêtise pareille… Je…

 

Au loin, une sirène retentit. La brute se redresse très légèrement et je peux de nouveau respirer.

 

Immédiatement, j’entends les portes blindées qui claquent violemment. Les lumières se teintent de rouge, clignotent et l’alarme nous déchire les oreilles sans fin. Laurine revient vers nous en courant, visiblement paniquée. Quelques hurlements plus loin, je suis assise au sol, sonnée, et Laurine essaie de vérifier que je vais bien. J’ai du mal à respirer correctement, ma cage thoracique me fait mal.

 

Devant mon manque de réaction, Laurine me prend dans ses bras. Je déteste ça normalement, j’ai horreur des contacts, mais il faut qu’on se dirige vers les lieux de confinement. Le hangar est attaqué. Lorsqu’on arrive dans la petite pièce blindée, on est les derniers. Les deux brutes referment la lourde porte en métal et, avec les employés, on se retrouve entassés, à attendre anxieusement.

 

Une seule personne ose parler. Elle est pendue à un téléphone étrange, le genre d’appareil dont la ligne doit être sécurisée. Les vitres renforcées du toit, qui permettaient de faire pousser certaines plantes particulièrement fragiles, ont explosé. D’après ce que je saisis des paroles et des regards paniqués, c’est une grande première. Les Lames de Sang ont déjà tenté des attaques contre les hangars de productions, c’est pas pour rien que c’est surprotégé, mais c’est visiblement la première fois qu’ils réussissent une percée et c’est l'anarchie totale. Normalement, les gardiens auraient dû aller sur les lieux pour défendre les plantes, mais ils sont restés avec nous. S'en prendre à une gamine, ça passe, mais la mafia fait trop peur ?

 

Laurine me caresse machinalement les cheveux. J’essaie de me dégager ou de repousser sa main, mais ça fonctionne pas. Elle fait ça « pour me rassurer », mais c’est plutôt l’inverse. Un coup d’éclat des Lames de Sang le jour de la commémoration d’Yseult, ça plaît à personne. Laurine doit déjà être en train de calculer comment compenser les pertes pour éviter une famine. Les nuits blanches risquent de s’enchaîner. Le soja est la base de l’alimentation de Néo-Knossos, si le hangar est détruit…

 

Le temps passe lentement.

 

Un moment, je joue avec un machin qui traîne par terre, mais quelqu’un finit de me l’arracher en affirmant que je fais trop de bruit et que j’énerve tout le monde. Je redresse le nez et détaille les adultes présents. Pourtant, à part Laurine, personne ne s’intéresse à moi. Y en a trois qui se chuchotent des trucs, trop bas pour qu’on puisse les entendre malgré le silence étouffant. Un couple se serre dans les bras, oubliant le reste. Certains tentent désespérément de regarder quelque chose sur leur téléphone, visiblement sans succès vu les accès de colère ou de désespoir.

 

Constatant que j’ai arrêté de jouer, Laurine me reprendre contre elle. Pour une fois, je la laisse faire, je me contente d’attendre. J’ai l’habitude. Entre l’hôpital et l’école, j’ai de l’entraînement. Je regarde vaguement dans le vide sans penser à rien. J’aurai bien aimé admirer les brumes ou même écouter du piano, mais pas possible dans la pièce blindée.

 

Plusieurs heures plus tard, on obtient enfin l’autorisation de sortir. À priori, le danger est écarté. Les hommes armés émergent en premier, mais personne n’ose les suivre. Le silence règne, les lumières rouges se sont éteintes. Je sautille un moment sur place, impatiente, avant de traîner Laurine derrière moi à l’extérieur. À partir du moment où la porte est ouverte, on est plus protégé, alors pourquoi rester enfermées ?

 

Tout est anormalement intact. Absolument rien n’a été attaqué, vandalisé ou volé. Les étagères avec les plantations n’ont pas été touchées, absolument rien diffère d’un peu plus tôt. Un instant interdite, Laurine se ressaisit et se dirige rapidement vers les escaliers supérieurs, moi sur ses talons. Tout a l’air en bon état.

 

On arrive enfin au dernier étage. Le toit de verre est détruit et les morceaux gisent au sol, ayant au passage abîmé certains des grands arbres précieusement conservés là. Complètement estomaquée, je m’avance sans tenir compte de ce qui m’entoure. Ces gros trucs marron et verts font deux à trois fois la taille d’un homme adulte. C’est tellement différent des pousses d’un peu plus tôt… Même à l’école, on a pas de photo ou de vidéos aussi jolies. C’est juste incroyable.

