Chapitre 5 : Fête et découverte

Par Elora
Notes de l’auteur : Bonjour !
Voici un nouveau chapitre, bien plus long que les autres, alors je vous recommande de bien vous installer.
Un nouveau personnage fait son apparition, le deuxième personnage principal.
N'hésitez pas à me donner votre avis, du ressenti au conseil, tout est accepté.
Bonne lecture !

Plusieurs semaines après son rêve, Daïven avait repris une vie normale, ou presque. 

En apparence, il était comme avant, toujours aussi détesté par ses camarades et il continuait sa vie, sans avoir changé quoi que ce soit dans ses habitudes, car il allait en cours, faisait ses devoirs et menait sa vie d'adolescent. 

Mais à l'intérieur, il bouillonnait. 

Malgré ses recherches très approfondies sur les Anges et le petit garçon, il n’avait rien trouvé. 

Il en était même venu jusqu’à chercher dans les livres, mais toujours rien. 

Aucunes informations sur ces étranges créatures, mais Daïven ne se démontait pas, il continuait à chercher, sans grands résultats. 

Et un jour, il abandonna, et sa vie reprit un cours des plus banals. 

Les jours passèrent, puis les semaines. 

Rien n'arriva, à part que le voisin du dessus, qui d'habitude n'était jamais là, était revenu et avait fait la fête toute la nuit, puis il recommença le lendemain et les gens se montrèrent particulièrement bruyants, parlant fort et riant à tout moment. 

Daïven se montra très irritable, car la haine était toujours un peu là depuis qu'il avait rencontré l'enfant et il ne dormait presque plus à cause du bruit que faisait leur voisin. 

Mais surtout c'était cette joie :  

La joie qui se dégageait de ces gens le rendait malade. 

Ses voisins riaient avec une telle insouciance et avec un tel plaisir que la colère était plus forte. 

L’adolescent ne savait pas pourquoi il réagissait comme ça mais il n'arrivait pas à s'empêcher de lançer des regards noirs à chaque personne osant rire en sa présence, et il était ainsi devenu la personne à ne pas approcher et que tout le monde évitait soigneusement. 

Ses parents essayèrent de lui remonter le moral mais rien n'y fit, leur fils était d'une humeur sombre en tout temps, et quand le soir vint, il se coucha sans autre phrase pour ses parents qu'un "Bonne nuit" morne. 

Daïven s'allongea sur le côté et fixa son mur, essayant de ne penser à rien, et se concentra sur le bruit de la musique que les voisins avaient mis pour faire une nouvelle fois la fête. 

Des rires retentirent et sa fureur resurgit. 

Il se concentra sur autre chose et s'efforça de se calmer, écoutant le bruit que faisait l'horloge. 

Tic Tac, Tic Tac, Tic Tac. 

Ses paupières devinrent lourdes et se fermèrent. 

Tic Tac, Tic Tac, Tic Tac. 

Il était toujours éveillé et se demandait si c'était cette nuit qu'il ferait un nouveau rêve. 

Tic Tac, Tic Tac, Tic Ta... 

 

L’adolescent s'endormit enfin, et toute ses pensées s'envolèrent, lui permettant de dormir d'un sommeil sans rêve, à son grand désespoir intérieur. 

C'était le vide absolu, il ne pensait à rien, cela lui faisait du bien, et il dormit longtemps, sa conscience flottant nulle part et partout à la fois. 

Il dormait d'un sommeil profond et réparateur, le bruit de la fête ayant disparu, remplacé par le silence, un silence bienveillant... 

 

— BOUM !!!

 

— HAHAHAHAHA !!!!!!

 

Daïven se réveilla en sursaut et regarda autour de lui. 

Rien. 

Au lieu d’être soulagé, il se mit à fulminer, car il en avait assez de ces rires et de tous ce bruit et même s'il faisait encore noir, il se leva, s’habilla et souleva le store en appuyant sur le bouton. 

Le jeune homme fit coulisser la fenêtre puis sortit dehors, et frissonna légèrement, car la nuit était fraîche. 

Il passa par le jardin, sortit dans la rue et se dirigea vers un portail rouge qui était ouvert, qu’il franchit, puis il marcha sur l'allée pavée et observa ce jardin. 

Comme chez lui, il y avait des fontaines mais elles se trouvaient au bout de l'allée, et deux rangées de platanes bordaient le chemin, taillées pour faire l'effet d'une vague. 

Il fit plusieurs pas, et les bruits de la fête devinrent plus fort, ainsi que les rires, ce qui le fit accélérer, pour leur demander d'arrêter au plus vite. 

La joie et l'insouciance lui montèrent à la tête et il sentit sa vision se voiler, alors le jeune homme se mit à courir, malgré le paysage flou, et se concentra sur la route pavée, qui était facile à suivre. 

Ses pieds claquaient sur le sol avec un bruit sourd, et Daïven faillit de nombreuses fois se tordre la cheville, car la route n’était pas entretenue. 

Sa vision était de plus en plus trouble, et sa tête se mit à tourner. 

