Chapitre 5 : l'entretien

Notes de l’auteur : Bonne lecture ;)

 

— N’oubliez pas vos bas ! Qu’est-ce que vous feriez sans vos bas, vous imaginez ?

Non, Mathilde n’imaginait pas. Elle avait d’autres choses auxquelles penser que la garde-robe qu’elle emporterait sur Impera. Claudia s’agitait dans tous les sens dans sa chambre, complètement survoltée. Une grande malle trônait au milieu d’un tapis jonché de piles de vêtements, que la gouvernante devait enjamber à chaque passage. Rien qu’à la regarder courir en tous sens, on s’essoufflait. Pourtant, elle effectuait cette gymnastique avec une aisance surprenante, étant donné son embonpoint, et un sourire énorme illuminait son visage buriné. Elle rayonnait de joie et d’excitation, ce qui faisait paraître Mathilde encore plus morose. La veille du départ, elle s’était résolue à porter sa tenue la moins conventionnelle : un pantalon de toile souple roulé au mollet et une chemise si ample qu’elle semblait flotter dedans, n’en paraissant que plus gracile encore. Allongée sur le dos, elle regardait tête en arrière le ballet incessant de Claudia sans vraiment la voir. Ses cheveux blond-blanc dégoulinaient jusqu’au tapis comme une rivière de lait au milieu de l’océan de couleur chatoyantes de ses tenues.

— Vous préférez quoi entre ces deux-là ?

La gouvernante lui mit sous le nez des chapeaux à plumes et fausses fleurs aussi grotesquement parés que le voulait la mode ces temps-ci. Mathilde lança un regard déconcerté à Claudia, qui n’en finissait pas de sourire. Pour un peu, on aurait cru qu’elle était en train de se moquer d’elle.

— Sérieusement ? Tu sais bien que je ne les porterai jamais.

Claudia secoua la tête avec insistance.

— Votre mère veut que vous en emportiez au moins un. Choisissez, le jaune ou le rose ?

Comme Mathilde détournait la tête, un pli dégoûté aux lèvres, Claudia reprit d’un ton plus doux.

— Allez, faites donc pas cette tête. C’est pas comme si on vous envoyait au bagne. Vous allez à la Capitale !

Elle brandit une robe et se la plaqua contre la poitrine en une pose comique. La tenue était si volumineuse qu’elle ressemblait à une pièce montée avec toute cette chantilly de jupons et de dentelle.

— Vous pourriez faire un peu la coquette pour une fois, ça vous ferait pas de mal !

— Pourquoi es-tu si heureuse de me voir partir ? la coupa amèrement Mathilde. Tu sais qu’une fois que je partirai, demain, nous ne nous reverrons peut-être jamais ?

Claudia perdit son sourire. Plantée au milieu des piles de vêtements, son immobilité soudaine donnait le tournis après l’avoir vu courir partout. Mathilde avait l’impression qu’elle avait ôté un masque, tant le contraste était fort d’une émotion à l’autre. Les épais sourcils noirs de la Roturière se froncèrent, plissant son front de rides inhabituelles.

— Mademoiselle, vous avez pas le droit de parler comme ça. C’est ingrat ! Vous imaginez un peu quelle chance vous avez de devenir une Filleule ?

Mathilde plongea ses yeux mi-clos dans le baldaquin, au-dessus de sa tête. Le festival était passé, ses projets effacés, l’opportunité de réaliser ses désirs réduits à néant. Son violon attendait et attendrait toujours dans son étui l’occasion de révéler son travail et son talent au monde. Tous ces efforts pour rien.

— Tu parles d’une chance, mes rêves sont détruits…

À peine finissait-elle sa phrase que sa gouvernante frappait violemment son talon contre le parquet.

— Vous avez pas le droit de vous plaindre, insista-t-elle, son regard plus intense que d’habitude. Mettez-vous un peu à la place des autres, pour une fois ! Un Filleul, peu importe son origine sociale, reçoit tout, une solde énorme, un rang, une place à la plus grande Cour de l’Archipel ! Imaginez une seconde que je sois devenue une Filleule, vous pensez que je serais encore là, à m’occuper de vos affûtiaux et à vous écouter geindre ?

Elle s’arrêta, la figure rougie par l’émotion. En face d’elle, toujours tête en bas, Mathilde la dévisageait, la bouche entrouverte, des larmes aux coins des yeux. Elle était encore plus pâle que d’habitude, sur le point de fondre en larme. Claudia se mordit la lèvre inférieure, soudain gênée. Ce n’était pas souvent qu’elle se laissait aller à la colère, mais cette fois-ci, elle y était allée trop fort. Choquée, blessée, sa maîtresse ressemblait à une statue de glace qu’un coup trop fort menaçait de réduire en morceaux. D’habitude, elle était plutôt imperméable aux critiques, cependant les mots de Claudia avaient frappé trop juste. À présent, Mathilde débordait tant de culpabilité que les mots s’étranglaient dans sa gorge.

— Claudia… Ce n’est pas…

La gouvernante l’arrêta d’un geste. Son visage s’était adouci, mais son ton resta ferme.

— Mademoiselle, je voulais pas dire des mots durs comme ça. Je suis désolée… mais vous comprenez pourquoi vos manières sont offensantes pour moi ? Pour tous les petites gens ? Vous avez déjà tout.