 

Une huka[1] particulièrement épaisse serpente entre les troncs, presque vivante, donnant une ambiance éthérée à ces étranges géants. Je n’ai qu’une envie, aller voir de plus près, mais Laurine me retient fermement, au point de me faire mal au bras.

 

— Non Ariane, c’est… c’est dangereux.

 

Elle semble effrayée. Pourtant, l’attaque est finie, non ? Il peut plus rien arriver. Je sais qu’il faut faire attention au verre. Les autres personnes présentes ont pas l’air plus rassurées et personne ose s’engager au milieu des arbres, en partie effacés par l’huka.

 

Le lendemain, malgré les commémorations en l’honneur d’Yseult, malgré la mort d’un Palladium, malgré le retour d’une idole adorée, les journaux ne parlent que d’une chose. Le premier coup d’éclat d’envergure des Lames de Sang depuis la dernière attaque d’un Yokai. Un simple avertissement sur un hangar, sans vol, sans destruction de vivre. Une manière de rappeler à la population que les Yokais ne sont pas la seule menace qui plane sur Néo-Knossos.

 

[1] Huka : Brume dense de nuit.

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AnonymeErrant
Posté le 03/02/2021
Coucou !

Je rattrape gentiment mon retard. A mon sens, la narration d’Ariane se tient par rapport au chapitre précédent. Pour rebondir sur ta réponse (deux semaines plus tard, mais passons >.>) je ne sais pas si c’est « une évidence ». On sent effectivement que le langage se fait plus soutenu, plus mature (et je garde bien au chaud ma théorie de vieille âme, hum), mais parfois, la lecture chapitre par chapitre fait qu’on a tendance à se focaliser sur des éléments qui, lorsqu’on découvre l’histoire « comme un vrai livre », interpelleraient sans paraître, disons, flagrant. Est-ce que ce que je raconte est compréhensible au moins ? Après cet étrange début de semaine, il doit me rester deux neurones pour se battre en duel, alors… c’est pas certain xD

J’ai aussi joué à la bergère en rassemblant mon troupeau. Sauf que mes moutons à moi, ce sont des « pourquoi ». Pourquoi la musique est-elle si importante ? Pour Ariane, c’est une certitude. De manière plus globale, ça reste encore flou. Pourquoi sont-ce les hommes qui « subissent » une certaine immunité, mais succombent avant les autres ? Arf, je me dis que ce chanteur a bien fait de changer de genre, il vivra tranquille et plus longtemps. Et je pourrais continuer dans cette veine un moment 😉.

Par contre, on va pas se mentir, tu as quand même le chic pour casser l’ambiance. On passe de ce qui devait être une célébration à un mort. Puis d’un hangar ou des trucs verts que personne n’a jamais vu poussent (Ca me donne envie de fredonner Respire de Mickey3D pour illustrer cette scène) à une attaque dissuasive de la mafia (<= tu l’as senti mon pourquoi supplémentaire, là ?).

Bon, je reviendrai m’attaquer à la suite quand je serai capable d’écrire des commentaires un peu, ou beaucoup moins décousus et devant un ordi, parce que sur le natel, c’est quand même super galère.
Flammy
Posté le 19/02/2021
Coucou !

Ba écoute, je trouve ça très clair tes explications, donc aucun soucis ^^ C'est sûr que c'est jamais le même rendu quand on lit chapitre par chapitre x) Je vais laisser reposer ça et on verra avec un oeil neuf je pense ^^

J'admet que dans le début, je sème beaucoup de pourquoi ='D Peut-être un peu trop, mais j'aime beaucoup trop poser pleins de petites choses et tisser tout ça et expliquer ensuite au fur et à mesure. C'est quand je te vois faire la bergère que je me rends compte à quel point j'en met beaucoup ^^"

Il parait en effet que je suis douée pour casser l'ambiance ='D J'aime bien les switch d'ambiance et ne pas rester comme un long fleuve tranquille ^^" (C'est vraiment dans ces moments que je me rends compte de mes tics d'écriture ^^").

Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire <3 Et je ne l'ai pas trouvé du tout décousu, c'était même plutôt clair =D
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