Les rires ne cessaient pas, et l’adolescent accéléra, il fallait qu'ils arrêtent, car il ne savait pas combien de temps il pourrait tenir sans blesser véritablement quelqu’un.

A son grand soulagement, il déboucha enfin sur une vaste terrasse, piscine incluse, alors il s’arrêta et ferma les yeux, espérant dissiper le flou, et le temps de reprendre son souffle. 

L’adolescent souleva lentement ses paupières, prêt à faire n’importe quoi pourvu que tout cela cesse, mais il écarquilla tellement les yeux que des multiples plis se dessinèrent sur son front. 

Des centaines d'Anges faisaient la fête, dansaient et chantaient. 

Comme dans son rêve, les Anges n'avaient pas tous la même couleur d'ailes, la majorité était marron, mais il y avait aussi des ailes argentées et blanches. 

Il regarda ces étranges personnes, croyant rêver, mais sachant au plus profond de lui que tout était réel, et le vent ne chercha pas à le contredire, puisqu’il lui envoya de l’air glacé au visage. 

Certains Anges buvaient une étrange liqueur au couleur arc-en-ciel, d'autres faisaient un karaoké, chantant à plusieurs des chansons inconnues ainsi que d'autres humaines. 

Une des créatures devant faire plus de deux mètres, et qui pouvait sûrement tuer Daïven en lui faisant une pichenette, chantait particulièrement faux et semblait avoir une affection toute particulière pour les chansons françaises des années quatre-vingt. 

Des Anges se baignaient aussi dans la piscine, et c'était très étranges car les femmes se baignaient avec une sorte de robe blanche qui reflétait toutes sortes de couleur, et les hommes avec un short de bain vert épinard ou marrons boueux. 

Daïven ne put s'empêcher de faire la grimace. 

Apparemment les hommes ne se souciaient pas de leur look. 

Il fallait si faire... ça faisait peur...

Maintenant qu'il était face aux fêtards, Daïven ne savait pas quoi faire. 

Comment devait-il s'adresser aux Anges ? 

En leur disant bonjour et en leur demandant de baisser la musique ? 

Mais il n'eut pas besoin de faire un geste, car l'Ange de deux mètres exécuta un rond sur lui-même et quand il releva la tête, il vit Daïven et hurla. 

Ses amis se mirent à rire, rajoutant de la colère en Daïven, mais voyant l'expression de leur ami de deux mètres, ils se tournèrent vers la chose qui le faisait hurler puis se mirent à crier à leur tour, le pointant du doigt. 

Le silence s'installa d'un coup, et tous les Anges se tournèrent d'un bloc vers Daïven. 

— Un humain ! s'exclama un jeune Ange. 

— Tu vois bien que c'est pas un monstre ! ajouta son voisin. 

Ils se mirent tous à rire, comme si Daïven n'était pas là. 

Un brouillard se créa devant ses yeux, il ne voyait des Anges que des formes floues. 

— Vous allez la fermer ! s’écria-t-il, ne pouvant plus se contenir. 

Les Anges le regardèrent avec incrédulité, comme s'il venait de dire un mot particulièrement grossier. 

— Et pourquoi donc ? lui demanda un Ange en fronçant ses sourcils. 

— Car il est colérique. 

L’humain n'avait pas eu besoin d'ouvrir la bouche, car un Ange s'était avancé, et avait parlé à sa place. 

Colérique ? Daïven s'avait qu'il s'énervait souvent ces derniers temps mais de là à le traiter de colérique ! 

L'Ange allait un peu loin, et ses congénères semblèrent penser la même chose, car ce mot provoqua une étrange réaction chez eux. 

Ils reculèrent tous, regardant l’humain avec crainte mais un Ange éclata de rire et dit : 

— Colérique, lui ? Comment aurait-il pu le rencontrer ! 

Nouvelle crise de rire. 

— Il n'a pas besoin de le rencontrer pour subir son pouvoir, il est sûrement très fragile. 

Les Anges qui avaient reculé le plus loin, contaminés par le rire de leur ami explosèrent de rire à leur tour. 

Daïven s'élança, ne pouvant plus se contenir et fonça sur les Anges, qui s'arrêtèrent de rire en le regardant, sans bouger. 

Avant d'avoir pu faire un geste de violence, il fut projeté sur le sol et quelqu'un s'appuya de tout son poids sur lui, l'empêchant de bouger. 

Il se débattit sans réussir à se dégager, et s'arrêta, la rage bouillonnant en lui, puis sentit deux mains froides se poser sur ses tempes et une douleur lui mitrailler la tête. 

Il eut très chaud puis sentit en lui un mal étranger, qui dégageait une haine puissante, et qui sortit de son cœur pour se diriger vers sa tête. 

Quand il arriva dans sa tête, le mal se divisa en deux et se dirigea vers ses tempes, où se trouvait les mains de l'Ange, et quand il vint à l'encontre des mains, tout devint soudainement blanc. 

Daïven sentit un poids disparaître en lui, et un intense soulagement s'empara de son corps. 

Il était libéré du mal. 