Mathilde se recroquevilla à l’autre bout du lit, incapable de retenir ses larmes plus longtemps. Elle avait honte, terriblement honte. Claudia avait raison, elle possédait tout ce dont on pouvait rêver : un rang élevé dans la société, une propriété, une grande fortune. Sa famille était l’incarnation de la réussite. La solde faramineuse qu’offrait l’Empire aux Filleuls était la même pour tous, peu importe le milieu d’origine et pourtant cette somme, aussi importante soit-elle, était dérisoire parmi les apports financiers mensuels des entreprises familiales. Une goutte d’eau dans un lac. Les paroles de Claudia pénétraient dans la chaire de Mathilde et venaient frapper là où ça faisait vraiment mal. En quelques phrases, elle l’avait remise à sa place, comme la gamine qu’elle était. Le pire, c’était que malgré tout ça, Mathilde ne pouvait toujours pas s’empêcher de penser à son avenir autrement que comme la destruction de tout ce qu’elle aimait.

Claudia, dont la poussée d’humeur était maintenant parfaitement redescendue, couvait sa maîtresse d’un regard attendri. Désemparée, les cheveux lui coulant dans la figure, elle tremblait comme une adolescente en pleine crise de nerfs. Les phrases qu’elle balbutiait à travers le rideau de ses cheveux étaient pleines d’excuses confuses et de hoquets incontrôlables. La gouvernante, consciente d’avoir été rude, s’assit à côté de la jeune fille qu’elle avait aidé à élever. Douce, elle la prit maternellement dans ses bras. Le départ était trop proche pour qu’elle laisse cette altercation perdurer. De plus, Claudia connaissait assez Mathilde pour savoir qu’elle n’était pas vraiment ingrate ni égoïste, seulement un peu trop dans ses nuages. Chaque jour depuis le Test, elle était devenue un peu plus apathique, un peu moins attentive à ce qui se jouait autour d’elle, comme si oublier son départ prochain suffirait à l’effacer. Le retour du maître de maison avait un peu changé la donne, Mathilde s’était remise à sourire. Puis le festival était passé, et elle était replongée dans la mélancolie. Ce n’était pas pour rien que Claudia l’avait secouée. Il fallait bien la sortir de sa léthargie.

Mathilde se calma peu à peu, et essuya les quelques larmes qui avaient roulées sur ses joues. Blottie dans les bras de sa gouvernante, elle goûtait à un soulagement inespéré depuis ce début de semaine. Elle avait toujours honte, mais elle était sûre à présent que Claudia ne lui en voulait pas. Elles resteraient amies. Elle lui manquerait. Ses yeux rougis, elle se sentait étrangement mieux, comme si son corps s’était vidé d’un trop-plein de larmes, retenues trop longtemps. Claudia lui caressa affectueusement les cheveux.

— Vous savez quoi ? Je crois que vous devriez aller voir votre père.

— Je devrais plutôt t’aider à faire mes valises…

— Vous voudriez pas me voler mon travail, des fois ? plaisanta-t-elle. Non non, Mademoiselle, je m’en occuperais bien mieux sans vos jérémiades et vos goûts déplorables en matière de mode. Allez plutôt parler à votre père. C’est votre dernier jour et vous avez pas encore eu de tête-à-tête avec lui. Faudrait pas manquer le coche.

Mathilde déglutit. Aujourd’hui. Le dernier jour. Claudia avait raison, elle ferait mieux d’aller voir son père. Pourtant, Mathilde se sentait de nouveau piquée par l’aiguillon de la culpabilité en voyant tout le travail à Claudia, surtout après cette remontrance. La gouvernante n’en démordit pas pour autant, et chassa sa maîtresse avec de grands moulinets de bras. Mathilde eut beau protester, elle se retrouva bientôt à la porte de sa chambre.

 

Pieds nus sur le tapis moelleux, Mathilde descendit l’escalier en colimaçon. Sa chambre était la seule sous les toits, parce qu’étant enfant, Mathilde avait une véritable obsession pour les étoiles. Son père avait permis l’aménagement d’appartement dans cette partie du manoir et elle s’y était très bien trouvée. Sa chambre était un peu plus petite que les autres, et moins luxueuse, mais elle n’y voyait pas d’inconvénient. Au contraire, de cette façon, elle était à l’écart de l’agitation quotidienne du manoir et pouvait pratiquer son violon en paix.

Les mains fourrées dans ses poches, elle passa devant les chambres vides de ses frères. Ils avaient dû partir pour leur formation hier soir, et ne pourraient pas lui dire au revoir sur les quais. Mathilde avait l’impression qu’on lui avait arraché une partie d’elle-même. Ils lui avaient promis de lui écrire, mais leur absence lui pesait déjà. L’heure avancée de l’après-midi déversait un flot de rayons ocre par les fenêtres du manoir dans les allées vidées. Le personnel avait déserté les étages supérieurs pour se concentrer dans les cuisines en vue du repas du soir. Mathilde traversa la galerie des Glaces avec le sentiment de n’avoir jamais été aussi seule. C’était un peu comme si elle était déjà partie…

Le cabinet de travail de son père se trouvait dans l’aile nord, à l’opposé exact du boudoir de sa mère, dans l’aile sud. Toute la journée du samedi avait été prise par de nouvelles invitations auxquelles il n’avait, lui non plus, pas pu échapper. Madame Eth’Arken était dans une telle euphorie de pouvoir présenter sa famille au grand complet — sauf Jadice évidemment — à la Cour en compagnie de sa fille devenue Filleule de l’Empire que même Monsieur Eth’Arken n’avait pas voulu la contrarier. Une tempête aurait été malvenue l’avant-veille du départ, et il avait réussi à obtenir en retour un dimanche tranquille. Mathilde avait eu l’occasion d’échanger quelques mots avec son père entre deux réceptions, mais rien de bien concluant. Il s’inquiétait pour elle, et elle l’avait rassuré. Elle allait bien. Comment aurait-elle pu aller mal ? Claudia l’avait dit elle-même, elle n’avait pas vraiment le droit d’aller mal. Pour autant, cela crevait les yeux qu’il ne l’avait pas crue. Il n’y avait que sa mère qui y croyait dur comme fer.