Sa vue s'éclaircit et il vit une tête aux cheveux blond, presque blanc, penché sur lui. 

— Tu vas bien ? lui demanda la jeune fille. 

— Oui, merci. 

Elle le regarda encore un instant, s'éloigna et l'aida à se relever, puis un grand silence suivit, où tout le monde regardait la jeune fille avec de grand yeux, comme si elle venait de faire une faute impardonnable. 

— Tu n'aurais pas dû faire ça, lui reprocha un Ange roux. 

— Je ne pouvais pas le laisser dans cet état ! 

Le silence de l'autre Ange laissait entendre sa réponse. 

— "Aide ton prochain pour parfaire ton destin" Et il avait besoin d'aide ! expliqua la jeune fille en montrant Daïven. 

— C'est un humain ! 

Je ne vois pas pourquoi je m'en excuserai... 

— Et c'est notre code, pas le leur... continua l'Ange roux en détournant la tête quand il croisa le regard de Daïven. 

— Le mot prochain s'applique à toutes les races ! 

Il y eut un nouveau silence où tout le monde se jetait des regards noirs. 

Certains qui pensaient comme la jeune fille blonde mais qui n'osaient pas le dire lançaient des regards assassins à ce qui pensaient comme l'Ange roux. 

Tous lançaient des regards noirs à Daïven, comme si tout était de sa faute. 

La jeune fille blonde était très calme mais ses yeux lançaient des éclairs. 

— Nous sommes tous liés, dit-elle d'une voix dangereusement douce, et nous n'y pouvons rien... ajouta-t-elle dans un murmure. 

— Qu'a-t-il fait pour que tu le défendes ? demanda l'Ange roux sur le même ton. 

— Nous sommes tous liés, se contenta de répéter l'autre Ange. 

L'Ange roux pinça les lèvres, se détourna et s'envola, puis la place se vida peu à peu, les Anges s'envolant dans le ciel noir.

 

Quelques instants plus tard, il ne restait que Daïven et la jeune fille blonde sur la place. 

— Où l’as-tu rencontré ? lui demanda-t-elle. 

— Qui ça ? 

— L'enfant du mal. 

Devant l'air étonné de l’humain, elle soupira et continua. 

— Un enfant d'environ huit ans, qui dort profondément et qui dégage une telle haine quelle en fait mal. 

Daïven frissonna, c'était la description exacte de l'enfant de la grotte. 

— Je l'ai vu en rêve. 

Il jeta un regard hésitant vers l'Ange mais elle ne semblait pas le prendre pour un fou, en fait, son expression était impassible. 

— En rêve... Il faudra que j'avertisse le chef. 

Elle salua l’adolescent d'un signe de la tête et déploya ses ailes, qui, comme il venait de le remarquer, était d'un noir profond striées de dorées. 

— Attends ! s'écria Daïven. Je n'ai même pas pu te remercier, mademoiselle... 

— Andanariel, je m’appelle Andanariel. 

Sur ces mots, l'Ange aux ailes noires s'envola, sous le regard de Daïven, émerveillé d'avoir rencontré ces créatures, dont il avait si souvent entendu parler sous forme de mythe. 

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Taranee
Posté le 13/12/2020
Salut !
Là ça commence sérieusement à devenir intéressant !
Alors comme ça les anges sont des fêtards ?
Il faut croire que c'est une description originale, ce n'est pas ce à quoi on pense en premier...
Elora
Posté le 19/12/2020
Et oui, les Anges ne sont pas aussi tranquille que ce que l'on croit (en tout cas dans mon histoire). Le fantastique pointe le bout de son nez, et il sera de plus en plus présent !
Debout la Nuit
Posté le 23/10/2020
La scène de l exorcisme arrive dans le texte toute en élégance. Elle reflète bien le côté positif de cet acte. Enfin, Daiwen est libéré de cette haine incompréhensible. Le prénom de l'ange feminin est très beau.
Elora
Posté le 27/10/2020
Merci beaucoup !
Je ne savais pas trop comment décrire le moment de l'exorcisme (je viens d'apprendre un mot) et je suis contente d'avoir réussi à bien le faire.
Par rapport à la haine, il y aura une explication dans un chapitre proche !
Par contre, le prénom de l'adolescent est Daïven.
Debout la Nuit
Posté le 27/10/2020
Coucou Elora. Je veux dire le prénom Andanariel. Tu sais que la terminaison en EL s'applique aux prénoms des Anges?
Elora
Posté le 28/10/2020
Bonjour !
Oui, j'ai compris que tu parlais d'Andanariel quand tu as dit que son prénom était très beau, mais peut-être êtes-ce une erreur de frappe, mais le prénom de Daïven n'avait pas été bien écrit.
Par rapport à la terminaison EL, non je ne le savait pas.
Sacré coïncidence !
Debout la Nuit
Posté le 29/10/2020
Oui, sacrée coïncidence, ce doit être plus ou moins inscrit dans une sorte de mémoire collective. EL fait référence à Dieu dans les religions Abrahamiques, j'ai vu ça sur Internet.
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