Elle s’arrêta face à la porte du cabinet, en bois précieux dont les linteaux étaient abondamment décorés. Derrière la porte, elle entendait son père arpenter la pièce en parlant fort. Il était en pleine conversation radiophonique, et comme d’habitude, les ondes passaient mal. Il avait tout de même dû interrompre son voyage d’affaires pour revenir, son travail n’allait pas disparaître comme ça. Mathilde hésita. Devait-elle revenir plus tard ? Et si elle n’avait pas le temps après le dîner ? Elle détestait l’idée de manquer cette occasion. Finalement, elle toqua trois petits coups. Au pire, il pourrait toujours la chasser si son appel était trop important. La conversation radiophonique s’interrompit et des pas se dirigèrent vers elle. L’instant d’après, la haute silhouette de son père apparaissait dans l’embrasure de la porte.

— Mathilde ! s’exclama-t-il. Enfin ! Je n’y croyais plus.

— Qu’est-ce …. crr… pas compris… crrr… pour les transports de marchandises interinsulaires… crr… Eth’Arken ?

Son père leva les yeux au ciel.

— Oh la barbe ! Ça peut attendre.

Il lui fit signe d’entrer et se dirigea vers son bureau. Un poste radio trônait au milieu d’un fouillis de feuilles noircies de calculs et crachotait des phrases entrecoupées d’un insupportable brouillage magnétique. Monsieur Eth’Arken se saisit du cornet relié à l’appareil.

— Non, Monsieur Mac Grimakers, nous n’achèterons pas ces navires… Non, nous n’avons pas besoin de galions !… Mais enfin, pourquoi des bâtiments de guerre pour transporter des marchandises ?

Tandis que l’autre continuait ses explications entrecoupées, Monsieur Eth’Arken désigna un des fauteuils à côté de la cheminée en mimant silencieusement un « assieds-toi ma chérie, j’arrive tout de suite ». Mathilde alla se blottir dans celui qui était le plus proche du feu, d’un bleu outremer un peu délavé par le temps. Le rouge était celui de son père. En attendant qu’il finisse son appel, elle s’enveloppa de la couverture de laine pelucheuse qui attendait, roulée entre deux coussins, et blottie entre les accoudoirs, elle regarda son père lutter pour garder son calme. Malgré toute sa diplomatie, son interlocuteur, un Tarmaxien à en juger par ses ‘r’ roulés comme une avalanche de galets, lui donnait du fil à retordre.

— Prenez plutôt des clippers, ils sont plus adaptés au transport de marchandises… Non… Non, je vous dis ! … Pas de bateaux à vapeur en pleine mer !… Comment ça pourquoi ? Mais un rien les fait chavirer, ils ne survivraient pas aux… Monsieur Mc Grimakers, avez-vous déjà vécu une tempête ?… Le large les brisera, je vous assure…

Mathilde enfouit son nez dans sa couverture pour étouffer un gloussement. Son père faisait de drôles de grimaces à chaque fois que le Tarmaxien proférait une stupidité plus énorme que la précédente. Elle le soupçonnait d’en rajouter un peu pour la faire rire.

Elle se prit à l’admirer. Son père avait réussi à trouver sa place dans ce monde. Il était Noble, mais aussi à la tête d’un empire commercial qui s’étendait sur tout l’Archipel. Non seulement ça, mais il y prenait une part active et il aimait ce qu’il faisait. Sa passion de voyager se mêlait harmonieusement avec sa fonction administrative et ses obligations sociales. Il incarnait la réussite à ses yeux. Il avait même surmonté son métissage en le transformant en atout relationnel pour son travail. Il avait tout d’un Ilarnais, hormis son hâle et ses cheveux plus dorés que blancs, et pourtant, il en avait fait le mélange parfait aux yeux de la Cour. Son dynamisme et son génie conjugués à sa fortune faisaient de lui l’un des hommes les plus renommés à Nimar. On se l’arrachait dans les salons dès qu’il revenait sur l’île. Il fascinait. Mathilde se dit que si elle avait eu la moitié de son assurance, elle aurait transformé ce titre inattendu de Filleule en un avantage de plus vers son rêve.

Au bout de vingt bonnes minutes d’argumentation, Monsieur Eth’Arken vint à bout de son interlocuteur.

— Oui… Oui… Des jonques Yolmarines, pourquoi pas… tant que ce sont des bateaux à marchandises et qu’ils n’ont pas de roues à aubes, tout me va… Très bien… Demain quinze heures, ça sera parfait… À bientôt Monsieur Mc Grimakers.

Il raccrocha le cornet du poste radiophonique avec un grognement et passa lentement sa main sur son visage. Il finit par se gratter le menton — rasé à présent — avec un froncement de sourcil dubitatif.

— Et maintenant, prions pour qu’il ne jette pas son dévolu sur des galères.

Il rejoignit sa fille auprès de la cheminée et se laissa tomber dans son grand fauteuil rouge.

— Ce Mc Grimaker m’épuise, tu n’as pas idée. Je te parie que je me retrouverais bientôt avec dix bateaux à rames sur les bras.

Il se pinça l’arête du nez, lâcha un gros soupir, puis secoua la tête en retrouvant son sourire.

— Mais tu n’es pas venue me voir pour entendre parler de transport de marchandises, n’est-ce pas ? Alors ? En quoi ton vieux père peut-il t’aider ?

Mathilde haussa les sourcils, amusée. Vieux ? Son père avait à peine dépassé les quarante-cinq ans. Sa mère aussi d’ailleurs. Leurs parents s’étaient mariés à vingt ans et avaient eu Jadice à vingt-deux. Les mariages sur Nimar se faisaient traditionnellement à cet âge, surtout parmi la Noblesse. Réchauffée par le feu qui crépitait, Mathilde ramena ses genoux sous son menton. Les mots s’entrechoquaient dans sa tête. Elle se réprimanda. Elle aurait dû profiter de l’appel de son père pour préparer des questions. Tant pis. Elle dirait la première chose qui lui traverserait l’esprit.

— Es-tu déjà allé sur Impera ?

Monsieur Eth’Arken hocha la tête.

— Oui, quelques fois. Seulement des passages rapides cela dit.

— As-tu vu la Cour là-bas ? Comment étaient les gens ?

Monsieur Eth’Arken sortit un ouvre-lettre qui avait plus des airs de poignard et se mit à jouer habilement avec. Il le faisait passer entre ses doigts avec une telle fluidité que le mouvement en devenait hypnotique. C’était une de ses habitudes que Madame Eth’Arken détestait le plus.

— Il ne faut pas t’en faire. Ils n’ont rien de si différent des Nobles d’ici. Un peu plus arrogant si c’est possible, mais c’est tout.

Il plongea son regard de givre dans celui, cristallin, de sa fille. Ils avaient les mêmes yeux, mais les siens étaient tellement plus stables, confiant. Il lisait sans mal son inquiétude tout comme elle voyait en lui la volonté de la rassurer.

— Tu as peur de leur charisme, n’est-ce pas ? Tu sais, c’est un talent assez peu répandu chez les Mauves, et il n’est pas très puissant.

Il eut un rictus cynique et ajouta.

— En revanche, ils aiment beaucoup la légende que les îles périphériques entretiennent sur eux. Ce n’est pas pour rien que tous leurs Ambassadeurs sont dotés de ce don, si on peut le qualifier ainsi.

Il lui adressa un regard chaleureux et plein d’une fierté non dissimulée.

— Ne les crains pas, avec ton caractère obstiné, ils ne pourront jamais vraiment t’entourlouper longtemps.

Mathilde espérait que son père disait vrai, elle ne se sentait pas vraiment la force d’esprit qu’il lui attribuait. La rencontre avec l’Ambassadeur lui avait laissé un désagréable sentiment de s’être fait manipuler. Dans la cheminée, une bûche craqua, libérant une gerbe d’étincelles incandescentes. Une nouvelle question ? Oui, elle en avait une.

— Papa… sais-tu ce qu’est un Sylphe ?

Les étincelles projetèrent sur les yeux de son père un éclat de frustration. Entre ses doigts, l’ouvre-lettre s’arrêta de tournoyer.

— Je ne sais pas grand-chose, mais ce n’est pas faute d’avoir cherché.

Il lui désigna les feuilles éparpillées sur son bureau.

— Depuis que je sais que tu es une Filleule, j’ai fait mes petites recherches, j’ai même contacté des amis à moi sur les îles périphériques. Je savais que ça avait un rapport avec les Filleuls, et je connaissais les légendes sur leur nature magique, mais rien de concret. Je pressentais que tu allais me poser cette question, alors je me suis penché dessus. Tu veux voir ?

Il l’amena derrière son plan de travail, et dégagea un carnet enfoui sous les notes de calculs. Il était couvert de croquis, de paragraphes griffonnés à la plume et de références bibliographiques. Il le feuilleta sous le nez de sa fille avec un soupir désabusé.

— Comme tu peux le voir, ce ne sont rien que des extraits de contes pour enfants et de légendes sur des pouvoirs magiques sacrés offerts à des élus pour protéger l’Empire. J’ai récolté tout ce que j’ai pu trouver, mais il n’y a pas grand-chose d’exploitable, ni de crédible.

Mathilde était bouche bée. Son père avait rempli les trois quart du carnet avec ses recherches, qui étaient moins brouillonnes qu’elles n’en avaient l’air. Ses croquis étaient incroyablement précis, ses mots parfaitement lisibles et il avait ajouté à chaque extrait de légende un commentaire personnel, parfois même le code fréquentiel radiophonique de son informateur. Elle battit des paupières et déglutit difficilement. Elle était si émue qu’elle devait faire de gros effort pour ne pas pleurer. C’était tant de travail ! Et il l’avait fait pour elle, en anticipant ses craintes. Elle le serra dans ses bras, incapable d’articuler le merci qui bloquait sa gorge. Son père l’enveloppa de ses bras et la souleva pour l’asseoir sur le bureau. Puis, il prit le carnet et le lui remit entre les mains.

— Tiens, c’est pour toi. Ce n’est pas grand-chose, mais ça t’aidera peut-être une fois là-bas, au moins à calmer tes peurs.

Mathilde caressa le cuir couleur café de la couverture, cornée sur les coins, et balbutia un remerciement, submergée par l’émotion. D’un coup, toutes les raisons pour lesquelles elle ne voulait pas quitter sa famille surgissaient devant ses yeux, obscurcissant son avenir d’un ciel morne. Ils allaient lui manquer. Son père, ses frères, Claudia, et même sa mère. Le manoir allait lui manquer. Son violon…

Ce fut la pensée de trop, et les larmes débordèrent de ses yeux. Aussitôt son père fut là, avec des paroles douces, des gestes tendres et un calme olympien. Il ne la plaignait pas, il compatissait.

— Mathilde, regarde-moi.

Sa voix grave était ferme, un repère dans son brouillard d’émotion. Elle leva les yeux vers lui, ravalant ses sanglots du mieux qu’elle pouvait.

— Tu vas me dire une à une toutes les choses qui te tracassent, et nous allons voir ensemble s’il n’existe pas une solution. Tu es prête ?

Elle s’essuya le visage dans sa manche et hocha la tête, pressant le carnet contre sa poitrine.

— Commençons. Premièrement ?

— Vous allez me manquer.

— Tu nous écriras et nous te répondrons. Il n’est pas dit non plus que tu ne reviennes jamais nous voir, ou que les visites soient interdites. Donc, de ce côté-là, tout va bien. Ensuite ?

— J’ai peur d’aller là-bas.

Il tapota la couverture du carnet.

— Tu as là-dedans tout ce qui se sait sur les Sylphes dans l’Archipel, et les Mauves ne peuvent pas vraiment te nuire. De toute façon, si tu rencontres le moindre problème à ce propos, tu nous écris et je prendrai le premier dirigeable. Il faut bien qu’une fortune si grande me serve à vous protéger. Autre chose ?

— Ma musique…

Il haussa les sourcils, comme s’il ne s’attendait pas à entendre ces mots.

— Eh bien quoi, ta musique ?

Mathilde fit un effort pour surmonter la bouffée de larmes qui menaçait de revenir.

— Les Filleuls ne peuvent pas avoir d’autres métiers que celui lié à leur titre. Je ne pourrais jamais devenir musicienne.

Il fit un pas en arrière, la main sur le menton. Elle le prenait au dépourvu. Il n’avait probablement pas pensé à cela. Il fronçait les sourcils, à la recherche d’une voie pour contourner ce nouveau problème. Il n’en trouverait pas, Mathilde le savait bien. Mais rien que le fait de le voir chercher lui réchauffait son cœur. Il ouvrit la bouche pour lui poser une question, mais fut interrompu par des petits coups frappés à la vitre. Perché sur la rambarde, un corbeau mécanique attendait patiemment qu’on lui ouvre la fenêtre. Lorsqu’il ouvrit le bec, ce ne fut pas un croassement, mais une voix enregistrée suraiguë qui pépia.

— Courrier urgent ! Courrier urgent !

Monsieur Eth’Arken pesta et ouvrit à l’oiseau, qui vint se percher sur le bureau dans un battement d’ailes métallique. Il plia le cou et ébouriffa ses plumes de bronze, révélant un cadran couvert de chiffres et de lettres. Monsieur Eth’Arken composa le code avec lassitude et récupéra la liasse de lettres contenue dans le compartiment déverrouillé de l’oiseau. Il consulta rapidement les expéditeurs des missives, et s’assombrit. Mathilde, pressentant ce qui allait se passer, était descendue du bureau.

— Ma chérie, aussi mal tombé soit-il, ce courrier est vraiment important. Je vais devoir fournir une réponse à cet oiseau de malheur dans les plus brefs délais.

En guise de réponse, Mathilde l’embrassa sur la joue.

— Ne t’inquiète pas, Papa. Je vais mieux.

Il la serra une dernière fois dans ses bras, puis retourna à sa table de travail. Mathilde referma doucement la porte derrière elle. Ce n’était pas exactement la fin de discussion qu’elle avait imaginée, mais au moins, elle repartait le cœur allégé… et avec de la lecture.

 

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Pétrichor
Posté le 03/03/2021
Hey Emmy !

Pour le coup, je trouve la réaction de Mathilde un peu disproportionnée. J'imagine que l'explication n'est pas seulement relative à son attitude ?
J'aurais vraiment bien vu que cette dispute soit un peu la goutte de trop, qui fasses que Mathilde craque un peu, dépassé par des évènements qu'elle ne comprend plus.
D'élargir un peu son chagrin, pour qu'il englobe davantage ce qu'elle vit. Que la raison de ses larmes ne soit pas seulement le fait qu'elle ait tout contrairement à Claudia. Mais aussi qu'elle est profondément malheureuse, parce qu'elle réalise qu'en fin de compte elle aime cette vie, et que ses frères, sa famille, tout ça va lui manquer.

Je ne sais pas si c'est hyper clair, désolé si ça l'est pas...

Mais au final tu exploites aussi ça dans la scène suivante avec son père, donc j'ai du mal à voir ce qui me gène...

Peut-être rien, en fait :D
Je suis juste désolé pour elle, et c'est frustrant de ne rien pouvoir faire...

Bon. Ça sera à peu près tout
Pétrichor
Posté le 03/03/2021
*!
Pétrichor
Posté le 03/03/2021
Zut, j'ai oublié le principal : bravo pour ce chapitre ! Toujours aussi bien écrit, toujours aussi plaisant à lire...
Je valide !!!
Pétrichor
Posté le 03/03/2021
Ah oui, une autre question :
Je trouve bizarre que son père ne se soit jamais interressé avant aux Sylphes ? Qu'il ai réussit à faire autant de recherches en si peu de temps ?
Et pourquoi on sait aussi peu de choses sur les Sylphes ? Ça n'intéresse personne ? Où on tient les choses cachées exprès ?
Ahhh tant de questions !
Emmy Plume
Posté le 03/03/2021
Hello Pétrichor ^^

Tant de questions, en effet ! XD
Mais, en y songeant bien, veux-tu vraiment que j'y réponde, ou plutôt découvrir par toi-même ce qu'il en est? Ces questions ont des réponses, je te rassure, mais elles ne viendront pas toutes à la même vitesse ;)

Pour ce qui est de la réaction de Mathilde en début de chapitre, mon but était surtout de souligner que Mathilde a un sens des réalités un peu brouillé parce qu'elle vit dans un univers vraiment très riche. Devenir Filleul est quand même considéré comme un honneur en plus de garantir une vie d'opulence (dont Mathilde n'a pas besoin vu qu'elle l'a déjà). Après, il faudra probablement que je peaufine un peu ce passage (c'est un premier jet après tout, et il y a effectivement des aspects qui sont un peu flou XD)
J'espère que ça t'aura un peu éclairé. ^^'

En tout cas merci de ce (ces?) commentaires et à la prochaine fois ! =^v^=

Emmy
Lunatique16
Posté le 17/02/2021
Re-salut !

J'ai plein de choses à dire !
Premièrement, je ne suis pas d'accord du tout ! Mais alors pas du tout, du tout ! Mathilde a tout à fait le droit de ne pas vouloir de cet avenir qu'on lui impose, Claudia n'avait pas le droit de la faire culpabiliser ainsi, tu veux être une Filleule ? Tiens, prends le titre et fiche-nous la paix ! Non mais !
J'aurai vraiment aimé voir Mathilde s'énerver et peut-être pleurer de rage en expliquant à Claudia qu'elle avait beau tout avoir, elle n'en était pas heureuse pour autant. C'est vrai quoi, elle rêve de devenir musicienne et ne pourra sûrement jamais réaliser son rêve, elle est riche et noble mais tous les autres se moquent d'elle à cause de son apparence Ilarnaise (en espérant bien l'écrire). Je trouve ça hallucinant que Mathilde n'ait pas relever tout ça, elle a toutes les raisons du monde de ne pas être d'accord avec ce qui lui arrive ! (et ça aurait donné une scène assez intéressante où on voit enfin le masque de Mathilde se briser)

Ensuite, on sent vraiment bien la détresse de Mathilde par rapport à l'absence de ses frères. Sa mère, elle, croit bien ce qu'elle veut croire, jamais elle ne remettrait en question ce que lui affirme sa fille, il faudrait pour ça qu'elle s'y intéresse (mère indigne !)

Pour finir, la réaction du papa est juste adorable. On sent tout l'amour qu'il éprouve pour sa petite dernière et l'inquiétude qu'il ressent pour elle. Le fait qu'il ait fait des recherches exprès pour elle est juste encore plus mignon. Comment ne pas apprécier ce personnage ? Sa discussion avec l'autre fou du bateau était juste la cerise sur le gâteau, elle était vraiment hilarante x)

Enfin voilà, encore un super chapitre. Tes descriptions sont toujours aussi belles et ton texte bien écrit. Je me pose juste cette question : cette histoire de bâtiment de guerre vendu par le Tarmaxien, serait-ce un avertissement, un indice pour la suite ? (Je théorise, je théorise...)En tout cas, je me demande bien ce que tu réserve à Mathilde une fois à la Capitale :/

A bientôt ! ^^
Emmy Plume
Posté le 23/02/2021
Re-bonjour !
(et re-désolée pour cette réponse tardive ^v^')

Quel commentaire, mes aïeux ! Je suis trop contente de te voir impliquée comme ça ! XD

Effectivement, on pourrait prendre cet échange entre Claudia et Mathilde de cette manière. Cela paraît un peu injuste, surtout si on considère les rêves de Mathilde, et le fait qu'elle n'ai aucun contrôle sur ce qui lui arrive.
Après, on peut aussi considérer leurs avis respectifs : Mathilde, qui est déjà richissime, ne voit que ce qu'elle perd, et Claudia, qui n'a rien en comparaison, voit tout ce qu'elle gagne. Du point de vue de leur caractère, c’est une réaction logique (bien que discutable ^^). Claudia veut ramener Mathilde sur terre, lui faire prendre conscience des réalités, tandis que Mathilde ne veut pas se fâcher avec sa gouvernante, et encore moins la blesser.
C’est surtout ça que j’avais voulu transmettre ;) Ne t'inquiète pas, Mathilde trouvera d'autre occasion de se rebeller un peu ^^ Merci en tout cas de m'avoir partagé ton point de vue sur la situation ! ^v^

Ça m'a également fait plaisir de te voir apprécier le personnage du père (que j'aime beaucoup aussi, tu dois l'avoir compris XD).
"l'autre fou du bateau", oui en effet ! Contente de t'avoir fait rire !

Merci beaucoup pour tous ces compliments, qui m'encouragent à écrire. J'aime toujours voir les théories qui se posent dans l'esprit de mes lecteurs (après, dois-je y répondre? En soit, quoique je dise, c'est une sorte de spoil, non ? )

Hâte de te lire à nouveau et de partager plus avant cette histoire avec toi ! =^v^=

Emmy
Lunatique16
Posté le 24/02/2021
Salut Emmy !
Contente de te retrouver : ^^ Ne t'inquiète pas pour les réponses tardives, le fait que tu réponde à mes commentaires avec tant de bienveillance me fait déjà super plaisir :)
Pour ce qui est de la réaction de Claudia face à Mathilde, je comprends un peu mieux, mais je dois dire que je trouve alors la scène un peu brouillonne. Elle m'a laissé l'impression que Claudia cherché à "endoctriner" Mathilde (si je puis dire), comme si elle lui en voulait de ne pas croire comme elle qu'une vie luxueuse à la capitale était la plus belle chose qui pouvait lui arriver, comme si elle se fichait un peu des désires de Mathilde.

Enfin voilà, à bientôt ! ^^
Emmy Plume
Posté le 25/02/2021
Re-Coucou,

je suis contente que mes explications t'aient aidées à comprendre un peu mieux. De mon côté, je comprends mieux ta remarque aussi à présent.

J'irais voir s'il n'y a pas quelque chose que je peux améliorer dans cette scène (un premier jet, ça se remanie de toute façon ^^'), de manière à ce que ça soit plus clair.

En tout cas merci pour tes remarques, à la prochaine =^v^=

Emmy
KatiaB
Posté le 31/01/2021
Bonsoir Emmy,

Encore un chapitre qui fait la part belle aux relations entre tes personnages. Le lien entre Mathilde et son père est tellement beau... j'adore !
Ta plume est toujours aussi agréable, et j'ai le sentiment qu'elle s'affirme de plus en plus au fil des chapitres. Tes descriptions sont toujours très parlantes et nous permettent de plonger à pieds joints dans ton univers, c'est très plaisant.
J'aime beaucoup les quelques métaphores que tu utilises ("l'avalanche de galets" j'ai adoré).
Et cette idée de corbeau mécanique est brillante !!
Si je dois relever 2 choses qui m'ont fait tiquer: depuis le début nous sommes plutôt sur un point de vue focalisé sur Mathilde, on découvre les scènes à travers ses yeux, même si tu utilises la 3eme personne. Mais il y a un moment ici où tu bascules au point de vue de Claudia, et ça m'a fait bizarre je dois dire.
La deuxième chose, c'est que je m'interroge sur la cohérence de la temporalité. Dans le chapitre du refuge, les frères craignent que le père ne soit pas revenu à temps puisqu'ils ne disposent que d'une semaine avant le départ de Mathilde. On comprend que le père a délaissé certaines obligations, mais il n'est pas revenu en quelques heures j'imagine, surtout que Mathilde a déjà assisté a pas mal de mondanités entre l'annonce du résultat et l'arrivée de son père. Mais ici, on a l'impression qu'il s'est passé un bon moment entre le retour du père et la scène a laquelle on assisté (encore des mondanités la date du festival a été dépassée, le père a mené plein de recherches, les a consignées scrupuleusement dans un carnet...). Et il reste encore 1 journee avant le départ de Mathilde. Bref, ça me paraît compliqué de tout caler dans une timeline si réduite.
Dis moi si je me trompe !

En dehors de ça, j'ai très hâte de voir le départ de Mathilde et sa découverte de sa nouvelle vie :)
Merci pour cette belle lecture
Katia
Emmy Plume
Posté le 01/02/2021
Bonjour Katia ^^
Merci pour ces compliments, ils me vont droit au coeur !
C'est vrai cela dit que je place mon récit essentiellement du point de vue de Mathilde, cependant il arrive que j'elargisse un peu la prise de vue pour considérer un autre avis, ou ce que mon héroïne ignore. Même si ce n'est pas tout le temps, je trouve que ça apporte parfois un peu de recul sur certaines situations. (après, c'est mon avis, peut-être que c'est super dérangeant en tant que lecteur ^^')
Quant à l'incohérence temporelle... C'est que tu as du flaire dit-moi ! Ce n'est donc pas une erreur, mais un acte délibéré qui sera soulevé plus tard. ;)
Mais pour en savoir plus, il te faudra lire les premières lignes du prochain chapitre (oui, pas trop longtemps à attendre quand même).

Voilà voilà, au plaisir de lire d'autres de tes retours =^v^=

Emmy
Acantha
Posté le 30/01/2021
Chère Emmy,

Toujours un plaisirs de te lire, ton écriture est si fluide ! Je tire mon chapeau une fois encore au développement des personnage (surtout de la jeune Mathilde) dans ce passage. Un chapitre salé et sucré où l'on ressent la douceur du foyer dans lequel elle est née ( ce qui apportera un contraste avec la suite bien-sûr !).
Un grand bravo encore, je m'empresse de continuer !

Au plaisir,

Acantha
Emmy Plume
Posté le 30/01/2021
Chère Acantha,

Encore une fois, lire tes commentaires fait chaud au coeur. Je suis contente que tu aimes ma plume, d'autant que je sais que tu écris très bien toi même ;)

Un chapitre salé-sucré, en effet. Un peu amer sur les bords, aussi. J'espère t'avoir fait rire un peu quand même avec l'échange radiophonique du père ;)

Au plaisir, certainement =^v^=

Emmy
Prudence
Posté le 28/12/2020
Coucou !

C'est vraiment fluide et léger, un plaisir à lire, je tourne les "pages" les unes après les autres avec bonheur.

Si j ai une remarque, c'est assez global : j'ai trouvé que les personnages restaient un peu en surface, je n'ai pas ressenti de grande profondeur... et je ne sais pas pourquoi... Peut-être qu'ils ne possèdent pas assez de défauts ? Mais des défauts bruts, qui ne peuvent pas être pris pour des qualités (ou très peu). Qui agacent, énervent, dégoûtent même le lecteur, ça les rendrait plus réaliste, je pense... Après cela ne m'a pas empêché de m'attacher à eux mais je pense que c'est assez important (ça reste toujours très subjectif :-))

La relation père-fille est intéressante, et j'ai trouvé le père très drôle. Comme Bretie, je trouve le corbeau très réaliste, steampunk <3

Autrement, je trouve que le suspense et les révélations sont très bien gérées. J'ai hate de lire la suite !
Emmy Plume
Posté le 28/12/2020
Merci Prudence!

Je me suis bien amusé en écrivant ce chapitre, alors je suis contente de voir que ça t'a fais rire.

C'est vrai que je ne m'attarde pas beaucoup sur le caractère des personnages pour l'instant, mais j'ai peu que le récit ne traîne trop en longueur. Je ne sais pas si c'est un bon mode opératoire, mais je compte les développer avec le temps... C'est si dérangeant que ça?
En tout cas ton commentaire avec ton propre point de vue m'aide beaucoup alors merci !

J'espère que la suite de mon histoire te plaira ;)
A bientôt =^v^=
Prudence
Posté le 29/12/2020
Je pense que le caractère des personnages se retrouve partout, un simple geste, un "défaut" physique (nez de travers, front boutoneux, etc.) suffirait, en à peine une phrase ou deux, ou en insérant un adjectif par-ci par-là (mais je t'apprends rien de nouveau ^^'. Je radote un peu xD). Dérangeant, je ne sais pas, il faudrait que je lise la suite ^^ L'absence de bons gros défauts m'a amené à confondre les personnages.
Voilà voilà :-)
Emmy Plume
Posté le 29/12/2020
Merci du conseil ^^
Je crois qu'une des raisons pour lesquelles j'oublie parfois de les décrire plus est que je les dessine, donc ça me parait évident... (oui je sais, c'est une très mauvaise excuse, mais je me comprend XD)
En tout cas, je prends note pour mes futurs chapitres pour y faire plus attention ! ;)
Brétie
Posté le 20/12/2020
Entre la hâte et l'excitation de Claudia, l'appréhension de Mathilde et le flegme prévoyant du Père, voilà un chapitre qui nous emporte.
J'ai bien aimé le corbeau mécanique et l'ébouriffage des plumes. Un mélange de comportement animal dans un robot, on y croit.
Hâte de lire la suite
Emmy Plume
Posté le 20/12/2020
Merci Brétie pour ton commentaire ^^

C'est vrai que ce robot a un comportement animal. J'aime beaucoup les oiseaux, et j'ai remarqué que c'est l'une de leur habitude. Je suis assez visuelle comme fille, donc j'aime bien intégrer des observations dans mon écriture.
Contente que cela te plaise !

A bientôt pour la suite ; )

Emmy
Hastur
Posté le 20/12/2020
Toujours un plaisir à lire ! (J'ai l'impression de me répéter, mais j'imagine que ne jamais assez souvent ce genre de chose :))

La première partie est très intéressante, ça pousse le concept des opportunités de chacun suivant sa classe sociale qui se retrouve, dans le cas de Mathilde, en opposition avec ses propres désirs d'avenir.

Le père est vraiment très attachant ! Il fait vraiment au mieux compte tenu de ses responsabilités professionnelles. On sent l'amour qu'il a pour sa fille, c'est très touchant (et réciproquement).

Tout le monde la rassure finalement, que tout ira bien, qu'au moindre problème, elle pourra leur écrire et ils rappliqueront. Mmmmmmh, je trouve que cela a été beaucoup trop appuyé pour que ça soit vrai dans la suite de l'histoire ! :D

J'ai trouvé une petite coquille:
"la chaire de Mathilde"
chair ?

A très vite pour la suite !
Emmy Plume
Posté le 20/12/2020
Merci beaucoup pour ton commentaire !
Ce chapitre est un peu un pivot du début de l'histoire, aussi je suis contente qu'il te plaise. ^^
Je me suis dit qu'explorer les différents points de vues sur son sort pouvait être important, surtout à mettre en perspectives avec les autres classes sociale. Je suis donc contente que tu ais trouvé cette partie intéressante.
Le père de Mathilde est sans doute la personne dont elle est le plus proche chez elle, et c'est pourquoi cet "entretient" était si important. Là encore, je suis heureuse de voir que tu le trouve "attachant" ^^
Pour ce qui est des lettres.... Je vais te laisser découvrir ;)
Je vais corriger cette petite coquille (merci de me l'avoir soulignée) et m'attacher à continuer l'écriture des chapitres suivants !

A bientôt pour la suite ;)
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